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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 12:15

SOURIS QUAND MÊME CHAT

 

1.
C'est quand même bête de se dire que vivre, c'est toujours mourir un peu, mais quand on est bel et bien débandé, dévissé, enterré, on n'en a plus l'occasion.

 

2.
Tiré de Laforgue: "Mais soudain vers les cieux"; "Le mal s'accrochait"; "Le Mal qui là dans l'ombre flairait sa proie".

 

3.
"Mais soudain vers les cieux": Oh !... Là-haut... Une souris !...

 

4.
"Mais soudain vers les cieux jaillit un cri de rage"
(Jules Laforgue)

 

C'est qu'un géant s'a flanqué sur les doigts son marteau;
ça ne fait pas un nuage.

 

5.
Le "ç", je sais pas le mettre en majuscules. J'ai su, j'sais plus, j'm'en fiche.

 

6.
"Le Mal s'accrochait": Tique et tique et ratatique.

 

7.
"Le Mal qui là dans l'ombre flairait sa proie" [Laforgue]
 

- Couché, Belzédor !

 

8.
"J'étais beau comme un passage à niveau" qu'il chante Thiefaine... beau à regarder les trains passer oùsqu'on n'a pas monté, trop bourré qu'on était.

 

9.
Qui me souhaite "bon courage" est vraiment bien brave; il me semble tellement que je le mérite pas.

 

10.
Si Lewis Carroll a inventé "le sourire du chat", c'est peut-être pour souligner que les chats ne sourient guère... i sont si sérieux, les chats... ou alors, c'est des keatons, et i se fichent de nous, les greffiers...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 février 2014

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 02:51

CAR C'EST UN CAS

 

1.
Tiré de Laforgue: "Et la terre troublée en sa vieille inertie"; "Sentit du fond des cieux venu"; "comme un étrange appel".

 

2.
"Et la terre troublée": c'est le moment de remettre ses lunettes, si on veut avoir la lune en face des trous.

 

3.
"en sa vieille inertie": c'est qu'elle est trop vieille aussi, zieutez  la vieille chaussette, traînant dans l'espace la pesante bêtise des humains.

 

4.
"Sentit du fond des cieux venu": Tiens, y a comme un courant d'air; ça doit être Supermachin qui passe...

 

5.
"Comme un étrange appel" : voilà qui appelle, les points de suspension et comment ça se fait que me voilà bloqué dans cette affaire de film d'épouvante, moi...

 

6.
Tiré de Laforgue : "à bondir dans la vie"; "A se ruer dans l'inconnu"; "Ce fut un coup"; "de sève une ivresse".

 

7.
"à bondir dans la vie", façon Marsubidule, ou Zébulon, dzoïng-dzoïng, ah les bondissants qu'on fut ! qu'on se traîne maintenant, dans nos vieilles chaussettes...

 

8.
"A se ruer dans l'inconnu", avec de grands cris bien sûr, troupe farouche et guerrière, à la hache... J'aime bien, ça fait heroïc-fantasy.

 

9.
"Ce fut un coup": Ah oui, alors, quand Elise m'a signifié mon congé de bonhomme à rien faire, sûr que ce fut un coup, que j'vas-t-y lui rendre, rapport à ce que j'suis point si nouille quand même...

 

10.
"de sève une ivresse": des fois quand i fait du vent, avec un peu d'imagination, on dirait qu'ils sont bourrés, les pommiers.

 

11.
"de sève une ivresse": joli comme tout, cette expression laforguienne, puis qui fait penser qu'on est, nous autres, du bois dont on fait les pipeaux.

 

12.
Du reste, on n'est pas de bois et on s'enflamme quand même...

 

13.
Et puis, c'est pas parce que j'm'appelle ma pomme, qu'il faut me bouffer jusqu'au trognon...

 

14.
Tiré de Laforgue: "Au vague et joyeux"; "joyeux aiguillon"; "le germe obscur s'éveille"; "Aux fentes chaudes du sillon".

 

15.
"Au vague et joyeux": Tout ma pomme, ça, à m'bidonner d'un  rien, d'un vague truc, d'une queue de cerise...

