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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 15:19

UNE ANECDOTE AU SUJET DE
FRANCIS B. DIT LA BRIQUE

« Récemment, j’ai dit à un type:
Si vous dites un mot de trop, je
vous fais couper les couilles. J’ai des
types pour ça. Depuis, il est à ma
botte. »
(Francis Bouygues cité par
Thierry Volton,
Les Ecuries de la Vème,
Ed. Grasset, 1989)

On dit je lis ça dans le
Capital
Hors-Série
de juin 2008 qu’il un
Jour Francis Bouygues (1922-1993
Ah tiens il est mort) a dit ceci
A Thierry Volton qui le rapporta
Dans Les Ecuries de la Vème ceci
«Récemment, j’ai dit à un type :
Si vous dites un mot de trop, je
vous fais couper les couilles.J’
ai des types pour ça. Depuis, il
est à ma botte.»
 Il avait dû voir
Le Parrain
de Coppola la veille i
S’y croyait un peu beaucoup genre
Intouchable le centralien du coup
Qu’il est mort le richissime cela
Sûr se pourrait si l’anecdote est
Vraie que le type en question oui
C’est pas impossible que de temps
En temps il va un peu lui cracher
Sur la tombe au Francis cependant
Faut pas trop faire attention aux
Paroles des gens de la droite car
Beaucoup d’entre eux c’est qu’ils
Ont souvent des relents de Céline
Ou de San-Antonio comme un relent
D’incongruité verbale Célinien on
Dit qu’il l’est un peu le Sarkozy
Célinien qu'ça vous pose un homme
Faut croire de la jouer affranchi
Mec qu'a peur de rien ni personne  
Pas grave c’est qu’ils se la font
Assez Destouches à cheval sabreur
Bravache éclaireur de l’enfer que
Du terrible de la cuirasse killer
Politique mais à mon avis avec un
Bon coup de pied au cul c’est sûr
Que bientôt on n’en parlera plus.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 juin 2008

 

 

 

 

 

 

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 15:06

SOLEIL BLANC

Le soleil est blanc on dirait du poison
    De ce truc poisseux
    Qu'on voit dans les
    Rivières le long de
    L'herbe morte blanc
Le soleil blanc le cri sans fin le ciel

Le soleil est blanc on dirait le christ
    De ce truc vivant que
    Les romains ont collé
    Sur la croix écrit on
    L'a dans un livre bah
Je ne sais plus lequel je crois ma mère

Qu'est-ce que ç'est que ça qui glisse sur
Le sable glisse foudre froide ondule sans
Bruit ça a un nom qu'c'est dangereux même
Je ne sais plus lequel je crois ma mère 

L'avait ce bouquin le soleil blanc pâle
    Comme un revenant qui
    A oublié de régler la
    Note d'entre les âmes
    Mortes le voilà qu'il
Revient circulant en cercles blancs qui

Se brouillent et se confondent les mots
    Avec qui sortent des
    Bouches à travers la
    Fumée des cigarettes
    Il arrive l'éclat du
Poignard les yeux blancs blancs blancs.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 juin 2008

Commentaires

Cf "Soleil blanc" de P.Houzeau

j'ai loué un morceau de croix
histoire de ramer en radeau
d'un bout à l'autre du globe
j'ai loué une planche de bois
et hurlé sur les requins
et pissé dans l'océan
pourtant après la dernière soif
j'ai prié le soleil blanc

Posté par nicolas vasse, 27 juin 2008 à 00:02

Beau
http://surletoit.canalblog.com/
Posté par nicolas vasse, 28 juin 2008 à 15:41
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 14:06

AUTRES SOTTISES

Je regarde la télé
Qui mange les heures
Le chat me regarde
Puis s’endort.

La lune cornue
Fut jadis un jeu martien
Assez difficile
Comme le prouve l’infini
Des étoiles ayant manqué la cible.

Les anneaux de Saturne
Indiquent la fonction première de l’astre
Une toupie pour les géants de l’espace.

