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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 06:27

ET DU J'AURAIS DU AUSSI

1.
Un comme je peux, un j'aurais dû aussi, voilà c'que je suis.

2.
Je soliloqui-soliloqua, me consultais, me disais d'là-quoi-bon et du restons peinard tranquille.

3.
C'était pour par qu'ça arrive une fois de plus, la dégringolade; la précaution, c'était ma pente naturelle, me laisser glisser dans mon ombre.

4.
En déveine déconfiture, plein désarroi, au milieu d'l'agoni navré, du tout défait, des décomposés visages, des obstacles narratifs, il planta la page et alla s'coucher.

5.
La vitre se brise, se jette par la fenêtre, se suicide, s'éparpille, retombe en pluie tranchante.

6.
La question se pose, atterrit sur le tapis, ne se répond pas toujours, reste en suspens, en l'air, ange problématique.

7.
L'être furieux ne se contient plus, se gonfle, se hérisse, s'hyperbole, se fout en boule, rebondit partout, à en faire des trous dans les êtres, à filer boulet d'canon, filer finir dans une campagne lointaine.

8.
Quand on se ronge, qu'on doute, qu'on ne se sent plus en phase avec soi-même, qu'on voudrait bien se rattraper, on se dit qu'on a l'être trop lent pour l'être vif, si redoutablement vif.

9.
"- Y a des zens qui viennent de partout... y a des zens qui reviennent zamais..."
Le genre charade."
(Céline, "Le Pont de Londres")

10.
Certaines femmes ont le genre charade, énigme; d'autres, c'est plutôt contrepèteries, rires gras et calembours; pareil pour les hommes, en aussi tarte.

11.
Du flou... vagues immeubles... buldings brumeux... plus loin dans le flou chais pas une colline. Par la main qu'elles se tiennent, blanc vêtues... cramé bronzage... du coup, blanc d'leur short, d'leur tee-shirt... fleurs, fantaisies, colifichets, mignonnes frimousses flanquées sourire... la fleur au ch'veu, main dans la main, les soeurettes, genre d'aller se mettre à danser, sur la plage, derrière le pseudo... la couverture "Fleuve Noir" de "baise-ball à la baule" de San-Antonio.

12.
On peut être animé par un chant et mélancolisé d'une chanson, comme quoi les neurones ont des oreilles, connaissent la musique, à croire qu'ils vous connaissent mieux que vous-même, les neurones.

13.
Il était si emballé qu'un cheval lui poussa entre les jambes... Filèrent tous deux.

14.
Le zigoto, je suppose qu'ça s'agite, qu'c'est tout gigotant, un zigoto, tout zigzagant dans le spéculatif, très drôle de zèbre, zazou, pas posé, zig à bizarres puces, qu'on dirait qu'il improvise sans savoir exactement ce qu'il joue.

15.
Les discussions, on peut les avoir en horreur, et les bouches qui vont avec, les dents qui vont avec, les becs qui vont avec, et les yeux secs, les tronches de cake qui vont avec, alors moi, quand c'est comme ça, je m'en vais avec mon ombre écouter la valse brune qu'elle fait le silence, ou alors "Pithecanthropus Erectus" de Charles Mingus.

16.
La vérité, c'est du rare, ça court pas par toutes les bouches, c'est même effrayant, la vérité, ça commence par deux et deux font quatre, Sganarelle, et ça finit par l'apocalypse en équations.

17.
La vérité, c'est tellement effrayant, que, dans sa grande sagesse, l'humain a inventé l'administration, pour la flanquer dans des petites cases, la vérité, et qu'elle n'en sorte pas !

18.
Des fois, les gens, on les comprend mal; i s'égnimatisent soudain; et même, elles s'énigmagnétisent, quand elles sont jolies... mais c'est du flan souvent... du d'dans not' tête...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 juin 2014

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 05:12

NOUS DES COMME JE PEUX

1.
Un comme je peux, c'est ça qu'je suis.

2.
Dieu, quand il a fini de lire son livre, eh bien, il le recommence... Il a beau être dieu, il ne se souvient pas de tout... Dieu apprend son monde.