 

16.
Le "joyeux aiguillon", c'est le truc à Cupidon... Il bande son arc... Tchac !... vous v'là tout flottant bête...

 

17.
"le germe obscur s'éveille" : Entendez-vous dans les campagnes germer l'obscur au coeur des épouvantails ?

 

18.
Au vol, j'entends ça sur France Culture : "Les gouttes de pluie restaient immobiles dans l'air". C'est pratique, on peut faire ses courses sans s'mouiller; et puis c'est esthétique ! On dirait de l'art moderne... du répétitif à rayures... Les piafs y zigzaguent, c'est rigolo.

 

19.
"Au fentes chaudes du sillon": Des fois, Laforgue, on dirait du Lars Von Trier, ce qui serait un beau nom pour une marque de charrue.

 

20
Tiré de Laforgue : "Ivre, elle s'élança" ; "de la houle sauvage" ; "et bouillonnante du chaos".

 

21.
"Ivre, elle s'élança": C'est des coups à s'casser quelque chose, ça...

 

22.
"de la houle sauvage": en v'là du poétique, tiens, qu'ça pourrait mirlitonner genre "J'ai en moi une houle sauvage / Qui tourne et roule du fond des âges"... non, c'est nul...

 

23.
"et bouillonnante du chaos": quand le chaos bout, votre café a un drôle de goût, car ne dit-on pas : Chaos qui bout, café foutou - et aussi votre chocolat, car, savez, c'est un cas, Chaos.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 février 2014.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 08:28

DE L'UNIVERS MODESTE QU'ON EST TROGNONS

 

1.
Tiré de Jules Laforgue: "en m'enterrant d'un geste"; "l'univers modeste et le céleste".

 

2.
On est toujours enterré d'un geste, mais, des fois, on est encore vivant.

 

3.
J'aime bien le contraste que fait Laforgue entre le "modeste" et le "céleste"; nous bricolons modestement sous la grande machinerie pas pensable du divin.

 

4.
Tiré de Jules Laforgue: "Impassible en ses lois la Force universelle"; "ivre"; "de sa fécondité"; "en aveugles rayons".

 

5.
"Impassible" qu'il dit Jules... impassible, impassible pas tant que ça, que, quand même, que j'saute aux rideaux...

 

6.
"en ses lois": quel jeu ?

 

7.
"la Force universelle": celle qui m'attrape de partout et m'y met dedans, pauvre de moi...

 

8.
L'adjectif "ivre" rappelle toujours quelqu'un: le réel se console de sa lucidité par l'ivresse et se repent de ses ivresses par sa lucidité.

 

9.
Le mot "fécondité", des fois, me met en colère; que c'est déjà bien assez de m'avoir soumis à, comme dit Cioran, "l'inconvénient d'être né", qu'un peu partout faudrait  qu'elle se calme, la matrice à turpitudes.

 

10.
Quand on est fatigué, des fois, les mots se déforment. Ainsi, le mot "turpitudes", dans mon cahier de brefs, je l'avais noté "turlupitudes".

 

11.
"en aveugles rayons": Et vazy donc que j'te cogne, que j'te tamponne, qu'les rayons s'emmêlent les pinceaux, même que le physicien Cosinus n'y retrouverait pas le chat de ses équations.

 

12.
Tiré de Jules Laforgue: "la paix solennelle / Vibrait": "de toute éternité"; "de vivantes flotilles".

 

13.
"la paix solennelle / Vibrait": C'est qu'elle doit en entendre un, de beau discours sur sa pomme.

 

14.
"de toute éternité": remarquez que la moitié suffirait bien, mais l'infini aime bien les points sur ses "i"; ça lui donne de la langue.

 

15.
On a beau se dire que ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort... c'est chiant quand même.

 

16.
Vivre avec quelqu'un, c'est se demander au bout de quinze ans ce qu'on aurait pu faire si...

 

17.
"de vivantes flotilles": les petits bateaux qui ont des jambes ?

