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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 13:34

JE M'DEMANDE QUEL EST LE BUT DU CATASTROPHISME CLIMATIQUE ?

 

1.

Michel Onfray à la radio sur le réchauffement climatique : enfin quelqu'un d'assez honnête pour ne pas tirer de conclusion définitive.

 

Cf France Culture, le 9/7/2016, Michel Onfray, « Brève encyclopédie du monde, Cosmos » (très belle émission).

 

2.

Le catastrophisme climatique est une téléologie (voire une théologie) : j'y vois un but pas bien beau de sainte communauté des vivants.

 

3.

Bon, le climat se réchauffe, d'accord, mais la part de l'humain là-dedans ; après tout la nature est pleine de cycles, non ?

 

4.

Le débat sur le réchauffement climatique vous prend parfois des airs de revanche d'un prétendu droit d'la nature sur la culture.

 

5.

Y a pas plus d'droit naturel que de dieu dans les cieux, tout ça c'est des bobards pour nous grignoter peu à peu nos libertés.

 

J'aimerais pas qu'on nous prive « naturellement » de viande, pis qu'on nous rationne « naturellement » l'eau et l'électricité, ah non.

 

J'aimerais pas qu'on nous interdise « naturellement » alcool, tabac, café pis qu'on censure « naturellement » nos zutismes, ah non.

 

6.

Y en a des fois i font comme si l'humanité était une pérennité absolue ; alors que, comme toute espèce, l'humain finira par disparaître.

 

7.

Après on peut voir l'écologie et la théorie d'la décroissance comme des tentatives d'adaptation d'nos pommes à un futur pas bien joyeux.

 

8.

Quand l'humain aura disparu, restera plus qu'les robots, i s'ront bien avancés.

 

9.

Si ça s'trouve y a déjà un zigue qui travaille à un programme robotique que quand l'humain aura disparu les robots le r'fabriqu'ront.

 

Si ça s'trouve, le robot ressusciteur, un insecte survivant d'l'apocalypse climato-machin s'y glissera et plantera l'système.

 

Si ça s'trouve, le robot ressusciteur, au moment de, eh bien non qu'elle se dira l'intelligence artificielle zétaient trop cons quand même.

 

10.

L'humain n'est pas une espèce sympathique ; c'est juste une espèce intéressante, c'est tout.

 

11.

Entendu dire que la fameuse phrase de Jean Monnet à propos de la construction européenne : « Si c'était à refaire, je commencerais par la culture », était en fait apocryphe. Pourtant cette phrase, si elle est réellement apocryphe, il me semble bien l'avoir entendue rouler dans la bouche de quelques un de nos politiques, notamment des ministres, comme quoi les politiques ne se contentent pas de nous raconter des bobards, ils font aussi mentir les autres.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 juillet 2016.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 10:24

DES FOIS QU'AVEC TOUS CES DES FOIS QUE

 

1.

« Il s'arrêta ému, puis reprit :

- La disparition. Supprimez-la, il ne reste rien. »

(Agatha Christie, « L'Auberge du fou aux clochettes » [Mr Satterthwaite])

 

Un jour, une nuit, i passe l'aut' Mandrake, et d'un coup d'shazam il nous emporte tous nos secrets qu'on reste planté là, la tête vide.

 

2.

Dans Agatha Christie, la revoyant des lustres plus tard, un gus « se ranima les cendres de la jalousie au fond de son cœur. »

 

Le temps du cœur saute aisément les années. Soudain quelqu'un revient et vous voilà la citrouille ranimée de l'esprit d'un autre temps.

 

Les romans, des fois, des Arsène Lupin à percer le temps, à en faire revenir du passé, des secrets enfouis et des parfums de Dame en Noir.

 

Les romans, des fois, i vous jettent une ombre qu'après vous vous sentez plus tout à fait pareil sous l'soleil et dans l'temps qui passe.

 

Des fois, le temps, il est comme rattrapé, tout pris d'tentacules, comme impuissant d'en sortir d'la boîte qu'en finit plus d'vous r'tenir.

 

3.

« Comme il posait le tout sur la table, un éclair illumina la pièce et un coup de tonnerre lui succéda. »

(Agatha Christie, « L'Auberge du fou aux clochettes »)

 

J'aime bien les histoires où tout soudain un éclair illumine la pièce et qu'après un grand crac retentit au loin.

 

« Comme il posait le tout sur la table, dans l'histoire d'Agatha Christie, c'est « du pain et une motte de beurre », mais ici, imaginons.

 

Comme il la posait sur la table, un éclair illumina la pièce et la main de feu s'empara de la précieuse clé (et la chambre close le resta).

 

Comme il posait le petit coffre sur la table, un éclair illumina la pièce révélant la présence d'une ombre à jambe de bois et perroquet.

 

Comme il posait la tête de veau sur la table, « Ciel ! Mon mari ! » s'écria sa maîtresse.

 

4.

Cette nuit du 9 au 10 juillet 2016, de nouveau le violon revenant d'août 1983, celui du « Mystère de la Chambre jaune » oh mes étés.

 

5.

« Puisqu'en imagination nous dominons le temps, tournons la question dans l'autre sens » dit-il dans une nouvelle d'Agatha Christie.

 

En l'occurrence, « L'auberge du fou aux clochettes » in « Le Mystérieux Mr Quinn », premier volume, Club des Masques n°138, p.91.

 

6.

Dans « L'Auberge du fou aux clochettes », d'Agatha Christie, il est question de 1924 et de « l'affaire du Chat cambrioleur », qui me fait penser à « La Main au collet » d'Alfred Hitchcock, qui me fait penser à « Vertigo » et aux mystères du temps, de la mort et du désir.

 

A quoi servent les fictions, sinon à nous rappeler que le langage tisse en nous cet être de désir et de mort que nous croyons comprendre.

 

7.

Des fois qu'les rêves seraient une autre vie dans l'parallèle dont ne nous resteraient que des bribes sans lien logique apparent.

 

Des fois qu'les romans nous raconteraient d'aut' histoires que celles que nous croyons qu'ils, et qu'on s'en fiche car on les comprend pas.

 

8.

Si les fantômes étaient des prisonniers d'une phrase, prisonniers du Le Presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.

 

Cf bien sûr le très grand « Mystère de la chambre jaune » de Gaston Leroux.

 

Dans les romans de Gaston Leroux, des fois, y a des fantômes qui passent, même qu'ils sont en italiques.

 

9.

Le mystère est plein d'passé oublié ; le mystère, c'est une généalogie ignorée.

 

Le mystère, des fois, avec tout son passé et ses toiles d'araignées, un piège à rebours, le mystère, un piège tendu dans l'horloge.

 

10.

Des fois qu'le présent i f'rait comme un verglas que dessous on verrait circuler en poissons mystérieux les ombres du passé.

 

11.

