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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:31

PLEINE D'YEUX A LA SECONDE

 

1.

Dans un de ses tweets, Lucien Suel a écrit :

« Un punk n'a pas une bonne opinion de lui-même »

 

D'où je déduis que

 

Un punk n'a pas une bonne opinion

Un punk n'a pas une bonne

Un punk n'a pas une

Un punk n'a pas

Un punk n'a

Un punk

Un ! Chaud devant !

 

2.

« Et l'espace d'une seconde il lui sembla qu'une myriade d'yeux avides et cruels la regardaient »

(Stephen King traduit par François Lasquin, « Simetierre », J'ai Lu n°2266, p.510)

 

3.

Une seconde pleine d'yeux, bourrée à craquer d'yeux, comme si elle allait s'éventrer.

 

4.

« Jamais il n'aurait pensé qu'une écriture céleste pût être obscène. »

(Philip José Farmer traduit par Iawa Tate, « Le Privé du cosmos », Presses Pocket SF n°5291, p.115)

 

5.

Dieu, en clochard céleste, haranguant les mondes, crachant sur les créatures.

 

6.

« Une intelligence, revenue sur terre, ne serait-elle pas tentée de se faire des idées, à force de nous observer ? »

(Samuel Beckett, « Fin de partie », Les éditions de minuit, p.47 [Hamm])

 

7.

« Une intelligence, revenue sur terre » : en effet, quant à revenir, autant revenir avec un cerveau.

 

8.

Un fantôme est-il ce genre d'être dont nous ne pouvons faire coïncider la position et la vitesse ? Est-il ce genre de discrétion ?

 

9.

Synchroniser un fantôme, le coincer dans une vitesse et une position, l'épingler dans un espace-temps.

 

10.

Sans doute ne peut-on calculer la vitesse et la position d'un existant que s'il est la manifestation d'un inconnaissable autre.

 

11.

Ce que tout existant manifeste, c'est la présence d'un inconnaissable autre que nous ne pouvons qu'appeler « être », faute de dieu valide.

 

12.

Et si dieu se tenait dans les équations comme une folle dans un récit.

 

13.

« Je dus voyager, distraire les enchantements assemblés sur mon cerveau. »

(Rimbaud, « Une saison en enfer »)

 

14.

Agité d'l'essaim des mots ; piqué du coup ; tout à fait, piqué je vous dis... il finira comme tout le monde, il finira mal…

 

15.

Il fallait bien que le temps existât puisqu'on passe son temps à le perdre.

 

16.

Qu'il y ait quelque chose plutôt que rien, c'est déjà quelque chose, mais qu'il y ait quelque chose dans le rien du tout, ah ça, c'est autre chose.

 

17.

« Tu seras assis quelque part, petit plein perdu dans le vide, pour toujours, dans le noir. »

(Samuel Beckett, « Fin de partie » [Hamm])

 

18.

Nous distrayons nos enchantements ; nous appelons cela « l'ennui », nous disons aussi « travailler ».

 

19.

Si Dieu est pure bonté, il ne pense qu'aux autres ; comment voulez-vous alors qu'il ait une existence propre ?

 

20.

Ils s'habillent de noir crucifient décapitent torturent violent assassinent, et ils veulent nous faire croire qu'ils ne sont pas des démons ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 août 2015.

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 10:17

AAH QUOIQUEQUIFAILÀ ?

 

1.

Comme elle roule cette chanson de Yves Montand « La Bicyclette » comme elle file sa musique sur d'autres chemins que les nôtres désormais.

 

2.

Au bout du piano, ou le long des sables, dans l'autrefois, une femme, un rêve et une poignée de syllabes : « The Shadow Of Your Smile ».

 

3.

Sûr qu'on doit faire la moue, pis transis qu'on est dans l'goût amoureux, avec toute cette gadoue-là ouh « La Gadoue » de Serge Gainsbourg.

