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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 18:56

ADIEU DONC RITA MYSTERE !

 

1.

Y a plus d'mystère, vu que j'apprends par « Ma Convulsion » que Mitsouko ne veut pas dire « mystère » en japonais. Adieu donc, Rita Mystère.

 

2.

Par contre, « Ma Convulsion » nous apprend aussi que Mitsougo signifie « parole de mystère » et que Mitsouko est un prénom féminin, comme Rita.

 

3.

Mitsouko, c'est donc un prénom féminin, le nom d'un parfum de Guerlain et celui d'un rosier.

 

4.

Si nous tombons amoureux, ce sont de ces énigmes que, naïves pommes, oh pommes nos âmes, pensons aisément élucider.

 

5.

J'aime bien les devises, avec leur devisâmes qui nous font de l'âme, du programme, du discourir (et tu peux toujours) sur l'agitation à venir.

 

6.

Franchement, c'est plus des couleuvres qu'ils nous font avaler, les politiques, c'est tout un guignol, marionnettes, tréteaux et rideau compris.

 

7.

Moi j'aurais pensé que dans les armes de Bretagne, Mélusine y aurait fait siffler ses serpents - ah fantasmes fantasmes nos âmes !

 

8.

Les gens sont des voleurs. Ils vous volent votre temps, votre argent, vos livres, vos travaux, vos vérités et votre bonne humeur. Et ils appellent cela « convivialité ».

 

9.

« Les chars d'argent et de cuivre -

Les proues d'acier et d'argent -

Battent l'écume, - »

(Rimbaud, « Marine »)

 

10.

Au spectacle de tous ces cédés de Robert Charlebois tombés entre les lianes et le yodle des singes criards, Albert Morane (le neveu de l'autre) levant les yeux au ciel, dit : « Ça a dû tomber d'un camion... »

 

11.

A podcaster en ce moment, le feuilleton de France Inter : « Robert Charlebois par delà Lindberg », c'est vif, drôle, intéressant avec plein de bonnes chansons dedans.

 

12.

Les chars (qu'on je vous demande d'arrêter et qui pulvérisent les bibliothèques) d'argent, les chars à Rimbaud, ainsi le vent lance son appel.

 

13.

Et puis de cuivre, celui dont on peuple les idoles, lesquelles parcourent le monde au cou d'initiés qui s'ignorent.

 

14.

« l'amour qui brisera la mort et fera résurrection de nos corps ». C'est toujours aussi joli, la messe, se dit le Diable en regardant l'heure.

 

15.

Les proues d'acier, machine contre machine, monde contre monde, conscience contre conscience.

 

16.

D'acier et d'argent, quelque cité gravée, et soigneusement dessinée, où on s'projette la carcasse et tous ses imaginaires.

 

17.

Je sais que le syndrome de Stendhal n'est pas qu'une fantaisie d'auteur. On peut se sentir happé par un monde imaginaire, comme si la création d'un auteur était la réminiscence d'un univers parallèle où l'on ne sait quoi se met soudain à vous attirer. Cela ne dure pas, à moins que l'invisible ne nous suce la raison.

 

18.

Batteuses d'écume, percussionnistes de la mer - avez-vous déjà entendu parler de ces femmes qui font de la musique en frappant les flots ?

 

19.

Sur la note se multiplient d'autres notes, la spirale d'une voix, le délié de la sirène.

 

20.

Etats d'âme, états d'âme… Tu parles, tout un tas d'êtres, oui, et des étagères pour y ranger leurs têtes.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 juillet 2015.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 09:14

COMMENT ÇA RITA MYSTÈRE ?

 

1.

Zut n'écrira jamais de roman à 400 pages et des brouettes. Elle me l'a promis. Elle sait ce que c'est que d'être obligé de les lire.

 

2.

Point ne sommes nains montés sur géantes épaules, mais nains escaladés sur moult nains empilés, d'où zigzags et dégringolade finale.

 

3.

« Pour vous tenir, Seigneur, un langage si doux,

Il faudrait qu'en amour j'en susse autant que vous. »

(Corneille, « Suréna », II, 2 [Eurydice])

 

Oh !

 

4.

Mon empire, mon empire pour un bon mot (et j'y gagne au change).

 

5.

Ah si j'étais riche… je pourrais au moins mourir sans crainte du lendemain.

 

6.

Je lis dans Chateaubriand que la devise « Potius mori quam fœdari » (« plutôt mourir que de s'avilir ») figure dans les armes de Bretagne. Comme quoi quand même hein, Madame la ministre, le latin...

 

7.

« Potius mori quam fœdari », voilà le genre de devise fort propre à dépeupler.

