Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 23:28

DAMOCLES A SON EPEE

1.
Soufflé par Elise : « Souvestre et Allain, il fallait bien deux hommes pour un Fantômas. »

2.
Le futur est lié au passé comme Damoclès à son épée.

3.
« Le vertige qui saisit l'homme devant la multitude des possibles est donc fait à la fois d'angoisse et d'ivresse. Encore n'avons-nous parlé jusqu'ici que d'hommes à peu près normaux. »
(Jean Grenier, Entretien sur le bon usage de la liberté)

4.
Quelles magies jaillissent d'entre nos lèvres ? Quelle noire féerie prononçons-nous ?

5.
Ce n'est pas l'humain qui est le jouet des dieux, c'est dieu qui est l'alibi des humains.

6.
« Qu'était l'Homme, avant l'invention des Mots et la connaissance des Langues ? »
(Julien de la Mettrie, L'Homme-machine, 1748)

7.
L'Homme avant les mots ? Une brute déjà, mais au moins était-elle innocente.

8.
« Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. »
(Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe)

9.
C'est la preuve par l'autre qui nous maintient dans cet état de folie raisonnée que nous appelons société.

10.
« Cette règle fut enseignée aux Princes en paroles voilées » (Machiavel, Le Prince)

11.
Les « Princes en paroles voilées » : Scève, Rimbaud, Char – qui nous dépouillent le réel, le retournent comme peau de lapin.

12.
Dieu ne se contente pas de ne pas exister ; il est aussi.

13.
Le Diable en peau d'homme sur la route : ne le tuez pas, il vous tuerait, mais il vous tuera si vous ne le tuez pas.

14.
La différence entre Cabu et ses assassins ?
- La singularité du talent.

15.
Cela fait au moins vingt ans que je dis que cette crise économique amènera les gens à se tuer en pleine rue. Longtemps on a souri. On ne sourit plus.

16.
L'Homme n'a pas plus de raison que s'il n'avait ni queue ni tête.

17.
Les pédagogistes qui prétendent nous fourguer de la citoyenneté et je ne sais quel vivre ensemble en lieu et place de formations réellement qualifiantes se font, en toute bonne foi et fort humainement, les complices des assassins à venir.

18.
« qui n'est science de rien d'autre que de ce beau surnaturel tout seul »
(Platon, Le Banquet, trad. L. Robin)

19.
« travailler sur la lune des fractures sociales » : ai-je bien entendu ceci dans la bouche de Frédéric Mitterrand sur France Culture ? Joli !

20.
« La conscience n'est rien en dehors des sentiments cruels qui la manifestent. »
(Vladimir Jankélévitch, La Mauvaise Conscience)

21.
C'est-à-dire que nous sommes si humainement armés, si sophistiqués dans l'art de phagocyter notre prochain, que nous voilà, pour le moins, docteurs en humanisme.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 janvier 2015.

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 17:24

DES FOIS QU'ON REGRETTE

1.
Des fois qu'on regrette d'être venu ici… l'ailleurs, un univers parallèle… notre avenir zigouillé par le passé.

2.
Eh oh et la liberté de mettre ses enfants dans l'école qu'on choisit alors ? La mixité sociale, c'est comme tout le reste, une valeur marchande, et même une valeur politico-marchande.

3.
Quelqu'un m'a fait remarquer que dans des quartiers où il y a 40 à 50 % de taux de chômage, faut pas rêver, c'est difficile d'éviter l'économie parallèle et/ou la radicalisation idéologique.

4.
Amère « Tu ne m'aimais pas »… la froideur des tempéraments… et puis les masques… les sourires des clowns, et des couteaux derrière les rires.

5.
Dans une émission sur France Culture traitant de l'éducation : « Tous les 5 ou 6 ans on réalise avec horreur ce qui est train de se passer ».

6.
Dans les programmes de Bac Pro, la suppression du cours d'histoire sur les monothéismes a été une erreur. Il permettait au moins de rendre à l’Éternel sa chronologie.

7.
Cette « troisième guerre »… elle a sa source dans cette crise économique qui depuis 1973 n'en finit plus de laminer notre civilisation.

8.
Épouvante et jambon d'pays ! Je m'aperçois qu'on a remplacé le mot « care » par les mots « empathie » et « bienveillance » ! Mais c'est bien sûr la même lénifiante idéologie !

9.
Entendu sur France Culture, à propos de notre système éducatif, cette maladresse : « d'incroyables réussites d'intégration » - l'adjectif « remarquables » aurait suffi.