Des fois qu'on est genre dans les romans en proie à des sentiments hostiles plein d'boules noires hérissées grognonnes.

 

12.

Des fois qu'avec tous ces des fois que – Et bien quoi ? - Que j'jetterais des ombres dans la bibliothèque fit-il en ricanant bleu fantôme.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 juillet 2016.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 15:56

NOTES BREVES SUR L'ETERNITE A RIMBAUD

 

« L'ÉTERNITE

 

Elle est retrouvée.

Quoi ? - l’Éternité.

C'est la mer allée

Avec le soleil.

 

Âme sentinelle,

Murmurons l'aveu

De la nuit si nulle

Et du jour en feu.

 

Des humains suffrages,

Des communs élans,

Là tu te dégages

Et voles selon.

 

Puisque de vous seules,

Braises de satin,

Le Devoir s'exhale

Sans qu'on dise : enfin.

 

Là pas d'espérance,

Nul orietur.

Science avec patience,

Le supplice est sûr.

 

Elle est retrouvée.

Quoi ? - l'éternité.

C'est la mer allée

Avec le soleil. »

 

(Arthur Rimbaud)

 

1.

Dans Rimbaud, l'Eternité, paraît qu'on la retrouve qu'ça m'étonne qu'on l'ait perdue que chaipas c'que ça veut dire de perdre l'Eternité.

 

2.

Admettons l'Eternité perdue paumée, mais d'où qu'elle est, médouk ? mais d'où qu'elle est, médouk ? qu'en tournant en rond on médite.

 

3.

Mais d'où qu'elle est l'Eternité qu'on s'dit qu'elle est peut-être dans la poche de l'infini avec tous les mystères et les boules de gomme.

 

4.

En tout cas, le narrateur à l'Eternité r'trouvée, il a l'air d'annoncer une bonne nouvelle genre « Christ est revenu » ou « J'ai eu mon bac ».

 

5.

Il s'exclame pas d'ailleurs (y a pas de point de) posément qu'il dit ça au monde à qui il cause qui lui demande Quoi qu'esse d'artrouvé ?

 

6.

Rimbaud écrit que l'Eternité « C'est la mer allée / Avec le soleil » qu'sans blague ça fait chromo peinture à vaches des dimanches.

 

7.

Le dimanche, les peintures se couvrent de prés et de vaches que moi j'me dis qu'elles nous regardent mélancoliquement manger le rosbif.

 

8.

Notons qu'heureusement Rimbaud fait dans le sobre que de la « mer allée avec le soleil » Victor Hugo aurait tiré d'l'alexandrin au kilomètre.

 

9.

Dans l'Eternité à Arthur, y a qu'la mer et le soleil; qu'y passe un ferry plein d'bipèdes à blablas et ça fait déjà moins éternel.

 

10.

Rimbaud dans l'Eternité, il parle aussi d'âme « sentinelle » qu'on se demande ce qu'elle peut bien garder donc l'âme comme secret.

 

11.

Qu'à mon avis le grand secret qu'elle garde l'âme « sentinelle », c'est qu'elle existe pas.

 

12.

Que si ça se trouve le grand secret de l'être, c'est qu'il existe pas et que son nom est personne et qu'il nous prend pour des Cyclopes.

 

13.

Arthur il impérative « Murmurons l'aveu » que ça doit être un truc de difficile à avouer qu'à mon avis il sait pas lui-même koikssé.

 

14.

Du coup il nous fait l'coup d'la « nuit si nulle » (bin oui on voit rien) et du « jour en feu » que moi ça m'fait penser à du poulet rôti.

 

15.

« la nuit si nulle » l'a qu'à dormir aussi i verra des trucs passer sous ses paupières au lieu d'chaipas quoi qu'il machinait l'halluciné.

 

16.

Sinon, y a le « jour en feu » que j'y vois moi dans l'cercle là-haut des percussions de cymbales frémissantes et le son lointain d'un gong.

 

17.

Par ailleurs, Gong c'est le nom d'un groupe de rock psychédélique avec plein d'sonores bizarreries percuto-électriques dedans.

 

18.

Pis après y a les « humains suffrages » et les « communs élans » dont on s'dégage cause qu'c'est rien que politique et manipuleries.

 

19.

Après solo qu'on « vole selon » (c'est comme ça qu'Arthur est allé la chercher loin sa vie socio-professionnelle et l'cassoulet du quotidien).

 

20.

Vous me direz le cassoulet en Abyssinie ça doit pas courir les rues que de toute façon un cassoulet ça court pas (ça monte même pas à vélo).

 

21.

« Et tu voles selon » qu'il écrit Arthur qu'on s'l'imagine en gros noir cuicui dans les airs avec sa pipe et ses cheveux d'apache.

 

22.

« Et tu voles selon » que si on l'imagine revenu au christ, s'voyou voyant d'Arthur, apparemment qu'il renonce pas à son libre-arbitre.

 

23.

Dans Rimbaud, le « Devoir » des fois i prend une majuscule qu'on sait même plus si c'est ironique ou s'il avait fini par y croire ô zigoto !

 

24.

« L'Eternité » c'est l'genre de poème qu'les rimbaldiseurs qui ont suivi se sont permis d'la poésie crotte de bique qu'on comprend pas qu'on s'en fiche.

 

25

Dans l'Eternité à Rimb', le « Devoir » s'exhale des « braises de satin » qu'j'ai beau cogiter j'pige pas mais c'est pas grave hein docteur ?

 

26.

Les « braises de satin » dont i cause Arthur, c'est peut-être les escarbilles des poèmes qu'il a si ça s'trouve autodafés himself cause savait plus quoi en faire.

 

27.

« braises de satin »: du blanc donc, peut-être l'écume de la « mer allée avec le soleil » qui a l'air de flammes (on dirait une apparition).

 

28.

Arthur, de ces « braises de satin » i fait « s'exhaler le Devoir » genre qu'il respire je ne sais quoi comme fumée qu'ça l'hallucine.

 

29.

« Le Devoir s'exhale / Sans qu'on dise : enfin » qu'il dit Arthur (l'a l'air de pas vouloir qu'on pige s'qu'il a pas l'air de piger non plus).

 

30.

Que quand Rimbaud dit « Le Devoir s'exhale / Sans qu'on dise : enfin », i dit peut-être qu'on a à attendre aucun salut ailleurs qu'ici-bas.

 

31.

C'est pas la peine de dire « Je suis sauvé » que tout étant matière, on n'est pas plus sauvé que chou, chien, chat ou Empereur de Chine.

 

32.

Rimbaud des fois i faisait dans l'hermétique que c'est là qu'on range ses idées pour pas les retrouver.

 

33.

La très-chrétienne « espérance » en tout cas il la voit pas le narrant rimbaldien il la voit pas « là » que « là » c'est où ici à c't'heure ?

 

34.

