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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 10:09

AH TIENS UN RENARD A MOBYLETTE

1.
Vous avez dit "identité", "appartenance", "communauté", allez donc écouter ce qu'en 1976 disait Tri Yann dans "La découverte ou l'ignorance", comme quoi on peut être français et refuser d'ignorer d'où vraiment l'on vient.

2.
Entendu dire que pour éviter que les Ricains espionnent leurs ordinateurs, certaines administrations allemandes étaient sur le point de remettre en service la bonne vieille machine à écrire. Vont-elles revenir, les mata-haris de la poubelle à papier ?

3.
Dans "Ah ! que voulez-vous faire ?", les yeux inquiets et ce qu'on redoute à venir.

4.
"Apprenez que, suivi d'un nom si glorieux,
Partout de l'univers j'attacherais les yeux"
(Racine, "Mithridate", II,4, v.5656-66 [Mithridate])

5.
L'expression racinienne "partout de l'univers attacher les yeux" suppose de la mégalomanie dans l'usage des liens.

6.
Ce n'est pas l'illusion qui trompe; c'est la conscience qui s'goure, et les choses étant ce qu'elles sont, nous sommes berlues sur pattes.

7.
L'Oreste racinien affirmant : "Je me trompais moi-même", soudain conscient que pour être cocu, il suffit d'exister.

8.
On ne peut cocufier que l'existant; l'être ne se trompe pas.

9.
La musique celtique, elle vous a de ces instruments qui sifflent qu'on dirait des alarmes.

10.
Je lui dis "Ne me suis point" mais la fine se glissa entre les fils de la pluie.

11.
"Venez dans tous les coeurs faire parler vos yeux"
(Racine, "Andromaque", II,2, v.569 [Oreste à Hermione])

Préciosité, ce qui est assez rare chez Racine. On en retrouve des échos dans l'hermétisme de certaines formules de René Char.

12.
"Faire parler des yeux dans les coeurs" suppose des palpitants à mirettes et des mirettes à bavoirs, étrange chose.

13.
"(...) Mais un devoir austère,
Quand mon père a parlé, m'ordonne de me taire."
(Racine, "Andromaque", III,4 [Hermione])

Quand le participe implique l'infinitif
Et qu'a jacté l'daron, la boucle la mouflette.

14.
Par quel fantôme dans mon oreille, ai-je entendu chanter "Le loup, le renard à mobylette" ?

15.
"Du sang qui nous unit je sais l'étroite chaîne"
(Racine, "Andromaque", I,2, v.246 [Pyrrhus])

C'est aussi c'qu'il dit, le vampire à sa cousine.

16.
La chaîne du sang : celle qui unit les vampires dans un monde où ils courent cous, corps et coeurs des bipèdes bêtement fascinés.

17.
Dracula est le créateur de cet impôt du sang que les encore vifs paient aux demeurants.

18.
"Je défiais ses yeux de me troubler jamais"
(Racine, "Andromaque", I,1, v.56 [Oreste])

C'est le genre de défi qu'on finit des fois par regretter vu qu'allez donc résister à ce qui vous fascine, pour voir.

19.
PLANE L'AIGLE VIENT LE CORBEAU

On ne jette pas sa crinière au ciel
Plane l'aigle plane l'aigle
On ne jette pas sa dent au ciel
Plane l'aigle vient le corbeau

Des fois qu'ça dévore les anges
Qu'ça dévore qu'ça dévore
Siffle siffle le vent du nord
Et sifflent et neigent les anges
Cavalier venu
Cavalier venu
La fontaine est froide
Il vente devant ta porte

On ne jette pas son loup au ciel
Plane l'aigle plane l'aigle
On ne jette pas son lion au ciel
Plane l'aigle vient le corbeau

Des fois qu'ç'est des loups blancs
Qu'ça dévore qu'ça dévore
Siffle siffle le vent du nord
Et sifflent et passent les loups blancs
Cavalier venu
Cavalier venu
La fontaine est froide
Ton épée est morte

On ne jette pas son sang au ciel
Plane l'aigle plane l'aigle
On ne jette pas sa peau au ciel
Plane l'aigle vient le corbeau

Des fois qu'c'est un dragon blanc
Qu'ça dévore qu'ça dévore
Siffle siffle le vent du nord
Et siffle le dragon qui souffle le temps
Cavalier venu
Cavalier venu
La fontaine est froide
Et le diable t'emporte.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 décembre 2014.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 05:46

COUDRE DE FEUILLES MORTES

1.
La claire voix presque enfantine de Pascale Ogier dans "Les Nuits de la pleine lune" d'Eric Rohmer.

2.
Jolie réplique du personnage interprété par Belmondo dans "Itinéraire d'un enfant gâté" : "Difficile de s'amuser, quand on a de la mémoire".

