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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 01:23

MALAISE DANS LA CIVILISATION QU'IL DIT L'AUTRE

1.
Ô bonté reconnaître l'être dans l'étant court-circuite hiérarchies institutions drapeaux et l'enfarinée face du crétin d'en face.

2.
Jolie formule entendue dans la bouche de Michel Onfray sur France Culture : « Le réel n'obéit pas aux majuscules ».

3.
Le pédagogisme, cet humanisme fourvoyé, a pour but réel de faire de chaque élève un citoyen dévoué à la république, c'est-à-dire un esprit malléable et corvéable à merci.
Dit autrement :
J'crains qu'le pédagogisme gribouillé en Père Noël un peu qu'i barbarise pour faire d'nos mômes de bons citoyens dévoués contribuants soumis.

4.
Oui quand même je pense qu'il y a plus en chacun que ce tas d'organes mu par un cerveau conditionné par son milieu et le goût des pistaches.

5.
Jeanne d'Arc avait-elle reconnu l'être en l'étant ? D'où, sur son dada à la pucelle, bel orgueil, grande piété, force d'âme ?

6.
Reconnaître l'être en l'étant, c'est reconnaître la légitimité de cette aspiration de l'humain à être plus qu'une contribution à un projet politique auquel il n'adhère que parce que l'école s'est donné la mission d'en assurer la pérennité.

7.
L'être tire son nom de l'étant. Puis il le partage, ce nom. Et voilà les souffles et les sons qui neigent sur le monde.

8.
Du coup qu'il nous fait, son nom à l'être nous est à la fois familier et inconnu, genre l'anglais quand on le parle pas.

9.
Inconsciemment ou pas, et par une confiance aveugle dans la légitimité du vivre-ensemble, bon nombre de pédagogistes travaillent à une militarisation larvée de la société, sans même se rendre compte que certains d'entre eux seront au nombre des premières victimes de cet humanisme basé sur la soumission de valeurs promulguées par l’État aux dépens de la liberté individuelle et de l'esprit critique.

10.
« Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups. »
(très belle citation attribuée aussi bien à la lucide Agatha Christie qu'à l'admirable Edward R. Murrow)

11.
Est-ce vrai qu'au moins l'1 des suspects de l'assassinat d'Eva Bourseau est ou a été inscrit en « Maths sup » ? Bizarre. Etrange. Curieux.

12.
Est-ce vrai qu'au moins l'1 des suspects de l'assassinat d'Eva B. est mêlé à un trafic de drogue et est ou a été inscrit en « Maths sup » ?

13.
Vrai ou pas que 2 des suspects du meurtre d'Eva B consomment du « speed » & qu'au - l'1 d'entre eux est ou a été inscrit en « Maths sup » ?

14.
Est-ce vrai qu'au moins l'1 des suspects du meurtre d'Eva B serait ou aurait été inscrit dans un lycée « prestigieux » et même « sélectif » ?

15.
L'étudiante désinvolte et un peu paumée massacrée par des étudiants prometteurs dit-on. Décidément, le niveau monte.

16.
L'étudiante fourvoyée massacrée par des étudiants prometteurs dit-on. Un effet pervers de la massification de l'enseignement supérieur ?

17.
L'étudiante borderline massacrée par des étudiants prometteurs dit-on. Darwinisme ? Auto-régulation de l'espèce ? Dérégulation sociale ?

18.
Moi, je veux bien reconnaître l'être dans l'étant, mais faudrait d'abord qu'il baisse le canon de son fusil lui là l'autre.

19.
Un jour un livre que je l'conclue avec les mots du grand Edward R. Murrow : « Good night, and good luck.»

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 août 2015.

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 09:49

QUOI QU'ON VA FAIRE HEIN QUOI QU'ON ?

 

1.

C'était une ville tellement fantôme qu'on pouvait s'attendre à croiser des nappes d'orgue circulant toutes seules, sans orgue ni organiste.

 

2.

Depuis que ma compagne couche avec un flûtiste qui s'appelle Roger, j'ai envie de frapper tous les pianistes qui s'appellent Henry.

 

3.

Ah fit Zut, je me reprends à lire dans l'avenir ; quelle manie d'aller voir ce qui va finir par lui arriver, à cette plaque de chocolat.

 

4.

Sur leurs montures invisibles, des mots vous traversent l'esprit, et c'est en vain que vous cherchez à en faire des phrases.

 

5.

A condition d'être quelque peu honnête avec soi-même, ne jamais oublier que l'autre peut être aussi dangereux que soi.

 

6.

Quand daech en sera à mettre en œuvre la solution finale, est-ce que les démocraties occidentales auront les c… d'intervenir ?

 

7.

La seule est-ce la seule est-elle saoule fonctionne-t-elle encore - quoi donc ? La mémoire des hommes.

