Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 19:14

SAINCLAIR N'EST PAS LARSAN PUISQUE SAINCLAIR
En feuilletant à la fantasque le feuilleton du Parfum de la Dame en noir, de Gaston Leroux, Le Livre de Poche policier n°587.

 

1.
Qui vous a donc tous ensorcelés ? (cf p.189)
- "La Dame en noir !... C'est la Dame en noir qui vous a  ensorcelés !... Tous !... Ensorcelés..." Là, je m'enfuis dans la nuit dans un grand rire satanique !

 

2.
Pourquoi Mrs Edith ne s'était montré peut-être si mélancolique ? (cf p.117)
- C'est qu'Arthur fut incohérent, tout à fait incohérent, et qu'elle avait un oncle chez les Patagons. Et puis, la mélancolie, vous savez...

 

3.
Pourquoi allait-il le rendre plus nerveux que sa mère (cf p.208) ?
Pensez donc ! La mère à Rouletabille, si elle est comme son fils, qu'elle aussi elle a des problèmes de corps de moins et des problèmes de corps de trop, et qu'elle se dit qu'il y en a des trucs qu'on ne voit pas malgré tout c'qu'on voit, et puis qu'il faut s'efforcer de faire rentrer tout cet invisible dans le cercle de sa raison, vous voyez pas la machine à nerfs que ça peut-être. Sinon, "être plus nerveux que sa mère", voilà une expression qui dit bien ce qu'elle veut dire de quelqu'un qui passe pour émotif, sauf si on est le fils d'une sphinge, ce qui arrive des fois.

 

4.
Le fils du Sphinx est bien trop bavard. Voilà une expression qui sent son code à plein nez. A utiliser dans un roman policier à énigmes. J'imagine ça en italiques et en titre de chapitre. Evidemment, on ne saurait pas tout de suite qui sont le Sphinx et le fils de.

 

5.
p.208. "Sainclair n'est pas Larsan puisque Sainclair..." : comme quoi, il y a aussi des raisons pour n'être pas.

 

6.
Pourquoi, page 99, "marche-t-elle comme une comédienne" ?
- Sans doute qu'il pleut des répliques.

 

7.
Où, à la page 84, lui était apparu Larsan ?
- Sous un "bec de gaz", l'assassin, le malfaisant, le prestidigitateur criminel, çui qui vous fait passer un roman familial pour un roman policier. Mais on connaît ça depuis Oedipe. Sous un "bec de gaz", l'apparu Larsan, un "bec de gaz" sous lequel, justement, "nous passions"...

 

8.
En quoi, page 85, ne rappelait-elle en rien la mystérieuse fille de l'illustre professeur ?
- C'te question ! Parce qu'elle n'était ni "mystérieuse", ni fille d'un "illustre professeur".

 

9.
"Les feux obliques du soleil qui allaient frapper les murs de la vieille Tour Carrée, la faisaient éclater sur la mer comme une cuirasse."
(Gaston Leroux, Le Parfum de la Dame en noir, Le Livre de Poche policier n°587, p.97)

 

Voilà une de ces phrases comme je les aime. Vous me direz qu'on en trouve partout, des comme ça. Certes, et alors ? Il n'empêche que cette Tour Carrée éclatée buste... guerrier d'autrefois éparpillé, répandu, brillant sur la mer... que son cheval, i rangaine gris, et hennit sous les flots peut-être, palpite d'écume... vieille rosse toute gonflée, revenante d'une aventure don quichottesque qu'a fini à l'eau... moi, ça m'goûte.

 

10.
p.181 : "Puis je repris mon esprit" : Ah ça, on a beau faire, on a beau dire, un esprit, on s'en sépare pas comme ça ! En cas de trouble, de brouille, vaut mieux le reprendre, son esprit... il en appelle d'autres, ce qui fait qu'en français, on en arrive à "reprendre ses esprits", et même tous ses esprits !

 

11.
Pourquoi, page 232, au ciel noir montra-t-il le poing ?
C'est qu'à la page 232, le ciel noir, il ne crève toujours point.