3.
Des fois, Lelouch, dans ses films, on dirait qu'il teste ses acteurs, et il me semble qu'ainsi il en arrive à tester ses spectateurs, et même que des fois c'est fatiguant et un rien gnangnan.

4.
Y a des gens, je les soupçonne de passer leur vie à s'entourer d'autres, à seule fin de regretter de ne pas avoir su rester seuls.

5.
Les humains, faut toujours qu'ils se trouvent une porte de sortie; se sont même créé l'universel passe-partout, la clé de l'âme.

6.
"Mon cœur, libre d'ailleurs, sans craindre les murmures"
(Racine, "Bérénice", III,1, v.727 [Titus])

7.
Je suis libre d'ailleurs; du coup, je reste ici.

8.
Ce qui rime avec gâchette, c'est la tête, et puis la moquette qu'on n'arrivera jamais à récupérer avec tout ce sang.

9.
Le film "Le Nom de la rose", la neige, l'expression "ressusciter le passé", c'est-à-dire s'en remettre au tissu de signes de la mémoire.

10.
"Le Nom de la rose", le maître et le novice, assassinats et cantiques, et puis tout juste après l'évocation de l'Inquisition, le porc que l'on égorge.

11.
L'art des mathématiques, j'y suppose des profondeurs, et admire que les équations configurent notre monde.

12.
Des fois, les personnages m'agacent et leurs dialogues m'ennuient. Les autres, quel cinéma !

13.
Les films de Rohmer, ce ne sont pas des dialogues que l'on y entend, mais des conversations auxquelles nous ne sommes conviés que par la convention de l'indiscrétion.

14.
L'Histoire, ce tissu de mensonges dans lequel on coupe de si belles vérités.

15.
Dans "Le Roi heureux" de Félix Leclerc, y a "Un vilain chien sans nom". Ah ! Tous ces innommés qui grouillent, nous poursuivent, nous rappellent à l'ordre absurde des choses.

16.
Aussi bien que dans les palais des tragédies, c'est dans l'âme que les sujets trament des complots.

17.
"Moi, mes souliers ont piétiné la lune"
(Félix Leclerc)

"piétiner la lune" : aller, rêver sans doute.

18.
"Le train du Nord
c'est comme la mort
quand y'a personne à bord"
(Félix Leclerc, "Le Train du Nord)

19.
La mort, un train qui passe avec dedans des gens qui n'y sont plus.

20.
"J'ai réparé un nid d'oiseaux
Je l'ai cousu de feuilles mortes"
(Félix Leclerc, "Notre sentier")

21.
"coudre de feuilles mortes": c'est qu'on a d'l'automne plein les mains, et l'hiver déjà on y songe; alors on s'bricole.

22.
Je me dis l'expression "coudre de feuilles mortes": du coup, je songe aux mots violon, automne et participe passé.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 décembre 2104.

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 08:15

DE PLUS LOIN

"Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit"
(Claude Roy)

1.
Le visage d'homme qu'il a, parfois, le diable croisé dans un roman de Bernanos et l'entre-deux-villes de la route que l'on fait à pied.

2.
Le Christ et le Diable ont-ils tous deux pris visage humain ? Si c'est le cas, il semble que le Christ ait abandonné le face-à-face. A moins qu'il l'ait rendu multiple, ce visage, innombrable.

3.
On sait que le Christ est adepte de la multiplication; cependant que le Diable s'y entend en division. D'ailleurs, le Christ, en multipliant ses églises et ses disciples, tend à multiplier ses forces, cependant que le Diable les concentre, lui, dans une obscure légion dont il se proclame l'être.

