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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 17:32

LE VENT FAISAIT CE BRUIT

1.
« Je les entends, fuyons. Le vent faisait ce bruit. »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 7, v.863 [Matamore])

2.
« De même aussi, quoiqu'il y ait des espaces dans lesquels je ne trouve rien qui excite et meuve mes sens, je ne dois pas conclure pour cela que ces espaces ne contiennent en eux aucun corps »
(Descartes, « Méditations métaphysiques », méditation sixième, GF 328, p.197)

3.
Nous n'y voyons rien car nous ne sommes pas outillés pour y voir quelque chose ; du coup, nous broutons savamment.

4.
« L'idée à laquelle la philosophie doit aboutir, c'est que le monde réel est tel qu'il doit être »
(Hegel, « La Raison dans l'histoire » traduit par Papaioannou)

« le monde réel est tel qu'il doit être », c'est à dire jamais tel qu'il le devrait.

5.
« que les progrès de cette perfectibilité, désormais indépendante de toute puissance qui voudrait les arrêter, n'ont d'autre terme que la durée du globe où la nature nous a jetés. »
(Condorcet, « Esquisse d'un tableau historique du progrès de l'esprit humain »)

Et il est donc que nous ne sommes pas sortis de l'auberge…

6.
Un futur dont nous saurions déjà tout, c'est une espèce de passé, non ?

7.
Réforme des collèges 2016 : L'éducation nationale y perd son latin ; il faudrait être grec pour y comprendre quelque chose.

8.
« une matière anonyme qui se trouve chez tous les hommes et dans toutes les sociétés »
(Nathalie Sarraute, « L'ère du soupçon »)

« anonyme » est le mot.

9.
« l'homo absurdus, habitant sans vie d'un siècle dont le prophète est Kafka »
(Roger Grenier cité par Nathalie Sarraute in « L'ère du soupçon »)

10.
Une bibliothèque est un cimetière plein d'âmes qui ne sont jamais que des ombres dansantes dans les têtes des lecteurs.

11.
Les personnages des romans sont par définition des étants inexistants ; ils disparaîtront avec la langue qui les agite.

12.
« Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres »
(Evangile selon Saint Luc, 3, « Le temps du désert »)

13.
Sans latin, ni grec, ni hébreu, ce sont les racines judéo-chrétiennes de toute notre littérature que nous coupons.

14.
« La vue a perçu, disons-nous, la grandeur et la petitesse non point séparées, mais confondues ensemble, n'est-ce pas ? »
(Platon, « La République », VII, traduit par Robert Baccou, GF n°90, p.283)

« La grandeur et la petitesse confondues ensemble » [Platon] : Voilà l'homme, et tous ses infinis.

15.
« ce pré fait de la répétition d'une seule plante toujours plus haute »
(André Breton, « L'amour fou », folio n°723, p.119)

16.
Je vois la littérature comme un merveilleux vitrail dont les éclats s'éparpillent dans l'infini des pages.

17.
« Et les trottoirs bifurquaient inexplicablement tour à tour, selon un itinéraire aussi capricieux que possible. »
(André Breton, « L'amour fou », folio n°723, p.65)

18.
Dira-t-on de nous que nous étions de ces êtres où « le vent faisait ce bruit » ?

19.
Relevée sur le net à propos d'un certain pédagogisme de la sociabilité un petit peu forcée, cette excellente expression : « la pédagogie Nutella », avec son huile de palme académique, évidemment.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 mai 2015

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 11:07

LA REFORME DES COLLEGES SERA APPLIQUEE ET ECHOUERA

Au fond, on a peut-être tort de vouloir l'abrogation de la réforme des collèges décidée par Najat Vallaud-Belkacem. Si j'en crois ce que l'on dit un peu partout, cette réforme aurait pour inspiration le modèle du collège Clisthène de Bordeaux, qui, paraît-il, serait une sorte de paradis pédagogique tant élèves et enseignants y nageraient dans le bonheur de donner et de recevoir connaissances et petits-déjeuners (avec ou sans Nutella).

Soit.

Mais je m'interroge :

Ce qui semble possible dans l'une des plus riches villes de France le serait-il à Dunkerque ? A Maubeuge ? Et dans toutes ces zones d'un peu partout où la loi ne relève plus guère de l'autorité de l’État, mais du droit du plus fort à pourrir la vie du plus faible, ce serait possible, un paradis pareil ?