 

8.

« Plutôt mourir que faillir » !

« plutôt mourir que de s'avilir » !

« Potius mori quam » et ta sœur !

 

9.

Comme je lui demandais si sa sœur faisait toujours du latin, il me conseilla d'aller me faire voir chez les Grecs.

 

10.

J'entends à la radio que « mitsouko » ce s'rait du nippon signifiant « mystère ». Vrai ou pas, Rita Mystère, dis, c'est beau comme un blaze de roman.

 

11.

« Non, madame, en mon sang ma main n'a point trempé »

(Racine, « Phèdre », IV,4 [Thésée])

 

12.

Dans l'ombre qu'est-ce qui s'agite bout bouillonne ? C'est Zut qui divise et multiplie ses phénix.

 

13.

Zut a coutume de lancer en l'air des flopées d'énigmes. Des fois qu'un sphinx passerait par là, ça pourrait lui servir.

 

14.

En mon sang ma main et puis mon pied mon œil de bœuf ma tête de veau clochettes et grelots.

 

15.

Acousmé-je ou c'est-y vrai que la fille de Madame Hanska, parlant de Balzac, sobriquetait icelui de « Bilboquet » ?

 

16.

Quand nous regardons les autres, nous oublions trop souvent nos points d'interrogation, d'où nos aveuglements.

 

17.

Zut est pourvue de deux mains, comme vous et moi, et aussi bien pour vous que pour moi, elle dispose aussi d'un tas de doigts d'honneur.

 

18.

L'autre, c'te énigme qui refuse obstinément de s'énoncer. L'autre, ce pieux mensonge.

 

19.

En identifiant l'autre à sa fonction, on croit se débarrasser de l'énigme, et pourtant, voyez comme il flotte entre deux airs, le couteau…

 

20.

Chaque jour, ils dissimulaient un mot. C'était le fin mot de l'énigme. Quand ce fut le tour du mot « dieu », leurs noms s'effacèrent.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 juillet 2015.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 18:58

COURTOISIE D'LA FANTÔME

 

1.

« au midi prompt, de son terne miroir, jalouse »

(Rimbaud, « Mémoire »)

 

2.

Au zénith sous la rousse à pas d'cheveux Au

Midi ou au grand match de boxe de minuit

oh être encore dit la fantôme

 

3.

oh être encore dit la fantôme ce

Prompt king lizard dans une chanson déjantée ou l'lézardant

De toute sa paresse possible, oh infinie...

 

4.

Son, ou est-ce plutôt le mien de

Terne teint, genre cloche de terre ; c'est qu'on s'y voit qu'à peine au

Miroir cabossé, écu, bout de cuivre.

 

5.

Jalouse comme une montre en retard qui regarde filer une soucoupe volante filer filer filer pis disparaître comme ça.

 

6.

Des fois, l'horloge recrache nos couleuvres, et le temps, ça passe pas.

 

7.

Y aurait-y pas une équation à gueule d'horloge dont le temps n'en finit pas de se ralentir d'se décrocher de frôler l'gouffre de s'infinir ?

 

8.

« le jeune homme à demi étendu sur le lit défait, là-haut, fumant cigarette sur cigarette. »

(Simenon, « Le Charretier de « La Providence »)

 

9.

Le jeune homme ou la jeune fille à demi (bien frais espère) étendu(e) et vous reluquant comme s'il elle avait bouffé le sphinx.

 

10.

Sur le lit ou dans le miroir ou de dedans l'autre côté du miroir là-haut là-bas si proche au loin là où il y aurait d'autres loups, un œil.

 

11.

Fumant, ou alors c'est qu'elle vient juste d'arrêter, cigarette sur cigarette tandis que la pluie tricote des fantômes.

 

12.

Qu'elle n'ait pas peur de montrer les dents, de droner, de jeter la fascination de ses yeux dans la mêlée.

 

13.

Lors, Zut déplia son fantôme qu'elle envoya causer mystère avec le clocher posé sur le paysage comme un doigt sur une bouche.

 

14.

« Des sifflements de mort et des cercles de musique sourde font monter, s'élargir et trembler comme un spectre ce corps adoré »

(Rimbaud, « Being beauteous »)

 

15.

Zut prit ces sifflements pour guitare sonnante, hurluberlures saugrenues, chapeau pointu sous la lune, et y ajouta le turlututu d'un flûtiau.

 

16.

Zut jouait avec les cercles, ceux de nulle part puis de partout puis qu'on traverse puis qui nous traversent. Zut était très dispersée.

 

17.

Zut contemplant la musique s'imaginait des bribes de mondes que tout un orchestre complotait.