Après, le monde, il est toudis plein de là, de là-bas, d'ici, d'ici-bas, et d'ailleurs de tous côtés qui s'mélangent pinceaux et nougats.

 

35.

L'en retrouve son latin l'apôtre i dit « nul orietur » Paraît qu'ça veut dire « il se lèvera » mais comme y en a nul il restera couché donc.

 

36.

Après comme « science » rime avec « patience » (tant de trucs à apprendre) c'est sûr qu'le « supplice est sûr » et qu'i faut toujours bachoter.

 

37.

La science, si c'est le savoir, est-ce que quand on saura quoi qu'esse tout ça qu'on vit, sera-t-on plus heureux ou sera-t-on tout dégoûté ?

 

38.

Si on sait quoi qu'esse tout ça qu'on vit qu'on finira pas cracher dans la soupe de l'être (que dedans y a p't'être bien une tête de bouc).

 

39.

Rimbaud i finit son poème « L'Eternité » comme il l'avait commencé (mêmes mots) façon ouroboros cercle du temps qu'en finit pas de revenir.

 

40

Dans la 1ère strophe de « L'Éternité » Rimbaud met une majuscule à « l'Éternité » que dans la dernière strophe y en a pas de majuscule à « l'éternité » comme si déjà il s'était habitué et que si c'est qu'ça, autant en finir avec « l'éternité », et c'est pour ça qu'le poème i finit là.

 

41.

Conclusion : le poème « L'Eternité » de Rimbaud il est pas trop long ce qui est bien passqu'en vérité moi j'préfère San-Antonio.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 juillet 2016.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 12:28

DANS LAFORGUE Y A CECI CELA QU'ÇA FAIT DES VERS

 

1.

Dans Laforgue y a du « se grignote lui-même » que sans doute qu'on et puis grignoti-grignota lève la queue et puis s'en va.

 

2.

Dans Laforgue y a de « l'automne morose » qu'on s'traîne l'ennui dans les ombres qui s'allongent et vous mangent le moral.

 

3.

Dans Laforgue y a du « Tant la vie à terre elle est bonne » et vaut mieux pas aller trop gratter à la porte d'l'aut'côté qu'y a rien derrière.

 

4.

Dans Laforgue y a du « Vous vous teniez dans un coin debout » qu'le réel il est pleins d'coins et de bipèdes debout qu'on voit pas toujours.

 

5.

Dans les coins des fois des bipèdes debout i vous regardent de leurs yeux sans regard et attendent sans attendre d'autres fantômes à venir.

 

6.

« Un trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond,

Bâille à ce libéré de l'être ; et voici qu'on

 

                              Le déverse

                                  Au fond. »

(Jules Laforgue, « Complainte de l'ange incurable »)

 

7.

Dans Laforgue y a du « trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond » qu'ça doit ennuyer à force ça de ranger des autres dans la terre.

 

8.

Je me demande des fois si les prêtres i s'disent pas qu'ils marient des morts, des morts reproducteurs, des administrativement actifs.

 

9.

Dans Laforgue y a du « monde enfantin dans l'Inconnu lancé » qu'on finira par savoir et qu'on en sera bien épouvanté allez.

 

10.

Dans Laforgue y a du soleil qui sonne ses « fanfares » qu'on s'écoute dans la tête un jazz-band sonner des bouts d'ritournelles sans nom.

 

11.

Dans Laforgue y a du « Ah ! tout le le long du cœur » qu'on se l'étire mélancoliquement le cœur qu'on s'élastique l'hélas se le caoutchouque.

 

12.

Dans Laforgue y a du « blond cadavre aux vitreuses prunelles » que ça m'rappelle des affiches de série z, des couvertures de polars.

 

13.

L'art mauvais genre c'est un genre de religion sans dieu qui repose essentiellement sur la fascination qu'la mort hein la mort hein

 

14.

Dans Laforgue y a du « flagellé par le vent des siècles voyageurs » qu'les siècles c'est du vent l'Histoire c'est du vent et qu'en fin de compte tout finit usé jusqu'à plus rien.

 

15.

Sûr qu'ça finira par le plus plus rien et pas les mots pour le dire (sauf peut-être dans un volapük intergalactique mais c'est pas sûr).

 

16.

Dans Laforgue y a des « lunologues éminents » qu'ça doit être des spécialistes du rien qui souffle dans nos caboches creuses.

 

17.

Dans Laforgue y a « un piano voisin joue un air monotone » qu'on s'imagine l'pianiste s'alourdir des yeux et sombrer dans l'clavier Rrrron !

 

18.

Tiens Régis Debray cause à la radio du « Sens de l'Histoire » que mon cher monsieur qu'ça finira par l'administration du surnombre et voilà.

 

19.

L'administration du surnombre qu'on y est déjà qu'on sait plus quoi faire des gens qu'ça commence à s'massacrer ici et là comme au Moyen-Age.

 

20.

Le monde est simple, on fabrique des armes pour se défendre des ceusses-là à qui on les vend et qui finissent par les utiliser les bougres.

 

21.

Dans Laforgue y a d'la « pieuvre Spleen » qu'on se sent des fois tout tentaculé et comme immobilisé et qu'on reste à rien d'autre que rien.

 

22.

Dans Laforgue y a l'azur « possédé du mètre et du pendule » que quoi qu'il fait, le Professeur Tournesol, à funambuler ainsi sur la corde tendue de l'horizon ?

 

23.

La fonction des experts est de prévoir l'imprévisible qui n'a pas manqué d'arriver et qu'on n'a d'ailleurs pas vu venir.

 

24.

Au pays des aveugles, y a des borgnes, des fois, on finit par leur crever les yeux.

Note : En l'occurrence, un seul oeil suffit, faut dire c'qui est !

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 juillet 2016

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 13:49

C'EST ÇUI QUI DIT QUI Y EST

 

Notes et paraphrases de la scène 5 de l'acte I de « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« PERE UBU

Monsieur, que voulez-vous ? Fichez le camp, vous me fatiguez.

 

LE MESSAGER

Monsieur, vous êtes appelé de par le roi.

Il sort.

 

PERE UBU

Oh ! merdre, jarnicotonbleu, de par ma chandelle verte, je suis découvert, je vais être décapité ! hélas ! hélas !

 

MERE UBU

Quel homme mou ! et le temps presse !

 

PERE UBU

Oh ! j'ai une idée : je dirai que c'est la Mère Ubu et Bordure.

 

MERE UBU

Ah gros P.U., si tu fais ça…

 

PERE UBU

Eh ! j'y vais de ce pas.

Il sort.

 

MERE UBU, courant après lui.

Oh ! Père Ubu, Père Ubu, je te donnerai de l'andouille.

Elle sort.

 

PERE UBU, dans la coulisse.

Oh ! Merdre ! tu es en une fière, d'andouille. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I,5)

 

1.