Du coup, je ne peux m'empêcher de me poser la question de l'origine sociale des élèves de Clisthène. Est-ce que les élèves des milieux défavorisés (on s'habitue à tous les euphémismes, disons les enfants des familles pauvres et les enfants sans famille, et ce sera plus honnête) y réussissent mieux qu'ailleurs ? N'est-ce pas toujours et encore les bons élèves, ceux qui s'adaptent le mieux au discours pédagogique en cours (sans jeu de mot), qui y sont le plus à l'aise comme ils seraient tout aussi à l'aise dans un établissement de type classique ?

Et puis que fait-on des irréductibles au collège Clisthène ? Que fait-on de ceux qui, comme moi-même lorsque j'étais élève, refusent par principe de suivre le mouvement, de marcher dans la combine, ceux qui préfèrent les Stones, les Monty Python et San-Antonio au pipeau de la bonne conscience et de l'atelier théâtre, ceux qui ne veulent pas donner du riz à pourrir dans des hangars du bout du monde, pas sourire béatement à la parole très citoyenne de l'enseignant, pas plus que d'écrire un tract en espagnol à l'intention d'un cultivateur kenyan dont les préoccupations sont peut-être assez éloignées du vague à l'âme environnemental d'un professeur de géographie (du reste, excusez-moi, mais si rédiger un tract en espagnol me semble en effet relever de l'enseignement de l'espagnol, je me demande si adresser ce dit tract à un cultivateur kenyan pour lui expliquer les bienfaits du développement durable relève vraiment de la géographie… Je dis ça parce qu'il paraît que ce genre de curiosités interdisciplinaires, on m'a dit que ça se faisait dans les établissements innovants que semble affectionner notre ministre de l'éducation nationale).

En outre, que donne l'analyse du « suivi de cohorte » (vilaine expression pour désigner l'ensemble des parcours individuels après le collège) ? Que deviennent ces heureux élèves au lycée ? et surtout après le lycée ? et surtout professionnellement ? Car, au risque de me répéter, il me semble que toute réussite pédagogique se mesure à l'aune des chiffres du chômage, et non en fonction du nombre de publications dans « Les Cahiers pédagogiques » et autres revues de science-fiction plus ou moins subventionnées.

Oui, on a peut-être tort de vouloir que Najat Vallaud-Belkacem renonce à ses illusions. La réforme sera mise en œuvre. Elle échouera, et je pense assez lamentablement, alors cet échec sonnera sans doute le glas de bien des expérimentations pédagogistes. Il restera à en finir avec l'hypocrisie du collège unique, à rétablir le latin, le grec et l'allemand dans leur bon droit à être enseignés dignement – et non pas à la sauvette, entre deux tracts rédigés en finnois à l'intention de pêcheurs nippons afin qu'ils comprennent que c'est très vilain, et pas du tout environnementalement durable, de tuer les baleines comme ils le font que c'en est tout affreux bouh pas gentil – et nos élèves retrouveront le chemin de l'atelier, la beauté de l'alexandrin classique, la finesse de l'algèbre et l'exigence des examens terminaux, ça va de soi, car entre-temps, je ne doute pas que l'imposture des CCF (Contrôles en Cours de Formation) aura éclaté et peut-être bien mis fin à la carrière ministérielle de cette « grande ministre de l'éducation », comme l'a récemment proclamé Manuel Valls, qui, comme chacun sait, ne peut lui-même être qu'un grand premier ministre.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 mai 2015.

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 10:23

A CLAUDE LELIEVRE HISTORIEN

Le 4 mai 2015, sur l'amusant site « Le Café pédagogique », l'historien de l'éducation Claude Lelièvre, s'en prenant lui aussi aux « pseudo-intellectuels » qui, selon lui, caricatureraient les effets de la réforme des collèges 2015, croit bon de citer une tribune du Monde du 21 octobre 1980 dans laquelle René Haby (celui qui, sans savoir ce qu'il était réellement en train de faire, en décrétant le collège unique, a ouvert la porte aux 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat et donc à toutes les réformes, réformettes, circulaires plus ou moins bien inspirées censées  régler les problèmes que collège unique et 80 % ont engendrés) dans laquelle René Haby donc répond aux détracteurs du collège unique; citation :