« Tout vient à point à qui sait attendre »
Fut longtemps la devise secrète
De nombreux fossoyeurs.

On aurait aperçu l’homme invisible
Est le titre d’une œuvre d’art conceptuel
Que personne ne verra jamais.

Ce qui est quand je le regarde
Je lui donne un nom pour
Le reconnaître quand je le retrouve.

Ce qui est,
Dès que je ne le regarde plus
Ne cesse pas d’être
Il perd simplement son nom.

L’être de la pomme
Persiste quand la pomme est mangée
Persiste dans toute pomme.

Le cheval bleu
Aime se cacher dans le ciel
Pour mieux souffler et hennir.

Les chiens noirs de la nuit
Avalent les ombres
Puis les rendent sur le tapis de l’aube.

La main vampire
Quand elle s’ouvre
On lui voit ses dents
Aussi convient-il
Pour s’en débarrasser
D’y planter un clou dans la paume.

La lune passe dans la fenêtre
Le roi l’attrape
Et la mange comme une galette
Il y trouve la fève
Et la donne à sa reine.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 août 2009

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:28

LE CŒUR DU RECIT
Notes sur Le Secret du Coffre maudit

Insecte
 : Ce que, dans le somptueux épisode Le Secret du Coffre maudit (USA, 2006, Gore Verbinski) de la saga Pirates des Caraïbes, Bill le Bottier attrape et croque. Un cafard. Un amuse-gueule pour spectre des profondeurs.

Le bateau avalé
 : Aussi craqué que l’insecte sous la dent du spectre, le bateau est croqué en deux par la bête des profondeurs, le Léviathan du Hollandais Volant, l’engouffreuse à tentacules, le Kraken. Puis il est happé par l’invisible glougloutant.

Jack Sparrow
 (interprété par Johnny Depp): Connu comme le loup blanc, bien sûr, des arpenteuses des ports comme des autres loups, Sparrow est celui qui s’adapte aux circonstances, à toutes les circonstances, l’important étant dans cette variété des improbables qui tisse ses aventures. En cela, Jack Sparrow, comme tous les héros, est une figure de l’ailleurs ; il est l’ailleurs comme le capitaine du Hollandais Volant est le fantastique.

Bible
 : Un pirate ne sachant pas lire lit la Bible. Il lui faut, dit-il, s’occuper de l’immortalité de son âme. Lire est ici semblable à une contemplation. Du reste, les signes s’organisent en spectacles par lesquels nous nous fascinons. Nous évitons ainsi de penser que le temps nous perd. Nous sommes alors comme ces chats qui s’autohypnotisent  et nous nous endormons devant la télévision où s’agite la masse caoutchouteuse d’une géante de gélatine.

Humour
 : Ce qui fait aussi la qualité de Pirates des Caraïbes, c’est la loufoquerie et l’humour quasi constant du récit. Merveilleux, fantastique, humour et rythme structurent le scénario. Ce qui serait inutile sans maîtrise de l’image, sans savoir-faire cinématographique.

La devineresse
 : genre prêtresse vaudou avec des bougies partout. Jack Sparrow demande à celle qu’il a volée (un compas) où trouver la clé (dont il a le signe sur un parchemin) : la clé est à bord du Hollandais Volant et ouvre le coffre dans lequel le capitaine de ce vaisseau fantôme a, littéralement, caché son cœur arraché. La prêtresse est celle qui devine les signes, qui en devine la portée. C’est ainsi qu’elle en arrive à la conclusion que « la marque noire », présage d’une mort inéluctable, tache la main de Jack Sparrow. La prêtresse est aussi celle qui manie les signes : elle donne un bocal de terre à Sparrow. Elle seule semble savoir pourquoi car elle seule connaît l’enchaînement logique des signes qui composent le récit, cette bible des ailleurs.

Le capitaine du Hollandais Volant
 : Il a la face calamar, le capitaine, le cheveu orvet qui s’agite de sorte que de sa chevelure tentaculaire, il fait un dix fois quatre-mains pour improviser à l’orgue tandis que le navire fend les flots.