10.
Tout, absolument tout ce qui nous arrive, nous est nécessaire dès lors que nous lui survivons et devient nécessaire aux autres dès lors que hop nous ne le sommes plus.

11.
« Le pardon est mort dans les camps de la mort » a écrit Vladimir Jankélévitch. Autrement dit, le nazisme consiste aussi à assassiner, à annihiler le pardon.

12.
La terreur a pour but de sidérer l'autre, de l'empêcher de penser ; elle est une variante du blitzkrieg ; pour la combattre, il est donc nécessaire de la sidérer à son tour, de l'empêcher de penser, de s'organiser ; il faut lui montrer l'impossibilité du pardon.

13.
Pour ma part, je ne pardonne à personne d'être ce que je suis… Où ai-je mis mon loup, mon renard et ma belette ?

14.
Les morts sont les garde-fous de nos consciences. C'est parce que nous les oublions que nous nous laissons aller au m'importe quoi.

15.
La politique n'est pas une passion : on ne peut mettre sur le même plan assassinat politique et crime passionnel.

16.
L'être ne pardonne pas au non-être : c'est là l'universel casus belli.

17.
Détestez celui qui vous désigne des êtres comme étant détestables. Comme tous le font, le détestable me semble assez universel.

18.
« Le respect de la loi vient après celui du droit. La seule obligation que j'ai le droit d'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste. » : Remarque essentielle de Henri-David Thoreau qui nous invite à nous opposer à tout pouvoir qui prétend substituer au droit garant des libertés individuelles une loi suprahumaine.

19.
L'individu serait-il ce poisson qu'on ne peut priver de ses adversaires sans qu'il retourne ses tendances agressives contre lui-même, jusqu'à s'offrir en pâture à un dieu qui n'existe pas ?

20.
Être athée, c'est des fois croire assez sincèrement à un dieu qui n'existe pas.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 janvier 2015.

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 12:47

AU NOIR DE CABOCHE

 

1.
L'être est destiné à être contrarié ; sinon, il déborde, prend toute la place, éclate sa grenouille.

2.
Quoi qu'on dise, seul l'humain aura le dernier mot, ou le perroquet.

3.
L'être i s'goinfre d'amertumes ; il espère y, y finit même, par y décrocher des fois la perle de consolation.

4.
Liqueur bien amère ! Grand souci, semblable détresse… On s'y zieute, on s'y mire squelette.

5.
Aller protéger son frère avant qu'il soit trop tard, avant qu'on nous dise va l'horloge a massacré le frangin et le moulin déchiqueté son cheval.

6.
J'écris vraiment comme une poutre ; faisons au moins qu'elle aille droit dans l’œil !

7.
Paroles paroles paroles elles nous traversent et nous flanquent de ces imperceptibles usants… mer aux galets… tronches des autres.

8.
Me fatigue vite des visages, et ne suis point curieux des inconnus… les autres, ces étrangers qui s'ignorent.

9.
Écrire me réchauffe… je ne vous fais pas part de toute flamme… le temps des assassins à Arthur, voyez, il est venu.

10.
Qu'on se mettrait à pleurer… tant de sang… tant de massacres… A chaque jour en pleurer des rivières tant de tombes…

11.
Seul le Diable en rit encore, le Diable et ses marchands de canons.

12.
Faudrait être comme la jeune fille qui sait toujours quoi répondre… la langue la plus sage dans l'avenir le plus certain… Cassandre… mais personne la croit.

13.
Des squelettes et des fils… et puis l'or et l'argent… en vaisselles… pour les vivants reconnaissants… pour les ingrats aussi, leurs squelettes et leurs rejetons.

14.
Le temps, de l'imaginaire, du plein d'plis à fantasmes ; on y croise nos visages et on ne se demande même plus ce que l'on fait là.

15.
Bol alimentaire… je lis dans Lucien Suel « estomac masticateur »… faut en avoir de l'estomac, pour l'avaler quand même le mastiquer le duraille réel.

16.
Et dire qu'il y a une foule de retraités qui au bout de trois mois n'ont toujours rien touché ! Ministres, qu'est-ce que vous foutez ?

17.
La ville… y a des armes dedans… des bipèdes pour s'en servir… et des dieux aveugles qui tournent dans des crânes sourds…

18.
Des fois que notre couple vaut plus tripette que ça représente tant de choses pourtant qu'on s'en souvient pas qu'on peut pas qu'on s'traîne à côté d'la plaque.