 

12.
Pourquoi, page 261, Rouletabille interdit-il à Bernier de prononcer ce nom-là ?
- C'est qu'il y a des imprononçables. En général, ça a un rapport avec le diable ou le bon dieu. Ou alors, le nom d'un revenant que de prononcer son nom, ça pourrait le faire venir, qu'il vaut mieux pas, qu'on a déjà assez affaire avec les vivants pour pas aller réveiller les morts.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 octobre 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
commenter cet article
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 13:17

OUILLE ! POURQUOI SUIS-JE NE CHEVAL ?
En parcourant La Cité des nuages, 173ème aventure de Bob et Bobette, par Willy Vandersteen, Editions Erasme.

 

1.
p.50 "Nous devons nous emparer du livre aux formules magiques" : c'est sûr que ça peut être utile, un bouquin d'abracadabras, que pim, pam, poum, voilà nos vilains rendus tout crapauds ; j'en veux un, moi, de magic book, que j'vas l'commander au parti socialisse.

 

2.
p.28 : "Faut-il vraiment passer par ici ?" : tout est dans le vraiment.  En effet, si la vérité est au prix de ce passage, alors il faut vraiment passer par ici, sinon, faut point. Du reste, on peut toujours hausser les épaules et aller boire un coup, tout seul peut-être, mais peinard, comme dit Léo Ferré dans une chanson oùsqu'il explique qu'on n'est jamais qu'avec le temps, et qu'avec le temps, tout fout l'camp.

 

3.
p.16 : "Chaque soir, il lui demande sa main !". Et chaque soir, il s'en prend une. Ah le bouffon !

 

4.
p.13 : "en tripotant le télétemps". Forcé fatal, si on lui tripote tous ses boutons, au télétemps, ça finit par faire surgir de l'inconnu du passé partout, et pis aussi de l'avenir si ça se trouve, de l'ailleurs en tout cas, et donc radicalement inconnu, puisque rien de ce qui n'est présent ne peut nous être réellement connu, et, vu que le présent se liquide aussi vite qu'on finit un verre, rien ne peut nous être réellement connu.

 

5.
Nous vivons dans cet inconnu que l'on appelle présent et à qui nous donnons un tas de noms comme si nous le connaissions.

 

6.
p. 8 : "Les journaux en sont pleins !". De la mort. Des échos de la camarde. Les journaux, c'est du Cassandre. C'est ainsi qu'ça nous prévient de ce qui n'a pas manqué d'arriver.

 

7.
A la page 20 de "La Cité des nuages", de Willy Vandersteen, le bouffon Boulouf balance des éclairs de métamorphose, qui fusent en diagonale de la case 3 du strip 65 pour atteindre un personnage à la case 1 du strip 66.

 

8.
p. 46 : "Ouille ! Pourquoi suis-je né cheval !".

 

9.
p. 9 : "Pas une âme à perte de vue !" qu'il fit le voyageur interstellaire revenant sur sa planète lointaine et natale, et constatant que le temps avait balayé l'humanité et tout ça.

 

10.
Le gars Lambique, habillé en paysanne, et qui trouve le Cagoulard "sympathique... Nous avons bavardé...", voilà qui est curieux, surtout qu'à la case 3 du strip 174, il se tripote les doigts comme une minaude.

 

11.
p.21 : Pourquoi y a-t-il "tout un troupeau qui plane" ? J'sais pas, ça doit être un truc psychédélique, un hommage à l'album Animals de Pink Floyd, tous ces moutons sur des nuages, que, pour les tondre, faudra une drôle d'échelle...

 

12.
P.19 : Pourquoi au-dessus des remparts, une forme étrange vient-elle d'apparaître ? Parce que sinon, au-dessus des remparts, en général, y a que des zoziaux, alors faut bien y mettre du spectre, du médiéval revenant, du tempestaire, du bouffon voltigeant, de la dame blanche ; le garde, c'est bien, mais un peu commun. Ou alors, on décrit une bataille. Mais c'est long... et puis lu, relu tant et tant. Et puis, on s'en fout.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 octobre 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR LA BANDE DESSINEE
commenter cet article
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 12:21

SOUVENT FOL SOURIT ET LUCIDITE GRIMACE
En parcourant Nietzsche traduit par Georges-Arthur Goldschmidt, Ainsi parlait Zarathoustra, Le Livre de Poche n°987.

 

1.
Que "le midi le plus brûlant n'ait pas encore été découvert pour l'homme" (cf p.203) ne signifie pas que Nietzsche soit un prophète du réchauffement climatique. Ceci dit, si nous finissons par griller comme des saucisses, il aura eu raison, le Friedrich, mais comme les bibliothèques seront alors aussi en flammes que tout le reste, peu importera, et autant en emporte l'enfer.