4.
J'aurais aimé pouvoir lire Héraclite dans le texte; quelque dieu jaloux de la vieille Rome m'en aura empêché.

5.
Le visage est un paradoxe; il est l'ironie de tous les autres visages, et il ne leur ressemble que parce qu'il est unique.

6.
Le visage devine le visage, s'y reconnaît, s'en approche, s'en éloigne, définitivement.

7.
Dès qu'on le représente, on le trahit. Il n'est pas traduisible puisqu'il est le verbe.

8.
Le visage éclaire le visage; il a pour cela les noms.

9.
Rien ne ressemble plus au visage que sa face contraire. C'est que figurant l'humain, il lui fait face.

10.
Visage dit, visage tait, visage compose.

11.
La jeune fille arrête l'œil; le seigneur baisse les têtes.

12.
Puisque nous avons des visages, nous créons des masques et puisque nous ne pouvons tenir en place, nous allons danser.

13.
Afin de ne pas effacer les corps et de ne pas révéler les âmes, la nuit sait toujours par où passe le couteau.

14.
La nuit devine les visages et confond les noms.

15.
La langue a donné à la nuit une bouche d'ombre et une face de sang; c'est ainsi qu'elle éclaire l'obscur de nous autres.

16.
Acceptons l'image de l'humain en promenoir; la nuit y tombe, y passe, s'y promène, y fixe ses rendez-vous de mort au jardin.

17.
Ce que dit Michaux dit, que la "nuit remue" est aussi exact que le lien qui unit la plaie et le couteau.

18.
La nuit est aux dieux ce que le jour est à l'esprit, une escrime, une salle d'armes, un cercle.

19.
C'est la nuit qui la projette, c'te face-là de nos songes, la macabre; nos pommes nous, nous jouons l'autre comédie.

20.
La nuit tombe; le bouffon retourne à sa fontaine à féeries.

21.
Des fois, il fait du vent comme si on agitait un filet de ténèbres au-dessus d'nos arêtes.

22.
Un jour, les tyrans se disputeront férocement le titre d'Antéchrist. Il y en a eu, il y en a, des candidats...

23.
Des fois, la nuit passe la main tranchée; on appelle cela un "fait divers".

24.
Entendu sur France Culture cette belle phrase du mystique Al-Ghazâli : "La divulgation des secrets est blâmable, et la poitrine des nobles est le tombeau des secrets."

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 décembre 2014.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 21:20

ET PIS TANT PIS ET PIS TANT PIS ET PIS TANT PIS

1.
Des aigles brisés... plein l'Histoire... celle qui hache... dans la cendre laissée par la foudre.

2.
Des fois l'aigle lasse, c'est qu'ça vous en donne du mal au cou, les hauts oiseaux des grands parages...

3.
L'aigle aveugle; derrière la flamme, la fosse commune.

4.
L'aigle... une ombre vive sur les visages... et puis l'aile passée, la chair tombe.

5.
Des fois que les éclairs seraient les grands effets de manche de l'avocat du Diable.

6.
La foudre n'éclairant qu'un temps, soudain on voit l'heure... Déjà qu'on se dit, alors on s'affole, regrette ou on hausse ses dernières épaules.

7.
"Tant pis Tant pis Tant pis" qu'il fait le tic-tac.

8.
La foudre, quel beau blason pour la comtesse de l'Ironie du Destin.

9.
Quel arrêt, la foudre ! Quelle moquerie de nos vouloirs ! Ou quel intempestif brigadier peut-être ! Et nous qui pensions avoir écrit la pièce...

10.
Je me demande quels sont ces signes sur les ténèbres et quel est ce nom que dessinent les éclairs.

11.
Les lieux passent, avec leurs gens dedans.

12.
Les lieux passent... Nous voilà ailleurs... avec quelques-uns de leurs spectres tout de même.

13.
Le lieu n'a de sens que par le visage, surtout s'il est absent.

14.
Ils sont tous deux pleins d'énigmes; cependant, ce n'est pas Dieu qui nous dévore, c'est le Sphinx.

15.
Dieu est plein d'énigmes, et l'univers un crachoir.

16.
Le lieu, dans le même temps qu'il l'estompe, souligne l'autre lieu.

17.
Le lieu devine ce que nous sommes avant même que nous en ayons fait le tour.

18.
Quand je vous imagine, le lieu me projette son bal d'autres, sa masquée finesse.

19.
Un esprit passe.
Un lieu l'arrête.
Voilà le lieu hanté.

20.
Ce visage qui passe dans la nuit, nous ne le reconnaissons qu'après coup.

21.
Les transparents, ils vous prennent des fois des choses, des choses que parfois ils vous rendent, mais vous, ils ne vous rendent jamais.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 décembre 2014.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:26