L’équipage du Hollandais Volant
 : Ni mort ni vivant puisqu’il demeure dans cette boîte de l’ailleurs dont chaque côté est animé de merveilleux. Tout incrusté de crustacés, l’équipage, mortel et immortel puisque les figures de fiction ne nous survivent que tant qu’il y aura des consciences pour les apprécier.

Le compas
 : C’est une boussole qui n’indique pas le Nord, mais « ce que l’on veut le plus au monde », c’est-à-dire, le lieu de l’être ailleurs. Dans la main de Jack Sparrow, la boussole est folle puisqu’il semble que Jack Sparrow n’existe que par aventure.

« mon âme, une éternité de servitude »
 : C’est ce que propose Will Turner au capitaine du Hollandais Volant dans une bataille de dés jetés. Une autre parole du Hollandais Volant, que je cite de mémoire : « C’est la vie qui est cruelle. Il n’y a donc aucune raison pour que l’au-delà ne le soit pas. » Le capitaine du Hollandais Volant s’identifie à son navire ; il en est la preuve et l’émanation ; il en est la mécanique et l’être. Le Hollandais Volant est coincé dans la synchronie des spectres ; il n’a plus accès à la diachronie, sauf à hanter la conscience critique qui seule donne un avenir aux créatures des gouffres fictionnels. Le Hollandais Volant dit aussi : « Sache que l’Océan, c’est moi ! ».

Elizabeth Swann
(interprétée par Keira Knightley) : C’est elle qui, sur le navire de l’honnête marin, joua les fantômes en agitant sa robe dans la nuit. Cette robe, découverte sans occupant, fut interprétée comme le signe d’une présence inquiétante qui effraya l’équipage. D’ailleurs, ce bateau de l’honnête marin fut englouti par le Kraken.

Spéculatif 
: Jack Sparrow est un pirate spéculatif. D’où parfois des discours alambiqués et des raisonnements tortueux : « Etudions cette affirmation » dit-il, ce que je cite de mémoire.
Le cinéma de fiction relève du spéculatif et non du spéculaire. Croire que le cinéma est un miroir de la société est peut-être vrai pour les classes moyennes en ce sens que la fiction ne reflète pas le social tel qu’il est, mais le social vu par la bonne volonté des classes moyennes. Ainsi, l’enseignement de la fiction dans les collèges et les lycées revient souvent à enseigner une certaine vision de la société. D’où cette erreur typique de l’humanisme bien-pensant que de croire que la massification de l’enseignement supérieur ne peut que profiter à l’ensemble de la société. Les chiffres du chômage des jeunes et la crise larvée des universités nous prouvent chaque mois la fausseté de cette croyance, l’éducabilité entrant souvent en conflit avec la structure temporelle propre à chaque individu.
Du reste, l’adaptabilité, comme le prouve Jack Sparrow, est une forme socialisée de la piraterie. Ce que la langue française exprime par l’expression du « savoir se débrouiller ».

Le cœur du récit
 : Le capitaine du Hollandais Volant n’est ni vivant ni mort car son cœur arraché vif est au monde des vivants. C’est même un enjeu, ce cœur… C’est donc lui, tout palpitant dans son coffre, qui donne du sens au récit, qui fait sens, qui est le sens même comme le Hollandais Volant est lui-même l’Océan.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 août 2009

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 07:13

TOURNONS AUTOUR DU FI-GUIER

Tournons autour du fi-guier
De Barbarie, de Barbarie
Tournons autour du fi-guier
Avant qu’le jour se soit levé.
(Pierre Leyris, traduction de The Hollow Men, in La Terre vaine et autres poèmes, Thomas Stearns Eliot, Points Seuil, p. 117).