 

2.
Peut-on avoir l'oeil sur ses lointains (cf p.276) ? Y verrions-nous alors débouler ces hordes barbares qui engloutirent l'empire de Rome ? Ou notre ombre, cheminant vers notre fatalité.

 

3.
Peut-on à nouveau tourner son coeur ? (cf p.123) Amusant, cette idée de coeur tournant, sur le pivot de l'âme, je suppose. Mécanique donc. Un montage à l'intérieur d'un mannequin.

 

4.
Que bannit-elle d'elle-même ? (cf p.268) Ce qui suppose quelque royauté. Même si elle crache des crapauds. Tiens, il pleut.

 

5.
Pourquoi croire plutôt à l'homme dans la lune qu'à ? (cf p.169) L'événement est enfermé dans son passé comme un dieu dans son univers. Ce qui l'atteste, ce sont les documents. L'humanité est une infinie machine à produire du document. L'être humain est le documentariste d'un dieu auquel il faut bien croire, sinon l'idée même d'une bibliothèque infinie n'aurait pas plus de sens que les mots du philosophe ou le vélo de ma grand-mère.

 

6.
Pourquoi mourra-t-il, un jour, en étouffant de rire ? (cf p.256) Sans doute parce qu'il n'y a pas de quoi.

 

7.
Ontologie de petit déjeuner : j'imagine que l'âme coule par les trous de l'être comme de la confiture par ceux d'une tartine.

 

8.
Pourquoi souvent l'esprit ment-il au sujet de l'âme ? (cf p.274) L'esprit, il est menteur, sinon, il pourrait pas se supporter. Quant à l'âme, elle est belle. J'ai bien l'impression que l'humain a inventé l'âme pour se consoler des noirceurs lucides de son esprit.

 

9.
Souvent fol sourit et lucidité grimace.

 

10.
On ne murmure pas à l'oreille d'un cheval mort.

 

11.
Cohérence et incohérence : le pile et le face d'une pièce de monnaie que Dieu a lancé dans le noir et qui n'en finit pas de vibrer-r'tomber.

 

12.
Murmurer à l'oreille d'un cheval fou : cela paraît impossible, à moins d'avoir hypnotisé le dada. Cela est-il possible au moins ? J'en pense qu'il faut être fou soi-même pour vouloir murmurer à l'oreille d'un cheval fou. Mais si ça se trouve...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 octobre 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 19:30

ABSURDEMENT SIGNE
En parcourant le Figaro-Histoire n°10 et ce qui y est dit des Etrusques.

 

1.
Qu'est-il arrivé à la langue étrusque ?

 

Elle a perdu son souffle. Le latin l'a mangée. Elle a rejoint le peuple des syllabes éteintes. Elle ne nous parle plus. Elle nous fait absurdement signe.

 

2.
Qu'avait-on, "racontait-on", du temps de Romulus, "interdit sous peine de mort" aux femmes romaines ?

 

De se pinarder. Elles devaient donc avoir la tête bien logique, les Romaines d'alors.

 

3.
Qu'exprimerait "le plongeon de la tombe de la Chasse et de la Pêche" ?

 

Un définitif. L'aller simple pour l'autre côté des choses, pour l'au-delà des regards, là où il n'y a plus d'yeux ni pour voir, ni pour être vu.

 

4.
Que pense Denys d'Halicarnasse de l'origine du peuple étrusque ?

 

Qu'il n'a émigré de nulle part et qu'il a toujours été là. Comme les fantômes, les Etrusques viennent du vivant et demeurent en place du vivant.

 

5.
Pourquoi, selon Aldous Huxley, cité par Jean-Louis Voisin à la page 49 du Figaro-Histoire n°10, l'étrusque est-il "la meilleure base pour l'éducation d'un gentleman ?"

 

C'est que, vu qu'on y pige que couic, l'étude de l'étrusque est donc vertigineusement inutile. En effet, tant qu'on ne la comprend pas, la langue étrusque est dénuée de toute prétention à nous apprendre quelque chose. Comme le Kobaïen, et comme la langue du Manuscrit de Voynich, elle n'a que sa beauté à offrir.