ÊTRE N'ÊTRE PAS ET PUIS QUOI ENCORE

1.
L'humain, à chercher quoi qui qu'est-ce, i file au plus lointain, de l'infiniment plus petit au plus grand qu'en finit pas.

2.
Le temps c'est rien qu'du trouve-qui-peut qu'on n'a pas l'temps qu'à force c'est du fatal jamais.

3.
Des fois le vent il y va fort qui ramène toutes ses faces de nuit et leurs cheveux giflants.

4.
Je ne sais pas si force froide fascine, mais flamme vive dans une paire d'yeux, oui.

5.
Parfois quand les ombres sont en flammes, les spectres fuient avec leurs humains.

6.
D'abord i plut du sang, puis i chuta des mains tranchées, puis i tomba des gants.

7.
Cette nuit-là, c'étaient trois yeux qui l'observaient par la fenêtre; il en conclut que c'était le perroquet et son pirate borgne.

8.
"Il n'y avait plus de trace de la petite embarcation de secours aspirée par l'abîme."
(Jean Ray, "Le psautier de Mayence")

On ne songe pas assez que l'abîme aspire à c't'heure, et même à toute heure; on est cerné par l'aspiration.

9.
L'être efface ses traces; il appelle cela le passé. Il veille cependant à ce que le sphinx ait sa part.

10.
L'être projette ses ombres auxquelles nous donnons des noms d'autres.

11.
L'être défile ses anges et nous comptons les mouches au plafond.

12.
Ne pas être passe le temps et sème des regrets.

13.
L'humain, de la très bonne graine à regrets, ça, à en faire pousser, des mélancolies, des nostalgies, des guitares et du blues.

14.
Ne pas être efface peu à peu en nous enfermant dans not'miroir jusqu'à ce que nous n'y soyons plus.

15.
Nous sommes au miroir comme fantôme au manoir; quelqu'un finit toujours par prouver que nous n'existons pas.

16.
Ne pas être, quelle comédie alors ! - Tout ce que nous aurions pu si la blague n'était pas si féroce.

17.
Vivre, c'est plus ou moins longtemps n'être pas pour finir par n'être plus.

18.
Ne pas être, quel artiste ! Quelle fabrique à chefs-d’œuvre ! Quel atelier à peintre mort depuis des lustres !

19.
"Nous mourons seuls" est, quand on y songe, une vérité tout ce qu'il y a de moins logique; quant à "je meurs seul", c'est un pléonasme.

20.
N'être pas c'est n'avoir pas à dire ce que nous devrions dire si, même que des fois on n'y pense même pas.

21.
J'ai composé ces brefs en écoutant l'intense Rory Gallagher crapahuter ses blues électriques, puis l'épique flottant "Flying Teapot" de Gong, c'est vous dire si j'suis lunaire.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 décembre 2014

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 09:54

DE TOUT DE RIEN PUIS DE F'MURRR

1.
Le syndrome de Guillaume Tell : la flèche qui toujours vous retombe sur la pomme.

2.
Dieu n'est pas transitif : ce que nous faisons n'est pas son œuvre.

3.
Dieu n'a pas créé l'humain; il a créé à l'humain un monde radicalement inhumain.

4.
Dieu n'a pas créé l'humain; il a créé à l'humain son image.

5.
Dieu n'a pas créé l'humain; il a créé à l'humain son image, laquelle est un miroir opaque.

6.
Ce que porte le cheval n'est pas toujours chevalerie.

7.
Un cheval sans os monté d'une armure sans chevalier, c'est le vent qui passe et frappe de lance toujours nouvelle mannequins et mannequines.

8.
C'est trop de dignité de qualifier ce monde d'absurde alors qu'il n'est bien souvent que stupide.

9.
Il scrutait le ciel comme s'il lisait sur ses lèvres.

10.
"Parfois, on croit avoir tué un tyran et l'on n'a décapité qu'un pantin" que j'me dis en découpant mon steak.

