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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 00:05

AUTO-SATURATION

Petite citation de début mars, d'après Alain Minc au Grand Journal de Canal + : "Le libéralisme est un système qui, en temps de crise, est d'autant moins efficace qu'il crèe des inégalités et, en période de croissance, d'autant plus efficace qu'il réduit les inégalités." (1)
Certes. Oui, mais il est à noter que la crise mondiale actuelle est la fille d'une autre crise, celle de la surproduction : pour générer de l'activité, les banquiers américains ont inventé des produits financiers monstrueux (portefeuilles constitués d'actions frankenstein) et ont suscité des signatures impossibles à honorer. Sans cette imposture, l'activité se serait déjà contractée depuis longtemps.
C'est qu'il est probable que, crise ou pas, en Europe, comme aux Etats-Unis, nous en sommes arrivés aux limites de la société dite "de consommation" : la production est sans doute bien trop pléthorique pour un marché qui s'auto-sature.
Je ne sais pas si cette notion d'auto-saturation (ces limites à la consommation que toute société finit, tacitement ou contractuellement, par se fixer), relève du vocabulaire financier. Je pense que oui. En tout cas, je l'espère, car c'est sans doute pour avoir fait plus crédit aux chiffres qu'aux moeurs que certains financiers finiront dans le caniveau.
Vous pensez que j'exagère.
Franchement, je ne crois pas.
Les élites sont plus fragiles qu'on ne le croit. Ne votez plus pour elles, n'achetez plus leurs livres, ne lisez plus leurs journaux, ne regardez plus les émissions où ils se pavanent, n'investissez plus dans leurs entreprises, et vous les verrez vite paniquer, les pauvres chéris...

(1) Ou à peu près : on ne prête qu'aux riches, c'est bien connu.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 mars 2009

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 23:49

DU PACTE DIABOLIQUE

Ma vie est un enfer : Film de Josiane Balasko (France, 1991) où l'on voit que le Diable est un grand contractant. Le "Pacte avec le Diable" est, dans le film, signé dans un macdo, c'est-à-dire au coeur de la consommation de masse. De fait, ce pacte est un contrat signé entre la part humaine de l'être et sa part de ténèbres.
Il y a dans tout contrat une partie ténébreuse : clauses en minuscules, syntagmes juridico-sodomites, etc... ; d'autant plus ténébreuse que le diable finit toujours la queue entre les jambes, comme on le voit actuellement dans la crise économique mondiale qui aura eu ce mérite de nous débarrasser d'une multitude de cloportes financiers.
Il est à noter que l'on ne signe pas de contrat avec le Bien puisqu'on ne saurait mettre en doute la parole de Dieu.
Cependant, il ne manque pas de ces petits notaires de Dieu qui s'affairent à tirer profit de l'Eglise ; la plupart d'entre eux ne valent donc guère mieux que les conseillers financiers rompus à l'exercice de rouler les petits pour le plus grand profit des puissants, lesquels font, pas toujours mais assez souvent, preuve du plus grand mépris pour ces petites mains du capitalisme.

Tout contrat étant voué à être dénoncé, reste le Verbe.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mars 2009

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 18:02

LOGIQUE DES FANTÔMES

Si le chat est en même temps que le chat n'est pas, le chat reste le chat face au miroir que le miroir soit en même temps que le miroir ne soit pas.
Si le chat se confond avec le miroir et que ce chat-miroir soit en même temps que ce chat-miroir ne soit pas, le chat-miroir reste le chat-miroir en face du miroir associé à son double que ce miroir associé à son double soit en même temps qu'il ne soit pas.
Si au chat-miroir qui est en même temps qu'il n'est pas, j'enlève un élément constitutif, ce chat-miroir moins un élément constitutif reste ce chat-miroir moins un élément constitutif face au miroir associé à son double duquel on retranche un élément comparable à l'élément ôté au chat-miroir.
Les deux éléments retranchés relèvent alors d'un apparaître différent.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 août 2006

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:54

SANS VOIX


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Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 août 2006

Commentaires

Cher Patrice

Je voulais m'excuser de ma présence intermittente sur le net ces derniers temps, mais j'avais en tête, ce travail entre signes et écriture dont je voulais vous parler, un travail parafitement équilibré entre les pleins et les blancs, les déliés sont magnifiques et le tout est une oeuvre!
je m'en veux un peu de ne pouvoir vous écrire plus longement car il y a tant de matière...
Amitiés,
Amel