 

4.

Pis qu'on se nostalgise, qu'on s'mélancolise, qu'on s'laisse emporter par « La Bohème » d'Aznavour même si on a pas pu connaître, ah quand même, qu'on y nostalgise, dans le fictif, oui.

 

5.

Tu vas voir si j'vas laisser « la plage aux romantiques » fit Zut en déballant ses chevaux de frise, son bazooka et son casque à pointe.

 

6.

Allez savoir pourquoi, à chaque fois que j'entends la musique de « Love Story », je ne peux m'empêcher de faire coin coin coin coin coin coin.

 

7.

Par contre, les chabadabada chabadabada veloutés par Nicole Croisille, j'aime bien, même si je suis infoutu de citer ce qui vient après.

 

8.

Si la Mère Marie se pointait avec son kil de rouge et jaffant du sauciflard à l'ail, même en speakant des words of wisdom, est-ce que ça lui donnerait envie de chanter « Let It Be » à l'autre au clavier. Moi, je crois bien que j'roterais. Remarquez, ça aurait pu leur r'filer un coup d'punk aux Beatles.

 

9.

Ah je ne serai pas anthologisé, pas recueilli, pas empapapouété, pas courbaturé (n'ayant point à faire de), pas médaillé d'la poésie et d'la larme à l’œil.

 

10.

Ah je n'aurai pas l'honneur, je ne jacteferai point avec Monsieur Machin, Son épouse Truc et le brillant Chose… Ne crocodilerai point, moi, sec.

 

11.

Ah je ne serai pas étudié et l'on dira Houzeau… Houzeau… bah Houzeau c'est si peu, voyons…

 

12.

Dans leurs lointains étangs seuls les crapauds coas-

-seront mes vers sous la lune en forme de Zut.

 

13.

Mais non, je ne casse pas, je coacasse, et, même s'il se peut, je coacocasse.

 

14.

« Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert. »

(Rimbaud, « Larme »)

 

15.

Or, mots, cent voix, gars, zont sang, fleurs, ciel, cou vert Ah ! tiens the Green Man, Aah, koikekifailà ?

 

16.

Nos caboches, chaque jour, tournent le moulin de tant de noms, fourmilière de petits êtres, tamis-minute.

 

17.

Le Diable, quoi qui fait le Diable ? i crache des ombres, comme nous des noyaux de cerise.

 

18.

Alors le Diable vomit le réel, et Dieu, dégoûté, se détourna.

 

19.

La musique se moque si bien du réel, qu'elle le traverse comme s'il n'était qu'un spectre assez vulgaire.

 

20.

Nous jetons des choses au temps, et voici des os, des chiens qui aboient.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 août 2015.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 23:51

JE NE SAIS QUEL HIER

1.
Fan j'suis d'l'émission « Airs de rien » sur la radio suisse (rts.ch). Oui, Pascal Bernheim, racontez-nous encore des histoires de chansons.

2.
Tables de jeu visages masques
Celle qui oh la pâle retenait son souffle
Puis dans son cœur percé il pleut des as
De pique.

3.
Pic pic pic et colegram
Celui-là il regarde les dames
Passer aussi les effeuillées des canards
En papier glacé Oh.

4.
On a beau faire on a beau jeu
On ne se supporte pas toujours
Soi-même bah c'est que sa p'tite chanson
Et toujours partie remise.

5.
Blanche y battait une tresse brune
Le son d'une guitare m'envoie songer
Quelque chemise le ciel du nord en blouse grise
Passe J'ai un rhume.

6.
La vie est moderne comme un vers de Rimbaud
Une chanson la radio
Oui mais tous les prétentieux
Bah ils ne valent pas un couteau et Cioran.

7.
La vie est moderne comme une équation
Un blues un voilà ce que je vais faire
Les photos les trois serpents
Un vert un rouge un bleu un cinéma

8.
La jeune fille mise avec le soleil
Lui – quel sot ! - trahit la pluie et cherche
Entre les notes d'un vieux piano
Je ne sais quel visage.