 

18.

Et puis les chœurs s'en mêlèrent lançant leurs longues et leurs nasales comme autant de bêtes grimpant le long de la partition, s'accrochant aux portées, évoquant un monde de nulle part.

 

19.

Alors la fantôme s'élargit, tremblant de toutes ses feuilles, tous ses automnes, ses rousseurs, laissant passer la cavalière des écorces.

 

20.

Et puis « comme un spectre ce corps adoré » disparut dans un grand tremblement blanc de soleil.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 juillet 2015.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 12:11

AI JE TROUVÉ ZUT DANS UN TABLEAU CUBISTE ?

1.
Toute est-elle toute je n'en vois qu'une. Est-elle ainsi que je la vois où berlue-je ? Elle unique puis dans tous ses états jamais à la fois.

2.
Toute est-elle toute je n'en vois qu'une. Je la contemple cause que j'peux la voir en peinture, fantôme révélé par quelques coups de pinceau.

3.
Toute est-elle toute je n'en vois qu'une. C'est Zut. Elle descend l'escalier en laissant derrière une flopée de Zut qui n'en font qu'à leur tête.

4.
Livré, rendu, télépathé – c'est-y pas épatant – à moi, mézigue alternant creux et mots, seul (du coup je cherche mes mots et puis Zut alors).

5.
J'aime bien le champ lexical du fantomatique qui glisse du spectral dans chaque rayon de lune. Avec des ruines antiques, c'est joli.

6.
Ecrire, gerber du flux, débiter d'la conscience.

7.
La comédie du langage ; les dieux en rient encore.

8.
« Ma tête se montrait un peu au-dessus de l'obscurité. »
(Chateaubriand, « Mémoires d'outre-tombe », « Année de ma vie, 1801 »)

9.
Ma tête (mal à des fois, pas souvent, grâce au café dit-on) mais dedans quel théâtre d'acteurs ivres.

10.
Se montrait (ou pas car des fois elle disparaît) et alors qu'on dit : « Ah je n'ai pas de tête ! »

11.
« un peu au-dessus de l'obscurité », sa tête à l'autre, tir aux pigeons, face d'espion émergeant d'un manteau long.

12.
Il faut être drôlement humain pour aimer l'autre au moins autant que soi-même que j'me disais des fois bourreau.

13.
« L'armée des princes était composée de gentilshommes, classés par provinces et servant en qualité de simples soldats. »
(Chateaubriand, « Mémoires d'outre-tombe », « Armée des princes »)

Aux deux bouts de la phrase les termes de l'opposition : « l'armée des princes », puis « de simples soldats », puis Zut traça au tableau un cercle de craie par où passa toute la classe et tout Chateaubriand, « moi aussi que j'suis une passeuse » qu'elle dit Zut en contemplant le portrait de Philippe Meirieu dans son cadre en bois d'pipeau.

14.
Des fois qu'l'armée se dit Zut en contemplant la bête en cage serait cette force dans l'ombre qui rêve confusément de soleil et de sang.

15.
Zut leva une armée des princes, d'ombres courtoises, mais vous y trompez pas, dit-elle en contemplant le Moyen-Orient, capables tout autant que vous et moi de poignarder dans le dos.

16.
Des fois, face aux hyènes, tout de même s'il le faut, loups, y êtes-vous ?

17.
Il faut avoir la courtoisie des ombres et ne pas lâcher son couteau.

18.
« Gentilshommes » quel mot fabuleux que « gentilshommes », là où il n'y a que perspicace bipède qui fait rien qu'à se surpeupler.

19.
Ubu décréta qu'il fallait user raisonnablement de la violence, c'est-à-dire se tenir prêt à massacrer autant que nécessaire d'zôtres, mais dans l'ordre et la loi.

20.
Pis Zut classa ses petits princes de plomb par provinces, par accents, plats régionaux, us et coutumes, traditions et charivari sous un seul drapeau, qu'elle dit.

21.
Zut ajouta que puisqu'ils servaient en qualité de, les princes là, ils ne se comporteraient pas par défaut, comme tous ces troufions qu'on envoie se dépuceler la roture dans l'pas croyable et l'illégitime jusqu'à la barbe.

22.
Alors les pandores bouffèrent le poisson, la justice, la loi du talion et celle dont on ne parle pas. Ils vomirent beaucoup.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 juillet 2015.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 22:05

LULU ET LE CERCLE DE CRAIE

 

1.

« Ruisseau qui cours après toi-même

Et qui te fuis toi-même aussi »

(Saint-Amand, « Plainte »)

 

2.