3.
Des fois, on a tant besoin de sommeil que nos yeux ferment nos corps.

4.
Quand même, je suis bien content de préférer les syllabes des poèmes aux bruits qu'ils font les autres avec leurs bouches à viande.

5.
Pour être vraiment haineux, il faut l'être en bloc. Dans le détail, des fois, on pourrait se fasciner.

6.
A force de chercher l'éclair dans un verre, on finit par s'y griller.

7.
Poing, foudre et faucon... Seigneur, quel blason !

8.
Et pourquoi donc que le devin n'aurait pas d'humour ? Que Cassandre ne rirait pas du fond de ses syllabes... Que le sorcier ne serait pas moqueur... Après tout, la foudre, c'est surtout de l'ironie.

9.
C'est en pensant aux autres que l'on fait des fautes; quand on se concentre sur soi, on est généralement plus prudent.

10.
Une maison : de l'ordre avec des bouches dedans... des bouches, des trous, d'l'entraille.

11.
Parfois, le Sphinx sort de son ombre pour aller participer à l'éphémère, à l'être persistant et élégamment vulgaire des autres.

12.
Le fou rire de Cassandre devant les murailles d'orgueil; le fou rire de Cassandre dans la grande mer des syllabes grecques.

13.
Et quand sa mâchoire se refermera, nous serons engouffrés.

14.
Antonin Artaud... malade de sa foudre peut-être... Artaud, radicalement autre, radicalement là.

15.
Le bec est par par les ailes comme la gueule est par la carcasse.

16.
Cheval ne vaut que par bataille et nous valons comme nous pouvons.

17.
Remuement des murmures... rouages des syllabes... mécanique des ombres... Le Sphinx, quel machin !

18.
Un sphinx à la porte. "Qui est-ce ?" demanda Cassandre (elle était encore bien petite).

19.
Des coups d'épée dans l'eau certes... mais qui troublent n'est-ce pas vos beaux reflets...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 juin 2014

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 03:57

LISANT JEANNE QU'ON BRULA VERTE

1.
Jeanne d'Arc... la pluie de cendres de ses yeux.

2.
Jeanne d'Arc... "l'insurgée", la "mystique", la "jeune fille" avec laquelle on aurait "bataillé", écrit René Char, "bataillé"... peut-être...

3.
Jeanne d'Arc... Quelles ombres combattait-elle ? Quelles voix dans son être tournaient leurs têtes étranges ?

4.
Jeanne d'Arc... du "long et du vigoureux", "rectangle vertical" écrit René Char, le bras à l'épée, la porte, porte-étendard, porte-épée, porte-voix, par quelle porte, Jeanne, par quelle porte ?

5.
Jeanne d'Arc dans l'oeil de René Char : ni fesses, ni seins... "cantonnés", "battus" écrit-il... corps chevalier... visage blason... corps taillé pour.

6.
J'imagine que dans ces cent ans là, parfois, le Sphinx était en marche dans la nuit, et murmurait, et peut-être criait-il dans le lointain des campagnes de France, et peut-être appelait-il Jeanne Jeanne Jeanne.

7.
Jeanne d'Arc, "un vivant mystère humanisé" écrit René Char, la descendant de son cheval des cieux, de son épée énigme, pour l'adouber résistante.

8.
Jeanne la sainte, la peinte, la feinte, la sphinge, la suscitée des syllabes, la multiple des images.

9.
Jeanne d'Arc... l'arbre fragile, le désigné... foudre et racine... la voix et le fil... la brassée de bruissements... le requin et la mouette... l'arbre et son feu de foudre.

10.
Jeanne d'Arc... avais-tu tête dure comme corne de bélier... de cette corne qui enfonce les portes et ouvre les jours.

11.
Jeanne d'Arc... vertigineuse verdeur... la vierge qui rachète le sang versé... qui ancre la foi... fallait-il cela, fallait-il ce rite vieux comme la mort ?