« Le mot ''illettré'' est partout. Et l'on évoque sans rire je ne sais quelle sombre ''entreprise politique de lavage de cerveau'' d'où la jeunesse sortira ''défrancisée et abrutie''.
(René Haby, « Aux lettrés d'aujourd'hui », Le Monde du 21 octobre 1980, cité par Claude Lelièvre in « Il faut dénoncer les polémiques assassines », "Le Café pédagogique")

Eh bien, mon cher monsieur Lelièvre, nous sommes en 2015, et presque chaque mois, nous apprenons par la presse, ou par le gouvernement lui-même, qu'ils sont tout de même assez nombreux, les candidats au jihad, qu'ils sont tout de même assez nombreux, les jeunes Français qui ont rejoint les rangs de daech, qu'ils sont tout de même assez nombreux, ceux qui en sont morts.
Je ne suis certainement pas le seul à penser que si tant de jeunes gens ne se sentent plus chez eux en France, que si tant de jeunes gens se fanatisent, perdent tout sens critique et, effectivement défrancisés et abrutis, en viennent à prendre les armes pour aller assassiner dessinateurs, journalistes, policiers et clients d'un magasin casher, c'est sans doute que votre merveilleux collège unique, votre formidable socle commun, et toutes vos expérimentations socialo-pédagogiques ont échoué, lamentablement et tragiquement échoué à intégrer ces jeunes gens, c'est-à-dire à les aider, dès le collège, à choisir une formation qui puisse déboucher sur l'exercice réel d'un métier plutôt que de les laisser errer des années durant d'années de collège unique en diplômes plus ou moins dévalorisés, bouts de papier, monnaie de singe, dont personne n'est vraiment dupe et qui ne servent guère qu'à gonfler les statistiques des ministères, les effectifs de l'enseignement supérieur, et l'autosatisfaction des pseudos-scientifiques de l'éducation.

Patrice Houzeau
Hondeghem,  le 31 mai 2015

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 23:04

L'ECOLE N'EST PAS UN CHAMP D'EXPERIMENTATION SOCIALE

Pour les pédagogistes, les élèves semblent surtout exister en tant qu'entités sociologiques. Ils oublient, ou feignent d'oublier, qu'une classe n'est pas la même le lundi à 8 heures et le jeudi à 16 heures 30, qu'elle n'est pas la même après deux heures d'éducation physique ou après un devoir surveillé de mathématiques, qu'elle n'est pas la même devant un enseignant autoritaire et devant un enseignant accommodant, et qu'elle varie, cette classe, en fonction de la période de l'année, du temps qu'il fait, des plus ou moins grands événements du quartier, de l'établissement, et de ce qui peut se passer de tragique, de contrariant, d'ennuyeux, ou même de drôle, dans chacune des existences qui constituent cette petite société réunie à heures fixes, pour plus ou moins attendre que ça se passe en apprenant à vivre avec ces autres là, que la vie dispersera on ne sait où. A ces considérations bassement matérielles, ils préfèrent les grandes visions d'élèves rendus assoiffés de savoir par des professeurs qui, appliquant à la lettre l'évangile selon saint Meirieu, réagiront tous de la même manière - et d'ailleurs de la seule réellement appropriée n'est-ce pas ? - à des situations parfaitement modélisées et prévues depuis longtemps par les sciences dites de l'éducation. C'est ainsi que d'un lieu où règne surtout le pragmatisme et où l’adaptabilité des enseignants est régulièrement mise à l'épreuve, les pédagogistes ont voulu faire un champ d'expérimentation sociale, « pour changer la société » disaient-ils naguère, ce qui en dit long sur les véritables racines de ce mouvement qui, de réforme en réforme, - la dernière en date prévoyant de faire de l'enseignement du latin une activité plus ou moins ludique, voire folklorique, voire anecdotique, voire fantomatique -, a fini par faire de l'école un enjeu politique et non plus un lieu d'instruction et de formation au service non d'une pensée commune (l'illusion d'une communauté de citoyens bienveillants), mais au service de l'intérêt général qui veut que chacun, quels que soient ses origines, ses croyances, ses opinions, son caractère et sa façon d'être, puisse se former à un métier qui correspond à ses capacités et, si possible, à ses goûts.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 mai 2015