« Et qui te fuis toi-même » : mimant l'ombre, singeries, agitant son verbe comme l'enfant son sabre de bois.

 

3.

« Et qui te fuis toi-même » : l'enfant qui fuit l'adulte qu'il ne voudrait pas devenir, ou qu'il regrette d'être devenu.

 

4.

Des fois, on ne recule devant le mur que pour mieux se le prendre en pleine figure.

 

5.

On aurait découvert en Chine un fossile de tyrannosaure ailé, dont la longueur des ailes l'aurait empêché de voler, et aurait plutôt servi à parader comme parade le paon. Déjà politique, l'oiseau.

 

6.

Ah mais, mes politiques bonshommes, je vais finir par vous lancer des bananes, moi !

 

7.

                               « quand les âmes des morts

reviendront chercher »

(Péguy, « La résurrection des corps »)

 

8.

« quand les âmes des morts reviendront chercher » leurs habits, y aura plus d'un vivant à se retrouver tout nu.

 

9.

                                 « qui vient seul

 

             il t'ombrera

                             Il se tiendra. »

(coupé dans Baïf, « Psaume CXXI »)

 

10.

Parfois l'été, dans une rue vers la mer, cette longue fenêtre où se tient la silhouette longue qui regarde s'allonger les ombres.

 

11.

« L'air a serré

                                   de grêles et d'orages

Lors, son teint

 

Ses yeux                       prunelles fendues

                                les miens alors »

(coupé dans D'Aubigné, « Le printemps », III)

 

12.

L'intime, y a ici quelque être à dévoiler ;

Lors, elle a ri, très belle, et se rhabillant.

 

13.

« Lulu prend un mouchoir et efface le cercle de craie ; Missi délivré bondit dans la chambre et disparaît. »

(Jean Ray, « Les Cercles de l'épouvante », « Liminaires : les cercles »)

 

14.

Lulu, ou Loulou, ou Lola, prend son, ou ne le prend pas (il y a un temps pour tout), agite son mouchoir et ne revient pas.

 

15.

Et tandis que Zut fait le compte de ses mains tranchées, Lulu efface leurs noms, aux autres, là, et puis leurs sourires aussi.

 

16.

Le sorcier trace son cercle de craie ; l'enfant du temps s'en fait un cerceau et disparaît avec Zut alors fillette de la nuit.

 

17.

Pis y a itou le môme Tric-Trac ; lui aussi trace un cercle de craie, y met le monde, et se divise dans l'instant.

 

18.

De craie ou pas de craie, de craie dans l'encrier ou de Missi Mystère, c'est qu'on s'en mange, nous, galettes à pattes, du cercle.

 

19.

Délivré, le masque

Bondit au beau milieu du bal, s'empare

Dans un visage du plus énigmatique des sourires

« La Madame a s'ra contente » dit-il en s'caravolant.

 

20.

Chambre hantée où le lit est un miroir et où l'imprudent qui y couche disparaît dans un reflet.

 

21.

Et puis dire son dit façon d'quelqu'un d'un lointain très comique.

 

22.

Très bien l'émission « airs de rien », à la radio suisse, animée par Pascal Bernheim. A réécouter « La sirène en mal d'amour » !

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 24 juillet 2015.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 17:47

ENCORE FAUT-IL SEIGNEUR

 

1.

« Je songeais » : brodée d'or étoffe des songes, de la seigneurie, de la magnificence que pendant, i s'effrite le réel autour.

 

2.

 « et le flot qui murmure

De son écume d'or fleurit sa chevelure. »

(Rimbaud, « Soleil et chair », IV)

 

3.

« flot qui murmure » : que du signifiant, les sons d'la nature ; l'a fallu l'humain pour en flanquer du sens aux sons, et donner du dieu à dire.

 

4.

Grande présence des extrêmes politiques sur twitter, et de leurs essentialismes : l'horreur de c'qu'ils disent, du « notaire coupable parce qu'il est notaire » et de « l'arabe coupable parce qu'il est musulman ». Et puis lutte de pouvoir – cependant si relatif – entre intellectuels plus ou moins encanaillés.

 

5.

« Je reviendrai » : promesse du retour, si la foudre ne, évident cheval flamboyant, vif regard et ni peur ni reproche chevalier dans la caboche.

 

6.

Quand je songe au verbe « écrire », voilà, visiteuse, qui me vient à l'esprit la rimbaldienne expression « fixer des vertiges ».

 

7.

« je fixais des vertiges » écrit Rimbaud ; taquiner le fantôme, titiller l'être, apprivoiser la bête dans les nerfs.

 

8.