« âme humide » : Ce qui arrive, tiens, par temps de pluie, ce qui arrive, oui, par temps de chien, que l’on ait « l’âme humide » ; c’est que ça contamine, le temps qu’il fait, ça vous répand des nappes de soleil, des ombres parmi la pluie, dans le reflet des trottoirs. Si cela vous arrive, de l’avoir, l’âme humide, prenez bien soin de la sécher, sinon vous finirez par cracher du Chopin (ou pire encore).
Citation :
“I am aware of the damp souls of housemaids^
  Sprouting despondently at area gates.”
(T.S. Eliot, Morning at the window, ibid., p.30)
« J’ai conscience que l’âme humide des servantes
   Perce languissamment aux entrées de service »
(Traduction : Pierre Leyris, p.31)

« vagues rousses » : Les sirènes à rousse chevelure, quand elles arrivent du large, leurs compagnies font les vagues rousses.
Ou alors, sinon, c’est le brouillard anglais, d’où surgissent, par morceaux, par bribes, des visages.
Citation :
“The brown waves of fog toss up to me
  Twisted faces from the bottom of the street”
(T.S. Eliot, Morning at the window)
« Les vagues rousses du brouillard lancent vers moi
   Du fin fond de la rue des visages distors »
(traduction : Pierre Leyris)

« hommes empaillés » : Ce sont les trompe-satan, les effraye-zoziaux, les showmen pour corbeaux ; ce sont les fantômes de chanteurs de complaintes de campagne anglaise, les spectres de vieux musiciens de blues, et le vent leur souffle dedans des refrains de loup hululant.
Citation :
“We are the hollow men
  We are the stuffed men”
(T.S. Eliot, The Hollow Men, ibid., p.110)
« Nous sommes les hommes creux
   Les hommes empaillés »
(Traduction : Pierre Leyris, p.111)¨

« Les yeux que je n’ose pas rencontrer dans les rêves » : Je me demande si dans nos rêves, ils arrive que nous regardions quelqu’un dans les yeux. Il me semble n’avoir jamais rêvé d’yeux autrement que peints.
Citation :
“Eyes I dare not meet in dreams
  In death’s dream kingdom
  These do not appear”
(T.S. Eliot, The Hollow Men, ibid., p.112)
« Les yeux que je n’ose pas rencontrer dans les rêves
   Au royaume du rêve de la mort
   Eux, n’apparaissent pas »
(Traduction : Pierre Leyris)
Remarque : In death’s dream kingdom, cela ferait un excellent titre pour un morceau du très hard-rockeux groupe Iron Maiden, dont j’apprécie fort les danses spectrales et tout à fait baroques.

Danse
 : Mouvement spectaculaire et rythmique du corps humain en proie à l’irrépressible du vif. L’organisation des gestes dansés s’appelle « chorégraphie » et s’oppose par définition au grotesque macabre des spasmes de la mort violente, lesquels peuvent être mimés par des danseurs de compagnies de danse contemporaine dans des spectacles que je ne vais jamais voir, car je ne goûte guère la spectacularisation avant-gardiste, rapport à ce que je préfère rester chez moi, à écouter d'anciennes galettes de John Lee Hooker en composant des phrases que je voudrais aussi efficaces que des riffs de guitare.
Citation :
“Here we go round the prickly pear
  Prickly pear prickly pear
  Hear we go round the prickly pear
  At five o’clock in the morning”
(T.S. Eliot, The Hollow Men, ibid., p.116)
Ce qui est épatant.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er août 2009

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:49

VENDREDI

VENDREDI_encre_sur_papier_juillet_2009_auteur_Patrice_Houzeau_Hondeghem
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2009

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 02:20

SOTTISES

L’araignée Ilya
A une fonction ontologique :
Sa piqûre vous rappelle que vous êtes.

Un tuba enflammé
Signale que pour en jouer
il faut être absolument ignifugé.

La lune cymbale
Vibre si secrètement
Qu’on ne l’entend pas.

Le fauteuil hanté
Me pose un problème :
Je ne peux m’y asseoir ;
Il est déjà occupé.

Une douleur fantôme
Hante le corps
Voilà donc ce qu’est le Diable.

Quand un roman est trop long
Je le donne à mon mange-romans
Ce qui le contente ; je le vois à sa queue qui remue.

