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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 02:17

NOTES SUR LE SONNET DES VOYELLES A L'AUTRE ARTHUR LÀ

 

ARTHUR RIMBAUD : VOYELLES

 

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

 

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux,

 

O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

- Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! - »

 

(Arthur Rimbaud)

 

1.

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes »

(Arthur Rimbaud, « Voyelles »)

 

Arthur poète i comance par atribuer des couleurs au voyeles au A i balance le noir car qand on dit ah on ouvre la bouche et c'est tout noir.

 

Après Arthur dit le E il est tout blanc et c'est vrai que l’œuf au pluriel ça fait des E tout blancs comme le loup d'la phrase.

 

Le i pour Arthur il est tout rouge que c'est vrai que qand on chatouille une fille elle pousse des i i ih pis meme qele devient toute rouge

 

Et le U Arthur le voit vert, vert comme le roi Arthur dans son château d'Irlande qu'est toute verte aussi.

 

Ou alors U comme le rayon U, U comme le rayon vert, U comme le fer à cheval, U comme l'aimant et U donc mon âne de songe !

 

Le O à Arthur il est bleu, bleu come les ronds de fumée que dieu envoie dans le ciel qand il fume ses havanes dans une chanson à Gainsbourg.

 

Arthur i rêve des couleurs des voyeles, en imagine les « naissances latentes » on diré qu'les voyeles cé des papyons sortan d'la chrysalide.

 

Ou alors des langueurs fascinantes qu'les voyeles à not' belle langue françoise zauré mis des siècles à être si belles.

 

A être si belles que la langue c'est comme un miroir même qu'il serait pas muet qu'il est plein de choses à nous dire qu'on s'voit dedans.

 

2.

« A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre »

(Rimbaud)

 

Après Arthur i lui flanque au A un « noir corset velu des mouches éclatantes » qu'dans ma caboche j'la vois géante la reine des mouches.

 

Arthur c't'un génie il invente des sons (comme Jimi Hendrix) et voilà qu'du A s'envolent des mouches toutes bombinantes.

 

Les mouches du A font comme toutes les mouches et tournent autour des cadavres et des « puanteurs cruelles » que je vous laisse imaginer.

 

Arthur il est visionnaire il voit aussi des « golfes d'ombre » dans les A que moi j'y ajoute les bouches ouvertes sur des cris muets.

 

3.

« E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles »

(Rimbaud)

 

Avec le E Arthur nous jette du blanc aux yeux des « candeurs » des blancheurs vapeurs brumes fumées blanches et qui c'est-y qui fume ?

 

Je sais pas trop pourquoi Arthur associe « vapeurs » et « tentes », verrait-il du bivouac dans la vallée des syllabes ?

 

En tout cas, il le voit nordique le E, Arthur, droit comme un glacier, fier de même, levant la lance, sentinelle des « rois blancs »…

 

Les « rois blancs » d'on ne sait quel royaume oublié j'me songe avec des sagas longues comme des chevaleries fantômes…

 

On dirait quelque fantaisie pour un conte d'hiver genre le retour du chevalier tout spectre et gelé sur son cheval aux naseaux de vapeur.

 

Voyez l'tableau ? Des tentes, des lances, des rois, qu'à mon avis il se prépare quelque bataille dans la phrase que ça m'étonnerait pas.

 

Puis ça frissonne dans les sphères qu'elles font les petites fleurs, les « ombelles » qu'ça s'appelle petites sphères elles E nous os songeur.

 

4.

« I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes »

(Rimbaud)

 

Puis Arthur i pourpre les i, çafé sanglan cracha évidamant tandis que « les lèvres belles » rient si vif qon diré ma sœur à une plaisanteri.

 

Arthur i cinoche i fait du gros plan sur les « lèvres belles » et pis ouvertes et pis rieuses car Arthur il a l’œil qui détaille.

 

Arthur quand il écrit tout ça qu'est génial c't'un tout jeune homme quand même i pense aux lèvres belles aux filles aux corps non

 

Le i c'est le cri, çui d'colère ; par contre je pige pas l'épithète « pénitentes » qu'il flanque à « ivresse » qu'ça oxymore drôle non ?

 

Ducoup le i sûr qon l'imagine rouge du rouge de la grande dame rouge qui s'élève dans le couchan & don l’œil se lève & don l’œil se baisse.

 

Pis quele est droite come un i come une tour ou un dragon rouge que moi ça m'fait bizar l'expression dragon rouge pas beau pervers criminel.

 

5.

« U, cycles, vibrements divins des mers virides »

(Rimbaud)

 

Dans les « Voyelles » à Rimbaud, il y a un vers fabuleux qui me fait penser à la musique répétitive, aux sons cycliques des synthétiseurs.

 

C'est le rythme binaire du vers qui m'y fait penser au synthétiseur : « U cy - / - cles vi - / -brements / divins / des mers / virides ».

 

Avec ça qu'l'Arthur i vous met « vibrements » à la place de « vibrations » et du « v » et du « i » plein la séquence rythmique du vers.

 

Les « vibrements divins des mers virides » à Arthur, c'est du peint, c'est du médiumnique, c'est d'la vision moi j'dis façon art brut.

 

6.

« Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux »

(Rimbaud)

Aux cycles du U Arthur il flanque la « paix des pâtis semés d'animaux » que ça m'rappelle les vaches de la pochette d'un disque à Pink Floyd.

 

J'sais plus où dans Borges j'ai lu un vers évoquan la « paix des champs » ptetmem la grande paix des champs mais yavait pas d'vaches dedan.