Posté par Amel Zmerli, 04 septembre 2006 à 11:53

Note du 4 mars 2009 : Eh  oui ! Sans voix je suis ! car où il est le superbe site d'Amel Zmerli ? Où la belle porte sur le toit ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 mars 2009
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:51

QUATRAIN SANS VOIX

Une pluie bleu acier tombe sans cesse tombe
Sur les ombres les gens sans regard et leurs montres
On sait au loin des croix Un chien sans cesse aboie
Une femme à la bouche ouverte elle est sans voix.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 août 2006

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:43

LA PLUIE ME RÉJOUIT

La pluie me réjouit qui gentiment se moque
Des touristes naïfs du paysage il pleut
Ça me rend doucement heureux toutes ces flaques
Que je vois par la fenêtre illuner l'trottoir

C'est le mois d'août il pleut des chiens des chats itou
Dans les rues où les gens se pressent pour rentrer
Sous des parapluies noirs et gris des faces floues
C'est la ville spectrale aux passants ordinaires

J'irais bien promener mes chiens sous cette pluie
En fumant si j'avais du tabac et des chiens
Et puis on me dira que c'est pas bien vraiment

De perdre son temps à rêvasser sous la flotte
Plutôt que de gagner des sous pour les vacances
Prochaines sous le soleil du sud, évidemment.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 août 2006

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Evidemment.

Posté par raskolnikov, 24 août 2006 à 21:50
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:35

PARADIS

C'est du latin paradisus et du grec paradeisos, "jardin", que nous est venu le mot "paradis".

1) Il désigne le séjour des bienheureux une fois cadavérés, c'est-à-dire débarrassés de leur corps terrestre.

Ex : De nous ne restera bientôt que quelques osses ;
        Quant à nos âmes ? peut-être au paradeisos...

2) Le paradis est ce qui caractérise aussi l'état de bonheur des âmes des justes auprès du Père éternel.

Ex : Il n'avait pas plus de malice qu'un radis ;
        Sans doute tout droit qu'il irait au paradis
        Etre aussi béat qu'un légume au potager,
        Tandis qu'en bas fourmille un monde d'agités.

3) Le paradis, c'est aussi la partie supérieure d'une salle de spectacle, la dernière galerie, le poulailler.

Ex : Il décida, pour complaire à la poulette, de l'emmener voir de l'Offenbach à l'Opéra : ils se retrouvèrent, le petit coq et sa poulette, au poulailler où, tout de même, ils rirent à gorge déployée. 

4) Le mot désigne encore les plumes du paradisier ou Oiseau de Paradis, qui est un volatile de Nouvelle-Guinée, assez voisin des corbeaux et muni, pour ce qui est des mâles, de plumes ornementales du plus bel effet.

Ex : C'étaient de grandes sottes au paradis, avec des plumes à leurs chapeaux, installées dans le poulailler et béates devant le jeune premier.

5) Itou paradis est espèce de pommier porte-greffe pour les pommiers nains.

Ex : Il tomba dans les pommes, non loin du paradis.

6) Le paradis désigne aussi de façon figurée un séjour délicieux, un état suprême de bien-être.

Ex : "Mais le vert paradis des amours enfantines" (Baudelaire, Moesta et Errabunda, Les Fleurs du Mal).

7) Paradis de Mahomet : Ce sont, dit-on, les frais jardins des textes orientaux.

Ex : Les barbus égorgeurs croyaient dur comme lame
        De couteau qu'en tuant au nom de Dieu, quand l'âme
        Leur sortirait du corps déchiré par les armes,
        Ils iraient laisser leur barbe pousser aux frais
        Jardins d'Allah où vont aussi les assassins.

8) Paradis terrestre : C'est le jardin parfaitement aménagé dans lequel Dieu rangea son petit Adam et sa petite Eve.

Ex : L'homme travaille, sans doute inconsciemment, à reproduire les conditions du paradis terrestre d'où il fut chassé comme un malpropre. Il semblerait cependant qu'il s'y prenne comme un pied.

9) Se recommander à tous les saints du paradis : Chercher partout assistance, secours et protection.