 

18.
Tiré de Jules Laforgue: "Elle criblait l'immensité"; "Et les soleils flambants"; "Au béant vide illimité".

 

19.
"Elle criblait l'immensité": des fois qu'il y aurait de l'or dedans; on ne sait jamais...

 

20.
"Et les soleils flambants": heureusement encore, car les soleils éteints, ça l'fait pas.

 

21.
"Au béant vide illimité": ça, quand il ouvre sa goule, l'ogre...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 janvier 2014

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 06:42

SONGE A CECI POLITIQUE

 

1.
Tiré de Tristan Corbière: "Tour du cadran"; "à tout déshérité"; "Coup de rapière dans l'eau du fleuve Léthé !" (cf "Litanie du sommeil").

 

2.
Porteurs du message, ils firent le tour du cadran, afin d'être assurés que chaque aiguille de chaque heure soit informée.

 

3.
Passant dans la rue, devant les vitrines qui agitaient leurs mannequins, nous nous demandions si nous n'étions plus.

 

4.
Avec la crise, le sentiment d'être "à tout déshérité" croît et se fortifie, semant d'obscures vengeances.

 

5
"Coup de rapière dans l'eau du fleuve Léthé!" écrit Corbière; ce qui fait qu'on ne s'en souvient plus, et qu'on recommence, sempiternel frappeur d'eau.

 

6.
Tiré de Tristan Corbière: "des grands hallucinés !"; "Aile des déplumés !"; "Arche où le hère et le boa changent de peaux !"
(cf "Litanie du sommeil").

 

7.
Lors, l'aveugle me dit: "Avec de si grand yeux, êtes-vous de la compagnie des grands hallucinés ?"

 

8.
Déplumé, il ne lui resta guère plus qu'une plume avec laquelle il se plaignit de n'être plus que déplumé.

 

9.
Déplumé, il rêva que cette plume qui lui restait devenait un couteau. De l'être qu'il aiguisait comme on aiguise une lame, au tranchant.

 

10.
Il se pourrait bien que cette crise donne des ailes à quelques déplumés. Songe à ceci, politique: ils ont encore bec et griffes.

 

11.
Nous eûmes beau changer de peaux, passer du "hère au boa", de l'être au paraître, elle nous reconnut tout de même.

 

12.
Tiré de Tristan Corbière: "Arc-en-ciel miroitant !"; "Faux du vrai ! Vrai du faux !"; "Tityre sous l'ombrage essayant des pipeaux" (cf "Litanie du sommeil").

 

13.
Alors, les guerrières de la pluie, tentant de séduire le soleil,  aveuglant les fenêtres, se mirent à miroiter comme arc-en-ciel.

 

14.
Emettre des opinions, ce n'est sans doute pas autre chose qu'être dans le "faux du vrai", à moins que cela ne soit dans le "vrai du faux".

 

15.
Grinçant Tityre, il me faut d'abord essayer quelques pipeaux, afin d'en trouver un d'assez faux pour.

 

16.
La crise envoie l'honnête homme et l'humaniste aux orties; belle âme, tu n'es qu'un fantoche.

 

17.
Dépit français; ça sert à rien d'être si intelligent! Nos beaux "Rafale", on les vend pas, et même  nos voyous préfèrent la Kalach au Famas.

 

18.
Les gens de gauche qui ont des actions EADS - si, si, j'en connais -, pleurent-ils des larmes en forme de faucille et de marteau ?

 

19.
Depuis la crise des subprimes, je ne regarde plus mon banquier de la même façon: maintenant je sais qu'il n'en sait pas plus que moi.

 

20.
Heureusement, j'suis anar. Y a que quand j'suis bourré que je suis de droite, ou de gauche... Oh la la ! j'sais plus.

 

21.
Ce qui explique la montée de l'extrême-droite, c'est cet état de crise où l'être social des autres devient une menace, une insulte, une humiliation.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 janvier 2014

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 20:23

NON ELECTRIQUE RAGOUT N'EST PAS UN TITRE DU GROUPE GONG

 

1.
Parfois, en lisant des vers de mirliton,
Je m'interroge... Pourrais-je en faire au thon ?.

 

2.
Le rock n' roll, ces minutes d'un jour sans fin, explosé, éclaté, puzzlé de partout.

 

3.
Môme, je fus fasciné par Corto Maltese. Je ne comprenais rien, mais je trouvais ça magnétique. De même, certains visages ont cette grâce de rester énigmatiquement beaux.