11.
F'Murrr, "le Pauvre Chevalier", "On meurt aussi bien à cheval qu'à pied" dit l'un, et j'ajoute - sans doute pas plus rapidement.

12.
F'Murrr, "Le Pauvre Chevalier", et les "grands principes" qui se la cassent souvent, la margoulette, sur le "petit théâtre" du monde.

13.
F'Murrr, un corbeau criard, courroucé, gueulard et déployé, comme échappé du blason d'un genre Roland furieux.

14.
Délicieuse succession chez F'Murrr de "titres étranges": "baron nul", "comte de surnombre", marquis de trop", "seigneur de camelote".

15.
F'Murrr, "Je tombai le nez sur mon avenir" dit Le Pauvre Chevalier. Du reste, on tombe toujours le nez sur son avenir, bien que quasi tout l'temps il soit délayé dans la mayonnaise du présent.

16.
La Guenièvre de F'Murrr est blanche comme neige d'antan, blanche comme la mort à venir à la fin de l'album.

17.
Le Pauvre Chevalier de F'Murrr porte un cercle rouge sur la tunique, un pourpre zéro, un cercle, un infini de la nullité.

18.
Et pourquoi donc que Jehanne Darque ne taïauterait-elle point dans les airs et sur son cheval ?

19.
Pis comme je pouvais plus que nib et nada machiner dans le genre sortilège, j'avais plus qu'à quitter le pays de la magie, où je n'étais jamais allé.

20.
"Tout est fermé, la maison est là, solitaire"
("Ivanovitch", chanté par Julien Clerc)

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 décembre 2014.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 09:51

LA BLANCHEUR DU LOUP SUR LA NEIGE

1.
L'Enfer, ça doit être quelque chose genre s'artrouver voué aeternerlich à ces démons-là qu'on a passé sa vie à combattre.

2.
Le tout est de bien choisir son illusion, d'y être le plus efficace possible, afin qu'ça dure tout d'même qu'ça dure, avant que la déception décapitât la rose.

3.
L'œil ouvert sur chaque frémissement de l'aiguille, à attendre le moment où l'on pourra aller attendre ailleurs.

4.
Plongé dans nos pensées, des fois, on s'en rend pas compte que la lune se moque de nous à la surface de l'eau.

5.
"Connais-toi toi-même", c'est inciter au diagnostic inéluctable de l'incurable maladie de n'être que ce qu'on est.

6.
La boîte à trésors de la chanson française : Malicorne et ses ritournelles hantées, ses retours d'antan, Margot et Luneux électriques.

7.
Marchant dans la rue et croisant quelques policiers, "La maison Poulaga est en goguette" que j'me dis, comme quoi San-Antonio laisse des traces.

8.
J'ai du mal à admettre que l'être s'oppose au non-être; ce qui n'est pas est négativement, voilà tout.

9.
Que A ne soit pas non-A n'implique pas que A soit au contraire de non-A; il lui est même lié, de la même manière que l'être est lié au non-être, Dieu au diable, et le dit à l'indicible.

10.
Et la dernière syllabe s'étant effacée, l'univers rentra dans sa boîte à big bang pour ne plus jamais, au grand jamais, en sortir.

11.
Y en a qui disent que Dieu est dans la dune aussi bien que dans la tempête, dans le ver, dans le fruit, dans la dent.

12.
Y en a qui disent que c'est le vent de Dieu, puisqu'il efface les livres de sable et découd les paupières.

13.
Il n'y a que l'humain pour faire la morale à Dieu le Père.

14.
On ne chasse pas les souris dans la maison du chat.

15.
Si les murs ont des oreilles, elles ont aussi des bouches que l'on peut faire rire jusqu'au sang.

16.
Le Sphinx a toujours la réponse : le croc ou la porte.

17.
Il est astucieux comme un croquis, un trait de violon, un reflet cocasse dans une flaque.

18.
Ce n'est pas en mangeant la lune que tu reverras le soleil.

19.
Comme on a des yeux dans ses fleurs, on ne voit plus ni chardon, ni vipère.

20.
L'Orgueilleux vit dans un monde plus petit que son nombril.

21.
Qui a dragon dans sa main se réchauffe aisément.

22.
Je me fascine et laisse filer la blancheur du loup sur la neige.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 décembre 2014.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 18:56