 

Les vibrements d'la mer viride pis les pâtis à bestiaux c'est d'la nature qu'aussi il y a la pensée de la « paix des rides que l'alchimie ».

 

C'est que l'alchimie les grands secrets la pierre philosophale et tout ça ça fait étudier les « fronts » qu'ils en sont tout « studieux ».

 

La « paix des rides » & le son U on voit pas trop le raport que j'aibo m'rider le front & pousser des Uh Uh qu'j'en ai pas l'air plus malin.

 

L'alchimie qui « imprime » c'est bien vu ça qu'on pense à des grimoires à des laboratoires secrets et des arcanes et des cabalistiques.

 

Je crois bien que dans tout ce fatras philosophal il y a le mot cornue non que ça sonne en U qu'il est peut-être là le rapport mais bof.

 

7.

« O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges »

(Rimbaud)

 

Arthur il consacre un second tercet tout entier au O qui fait comme un cercle qui lui évoque du « Suprême Clairon » à « strideurs étranges ».

 

C'est marrant comme il aimait trouver des sons Arthur, « bombiner », « vibrements », « strideurs », qu'on dirait qu'il joue d'la langue comme Jimi Hendrix jouait de la guitare électrique en la faisant bombiner sa pleine de vibrements aussi strider étrange.

 

Le O c'est ossi une porte qu'Arthur i dit come ça qu'des « Mondes et des Anges » la traversen et moi j'dis come nous traversent les spectres.

 

Ça fait pas un pli que les spectres nous traversent qu'à chaque instant ils nous emportent un petit bout de nous qu'on finit tout émietté.

 

8.

« - Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! - »

(Rimbaud)

 

Le sonnet des Voyelles Arthur il le termine en évoquant on ne sait qui qui aurait du « rayon violet » plein les mirettes c'est mystérieux.

 

C'est vrai qu'avec des O on peut figurer une face, une bouche, des yeux et puis la boucle du temps serpent qui se mord la queue.

 

Le serpent qui se mord la queue qu'ça fait cercle du temps l’Ouroboros qu'il s'appelle mais qu'il jouât du Clairon voilà qu'est curieux.

 

Le sonnet des voyelles i commence par le A de l'alpha puis il se termine par le O de l'oméga que ça fait tout de même bien grec tout ça bizarre.

 

Arthur flanque à la fin d'la majuscule partout au « Suprême Clairon » aux « Mondes » aux « Anges » à « l'Oméga » & à « Ses Yeux » d'on n'sait.

 

Tout ce majuscule à la fin des « Voyelles » et la personnification « Ses Yeux » ça fait genre qu'il y a soudain dans le réel plein d'esprits.

 

Ses « Voyelles » à Arthur ce sont des charmes ; elles sont pas seulement toutes en couleurs qu'elles déversent des esprits plein le réel.

 

Du coup je songe que la langue est pleine de dieux ; écoutez comme ils jaillissent si bavards de nos bouches.

 

Ou alors la langue est comme un immense poisson dont on ouvre le ventre pour en faire jaillir une infinité de poissons de toute taille et de toute férocité.

 

Je ne dirai pas que la langue est pleine de dieux qui jaillissent comme des diables de leur boîte car il n'est pas vrai que tout ce que nous disons est diablerie.

 

Je ne dirai pas non plus que la langue pond des dieux que ça nous ferait la bouche en cul de poule mais que tous nos dieux ne soient pas autre chose que des mots communs, des syllabes, des phonèmes, ça ne m'étonnerait pas plus.

 

Les dieux ne sont pas autre chose que leur nom.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2016.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 18:03

NOTES DOUTEUSES SUR "A LA MEMOIRE DE ZULMA" DE TRISTAN CORBIERE

 

          « A LA MEMOIRE DE ZULMA

 

         VIERGE-FOLLE HORS BARRIERE

 

                    ET D'UN LOUIS

 

                                                                    Bougival, 8 mai

 

Elle était riche de vingt ans,
Moi j'étais jeune de vingt francs,

Et nous fîmes bourse commune,
Placée, à fonds perdu, dans une
Infidèle nuit de printemps…

La lune a fait un trou dedans,

Ronde comme un écu de cinq francs,

Par où passa notre fortune :

Vingt ans ! vingt francs !… et puis la lune !

 

- En monnaie – hélas – les vingt francs !

En monnaie aussi les vingt ans !

Toujours de trous en trous de lune,

Et de bourse en bourse commune…

- C'est à peu près la même fortune !

…………………………………………………………

 

- Je la trouvai – bien des printemps,

Bien des vingt ans, bien des vingt francs,

Bien des trous et bien de la lune

Après – Toujours vierge et vingt ans,

Et… colonelle à la Commune !

………………………………………………………….

- Puis après : la chasse aux passants,

Aux vingt sols, et plus de vingt francs…

Puis après : la fosse commune,

Nuit gratuite sans trou de lune.

 

Saint-Cloud. - Novembre »

 

(Tristan Corbière, « Les Amours jaunes »)

 

1.

« Elle était riche de vingt ans,

Moi j'étais jeune de vingt francs »

(Tristan Corbière)

 

I dit d'abord qu'elle « était riche de vingt ans » que c'est pas vieux sauf que si elle est en terminale c'est vieux quand même.

 

Lui i done pas son age qil a peut-être honte (c't'un vieux!) que lui il a vingt francs et c'est pas beaucoup surtout maintenant avec l'euro

 

2.