 

8.

Face à daech, mon pays, des fois, on dirait pas qu'c'est la 5ème puissance mondiale : il tremble devant des nains comme un éléphant devant une souris.

 

9.

Et puis Joy Division prit de grandes plaques de pluie et en fit des danses pour mannequins rendus à la vie.

 

10.

Quand j'écoute mes voix intérieures, bah elles me borborygment soit «  j'ai faim » soit « ah oui, j'aurais pas dû manger autant d'abricots ».

 

11.

Penser cogiter s'agiter la comprenette s'remuer le bocal à neurones faire son examen de conscience s'interroger l'existentiel et s'avouer enfin que l'on a oublié ses clés dans la salle de bains.

 

12.

Le langage permet à l'humain de prendre beaucoup de détours et de précautions philosophiques avant d'en arriver à la conclusion qu'en fin de compte oui en effet les plus faibles disparaîtront au profit des plus forts.

 

13.

Le quidam, dont ce n'est pas le métier, et qui excitant un taureau, finit par se faire encorner, soyons francs, on a du mal à le plaindre.

 

14.

La fin de l'Histoire, qu'elle relève de la parousie ou de l'avènement universel du socialisme, aura pour conséquence la mise à mort du singulier au profit d'un modèle unique d'imbécile.

 

15.

Alors, comment c'est-y qu'il va machiner, en 2017, le Parti Socialiste, pour continuer à se faire passer pour un parti de gauche ?

 

16.

En France, les pédagogistes ne cessent de nous démontrer que « le niveau monte ». En fait, il apparaît que les crétins sont toujours aussi crétins mais bien plus diplômés que leurs prédécesseurs.

 

17.

Que ferons-nous de tous ces diplômés et surdiplômés qui ne savent rien faire de leurs dix doigts ? Bah, des cadres du PS, probablement.

 

18.

L'histoire du rock, c'est curieux, quand c'est sur France Inter, c'est plutôt jouissif. Les mêmes groupes présentés sur France Culture, ça vous prend vite un côté plombant façon vie de Van Gogh racontée par Alain Cuny.

 

19.

Le pédagogisme ? Une œuvre d'art conceptuel. Magnifique machine qui n'est qu'efficace que si on ne la met surtout pas en marche.

 

20.

Sans blague, tout au long de sa vie, qu'est-ce qu'on peut en entendre, des conneries. Et en dire aussi. Bah, ça doit être ça que l'on appelle avoir le sens des relations sociales.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 7 août 2015.

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 20:57

GHOST-WALK

1.
On n'envoie pas un éléphant sur les roses ; quant à pousser mémé dans les orties, si elle a un tromblon, abstenez-vous.

2.
On peut s'approcher de quelqu'un comme on s'approche d'une fenêtre, avec curiosité. D'ailleurs, on peut tomber des deux, et de haut !

3.
Les pensées, ça se cache, ou ça se met en bouquet ; ça dépend de votre degré de timidité, ou de lucidité.

4.
Je ne sais plus (pour l'heure donc, je ne sais pas) qui a dit que le vampirisme était aussi une métaphore de l'autodestruction capitaliste.

5.
Il me semble que la pluie elle a le hoquet j'entends des portes qui claquent.

6.
Hugo. « Certes, la matière est riche », il y a là tout ce que l'on peut conter et le monde corne abondance d'histoires.

7.
Hugo. Le « mais j'ai cru d'abord que c'était la rivière », mais c'était   houle marée flux rires assaillant le singulier.

8.
Le réel c'est tout petites serrures compliquées et qu'on a d'trop gros doigts pour les en r'tirer, les fantômes dans la machine.

9.
« J'écoutais en silence cette chute de paroles monotones qui assoupissaient ma pensée comme le murmure d'une fontaine »
(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné » Hachette, Bibliolycée n°62, p.103)

10.
Il n'y a pas d'lézard dans mon saxophone ! Non  mais un peut-être un serpent fit Zut avec un sourire énigmatique de peinture.

11.
Hugo. Je regardais la fenêtre y flottaient « cour carrée assez vaste » et bonhomme  qui « s'était mis à examiner la redingote » et son fantôme.

12.
L'avantage de rester sobre et de pas trop s'fatiguer, c'est que votre fantôme reste alors d'une très grande lucidité.

13.
Donnez-moi du rock et New-York. Réflexion faite, vous pouvez garder New-York.

14.
Hugo. Des fois, piqué par « une impression brusque ne m'eût réveillé à temps » ou la morsure d'une invisible.

15.
Dans chaque rue des adolescents rêveurs de cérémonies aussi secrètes que des chambres perdues dans des châteaux évaporés.