Je peux envier des fois les fluides écritures, les argumentations qui ont l'air si évidentes, pourtant je n'en retiens souvent qu'elles m'importent peu.

 

9.

Des fois i faut être bien poli avec les marchands d'soupe, des fois qu'i s'mettraient à cracher dedans.

 

10.

« Et si mon œil n'a puissance de voir »

(Ronsard, « Amours de Cassandre », III)

 

C'est que j'serions bien aveugle.

 

11.

En Grèce, à cause de la crise, il y a des gens qui ne peuvent plus payer les enterrements de leurs proches : l'Allemagne avancera-t-elle l'argent des funérailles de l'hellène démocratie ?

 

12.

Et si mon œil voyait plus de choses, sans doute j'en serais bien effaré, stupéfait, terrifié par la réalisation des peut-être.

 

13.

Cézigue devant la Jeanne d'Arc à Paris, en France, « Jeanne ! Au secours ! » qu'il s'est écrié. Ah oui, alors, au secours ! pis des pattes rapides, pour se carapater !

 

14.

Untel, très à gauche, dit qu'elles ont un vieux fond vichyssois, nos chères élites... Euh, faudrait pas confondre les palmes académiques avec la francisque tout de même.

 

15.

« Encor faut-il, Seigneur, ô Seigneur qui donnas

Un courage sans peur à la peur de Jonas,

Que le doigt qui émut cet endormi prophète

Réveille en moi le bien qu'à demi je souhaite... »

(D'Aubigné, « Invocation »)

 

16.

Ce que vous avez brisé, d'un coup de craque-miroir, verre, réel pilé, spirales, morts palais, visages émiettés.

 

17.

Réel brisé, couru dans tous les sens de miettes de visages.

 

18.

« Que dans moi, contre moi chantait ma conscience »

(D'Aubigné, « Invocation »)

 

19.

« dans moi, contre moi » : venin, vœu de la sirène

de dévorer ces marins, vigueur de la reine.

 

20.

« dans moi, contre moi » : licorne, conscience, pis qui joue du couteau, avec un demi sourire.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 24 juillet 2015.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 21:46

UNE DROLE DE LUEUR JE VOUS DIS

 

1.

« J'ai réparé un nid d'oiseaux

Je l'ai cousu de feuilles mortes »

(Félix Leclerc, « Notre sentier »)

 

J'ai perdu dit Zut alors j'ai

Réparé le sablier - c'était ça le gage - du coup j'a r'trouvé

Un temps pour trouver un

Nid et y loger ma flopée

D'oiseaux loufoques très saugrenus ; voyez

Je breffe dans le cocasse vu que des fois

L'ai révoqué le politique même que des fois lui ai

Cousu le sentencieux à ma conscience philosiphico-mes-œufs

De ma pomme, des fois, pouvez attendre que du lunaire, des

Feuilles au vent de mars, tandis que je regrette les

Mortes, mes mortes, mes belles fantômes.

 

2.

Mon Dieu, mon très-haut, mon qui n'existez pas Seigneur,

Dites-moi donc pourquoi je l'ai si sec, le cœur ?

 

3.

Comme ils n'en crurent pas leurs, de tous les dieux

En chutant flic

Dans chaque étang floc

Ainsi firent flic floc leurs yeux.

 

4.

Des fois que j'bois d'la kronembourg

Avec des frites plein le tambour

Pis qu'on vient m'chercher des poux

Dans la littérature.

 

5.

On l'avait envoyé s'faire cuire un œuf ;

Il en profita pour voler un bœuf.

 

6.

Quoi qu'a pense ? Elle pense que c'est pas marrant

Et oùsqu'elles sont passées ses trente-deux dents ?

 

7.

De sa poche, il sortit un éléphant, et s'en moucha, en barrissant.

 

8.

Comme il tentait de l'égorger, la fenêtre se brisa. C'est des coups à finir tout percé coupé d'partout.

 

9.

Paraît qu'ça va s'machiner, l'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes… ça va cor grincer des dents... y aura des perdants dans c't'affaire, c'est sûr, et je parierai assez que ce sera not' gouvernement (qui commence à avoir une drôle de lueur dans l'œil, un drôle de regard de c'est moi qui, à ne pas me plaire du tout, du tout, du tout).

 

10.

J'ai vu : quoi ? d'l'extraordinaire à longues pattes ? du pas banal dans le décor ? et puis du venu, vaincu aussi...

 

11.

Paraît qu'i sont tout captagonés, les daechmen ; y en a pour dire qu'c'est du fake, because leurs préceptes religieux... mwouais…

 

12.