9.
Je ne sais quel hier revient dans cette chanson
Une passante d'une rue de Berlin
Le be-bop-a-lula d'la pluie
Une lycéenne les feuilles mortes.

10.
Arrive à toute allure la dernière paupière
Et l'on s'en va écouter quelle musique elles jouent
Les clés de Saint Pierre
Si c'est du jazz ou bien du blues.

11.
« La Chimère a passé dans la ville où tout dort »
(Albert Samain, « La Chimère »)

12.
La Chimère : souple celle-là à pas de lion et pattes griffues qui nous passe entre les songes.

13.
La Chimère : Crinière, des dents, là, entre les pavés chatouillés de lune, croquent des vies, comme moi des cornichons ; tout dort.

14.
A passé : le temps, en nous éraflant la carrosserie, au passage.

15.
Dans la ville, l'élancement d'une guitare, l'boogie-woogie du piano, et puis vitres néons visages honky-tonk tout ça cassé d'alcool et de fièvre.

16.
Où tout dort, comme dans, comme dans la chanson Dodo la boule i disait Léo Ferré Dodo j'descends dans la barque, où la lune allume tes yeux verts.

17.
Tout dort ; personne ne voit passer le prince des mélancolies, le bel orgueil de son exil, la nostalgie de l'heure.

18.
Dans la nuit la chanson aux grands yeux
Les chats passent les mouches aussi
Peut-être des anges les habitent
Un peu stupides, mais si vifs.

19.
Les chansons sont pleines de notes fantômes ; ce sont elles qui parfois nous émeuvent.

20.
O fou, qu'une chanson émeut et qui rit aux enterrements.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 août 2015.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 16:21

DZOïïïNG ! DIT-IL AVEC CONVICTION

 

1.

Les grands principes cachent parfois bien leur jeu de petits méfaits.

 

2.

Quelle sera notre mort ? demande le fantôme à son vivant.

 

3.

« le ressort qui avait animé l'oiseau s'est brisé »

(Erik Lindegren, « Regard de pierre »)

 

4.

L’œil fixe et la mécanique rompue

Bec ouvert sur un appel d'air mécanique

Comme s'il allait nous seriner du Kraftwerk.

 

5.

Le ressort brisé, comme on brise une compagnie, et pourtant elle est là, volontaire, vitale, victorieuse.

 

6.

Qui avait-elle vu, la femme aux yeux verts et au chapeau mauve dans la rue gris-bleu d'une ancienne couverture de roman policier ?

 

7.

Et Zut, fillette beuglante, beuglait :

 

Lune rouge, ballon blanc,

Où où

Le hibou,

L'ibis rouge, le poisson blanc ?

 

8.

Animé : comme un dessin, comme un mannequin, comme un comme je vous le dis on aurait dit un exalté.

 

9.

L'oiseau s'est brisé

En pluie de petites pierres colorées

Est tombé

Traversant les chapeaux-melons

Et la tête des gens.

 

10.

Y en a qui se débarrassent de leurs vivants encombrants en les cadavérant puis en les mettant à tremper longtemps longtemps dans l'oubli.

 

11.

Comme il avait le bras long et qu'il avait du temps, il en résolut bien des choses qui, après tout, ne vous regardent pas.

 

12.

A mon avis, que tout le monde doive payer des impôts, même s'il s'agit de sommes symboliques, est contre-productif. En effet, payer des fonctionnaires pour percevoir des sommes symboliques revient à jeter l'argent par les fenêtres.

Et puis demander aux pauvres, aux travailleurs précaires, aux retraités sans trop d'argent, aux étudiants salariés, quelques pièces de monnaie pour subventionner des hauts-fonctionnaires qui trahissent la nation au profit d'intérêts bancaires multinationaux, n'est-ce pas de l'indécence ?