La gitane de mon paquet de gitanes
S’est mise à tousser
Puis a fichu le camp du paquet.

Le fantôme de l’Opéra
Est forcément mélomane
Ou alors sourd comme un pot.

Un lourd secret
Est si lourd à porter
Qu’il vaut mieux le laisser tomber.

Un virus féroce
Est véloce et galopant ;
D’ailleurs, il donne des fièvres de cheval.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2009

 

 

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 08:18

DES ALEAS A BARBARELLA

Aléas
 : êtres de l’ailleurs qui organisent le réel de manière à donner l’illusion du hasard. Les aléas sont les nécessités du hasard.

« La Grande Oreille »
 : Dans les aventures de la si sexy Barbarella, celle-là que nous devons à Jean-Claude Forest, la Grande Oreille, « c’est une espèce de super radio-télescope. Elle seule perçoit la rumeur venue des mondes obscurs. » (Les colères du mange-minutes, Dargaud, collection 16/22, 1980, p.19). La rumeur des mondes. Cela fait songer, qui rappelle ce « bruit cosmique » dont on nous cause parfois dans le poste, cette « autre rumeur » que celle que le monde, - notre monde à nous -, nous impose chaque jour, la mondialisation économique induisant la mondialisation des problèmes de telle sorte que ce n’est plus seulement par un vague sentiment de morale humaniste que je suis lié au sort des plus pauvres de l’autre bout de la terre, mais économiquement, le libéralisme économique me mettant littéralement le nez dans les sales affaires de la planète, démasquant soudain le formalisme scolaire de l’offre de la loi et de la demande pour m’en montrer les coulisses :  ateliers clandestins, salaires misérables, trafics d’êtres humains, etc…

Hypothèse
 : Si nous existons parallèlement à d’autres univers (question : finissent-ils par se confondre du fait de la courbure de l’espace ?), de ces autres temps, de ces autres espaces, pourquoi ne nous en parviendrait-il pas quelque rumeur ? Peut-être que certains sons, certaines musiques illustrent-ils ces mondes que révèle le signe, qu’esquisse le trait ?

Images
 : Représentations et donc lieux d’êtres imaginaires. Les images signalent. Nous y contemplons les reflets du pur ailleurs. La langue le dit : l’humain se représente. Il évoque ainsi d’autres mondes dont l’hypothèse le console de celui-ci. Un « autre monde », c’était aussi le rêve des utopies sociales du XXème siècle. On n’est jamais totalement incrédule. On finit toujours par croire à cet autre monde que certains font profession de nous vendre : le Paradis, le communisme, l’argent facile, l’entreprise ou la fonction publique, et puis on finit par comprendre que tous les meilleurs des mondes sont bâtis sur le malheur des humbles. Du coup, on se hisse le drapeau noir, là, du côté du cœur et on se recommande de n’appartenir jamais à personne.
Remarque : Dans la Barbarella de Jean-Claude Forest, une fillette brune :
« - Barbarella, la fillette s’est réveillée. Elle s’appelle Lio, elle réclame son sac et ses images ! »
(…)
« - Je suis drôlement fatiguée…Où sont mes images et mon sac ? »
« Sans mes images, je meurs,… » (Jean-Claude Forest, Les colères du mange-minutes, p.34)

Fictions 
: Les fictions sont des diachronies qui ont pour objet l’organisation des aléas. Croire en l’organisation romanesque, c’est penser que l’humain peut maîtriser ce roman du monde dont il est le scribe incessant. Il y aura bien sûr un point final à cette suite de points qui terminent chaque existence, et tout retournera à l’indéfini de la matière qui ne souffre ni ne rêve.