 

6.
Dans quel but le lièvre avait-il été dressé ?

 

Dans le but de "se réfugier dans cette tombe, qui avait été déjà repérée" écrit Dominique Briquel. C'est peut-être bien le lièvre du temps, celui qui dans la même tombe revient toujours se réfugier. Ou un lièvre fantôme, revenant d'un être aux syllabes ignorées.

 

7.
Qu'est-ce donc, page 83, que "ce tombeau" ?

 

Une imagination, un fantasme, celui du tombeau-labyrinthe, à l'image de la pyramide à malédiction, comme s'il fallait empêcher le vif intrus, le non-initié, de pénétrer dans la chambre des morts.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 octobre 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 18:23

SANS APPEL

 

" - A mon avis, il est pire qu'il n'en a l'air. J'en suis sûre. Il conduit une voiture de course."
(Agatha Christie traduit par Claire Durivaux, A l'hôtel Bertram, Club des Masques n°104, p.180 [Miss Marple])
Les italiques qui suivent sont tirés de la même traduction.

 

1.
"Elle rentra dans l'hôtel, mais personne ne la vit cependant que tous la croisèrent et même la traversèrent.

 

2.
"Elvira ? Mais pourquoi ?" dit-elle tout en se saisissant d'un alligator dont elle arracha vivement une patte, avant d'en tamponner le coquillard de son gendre.

 

3.
Qui emprunte de l'oseille pour se tirer du clou se cloue par ailleurs. Du reste, ne dit-on pas qu'un clou chasse l'autre.

 

4.
"Si j'étais vous", je ne serais pas moi-même, et je ne penserais pas ce que je pense, aussi oubliez ce que je viens de dire.

 

5.
"C'est horriblement secret". Si horriblement secret que, peut-être, revéler ce secret, ce serait illico se transformer en crapaud. Du coup, faut bien s'efforcer de tenir cette foudre enclose.

 

6.
"Tout message m'est communiqué" : on imagine le tiroir à messages que c'est, un tiroir sans fond, un gouffre à messages qui filent, flottent dans l'air noir, sont froissés par les mains du gouffre, ou mis de côté, pour le culte d'un dieu avide d'informations.

 

7.
"Ce brouillard est mauvais" : si mauvais qu'on doit y croiser des dragons, ou des poignards, écoutez bien dans le fond de l'air, là-bas, vous n'entendez pas ce ricanement, cette porte qui grince, cet orchestre hanté ?

 

8.
Je me demande s'il existe des orchestres hantés, dirigés par un chef fantôme qui, depuis longtemps, a pris possession du corps de ce chef-là, si apparemment insignifiant et qui, soudain, vous déchaîne son Stravinsky et vous enflamme sa Fantastique. Si ça se trouve, tous les orchestres sont hantés par une poignée de spectres virtuoses.

 

9.
"sortir par une telle nuit", une nuit de lune gong, une nuit de lune sang, une nuit de lune coupée dans la chair, vous n'y pensez pas. Restez chez vous, je vous le conseille, et ne sortez plus la nuit ; la nuit ne vous appartient pas, pas plus que le jour ; mais le jour, on vous tolère.

 

10.
"Ne soyez pas stupide." Au moins, vous aurez fait ça de votre journée.

 

11.
Tant de vaine intelligence et tant d'efficace bêtise : voilà ce qui décourage, ou nourrit l'ironie.

 

12.
Une phrase qui commence par "La sonnerie du téléphone" se poursuit par le verbe "résonner", ou "sonner", ou "retentir", rarement par "décida de la boucler, l'appelant quidam s'étant rétracté" et jamais par "elle sortit s'acheter des cigarettes et ne revint jamais, laissant la maison dans un silence sans appel."

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 octobre 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
commenter cet article
20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 10:56

ABSURDE COMME UN TUEUR OCCASIONNEL

 

1.
Les chansons anglaises, pour moi, c'est d'l'auberge espagnole. Comme je les comprends pas, les angliches tunes, j'imagine tout quand elles déversent leurs arpèges électriques dans mes esgourdes : des chemins où tourbillonnent les feuilles mortes, cependant que s'esquive un lointain et son cavalier, la pluie flocflocquant sur des rues propres et nettes comme dans les albums de Tintin, de belles étrangères sur des digues fragmentées, des noces excentriques, des chevauchées fantastiques, des boîtes de thon dansant le french-cancan, j'en passe et des plus encore.