Paraît qu'l'agriculture française frôle le gouffre à faillites… C'est bien joli, l'Europe, mais si c'est pour ruiner les gens…

 

13.

Paraît qu'c'est la grande distribution qu'est en partie responsable de l'actuel « adieu, veau, vache, cochon, couvée ».

 

14.

La société est pleine de gens qu'on aimerait détester, mais qu'on peut pas tout à fait, vu qu'on en a besoin.

 

15.

Dès que j'vois un politique, la plupart du temps, dans ma p'tite tête, c'est le mot « fayot » qui me vient à l'esprit.

 

16.

Agriculture : on parle « d'abandon délibéré des pouvoirs publics ». A mon avis, en 2017, y aura pas beaucoup d'rose dans les urnes.

 

17.

Oh et puis Zut ! dit Zut, que les politiques et leurs crachats en l'air qui leur retombent dessus aillent se faire voir chez les Allemands.

 

18.

« aimer la mort » : bof ! très peu pour moi ! Je préfère le jambon, et puis scribouiller des excentricités.

 

19.

« Quand ma petite sœur, au retour de la classe,

Ayant usé longtemps ses sabots sur la glace »

(Rimbaud, « Les remembrances du vieillard idiot »)

 

J'aime bien comme ça siffle sourd ces sabots-là sur la glace.

 

20.

Comment agir ? C'est-ce que je me demande tous les jours à chercher partout après mes bras qui se carapatent au mot « travail ».

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 juillet 2015.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 15:58

EN REALITE QU'ON DIT

1.
« En réalité, traînent là des souliers de gnomes à bouts retroussés, des échelles qui conduisent à la lune, des mantes de lutins, des masques vivants, tout ce que l'on veut. »
(Félix Leclerc, « Théâtre »)

2.
S'il existe « des échelles qui conduisent à la lune », est-ce que pour elles aussi, passer dessous, ça porte malheur ? C'est vrai qu'un marteau qui tombe de la lune, ça doit vous enfoncer tout entier dans le sol, non ?

3.
Le problème des « masques vivants », c'est qu'ils font ce qu'ils veulent. Vous allez à un bal masqué ; vous rencontrez une mignonne ; vous la draguez gentiment, et pendant qu'vous mythonnez la bergère, votre masque, voilà qu'il se met à cligner salace d'l'œil  et à l'agiter, la langue, comme ça, la-la-la, que fatal, vous la prenez, la baffe.

4.
« … Il est tard, déjà… Il faut rentrer chez toi… ici, tu fais chier... »
(Sokal, « Noces de brume » [Emily])

5.
Il est tard il est trop tard pour Non, il
Est tôt non ? Peut-être... j'ai froid d'la nuit

6.
Tard qu'il est j'ai plus d'yeux
Déjà le temps m'a passé
Il faut rentrer son fantôme
Faut rentrer la faux j'suis mort

7.
Rentrer les chevaux j'ai plus d'moi
Chez moi elle est venue Qui est venue ?
Ici il fait toujours du tard pis toi en noir
Tu fais quoi avec mon corps

8.
                                                     Tu
Fais chier toute cette terre fais
Chier et pan ! jack in the box.

9.
« Mais je n'y entends pas la voix humaine,
Ni même un son terrestre. »
(Shakespeare, « La Tempête », traduit par Yves Bonnefoy, I, 2 [Ferdinand])

10.
Mais y a toujours un mais, un mais moi
Je toi tu eux ils je
N'y pense pas
Entends-tu ?
Pas du tout.

11.
La voix la voix me hante la
Voix me hante et même pas
Humaine c'te voix
Ni même animale ni
Même angélique
Un son déchiré un
Son d'entre

12.
                     les déchirures un son de
terrestre égorgé.

13.
« This is no mortal business, nor no sound
That the earth owes. »
(Shakespeare, « La Tempête » [Ferdinand])

Vice vice et encore vice
Ise a s'arrête jamais de vicier elle dit
No ! mais quoi qu'a fait la gueuse du
Mortal pêcha d'la blasphème toudis rien qu'une
Bise n'est-ce pas et puis là v'là qu'a perd sin
Nord et qu'on l'a r'trouve avec un gars dins s'lit
No ! No ! qu'a dit quel théâtre alors ! Tiens, en v'là du
Sound system que j'm'en vas te s'couer les couettes moi prends
Date m'fille que tu vas filer dret comme douzaine
D'zoeufs au marcha et pis qu'tu vas en ouiner
Eursse eursse eursse pis
Owes ! Owes ! Owes pis ouyouyouille !