 

4.
"Couveur de magistrats et Couveur de lézards !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

Un travail de politique, ça, couver des magistrats et aussi des lézards.

 

5.
Tiré de Tristan Corbière: "marmite d'Arlequin"; "changer de patte au cormoran pensif"; "Pavillon de la Folle" (cf "Litanie du sommeil").

 

6.
Je fais de la littérature arlequine, avec de l'émietté d'auteur, des bouts d'prose et des vers tombés d'l'os, je me fais mon ragoût.

 

7.
Dans ma "marmite d'Arlequin", vous y retrouvez-vous, guignols et polichinelles ?

 

8.
Je relève dans Corbière l'expression "changer de patte au cormoran pensif". Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ça m'amuse.

 

9.
Doit être un petit métier disparu, ça : "changeur de pattes des cormorans pensifs"...

 

10.
A la réflexion, je me demande si "changer de patter au cormoran pensif" ça ne voudrait pas dire "changer de disque".

 

11.
Marrant, c'est marrant; mais rigolant, c'est rigolo.

 

12.
Que me reste-t-il ?... Mon talent... Peu de chose donc.

 

13.
- Et Machin ?
- Tu savais pas... il est mort... un accident domestique avec soi-même.

 

14.
"Grosse nudité du chanoine en jupon court !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

Ceci n'est pas un vers de Victor Hugo.

 

15.
Quand Corbière évoque "le pavillon de la Folle", il reformule l'expression "folle du logis", l'imagination, avec qui nous vivons et à qui nous devons tant.

 

16.
L'expression "folle du logis" rappelle qu'en théorie nous ne serions jamais être absolument seul. Ceci dit, quand on n'a plus rien à imaginer....

 

17.
La folle du logis, son plat préféré, c'est la salade d'hyperboles, avec ses doutes en lardons. Se déguste en se faisant un film.

 

18.
"SOMMEIL ! - Dédale vague où vient le revenant !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

Je dois être possédé; dès qu'ça évoque du spectre et du revenant, faut qu'je touitte !

 

19.
Des fois, je me demande si les disques de Jimi Hendrix ne seraient pas des cercles parallèles, dans lesquels il ne cesserait pas, à chaque fois qu'on le joue, l'électrique phénix, de revenir, et de nous demander, avec une voix d'outre-son "-Are you experienced?".

 

20.
"SOMMEIL ! - Long corridor où plangore le vent !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

Evidemment, pour l'écho, et les sons "on", "en", qu'on se prend, comme s'il était, ce corridor, traversé par une guitare fantôme qu'aurait l'air, aux mains d'un guitariste d'autrefois, de jouer "The Wind Cries Mary".

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 janvier 2014.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 00:40

EN REGARDANT ALICE IN CHINA

 

1.
Vu ce soir, 1er janvier 2014, sur la chaîne France Ô, le spectacle "Alice in China", dramaturgie et textes de Fabrice Melquiot, mise en scène de Renaud Cohen, musique de Christian Boissel et Nicolas Lespagnol-Rizzi, et surtout une impressionnante et très belle démonstration de ce que peut faire le cirque moderne et, en l'occurrence, la troupe du Nouveau Cirque National de Chine.

 

2.
"Alice in China", dramaturgie de Fabrice Melquiot : le cri en boucle d'Alice chutant chutant chutant dans l'ailleurs.

 

3.
"Alice in China", dramaturgie de Fabrice Melquiot. Citation: "Soi, qu'est-ce que c'est, soi ? - Un feu d'artifice qui dure quelques années."

 

4.
"Alice in China", sur France Ô, la beauté des corps en mouvement du Nouveau Cirque National de Chine.

 

5.
"Alice in China": chat zébré, souple et miaulant, menaçant de sa griffe une Alice en bleu, souple, fuyante soudaine, cause  la griffe.