 

2.
Je me demande si les autres, avec leur vie sociale si abondante, abondante, débordante, ont du temps pour penser à leurs fantômes. Ou, peut-être, justement, ne veulent-ils pas y penser ? Ou, peut-être, ce que je prends pour des fantômes de sont que des symptômes, des amusettes d'égoïste, un passe-temps d'frileux d'la vie ?

 

3.
Parce qu'il n'y a plus rien, ni bords, ni gouffres, et que le néant a mangé les frontières, les chevaux et les princes.

 

4.
Le bélier de la lucidité, celui qui ouvre les châteaux pour les livrer au massacre.

 

5.
"Qu'est-ce que je fais ici, moi ?" est une question qui s'adresse à l'autre, celui qui est là pour entendre, de siècle en siècle, ce "qu'est-ce que je fais ici, moi ?" qui résume l'humaine incertitude.

 

6.
Un collègue : "Il faut toujours que certains abusent de ce qui est mis à leur disposition." J'ai pensé alors que si certains abusaient, c'était parce que l'humain était en lui-même un abus.

 

7.
L'humain existe par abus de pouvoir d'un dieu assoiffé de vengeance contre le néant.

 

8.
Dieu, une dent contre le Néant.

 

9.
L'être humain, une ivresse de Dieu, une cuite carabinée, d'un bleu kriminel de ciel bleu.

 

10.
Elle n'a jamais l'air de penser à ce à quoi elle pense. Quand on pourrait s'en rendre compte, il est trop tard. Elle est déjà agnouillée près de vous à vous verser du poison dans l'oreille. Vous, vous dormez et rêvez que l'on vous chante.

 

11.
Vu hier à la télé, l'histoire d'un de ces faits divers sordides et absurdes où un jeune homme, qui n'a pas spécialement l'air d'un fou, tue, sans raison apparente, une jeune fille qu'il ne connaît pas, qu'il n'avait jamais vue auparavant, qu'il venait de rencontrer à la faveur d'une fête banale, bruyante, alcoolisée, encombrée,  puis reprend sa vie ordinaire avant d'être confondu un an plus tard par son empreinte ADN. On se demande combien de ces absurdes tueurs du dimanche, ou du samedi soir, vont et viennent comme si de rien n'était, avant d'aller devant un tribunal dire qu'ils ne se souviennent plus et qu'ils ne comprennent pas pourquoi.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 octobre 2013

Repost 0
19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 20:10

DU GRATOUILLIS D'REVENANT

 

1.
"bras - ce qui me fit grand plaisir - et nous"
(Gaston Leroux, Le Parfum de la Dame en noir, Le Livre de Poche policier n°587, p.196)

 

Les bras, ça peut donner du plaisir donc, et du nous, du réuni.

 

2.
"Chose extraordinaire, il n'y avait personne"
(Gaston Leroux, op. cit., p.245)

 

C'est donc qu'il y a d'habitude du monde, tant de monde, que l'ordinaire du monde, c'est lui-même.

 

3.
"troublé, inquiet, effaré, visiblement; il essayait"
(Gaston Leroux, op. cit., p.285)

 

On voit bien le rapport, souligné par l'adverbe visiblement, entre l'inquiétude du pronom et la gradation des adjectifs. C'est quand l'effarement devient visible qu'il est nécessaire de tenter quelque chose, sinon le récit s'enlise dans la méduse.

 

4.
"ancêtres, sa jeune femme prenait un inlassable"
(Gaston Leroux, op. cit., p.165)

 

La présence de la "jeune femme" en apposition au mot "ancêtres" court-circuite le temps, le temps "inlassable", que la jeune femme prend comme on prend un cocktail. Je précise que dans le roman, la jeune femme n'est pas dans un bar, ni dans un salon, mais elle est accoudée "aux créneaux moyenâgeux d'un vieux château fort". Peut-être un fantôme.

 

5.
"d'une simplicité qui lui seyait merveilleuse-"
(Gaston Leroux, op. cit., p.189)

 

Quand on y songe, c'est tout de même un drôle de syntagme que "simplicité merveilleuse" ; il y a de l'oxymore là-dedans ; de l'hyperbole peut-être. C'est un éloge de la sobriété, du bon goût. C'est en fait le bon goût qui est merveilleux.