Père Ubu il est comme des comme que je connais qui dès qu'ils voient venir quelqu'un zont envie de le renvoyer d'où qu'il vient.

 

I gronde donc, l'Père U « Monsieur, que voulez-vous ? Fichez le camp, vous me fatiguez » qu'le réel qui s'pointe sur deux jambes ça l'ennuie.

 

Le réel à paroles, l'Père U, s'il l'a pas invité, ça l'importune, surtout qu'si c'est un messager, se pourrait-il que soudain l'ailleurs…

 

2.

« Monsieur, vous êtes appelé de par le roi » dit le messager au Père U qu'on dirait un alexandrin mais c'en est pas un car y a pas d'césure.

 

Le messager, je l'verrais bien en homme-dada, zig qui hennit, quidam équidé, gus cheval de jeu mais ça a dû êt' fait des siècles de fois ça.

 

Après le messager « il sort » c'est comme ça le réel c'est plein de gens qui entrent et sortent ; le réel, c't'un vrai moulin.

 

3.

D'être appelé « de par le roi », le Père Ubu en a du bleu et du vert d'la trouille qui lui prend la gidouille que son complot soit découvert.

 

I jarnicotonne donc le Ubu qu'il va être décapité et qu'c'est donc tout piteux sans tête qu'il va aller spectrer chez les ombres.

 

4.

Mère Ubu n'en fut point émue mais pensa que ce gros tas de Père Ubu n'était qu'un tout mou, un fromage qui pue.

 

5.

Soudain Ubu clignota d'une idée qu'il dirait au roi qu'le complot c'était tout machiné par la Ubu et le Bordure (Père Ubu est ignoble).

 

Ignoble c'est une épithète qui signifie le contraire de noble que Père Ubu c'est le contraire du Cid et de tous les héros à dilemme.

 

Le dilemme c'est quand tu l'as de toute façon dans l'os mais qu'tu peux quand même choisir la couleur de ton panache à cocu.

 

6.

La Ub pige que le Ub va lui faire porter un chapeau qu'elle et Bordure vont en être décapités, elle lui promet d'l'andouille s'il la boucle.

 

Le Père Ubu tient plus à sa tête qu'à une promesse d'andouille passque sans tête de toute façon l'andouille hein

 

« Je te donnerai de l'andouille » dit la Ubu; « tu en es une fière, d'andouille » répondit le Ubu : comme quoi c'est çui qui dit qui y est.

 

7.

Père Ubu j'le plains l'a pas d'parti démocratique pour organiser des primaires s'faire élire roi des et aller s'prendre une banane aux présidentielles.

 

Bah, j'ai tort d'jacter politique Ah j'ouvre ma trappe à politiques et hop à la trappe au gouffre aux oubliettes les pantins à promesses.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 6 juillet 2016.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 00:40

EN ATTENDANT LE VIOLON REVENANT

 

1.

Je disais : cette nuit encore le violon revenant, le « Mystère de la chambre jaune », la voix, la phrase…

 

2.

« Je reste au seuil d'un monde qu'on démontre

Attentif à la manière dont l'être se révèle »

(Alin Anseeuw, « Sonnets » in « Anthologie « Le Jardin ouvrier 1995-2003 », Ivar Ch'Vavar & camarades, Flammarion, 2008, p.66)

 

Y en a i s'croient « au seuil d'un monde » qu'c'est syllabes et orties pis qu'ils épient « l'être qui se révèle » qu'c'est piaf ou bête qui glisse, voleuse d’œufs.

 

Sans doute dans ce tissu de phrases quelque monde démontré, et puis de « l'être qui se révèle » « tel qu'en lui même enfin » et touci-touça.

 

3.

Les historiens du futur diront sans doute que dans l'Europe du début du XXIème siècle, on avait fini par distribuer les diplômes comme des coupures de journaux que s'échangeraient des maîtres-chanteurs de comédie.

 

(En l'occurrence, les comiques du film « Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais… elle cause » de Michel Audiard)

 

4.

Des fois j'me dis qu'la littérature, s't'un monstre des profondeurs dont les tentacules se coltinent la fuite de s'bateau là du réel.

 

Même que des fois je rêve que la littérature veut m'engouffrer dans ses signes me paumer dans le salut d'un officier que j'connais pas.

 

5.

« Un chef d’État chevauché par les Lettres, ça donne Charles de Gaulle ; un chef d’État chevauché par les chiffres, ça donne François Hollande. »

(Régis Debray sur France Culture, « Allons aux faits », le 4 juillet 2016)

 

6.

ssssssssssssssss tiens un œuf crac glop hommm ssssssssssssssss

 

7.

« Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! »

(Pascal, « Pensées »)

 

Des fois qu'on sème des points d'interrogation, qu'on pense pis qu'avec la suite des travaux et des jours hein on l'abandonne c'te récolte.

 

Y en a i s'demandent (qu'c'est pas la peine de demander aux autres i s'en moquent) c'est quoi comme chimère l'homme.

 

Y en a i s'demandent c'est quoi comme chimère l'homme, et quels sont ces yeux hallucinés qui agitent ce pantin pensant sous leurs paupières.

 

8.

Dans ma langue à moi, le mot anglais « bones » me fait penser à ces os de caoutchouc qu'on donne aux chiots pour les amuser.

 

9.

Ecrire des fois me semble un genre de jeu de go qu'on dirait bien que la langue se partage des territoires avec le réel.

 

10.

Zut dit qu'elle s'en fiche d'la noblesse d'âme ; par contre, des mots pour les griffer, les ceusses qui lui en font reproche, ça oui, elle a.

 

11.

« Le réel, c't'une grammaire, le réel » dit-il en chutant dans son verbe.

 

12.

Impossible pour Zut de penser à quelqu'un sans penser qu'il est d'abord un mais Zut n'a jamais prétendu être sympathique.

 

13.

Je ne suis pas bienveillant ; je conçois nombre de mes brefs comme autant de gifles ; les giflés, évidemment, se reconnaîtront.

 

14.

Flèches, traits, carreaux, as de pique, mauvais sorts, couteaux courts, voilà tissu pour mes songes et étoffe pour mes brefs.

 

15.

Mes derniers mots seront « Le réel dit-il » ; je vous le dis maintenant car vu que je mourrai seul, y aura personne pour m'entendre.

 

Ou alors ce sera « Allez tous vous faire lanlère » mais ça n'a pas d'importance vu que, crevant seul, personne m'entendra.

 

16.

« Je t'expire mes Cœurs bien barbouillés de cendres ;

Vent esquinté de toux des paysages tendres ! »

(Jules Laforgue, « Complainte de l'ange incurable »)

 

Y en a i disent le « vent esquinté de toux », c'est qu'il fume trop aussi, le vent que des fois il souffle comme un bœuf sur la campagne.

 

17.