16.
Hugo. Le réel prend toujours mes « précautions d'usage pour s'assurer de moi », des fois que je m'enfuirais par la porte de ma raison.

17.
J'aime cette musique new-yorkaise avec des basses façon ghost-walk dans la cité fantôme.

18.
C'était une de ces villes où le jour aussi on voyait qu'il n'y avait personne, plus personne que son ombre.

19.
Mais où donc que j'me suis mis ? me constatai-je en regardant ma chemise blanche filer dans la campagne en agitant mes bras.

20.
Je zutterai tu zutteras il elle on zuttera nous zutterons vous zutterez ils elles zutteront et les 4 autres itou déclara Zut en comptant sur ses doigts.

21.
Ils vous mettent les sons dans l'espace :
L'élégante #novella
L'aérien #L'AutreHidalgo
L'intense #Bituur_esztreym

22.
« La porte du tombeau ne s'ouvre pas en dedans. »
(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné »)

Alors, amis fantômes, restez dehors le plus longtemps possible.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 août 2015.

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 12:25

EST-CE QUE MA GUITARE EST UN ÂNE ELECTRIQUE ?

 

1.

« VICTOR

Général, votre sabre est rouillé et vous puez.

 

LE GENERAL

Madame Paumelle, votre fils est perdu.

 

VICTOR
Maman, tu es enceinte d'un enfant mort. »

(Roger Vitrac, « Victor ou les enfants au pouvoir », II,5)

 

2.

Vitrac. Quoi donc « charme » et « dresse » les rivières ? Seraient-ce ces « plus belles femmes du monde dans leurs dentelles sanglantes ? »

 

3.

Vitrac. « Il faut comprendre, je veux comprendre » qu'il jacte, Charles tu parles Charles mais y a rien à comprendre Charles rien.

 

4.

Je n'aimerais pas finir sinistre et abattu. Ah que je rie de tout et de moi-même puisque je ne comprends pas ce monde dont je me moque.

 

5.

Et nous irons voir si la mer a tes yeux bleus

Ce sera comme si nous nous aimions encore.

 

6.

Donnez-moi une chanson ; je la chanterai dans ma tête. Sinon, sortez vos étanchéités.

 

7.

Vitrac. « Tu as besoin de repos, va, Totor !» qu'elle dit Emilie. Franchement, s'adresser à un enfant comme s'il était Victor Hugo, c'est pousser un peu loin le bébé avec l'eau du bain dont on fait les pieds propres, non ?

 

8.

J'aime le rock dont les guitares sont des ânes électriques et les chanteurs des bouffons magnifiques.

 

9.

Crac, v'là Vitrac et son Victor, debout les morts, les tréteaux craquent.

 

10.

Vitrac. « ne plus parler de toute la nuit » déjà qu'ça fait rien qu'à claquer des dents du côté des spectres effrayés de tant d'vivants.

 

11.

Il y a une « mystérieuse visiteuse » dans le salon, c'est embêtant ! Où ai-je mis mon Sherlock Holmes ?

 

12.

Vitrac. « raisonner comme un tambour », ça vous fait de ces leçons que, même si on en oublie la lettre, l'esprit nous en reste longtemps.

 

13.

Vitrac. Acte I, scène 6, la bouche à Victor est pleine de « plus belles femmes du monde emprisonnées dans leurs dentelles sanglantes », et de « rivières [qui] se dressent comme des serpents charmés. »

 

14.

Vitrac. « avant que l'autre jambe ne monte », faire gaffe que la première ne se carapate toute seule.

 

15.

Alors, de la tête du Bouc chantant jaillit Victor, « masqué » et « L'Iliade » au poing.

 

16.

Vitrac. Victor, il « grandit de jour en jour », comme une mauvaise plante de mauvais rêve. Mais c'est pour mieux mourir, mon enfant.

 

17.

Vitrac. Victor, il a dit comme ça « Je meurs de la Mort. » Il en a dans l'citron Victor surtout quand il va au théâtre çui qu'est si acide.

 

18.

Vitrac.« Je suis sûre de la pieuvre, le reste n'est que de l'à-peu-près » dit Esther. Il faut toujours être sûr de la pieuvre, ça relativise le reste.

 

19.

Donnez-moi votre main. Je vous la rendrai la semaine prochaine. J'en ai besoin pour aller m'gratter tiens, comme vous me l'avez demandé.

 

20.

Le théâtre, des voix qui, pour un temps, ont rattrapé le temps.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 6 août 2015.

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 10:09

OUF VOUS REVOILÀ MON PRINCE MON RIRE !