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 14:53

SI J'ETAIS L'ENSEIGNEMENT PRIVÉ

Si j'étais l'enseignement privé, je me méfierais d'une réforme qui prétend limiter fortement l'apprentissage réel du latin, du grec et de l'allemand. En effet, afin d'attirer de nouveaux élèves, il ne manquera sans doute pas d'établissements privés pour améliorer leur attractivité en engageant des professeurs d'allemand, de latin et de grec. D'ici quelques années, lorsque les humanités auront presque disparu des établissements publics (où elles seront remplacées par une médiocre pédagogie du projet et quelques autres fariboles pédagogico-ludiques, dont le but sera de désennuyer les petits et les grands, puisqu'il paraît que l'école doit instruire en amusant), quelque ministère de gauche aura beau jeu alors de déclarer qu'il n'est pas normal qu'il y ait deux éducations si différentes dans un même pays, et qu'en conséquence, afin d'en faire bénéficier le plus grand nombre, il serait nécessaire d'intégrer les talents des établissements privés dans le génie d'un service public unifié. C'est ainsi que je vois la messe et comment elle sera dite.

Ou alors, c'est le contraire : l’État, soucieux d'économies, se débrouillerait pour transférer une bonne partie de l'éducation nationale dans le secteur privé et, à plus ou moins long terme, ne garderait plus dans son giron public que les établissements de gestion des difficultés sociales, dans lesquels, il est vrai, il n'est nul besoin d'étudier le latin, le grec et l'allemand. J'ajoute que je ne crois guère en cette seconde hypothèse, même si nous savons tous qu'en matière de machiavélisme et de coup tordu, l’État a depuis longtemps largement fait ses preuves.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 mai 2015.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 11:33

MAIS LUI VOULANT MONTRER QU'IL ETAIT UN HOMME JUSTE

1.
« Le temps qui émousse toutes choses, le temps qui travaille à l'usure du chagrin comme il travaille à l'érosion des montagnes »
(Vladimir Jankélévitch, « L'imprescriptible. Pardonner ? Dans l'honneur et la dignité »)

2.
Étrange royauté du temps qui finit par abolir et ne ravive pourtant qu'en passant par la conscience.

3.
Le temps transforme ce qui ne se perdra qu'à son abolition.

4.
« De quel droit, puisqu'on ne peut, par principe, répondre à la question : « A quoi bon ? »
(Marcel Conche, « Le Fondement de la morale », PUF, 1999)

5.
« L'à quoi bon » désarme ce que décide « le quoi qu'il en soit ».

6.
« L'à quoi bon » suppose un référent insuffisant par nature, ou que l'humanité soit elle-même insuffisante, et que les efforts de quelques-uns ne suffiront jamais à compenser la brutalité naturelle des choses. Il y faut un Christ. Encore cela ne sert-il parfois qu'à alimenter cette soif de vengeance, cette faim de corps martyrisés qui parcourt l'Histoire comme un poison qui alimenterait un arbre.

7.
« Comme en un conte de fées, la petite fille, âgée de cinq ans, de Marcelino de Santuola, découvrit, en 1879, dans la grotte d'Altamira, près de Santander, de merveilleuses fresques polychromes. »
(Georges Bataille, « Le passage de l'animal à l'homme et la naissance de l'art »)

8.
Le réel est plein d'agonies ; il remue dans la mort, il grouille, il serpente et se tord.

9.
Un humoriste est quelqu'un qui résiste à la tentation de figer son sourire et de laisser sa colère foudroyer le réel.

10.
Je crois plus en l'être de Dieu qu'en son existence. C'est en cela que je suis catholique.

11.
Croire en l'être de Dieu est une question de bonne foi, et donc de mauvaise foi est la croyance en son existence.

12.
On ne peut jamais donner le nom de dieu qu'au principe causal de toute chose, encore faudrait-il qu'il y ait cause en soi.

13.
L'Histoire est le nom que l'humain donne à la chronologie de l'absurde.

14.
« Quel grand mystère ! » s'écria-t-il en songeant qu'il avait invoqué le démon et que c'était le facteur qui venait de passer.