 

6.
"ressés, à la manoeuvre insolite, autour de la"
(Gaston Leroux, op. cit., p.142)

 

Ressés, qui sont, ressés
A roc, à racle, à runes, ressés autour de
La mystérieuse à la
Manoeuvre romanesque
Insolite sinon c'est pas la peine
Autour du gouffre aux poèmes
De la nuit bouffeuse
La nuit ogresse.

 

7.
"moment qu'il ne fallait pour rien au monde la"
(Gaston Leroux, op. cit., p.180)

 

Je parie qu'à la ligne, le mot suivant est "perdre". Je vérifie. Gagné ! Car qu'est-ce qu'il ne faut pour rien au monde la ? Et l'on sait bien qu'un "moment" peut suffire pour la perdre à jamais.

 

8.
"pour nous dire cela est si sérieux que"
(Gaston Leroux, op. cit., p.301)

 

Le sérieux implique de la subordonnée, de la conséquence grammaticale, de la "que-phrase", comme disait un de mes professeurs de linguistique, d'autant plus qu'ici, il s'agit du "cela", et du vouloir-dire.

 

9.
"du dernier squelette découvert dans la Barma"
(Gaston Leroux, op. cit., p.166)

 

Donc, la Barma est un endroit où l'on trouve des squelettes, car, puisqu'il y eut un "dernier squelette", c'est qu'il y en eut d'autres. Je me demande ce que c'est que la Barma : une terre archaïque dans laquelle piochent d'austères archéologues ? Un bar louche ? La villa d'un serial-killer ?

 

10.
"lancolie, un parfum pour tristesse intime..."
(Gaston Leroux, op. cit., p.235)

 

Un parfum appelé "Lancolie", que l'on met, Lancolie, quand on veut signifier qu'on a des "tristesses intimes", des ressorts désastreux et secrets, des fantômes qui vous chatouillent l'âme, du gratouillis d'revenant.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
commenter cet article
19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 18:48

CHACUN TROUVE SON TROUBLE
En parcourant Alcools, d'Apollinaire.

 

1.
Dans le poème "Le Larron", d'Apollinaire, que demande la femme au larron :

 

- De tourner vers elle ses yeux lyriques. Des "yeux lyriques" : on imagine le regard du zigue, ça doit déborder de merlans frits qu'ça fait des taches de gras sur le parquet. Dégoûtant !

 

2.
Comment qu'ils sont, les "oiseaux" qui font bectance des "astres mûrs" du Vendémiaire d'Apollinaire ?

 

Bourrés, les piafs, i sont. Vergogne ! Vergogne ! Quand on est promu à la dignité de cosmique ailé, de métaphysique zoziau, on s'en va pas biavre comme si on était un bête humain.

 

3.
A quoi sont comparés les ponts dans le poème Le Voyageur ?

 

A une "cavalerie", même que, dans le silence des nuits, des fois qu'on passe, on entend comme un lointain cataclop cataclop cataclop. On se retourne. Personne. On reprend sa route. Cataclop cataclop cataclop. On se retourne. Personne. Sauf, parfois, un hennissement. C'est clair, la cavalerie se fout de nous.

 

4.
Qu'est-ce donc qui, selon Apollinaire, s'élève au-delà de notre atmosphère ?

 

- Un théâtre. Voyez-vous ça... A mon avis, ça doit être un drôle de guignol, avec Dieu dans le rôle du terrible Punch - oh le blanc d'ces dents vernies sur le bois et sa fixité du regard ! - l'affreux mariole qu'on voit dans cet épisode des enquêtes de Barnaby - L'Ange exterminateur - où il a vraiment une tête d'épouvante, le Punch, qui mime des pendaisons et promet la misère.

 

5.
Qu'est-ce qu'il remue donc, le soleil, dans le poème Merlin et la vieille femme ?

 

- Son "nombril". Boudji, j'vois ça d'ici. Le Fat Old Sun (expression pinkfloydienne) s'déhanchant le gras bide en roulant des yeux de bouddha d'opérette, quoique, à la réflexion, je me demande si on en a écrit beaucoup, des opérettes sur le bouddha...

 

6.
Que faisait-il
Un jour
Un jour qu'il, le narrateur du Cortège, s'attendait
Lui-même.
Ainsi, il était sûr de ne pas se louper
Et, bien sûr, de toujours se louper
Comme nous tous qui attendons tant de nous.