1.
La musique parfois sonne comme une menace ; flûte lançant l'aigreur de ses cris, sabots de chevaux.

2.
Les vieux sangliers ont la chair trop dure, et les énigmes ne se laissent pas si facilement saisir.

3.
Le vieux roi vêtu de blanc a fait un rêve ; et les voix cachées dans le vent ont couru son esprit.

4.
De l'infini des querelles jaillissent toujours des voix empoisonnées et des pluies de flèches.

5.
La musique sonne parfois comme une bataille ; toute une armée jaillissant des percussions et des voix.

6.
Ah je préfère les flonflons savants des opérettes et qu'en jaillisse la bouffonne armée d'un général Boum-Boum Badaboum !

7.
« L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance »
(Rimbaud, « Mémoire »)

Le petit éclat que fait l'adjectif « claire », quand on fait sonner ces deux syllabes : « l'eau claire ».

8.
« L'assaut au soleil »
(Rimbaud)

Assiégeant le soleil, ils cherchent cette vérité qui finit par les aveugler et ils se battent avec des yeux morts.

9.
Rimbaud. Aucun regret on suppose Qu'en sait-on, refus du toujours fixe, « l'assaut au soleil », l'écho des « roses » dans les « roseaux ».

10.
Rimbaud. « l'heure nouvelle « , montres en flammes, l'enfer C'est quoi, cette « saison » ? « jours noirs » et « parade mauvaisement ».

11.
L'art éternel, quelle blague ! L'humain finit toujours par lui cracher dessus, à l'éternité.

12.
Rimbaud. Comment ça, « science avec pas science, le supplice machin... » ?

13.
Rimbaud. « tourbillons de lumière », « féerie scientifique », et ce ressac de sons : « Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer ».

14.
Rimbaud. « Poissons d'or », « poissons chantants », des fois, la mer, en poésie, c'est d'la vignette, du miniature.

15.
Dieu est si grand qu'il ne voit même pas qu'il nous marche dessus.

16.
Ouf, vous revoilà, mon prince, mon rire ! Je puis ranger mon sabre ridicule.

17.
Rimbaud. Le « bon Dieu, le patron et le sire » s'il n'avait cessé de le fuir  Bah non, a cherché Rimbaud qu'à redevenir vivant quelque part.

18.
Rimbaud. Y a bal, où sont les pendus ? Et puis qui s'évade ne s'explique pas toujours. Zavez qu'à deviner. Ça vous fera vos thèses.

19.
Rimbaud. La « flache », vu qu'il y a « drache », « tristesses » mômes,   parfums qui « s'débandadent », sons qui s'perdent.

20.
Nous sommes tous pleins de ces sons qui finissent par être sifflés par le temps comme un genièvre par un ivrogne.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 août 2015

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 18:58

LA VAMPIRIE DOIT ÊTRE DETRUITE

 

En mémoire de Sir Winston Churchill

 

1.

En ce temps-là, les Vampires portaient la barbe et massacraient tous ceux qui n'étaient point vampires, hommes, femmes, enfants.

 

2.

Les Vampires basaient leur guerre sainte sur un texte dont ils ne comprenaient pas la langue. Aussi disaient-ils n'importe quoi.

 

3.

Ne comprenant pas la langue du texte sacré, ils croyaient ce que le grand Vampire en chef et ses chiens Vampires leur disaient, et voilà.

 

4.

Dialoguer avec la Vampirie ? Autant dialoguer avec Satan, et l'on ne dialogue pas avec Satan, on le combat.

 

5.

Dialoguer avec la Vampirie ? Autant dialoguer avec l'esprit d'Hitler, et l'on ne dialogue pas avec l'esprit d'Hitler, on le dissipe.

 

6.

Ne plus bombarder la Vampirie revient à lui laisser le champ libre, vu qu'ni la France ni les USA ne semblent prêts à intervenir au sol.

 

7.

En bref, étant donné qu'les Vampires, c'est cruel, ces bêtes-là, les présidents français et américains ne voulaient risquer de perdre un seul soldat et les élections suivantes.

 

8.

Il va de soi que tout Français majeur rejoignant les rangs de la Vampirie doit être considéré comme un traître à la patrie, et être jugé comme tel.

 

9.

Ceux qui appellent au dialogue avec la Vampirie n'ont pour moi pas plus de valeur morale que les collabos de la Seconde Guerre Mondiale.

 

10.

Concernant la Vampirie, on me dit que la situation géopolitique est complexe. Mais, par définition, toute crise géopolitique est complexe. Pensez-vous que la situation géopolitique de l'Europe en 1940 n'était pas complexe ? Fort heureusement, Churchill, De Gaulle, Roosevelt et Staline n'ont pas passé leur temps à écouter des experts qui leur expliquaient comment ménager les susceptibilités fascistes et nazies et quel était le sexe des anges dans les Balkans. Quand la France, l'Angleterre, les Etats-Unis et l'URSS ont été agressés, la France, l'Angleterre, les Etats-Unis et l'URSS se sont battus et ont fini par vaincre les forces de l'Axe. Ce sont tous les espoirs démocratiques du Proche et du Moyen-Orient qui sont agressés par la Vampirie, et c'est aussi l'Occident tout entier qui est agressé. Il faut donc être à la hauteur de Churchill, de De Gaulle, de Roosevelt et de Staline, et en finir le plus rapidement possible avec ce monstre qui ne cesse de grandir et finira, si on ne l'arrête, par se répandre comme un incendie à la surface du globe.