 

13.

Les syndicats en France ? De grands principes au service d'intérêts particuliers.

 

14.

« Il entend leurs cils noirs battant sous les silences

Parfumés »

(Rimbaud, « Les chercheuses de poux »)

 

15.

Il hante en leurs cils. Quoi donc ? - oh, un moucheron.

 

16.

Noirs battant : musique soul à rouler par terre comme le chantait Françoise Hardy.

 

17.

Saoul, laid silence, vu que, bouche ouverte et yeux pas là, il albatrosse féroce et s'répand Ouille ! C'est qu'ça fait mal tout ce réel là !

 

18.

« Zut alors si le soleil quitte ces bords ! »

(Rimbaud, « Michel et Christine »)

 

19.

Zut alors si Zut à l'heure n'est point. Faut toujours qu'elle arrive en retard, celle-là ! Me disais-je au café du temps en temps.

 

20.

Le soleil : on l'attend derrière la flûte monotone si casse-pieds et mouille-cheveux de la pluie.

 

21.

Quitte ces bords : rive sombre, printemps noir, va-t-en, avec ton long manteau et ta face de craie.

 

22.

Des fois, de pacifiques assassins versent du poison dans les champs. Mon chien a les yeux rouges.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 août 2015.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 07:32

SONORES SORNETTES

 

1.

« U, cycles, vibrements divins des mers virides »

(Rimbaud, « Voyelles »)

 

2.

Uh Uh ! Si ! Kleuvi, kleuvi, kleuvi ! Brrr (j'ai froid) m'en dis-tu des vingt dés même que jamais nabots liront le hasard.

 

3.

J'aime bien les nabots-lironts, c'est une plante savante que l'on nourrit de syllogismes et d'amertume (une vraie herbe à chiens!)

 

4.

Quant aux kleuvis, il faut prononcer leur nom trois fois pour qu'ils ne signifient pas plus que si on ne le prononçait qu'une fois.

 

5.

Non, monsieur Houzeau, ni Cicéron, ni Poincaré n'ont écrit quelque part que la terre était plate comme un œuf.

 

6.

- Démerre ! Mais démerre donc, qu'il me criait evec son eccent inimitaible.

 

7.

Vis ! Ris ! Deux fois ne vivras, même en votant socialiste.

 

8.

« Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule »

(Rimbaud, « Les Assis »)

 

9.

Des fleurs-dents (ça mord et ça sent bon) creu… cra… - Excusez-moi ! Glouglou ! (le conférencier boit un verre d'eau).

 

10.

Creux crachant (un humain?) dés, peaux, laines, zan, virgules tout n'est que virgules et poursuite du point.

 

11.

Si l'on considère que tout n'est que virgules et points-virgules, on est bien obligé de reconnaître que ça se complique un tant soit peu va l'infini allo ? qu'à la fin, il se casse et, théoriquement, ne revient plus.

 

12.

« Cette chanson d'amour qui toujours recommence ? »

(Nerval, « A J-Y Colonna »)

 

13.

7 chants sont d'A. (il n'en a composé que 7) mour… mour… mour… murmure le lézard amoureux échappé d'un poème de René Char.

 

14.

Qui tout ? Qui tout donc ? Jour, ô jour, reconnais-tu cet immense là qui s'étale dans la plaine comme un œuf sur le plat ?

 

15.

Si ce vélo est infini, quel âge a ma grand-mère ?

 

16.

Il y a aussi dans les rues des morues enamourées d'un maquereau enchristé.

 

17.

Bah, après tout, mon p'tit moi-même n'est que peau et cetera (dis-moi tout).

 

18.

Le monde est idiot yo ! (de poêle) et moelle (d'os) j'y cours (et donc ça ne sera pas long !)

 

19.

Que dans sa tête un petit zoziau chantait

Bien qu'son ressort fut un peu cassé chantait

Que dans sa tête un petit zoziau chantait

 

20.