 

6.
Ne dites jamais à un gâteau: "Mange-moi !"; il serait capable de le faire.

 

7.
"Alice in China", dramaturgie de Fabrice Melquiot, mise en scène de Renaud Cohen. Jonglerie de jeunes filles; danses vitales.

 

8.
"Alice in China", d'après le génie de Lewis Carroll: Alice, c'est la jeune fille en bleu parmi les uniformes des écolières du vertige.

 

9.
Après le piano, la musique de danse, répétitive, puis dans les pleurs, Alice grandit, grandit, grandit jusqu'au noir.

 

10.
La voix off commente vite vite vite comme si elle était le retard du lièvre, tandis que bondissent les corps, drôles d'oiseaux, diabolos.

 

11.
Les garçons font les oiseaux; les filles la pyramide.

 

12.
Le Nouveau Théâtre National de Chine ou l'intelligence des corps. Après la danse volatile, deux corps en arrêt, qui, au coup de sifflet, miment.

 

13.
"Maintenant, elle est seule, seule au Pays des Merveilles" (Fabrice Melquiot): Alice, une solitaire prise au piège de ses rêveries ?

 

14.
Musique de cirque, entraînante, féerique, marquant les temps de la précieuse mécanique des corps.

 

15.
Christian Boissel et Nicolas Lespagnol-Rizzi ont créé cette musique des aventures de la petite fille dans la maison de verre.

 

16.
Dans "Alice in China", Lewis est un chien qui aboie et "tombe sur un os", celui de l'énigme; par exemple, celle du chien et de la Chine.

 

17.
"Alice in China", texte de Fabrice Melquiot: ceci sur les mots chien et Chine: "Comment un si petit mot peut-il contenir un pays si grand ?"

 

18.
"Alice in China": géant chien noir (aboiements et percussions); Alice monte dessus, écuyère de l'imaginaire.

 

19.
"Alice in China": Alice dans sa bulle, roule et tourneboule, y danse, comme si elle l'apprivoisait, cette bulle, qui l'emporte pourtant, ailleurs encore.

 

20.
Dans "Alice in China", dramaturgie de Fabrice Melquiot, ce bref: "Il n'y a pas de sourire sans chat."

 

21.
Cris et rires et jongleries autour des marmites avant la scène de "Mademoiselle Au Pays des Merveilles Alice", et l'étrange grâce du chat.

 

22.
Le chat zébré, opposé au "bébé cochon" d'la scène marmitesque, est d'une élégance inaccessible, et hante les toits de la nuit.

 

23.
En fin de compte, il court sur la scène comme si c'était la ville, cependant que la télé tombe en panne au profit d'une géante nommée Alice.

 

24.
"Alice in China": "Tu dois l'être, répondit le chat, autrement tu ne serais pas venue ici." Ecrire, serait-ce rendre compte des possibles de nos folies ?

 

25.
En composant "Alice au Pays des Merveilles", Lewis Carroll aurait-il voulu signifier que les possibles de nos folies ne sont pas autre chose que les jeux pervers de la logique ?

 

26.
C'est militairement qu'apparaît la Reine Rouge (en Chine, tiens donc), ce qui la fait rire d'abord, l'Alice en arbitre politique des bastons d'rue.

 

27.
De "Alice in China", ce postulat : "La démocratie commence lorsque l'on peut écrire démocratie là où on a envie d'écrire démocratie."

 

28.
Donc, en Chine, comme aux Etats-Unis, les "Démocrates" s'opposeraient aux "Républicains".

 

29.
En écrivant son Alice, Lewis Carroll a travaillé du chapeau dont il a tiré un lièvre en retard.

 

30.
Plus de musique; la fille a flanqué une tarte à la Reine Rouge, laquelle se juche pour virtuoser des cartes pendant que le piano reprend sa danse.

 

31.
L'imaginaire de fantaisie ne fait qu'exploiter ce qui se joue au-dedans de nos cerveaux, ce qui y danse, jongle, et virevolte.

 

32.
"Trois filles qui se partagent le même visage" dit la voix off du spectacle, comme pour signifier que l'imaginaire aussi relève du partage, pourvu qu'il fasse oeuvre.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er janvier 2014.