14.
« Le haut étang fume continuellement. Quelle sorcière va se dresser sur le couchant blanc ? »
(Rimbaud, « Phrases »)

15.
Le ciel - y picole un pochard bleu ; de
Haut, là, lui, i nous voit double

16.                                                    
                                                     Un
Etang, y vribouillent des bestioles ; ça
Fume dans la nuit, ce s'rait du satan qui enfourne

17.
                                                                               dans le
continuellement et le grand tournoiement, qui ? D'la carcasse.

18.
Quelle étrange nuit je suis, qu'une
Sorcière fagota je vous dis, elle
Va vous mettre dedans, va
Se dresser sur ses serpents

19.

                                                  elle va se
Dresser sur ses longues jambes d'enjambeuse pis
Sur vos pommes jeter des sorts

20.
                                                        pis
Le ciel va vous flanquer d'l'éternel
Couchant plein vos faces et pis dans le
Blanc de vos yeux le faire valser, l'infini.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 juillet 2015.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 12:59

LA PEAU OUI LA PEAU

 

1.

Rappel dans Marianne n°941, p.74 du « principe d'incertitude » de Heisenberg : « On ne peut connaître en même temps la vitesse et la position d'une particule élémentaire. »

 

2.

Le savoir permet ce qu'il n'est pas : la simultanéité.

 

3.

La technologie aurait-elle pour but d'infiniment multiplier les simultanéités ?

 

4.

D'après Milner cité par « Marianne » : « ce sont les savoirs, et eux seulement, qui sont de nature à neutraliser la différence entre forts et faibles. »

Il y faut aussi quelque ruse, non ?

 

5.

Finalement, entre Ulysse et Achille, celui qui remporte la victoire, survit et revient, c'est le plus rusé.

 

6.

On s'étonne que, parfois, sur certains théâtres d'opérations extérieures, certains de nos soldats se comportent comme des pires soudards, voire des écorcheurs. C'est que nous berluons lyrique sur l'abnégation et l'héroïsme en puissance de nos troufions. Mais l'héroïsme, par définition, c'est l'exception.

 

7.

« Il me paraît très regrettable qu'on ne fasse plus aux langues anciennes d'autre place que celle d'un enseignement pratique interdisciplinaire [EPI] » (Danièle Sallenave in « Marianne n°940 », p.20)

 

Oui, que l'on rende sa langue à César et le blabla interdisciplinaire à ceux que Luc Ferry appelle, non sans raison, les « pédagogos ».

 

8.

« Quand on attaque la mère – le latin -, je crains pour sa fille, le français. » (Régis Debray cité par « Marianne n°940, p.19)

 

9.

Entendu un islamologue utiliser l'expression « cheikh-google » à propos du grand mélange de tout ce qu'on trouve sur la Toile concernant l'islam, et dont beaucoup, par-delà les frontières habituelles entre chiisme, sunnisme et wahhabisme, se servent pour se bricoler une identité religieuse.

 

10.

Element de langage utilisé dans les médias pour évoquer daesch : « islamo-fascisme ». Christian Estrosi parle même de « cinquième colonne ».

 

11.

Entendu cette réflexion intéressante et cruellement lucide sur daesch : « Le mot « extrémiste » est un mot de l'occident ; les soldats de daesch ne se voient pas comme des « extrémistes », mais comme des djihadistes, des combattants. »

 

12.

« On doit prendre la religion au sérieux, surtout quand elle disparaît. »

(Emmanuel Todd cité par L'Obs n°2634, p.76)

 

Un peu vite dit, on ne congédie pas l'être aussi facilement que l'on publie un bouquin de sociologie.

 

13.

N'en déplaise à Emmanuel Todd cité par l'Obs de la première semaine de mai 2015, les « caricatures de Charlie » ne s'attaquaient pas à la « religion des plus faibles de la société », mais à la secte du prophète du malheur des autres, celle qui utilise le nom de l'être pour envoyer des enfants de douze ans à la mort.

 

14.

Parlant de la France actuelle, Emmanuel Todd, selon les propos que l'on peut lire dans « L'Obs » n°2634, p.75, aurait dit : « … le pays est devenu inégalitaire, ultraconservateur et fermé ».

 

« inégalitaire » ? : Mais, mon bon monsieur, la France a-t-elle été, ne serait-ce qu'un seul jour, égalitaire ?

« ultraconservateur » ? : Bigre, si la France est actuellement ultraconservatrice, eh bien alors mézigue, je suis tellement à droite que vous tous, du plus rivarol au plus universalo-camarade, vous n'êtes à mes yeux qu'une bande de gauchistes polymorphes.

« et fermé » : Non, non, je vous assure, je vais en Belgique comme je veux.