En goût le vent n'y connaît rien ; il engoule tout, pis vous engueule !

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 août 2015.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 22:24

LES ZAZOUS DE L'INVISIBLE DITES-VOUS ?

 

1.

Des fois que l'univers grouillerait d'infinis comme un chat de puces.

 

2.

Nous ne comprenons pas ce que nous voyons. C'est bien énigmatique. Un théâtre dont nous ne parlons pas la langue.

 

3.

Dans le réel, des mannequins, dont nous tirons la grammaire, le théâtre et mille et une langues.

 

4.

Regardez-moi cette galaxie, crachat étoilé expulsé de la lippe d'un clochard céleste.

 

5.

« Greg vit le corps immense battre des bras et tomber vers lui en bouchant la moitié du ciel. »

(Michel Jeury, « La Croix et la Lionne », J'ai Lu Science Fiction n°2035, p.190)

 

6.

Des corps chutant, bouchant des moitiés de ciel, soulignant des infinis, suscitant des vides.

 

7.

Bénis soient les morts. Ils ne reviendront pas.

 

8.

Méduse secouant la tête, yeux rouges d'ses serpents, éclats d'ses écailles, et l'infini glissement du sombre.

 

9.

Dans les disques du Pink Floyd, des fois, les sooooooooons i sooooooooont drôlement traficobidouillés yeah !

 

10.

A podcaster, sur France Culture « Continent Musiques», l'histoire de la musique électronique - époustouflant 1er épisode du 17/08/2015.

 

11.

On y ouït du thérémine façon - Mais quelle est, babouchka, cette voix qui gémit dans le vent ? - Oh, c'est le fantôme de toutes les Russies.

 

12.

On y entend aussi le fascinant « Revolution 9 » des Beatles, pièce bien supérieure à bon nombre d'œuvres de compositeurs dits sérieux.

 

13.

« Et puis une voix

- Est-elle angélique ! -

Il s'agit de moi,

Vertement s'explique »

(Rimbaud, « Age d'or »)

 

14.

Ep ! Ep-ep-ep ! - Oui ? - Une voix ! - Quoi ? - Eté elle (soleil et chair) elle aile va finir par faire ange Elie élue que qui que quoi.

 

15.

Hic ! Il (trop d'liquide) ça gît (trop bourré, tient plus d'bout!) deux moi (i zieute bis).

 

16.

Verre te ment (malgré qu'on dise In bibino veritas) et pis i tient pas debout mais à s'expli hic hic hic !

 

17.

Sex plic ! Ah tiens, il pleut ! Rhabillez-vous, mes chéries ! On va tourner en intérieur !

 

18.

Dans un univers parallèle, sous le titre « Virgules et comas », les Zazous de l'Invisible mirent en musique deux à trois cents de mes brefs. Zut y chanta, mais sa voix s'est perdue dans le passé, avec tous ses amis (le Barbarella Band, le Pim Pam Poum Combo, le Mandrake Club)

 

19.

Itou qu'j'ai piqué ma langue au matou auquel j'l'avais donnée. Depuis, il m'en veut, mais i peut plus rien dire.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 août 2015.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 12:50

SOUPIERE RHINOCEROS LUCIDITÉ

 

1.

Oui, un rapport entre les structures des langues indo-européennes et la manière dont nous inventons l'univers, le monde dans un verbe.

 

2.

Non, je vous assure, je ne passe pas mon temps à écrire mes brefs en fumant des pétards avec l'intégrale de Pink Floyd dans les oreilles.

 

3.

J'entends sur France Inter qu'il y a des gens assez sagouins pour dérober un camion des « Restos du coeur ». Pouah !

 

4.

C't'humanité Caliban brute, Miranda, la fille du mage, lui donne les mots pour le dire, ce dont il a besoin, pour persister en puissance.

 

5.