Me suis parfois demandé pourquoi un « bœuf sur le toit »; c'est lourd un bœuf qu'ça pourrait vous tomber tout beuglant dans la salle à manger.

 

18.

Ah la batterie ça m'botte la batterie quand ça cogne et cingle que je les entends tous ces totems tous ces tabous se gigoter les continents.

 

19.

J'aimerais assez être enterré dans une Grande Pâque russe à la Rimsky-Korsakov que c'est plein d'lointain cavalant et d'l'ailleurs à vent.

 

Oui, pour tombeau une Grande Pâque russe à la Rimsky-Korsakov que comme ça j'pourrais y gigoter mes os et danser spectre sous la lune.

 

Oui, une Grande Pâque russe à la Rimsky-Korsakov, tout un orchestre de dans le temps et cavalcade mélancolique sous un soleil lointain.

 

Mon disque favori : André Cluytens dirigeant « La Grande Pâque russe », les « Danses polovtsiennes » et « Dans les steppes de l'Asie centrale ».

 

Oui, de la musique russe, de la musique russe, de la musique russe ! Mais non, j'suis pas bourré ; d'ailleurs où j'ai mis ma vodka ?

 

20.

Les chiens veillent sur leur gamelle qu'il y a vot' maison autour et aussi sur leurs os qu'autour il y a vous.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 juillet 2016.

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 00:22

LES CONDUCTEURS FANTÔMES NE FONT PAS DE VIEUX OS

 

1.

J'enlève la lettre n et la nuit devient oui, qu'j'écris ça donc pour faire joli dans une poésie amoureuse.

 

2.

Que faire de la nostalgie ? Ce n'est pas une guitare, la nostalgie, et on ne peut pas être un virtuose de la nostalgie.

 

3.

Des fois, en été qu'on reste seul avec sans rire, son prince froid, son roi-soleil d'automne au demeurant.

 

4.

La nuit dernière, il est revenu le violon, le violon revenant du générique du « Mystère de la chambre jaune ». Eh oui (soupir).

 

5.

« Je traîne un désert dans la ville

J'ai un émetteur de mirages »

(Ernest Delève, « Avoir »)

 

On dirait l'autoportrait d'un politique.

 

6.

Des fois qu'on s'proménerait avec un désert dans les trous d'ses poches, que peu à peu le sable s'écoulerait et qu'tout finirait désert.

 

7.

« la machinerie des pensées

invente des îles et des astres changeants. »

(Lionel Ray in « Ecrit(s) du Nord » n°8, 2002, p.76)

 

Le réel s'émiette qu'toute une basse-cour picore, qu'dans leurs cerveaux ça fait des mondes tout petits petits petits.

 

8.

« Car ce qui est nature aux animaux, nous l'appelons misère en l'homme »

(Pascal, « Pensées »)

 

Des fois j'me dis qu'tous ces chiffres, statistiques pis qu'il y a d'la surpopulation qu'c'est pas loin tout ça d'nous traiter en troupeaux.

 

9.

« Un seul pin parasol. Déjà ta paume brûle

de ce néant saisi. »

(Arthur Haulot, « Pour Louise »)

 

Y en a des fois i s'brûlent qui disent qu'c'est du « néant saisi » qu'à mon avis i s'font cuire des pâtes, ou alors, c'est l'absence.

 

Faudrait jamais s'plaindre : les autres des fois, i sont pleins d'cadavres qu'ils n'en ont plus ni larmes ni mots.

 

« Et cette plaie au cœur

voici que tu la portes à travers la plus longue journée du monde »

(Arthur Haulot », « Pour Louise »)

 

10.

D'un « élément majeur pour l'avenir de l'humanité » l'autre, on va finir par y tomber dans le grand trou très majeur qu'fatal qu'on creuse.

 

11.

Marseillaise, drapeau et uniforme à l'école ? Qu'ça vous a un air de prélude au grand massacre, j'en ai la tête de mort qui me démange.

 

12.

Arthur, moi j'pense qu'à force de déconner i s'a tellement fait appeler Arthur qu'un jour Arthur il a dit « Bon bin, je est un autre hein ».

 

13.

J'aurais dû jouer d'la guitare, j'jouerais niaiseries et insipidités que j'aurais plus de succès qu'avec mes brefs qui grincent là faux.

 

14.

Sur les ondes de Classic 21 (excellente radio), i font des points sur la circulation et les dangers des « conducteurs fantômes ».

 

Note : en Belgique, on appelle « conducteur fantôme » un automobiliste roulant à contre-sens.

 

Note bis : Si c'est un conducteur fantôme roulant à tombeau ouvert - on a déjà bien dû la faire c'te blague - ça fait peur quand même.

 

Note ter : « Les conducteurs fantômes ne font pas de vieux os », titre possible d'une chanson noir macabre ou polar d'humour de même teint.

 

15.

En politique aussi, y en a i montent sur les épaules des géants là-haut pis là-haut, ils ont l'vertige qu'c'est où la France savent plus.

 

Y en a arrivés là-haut qu'c'est trop haut qu'ils sont tout vertigeux tournicoteux nauséeux pis qu'ils gerbent sur l'uniforme du Général dis.

 

16.

« Le fleuve est au bout

Du ciel qu'on y voit,

Faire sur les toits

Noires ses fumées »

 

Beaux, ces vers de « La Rue Saint-Paul » de Max Elskamp.

 

17.

« Dépêche seulement, et cours vers ma rivale

Lui porter de ma part cette robe fatale »

(Corneille, « Médée », IV,1, v.1045-46 [Médée à Nérine])

 

«La robe fatale », étoffe empoisonnée qu'la jeune dame s'y fourre pis que bientôt elle se met hurlante et vomissante à s'tortiller l'agonie.

 

18.

« Fuir Dieu et la forêt quand l'enfance est finie »

(Ernest Delève, « Me voici »)

 

Y en a i fourrent leur dieu dans la forêt comme une fronde dans une poche pis i zy r'viennent plus, plus jamais, à leur invisible dans les feuilles.

 

Y en a i fourrent leur dieu dans la forêt comme une fronde dans une poche que plus tard, bien plus tard, ça siffle encore dans leurs vers.

 

19.

Ni roman, ni chansons, ni théâtre, je ne laisserai que d'la miette, des bouts de, d'l'effrité qu'j'aime tant les chaussons aux pommes.

 

20.

Vous reprendrez bien un p'tit vers blanc, allez !

 

« Je fume une sèche en relouchant les étoiles. »

(San-Antonio, « Passez-moi la Joconde », Fleuve Noir n°2, p.88)

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 3 juillet 2016.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 08:53

COMPLOTANCE D'APRES-DÎNER

 

Vieilles notes toutes pourrites sur la scène 4 de l'acte I de « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« PERE UBU

Eh bien, capitaine, avez-vous bien dîné ?

 

CAPITAINE BORDURE

Fort bien, monsieur, sauf la merdre.