« Et nous fîmes bourse commune,

Placée, à fonds perdu, dans une

Infidèle nuit de printemps… »

(Tristan Corbière)

 

I dit qu'ils ont fait « bourse commune » c'est-à-dire qu'il a claqué tous ses vingt francs avec la donzelle qu'il est un peu bête non

 

I dit qu'ça s'est passé par une « infidèle nuit de printemps » que j'savais pas qu'les nuits de printemps fézé porter des cornes

 

A bien réfléchir on finit par se voir qu'on comprend que le printemps c'est une saison amoureuse et donc de bêtes à cornes.

 

3.

« La lune a fait un trou dedans,

Ronde comme un écu de cinq francs,

Par où passa notre fortune»

(Tristan Corbière)

 

I dit « la lune a fait un trou dedans » que moi ça m'étone pas qu'ma copine Zut m'a dit dans la tête a son oncle la lune ossi fait des trous

 

C'est pour ça que des fois on trouve des pièces trouées que ça veut dire que la lune a fait des trous dedans avec son vilebretrou.

 

En fait, pour les pièces trouées je suis pas sûre que quand même il me semble en avoir vu dans une vieille boîte avec tout du passé dedans.

 

Un trou le poète nous rapele qon dit ça peut être « rond comme un écu de cinq francs » que l'écu c'est une vielle monée à vieux trous donc.

 

C'est pour ça qand le poète a tro bu qu'i retrouve plus sa muse on dit qu'il a un trou dans sa finance rond qu'il est comme un pièce d'écu.

 

Même que quand on en a marre de l'entendre délirimer qu'il est trop saoul pour compter ses pieds on lui dit daller écuver ailleurs.

 

Je sais que pour le mot « délirimer » vous allez me mettre un point supplémentère que c'est moi que je l'ai inventé tout seule

 

Dotant que c'est onteux de nous fère étudier des textes pareils quon est quan première année de letres modernes nous et pas en hippogagne !

 

Je dis ça rapport à ce que j'ai compris de la suite du texte que c'est onteux que cheval dire à ma tante si vous me metez pas tous lé points

 

Je compran que cé par le trou d'la lune sa fortune du poète ele a paçé que cé à poil vulgair non (raport à la fille de la nuit « infidèle »)

 

D'ayeur c'est bien conu qu'il y a des androits mal fréquantés (avec des femmes vulgaires) où les sous filent par tous les trous.

 

4.

« Vingt ans ! Vingt francs !… et puis la lune ! »

(Tristan Corbière)

 

Après le poète i sexclame (c'est bizarre ce mot non) « Vingt ans ! Vingt francs !… et puis la lune ! » que moi je dis la lune pour vingt francs c'est pas cher encore !

 

Quà ce momant là j'ai compris le titre « A la Mémoire de Zulma vierge-folle hors-barrière » que c'est bien une affaire de et c'est pas bien.

 

Du coup euh j'ai peur de comprandre le poème que le narateur a Tristan Corbière i serait pas à voile et à vapeur des fois non

 

5.

« Toujours de trous en trous de lune,

Et de bourse en bourse commune… »

(Tristan Corbière)

 

Toujours est-il qu'il déplor la perte de ses sous que « toujours de trous en trous de lune » i s'évaporent comme si le Phisc les bouffait.

 

Le Phisc cé un fabuleu come le Sphinx sauf qu'il met son nez partou où y a des sous (l'est pas dégoûté!) alor que le nez du sphinx est cassé

 

Du coup euh je compran aussi que le mot « bourse » qu'il y a dans le poème i s'rait à double sens que ça n'étonnerait pas ma tante.

 

6.

« - Je la trouvai – bien des printemps,

Bien des vingt ans, bien des vingt francs,

Bien des trous et bien de la lune »

(Tristan Corbière)

 

Mais moi mélancolique come je vous coné je suis sûre que qand vous lizez « bien des trous et bien de la lune » vous pensé au cimetière non ?

 

Pis ça sone mélancolique ossi ce son « an » qui s'en va comme en écho qu'on dirait une voix lointaine dans le quelque part.

 

Rythmiquement c'est impeccable (4/4 // 4/4 // 3/5) :

« - Je la trouvai / bien des printemps /

Bien des vingt ans / bien des vingt francs /

Bien des trous / et bien de la lune »

(Tristan Corbière)

 

7.

« Bien des trous et bien de la lune

Après – Toujours vierge et vingt ans,

Et… colonelle à la Commune ! »

(Tristan Corbière)

 

Mais c'est bizar qand meme quand le poète écrit que Zulma elle fut « colonelle à la Commune » que donc Zulma c'était une pétroleuse !

 

Et vu qu'elle fut « toujours vierge et vingt ans », la colonelle elle fut pas autant vierge-folle que vierge-dure non ?

 

Donc en fait de « bien de trous et bien de la lune » que sûr qu'la Commune a fini que j'plagie Bernanos en « grand cimetière sous la lune ».

 

Du coup je songe à

« Et je laisse Bernanos au chien des enfers »

qu'c'est un vers que quelqu'un aurait pu écrire que c'est moi qui l'ai.

 

La Commune ça été un soulèvement de tout un tas de gens qu'ils en avaient mare d'être tyranisés puis pauvres aussi souvant.

 

8.

« - Puis après : la chasse aux passants,

Aux vingt sols, et plus de vingt francs… »

(Tristan Corbière)

 

Je comprands qaprès l'fatal la Zulma a (c't'un fatal ossi) fi le trotoir pour peu (« vingt sols ») que cé bien triste ce poème tout d'même.

 

Suis langue de p'têtre que la Zulma c'est pas le trotoir qele fi mais la manche qu'si ça s'trouve a jouot pour vingt sols un air de flûtiau.

 

9.