12.
Jeanne d'Arc... la piété et la piétaille... pieds à troupeau, "à flancs de chevaux" écrit René Char, pieds à bouter, à cors, à cris, à feu, à sang, à cendres, à phénix, à baiser.

13.
Jeanne qui se leva à l'Est et se coucha à l'Ouest, et qui de sphinge devint phénix.

14.
Jeanne d'Arc par René Char... "traits de terre" dit-il... oh la peinte à batailles... à "verte terre", à "obstinée", à "sacrée", à "fade" de la nuit; la terre est bleue comme une sainte horreur.

15.
Jeanne aux chiens des autres.

16.
Jeanne, te pensais-tu os dans la gorge ? Que tu leur restais en travers ? Aile de poulet à la lippe.

17.
"Jeanne qu'on brûla verte" est le titre du poème de René Char, pour dire la vierge, la vivace et la forte autrefois.

18.
Jeanne... flamme, femme, flambeau, âme... tu es un lexique, Jeanne... un champ lexical pour ta chevauchée de légende.

19.
Jeanne d'Arc... "Terre peut-être toute bleue dans le regard horrifié" écrit René Char... Jeanne... la pluie de cendres de ses yeux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 juin 2014

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR RENE CHAR
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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 11:53

DU CHIEN DU TEMPS

1.
Les bobos qui le dimanche matin arrivent en bermuda et sandalettes à la boulangerie, peuvent pas s'habiller comme tout le monde, non ? En cape et pourpoint.

2.
L'Histoire, cette tentative secrète d'animer on ne sait quel golem du passé.

3.
"J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire."
(Racine, "Phèdre", II,5, v.582 [Phèdre])

4.
J'oublie, en le voyant, l'autre, avec sa patience d'autre, sa bienveillance d'autre, son humanité d'autre, j'oublie de me demander ce que j'fous là.

5.
Ce que je viens lui dire, c'est simple, c'est zut !
D'ailleurs, je n'y vais même pas, je l'écris : zut !

6.
"De tout ce que j'entends étonnée et confuse,
Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse."
(Racine, "Phèdre", II,2, v.509-10 [Aricie])

7.
De tout ce que j'entends, je ne retiens que dalle.
De tout ci, de tout ça, que voulez-vous que ça,
Que voulez-vous que ça me fasse ?

8.
Elle traversa le fantôme, étonnée et confuse de ne pas le reconnaître.

9.
"Je crains presque", mais pas tout à fait tout de même,
"Je crains", ah si, quand même si...

10.
Qu'un songe m'abuse, qu'un rêve me défasse, je traîne dans l'espace, et de moi-même je m'use et m'amuse.

11.
"Quelle plaintive voix crie au fond de mon coeur"
(Racine, "Phèdre", V,4, v.1456 [Thésée])

V'là qu'il a d'la "plaintive voix" plein son palpitant, le Thésée... qu'ça "crie au fond"... qu'ça remue, qu'ça geint, qu'ça ouine monsieur...

12.
Celui dont les ennemis se confondent avec leurs ombres, s'éclipsent dans l'aussitôt, changent de visage comme de nom, et de masque comme de chemise, celui-là, que voulez-vous qu'il foute avec son épée ?

13.
L'épée sert à tailler en pièces, en petites pièces de monnaie de chair. Les guerres sont des ventes à perte humaine.

14.
L'oeuf, ça se pond, ça se mange, ça se craque et, aile après aile, griffe après griffe, oeil après oeil, on en sort et on dévore le monde.

15.
Le miroir ne bronche pas. C'est pourtant de son eau que sort la main invisible qui vous angoisse, vous broie la gorge, vous étrangle.

16.
Le chien du temps, quand il n'aboie plus, c'est qu'il vous égorge.

17.
La porte des fois quand elle s'ouvre c'est tout noir dedans... tout noir dedans... tout noir dedans... avec des yeux qui s'allument au loin là-bas au loin l'indéfinissable loin...