19.
Des fois qu'ça traîne
La limace le long des
Carreaux et d'la nuit
Qui jacte spectres et
Guignols feuillus les
Vitres en ricanent et
Le vent hue grince la
Scène et ses inconnus

20.
On peut sans doute être pris d'angoisse à l'idée qu'on peut aussi bien aller là qu'ailleurs prendre cette route plutôt que celle-là comme si on avait le choix comme si tout n'était pas décidé déjà par le devin aveugle et sournois qui œuvre au noir de la caboche.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 janvier 2015.

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 02:16

C'EST D'AILLEURS CE QUE NOUS FAISONS

1.
« A mesure que la soirée avançait, la tension primitive, un moment disparue, semblait revenir. »
(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Meurtre au champagne »)

 

2.
Imaginons qu'au cours d'une soirée, une « tension primitive », un auparavant révolu, se mette à revenir, nous dirons que cette tension est comme un fantôme qui vient tendre entre elles les consciences du réel.

 

3.
Des fantômes se promènent dans le réel, le tendent, le distendent, en font l'os que se disputent les vivants.

 

4.
« - Sapristi ! s'écria le général. Mais vous êtes Johnnie Race ! Si je m'attendais !… Qu'est-ce que vous faites dans cette histoire ? »

(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie)

 

5.
Si un général s'écrie « Sapristi ! » en vous voyant, c'est que vous êtes Johnnie Race, ou alors c'est que le général arrive à voir au-delà des lignes – un général médium ! - et qu'il vous a reconnu, ô fidèle lecteur !

 

6.
« Qu'est-ce que vous faites dans cette histoire ? » - C'est bien ce que je me demande.

 

7.
« La phrase tomba, par hasard, dans un moment où tout le monde se taisait. »
(Agatha Christie / trad Michel Le Houbie)

 

8.
Quand les répliques, les allusions, les traits d'esprit, les entendus et tous leurs dessous arrêtent de voler, il arrive qu'une phrase tombe, par hasard, comme un bol de soupe sur la tête d'un chauve.

 

9.
« - Quel genre d'homme est-ce ?

- Personne ne le sait au juste. »

(Agatha Christie / trad Michel Le Houbie)

 

10.
« Quel genre d'homme est-ce ? Personne ne le sait au juste » est un fort bon exemple de présent de vérité absolue.

 

11.

Vous tirez sur votre pipe tout en le considérant avec attention ; auriez-vous arrêté de fumer le cigare ? ou alors c'est que vous êtes une bien drôle de Madame.

 

12.
Vous êtes intrigué par un bruit insolite qui semble venir du dehors ; vous avez l'oreille bien fine car l'orchestre trombone du Wagner à décorner les Walkyries.

 

13.

Il ne vous manque aucune des vertus que doit posséder tout bon chevalier, et c'est tout de même dommage d'être simple gardien de musée alors que vous pourriez chasser le dragon dans d'autres pays du Nord beaucoup plus froids sans doute mais moins pluvieux peut-être.

 

14.
Vous êtes en train de rendre compte de votre mission, c'est que le loup ne vous a pas mangé, ce qui est tant mieux.

 

15.
Plouff ! Faites-vous, c'est donc que vous avez plongé dans quelque liquide, ce qui est étonnant dans cette rue et à cette heure d'été.

 

16.

Vous lui avez juré fidélité jusqu'à la mort, ah vous n'êtes pas sorti de l'auberge, ni du conte, ni de la bibliothèque.

 

17.

Maintenant c'est le silence ; bien des sottises ont été dites, ou des vérités à vous clouer le bec, ou que nul n'a quelque chose à ajouter.

 

18.
Vous avez le vitrail qui s'obscurcit ; église en marche, vous vous enfoncez dans le soir tombant et la rue qui monte.

 

19.
Vous achetez des souvenirs ; votre présent passe la monnaie et votre avenir, vous espérez qu'il a de jolies jambes.

 

20.

« Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. »

(Gaston Bachelard, « La Formation de l'esprit scientifique »)

 

21.

« Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. » C'est souvent ce que nous faisons, nous posons.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 janvier 2015

Repost 0
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 23:56

Y A TROP D'CONS ÇA M'FATIGUE

 

1.
Depuis quelques jours écœuré, j'aime autant plus faire que citer ; plus trop envie de m'creuser les méninges ; y a trop d'cons, ça m'fatigue.