 

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 09:57

MES MEILLEURS VOEUX A TOUTES, TOUS, TOUTI QWANTI, TOUTI FROUTI, TOUTI TOUTIM, ET AUX AUTRES AUSSI.

 

1.
Si Flaubert avait pu twitter, aurait-il passé toute une journée à hésiter sur la place d'une virgule ?

 

2.
Si Flaubert avait pu twitter, certainement qu'elle aurait été très éclatée, Emma Bovary.

 

3.
Avec la crise, à Noël, on a vu des dindes courir après les clients.

 

4.
Si Queneau avait pu twitter, peut-être il en aurait flanqué partout ses touits, d'la Zazie, "pour aller faire chier les Martiens".
(cf Raymond Queneau, "Zazie dans le métro", folio n°103, p.24).

 

5.
Je me demande si cette année encore le Père Noël a fini sa nuit en cellule de dégrisement.

 

6.
Pour cette année 2014, je prends la résolution d'être un peu plus moins gentil.

 

7.
Comme il se demandait si une naissance, c'était pas un genre d'accident pas toujours programmé, sa copine lui annonça l'heureux événement.

 

8.
Dans l'émission Cinéma Song consacrée à Michel Magne (1/2), ai-je bien entendu les expressions "musique tachiste", "solo de jambon", "solo de saucisson" ?

 

9.
Je suis convaincu que le cassoulet et la choucroute sont en fait des armes secrètes destinées à contrecarrer une invasion martienne.

 

10.
Je m'en fous, moi, des bons voeux du Président, ce que je veux, c'est mes étrennes, na !

 

11.
Franchement, à un génie du film sombre et mélancolique façon Lars Von Trier, je préfère un talent du cinéma populaire à la Lautner.

 

12.
Le tout, quand on cause avec des prétentieux culturels, c'est d'avoir l'air d'avoir vu plusieurs films de Godard, et ne jamais évoquer l'amour qu'on a pour les comédies oùsqu'il y a Louis de Funès qui s'agite dedans.

 

13.
Quand j'étais étudiant, le goût que j'avais des romans de Simenon me faisait passer pour un plouc auprès des lecteurs de Robe-Grillet.

 

14.
Y a-t-il jamais eu un réalisateur de films déjantés pour filmer un vol menaçant de blocs de foie gras au-dessus de l'humanité ?

 

15.
Et "La Guerre des pinces" ? ça a déjà été tourné, ça ? Et "L'invasion des boudins blancs" ? déjà tourné ou pas ?

 

16.
Remarquez que "La Menace De La Quenelle Toute Pourrite", ça existe déjà comme mauvais cinoche.

 

17.
Non, franchement, je ne crois pas que pisser dans un violon soit une bonne idée pour une oeuvre d'art conceptuel.

 

18.
Et comme tous les ans, sur nos documents, il faudra s'habituer à bien mettre le bon millésime, et pas le périmé de l'année précédente.

 

19.
"Etrennes pas dans la rue", ça pourrait être marrant comme jeu de mots, mais en fait, c'est naze.

 

20.
Selon une tradition que je viens d'inventer, chaque 31 décembre, à minuit, tous les personnages de fiction renouvellent leur abonnement au réel.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er janvier 2014

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 04:08

ACOUSMATIQUE DE LA FORÊT

 

1.
L'enseignement  délivré derrière un rideau, afin que ses disciples puissent se concentrer uniquement sur le sens de ses phrases, Pythagore, dit-on, l'appelait "acousmatique".

 

2.
"Crépuscule flottant de l'Être ou n'Être pas !...

Sombre lucidité ! Clair obscur ! Souvenir"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil").

 

3.
Fantômas, c'est l'être flottant comme un crépuscule, et qui allonge son ombre sur tout un paysage.

 

4.
Se sentir sans cesse entre l'Être et le n'Être pas, franchement, c'est pas une existence, mais une vocation au fantômat.