 

11.

Enfin, l'on ne me fera pas croire qu'une flotte nombreuse, très nombreuse, très très très nombreuse de drones ne pourrait rapidement porter des coups tels à la Vampirie que cet Etat assassin, en quelques semaines, ne pourrait que se déliter dans le chaos, l'anarchie et la grande misère des vaincus.

 

12.

Pour le coup, dans la guerre à mener contre la Vampirie, ce sont aussi les simples combattants, les vampires sans héritage, qu'il faut viser, d'abord parce qu'il apparaît que beaucoup ont perdu ce qu'il leur restait d'humanité ; ensuite, pour montrer à tout candidat à la guerre sainte des Vampires que l'Occident a et aura pour longtemps encore la maîtrise du ciel et de sa foudre.

 

13.

Dans l'idée de guerre totale, il n'y a pas de cible secondaire. Les Vampires mènent une guerre totale. Ne considérons donc pas la Vampirie comme un Etat ordinaire et n'hésitons pas à faire des exemples chez ses financiers, ses prosélytes, ses sympathisants et empêchons-les - c'est vital - d'exploiter les puits d'or noir dont ils ont pour l'instant le contrôle.

 

14.

Se dire ceci, c'est que nous vaincrons la Vampirie, non parce que nous sommes le « Bien » et eux le « Mal », mais parce que nous aurons la volonté politique, économique et militaire d'éradiquer une des pires organisations de criminels contre l'humanité qui ait jamais existé.

 

15.

Quant au peu d'efforts que la France fait pour éradiquer la Vampirie, il convient de parler non pas de raison d’État, mais de sottise d’État.

 

16.

Pour ce qui est de l'Europe, bah ! nous savons qu'elle n'est qu'une grande lâche qui se cache derrière ses murailles de paperasse.

 

17.

En ce temps-là, les Ottomans oubliaient qu'ils avaient été un empire, et tremblaient devant des Vampires aux dents d'or.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 5 août 2015.

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 00:34

NOTES SUR LE DARK SHADOWS DE TIM BURTON

 

1.

Des fois qu'on chanterait les errances d'un chien braque dans le grand chenil électrique et qu'on s'appellerait The Useful Idiots.

 

2.

Et si, à entendre Dark Shadows de Tim Burton, le sang « primait sur tout », et que nous étions les héritiers de la métonymie.

 

3.

Jalousie : vieille magie, noire comme le regard de l'autre en sa maison des sorts, vieille magie qui se fixe comme l’œil dans un visage.

 

4.

Et puis des gens tombent, et d'autres les suivent, et le temps tourne sa page de plus en plus vite.

 

5.

Jean, Arthur, Veronica ou Victoria, les gens ne s'appellent que si on veut bien les appeler ; sinon, ils ne répondent pas toujours d'eux-mêmes.

 

6.

Moi aussi, j'aimerais avoir une ville qui porte mon nom ; enfin, une rue, une impasse, une maison, une baraque, ma friteuse...

 

7.

A défaut de partager nos richesses, nous partageons nos illusions ; c'est là l'essence de notre démocratie.

 

8.

Et qu'on chanterait des choses étranges... dans des jours étranges... pour des gens étranges (y a des fois, j'me fais peur à moi-même).

 

9.

J'aime dans le Dark Shadows de Tim Burton le « Il s'en revient… Il s'en revient… Il s'en revient » de la fantôme.

 

10.

Moi aussi, je sais qu'il s'en revient; nous savons tous qu'il s'en revient, et pourtant je n'y crois pas, mais tout de même il…

 

11.

Nous sommes l'éternel retour de nos ombres. C'est là la comédie que nous nous jouons, et c'est notre force, cette vieille farce dans laquelle, de siècle en siècle, nous apprenons à exceller.

 

12.

- « C'est qu'il n'est pas mort... 

- Diable, c'est qu'il me ferait peur, celui-là ! »

 

13.

- Ah j'hallucine ! et partout où je vais, je vois des vivants !

- Mais ne t'inquiète donc pas... puisqu'ils ne te voient pas.

 

14.

Dans « Dark Shadows » : « le psychiatre, une friandise américaine » : impayable Tim Burton !

 

15.