 

2.
D'actualité : « - C'est vraiment absurde,dit-il, son émotion tant bien que mal maîtrisée. »

(Agatha Christie traduit par Michel Le Houbie, « Meurtre au champagne »)

 

3.
« Georges s'en allait un curieux sourire aux lèvres. »

(Agatha Christie / trad Michel Le Houbie)

 

4.
J'admets que certaines jeunes femmes, ou des félines dans un ciel aussi anglais qu'une féerie, puissent être curieuses comme des sourires, mais « aller un curieux sourire aux lèvres », n'est-ce point curieux en effet, car où va-t-on si on se met à aller un curieux sourire aux narines, un curieux sourire au menton, et pourquoi pas un curieux sourire aux genoux ?

 

5.
« Les choses, cependant, ne devaient pas aller toutes seules. »

(Agatha Christie /trad Michel Le Houbie)


6.
Les choses se doivent de ne jamais aller toutes seules et nous laissent le soin de les accompagner.

 

7.
« et il ne resta plus auprès de la grande table qu'une grande jeune fille en robe noire, qui paraissait assez désemparée. »

(Agatha Christie /trad Michel Le Houbie )

 

8.
Je suppose qu'il arrive aux robes noires d'être aussi désemparées que les grandes jeunes filles qui les habitent. Bien sûr, si elles ont de la tenue, elles n'en laissent rien paraître.

 

9.

On dit « que rien ne laissait prévoir que », eh ! sinon ce serait trop facile ; du reste, on ne prévoit souvent qu'après coup.

 

10.
« - Ce souper ne vous a-t-il pas présenté un côté insolite ? »

(Agatha Christie /trad Michel Le Houbie»)

 

11.
Si vous invitez un loup, un renard, une belette ou une poignée de squelettes, ne vous étonnez pas du côté insolite de votre souper.

 

12.
Le monde entier peut bien se demander si elle aurait dû écouter Cassandre, la guerre finit toujours par éclater.

 

13.
Faute d'emplois, on nous sert de la citoyenneté : nous allons crever de faim.

 

14.
Faut-il rappeler à nos dirigeants que la citoyenneté ne se mange pas en salade ?

 

15.
« C'était comme si tous avaient attendu quelque chose. Quelque chose qui n'était pas venu. »

(Agatha Christie /trad Michel Le Houbie)

 

16.
Y en a des fois comme si toute leur vie ils répétaient « En attendant Godot ».

 

17.
« un des nombreux personnages, dont certains déjà assez confus, associés à ses souvenirs »

(Agatha Christie /trad Michel Le Houbie)

 

18.
J'aime bien comme ça susurre ça ce syntagme « associés à ses souvenirs ».

 

19.
Nous allons ; notre caboche tourne grenier à confusion.

 

20.
D'actualité : « Notez, d'ailleurs, que souvent le marchand de canons tient dans la pièce le rôle de traître... »

(Agatha Christie [Sandra])

 

21.
« L'air effaré de miss Lessing indiquait que ses pensées l'avaient entraînée ailleurs. »

(Agatha Christie/trad Michel Le Houbie)

 

22.
Notre caboche, elle fait rien qu'à machiner d'la métaphore, d'la barque à penser, d'la dérive dans la cogitation, d'la file-ailleurs.

 

23.
« Le général, dûment chapitré, restait dans la bibliothèque. »

(Agatha Christie /trad Michel Le Houbie)

 

24.
« Le général, dûment chapitré, restait dans la bibliothèque », où il en profita pour apprendre à lire.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 janvier 2015.

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans AGATHA CHRISTIE
commenter cet article
18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 17:00

BAH DIT-IL

1.
Bah dit-il en reprenant du fromage, que voulez-vous, si le suicide est une erreur, vivre, c'est accepter de se tromper.

2.
Seigneur, délivrez-moi des autres et de leur nécessité.

Ma pomme Houzeau un brin contrarié
Hondeghem, le 18 janvier 2015.

Repost 0
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 21:54

ECRIRE SAUCISSE

 

1.
« L'individu a ensuite pris la fuite puis il s'est tué » voilà un typique des faits divers comme quoi le réel est bourré d'tragique jusqu'à la gorge.

 

2.
Saucisse saucisse saucisse saucisse saucisse Voilà que ça me reprend d'écrire saucisse saucisse et saucisse à tout bout de champ.

 

3.

A portée de main le tragique, grouille autour de nos squelettes soudain il déborde défouraille explose.