 

5.
Remarquez que nous sommes tous plus ou moins partagés par le n'être que et l'être qu'on voudrait être.

 

6.
Les gens dans la rue, ces clairs obscurs qui passent, plein d'ombres et de lucidités, de cercles et de perspectives.

 

7.
Un médium qui regarde dans un visionnaire, risque-t-il une oculocution ?

 

8.
Tiré de Tristan Corbière: "Souvenir de l'inouï"; "Lampiste d'Aladin qui sais nous éblouir !"; "l'épicier du Sort"; "Corne de Diane". (cf "Litanie du sommeil").

 

9.
Les musiciens acousmatiques (acousmatique, quel beau mot) ne sont-ce point des explorateurs du son qui se souviendraient de l'inouï ?

 

10.
Les explorateurs acousmatiques progressent dans une forêt folle de sons.

 

11.
Les explorateurs acousmatiques cherchent-ils le latin perdu des oiseaux ?

 

12.
Le coupable, c'est toujours le lampiste; on ne songe jamais à interroger le génie de la lampe.

 

13.
Je ne peux lire ce vers -"Lampiste d'Aladin qui sais nous ébouir"[Corbière] - sans entendre dans mon oreille sourde un cri électroacoustiquement sombre dans une grande lumière aigue.

 

14.
"Eunuque noir ! muet blanc ! Derviche ! Djinn ! Fakir !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

Silences lourds de secrets ! Tours et vertiges ! Nuées étranges ! Clous ! "Secret des poignards volants" !

 

15.
L'embuscade...
D'abord m'suis r'trouvé assoupi par du vin gris,
Puis me suis fait assommer par du cassoulet.

 

16.
Dans la forêt-vierge acousmatique, nos explorateurs dénichèrent de sifflants zigouigouis et des portes à grincements.

 

17.
Qui qu'a bouffé l'Ogre ? Je l'ai dit mille et une fois, ça, qu'il ne faut pas laisser traîner les Contes de Fée !

 

18.
"Où Femme Barbe-Bleue oyait l'heure mourir !...
Belle au Bois dormant dormait dans un soupir !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

19.
J'aime assister aux agonies des horloges, ouïr leurs heures mourir; c'est ma - bien que vaine, si vaine - revanche sur le temps.

 

20.
Dans la profonde forêt des sons, nos explorateurs acousmatiques cherchaient-ils le soupir où dormait la Belle au Bois dormant ?

 

21.
Quand on a affaire à "l'épicier du Sort", des fois, on a la moutarde qui vous monte au nez.

 

22.
Et la nuit, la chaste Diane chassant, un croissant de lune illuminant sa chevelure, passe, au loin, dans la forêt perdue.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er janvier 2014.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 21:13

EN ECOUTANT LES FONTAINES DU CASINO

 

1.
Je sais que je devrais être parti je sais que je devrais être je sais que je devrais je sais que je sais que je sais qu'est-ce que je fais là ?

 

2.
Il paraît que je serais éventuellement un bon parti pour la fée Carabosse.

 

3.
Le 31 décembre: demain, "mes cigarettes seront toutes fumées dans le cendrier".

 

4.
Dans les années 70, pas grand monde pour arrêter de fumer; on pensait que Mitterrand allait tout arranger.

 

5.
Vous vous souvenez de l'Union de la Gauche ? Ah la la, quand on y pense, quelle rigolade !

 

6.
Quand je pense que si nous parlions tous allemands, nous aurions les yeux fixés sur des émissions de teutonne variétoche...

 

7.
On avait un prof de technologie; à cause de sa petite moustache, on l'appelait Charlot, mais c'était pas rigolo.

 

8.
Et aussi ce prof de sciences physiques, qui buvait trop et qui avait l'air si brave; ça non plus, pas rigolo.

 

9.
Honnêtement, de bien des profs, je me souviens plus de leur façon d'être que du contenu de leurs cours.

 

10.
Les premiers mots en allemand que j'ai dit à un vrai Allemand ont failli le tuer.

 

11.
Internet, c'est magique, vous trouvez des photos de filles que vous avez connues au Lycée, mais plus vieilles.

 

12.
Ce gamin d'Hénin-Beaumont qui mentait tout le temps, je vous jure, il se faisait passer pour moi.

 

13.
Eh non, Monsieur, je n'ai pas fini barman à Pigalle...

 

14.
Dans le temps, maîtres et esclaves étaient à Rome; maintenant, les maîtres sont en occident, et en Inde les esclaves.