 

PERE UBU

Eh ! la merdre n'était pas mauvaise.

 

MERE UBU

Chacun son goût.

 

PERE UBU

Capitaine Bordure, je suis décidé à vous faire duc de Lithuanie.

 

CAPITAINE BORDURE

Comment, je vous croyais fort gueux, Père Ubu.

 

PERE UBU

Dans quelques jours, si vous voulez, je règne en Pologne.

 

CAPITAINE BORDURE

Vous allez tuer Venceslas ?

 

PERE UBU

Il n'est pas bête, ce bougre, il a deviné.

 

CAPITAINE BORDURE

S'il s'agit de tuer Venceslas, j'en suis. Je suis son mortel ennemi et je réponds de mes hommes.

 

PERE UBU, se jetant sur lui pour l'embrasser.

Oh ! oh ! je vous aime beaucoup, Bordure.

 

CAPITAINE BORDURE

Eh ! vous empestez, Père Ubu. Vous ne vous lavez donc jamais ?

 

PERE UBU

Rarement.

 

MERE UBU

Jamais !

 

PERE UBU

Je vais te marcher sur les pieds.

 

MERE UBU

Grosse merdre !

 

PERE UBU

Allez, Bordure, j'en ai fini avec vous. Mais par ma chandelle verte, je jure sur la Mère Ubu de vous faire duc de Lithuanie.

 

MERE UBU

Mais…

 

PERE UBU

Tais-toi, ma douce enfant…

Ils sortent. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I,4)

 

1.

Le Père Ubu est maintenant seul avec le Capitaine Bordure (et Mère Ubu) : ils sont dehors pour pas être dedans (et donc i pleut pas).

 

2.

Comme i s'agit d'comploter i vont peut-être dehors pour couper l'herbe sous les pieds des murs qu'auraient des oreilles.

 

3.

Faisant semblant de rien (cf l'épisode du « balai innommable »), Père Ubu, sans conspirer, demande à Bordure s'il a bien dîné.

 

4.

Faire semblant de rien, c't'une drôle d'expression car même pas grand' chose comment qu'on fait pour faire semblant de rien du tout.

 

5.

Que quand on fait semblant de rien peut-être on est tellement dans le réel alors qu'on peut plus s'imaginer rien du tout.

 

6.

Des fois quand je commente, j'ai l'impression de chuter dans ma caboche comme dans un sans fond de mes chaussettes.

 

7.

Juste par politesse et par ironie, aussi pour promener un peu digestivement sa gidouille, Ubu demande au Bordure s'il a bien dîné.

 

8.

Bordure dit qu'il a bien dîné et s'ensuit quelques considérations sur le goût de la que nous on passe vu qu'on s'en fout.

 

9.

Le Père Ubu il est habile il fait le grand seigneur et promet à Bordure le titre de « duc de Lithuanie » (c'est loin là-bas).

 

10.

Bordure pensait que Ubu était « fort gueux » (c'est s'qui lui dit) que sûr que tout l'monde le pense mais qu'là ça fait son affaire au Bordure.

 

11.

Le Père Ubu abat alors sa carte et lui fait part de son intention de régner « en Pologne », d'être roi donc vu qu'c'est le titre de la pièce.

 

12.

Bordure calcule que pour qu'il soit duc faut qu'Ubu soit roi et pour qu'Ubu soit roi faut donc qu'il régicide Venceslas (le roi du moment).

 

13.

Père Ubu là pond un alexandrin, pas exprès, et bancal, mais tout de même i dit : « Il n'est pas bête, ce bougre, il a deviné. »

 

14.

Le Père Ubu a donc trouvé un complice puisque Bordure i dit qu'le roi Venceslas c'est rien qu'un vilain qu'il est son « mortel ennemi ».

 

15.

Père Ubu il est tant content de la complicité du Bordure qu'il est tout « se jetant sur lui pour l'embrasser », c'est dégoûtant.

 

16.

Mais le Père Ubu pue qu'le Bordure s'reculut et qu'il lui demandut s'il se lavût jamais « Rarement » répond le Ubu « Jamais » répond la Ubu.

 

17.

Dans l'irréel à majesté des tragédies classiques, on imagine que les personnages sont propres et clairs comme des idées ; Ubu, lui, il pue.

 

18.

Que des fois ça doit pas être drôle que si Phèdre elle pue pas du bec, sûr qu'il a dû y en avoir des dans le rôle de bien empestantes.

 

19.

L'histoire du théâtre doit être pleine de jeux de scène inouïs et autres géniales distanciations dus à la pestance du bec partenaire.

 

20.

Que la Mère Ubu le contredise ça l'énerve le Père Ubu que y a pas d'amour heureux et les Ubus i font donc rien qu'à s'chercher des poux.

 

21.

« Je vais te marcher sur les pieds » « Grosse merdre » bref la vie de tous les jours dans le ménage que Père Ubu envoie d'aller Bordure.

 

22.

Mère Ubu elle dit « Mais... » qu'on sait pas pourquoi que ça doit être un élément de suspense que moi perso s'que j'en dis, merci, de rien.

 

23.

Quand le Père Ubu i dit « Tais-toi, ma douce enfant » j'lui imagine la voix à Fantômas, bien grave et ricanante à l'intérieur tout bizarre.

 

24.

J'aime bien Fantômas les films j'veux dire avec Mylène Demongeot, et Mylène Demongeot, et puis Mylène Demongeot (les autres je m'en fous).

 

25.

Fantômas, avec son teint, là, j'ai toujours cru qu'il faisait d'la pub pour les olives, genre boîte avec dessus l'olivâtre face de stilal à gros blancs d'yeux, même qu'il a toujours l'air de respirer par l'autre monde, et un slogan style : « Les olives Fantômas, les olives idéales pour faire passer tous vos poisons, hin hin hin. »

 

Note : Je lis partout que Fantômas est bleu qu'ça doit être une ruse ça, qu'il essaie de se faire passer pour un schtroumpf.

 

26.

Là-dessus les Ubu sortent que je sais pas où ils vont parce qu'ils étaient déjà dehors que le théâtre c'est un mystère quand même hein.

 

27.

Ça fait drôle quand même ce « tais-toi, ma douce enfant » comme si Ubu était pas si mais quand même si que donc ça fait rupture (de ton).

 

28.

Après y a plus qu'à tirer les violons qu'la fille du bal elle tombe de l'échelle à mérinos (j'me comprends).

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 3 juillet 2016.

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 05:04

EXERGUES ET SONS DE BASSE

 

« Ailleurs, les tripiers traversent la tuerie en portant à bout de bras d'énormes choses molles »

(Maurice Talmeyr, « La Cité du sang »)

 

1.

Ce n'est pas la Nature qui a horreur du vide, c'est la conscience qui remplit l'espace du temps que depuis tout est si loin.

 

2.