 

4.
Il explose aussi quoi qu'ça peut faire qu'je répète saucisse à tout bout de champ qu'même qu'ça me reprend saucisse saucisse saucisse que le monde est bien assez absurde comme ça pourquoi même si c'est à tout bout de champ quand ça me reprend je me priverais d'ce saucisse-là saucisse-là saucisse-là là là là là voilà qu'je chantonne et qu'la ritournelle a m'vient en tête.

 

5.
Devant moi cette bataille de signes qu'on appelle page.

 

6.
J'attends la neige qu'la verte soit sous la blanche.

 

7.
Il neige : la cape d'une reine verte se fond dans la cape d'une reine blanche.


8.
Il neige : la princesse verte devient reine blanche et voilà que je songe à quelque dessin.

 

9.
Quelque dessin à la plume d'une reine blanche passant entre les branches noires on la voit pas – jamais ! - on l'imagine on la songe on l'hallucine on s'la berlue dans le lacis des traits noirs des griffures d'écorce et biffures de neige.

 

10.
Un cavalier noir est-il passé des ombres sur son visage stries traits zébrures biffures & griffures qu'sa face en est labourée constellée ?

 

11.
Sa face tant constellée labourée qu'on dirait bien qu'elle porte un masque sa face un masque de chair.

 

12.
Y a des gens ils ont ce genre énigmatique mystérieux tombeaux des secrets des masques de chair qui passent entre vos bouches comme on passe entre des nœuds de vipères celles des trottoirs des rideaux dont la langue remue au rythme de la tête et comme foudre retenue au rythme de leurs yeux fixes fixes fixxxxxxes je l'fais ici siffler le x de fixes car ça me fascine c't'image de la tête de serpent se balançant lentement prête à jaillir à vous enfoncer ses crochets pis t'es mort.

 

13.
La bande dessinée v'là quelque chose qui me plaît la virtuosité des récits graphiques ; par exemple, le dessinateur Roosevelt, prenez l'album « L'Horloge », voilà qui remet les pendules à l'heure non dans le genre magnifique du crayon ? Juste pour le côté anecdotique il y a dans c'te Horloge la mention d'une « liqueur aux cornes de démons ».

 

14.
Cette démoniaque liqueur mon serpent de tout à l'heure voilà qui me met dans le cœur une de ces musiques d'ombres.

 

15.
Souvenance de musique à la The Residents une grincerie électro-acoustique & d'électriques guitares le maléfique balai à flanquer toute fée au feu très réel.

 

16.
« pour essayer d'écrire de nouvelles histoires » qu'elle dit dans la téloche une bouche dans une foule d'autres bouches.

 

17.
« pour essayer d'écrire de nouvelles histoires » faudra faudrait qu'j'y songe que me dit ma tête coupée tout au fond de mon verre.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2015

Repost 0
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 21:50

UN CAVALIER NOIR EST-IL PASSÉ ?

 

Un cavalier noir est-il passé des ombres sur
Son visage stries traits zébrures biffures &
Griffures sa face en est labourée constellée
Qu'on dirait bien qu'elle porte un masque sa
Face un masque de chair y a des gens ils ont
Ce genre énigmatique mystérieux des tombeaux
Des secrets des masques de chair qui passent
Entre vos bouches comme on passe entre nœuds
des vipères celles des trottoirs des rideaux
Dont la langue remue au rythme de la tête et
Comme foudre retenue au rythme de leurs yeux
fixes fixes fixxxxxxes je l'fais ici siffler
Le x de fixes car ça me fascine c't'image de
La tête de serpent se balançant lentement et
Prête à jaillir à vous enfoncer ses crochets
Pis t'es mort vignette de bande dessinée que
Vous me direz bin oui la bande dessinée v'là
Quelque chose qui me plaît la virtuosité des
Récits graphiques par exemple le dessinateur
Roosevelt prenez l'album « L'Horloge » voilà
Qui remet les pendules à l'heure non dans le
Genre magnifique du crayon bon juste pour le
Côté anecdotique il y a dans c'te Horloge la
Mention d'une «liqueur aux cornes de démons»
Cette démoniaque liqueur mon serpent de tout
A l'heure voilà qui me met dans le coeur une
Souvenance de musique à la The Residents une
Grincerie électro-acoustique & d'électriques
Guitares le maléfique balai à flanquer toute
Fée au feu très réel « pour essayer d'écrire
de nouvelles histoires » qu'elle dit dans la
Téloche la bouche « pour essayer d'écrire de
Nouvelles histoires » faudra faudrait qu'j'y
Songe que me dit ma tête coupée tout au fond
De mon verre.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2015