18.
"Ils doivent vivement ramener leur âme."
(Henri Michaux, "La paresse")

L'âme, des fois, elle vous glisse du corps, elle longe le quai, vive, décidée, plonge dans l'eau sombre. Il faut alors aller la chercher, la ramener, la sauver. C'est ainsi qu'on se mouille.

19.
Les bibliothèques ne fument pas. C'est dangereux. A cause du papier, bien sûr, et de tout l'être bruissant murmurant réflexif qu'elles contiennent.

20.
Une bibliothèque, quand elle veut se suicider, se met à fumer. Ou alors, elle prend un bain.

21.
Le film "La Charge Fantastique" ("They Died With Their Boots On", 1941) de Raoul Walsh, est la preuve qu'un chef d'oeuvre se moque bien de la vérité.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 juin 2014

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 08:35

EN LAVANT MON COUTEAU

1.
Les autres, ça pullule, ça grouille en ville, les autres, avec leurs têtes d'autres et leurs autres noms d'anonymes.

2.
Qu'un sorcier ou une sorcière s'avère quelque part, bien vite se manifestent des vers pour la solliciter, sa pomme.

3.
Me souviens... chu plein d'autrefois... contacté d'passé... d'espacés, d'anciens dits... feux fuis et chuchotements.

4.
Passé, volcan d'ombres.

5.
Feu mort, on passe plus, on trépasse.

6.
Certains êtres... un je ne sais quoi d'attachant... un rien d'original, un brin d'folie fictive... on se pame la mirette...

7.
Qu'un sorcier ou une sorcière s'avère quelque part, bien vite qu'on la prie d'intervenir, d'agiter secrètement les esprits, les tables, les vieilles formules lunaires.

8.
Le temps est plein de forges et le ciel plein de foudre.

9.
Je ne crois pas aux montagnes que l'aile ne pourrait abattre.

10.
Et si un jour la clé secrète d'un proverbe animait quelque golem éloigné ?

11.
Faire du café... eau qui bout... chaleur... poudre brune... gaz flamme passer le café le temps noir soleil.

12.
Passer le balai, faire apocalypse d'un tas de microscopiques qui s'agitent en tout sens dans le vertige de la poussière.

13.
Passer un coup d'éponge - paroles à la radio sur la musique brésilienne et les "grandes stars de la samba, qui sont toutes mortes pauvres, hein, on peut le dire."

14.
L'humain passe son temps à mettre de l'ordre; c'est pour ça qu'il a inventé le chaos, le désordre, l'indiscipline, le bordel, pour se donner un but, le sens de l'ordre.

15.
Essuyer trois fourchettes, une pour l'oeil gauche, une pour l'oeil droit, la troisième pour le troisième.

16.
Jazz à la radio, un batteur "légendaire" qu'il dit le speaker; il y a des gens, on dit comme ça qu'ils sont légendaires... Les ferait rire jaune peut-être... peut-être ça les fait... ont peut-être une drôle de misère ignorée... légendaire... légendaire... l'oiseau dodo aussi il est légendaire tellement légendaire qu'il y en a plus, des dodos.

17.
Il y a toujours tant de choses à faire que je me demande comment font les autres pour se débrouiller de ce tant de choses qui vous mangent le temps la tête le corps et tout le tremblement de l'être.

18.
Je ne sais si le silence ne se sent pas floué par ces flots de syllabes qui scient le silence comme branche de l'être.

19.
Laver un couteau, tailler secrètement quelque en pièces.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 juin 2014

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 22:19

UNE GUITARE DANS UN LABYRINTHE

1.
"Mais la poursuite prend elle même des atours énigmatiques."
(Gilles Esposito, "Mad Movies" n°275, p.49)

2.
Les "atours énigmatiques" de la "poursuite"; c'est que parfois on poursuit des gens qu'on connaît plus ou moins, et l'on finit par glisser dans le fantomatique.

3.
"ni tout à fait un simple d'esprit, ni tout à fait autre chose"
(Gilles Esposito, "Mad Movies" n°275, p.49)

Evoquant ainsi un personnage du film "The Rover", dans cet "autre chose", j'y pressens de l'alien, d'l'étrange radical. Ceci dit, j'ai pas vu le film.