Des fois j'chanterais bien à tue-tête dans ma décapotable si j'avais une décapotable et si j'avais une tête.

 

3.

« Je suis d'un autre temps » dit l'autre, puis la pointeuse l'avala.

 

4.

Y a des gens des fois, sûr que chaque jour i s'disent qu'ils doivent se mettre en route avec tout leur courage, et leur peur.

 

5.

« Ma foi ! que ça te plaise, ou que ça te courrouce,

c'est toi que j'aime, ô ma belle tripière rousse !

 Tu fais si bien, assise à ton petit comptoir ! - 

Oh que ne suis-je pas un garçon d'abattoir,

bras nus, en gros sabots, et du sang à mes fripes ! -

Je pourrais t'embrasser en t'apportant des tripes ;

et pour toi, je serais un enjôleur si neuf

qu'un jour tu me dirais entre deux cœurs de bœuf :

- « Je suis honnête, mais je ne suis pas de pierre ! »

Et nous nous aimerions, ô ma belle tripière ! »

 

(Maurice Rollinat, « Ma foi ! que ça te plaise... » in « Dixains réalistes », XXXIX)

 

6.

« Ma foi ! Que ça te plaise, ou que ça te courrouce,

c'est toi que j'aime, ô ma belle tripière rousse ! »

(Maurice Rollinat)

 

Y en a i tombent amoureux d'une tripière rousse que tripière déjà c't'un vieux mot et que rousse dans le tableau ça flashe.

 

7.

« c'est toi que j'aime, ô ma belle tripière rousse !

Tu fais si bien, assise à ton petit comptoir ! - »

(Maurice Rollinat)

 

Que je l'vois bien moi l'tableau parisien avec du gris du bleu du bœuf et la frimousse rousse d'la mutine tripière à son comptoir.

 

8.

Dehors, il pleut ; dedans, ça saigne… Oh les amours malheureuses des poètes anémiés pour les belles tripières !

 

9.

Tripière, boulangère, crémière, poissonnière, femmes nourricières, pour vous tant bat mon cœur qu'on dirait qu'il ouvre la bouche.

 

10.

« Oh que ne suis-je pas un garçon d'abattoir,

bras nus, en gros sabots, et du sang à mes fripes ! - »

(Maurice Rollinat)

 

Amoureux d'sa tripière, l'narrateur se rêve « garçon d'abattoir », costaud, très travailleur, et le « sang à [ses] fripes pour le prouver ».

 

11.

« Je pourrais t'embrasser en t'apportant des tripes »

(Maurice Rollinat)

 

Ah ça y a des turbins on peut pas toujours s'balader avec des fleurs, que des fois c'est du boudin qu'on a sur les bras.

 

Oh moi, c'est une poissonnière que j'embrasserais parmi les gueules ouvertes des poissons et les queues roses des crevettes.

 

12.

« et pour toi, je serais un enjôleur si neuf

qu'un jour tu me dirais entre deux cœurs de bœuf »

(Maurice Rollinat)

 

Sûr qu'un poète en garçon d'abattoir, ça semble inédit, on peut croire (quoique si ça s'trouve, dans la beat generation, hein…)

 

Oh moi aussi je rêve d'une jolie bouche qui me dirait des choses tendres entre deux cœurs de bœuf et quelques têtes de veau.

 

13.

- « Je suis honnête, mais je ne suis pas de pierre ! »

Et nous nous aimerions, ô ma belle tripière ! »

(Maurice Rollinat)

 

Comme la fille peinte dit qu'elle n'était pas de pierre comme les statues, elle lui parlait dans la tête. Il en resta au conditionnel.

 

Y en a des fois i sont devant le réel comme s'ils étaient frappés du syndrome de Stendhal.

 

Qu'le syndrome de Stendhal c'est quand la peinture s'ouvre et qu'on s'affole parmi des figures abstraites à drôles d'yeux.

 

14.

Sans doute, jadis, en nos enfances, avons-nous été frappés par le sort d'une phrase anodine et qui pourtant.

 

15.

Sans doute ce manque que nous avons de l'autre nous vient-il, nous vient-il, nous vient-il de je ne sais pas.

 

16.

Sans doute aurai-je composé les exergues de livres qui n'existent pas, et toute une bibliothèque savez.

 

17.

Sans doute m'effondrerai-je le sifflet coupé par le tranchant de l'air et les yeux tournés vers la langue de bœuf du réel.

 

18.

« Barbare humanité, qui m'arrache à moi-même,

Et feint de la douceur pour m'ôter ce que j'aime ! »

(Corneille, « Médée », vers 497-98 [Médée])

 

Pas douteux qu'on bricole dans l'oxymore et l'dilemme, la « barbarie à visage humain » comme dit l'autre, la géométrie à mâchoires.

 

Le grand style, ça vous avait du visage, une aut' gueule au réel tout pourri quand même, que nous on mâche grisâtre pâte à langue de bois.

 

19.

Y a des gens, on croit qu'on les écoute, mais on les écoute pas et puis après on croit qu'on leur répond, mais on leur répond pas, et on appelle cela « communication ».

 

Y a des gens on croit qu'on les aime, mais on les aime pas et puis d'autres on croit qu'on les aime pas, mais on les aime pas.

 

20.

Parfois, il me semble que m'accompagne quelque son grave de violoncelle, de contrebasse – turlututu.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 2 juillet 2016.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 20:51

LE BALAI INNOMMABLE

 

Notes drolatiques et paraphrases sur la deuxième partie de la scène 3 de l'acte I (l'épisode du balai) de la pièce « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« PERE UBU

Eh ! me crois-tu empereur d'Orient pour faire de telles dépenses ?

 

MERE UBU

Ne l'écoutez pas, il est imbécile.

 

PERE UBU

Ah ! je vais aiguiser mes dents contre vos mollets.

 

MERE UBU

Dîne plutôt, Père Ubu. Voilà de la polonaise.

 

PERE UBU

Bougre, que c'est mauvais.

 

CAPITAINE BORDURE

Ce n'est pas bon, en effet.

 

MERE UBU.

Tas d'Arabes, que vous faut-il ?

 

PERE UBU, se frappant le front

Oh ! j'ai une idée. Je vais revenir tout à l'heure.

Il s'en va.

 

MERE UBU

Messieurs, nous allons goûter du veau.

 

CAPITAINE BORDURE

Il est très bon, j'ai fini.

 

MERE UBU

Aux croupions, maintenant.

 

CAPITAINE BORDURE

Exquis, exquis ! Vive la Mère Ubu !

 

TOUS.

Vive la Mère Ubu !

 

PERE UBU, rentrant.

Et vous allez bientôt crier vive le Père Ubu.

Il tient un balai innommable à la main et le lance sur le festin.

 

MERE UBU

Misérable, que fais-tu ?

 

PERE UBU

Goûtez-un peu.