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans VERS JUSTIFIÉS
commenter cet article
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 21:45

L'INDIVIDU A ENSUITE PRIS LA FUITE

 

« L'individu a ensuite pris la fuite puis il
S'est tué » voilà un typique des divers dont
On dit qu'ils sont des faits Saucisse oh oui
Saucisse saucisse saucisse saucisse saucisse
Voilà que ça me reprend d'écrire saucisse de
Répéter saucisse à tout bout de champ portée
De main le tragique il grouille à côté d'nos
Squelettes soudain il déborde il défouraille
Il explose aussi quoi qu'ça peut faire qu'je
Répète saucisse à tout bout de champ qu'même
Qu'ça me reprend que le monde est bien assez
Absurde comme ça que je ne vois pas pourquoi
Et même si c'est à tout bout de champ que ça
Me reprend je me priverais de répéter ce mot
saucisse et même saucisse-là si ça me chante
Saucisse-là saucisse-là saucisse-là là là là
Là voilà qu'je chantonne qu'la ritournelle a
M'vient en tête et devant moi cette bataille
Des signes qu'on appelle page puis j'attends
La neige la verte sous la blanche cette cape
de reine verte cette cape de reine blanche &
C'est comme si princesse verte devient reine
Blanche et du coup je songe à quelque dessin
A la plume d'une reine blanche passant entre
Les branches noires on la voit pas jamais on
L'imagine on la songe on l'hallucine on s'la
Berlue dans l'emberlificote des traits noirs
Des griffures d'écorce et biffures de neige.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2015

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans VERS JUSTIFIÉS
commenter cet article
30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:15

D'UNE VOIX SINGULIERE

1.
Borges, "parfois d'une barque près du rivage", une voix singulière, entre deux morts.

2.
Mon trousseau est bien énigmatique
A quelles portes sont ces clés ?

3.
Borges, dans le "que c'est maintenant et maintenant seulement", c'est-à-dire uniquement dans ce passé auquel seul l'oeil du lecteur peut donner crédit.

4.
A quelles portes sont ces clés
Et quelle est cette fille qui m'appelle son fiancé ?
Mademoiselle, je dois vous quitter
Chez moi je dois rentrer.

5.
Borges, les jeux de la mémoire, laquelle se compose des puzzles pour le plaisir d'alimenter la lutte fratricide entre l'énigme et le sable.

6.
J'en ouvre une
Voilà la lune
Qui me tire la langue.

7.
Borges, qui a l'air de sonner pour les doctes, avec "quelque chose dans le regard" de ses hôtes de syllabes.

8.
Voilà la lune
Qui me tire la langue
Et me tend son échelle de nulle part
Monte si tu l'oses
Je suis la lune le tigre et la rose

9.
L'auteur hante son texte jusqu'à ce qu'il le livre à d'autres fantômes.

10.
Je suis la lune le tigre et la rose
Et la chanson qui entraîne le violon
A la gigue des damnés

11.
Borges, des "sources originales" que l'on ne peut consulter que dans les fragments introuvables d'une langue que plus personne n'imagine.

12.
A la gigue des damnés
Où tu viendras cette année
Ou l'autre où tu viendras danser

13.
Lovecraft conta des autres dieux, Borges des autres livres.

14.
Où tu viendras danser
Mon violon est de flammes
De charbon est mon âme

15.
Borges, du "comme en un rêve" que l'on ne peut s'empêcher de préciser, de détailler, de figurer et d'en proposer les énigmatiques clés.

16.
De charbon est mon âme
Je suis venue de dessous la terre
Pour fasciner le savant et le lunaire

17.
Borges, "des choses qu'un inconnu ne pourrait pas savoir." Nous voilà donc bien initiés.

18.
Pour fasciner le savant et le lunaire
J'habite un chat, j'habite un livre, j'habite le fier
A sa fenêtre.

19.
En politique, on a beau me faire les contes roses, rouges, noirs ou verts que l'on veut, je vois que le seul qui tienne la route, c'est le compte bancaire.

20.
Ce titre de Borges, "Le Livre de sable", oxymore, la synchronie du texte mimant la monotone et inéluctable diachronie du sable.

21.
En fin de compte la multiplication à l'infini du même grain dévorera l'infini de la bibliothèque et ses lecteurs légendaires.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 décembre 2014.

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans BORGES
commenter cet article

Recherche