Nous croyons vivre dans le présent (il n'existe pas) et nous colportons des temps étranges, des conjugaisons inouïes, d'impossibles passés.

 

16.

Dans un grand paysage plein d'arbres pleins et d'herbes déliées, le chasseur de métaphores interroge le ciel vide.

 

17.

Le jour où l'on me dira que plus personne ne s'exprime comme moi, j'accepterai d'arrêter de hanter les dictionnaires.

 

18.

Le storytelling, la production industrielle de ce que nous faisons tous si bien : nous raconter des histoires.

 

19.

Dans l'instant où nous saisissons l'imperceptible, celui-ci se dérobe à notre regard et disparaît dans l'oubli.

 

20.

De « on ne peut pas rire de tout » à « on ne peut pas du tout rire », le pas, à mon avis, est vite franchi par certains.

 

21.

in « Dark Shadows », évocation des « musiques dégoulinantes » : Black Sabbath, Alice Cooper, les prédécesseurs du rock dit gothique. Amusant.

 

22.

Le vampire est une bête éternelle. Il symbolise ainsi la pérennité du goût de l'humain pour la prédation, la possession, la dévoration.

 

23.

Deux infinis : celui des choses tombées dans l'oubli et celui des savoirs.

 

24.

Si on prend le film à ce moment-là, la réplique : « Oncle Barnabas ? Pourquoi vous avez une petite culotte de femme sur la tête ? » peut surprendre.

 

25.

Le cinéma est la mise à disposition du public de fantômes dont la parole a un tel pouvoir qu'elle finit par fasciner, hypnotiser, envoûter.

 

26.

Nous creusons des univers parallèles que nous appelons œuvres d'art. C'est là sans doute la principale mission de notre espèce. Peut-être préparons-nous notre monde à d'autres regards.

 

27.

Dans le bois, la jeune fille envoûtée et le ciel qui ne se confond même pas en excuses.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 août 2015.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 11:27

TOUT DEPEND D'LA PIEUVRE

1.
Bout d'corde lové, fakir au flûtiau à r'flûter la même flûterie, et pis la corde se leva toute droite et sans piper mot alla boire une bière.

2.
Ça grouillait d'la vie insaisissable d'une foule de petits êtres très vivaces et circulant partout comme si j'étais chez eux.

3.
"L'herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l'on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l'herbe
Comme d'imperceptibles pas."
(Henri de Régnier, « Le jardin mouillé »)

4.
L'herbe, ça frémit. Jadis, certaines nuits, les jeunes gens allaient leur chanter « O Sole Mio ». Ça attirait les jeunes filles à la fenêtre.

5.
BINIOU BLUES

« Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou. »
(Victor Hugo, «Choses du soir »)

Je m'suis levé ce matin
Ne sais plus quand
Ne sais plus quand je suis mort

Sais plus quand je suis mort sais
Plus quand on m'a pendu
Plus quand on m'a pendu ni où

Quand le diable est v'nu m'chercher
Je ne saurais vous dire
Je ne saurais vous dire même si je mentais

Ne vois qu'une chose et je
Sais qu'c'est très bizarre
Sais qu'c'est très bizarre qu'vous soyez là à me causer

Plus que bizarre qu'vous ayez l'air si vivant
Où donc qu'elle est ma bible
Où donc qu'elle est ma bible et où mon fusil

Maître Cornu donnez-moi du feu s'il vous plaît
Yvon est mon nom et on m'a pendu
Yvon est mon nom et on m'a pendu faut qu'j'en grille une

Soufflait un vent à remuer les morts hier soir
Dans ma tête y avait un drôle de bal
Dans ma tête y avait un drôle de bal et pis j'me suis saoulé

Son poing m'est arrivé sur la face et puis mon
Biniou s'est mis à ululer et puis mon
Biniou s'est mis à ululer alors j'ai vu

Mille ombres m'ont amené à un arbre
Et là y m'ont pendu
Et là y m'ont pendu oh j'ai vu la grande lumière blanche

J'ai vu la grande lumière blanche
Chaude elle était
Chaude elle était mais moi j'suis r'descendu

Mais moi j'suis r'descendu
Revoir ma p'tite femme
Revoir ma p'tite femme mon chien mon biniou

Docteur docteur est-ce que je suis devenu fou
Oh je n'sais plus quand je n'sais plus où
Oh je n'sais plus quand je n'sais plus où j'ai perdu
ma bible
mon fusil
ma corde
mon arbre
ma p'tite femme
son amant
mon chien
mon biniou.

6.
L'hospitalité n'est pas un automatisme. L'exclusion non plus d'ailleurs. Nous sommes irrationnels dans nos charités comme dans nos haines.