 

15.
Depuis que je sais quoi faire de moi-même, qu'est-ce que j'me sens seul.

 

16.
Promis, cette année, je n'essayerai pas de fumer le sapin.

 

17.
Vous avez remarqué qu'elles sont belles souvent, les chansons où les auteurs évoquent leur enfance: la nostalgie, ça se soigne.

 

18.
Franchement, même moi qui me moque de tout, quand j'entends "Les Fontaines du Casino", de Yves Simon, eh bien, ça m'fait du mou, docteur.

 

19.
Boire de la liqueur de menthe me donne envie de boire du café, et boire du café me donne envie d'écrire.

 

20.
Dans la nostalgie, ce n'est pas soi-même que l'on regrette, mais la traversée d'une spatio-temporalité cristallisée dans quelques images.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 décembre 2013

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 08:13

DE L'IMPLACABLE DANS LA LANTERNE

 

1.
Twitter, on dirait une pièce de Ionesco, avec des répliques dans tous les sens de partout.

 

2.
Tiré de Tristan Corbière: "Grand Dieu"; "Clair de lune / Des yeux crevés"; "Balayeur de rancune". (cf "Litanie du sommeil")

 

3.
"Grand Dieu", c'est vite dit ! Si ça se trouve, il est infiniment microscopique.

 

4.
"avoir clair de lune et yeux crevés" : Ne pas voir ce qui pourtant crève les yeux.

 

5.
J'ai beau faire, je n'arrive pas à la balayer, ma rancune; elle s'accumule plutôt, en moutons noirs.

 

6.
Nous sommes relativement à un absolu dont nous nous méfions comme d'un maître trop puissant.

 

7.
L'humain, sans doute, a inventé le Diable pour contrer le monopole divin sur l'absolu.

 

8.
Un seul absolu ? Je ne crois pas, tout un tas d'absolus plutôt, en infinis, et résolus à en découdre, absolument.

 

9.
Twitter, une pièce de Ionesco qui n'en finirait pas, décousue de partout, avec des répliques dans toutes les langues, et du flou dans les liens logiques. C'est intéressant.

 

10.
Twitter, si ça avait été un exercice donné dans un cours, les élèves auraient dit : "- N'importe quoi !"

 

11.
Tiré de Tristan Corbière: "la Planète lourde"; "hanter l'oreille sourde"; "mis à la porte"; "puits de vérité". (cf "Litanie du sommeil")

 

12.
J'ai la Planète lourde, qu'il dit Dieu, ça tape cogne, pis ça grouille, comme si j'avais des humains dedans.

 

13.
Si un jour, je deviens sourd, la nuit, des musiques spectrales et des chansons fantômes viendront-elles me hanter la feuille ?

 

14.
Le réel est plein de portes que l'on passe, ou que l'on ne passe pas, et parfois même, on les prend.

 

15.
Vous savez, dans le puits, y a que d'l'eau, et puis la lune...

 

16.
"Soupirail d'en haut ! Rais de poussière impalpable
Qui viens rayer du jour la lanterne implacable !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

17.
Tout le temps, les scribes ailés, avec le zèle des serviteurs de Dieu, en rayant du jour des noms, des noms, des noms, actualisent sans cesse la liste des vivants.

 

18.
J'ai la lanterne implacable, qu'il devait se dire en grec et dans sa barbe, Diogène, lorsqu'il se promenait dans les rues en plein jour, lanterne allumée et prétendant chercher "un homme" (comprenez la prétendue nature humaine).

 

19.
C'est qu'nous y lanternons aussi, dans l'implacable, en l'attendant, Godot.

 

20.
Et puis, en lanternant ainsi, à force, c'est qu'on en avale, de l'impalpalble, de la poussière d'indicible, qu'elle finit par nous étouffer.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 décembre 2013.

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