« You taught me language, and my profit on't

Is, I know how to curse. The red plague rid you

For learning me your language ! »

(Shakespeare, « La Tempête », I,2 [Caliban])

 

Et l'humain reprocha à son dieu de lui avoir donné les noms autant pour dire que pour maudire.

 

6.

Ne pas maudire revient parfois à se soumettre.

 

7.

Neupam Neupam Neupam oh dis ! Ré (i brille) raide onc' (il est bourré comme une soupe à l'oignon) Raide mon onc' ce soûl-maître (i fut instituteur).

 

8.

« I might call him

A thing divine ; for nothing natural

I ever saw so noble. »

(Shakespeare, « La Tempête », I,2 [Miranda])

 

Divinité et noblesse, voilà qui ne relève pas de la nature, mais du roman de chevalerie.

 

9.

« Et depuis plus d'un mois c'est le même manège, imprévisible, latent, terrible. »

(Roger Vitrac, « Victor ou les enfants au pouvoir », I,8 [Thérèse])

 

10.

Depuis plus d'un mois, le même manège, je suis je suis je suis je suis et ça dure a duré durera.

 

11.

Quand c'est le même manège depuis plus d'un mois, srola suov zeva al etêt à srevne l'. Si. Et même l'srevne à etêt al zeva suov srola.

 

12.

L'univers, quoi, une tête tranchée, lancée à une vitesse innombrable, par chaipas quoi d'chaos.

 

13.

Et pourquoi pas des frites interstellaires pour accompagner le poisson soluble que l'univers nous fait avaler ?

 

14.

Le réel, quel stupéfiant alors ! Quel hallucinophore ! Quelle corne à paradoxes ! Soupière, rhinocéros, lucidité.

 

15.

Une nuit éternelle de l'univers ? Le cosmic shop baissera-t-il définitivement le store ?

 

16.

L'univers, une bataille de titans aveugles dont nous aurions sucé l'intelligence.

 

17.

La matière noire, ce fantôme de matière dont l'illusion dépend.

 

18.

Dieu est un illusionniste bien supérieur au Diable dans l'art de nous persuader de notre existence.

 

19.

« Contrairement au fanatisme, le blasphème ne tue pas »

(Caroline Fourest, dans un de ses « Cahiers de doléances »)

 

20.

Le Diable, certes, de son chapeau tire moult têtes tranchées ; Dieu, lui, en tire des mondes.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 août 2015.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 10:05

BIG BANG STRETCH CRUNCH

 

1.

Le Q.G. de Dieu serait-il dans le zéro, d'où il distribuerait à gauche le passé, et le futur à droite ?

 

2.

Donc, il tombe des cordes avec des singes qui y crapahutent leur indétermination.

 

3.

Big Bang, Big Crunch et tout qui fut écrabouti pi boulé riquiqui.

 

4.

Big Crunch : end of quote.

 

5.

Big Crunch : la cosmomobile passera-t-elle en marche arrière ?

 

6.

Le Big Crunch, un retour à la tête d'épingle ?

 

7.

Le Big Crunch et après ? L'Histoire sera-t-elle rejouée, dans l'autre sens, en commençant vers la fin, en retournant à la soupe originelle ?

 

8.

Le don des langues qu'il nous a fait l'Autre, afin que nous puissions lui donner un nom, des noms, le décider.

 

9.

Quand on envoie sa femme au diable, faut pas s'étonner d'en attraper les cornes.

 

10.

Jongler avec des infinis, hop la, un dans l'air, deux dans l'espace, trois et voilà que ça se courbe, se cercle, se brise, se boucle boucle boucle boucle boucle boucle boucle boucle…

 

11.

Espace courbe : Dieu pencherait-il ? Et si oui, serait-ce pour jouer aux dés ?

 

12.

Big Stretch plutôt que Big Bang, univers se gonflant la baudruche, le nombril, levant sa pâte à êtres.