7.
C'est parce que les autres nous renvoient l'image d'un inconnu, que nous nous obstinons à faire nos preuves.

8.
Préférer le désert aux humains, c'est préférer être usé par le monotone plutôt que par la variété infinie des autres.

9.
Va-t-on au désert pour se river son clou ?

10.
Cioran prédit la « guerre civile universelle », dont il voit la cause dans « l'impossibilité » de l'espèce à supporter sa galopante omniprésence.

11.
Les choses sont pleines de là-bas si proche ; un rien suffit parfois à en manifester l'étrangeté, l'indifférence, la beauté comme la barbarie.

12.
La pluie crépite sur les toits, mais elle n'aboie pas, même si elle semble avoir dévoré quelque chanteuse réaliste d'il y a longtemps.

13.
Savoir-vivre : « La vengeance est un plat qui se mange froid », mais la cruauté ne se mange pas en dessert, c'est trop dégoûtant.

14.
Une guitare sert à jouer de la musique et non pas à faire du clafoutis, et il est d'ailleurs très vain de demander à un clafoutis de vous chanter « Blue Suede Shoes ».

15.
Des historiens ensemble, en général, ça parle d'histoire. S'ils parlent de la pluie et du beau temps, ou bien ils vous embarquent dans des considérations sur la théorie des climats, l'histoire de la météorologie en Basse-Normandie, la chronologie des grands bouleversements climatiques, ou alors, c'est qu'ils s'ennuient à cent sous l'heure.

16.
Mieux vaut avoir un petit philosophe de poche que toute une bibliothèque. C'est plus vivant et ça prend moins d'place.

17.
Sa colère était aveugle mais ses yeux vifs.

18.
On ne peut pas fermer une porte comme on ferme un œuf, et même un œuf de ferme, mais on peut fermer la parenthèse, entre nous soit dit.

19.
Peut-on confondre un historien avec un scaphandrier ? Tout dépend d'la pieuvre.

20.
Je suis certain que dans des langues inconnues, mes brefs doivent faire beaucoup rire. Ou pleurer. Ou hausser les genoux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 août 2015

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 23:27

BLUES DU SOLEIL ETOUFFANT ET AUTRES ECLATS

1.
« Du ciel durci d'aujourd'hui :
comme d'une assiette côté face

Et blanche à barrer l'espace
tombent mes os recuits. »
(Cédric Demangeot, « D'un puits »)

Oh j'me suis levé ce matin
Et c'était comme si le soleil m'étouffait
Oh j'me suis levé ce matin
Et c'était comme si le soleil m'étouffait
Et qu'le Diable avait pris sa peau

Alors j'ai sorti ma tête d'hier soir
Et c'était comme si j'étais le levain
Alors j'ai sorti ma tête d'hier soir
Et c'était comme si j'étais le levain
Pis qu'j'allais enfler et crever ce matin

J'ai regardé le ciel il était si dur
Avec un regard si aveuglant
J'ai regardé le ciel il était si dur
Avec un regard si aveuglant
Que j'ai baissé la tête en crachant

Plutôt que d'me saouler au scotch
J'f'rais mieux d'boire cette eau
Plutôt que d'me saouler au scotch
J'f'rais mieux d'boire cette eau
Que le Seigneur a faite si fraîche

J'f'rais mieux d'boire cette eau
Si je n'veux pas être plus qu'mes os
J'f'rais mieux d'boire cette eau
Si je n'veux pas être plus qu'mes os
Et que le Diable m'emporte la peau.

2.
« Mais il lui semblait entendre et voir quelqu'un dont la présence se révélait par le passage d'une ombre devant ses paupières baissées. »
(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or », Le livre de poche policier n°2391, p.224)

3.
Entendre et voir : quelqu'un on croit, quelque chose au moins, évidence de la présence, ombres passantes, paupières baissées.  

4.
Lune : vieille jeune, marraine la lune, se fiche de nous comme de notre première chemise, rassure ? Bof... cosmos et champ d'cailloux.

5.
Lointains y a là-dedans pleins de gens
La foule aux noms innombrables la
Fille des métropoles modernes la famille
Qui disparaît dans un souffle l'homme qui
Rentre sa journée faite
Chez tout un tas de choses et
Elle aussi la grande autre qui attend partout.

6.
Clown, faut-il qu'il se pende ? Vieille tragédie des feuilletons, victime de quelle bigarrée tristesse, laquelle a des fonds partout.

7.
Des fois qu'on est qu'le bouffon d'soi-même et qu'on reste chez son maître, langue d'être à la cervelle en forme de chien.

8.
Doutant de tout, nous n'abandonnons pas facilement ni les automatismes, ni les schémas, que nous suivons en aveugles éclairés.

9.
Nous avons élevé le doute au rang de dieu et nous vivons dans la parole de ce dieu critique comme si elle était parole d'évangile.