 

15.

Je ne crois pas que l'inconscient soit une « puissance bienveillante » (je lis ça dans l'Obs) ; moi, je crois que l'inconscient s'en fout.

 

16.

Ce n'est pas en Dieu que croient les gens, c'est aux signes.

 

17.

« les valeurs profondes qui [nous] font agir et qui ne sont généralement pas celles [qu'on imagine] » (Emmanuel Todd, cité in l'Obs n°2634, p.74)

 

Les « valeurs profondes »… tu parles... la peau, oui, la peau…

 

18.

« une authentique dingue tombée par un invraisemblable concours de circonstances dans ces histoires... »

(Renaud / Brouyère, « L'otage des neiges » [la comtesse])

 

19.

Des fois qu'ça serait, l'Histoire, une authentique dingue dégringolée dans le temps et qui nous raconterait des salades.

 

20.

Des fois, quand j'use de ma langue pour écrire politique, il me semble qu'en son manoir des lunes, un lointain chevalier me reproche de déroger.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 16 juillet 2015

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 10:01

DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA MAISON

 

1.

« Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,

La douceur me chatouille et là-dedans remue

Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue. »

(Molière, « L'Ecole des femmes », II, 5, v.562-64 [Agnès])

 

2.

Et voilà que ça m'a remonté le goulot à songes dit Zut ce

Dont je vous parle la grande maison partagée

 

3.

Toutes ces pièces tant et tant qu'on disait dit Zut

Les richesses là-dedans et l'invisible propriétaire

 

4.

                                                                                     Des

Fois qu'on aurait eu envie d'y baguenauder

Que ça nous fut interdit d'aller du côté du long et noir couloir

 

5.

Je ne sais quel piège à Zut dit Zut y eut là-d'dans

L'entends encore la messe basse qu'on s'mettait à

Parler d'la noirceur d'là-côté si près

 

6.

La noirceur qu'il y avait là dit Zut mais la

Douceur qu'on avait nous dans not' moitié de la maison immense

 

7.

Me souviens dit Zut du temps où qu'ça me

Chatouille encore d'aller visiter la part d'ombre de la maison

 

8.

Et l'on disait dit Zut que c'était si riche et si loin

Là-dedans qu'on n'entendait jamais rien de ce côté-là de la maison

 

9.

Remue-toi que j'me disais dit Zut vas-y donc voir si c'est

Certain tout ce mystère que si ça se trouve y a personne là

 

10.

Je la voyais bien sommeilleuse si sombre moi la dark side of the house

Ne pensais qu'aux grandes pièces à éclairer merveilles

 

11.

Sais pas trop dit Zut pourquoi elle me revient en songe mais

Quoi, j'y ai vécu vous ne me croyez pas dites

 

12.

                                                                               Ce

Dont je vous parle n'a plus de temps y avait une dame

Je ne sais plus son nom enfin c'était un autre nom

 

13.

Suis songeuse que ça me revienne dit Zut

Toute l'ombre et tout ce qui nous a échappé

 

14.

Emue quand même pas dit Zut mais troublée oui, comme quand on se rend compte que sans savoir quand même qu'on savait.

 

15.

Nous nous rêvons tellement vérité que nous oublions souvent que la philosophie est avant tout une question posée à un fantôme.

 

16.

Comment croyez-vous qu'un fantôme puisse vous répondre ? Par des mensonges, évidemment. La langue est faite pour ça.

 

17.

C'est certainement sur les plus beaux mensonges de nos fantômes que nous basons nos plus solides théories.

 

18.

La sorcellerie est un art linguistique ; elle ne cesse d'agiter l'être jusqu'à ce que, soudain, voilà qu'il se manifeste.

 

19.

Ce que nous interrogeons : le disparu dans la cour, la maison oubliée, « la petite morte » du poème de Rimbaud, les « tiroirs de l'inconnu ».

 

20.

« Pourquoi l'étant plutôt que rien ? », c'est aussi « qu'est-ce que vous faites là ? », une question au diable sur la route.

 

21.

Je ne puis penser à quelqu'un sans songer que c'est à un fantôme que je pense, un être imaginaire et cependant pour moi plus vrai que la personne réelle qui se meut dans le réel et dont je ne sais que si peu de choses. Du reste, seuls les fantômes nous intéressent, qui nous permettent d'affronter les vivants.

 

22.

« affronter les vivants » : c'est bien d'mézigue, ça, comme si je n'avais pas pu écrire « vivre avec les vivants », « travailler avec les vivants », « aimer les vivants » - ah ça, non alors ! faut quand même pas exagérer.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 16 juillet 2015.

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