15.
« Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus :
« Et qui donc est mon prochain ? »
(Evangile selon Saint Luc, 10, « Parabole du bon Samaritain »)

16.
S'il y a un au-delà, il ne peut être qu'un au-delà du temps. Autrement dit, peut-on persister dans un temps radicalement autre, un temps plus indicible encore que celui avec lequel nous composons ?

17.
« Car rien, au premier abord qui est celui de la lecture, ne vient fonder la juxtaposition de ces feuilles, de cette eau, de ce jardinier ou de cette pomme »
(Jean-Pierre Richard, « Onze études sur la poésie moderne », Points Seuil n°131, p.194)

18.
« Quand on scie un arbre, j'ai mal à la jambe » : déclaration ridicule d'un homme de paille (à moins qu'elle fût de Pinocchio dans un moment d'empathie profonde).
- Et quand on coupe un chêne, avez-vous mal au gland ? me souffle mon mauvais esprit.

19.
« Je peux la pousser à bout » complota-t-il, croyant agacer la porte en la faisant grincer tant et plus qu'il en finit scié des oreilles.

20.
« comme un œil entrouvert, (…), le cœur de l'être ? » interroge Jean-Pierre Richard. Le « cœur de l'être », ou peut-être l’œil de la bête...

21.
« Dira-t-on que cet horizon y aboutit pourtant à quelque chose, à ce point central et terminal où brille, comme un œil entrouvert, le « noyau de braise », le cœur de l'être ? »
(Jean-Pierre Richard, « Onze études sur la poésie moderne », Points Seuil n°131, p.228)

22.
A la remarque que je fis qu'une bibliothèque ne peut rien contre une division de panzers, X me manifesta sa désapprobation en m'affirmant que les nazis n'étaient jamais qu'une bande de voyous incultes. Croit-il vraiment que Guderian, Rommel, Goering, Goebbels and gang company étaient de parfaits crétins ? Il faut une grande intelligence du désastre et une grande connaissance de l'ignoble pour mener si consciencieusement un pays à sa perte et semer tant de graines de poison. Ce qui vaut pour les nazis de jadis vaut pour les néo-nazis actuels et ceux de Daech. Il ne faut jamais sous-estimer la malignité de l'ennemi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 mai 2015

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 14:45

DE L'ACTUELLE NECESSITE DU SCAPHANDRE

1.
Le faire est toujours en vue d'un but que j'ignore ; de là toutes les thèses complotistes.

2.
Commencer, c'est s'inscrire dans le non-fait ; c'est justifier la faisabilité de l'à-faire, jusqu'à tenter le diable de tous les possibles.

3.
L'utilisation du drone dans la guerre introduit la foudre du sort jeté ; le lointain frappe le lointain.

4.
Sans doute que ça ferait du dégât ça, une centaine de petits drones mitrailleurs lancés dans un espace occupé par l'ennemi.

5.
La modernité de l'humain. Bah ! Il se massacre toujours autant, mais avec le recours de la haute technologie et des intelligences les plus vives s'il vous plaît.

6.
Début des années 90 : vague d'OVNIS en Belgique : incroyable expérience de l'OTAN. Que vont-ils croire, les gens ? Que ces aéronefs relèvent du génie aéronautique américain ou qu'ils viennent d'un autre monde ? C'est apparemment l'absurde qui l'a emporté… Il est vrai que l'OTAN y a mis le paquet : témoignages de gendarmes, de pilotes, d'un colonel - et même d'un général - comme quoi zavaient jamais vu un impossible pareil, des appareils volant si vite que c'en est pas humain. Vous vous étonnez que ces gens aient accepté de raconter d'intergalactiques fariboles à la population ? Mais ce n'est rien, voyons, à côté des mensonges que d'autres ont dû faire pour justifier des assassinats, des raisons d’État, des massacres...

7.
La politique permet au sujet de s'affranchir des lois prétendument divines aussi bien que du droit dit naturel. Faire de la politique, c'est d'abord rentrer en rébellion contre le dogme.

8.
« et c'est avec effarement qu'ils constatent que la pente du volcan est entièrement couverte de gigantesques statues aux yeux phosphorescents !...»
(E.P. Jacobs, « Le rayon « U », pl.35)

L'a sans doute pas fait exprès, ce « an » qui court la phrase genre élan dans la plaine.