10.
La langue ment comme nous respirons.

11.
Qu'on se sent au bord du phénoménal, qu'on se saisit pas soi-même tout entier, comme si on venait d'entrer dans l'étrangeté d'un paradoxe.

12.
S'ils sont sans emploi, on les traite d'assistés. S'ils travaillent, on les accuse de piquer nos boulots.

13.
Parfois passe un paradoxe. Gueule ouverte, il se rue, nous attrape et fiche son camp en remuant la queue.

14.
Pas rêvé. J'me dis ça comme si un autre zigue s'était glissé dans ma voix et m'prenait la parole pour m'balancer des pourtants.

15.
Je ne comprends pas bien, des fois ma pensée reste nouée ; je bloque sur deux mots ; puis, soudain, elle se délie, serpente, et file, et se dresse.

16.
Les temps, intersections et diagonales, nous traversent et nous croisent, comme si nous étions ces transparents au milieu de la rue.

17.
Perdant, de l'on ne sait quoi qu'on croise, on croit se faire une raison, un bâton de boiterie, un ça fera l'affaire, un resté digne ou un tant pis.

18.
« J'ai faim ! » hurla le monde, et c'est alors qu'il commencèrent à manger leurs dieux.

19.
Némésis, on ne voit pas toujours son regard et elle reste anonyme dans la foule du marché, plissant parfois les yeux sous le soleil.

20.
Némésis est pleine de peuple et ne souvient pas du nom de son roi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 août 2015

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:30

SANS TITRE ET PAS PLUS QUE ÇA

 

1.

Eléphant : Vengeance, mémoire, cette façon dont les horloges bricolent la conscience et trompent les calendriers.

 

2.

Le temps glisse sa main dans le gant de l'espace puis il opère dans le merveilleux des tours de passe-passe t'es là j'y suis plus.

 

3.

Queen : rock baroque, glam, piano, danse d'arlequins, excentricités électriques, nuit drolatique à l'opéra du bref.

 

4.

Dimanche : pluie, ciel vide, jadis églises et cafés pleins, plus guère d'abonnés du signe de croix ni d'curés, d'moins en moins d'bistrots.

 

5.

Queen : ce morceau où la guitare violonne ; la pop, une professionnelle dans l'art d'arranger le mélancolique et la nostalgie mélodique.

 

6.

Ravel, Debussy, Satie: piano, distance et mélancolie, humour et pointillisme, taches de soleil sur le jardin délaissé un temps par la pluie.

 

7.

Celentano : l'italien, héritage merveilleux, ponctuation des cuivres dans « I Want To Know », chœurs voix filles, feinte nonchalance.

 

8.

Dimanche : tartes aux abricots de la tante, rosbif, digestion avachie devant la télé, impossibilité de se concentrer sur ses devoirs.

 

9.

Foudre : exaltation du mot préféré, bref, cavale, Bonaparte, coup d'éclat décisif, ah j'en ferais bien ma sœur, de la foudre, mais.

 

10.

Chanson : évoque intense les ailleurs, n'a de réel rival dans le vivace et le bref que la poésie et la synchronie de la peinture.

 

11.

Les chansons sont pleines d'autres qui n'existent pas, des fois bien intensément précisés qu'ça vous mettrait d'la ouine un peu.

 

12.

Si lent, je n'aime que les arts du bref : poésie, chanson, peinture qui vous saisit au premier coup d’œil, faille, brèche, foudres.

 

13.

Jadis, étudiant le latin, nous apprenions à apprécier la précision de chaque période de Cicéron, la finesse de chaque trait, la portée de chaque coup. Oui mais, c'était jadis, avant le grand décervelage pédagogiste.

 

14.

« O tempora, o mores ! » : toutes les échelles retirées, restent les fous et leurs pinceaux, quand même on refait le décor, on modernise.

 

15.

Pédagogisme : globalisation gourou, assassinat d'la miniature, qui rend impossible la fréquentation du détail, la hantise de la phrase.

 

16.

Rimbaud : l'habité, voyou christ, ladre saint, le marchand et le marcheur, a donc croisé le Diable, comme tous les grands cheminots.

 

17.

Batterie : fontaine à voix jaillie de, rythme puisqu'on palpite, régularité, virtuosité, colonne, et puis autour ça s'déhanche.

 

18.

Lointains : la fille qui rentre chez elle, la famille heureuse, le coup de chance, la foudre, l'orage qui finit toujours par éclater, l'aigle.

 

19.

Argent : vertige des nombres, naïveté citoyenne, corruption quasi inévitable des politiques, monde parallèle qui nous dirige.

 

20.

Morale : vieille lune personnelle sous laquelle on s'obstine à marcher puisqu'on nous a éduqués pour et dans l'illusion de la paix sur le monde.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 2 août 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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