 

13.

Et puis nos pommes, de cette pâte dont on fait les fables et les drames.

 

14.

« A son réveil - minuit – la fenêtre était blanche. »

(Rimbaud, « Les premières communions »)

 

15.

A son Ach so ! À son hameçon, quel hanneton ? Et puis son âme, son perhaps, - l'âme, quel beau peut-être… pour faire l'âne rien d'mieux à la guitare qu'une Zut cosmique.

 

16.

Un réveil-minuit, c'est ça que je veux pour mon black christmas qu'il fit le petit vampire.

 

17.

La feue à la fantômfenêtre, une bougie à la main pour signaler sa spectrale présence (duchesse dans l'autre vie).

 

18.

Etait l'été blanchà quoi ça tient une oeille blanche passant par la porte de l'été pour chaipas.

 

19.

Si j'avais un bi-

Si j'avais un bi-

Si j'avais un bi-

Niou ! (« Ah ah charade you are ! »)

Je jouerais du bi-

Je jouerais du bi-

Je jouerais du bi-

Niou (car sinon qu'est-ce que vous voulez qu'j'en fasse?)

 

20.

J'ai piqué « Ah ah charade you are » à Pink Floyd, ma dent à la mâchoire à Jean, et mon ch'veu à la tête à Mathieu.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 août 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 15:44

EN BOUCLE FERMÉE DANS L'ESPACE-TEMPS

 

1.

Neutrinos et antineutrinos, chats et antichats, anges et antianges, infinis et antiinfinis, et puis et antipuis.

 

2.

En politique, les ultras se nourrissent d'antis, et les naïfs de promesses.

 

3.

La conscience comme anti-infini ? L'épée qui pourfend le fantôme que le guerrier suscite.

 

4.

Des fois que j'écrirais certains d'mes brefs et que j'croirais entendre rire le Diable, quelque part dans la langue.

 

5.

Ce n'est pas le Diable qui rit quand tu écris, Houzeau, c'est un âne qui brait.

 

6.

Quand un étant traverse son fantôme, c'est-y pas que pouf shazam il doit s'annihiler là ?

 

7.

A côté des physiciens, qu'est-ce qu'un littérateur ? Un idiot qui essaie de réfléchir ?

 

8.

La diachronie veille à ce que nous ne croisions pas nos propres fantômes. Mais il y a des ratés synchroniques, des tragédies, des suicides et des meurtres.

 

9.

La terre, c'te boule bourrée d'yeux semés pour que les poules du néant viennent les bouffer.

 

10.

Tant d'yeux, Seigneur, et tant d'aveugles ! Que j'me dis des fois quand mon miroir reste obstinément opaque.

 

11.

Des fois que totoche j'me demanderais si l'infini suppose ou pas une quantité infinie d'énergie - comme si Dieu n'était pas dans la bibliothèque - et qu'une quantité infinie d'énergie supposerait un temps infini, et c'est ainsi que le serpent se mord la queue, le capitaine ne sait pas où mettre sa barbe (au-dessus ou en-dessous de la couverture) et combien ai-je de billes si je perds toujours la dernière bille gagnée, et puis aussi si j'ai encore un œuf, des fois que j'voudrais faire une mayonnaise, rapport aux frites.

 

12.

Euh, à force de tendre vers l'infini de tous côtés, est-ce que ça n'finit pas par faire des nœuds des fois ?

 

13.

L'infini est-il une succession d'infinis contradictoires ? La grammaire de l'univers est-elle une dialectique ? Dieu se pose-t-il des questions ?

 

14.

Je conçois que Dieu puisse tenir lieu de réponse aux angoisses humaines, mais que l'humain puisse être une réponse pour Dieu, voilà qui ne peut que le faire se gondoler, l'infini, comme une baleine.

 

15.

Des invisibles si discrets qu'ils vous dérobent la lumière aussi facilement qu'un dieu de Malpertuis vous souffle une vie.