4.
"Les portes des bicoques en ruine ouvrent (...) sur un espace plongé dans le noir et qui semble s'étendre à l'infini"
(Gilles Esposito, "Mad Movies" n°275, p.42)

5.
L'infini, ce qui se tient derrière la porte et qui hop! vous avale dès que franchissez le pas.

6.
L'enfer, c'est peut-être l'extension du temps à l'infini, la mort infiniment longue à ne pas venir.

7.
Le Sphinx ne s'impatiente pas. Il laisse passer l'être qui finit toujours par lui revenir.

8.
Fantômas, je l'imagine capable d'une délicatesse d'égorgeur de papillons.

9.
Lorsque Henri Michaux demande: "Qu'est-ce que le cerveau ne tue pas ?", je pense que l'on peut remplacer le "cerveau" par "l'autre".

10.
Dans le texte "L'Ether", Henri Michaux évoque les "grandes ondulations de l'être", de l'ondoyant donc, du translucide, du palmé.

11.
Henri Michaux note que "l'Homme ne supporte pas le Temps".
Or, le temps n'existe pas.
Donc, ce qui n'existe pas est insupportable à l'Homme.
Et c'est ainsi que l'Homme se déteste.

12.
On songe avec nostagie, on s'ronge, on mange, tandis que l'ogre de l'horloge nous grignote.

13.
Le narrateur de "La Nuit remue", de Henri Michaux, évoque une "étendue immense de cendre", un monde mort quoi, rfroidi, déserté du phénix.

14.
L'assassin "doit se déguiser pour ne pas être reconnu et chasser ses proies dans le vrai monde."
(cf "Mad Movies" n°275, p.44)

15.
Avec vos grandes oreilles, vous avez forcément entendu des choses, des choses qui vous ont fait couler un miel noir, et voilà que votre oreille saigne saigne saigne.

16.
J'imagine une guitare dans un labyrinthe, et les doigts de la momie.

17.
Celui qui parle du Sphinx évoque une terre de gémissements; du reste, parler du Sphinx, c'est parler de la question.

18.
Celui dont la tête se dilue dans le rêve, il se peut qu'elles complotent, les ombres, contre sa station debout.

19.
Celui qui songe que ses jours loin de lui nagent, encore de faire un pas, cela peut lui coûter.

20.
Celui dont les sirènes mangent les yeux ne reconnaît le dragon qu'à son souffle; il est alors trop tard, il va à la grillade.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2014

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 11:58

QUATRE COUPS DE GRIFFE suivi de LE SAGE A DIT FLUTE

1.
Avec Hollande qu'a quasi tout foiré, et Sarkozy qui commence à sentir drôlement le bouc émissaire, c'est plus un boulevard qu'elle a, Marine Le Pen, c'est une Voie Royale...

2.
C'est bien d'envoyer des soldats en Afrique; ça épate la galerie pendant qu'on vend des armes de ci, de là, où ça, à qui, devinez...

3.
Le baccalauréat en contrôle continu ? Allons-y Folleville ! Sûr, on dépassera les 80% !... Des statistiques à la soviétique alors !... 99 % et des brouettes de recus je pressens !... Tous géniaux, tous épatants d'la comprenette, tous compétents du socle ! Même les pires bafouilleux du neurone, même les bras les plus cassés ! On aura, nous France, les chomdus les plus diplômés du monde !...

4.
J'ai un collègue, i s'épate soudain de découvrir que le monde est occulte ! qu'il y a complotance partout, que les banques tirent les ficelles des guignols politiques, et que les journalistes sont dans la caverne... Encore un effort, camarade fonctionnaire, et tu vas découvrir que c'est grâce à ce tout comploteux monde que tu peux éduquer tes mômes, t'acheter les bouquins à Péan et Plenel, et écouter des conneries pops.

LE SAGE A DIT FLUTE

1.
Des fois, je sais plus où me mettre... Alors, je me mets ailleurs... Mais c'est juste pour dire, je suis quand même encore pas là.