TONNERRE ET SPECTACLE

1.
Une sensation la douleur une
Sensation qui résiste à la gomme
Qui prend le temps au corps qui
Ne veut pas écrit Cioran qui ne
Veut pas quoi donc qu'il ne voulait
Pas Cioran s'effacer car l'être est destiné à
S'effacer pour laisser passer
Une foule d'autres êtres
Sensation oui moi aussi j'aime cette
Ambitieuse qui vibre en nous ses gencives.

2.
Une sensation, la douleur, une sensation qui résiste à la gomme, qui flanque en nous ses crayons, ses traits, ses pointes.

3.
Qui prend le temps au corps qui veut nous assimiler à ce temps comme si elle voulait l'abolir.

4.
Veut pas quoi donc qu'on veut ? S'effacer ? C'te bonne blague ! L'univers, du papier noirci de signes qui se prennent pour des preuves.

5.
Pas s'effacer ? Bah ! l'être est destiné à s'effacer, évidemment, faut bien les laisser passer, nos semblables, nos frères, nos gommes.

6.
Je me souviens du roman "Les Gommes" de Robe-Grillet comme d'une variation assez ennuyeuse sur quelques motifs plus ou moins inspirés par l'univers de Simenon.

7.
Une foule d'autres êtres... Ah! Ils me traversent ! Ce sont les "Grands Transparents" ! Ils n'existent pas et tissent la pluie.

8.
Elle croyait aux invisibles qui profitent de la nuit pour nous couvrir de rêves et sucer notre conscience.

9.
Du sable de sa conscience s'était levé quelque enchanteur invisible, imprévisible, malveillant.

10.
Sensation, oui moi aussi j'apprécie cette ambitieuse qui croit tracer un chemin parmi toutes les croix des instants révolus.

11.
Le mot "tonnerre": un coup suivi d'un grondement qui roule dans un lointain de "e" muet.

12.
L'exclamation teutonne "Donnerwetter": le second fragment en écho au premier, comme on entend le coup et son double, la foudre et sa syncope blanche.

13.
Cioran et le temps, longue lame contre bref couteau.

14.
Cioran, le retour au Doute comme on revient au pays.

15.
"Exister est un plagiat" écrit Cioran. Certes, et c'est même le plagiat d'un auteur qui n'existe pas.

16.
A chaque fois que j'entends délirer mystiquement, lyriquement, politiquement, je vais me chercher dans la caboche la lucidité de deux ou trois aphorismes de Cioran; alors, je puis respirer.

17.
Ils parlent de vrais livres comme si on pouvait noircir deux
ou trois cent pages sans mentir.

18.
"J'ai des commandeurs dans la tête" me dit-il, induisant aussitôt chez moi l'image d'un cerveau relié à des fils que remuent de petites mains mécaniques.

19.
Ne pas écrire revient pour moi à me renvoyer à ces démons qui attendent patiemment que le rideau tombe sur mon spectacle de syllabes.

20.
Même les démons peuvent faire preuve d'une patience d'ange quand il s'agit d'attendre que nous choisissions la mauvaise solution.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 décembre 2014

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 18:52

CELUI QUI VEUT FUIR LE TEMPS QUI PASSE

Voilà celui qui veut fuir le temps qui passe
Voilà celui qui croit qu'il peut tourner le dos
A la mort qui passe partout où l'on passe
A la mort à la viande et au couteau.

Voilà celui qui veut fuir le temps qui passe
Celui là jamais ne se mariera
Car fille est au temps aussi bien que gars
De nous il ne reste plus que carcasses.

Celui-là jamais ne se mariera
Il vivra chez les livres, chez les agace
Latin et chez les marchands de charabias
De nous il ne reste plus que carcasses

De nous il ne reste plus que carcasses
Et puis que poussières et puis que poussières
Que traversent les chevaux et les âmes fières
De nous il ne reste plus que carcasses.

Voilà celui qui veut fuir le temps qui passe
L'œil fuyant il rêve de signes de kabbales
De nous il ne reste plus que carcasses
Le voilà très vieux très seul très pâle.