Ex : Nous passons notre temps, sous prétexte de politesse et de convivialité, à nous recommander à tous les saints du paradis, à chercher qui pourrait nous être utile. Notre fierté n'est jamais que feinte et notre honneur ne se déclare que dans ces circonstances exceptionnelles où même le Bon Dieu et ses saints ne pourraient que nous perdre.

10) Vous ne l'emporterez pas au paradis ! : Annonce à un ennemi d'une vengeance à assouvir.

Ex : - "Caramba ! Hombre, tou né l'emporteras pas au paradis !" fit le fier guerrillero à l'agent de la CIA qui venait de le piéger en lui collant de la coke dans les poches de son treillis.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 août 2006

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:30

OUTARDE

Ce nom féminin qui nous vient probablement du latin de la Gaule austarda [non attesté], contraction de avis tarda, "oiseau lent", désigne un grand oiseau pouvant mesurer jusqu'à 1 m. 20, aux teintes brunes, à la course rapide sur terrain sec, mais dont le vol est lourd.
L'outarde est gibier apprécié car pas si facile à chasser, vu qu'elle compense sa lourdeur de volaille par une très grande méfiance. Une petite espèce, la canepetière, passe l'été en France. Pour l'approcher, certains utilisent une vache artificielle, ou encore une hutte ambulante. On la chasse aussi à l'affût.

Ex : Dans le village, tout le monde se souvenait des circonstances mystérieuses de la disparition de Zélonie Courtin et de la vache artificielle qu'il employait pour chasser l'outarde.

Ex : La professeuse des écoles avait une drôle de cafetière. On aurait dit, montée sur long cou et courtes jambes, une canepetière. Elle en avait l'oeil méfiant et la lenteur de volaille.

Ex : "J'étais dans ma hutte ambulante, à guetter l'outarde, Monsieur le Commissaire, lorsque j'ai vu, à trois cent mètres environ, l'objet volant, et là, je vous jure, Monsieur le Commissaire, je vous jure que j'ai vu distinctement un rayon laser ou je n'sais quoi sortir de l'appareil et se diriger vers la vache à Zélonie, à M'sieur Courtin, quoi, et hop ! le rayon a pris la vache artificielle et l'a emmenée dans l'air. Après, le rayon et la vache sont rentrés comme aspirés par la machine qui s'est envolée en sifflant, vous savez comme une bouilloire ou une cocotte-minute."

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 août 2006

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:27

PATAFIOLER

Figurez-vous que le verbe "patafioler" est transitif à l'origine contreversée. En Savoie, la patafiole, c'est le pan-pan cucu, la fessée, la chiquenaude (?) - bin oui, je l'ai lu dans le dictionnaire, le Larousse en 6 volumes de 1980, dites donc ! -. Quoi qu'il en soit, "patafioler" est surtout connu pour la malédiction populaire : "Que le Diable te patafiole !".

Néanmoins,
Ex: Ce gars me fait suer, faudra l'patafioler,
       Ce petit chef zélé, ce zozo diplômé,
       Ce faiseur de chômeurs, sot fonctionnarisé,
       Rédacteur de rapports dysorthographiés.

Ex: Toi, si tu continues à te payer ma fiole,
        Tu vas savoir ce que c'est qu'une patafiole !

Ex: Il était de fort méchante humeur... envie de le patafioler, le monde entier ; au Diable l'humanité ! qu'il ruminait en promenant ses chiens le long des champs où flottait un air de pesticide.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 août 2006

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:21

PATARD

On désigne par le pas très beau nom masculin de "patard" une ancienne petite monnaie utilisée en Provence, en Avignon et en Flandre. Ce mot nous vient du provençal patac, de l'espagnol pataca et probablement d'une origine arabe antérieure.

Ex : Ce bâtard, c'est certain, ne vaut pas un patard ;
         Je vas lui casser la gueule, - oh yes ! -, tôt ou tard...

Ex : Joe Fouchtra regarda les quelques pauvres patards que l'homme avait fait glisser de sa main sur la table du troquet, puis il regarda l'inconnu dans les yeux, et serra le poing qu'il lui balança dans la figure en poussant un cri de guerre déconseillé aux moins de douze ans.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 août 2006

Commentaires

ET le patard était en usage dans les villes espagnoles du nord au XVIIs, à Maubeuge,,par exemple...
Tôt ou tard, qu'a fait patard!
Posté par orlando de rudde, 25 août 2006 à 12:35

 

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