2.
"corps irréguliers plantés au milieu de nulle part"
(Théo Ribeton, "Les Inrockuptibles" n°967, p.60)

3.
Des fois, on se sent plus habité et ténébreux qu'on est, mais toujours moins que si nous nous laissions complétement ombrager.

4.
"la petite musique répétitive rythmant nos vies"
(Jacky Goldberg, "Les Inrockuptibles" n°967, p.59)

5.
"Mon coeur court après elle"
(Racine, "Andromaque", II,5, v.684 [Pyrrhus])

6.
"Mon coeur court après elle", et tire bien sa langue.

7.
Des fois, je m'obstacle, je m'obstine dans l'obscur, le bulbe que je m'obnubile, j'obtempère à mon génie qu'existe pas.

8.
Le sphinx, si on le laisse faire, i se met vite à visionner, à cassandrer ésotérique, à pondre du mythe à en faire baver des générations d'universités.

9.
L'humain, c'est plein de flèches et de chemins qui correspondent pas. A lui d'y débrouiller quelque chose dans c'te pelote.

10.
Le passé pâlit à faire peur; i s'translucide, i s'transparence, blanchit des ombres.

11.
Et voilà que l'homme-dé déboule sur le tapis... et comme d'hab "par hasard et pas rasé", qu'on dirait une citation de Gainsbourg.

12.
Le sage a dit flûte et tous prirent leur pipeau.

13.
La politique, ou l'art de jouer de l'orgue à pipeaux.

14.
Y en a, i s'tourbillonnent la bouilloire à neurones, i s'tribulationnent le chinois, i se cinochent la déconne, i s'auto-fictionnent, jouent à singe-le-Sphinx, et tout ça pour s'emberluer dans l'humanisme le plus fat.

15.
A mon avis, l'infini , il a commencé par le signe négatif, d'où tout le contrarié qu'on a, qu'on se contrecogne tout le temps.

16.
San-Antonio/Frédéric Dard dit quelque part que les humains sont tellement "perfides jusqu'à l'os" que "du vinaigre irrigue leur corps". C'est donc pour ça qu'ça fait tant d'salades.

17.
"tout bon, je me sens un appétit sexuel d'ogre à gros"
(San-Antonio, "Baise-ball à La Baule")

18.
Tant que les chevaux ne pourront pas jouer aux courses, bien des tuyaux resteront crevés.

19.
"Mes fureurs au-dehors ont osé se répandre"
(Racine, "Phèdre", III,1, v.741 [Phèdre])

20.
"Mes fureurs au-dehors ont osé se répandre"
Je les entends ah oui qui trépignent et grondent
Et crac ! a cassent tout ! Mes fureurs sont pas tendres.

21.
Dès que j'attrape un esprit sérieux, je le patafiole, le ridiculise, le billevèse, puis quand il est bien cloué du bec, je le jette, n'y trouvant plus aucune utilité.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2014

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 06:18

DE LA LIMACE DANS LE KAWA

1.
J'me sens tellement lent qu'c'est pas possible autrement, c'matin, il devait y avoir de la limace dans mon kawa.

2.
Faudra que je songe un jour à écrire les aventures de Achille Lebouillant.

3.
Tant que j'y pense : "faudra que je songe un jour", drôle d'expression tout de même.

4.
"Laisse-moi des périls"
(Racine, "Andromaque", III,1, v.784 [Oreste])

5.
Laisse-moi des périls, c'est pas pour m'y mettre, c'est pour offrir.

6.
Je me demande de quoi pourrait bien parler un traité qui commencerait par : "La connaissance n'est pas possible."

7.
Horace Silver est parti jouer du piano pour l'infini. Un mois après mon père. Lui jouera-t-il "Song For My Father" ?

8.
"Je recherche la compagnie des esprits" aurait déclaré Lana Del Rey. Quand donc nous rencontrons-nous, ma chère Lana ?

9.
Des fois je me clair-obscure le nocturne; remarquez, je peux le faire aussi avec le diurne; mais ça fait tout de suite moins lunairement singulier.