« Vous connaissez ces gens-là ? » demande pince-sans-rire Barbarella à son amant potentiel de la page 52 des Colères du mange-minutes (« - On veut nous séparer et je ne sais même pas votre nom… Le mien est Barbarella ! » « - Je m’appelle L’Orticario ») au moment où des étranges venus de derrière le miroir sans tain du papier irruptionnent en s’exprimant drôle et avec des intentions qu’ont pas l’air bienveillantes, - sinon, ils auraient frappé avant d’entrer. « Vous connaissez ces gens-là ? » : plaisante manière de rappeler que le réel est plein de « ces gens-là » avec dedans leur carafon des idées pas forcément très nettes, des passés moisis, des placards hantés, des étrangetés glauques qui font qu’ils ont l’air d’être complètement autres, les autres, soudain, pas fréquentables, étrangers à  ce monde qu’ils partagent avec nous, moins humains que notre chien ; c’est qu’il fictionne macabre, l’humain, la mort de l’autre toujours, c’est là sa grande affaire.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 juillet 2009  

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 10:29

TIME IS ROBOT

Spéculation
 : On entend partout que la crise que nous traversons, - et qui n’est peut-être qu’un épisode dans une crise plus longue qui aurait commencé avec les fameux chocs pétroliers de 1973 et de 1979 – est due à l’inconscience des spéculateurs et des banques qui ont spéculé sur des constructions qui ne seraient jamais payées. On sait aussi que le sort de nombreuses entreprises dépend de ces fameux conseils d’administration pour lesquels la confiance des actionnaires n’a pas de prix et qui sont tout prêts à sacrifier quelques milliers d’emplois si cela doit leur rapporter quelque chose. Je ferai remarquer qu’il n’y a peut-être pas si crise que ça et que les perturbations traversées n’indiquent peut-être que le retour à une situation normale du capitalisme : l’enrichissement par la gestion du manque. Auquel cas, l’emploi devient lui-même une marchandise et pour qu’il puisse rapporter, il est donc nécessaire que l’offre soit inférieure à la demande. J’ajoute que spéculer n’est pas autre chose que jouer sur les probabilités : il est donc assez fascinant de constater que l’espèce humaine a investi tant de son génie à créer des outils de production si performants qu’il semble que la planète entière soit occupée à produire tout le temps et à toute vitesse, de telle sorte que quelque chose puisse manquer paraît presque étrange, et que, cependant que nous créons sans cesse de la richesse, certains d’entre nous utilisent les profits dégagés pour les « jouer en bourse ». Cela ressemble tellement à un acte manqué que l’on peut douter réellement de la volonté de l’espèce à rendre le monde meilleur.

Temps
 : S’il y a identité de l’être et du temps, alors ce n’est pas à Rome que devrait être le pape, mais en Suisse. D’ailleurs, le dogme suprême de l’Eglise devrait être « Time is Money » et, au lieu de dire « Croissez et multipliez », il devrait plutôt être dit : « Enrichissez-vous ! ». Les ministres de Dieu (le grand Argentier de l’Univers) devraient être recrutés parmi les horlogers et tous les mécaniciens du Temps, et ils seront béatifiés, les Saints Hommes et les Saintes Femmes qui travailleront à trouver de nouveaux outils de mesure de ce Temps que l’Être de l’au-delà du temps, l’Être métatemporel, nous donne parce que nous sommes là.

Robots
 : Si le temps des humains est subjectif, celui des robots est pur objet de dénombrement. Le temps des humains se noue dans la mémoire en nœuds du souvenir des événements, des repères, des impressions, des réminiscences, des reconstructions du passé, et l’humain étant l’historien de sa propre généalogie, le temps lui semble une suite de synchronies que la diachronie rattrape toujours (de là lui vient l’illusion d’une nature cyclique du temps) ; celui des robots est séquentiel, purement diachronique, purement objectif, sans autres repères que ceux voulus par les humains, sans impressions, sans réminiscences ; il peut être restauré, il ne revient jamais ; il n’est pas cyclique non plus, les robots finissent par « mourir », il est pure syntagmatisation du réel. Autrement dit, les robots, eux, sont toujours à l’heure…

Fonction 
: Il n’est pas juste de penser que les fonctionnaires ne produisent que du papier administratif. Ils produisent aussi de la fonction. Ainsi, par l’effet de leur zèle à prévenir le réel, la nation devient peu à peu, loi après loi, règlement après règlement, décret après décret, un vaste champ d’analyse administrative qu’exploite une théorie d’experts tous dûment diplômés, assermentés, agréés et rétribués pour avec l’infinie patience des contribuables.