 

16.

Un étant peut-il n'avoir ni vitesse ni position coïncidentes ? Oui, s'il s'agit d'un fantôme.

 

17.

Comment exister sans vitesse ni position coïncidentes ? Comment exister aléatoirement ? Que ça vous en ficherait, du palais hanté du zéro.

 

18.

Quoi donc de traversant le temps et puis qui rebondit sur le mur d'une singularité et nous revient en écho ?

 

19.

Amusant de se dire que si rien n'existait, les lois valides ne relèveraient alors que du jeu d'esprit d'une expérience de pensée.

 

20.

« C'est pourquoi une paire virtuelle particule/antiparticule peut-être considérée comme une particule se déplaçant en boucle fermée dans l'espace-temps. »

(Stephen Hawking traduit par Béatrice Commengé, « Une belle histoire du temps », Flammarion, p.132, 2005).

 

« en boucle fermée dans l'espace-temps » : synchronie, fantômie, hantise, enfer.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 août 2015.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:15

ET SI JAMAIS FIT LE DIABLE

1.
« Tout petit déjà, l'univers était infini. »
(Entendu dans une émission sur le Big Bang)

2.
Existe pas, le zéro ; c'est du plus puis du moins, du plus machin moins machin.

3.
Le zéro est au milieu du chemin. Un temps zéro ? Et s'il n'était, ce zéro-là, que le masque (comment ça le masque de zéro ?) de l'événement.

4.
N'y a-t-il d'événement que par le grand hasard de toute cause ?

5.
Au milieu de plus l'infini et de moins l'infini, le Big Bang ? Quelque part dans le nulle part de partout.

6.
L'étant, un présent qui traverse tous les zéros comme autant de cercles par lesquels passe une file de chevaux de cirque.

7.
Le vide serait-il le nom d'une matière dont la nature par nature nous échapperait ? Avons-nous des yeux pour voir ?

8.
Bah, l'étant, ça ne se mesure jamais que par rapport au présent, lequel n'existe que parce qu'on le voit passer.

9.
Le présent, cette vérité générale qui oscille entre illusion et barbarie.

10.
Seigneur Foudre il y a très très très très très longtemps craqua une allumette et s'alluma une Big Bang cigarette.

11.
Si l'univers cachait la forêt. S'il y avait eu une infinité de bings et de bangs.

12.
La terre est plate comme un œuf.
Ah tiens, un octosyllabe.

13.
Des fois que je me promènerais dans la rue, et puis qu'il pleuvrait à en chasser tous les cadavres, et puis qu'il pleuvrait plus, et que je me dirais que l'être, c'est l'étant moins l'étant.

14.
Une cour d'école vide, une bibliothèque sans livres, et puis l'être pour manifester l'absence de l'étant.

15.
Dieu ne cesse de manifester sa propre absence. L'éternel nous la joue (quoi donc ? l'éternité) ensemble ouvert d'absences prolongées.

16.
C'est-y pas que le Christ est en arrêt maladie depuis 2000 ans ? C'est vrai qu'avec ce qui lui est arrivé…

17.
Cosmos Circus, avec Dieu en Monsieur Loyal. Et les clowns, les acrobates et les jongleurs, nos pommes ?

18.
Et si Dieu vous dit : « Et ta sœur, elle habite toujours Pékin ? », c'est qu'c'est pas Dieu, pas Dieu du tout, mais Lino Ventura dans « Les Barbouzes ».

19.
On ne peut tuer Dieu pas plus qu'on ne peut abolir le zéro. Tous deux n'existent pas plus que ça et structurent l'univers.

20.
Cercle de flammes, le zéro et le feu : l'emblème de notre humanité. « Et au milieu coule une rivière ».

21.
« - Et si jamais ? Fit le Diable.
- Tais toi » répondit Dieu.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 août 2015.

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