10.
Non, je ne reprendrai pas l'enquête en outsider alcoolique ! On sait comment ça finit ces trucs là : Une balle dans le dos qu'on s'écroule dans le dur de la nuit et le cru de la pluie, les yeux mouillés de la journaliste, et la chanson triste du générique.

11.
Dans le temps, y en a qui pogotaient; i se secouaient les burnes histoire de se remuer les morbacs.

12.
Quand je me recèle les pires vilenies, je creuse un trou dans mon être avec la pelle de mon âme, et j'les y flanque, les agitées d'la langue.

13.
"Merde alors. Depuis le temps que le réel m'emmerde..."
(Alexandre Gamelin, "Les Inrockuptibles" n°967, p.10)

14.
Entendu, réinterprété par Philippe Katerine, un tube d'il y a qui dit à un moment :
"Comme une clope dans un paquet d'clopes
Comme une frite dans un cornet d'frites"
Et puis quoi ?... Comme un coeur dans une crise cardiaque ?

15.
Des fois, je me remarque et je me dis : "Ah, tiens..."

16.
Des fois, je note que la langue s'affole, comme si un vent soudain se levait dans l'herbe des syllabes.

17.
Des fois, j'ai l'impression de pulluler au soleil; je souffle alors, et de mes naseaux jaillissent des flammes à faire le vide.

18.
Je ne crois pas que cela soit une bonne idée d'imaginer une version du Petit Chaperon Rouge où Mère-Grand boufferait le loup.

19.
Des fois, j'aimerais avoir une baguette à faire le vide; y aurait tout de suite moins d'cons autour.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2014.

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 02:44

J'AI DETESTE ETRE BUVARD

1.
Y a du bizarre plein les fleurs, des clous rouillés dans la forêt; ce fut du christ tout ça jadis.

2.
On s'arlequine de tout, de rien, syllabes et visages, sur la terre qui est ronde; nous y poursuivons notre ombre.

3.
Y a des faits l'un pour l'autre, y a des défaits l'un pour l'autre, l'un pour l'autre, pis du criage dans le vent, et du fondant dans l'être, qu'on tombe pâte à matière.

4.
Déjà le vent d'automne, ma complainte, ma complainte, ma compagne; déjà le vent d'automne, je bats la campagne.

5.
"Le ciel pleut sans but"
(Jules Laforgue)

6.
Le ciel pleut sans but sur des êtres sans but qui se croisent sur des ponts.

7.
"Par quel ennuis kilométriques
Mener ma silhouette encor"
(Jules Laforgue, "Petits mystères")

Par les chemins
Quels chevaliers évanouis ? - Les
Ennuis à la file vont
Kilométriques moi, j'vais
Mener mon chien d'moi-même,
Ma mâchoire, ma vague gronderie, ma
Silhouette qui s'estompe;
Encor fait-il jour car c'est l'été.

8.
Je peutestre l'espérine qu'ça guernouille autre, mais toujours ça crapalde.

9.
Des fois, philosophe à sabots, quand j'chvale spéculatif, je m'emballe... aussi, souvent, je m'âne et m'ânonne.

10.
Parfois, je me microscope; on ne me voit pas, comme si je n'étais déjà pas là.

11.
Il est rare que je m'impérative le catégorique; je préfère me relativiser le tempérament, m'élastifier le temps.

12.
Les peuples gras doivent leur abondance à la manière dont ils squelettisent les peuples maigres.

13.
Je m'antique des fois la pensée, mais comme je ne jacte ni grec, ni égyptien, difficile de tailler le bout d'lune avec le Sphinx.

14.
Des fois, les fièvres tiennent concile; je tends ma longue oreille et les écoute délirer; c'est distrayant, un peu.

15.
L'individu est voué au définitif et pas à l'infini. A moins qu'éternellement, il ne revienne jouer son unique et propre rôle.

16.
Quand je me mille-cloche, je me sonne; si j'ai le diable au clocher, je forge illico pour mes fontes des voix humaines qui crient Ah qui crient Ah qui crient Ah.