« Puis après : la fosse commune,

Nuit gratuite sans trou de lune. »

(Tristan Corbière)

 

Qanfin la Zulma défunta qu'on l'a mis dans une « fosse commune », c'est à dire dans un trou sous la lune que Zulma la verra jamais plus.

 

Conclusion que vu la tenure à ce poème si j'ai pas une bonne note ma tante va venir vous voir la figure pour y mettre ses poings sur vos i.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 septembre 2016.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:09

DANS LES PLIS D'LA PEAU DES MIROIRS

 

1.

Rien elle se consacre à ses chats rien sinon oh bin elle assassine bien un peu deci-delà mais sinon rien ses chats c'est tout rien.

 

2.

Elle se consacre à ses charmes elle était très jolie y a longtemps qu'elle cherche maintenant ses charmes dans les plis d'peau des miroirs.

 

3.

Les jeunes filles ça va à la fontaine qu'un beau jour on les retrouve plus qu'la fontaine les a assassinées.

 

4.

Des fois dans les films d'orreur y a des bocau avec des tetes coupées dedans i baigne dans leur mort et y a des chien qui ronje des osses.

 

5.

Sinon non elle ne fait rien c'est à ses chats qu'elle se consacre pis le temps passe et comondi y a d'l'os qui passe aussi sous les ponts.

 

6.

Parfois y a un x i s'promène comme s'il était dans une équation soudain le chat du grand nulle part surgit pis attrape le x engloutit le x

 

7.

Puis le chat du grand nulle part il s'en va qu'on entend son lointain ronronnement ronron très loin très loin loin loin dans l'espace.

 

8.

Les horloges lentement a s'détraquent qu'on dirait qu'tous les temps i s'mettent à sonner bizarre à s'conjuguer étrange d'plus en plus.

 

9.

Les horloges a finissent par décarocher pas qu'un peu a s'détricotent a s'emmêlent les temps alors quel helter skelter docteur Schweitzer !

 

10.

Pis les petits vieux dessous les horloges i font plus qu'a répéter toudis la même chose qu'on dirait l'école.

 

11.

Rien elle se consacre à ses chats rien sinon elle assassine un peu d'ci-là qu'elle tisse du fantôme là avec son coutelas.

 

12.

Me demande s'il existe un blues qui commence par « I'm in love with the woman from the other side » que ce s'rait comme une ode à une fantôme.

 

J'écris ça rapport à c'que j'compose souvent mes brèves fantaisies là en écoutant le dimanche matin du bon vieux pop/rock sur l'excellente radio Classic 21.

 

13.

« Là, au centre de la France, cerné par la forêt de L'Espinasse et une sorte d'arbre sculpté par la mort, vous ne pouvez que regarder vers la droite et apercevoir l'aigle peint. »

(Sorj Chalandon et Philippe Delacroix, in « L'Echo des Savanes », n°7 nouvelle série 1983, p.80)

 

Un « arbre sculpté par la mort », c'est qu'la camarde a des ciseaux aussi pour vous en fignoler d'la forme macabre, du morbide nature.

 

14.

Parfois je me sens poisson et je me plonge dans l'être, mais heureusement le dieu qui loge dans le réel me repêche avant les ténèbres.

 

15.

Des fois qu'on s'sentirait prisonnier d'une grande maison dans un nulle part de trou oùsque quelque mauvaise fée nous a laissé.

 

16.

Des fois qu'on s'dirait qu'on l'sent venir qu'la fin est proche pis qu'on les voit bien les poissons qui tournent autour de soi.

 

17.

Zut des fois elle est toute renfrognée pis debout là à attendre avec son air de sale gosse l'a bien l'air de s'dire qu'elle nous dit merde.

 

18.

Des fois qu'on aimerait écrire un poème qu'on y mettrait du chameau dedans du chameau sortant d'un chapeau

 

Je dis chameau sortant d'un chapeau c'est juste pour la rime qu'en fait le chameau sortirait de chez soi et qu'il s'appellerait Hortense.

 

Remarquez que si vous habitez un château pour la rime ça peut le faire qu'un chameau nommé Hortense sorte de chez vous qu'est un château

 

19.

Des fois on sent néanmoins ce qui montre qu'on a du pif même si néanmoins que moi ça me fait songer au sphinx là dans ses sables.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 septembre 2016.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:06

RIEN ELLE SE CONSACRE A SES CHATS RIEN

 

Rien elle se consacre à ses chats rien

elle se consacre à ses chats rien elle

se consacre à ses charmes je vous l'ai

dit ça déjà qu'elle était très jolie y

a lontant lontant lontant lontant très

lontant qu'elle cherche maintenant ses

charmes dans les plis du tant la jeune

va à la fontaine qu'un beau jour on la

retrouve plus je vous dis rien elle se

consacre aux bocaux avec des têtes cou

pées dedans pis qui baignent dans leur

mort sinon non elle ne fait rien c'est

à ses chats qu'elle se consacre pis le

temps passe & ses chats sont tout vieu

x voilà donc un x qui se promène comme

s'il était dans une équation un x puis

soudain le chat de nulle part surgit &

attrape le x engloutit le x et s'en va

qu'on entend son lointain ronronnement

ronron très loin ronron très loin loin

loin loin loin loin là-bas l'espace et

les horloges lentement a s'déglinguent

a s'détraquent a tombent patraques pis

ssssssssssssssssonnent de plus en plus

bi-zar bi-zar bi-zar bi-zar bi-zar pis

a finissent par décarocher & pas qu'un

elles sont plus synchrones alors elles

jactent toutes des temps différents et

dessous les cor vivants les très vieux

ils perdent la boule & font qu'répéter

répéter toudis toudis toudis toudis la

même chose rien elle se consacre à ses

chats rien elle se consacre à ses rien

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 septembre 2016.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:01

APPARITION DE NINA H.