Plusieurs goûtent et tombent empoisonnés.

 

PERE UBU

Mère Ubu, passe-moi les côtelettes de rastron, que je serve.

 

MERE UBU

Les voici.

 

PERE UBU

A la porte tout le monde ! Capitaine Bordure, j'ai à vous parler.

 

LES AUTRES

Eh ! nous n'avons pas dîné !

 

PERE UBU

Comment, vous n'avez pas dîné ! A la porte, tout le monde ! Restez, Bordure.

Personne ne bouge.

 

PERE UBU

Vous n'êtes pas partis ? De par ma chandelle verte, je vais vous assommer de côtes de rastron.

Il commence à en jeter.

 

TOUS

Oh ! Aïe! Au secours ! Défendons-nous ! malheur ! je suis mort !

 

PERE UBU

Merdre, merdre, merdre. A la porte, je fais mon effet.

 

TOUS

Sauve qui peut ! Misérable Père Ubu ! traître et gueux voyou !

 

PERE UBU

Ah ! les voilà partis. Je respire, mais j'ai fort mal dîné. Venez, Bordure.

Ils sortent avec la Mère Ubu. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I, 3)

 

1.

Donc les Ubus avec une idée derière reçoive à manger Bordure et ses partisans que Père Ubu i grince déjà qu'ça va lui coûté cher ce menu là.

 

2.

Qu'le Père Ubu grince ça lui fait jacter à Mère Ubu que faut pas qu'les invités l'écoutent grincer car « il est imbécile ».

 

3.

D'se faire tréter d'imbécile énerve Père Ubu, i dit il va « aiguiser ses dents contre [ses] mollets » a la Mère Ubu (i doi bavé bouledogue).

 

4.

Le Père Ubu, il a l'anthropophagie quelque part c't'homme qu'il veut mordre ainsi dans ses vivants.

 

5.

Car il veut lui croquer les mollets, la Mère Ubu donne au Père Ubu de la « polonaise » qu'c'est, d'après la «Classique Larousse », un gâteau.

 

M'étone qu'ça soit une « brioche » que sert la Mère Ubu en début de repas surtout qu'en débitan le menu elle a parlé de « soupe polonaise ».

 

Est-ce que la Classique Larousse insinuerait que la brioche polonaise c'est rien qu'un étouffe-chrétien ?

 

Je dis étouffe-chrétien passque d'la « brioche meringuée fourrée à la crème pâtissière et aux fruits confits » ça pourrait paraître bourru.

 

Mais à mon avis c'est pas d'la brioche qu'elle sert la Mère Ubu car vu qu'on est au début du repas, la soupe semble plus logique.

 

Ou alors, elle s'en moque la Mère Ubu qu'elle balance à Ubu et aux invités de la brioche avant la soupe et d'la charrue avant les bœufs.

 

Et puis d'la brioche à meringue avec crème pâtissière et fruits confits ça doit être bon non moi j'y goûterais bien à cette polonaise là.

 

Que donc je tire la langue à la Classique Larousse que si ça s'trouve c'est elle qui m'tire la langue et c't'un exploit vu qu'c'est un livre.

 

Qu'si ça s'trouve ça fait des lustres que les comédiens font semblant d'manger d'la brioche car la soupe sur scène c'est pas balançable.

 

La Classique Larousse peut-être a m'tire la langue que chu ignorant et qu'c'est bien d'la brioche que ah zut ça me gave c't'histoire.

 

6.

Tout cas, brioche ou pas, ni Père Ubu ni Capitaine Bordure (et ses partisans) trouvent ça bon qu'ils trouvent ça mauvais.

 

7.

Du coup d'la fine bouche Mère Ubu en devient politiquement incorrecte et les insulte raciste que c'est pas beau qu'il faut pas le faire.

 

8.

Tout à coup, Père Ubu s'a frappé le front car lui est tombée une idée dans la crémerie et qu'il va revenir tout à l'heure.

 

9.

Bon, les convives mangent du veau et ils sont contents ; ils mangent des croupions et ils sont contents (ils crient « Vive la Mère Ubu ! »).

 

10.

Après Père Ubu est revenu avec à la main ce que la didascalie nomme un « balai innommable » (ça veut dire qu'on peut pas lui donner de nom).

 

11.

La Didascalie c'est la dame italique qui dit aux lecteurs qui peuvent pas savoir (surtout s'ils sont malvoyants) ce qu'on voit sur la scène.

 

12.

« Le Balai innommable » ça s'rait un bon titre pour une épouvante qui raconterait l'histoire d'un balai d'l'horreur tombé des ténèbres.

 

« Le Balai innommable » i balaierait tout sur son passage en poussant des grands VLOUFFF et il aurait le crin tout hérissé et la torve goule.

 

Des pineups s'enfuieraient en poussant des cris aigus et un coboye solitaire dompterait l'balai maudit avant d'en faire des allumettes.

 

13.

En fait ce « balai innommable » est certainement un balai à chiottes et c'est pour ça qu'il est innommable c'est parce que ça se dit pas.

 

14.

Père Ubu i donne un grand coup de balai innommable parce qu'il en donne à goûter à plusieurs gens qui s'en trouvurent mourus empoisonus.

 

15.

Là-dessus Père Ubu a demandu à Mère Ubu qu'elle lui passa « les côtelettes de rastron » qu'ça n'existe pas tellement c'est pas mangeable.

 

16.

Mère Ubu, peu émue des mourus soudains, elle passe les côtelettes de rastron à Père Ubu qui veut rester en tête-à-tête avec Bordure (pour lui parler).

 

17.

Comme i veut parler qu'au Capitaine Bordure, Père Ubu engueule tout le monde pour qu'ils sortent tous mais eux i s'remuent pas, ils restent.

 

18.

Là, le Ubu engoule très fort, mais les partisans ne bougeant pas, i s'met à jeter sur eux les côtes de rastron pour leur faire mal et fuir.

 

Les « côtes de rastron » c'est tellement pas mangeable que c'en est jetable ; et du coup, Père Ubu s'en sert comme assommoirs.

 

19.

Tous (sauf Bordure) crient aïe et au secours au « traître et gueux voyou » (c'est le Père Ubu) qu'ils sont morts et qu'ils décampent.

 

Notons que la portée politique de ce passage est manifeste : Mère Ubu est plébiscitée car elle donne correctement à manger aux gens ; Père Ubu est hué car il leur donne à manger de la ; c'est ainsi que la santé des régimes dépend du contentement des estomacs.

 

20.

La fuite des partisans de Bordure a contentu Père Ubu que donc les v'là sortus, Père et Mère Ubu et l'Captain Bordure Quoi qui va s'passer ?

 

21.

Quoi qui va s'passer, j'sais pas trop mais vu qu'la pièce s'appelle « Ubu roi », doit avoir planant dans l'air du régicide fourbe ricanant.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 30 juin 2016.

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