17.
L'âme est une pièce de monnaie à valeur variable. Pile, le souvenir; face, l'oubli, - Némésis et Léthé.

18.
Dès que je me sors de ma mémoire, je m'oublie, et j'agis comme si je n'avais pas été.

19.
Le truc, c'est qu'il y en a, i se sont comme intrépidisés... Jeanne d'Arc... Bonaparte... De Gaulle... Apparemment zont jamais trouillé eux.

20.
J'ai détesté être buvard, ce rose aux doigts morveux des écoliers. A l'époque, j'buvais d'l'encre, pis je dégueulais mon orthographe.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2014

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 11:16

A VOUS JAILLIR SOUDAIN

1.
"Je voyais plus très bien... sous le charme, le lieu, la situation... l'embarquement pour la berlue !"
(Céline, "Le Pont de Londres")

2.
"Je voyais plus très bien..." et comme mon ombre non plus, nous nous heurtâmes, nous ramassâmes, nous confondîmes.

3.
"sous le charme"... ah ça faisait longtemps... qu'est-ce qu'elle fiche là ?... Hors de ma vue, beauté, mon désespoir...

4.
"le lieu": x ; "la situation": y, et le bonhomme : Fantômas !

5.
Voyez, on ne s'embarque souvent qu'pour la berlue... on met les voiles dans l'illusion, démarre dans l'canular; on s'vertigilyrique plein vent !

6.
Ma phrase apocryphe préférée de Napoléon, c'est : "Messieurs, la Grande Armée se met en marche !..." j'me dis ça des fois en allant chercher le pain, ou en attendant le bus qui me mène à la grande centrifugeuse à neurones neuneus.

7.
Rouler placidement une cigarette et réclamer la tête des autres !

8.
"Il a pensé, lui aussi, à une chute dans cette eau morte"
(Roger Vercel, "Capitaine Conan")

L'humide, la mort, la chute - la pensée.

9.
"Il a pensé" - il pense plus ! Fini ! c'est tout creux là-d'dans maintenant tout vidé d'sens ! Effondré façon batterie à Keith Moon.

10.
"lui aussi", lui aussi donc vu qu'il y a aussi elle aussi eux aussi vous aussi vu qu'il y a aussi d'l'aussi chez les autres.

11.
"à une chute", à du plouf, du ponk, du tonk, du pok, du ponk-tonk-pok, du badaboum - que disais-je de la batterie de Keith Moon ? - du tombe du tombe du tombe vu qu'l'humain, c'est du préparatif à la chute.

12.
"cette eau morte", la gueule ouverte, qu'on lui voit les entrailles liquides, et ses noyés décomposés.

13.
"le petit lac mangeait librement ses rives"
(Roger Vercel, "Capitaine Conan")

14.
Je me demande si dans les petits lacs il y a des petits monstres, des minivoraces, des écailleux à mâchoires surdimensionnées à vous jaillir soudain dans les eaux troubles du songe.

15.
Qui m'a raconté qu'on avait pucé un requin blanc, lequel avait replongé d'un coup de 600 mètres, puis n'avait plus que couic bippé, gloutonné sans doute par quelque calamar géant qu'on sait maintenant qu'ça existe ?

16.
Depuis qu'on sait qu'les calamars géants s'agitent bel et bien la tentacule au fond des océans, on y pense autrement à nos instituteurs d'antan qui nous disaient qu'tout ça c'était rien qu'des bobards de marin et des élucubrations d'illustrateur.

17.
"le petit lac mangeait librement": c'est que, essayez un peu voir d'empêcher un petit lac de la manger librement, sa tarte au maroilles, essayez un peu, tiens !

18.
"librement ses rives"... voilà un mot "rives", que j'y vois que j'y lis des indiens, des débarquements colorés, des cris d'enfant fou.

19.
Le tribunal éparpillé des regards... le jugement d'yeux... la sentence à la mirette...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juin 2014

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans BREFS VIFS ET TRAITS
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