 

1.

« Ce que le public réclame, c'est l'image de la passion, non la passion elle-même. »

(Roland Barthes, « Mythologies » in Raoul Vaneigem, « Dictionnaire de citations »)

 

Nous aimons les images, les métaphores et les masques en ce que ce bal nous met à distance des passions que l'on dit dévorantes.

 

Les fictions sont les contrepoisons des passions, quoique parfois elles en soient aussi les vecteurs.

 

Les fictions, des ambassadeurs en habits de merveilles qui nous viennent porter des messages de nos proches étranges.

 

2.

Je grinçai grinçai grinçai grinçai grinçai car j'aime à grincer le verbe grincer ô ma jolie porte viens ici que je te grince un peu.

 

Des dents v'là que j'vois des dents partout des dents ô dieu l'univers est un dentier !

 

3.

Et je quittai mon ombre laquelle disparut aussitôt comme si je n'avais jamais existé.

 

4.

« Le plus souvent, j'errais à travers la maison où tout le monde s'évitait en dehors des inéluctables heures de la communauté des repas. »

(Jean Ray, « Malpertuis » [le narrateur])

 

« J'errais à travers la maison », que même des fois je traversais les assiettes et les verres cependant que les vivants mâchouillaient.

 

« la maison où tout le monde s'évitait », des fois qu'en se rencontrant, ils se reconnaîtraient.

 

Les « inéluctables heures » que je les imagine assez un poignard à la main à vous attendre là au coin d'l'horloge.

 

« la communauté des repas » : le genre de bout de phrase qui me fait songer illico à une assemblée de spectres dévorant le réel.

 

5.

Quand dans un roman Nono lance un regard perçant à Nini (c'est sa sœur), j'imagine vite Nini rattraper l’œil à la volée.

 

6.

« A l'abri du vent, j'allai m'asseoir au bord de la mer, à moi seule à cette heure. »

(Agatha Christie traduit par Th. Guasco, « Les Pendules » [Colin])

 

Vaut mieux s'mettre à l'abri du vent que font les choses quand soudain les bouches des choses, vous soufflent vous soufflent dedans l'être.

 

Quand on va s'asseoir au bord de la mer, faut gaffer d'pas tomber d'dans, qu'on glisserait vite happé par l'chaipaquoi qui sidère et chante.

 

Certaines heures, elle est à soi seule qu'on l'a toute entière pour soi qu'les autres vous la prennent pas, la tête.

 

Même que des fois on l'a à soi seule et toute, sa tête, qu'on peut s'y réfléchir dedans.

 

7.

Quand j'étos jeune (dans une autre vie) j'croyais aux Stones et à Pink Floyd, maint'nant, hélas, les mômes i s'emballent pour illuminatis complotances & blablabla.

 

Tout ça qui ourdit, qui complote : illuminatis, reptiliens, pédagogistes…

 

8.

Des fois qu'elle s'appellerait Nina H. et qu'elle lancerait de longs rrrwwwiiiips pour vous tentaculer.

 

9.

J'aime bien les querelles de chiffres entre experts à la radio, je me dis y en a un au moins un qui ment, à moins qu'i soient tous crétins.

 

10.

Quand j'aurai plus d'oreilles, j'pourrai plus écouter Nina Hagen ni les Doors ni Satie, finis les beaux mystères, y aura plus qu'les morts.

 

11.

« Le regard ne s'empare pas des images, ce sont elles qui s'emparent du regard. Elles inondent la conscience. » (Franz Kafka, in Gustav Janouch, « Kafka m'a dit » cf Raoul Vaneigem, « Dictionnaire de citations »)

 

Que « le regard ne s'empare pas des images » ne m'étonne guère, comment qu'i pourrait sans mains, sans bras, ni épuisette ?

 

Mais les images, pour vous attraper les yeux, elles en ont des bras, de longs bras avec au bout des mains aussi invisibles que vous et moi.

 

Puis les images elle vous « inondent la conscience » pour y mettre des pieuvres, tiens, des vouivres et des vaisseaux fantômes.

 

12.

Des fois Nina H. hante quelque vieille fête foraine, elle est le limonaire à vouivres, et grince une chanson fantôme.

 

13.

Des fois Nina H. hante La Danse du Sabre et y a comme des têtes coupées dans sa voix qui chantent chantent chantent à corps perdu.

 

14.

« Phèdre ! Que lui dirai-je ? Et que peut-elle attendre... »

(Racine, « Phèdre », v.565 [Hippolyte])

 

Quand j'entends le nom « Phèdre » je songe à la couleur verte, genre « Reine verte » à Pierre Henry, voix fantôme dans les couloirs du palais.

 

Moi aussi si Phèdre m'apparaissait là comme ça avec sa longue robe de temps je me demande ce que je pourrais bien lui dire. Mais, à mon avis, elle n'attendrait rien de moi et me traverserait comme nous passons une porte, sans même me voir.

 

Que pourrait bien attendre une apparition de Phèdre ? Un train fantôme ? un tableau hanté ? Un cornet d'frites ? Godot ?

 

15.

Des fois, les gens m'ennuient comme s'ils étaient encore vivants.

 

16.

« L'imagination est le mode de déplacement le plus rapide » dit-il citant un certain Jean Morel et se prenant la porte pleine face.

 

17.

« Et du feu criminel qu'il a pris dans ses yeux »

(Racine, « Phèdre », v. 1016 [Oenone])

 

Des fois qu'on se sent du feu pis du criminel plein les yeux là, qu'on nous dise qu'on peut aller se faire cuire un œuf, c'est pas prudent.