9.
« Enfin, contre ceux qui voudraient limiter les mortels que nous sommes à l'horizon des choses humaines... »
(Saint Thomas d'Aquin, « Somme contre les Gentils » (1255-1264) I,5, trad. Chenu, Seuil, 1959)

« Les mortels que nous sommes »… « l'horizon des choses humaines »… nous glissons dessus, pente, bascule à bipèdes, vers le grand plouf sans flotte, vers le trou dont les bords ne sont qu'aux vivants.

10.
Apparemment, et astucieusement, l'enseignement privé a décidé de soutenir la réforme des collèges version 2015 ; Philippe Meirieu doit se gratter la tête.

11.

« Je n'en finirais pas de me revoir dans ce passé. Mais toujours seul ; sans famille ; même quelle langue parlais-je ? »
(Rimbaud, « Mauvais sang »)

Les yeux dans c'qui n'est plus… c'est plein d'plus rien, d'ombres vivaces, de chairs, de masques… on n'comprend même plus ce qu'on a réellement dit.

12.
Les gens que nous voyons en songe n'existent pas, quand bien même en reconnaissons-nous les contours jusqu'à leur donner un nom.

13.
Ecrire, c'est collectionner des phrases, ces flèches qui de tous les côtés transpercent le réel.

14.
Parfois, j'ai pus l'goût d'écrire ; j'me fantôme un temps.

15.
« Je suis un homme lâche : je ne lui donnai pas mon adresse pour m'éviter l'angoisse d'attendre des lettres. » (Borges, « Le Congrès », trad. Françoise Rosset)

Peur de son cœur… donne jamais son adresse… l'attente l'inquiète…

16.
« Les reptiles tordus au front, les yeux ardents,
L'aboyeuse Gorgô vole et grince des dents »
(Leconte de Lisle, « Le combat homérique »)

Et comme ferait quelque guignol : gueguegueuGUEgue.

17.
Et dire qu'on finit par tomber dans l'infini, l'infini là des étants qu'on oublie.

18.
Tu t'en vas bye bye sob sob
Et moi je vais solo saoulot
Plein de liquide et de verres vides.

19.
Si la lune fume, ça doit être des « Lucky Stars » ou des « Mélancholia ».

20.
« La musique souvent me prend comme une mer ! »
(Baudelaire, « La Musique »)

21.
Comme la musique souvent le prenait comme une mer, il s'acheta un scaphandre.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2015

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:02

PHILIPPE MERIEU DECOUVRE LE COLLEGE

Je lis ceci dans une des nombreuses chroniques et textes divers dont l'illustre Philippe Meirieu ne cesse d'abreuver les médias (ah c'est qu'il est productif, le bougre!) et évidemment, à cette lecture, évidemment, fatalement, les bras m'en tombent, je cite :

« Les élèves qui entrent au collège peinent à avoir une représentation de l’institution qui les accueille, de ses principes et de ses exigences ; ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps, ne sont que rarement accompagnés et suivis de manière globale ; leur scolarité est éclatée, faite de segments désarticulés dont seuls quelques-uns – et surtout quelques-unes – parviennent à reconstituer l’unité. C’est pourquoi la mise en place d’un accompagnement pédagogique est indispensable à condition qu’elle se fasse dans un cadre stabilisé, avec des interlocuteurs identifiés et des outils appropriés. »
(Phillipe Meirieu : « Instituer » le collège et lui donner une véritable identité : il est grand temps ! » www.cafepedagogique.net )

Je commente avec ma mauvaise foi habituelle :
« Les élèves qui entrent au collège peinent à avoir une représentation de l’institution qui les accueille, de ses principes et de ses exigences » :
- Bin oui, ils arrivent de primaire, les bouts d'chou, comment voulez-vous qu'ils comprennent tout de suite ce que c'est qu'un collège ? Faut leur laisser le temps. En général, au bout d'un trimestre, c'est fait, d'autant qu'il y en a, figurez-vous, qui ont des grands frères et des grandes sœurs, lesquels leur expliquent, et tout ci tout ça. Quant aux principes : Bin, faut travailler quoi, et quant à ses exigences : Bin, vaut mieux bien travailler. Et puis pas trop faire de bêtises, non ?

« ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps, ne sont que rarement accompagnés et suivis de manière globale » : C'est que c'est le principe même du collège, (et c'est pareil au lycée, et à l'université, même chose, voyez) : les professeurs sont des spécialistes dans une matière (et non pas seulement des agents administratifs), et donc, en conséquence les élèves suivent les cours de différents spécialistes, dont les caractères, comme ça se trouve, et les méthodes – si ! si ! - diffèrent forcément (car les professeurs ne sont pas non plus des moutons de la grande Panurgie pédagogiste que l'illustre Meirieu ne cesse de promouvoir – avec un certain succès comme le montre la récente, et particulièrement néfaste, réforme en date, celle défendue par Madame Vallaud-Belkacem, - mais rédigée et voulue par qui ? -). Alors forcément, « ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps » (c'est très bien, Philippe, d'avoir remarqué ça, c'est à ça qu'on voit que vous êtes un universitaire). Ils « ne sont que rarement accompagnés » (je ne comprends même pas ce que ça veut dire) et « suivis de manière globale » (voulez-vous dire qu'il faudrait plus de caméras de surveillance ? plus d'accompagnateurs pour se rendre « de manière globale » de la salle A 212 à la cantine ? Plus de statistiques? Plus d'inspections ? Plus de contrôles d'identité ? Plus d'évaluations ?)

« leur scolarité est éclatée, faite de segments désarticulés » : Bin euh, ils rentrent en 6ème et finissent plus ou moins joyeusement en 3ème ; c'est même l'un des principes du « collège unique », vous n'allez tout de même pas me dire que vous êtes contre maintenant ? Quant aux « segments désarticulés », je suppose que vous posez là le problème de « l'articulation des savoirs » via l'interdisciplinarité. Le problème est que cette fameuse « articulation » est largement artificielle. En effet, chaque domaine ayant sa spécificité, sa méthodologie, son vocabulaire, je ne vois pas très bien comment lier « les grands monothéismes » et « l'étude des fractions », « les déclinaisons latines » et « la clé de sol », les « verbes à particules séparables » et « le système nerveux de la grenouille » autrement qu'en tirant très fort sur les cheveux de la logique et, éventuellement, de la professeure (remarquez que ça se fait déjà dans certains collèges, au sens propre je veux dire).

« dont seuls quelques-uns – et surtout quelques-unes – parviennent à reconstituer l’unité. » « et surtout quelques-unes » (!) : Oh Philippe, vous n'avez pas honte ?

« C’est pourquoi la mise en place d’un accompagnement pédagogique est indispensable à condition qu’elle se fasse dans un cadre stabilisé, avec des interlocuteurs identifiés et des outils appropriés. » : Fichtre, moi qui pensais que ça existait déjà ! Ça alors, je me demande à quoi peuvent bien servir les CPE (Conseillers Principaux d'Education), les Professeurs Principaux, les Professeurs Documentalistes, les Conseillers d'Orientation, les Psychologues Scolaires, les Assistantes Sociales,  les Assistants d'Education ?
Quant aux « outils appropriés », là aussi, mon cher Philippe, je reste baba devant tant de perspicacité : en effet, s'ils ne sont pas « appropriés », les « outils » ne serviront à rien d'autre qu'à se planter un clou dans l'pied (et à faire rire le malveillant, bouh le vilain!). Il fallait que cela soit dit, et c'est dit, non mais.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2015

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 14:50

L'ECRITURE C'EST-Y BÊTE

 

L'écriture c'est-y bête d'y perdre tant d'temps

Bête puéril pourtant je ne suce plus mon pouce depuis

A trop faire l'ange oui quoi ses ailes y a plus nulle

Plume dessus Plume Plume Plume font les jolies

Qui font les chœurs elles sont jolies comme des

Vous ai-je dit que j'aime regarder des films quand je

Grignote ma cervelle et puis

La vie passe la vie passe la

Vie passe à travers ma carcasse.