Le voilà très vieux très seul très pâle
C'est une ombre qui passe dans la rue
Enfants le moquent enfants le huent
Puis le voilà qui chante dans son dernier râle

Toc Toc Toc qui s'en vient moi je râle
Je chante et je râle
Première Dame s'en vient
Robe verte et jeune chien
Première Dame s'en vient
Prend son cavalier souffle sur son âme
Qu'en jaillissent des flammes

Toc Toc Toc qui s'en vient moi je râle
Je chante et je râle
Deuxième Dame s'en vient
Robe rouge et chien de chasse
Deuxième Dame s'en vient
Ne ment pas souffle sur les âmes
Qu'en jaillissent d'autres âmes

Toc Toc Toc qui s'en vient moi je râle
Je chante et je râle
Que troisième Dame s'en vient
Robe noire et chien de flammes
Que troisième Dame s'en vient
Et nous mène sur son grand cheval
De vent et nous mène au dernier bal.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 décembre 2014.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans chansons idiotes
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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 12:21

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PETITES CHOSES EN ATTENDANT AUTRE CHOSE QU'ON RIGOLE

1.
26 vaches dans un pré carré, si on les met au carré, ça fait 676 vaches, ce qui fait carrément beaucoup.

2.
Paris est la capitale de la France et elle a un long nez que l'on appelle la Tour Eiffel.

3.
En 1904, le jour où, pas content, il rompit les relations diplomatiques avec la République française, le pape reprit-il de la cervelle à midi ?

4.
Maubeuge est une ville où il y a un zoo et des Maubeugeois, les uns fréquentant l'autre, et réciproquement.

5.
Tous les canards ne s'appellent pas Daffy Duck, Donald Duck ou Bob L'Eponge Duck, quoiqu'ils couaquent comiquement tous, sauf les muets, ça va de soi.

6.
"Le Tempestaire", d'Orlando de Rudder, un roman soufflant, et même époustoussoufflant.

7.
En admettant qu'elles fussent des éléphants, cela m'étonnerait que Christophe Colomb ait franchi les Alpes à dos de caravelles.

8.
Shakespeare a écrit des pièces de théâtre tellement épatantes que l'on se demande qui en est l'auteur.

9.
Il n'est pas toujours si aisé de caresser un chauve dans le sens du poil.

10.
Je n'avais jamais écouté l'album "Voodoo Lounge" des Stones, je croyais que c'était un mauvais album... La claque ! C'est un de leurs meilleurs, au contraire !

11.
Il n'y a pas qu'à Cambrai que l'on fait des bêtises, mais celles de Cambrai vous rappellent à cette petite joie des parfums sucrés.

12.
Si Picasso avait dessiné "Les Aventures de Tintin", la face de la bande dessinée en eût été changée. Vous imaginez "L'Oreille cassée", avec des fétiches et des amazones cubistes partout dans des forêts chargées d'yeux immenses et blanches comme des saignées d'papier.

13.
Hergé était tellement génial que s'il n'avait pas inventé Tintin et Milou, il aurait, sans l'ombre d'un doute, créé Hercule Poirot.

14.
On discute encore du fait que Jeanne d'Arc a été brûlée à Rouen. Remplacée par une Marie-Madeleine quelconque, La Pucelle aurait fait ensuite une carrière de chanteuse rock à textes hermétiques et flamboyants.

15.
Je ne doute pas de moi un seul instant. Je suis certain que je n'existe pas.

16.
Le silence qui suit une symphonie de Mozart, c'est sûr qu'c'est pas du Mireille Mathieu.

17.
Soyez rassurés, les Wampas jouent toujours aussi sincèrement mal.

18.
La société des gens honnêtes est une assemblée de gens qui se volent gentiment entre eux, dans le respect des lois et de chacun.

19.
Et dire que si Napoléon était resté en Egypte, il se serait peut-être pris de passion pour l'archéologie. Je le vois bien, moi, le petit teigneux, mettre toute son énergie dans la quête d'un empire disparu et finir par dénicher Toutankhamon.

20.
Louis XI, disait-on dans les écoles, aimait aller écouter incognito ce que racontait son peuple. Il devait avoir un sacré répertoire d'histoires belges et de paris stupides.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 décembre 2014.

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