 

18.

« Toutefois, l'enquête se poursuivait aussi laconique que possible. »

(Agatha Christie traduit par Th. Guasco, « Les Pendules »)

 

Quand une enquête se poursuit, en général, elle finit par se retrouver, mais il est vrai que tout dépend de la finesse du limier.

 

Si une enquête est laconique, à moins d'être dans l'imperméable de l'inspecteur, on n'en sait pas plus. Faut demander au sphinx, mais parfois il est ailleurs, le sphinx, à jouer aux pyramides.

 

19.

Parfois, je me demande si certains ont conscience d'avoir passé la majeure partie de leur vie avec le fantôme de ce qu'ils furent.

 

20.

Pis un jour le vieux clown tout ridé fatigué usé aura ma peau, qu'alors je grincerai encore un peu avant d'm'en aller eau d'boudin.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 septembre 2016.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 17:57

QUAND J'ÉTAIS JEUNE J'CROYAIS AUX STONES

 

Quand dans un roman

Nono lance un regard perçant

A Nini (c'est sa sœur)

Je me dis pas de panique aucune peur

Car elle va la Nini dans une belle envolée

Rattraper l’œil à la volée

 

Ce qui n'a aucun rapport

Non vraiment aucun rapport

Aucun rapport

Aucun rapport avec ce qui suit

Oui oui

 

Quand j'étais jeune (dans une autre vie)

Je croyais aux Stones, à Pink Floyd

Et vous pouvez vous brosser pour qu'à Floyd

J'aille vous trouver une ri-

Meuh font les vaches de la pochette

Ça oui qu'Pink Floyd c'était chouette

 

Pis planant pis électrique

Pis planant pis électrique

Pis planant pis électrique

Pis planant pis électrique

Ouh ouh

 

Las maint'nant Tom Waits peut bien attendre

Qu'le bon vieux blues renaisse de ses cendres

Les mômes ça les intéresse pas

Le boogie-woogie à grand papa

I croient plus qu'aux illuminatis

Aux reptiliens dans leurs ovnis

 

Pis toutes ces sortes de choses

Pis toutes ces sortes de choses

Pis toutes ces sortes de choses

Pis toutes ces sortes de choses

De choooooooooooooozzzzzzzz

 

Quand de ma tête seront tombées mes oreilles

J'pourrais plus écouter aucune rythmique merveille

Finie Nina Hagen finis les Doors fini Satie

Finis les beaux mystères, fini Bowie

Y aura plus qu'les morts

Les morts les morts les morts les morts

 

Pis tous leurs osses

Pis tous leurs osses

Pis tous leurs osses

Pis tous leurs osses

Os'cours !

 

Quand dans un roman

Nono lance un regard perçant

A Nini (c'est sa sœur)

Je me dis pas de panique aucune peur

Ah bin zut v'la la Nini toute transpercée

Et dans le ciel plane un grand œil ensanglanté.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 septembre 2016.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 11:36

OS OS OS

 

1.

Lors il se moucha fort car il avait le nez long et plein de monde dedans.

 

2.

M'est avis que bientôt nous ne vivrons plus qu'avec le fantôme de la liberté et nous nous adonnerons stupidement au culte de la politique.

 

3.

I réforment i réforment (ça coûte des sous) mais i dédoublent pas : 30 élèves par cours : c'est pas d'la pédagogie, c'est du gavage.

 

4.

« C'est le Temps, bien sûr. (Est-il pareil chez vous?) Il faudrait arriver plus tôt que lui »

(Henri Michaux, «Je vous écris d'un pays lointain »)

 

C'est le Temps i nous mijote nous marne nous mitonne nous mistigrise grignote qu'en reste plus qu'miettes trognon regrets os os os.

 

Le Temps n'attend personne. Il se tient horizontalement droit, juste dessous les bolides qui zèbrent le ciel tandis que je mange des frites.

 

Bien sûr que je vous aurais aimée dans une autre vie, mais pas dans celle-là où votre regard me traverse comme une ombre passe la porte.

 

Est-il pareil chez vous ? Pour vous rappeler les règles, avez-vous vous aussi l'ironique coucou et l'horloge à cadavres ?

 

Il faudrait arriver avant l'heure de la fermeture dit le lapin blanc sinon nous serons à la merci du Grand Dehors et des apparitions.

 

Plus tôt que lui vengeur je serai là

Là là là là je serai là

Avec ma sardine décapitante

Sous la pluie battante

Elle frétillera là là là là

 

5.

Je n'attends personne. Je n'ai tué personne (donc pas de fantôme) et personne ne m'ayant tué, personne ne m'attend. C'est pour ça.

 

6.

Et elle s'appelait Maurice qu'plus d'un y a laissé sa ch'misse quand la belle Maurice lui mettait dessus le grappin et ses ongles vernis.

 

7.

Je suis pendu au cou de la pendule J'la lâche plus Je suis amoureux du temps qui passe Comme elle ondule bien ma pendule qui glisse la nuit.

 

8.

« Quand on ne sait rien faire, il faut être prêt à tout. »

(Henri Michaux, « Le portrait de A. »)

 

« Quand on ne sait rien faire, il faut être prêt à tout » : ça doit être la devise de l'ENA, ça (ou de Sciences Po).

 

9.

Quand j'fus rapté par des itis m'ont mis dans leur oveni là j'ai bien vu qu'ces gins c'éto des politiques ; j'ai compris bien des choses…

 

10.

Rien de tel que le premier album des Sparks (celui de 1971 qu'est signé Sparks/Halfnelson) pour vous la détendre l'atmosphère d'la tête là.