Pression
 : Exercice d’une négativité sur une positivité de telle sorte que positivité et négativité finissent par s’annuler dans une contre-performance. En politique, une opposition qui aurait un poids égal à celui du gouvernement finirait par paralyser le pays.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 juillet 2009

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 04:04

DU NOM DE L’ÊTRE : DE L’ÊTRE A ÊTRE

Il n’y a pas d’être sans conscience de l’être. La langue française exprime cette simultanéité de la conscience d’être et de la conscience qu’il y a de l’être.
Ainsi, affirmer « cogito ergo sum » (je pense donc je suis), c’est affirmer que je suis et qu’il y a de l’être qui me permet de penser que je suis. On pourra appeler cet être « Dieu » ; on pourra aussi l’appeler « Logos », ou « Verbe ».
De là vient que la langue donne sa durée à l’être ; de là vient que la langue donne son nom à l’être puisqu’il est que je l’ai apprise, et que ma langue préexistant à mon existence, elle me permet de saisir l’autre comme conscience réflexive qui, tout comme moi, utilise une langue qui lui permet de penser qu’il est.
Ainsi, il y a bien arbitraire du signe (c’est une pure convention que d’appeler « euro » la pièce que je tiens dans la main) mais il y a, préexistant à cette convention, le fait de nommer qui induit qu’il y a bien de l’être à nommer, cela que nous nommons, que nous ne pouvons pas faire autrement que de nommer. Ainsi, la suppression de tous les signes ne fera pas disparaître le référent mais le rendra à l’indéterminé de la matière, ce que justement nous nommons « être », c’est-à-dire ce qui reste.
Ceci dit, ce que nous appelons humanité, inscription d’un provisoire (une temporalité) dans un infini (la durée), n’est peut-être qu’un programme utilisant un code prédéterminé et réflexif.
Le fait que les langues puissent évoluer, se transformer, s’enrichir (ou s’appauvrir) sans pour cela strictement obéir aux strictes lois des évolutions phonétiques semble indiquer qu’elles ne peuvent être considérées comme des codes (si complexes et évolutifs soient-ils) mais comme les générateurs de leur propre durée. Ainsi, être revient à syntagmatiser l’ensemble ouvert des paradigmes, à multiplier les focalisations (par exemple, à prendre le point de vue de l’autre, à devenir ce que l’on appelle « l’avocat du diable »), à être son propre implicite, c’est-à-dire être ce que sans cesse révèle la métaphore, être à être.

Hypothèse 
: Le robot qui pourra énoncer « je suis » en déduira logiquement qu’il y a de l’être. Le robot qui pourra énoncer « je suis mortel » en déduira logiquement qu’il y a de l’être préexistant. Ce qui fait du robot une machine métaphysique et où l’on voit que la morale est une affaire spécifiquement humaine. La question serait donc : Pourquoi il y a-t-il de l’être moral plutôt que cette amoralité de tout ce qui n’est pas humain ?

Remarque
 : c’est ainsi que dans le célèbre 2001, Odyssée de l’Espace (1968) de Stanley Kubrick, reconnaître à la machine ordinatrice des qualités telles que la loyauté et le franc-parler fait d’elle un être moral et donc l’inscrit dans le champ des possibles humains tels que la traîtrise et la dissimulation. Ridley Scott dans Blade Runner (1982) fera des androïdes réflexifs, si apparemment semblables aux humains qu'ils ne sont pas tous conscients d'être des machines, des êtres capables non pas seulement d'objectiver leur désir (ce dont est aussi capable la plus épaisse des brutes humaines) mais de reconnaître l'autre en tant que désir jaloux, cet être à être, qui caractérise l'humain.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 juillet 2009

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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