 

CONCENTRATION VERTICALE

 

« Concentration verticale : elle réunit des entreprises situées à des stades

complémentaires d'un processus de production »

(Capul et Garnier, Dictionnaire d'économie et de sciences sociales, Hatier, 2013, p.189)

 

Concentration (de tomates) en position

Verticale pour faire une sauce car à l'horizontale

Elle s'envolerait peut-être au plafond lequel

Regroupe tout un tas de mouches

Des vouées à l'échec

Entreprises que de faire une bolognaise en dormant

- apparemment mon correcteur d'orthographe ne connaît pas la sauce bolognaise -

Situées entre mes paupières et mon reptilien

A en saliver tant et plus mes mirettes voient

Des plats de pâtes filer dans la pièce Dans les

Stades je vois d'antiques athlètes lancer des pizzas

Complémentaires bien que je ne sache pas du tout ce que peut être une pizza

complémentaire

D'un geste aussi auguste qu'un vers de Hugo ils assurent le

Processus qui consiste à démarrer

De ses bras musclés une pizza laquelle ira s'ajouter à la

Production en série fantasmatique des soucoupes volantes.

 

LA CHAIR SES COUS SES MECHES

 

« La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles »

(Rimbaud, « A la musique »)

 

La chair, ça se mange, fatalement la terre mange toute

Chair c'est assez sinistre quand on y pense

« De la part de la princesse morte » c'est un titre ça non ?

Leurs romans y en a plein les bibliothèques et des

Cous aussi qui se promènent dans la rue porteurs de masques

Blancs brodés un jour viendra où nous serons tous obligés de porter des

masques blancs façon Aragon quand il était vieux dans un entretien des masques

Brodés car il n'est pas question

De laisser ses cheveux aller seuls on ne tolérera que quelques

Mèches folles folles

Folles aussi folles que les herbes et leur princesse morte.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 mai 2015

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 00:00

BREFS A LA LUTTEUSE ENDORMIE

1.
« 
Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux »
(Mallarmé, « Tristesse d'été »)

2.
Cup of tea or cup of sea ? Non, mais j'ai l'air de dire n'importe quoi, mais je dis n'importe quoi.

3.
Sifflement soleil sable, lutte suspendue par le sommeil, lutte dans le sommeil peut-être.

4.
La « lutteuse » dort sur le sable d'or, elle a des cheveux d'or et si elle s'appelle Dorothée, ou Dorothy, je me mets un disque des Beatles.

5.
« 
l'or de tes cheveux » : lieu commun compliqué par l'image du « bain langoureux ». La « lutteuse » chauffe donc du casque.

6.
Rythme ternaire :
« 
Le soleil / sur le sa - / -ble ô lutteu- / - se endormie »
(1
er vers de « Tristesse d'été » de Mallarmé)

J'aime bien les Beatles.

7.
Son revenant, assonance toutes les quatre syllabes, sac et ressac, sifflance qui plane :
« 
Le so- / -leil sur le sa- / - ble ô lutteuse / endormie »

8.
« 
Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. »
(Mallarmé, « Tristesse d'été »)

9.
Avec c't'encens-là la consumant, elle devait bien fumer d'la joue, non tu crois ?

10.
Par contre, je ne vois pas bien pourquoi qu'elle a la « joue ennemie », la lutteuse… Aurait-elle des névralgies ? Mal aux dents ? Une chique ?

11.
Syllabes longues - « consumant l'encens » - drôle d'image : une ombre couleur d'encens sur une joue en feu.

12.
Le soleil est ici sujet de « chauffe », de « consumant », de « mêle » ; drôle d'alchimiste aux pinces d'or.

13.
Musique : « pleurs », « breuvages », « amoureux ». Les charmes n'ont pas besoin d'accompagnement à la lyre ; une voix chante dans leur secrète gorge.

14.
Les poèmes de Mallarmé, des prés sonores, des chambres d'échos, des attrape-spectres.

15.
Chambre d'échos mallarméenne : « cheveux », « langoureux », « pleurs », « breuvage amoureux », « cheveux / chauffe ».

16.
« 
breuvage amoureux », philtre d'amour, Tristan, Yseult, nul repère spatio-temporel, pourtant tout de même ces « pleurs », et cet amour…

17.
Présence de l'élément liquide : « bain », « pleurs », « breuvage », et du sec aussi : « soleil », « sable », « encens ». La « lutteuse endormie » fait-elle le lien entre le sec et l'humide ?

18.
L'écriture, bête à plume qui vous grignote la vie.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015.

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