 

11.

Ils traversent les nuées dans leurs aéronefs mystérieux puis ils descendent s'envoyer un kebab frites en disant qu'c'est l'bordel en France.

 

12.

Franchement, les couleuvres qu'on nous fait avaler, avec le nucléaire, a vont finir par être radioactives, moi j'vous dis.

 

13.

Les politiques, m'est avis qu'ils nous mentent plus qu'eux-mêmes n'osent se l'avouer.

 

14.

Y en a des fois ils prennent leur lune sous le bras et vont rêver ailleurs, loin des robots et de leurs ingénieurs.

 

15.

Comme je refermais en grinçant la porte derrière moi, elle prit les jambes à son cou et la clé des champs. Depuis je monte la garde.

 

16.

Parfois je vais dans ma caboche à la pêche aux chansons, mais j'armonte jamais que des queues et des yeux morts.

 

17.

Jimi Hendrix des fois j'me songe qu'il jouait comme s'il avait voulu évanouir quelqu'un, le faire mystérieusement disparaître dans les échos de sa guitare.

 

18.

En français, on prend les jambes à son cou, la clé des champs et la poudre d'escampette, moi j'écoute « Trouvez mieux » de Robert Charlebois.

 

19.

Alors la limace se fit chemise puis mit une jeune fille dedans parce que c'est plus agréable qu'un barbu.

 

Ces temps-ci, j'ai de la réticence envers les barbus que je sais pas s'ils vont poser une bombe ou seriner du Kenji bidule.

 

20.

Quand on artrouvera mes osses dans une couple de pas mal de temps, j'aimerais bien qu'alors l'archéologue i dise Ah tiens, c'est marrant ça.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 septembre 2016.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 11:32

PARODIE CERTES MAIS AVEC UN PEU D'HISTOIRE QUAND MÊME

 

LES MARMITONS BLANCS

(parodie culinaire de l'excellent « Chant des partisans blancs ». « Les Partisans blancs », j'ai eu l'honneur de l'apprendre à Berlin à une époque heureusement révolue où les « rouges » faisaient régner sur la moitié de l'Europe un ordre communiste imbécile, inefficace et menaçant).

 

Dans la soif et la famine

Par les creux et par les champs

A l'appel de la cuisine

Marchaient les marmitons blancs

A l'appel de la cuisine

Marchaient les marmitons blancs.

 

Pourchassant l'aile ou la cuisse

Et préparant du gouleyant

Dans leurs fringales épiques

Ils bouffaient du boudin blanc

Dans leurs fringales épiques

Ils bouffaient du boudin blanc.

 

C'est pour la Sainte Pépie

Pour la soupe à l'oignon

Pour le lard et le céleri

Que touillaient ces bataillons

Pour le lard et le céleri

Que touillaient ces bataillons.

 

Votre table est immortelle

Cuisiniers et sauciers blancs

Et qu'ma soif soit éternelle

Si j'bois pas un bon coup d'blanc

Et qu'ma soif soit éternelle

Si j'bois pas un bon coup d'blanc.

 

Version originale :

 

« Dans la faim et la famine

Par les villes et par les champs

A l'appel de Dénikine

Marchaient les partisans blancs

A l'appel de Dénikine

Marchaient les partisans blancs.

 

Pourchassant les bolchéviques

Et ralliant les Alamans

Dans leurs campagnes épiques

Ils traquaient Trotsky tremblant

Dans leurs campagnes épiques

Ils traquaient Trotsky tremblant.

 

C'est pour la Sainte Russie

Pour la Grande Réunion

Pour le tsar et la patrie

Que luttaient ces bataillons

Pour le tsar et la patrie

Que luttaient ces bataillons.

 

Votre gloire est immortelle

Volontaires et officiers blancs

Et votre agonie cruelle

La honte de l'occident

Et votre agonie cruelle

La honte de l'occident. »

 

Notes :

1) A Berlin, nous ne chantions pas « Et ralliant les atamans » (comprendre « Cosaques », le mot « ataman » désignant un chef cosaque) mais l'allusif « Alamans », de l'ancien nom générique des tribus germaines situées sur la rive droite du Rhin.

2) De même le vers « Pour la vieille tradition » était remplacé par « Pour la Grande Réunion », c'est-à-dire la « Réunification » de l'Allemagne alors coupée en deux.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 septembre 2016

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 18:35

KSÉ COMME UN SINGE L'HOMME TSAIS

 

1.

Défois on san pis défois on manj du fromaj kilya kelkchoz dan l'jenr infini làddans & pas seuleman dan les trous à gruyère & qu'on tressaïl.

 

2.

Qu'on dit alor com si on s'apelai Michaux « Moi – ça - tremble » que le réel l'arrête pas de trembler qu'on l'voit même pas qui parkinsonne.

 

3.

Qu'on grouye d'bous d'mondes paralèle qu'on est là avec nos ptits mickeys nous traversant come le tems traverse le tems même kil existe pas.

 

4.

Que dans les rues de chaipaoù les longues rues de chaipaoù y a une drôle de qui s'enfuit en criant qu'elle est dans les ombres.

 

5.

« Pensées à la nage merveilleuse,

qui glissez en nous, entre nous, loin de nous »

(Henri Michaux, « Pensées »)

 

Des fois qu'on a dans la caboche toute une nagerie merveilleuse de songeuses oh des pensées qu'on sait pas d'où la féerie.

 

6.

Des fois qu'on a dans la peau une fantôme qu'on tombe amoureux d'une vivante mais en vrai c'est la fantôme qu'on aime.

 

7.

Qu'on est plein d'chair & d'os qu'on a le squelette causant pis qu'on croit ksé nous ksé comme un singe le spectre de la grenouille.

 

8.

Qu'on lit des albums où la lune s'ouvre comme un abricot même qu'il en sort des légions d'araignées qui nous viennent grignoter le cerveau.

 

9.

On est plein « d'étrangères en nos maisons » (i dit Michaux) ce son les Pensées eles parle des langues étrangères qu'on pran por d'la raison.

 

10.

Ça s'robotiz ça s'algorythme ça s'technocratiz kon passe dans l'déréel kon en cause dan les journaux des automates de nos pommes spectres.

 

11.

Nous passons dans les longs couloirs avec nos villes fantômes ; alors les yeux des machines nous observent et analysent.

 

12.

Parfois, on regarde les gens dans les films comme s'ils n'avaient pas fini d'exister.

 

13.

Comme il ne sentait plus le trottoir, il s'enfonça, s'enfonça, ne fit plus que s'enfoncer. Il fallut le déminer.

 

14.

Parfois on laisse dieu aux chiens. Mais les chiens n'y croient pas. Ils traversent dieu en reniflant et vont lever la patte sur un pommier.

 

15.

Que les fourmis dévorent les murs, c'est plutôt rare. Elles préfèrent engloutir les éléphants. D'ailleurs, les murs n'ont pas de trompe.

 

16.

Mieux vaut ne pas trop se pencher sur soi, on risquerait de glisser dans l'gouffre. Et vaut mieux pas tenter le diable des autres non plus.

 

17.

« un fromage lent, jaune, à pas de chevaux de catafalque, circulait en lui-même comme un pied du monde. »

(Henri Michaux, « La vision de Plume »)

 

Circuler en soi-même, c'est à coup sûr mourir noyé dans son propre sang, et puis si l'on se sait « pied du monde » autant aller unijamber ailleurs.

 

Si l'on est fromage, à « circuler en soi-même » vaut mieux pas qu'on soye gruyère, qu'on tomb'rait dans les trous.

 

18.

Quand nous allons dans le monde, nous emportons nos phrases avec nous. On appelle cela « avoir de la conversation ».

 

19.

Avant que ça se manifeste, un grand silence... Le hasard fait taire fanfares et fanfarons ; alors on entend le fantôme de l'ange qui passe.

 

20.

Parfois, afin d'éviter d'autres anachronismes, il faut épousseter les horloges des spectres qui s'accrochent à l'illusion du temps.

 

21.

Depuis le temps qu'on traverse des temps troublés, quand il fera plus clair, à mon avis, on sera plus qu'aveugle.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 septembre 2016.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 23:36

ABANDON D'UN ROMAN DE SCIENCE FICTION

 

Bon alors là les aliens ont débarqué et i fusent tout sur leur passage avec leurs lasers machins bidules rayons d'la mort et toutti.

 

Bon les désintégrants du cosmos ont débarqué faut organiser la résistance faut s'battre mais comment fit-il en se grattant les douze genoux.

 

Les désintégrateurs i désintègrent tout adieu veau vache cochon poule poulet poulpe tout part en fumée et aussi le pot au lait.

 

D'abord ça avait été quelques signes dans le ciel pas grand-chose à vrai dire quelques shadoqueries dans les espaces d'là-haut.

 

Des corps célestes à orbites bizarroïdes de ces choses que l’œil n'attrape guère qu'avec des équations et des quoiquesses.

 

Les aliens i sont pas beaux on dirait des premiers de la classe avec des bras partout et une grosse bouche à la Muqueuse Jaguère.

 

Muqueuse Jaguère c'était un chanteur de vieux rock dans un groupe de vieux rock qu'avant ils étaient jeunes mais que nous on sait pas.

 

Pour vous dire du temps où le groupe à Muqueuse Jaguère était jeune c'est comme dans un univers parallèle tellement c'est loin.

 

Des fois Zut elle pense que c'est si loin tout ça qu'on dirait assez des univers parallèles planqués dans les horloges de dans le temps.

 

Zut c'est ma copine elle est pas très sympa mais c'est ma copine quand même surtout quand elle cause qu'elle dit des drôles de trucs.

 

Bon revenons à nos aliens qu'un beau jour ça péta d'l'orage partout Crack boum uh qu'les champs étaient tout syncopés blancs.

 

Ça zébrait si bizarre dans le ciel qu'les vaches elles en étaient toutes effarées y en a même qui ont pris le train c'est vous dire.

 

Pendant les orages y en eut des drôles d'éclairs d'ces fulgures à jaillir des manoirs à savants fous et leurs créatures j'vous jure.

 

Genre créature toute recousue couturée d'bouts d'autres pis qui avance les bras en avant en bavant Gatô Flanby Ornella ou chaipas.

 

Ça apocalypsait sec dans les prêches des sermonnants, pasteurisants, évangélisants et tout le saint tremblement.

 

Comme quoi c'était le jour du jugement dernier et que nous allions expier nos péchés du coup j'ai pensé à Lulu.

 

Faut pardonner comment que j'm'exprime c'est que j'en ai pris un coup sur le moral moi avec tous ces événements fatals là.

 

Donc ça fulgurait dans les cieux ça pleuvait dru aussi qu'on aurait dit que tous les moutons du ciel s'étaient unis pour nous compisser.

 

Y avait des éclairs bleus jaunes verts de toutes les couleurs qu'on aurait pas cru pensables à rendre fou un peintre et ses vaches.

 

Houla qu'ça craqua les arbres volaient fuyaient dans l'air bon ras l'bol jamais j'sera écrivain de science fiction ni écrivain tout court.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 septembre 2016

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