 

7.
Quelle est la particularité du poème Les Femmes ?

 

- Des gens y disent en alexandrins des choses de tous les jours, y font des remarques étonnantes, comme si nous étions parmi elles, comme si cela était aussi possible, aussi simplement possible que d'avoir de nouveau dix-sept ans et de croiser son premier amour.

 

8.
A quoi le narrateur compare-t-il le malheur dans la suite au vers "Voie lactée ô soeur lumineuse" ?

 

- A un "dieu pâle aux yeux d'ivoire". Le malheur est un diable blanc. Un de ces "démons de la pureté" qui, dit-on, hanta les rêves de Hergé. Le malheur est un fétiche, un "dieu qu'il ne faut pas croire", un golem, dont il faut empoisonner les phrases, afin d'en perturber la logique, afin d'en ensabler les rouages, jusqu'à ce qu'il s'écroule, et se casse, statue de pierre foudroyé sur parole.

 

9.
Dans les premiers vers de La Chanson du Mal-Aimé, qu'est-ce donc qui vient à la rencontre du narrateur ?

 

- Un voyou qui ressemblait à son amour. Ah la belle apache ! Un mauvais garçon qu'il dit. Un garçon. Pas étonnant qu'ça lui fit baisser les yeux de honte. Ceci dit, chacun trouve son trouble où il le peut.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013

Repost 0
19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 08:36

QUI M'A GLUPS

 

1.
De quoi, dans sa prison, n'a-t-il pas assez sur lui, pour les "figer tous", le personnage de Trondheim ?
- Pas assez de shazam, de vloufff le voilà changé en lapin, de vlafff la voilà envolée, pas assez d'abracadabra et de piano pour le rythmer façon Ian Dury.

 

2.
Que voient-ils dans les nuages, les Givrés de Madaule ?
- De quoi faire cuire des pâtes, de quoi mettre dans le whisky, un animal avec des "f" à la place des "s", et des tas s'accumulant nimbus, qui pourraient bien, ô olibrius, se mettre à pleuvoir.

 

3.
J'ai longtemps rêvé que l'occupais indûment une chambre dans une résidence universitaire (j'étais éminemment plus jeune alors). Dans l'angoisse d'être percé à jour, je n'étais soulagé qu'une fois la porte refermée derrière moi. Chaque nuit que j'y passais était une sorte de miracle, comme si l'administration avait oublié de me demander la clé, comme si j'étais si anonymement insignifiant que cette imposture ne prêtait guère à conséquence, comme si j'habitais une autre dimension qui flirtait étrangement avec le réel. Sans doute, cette chambre était destinée à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'était pas venu, et dont, impénitent imposteur, j'avais pris la place.

 

4.
Que seraient les Tusci latins et les grecs Tursenoi ?
- Ce serait-y les Etrusques ; ce serait-y pas ? Mystère et idiome de Lemnos !

 

5.
Entendu sur France Culture la jeune voix d'une critique d'art : "Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, il y a un accrochage qui m'a un peu glups..."

 

6.
Que furent, dit-on, les Celtes pour les Etrusques ?
- Des bras armés contre eux ; des bras armés pour eux.

 

7.
Selon La Rochefoucauld, de quoi est capable l'absence ?
- De diminuer "les médiocres passions, et d'augmenter les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu." Je songe à celui qui s'attise au vent cependant qu'elle n'y pense plus que de loin en loin.

 

8.
L'absence, une passion qui se divise à l'infini.

 

9.
L'absence émiette le coeur.

 

10.
Selon Michel Weyland, que se passe-t-il si l'on change une lettre ?
- "En changeant une lettre, cet os du pied est devenu une terre du grand large." (in Spirou n°3907, p.4).

 

11.
Qui donc ne peut supporter les lignes droites ("ça le rend fou !") (cf Spirou n°3907, p.7).
- Celui qui n'envisage les choses que dans leur retour.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013

Repost 0
19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 07:24

ET VOICI CE QUI SE PASSA

 

1.
J'écris pour ne pas trop me fatiguer de moi-même, et pour me désennuyer des autres.

 

2.
"à la fois marin, commerçant et pirate." (in Le Figaro Histoire n°10, p.45) : Ce qui vaut pour "les Grecs de la Grande Grèce, ceux de Sicile et les Etrusques" vaut pour nos modernes mondialisateurs. On navigue, on trafique, on escroque et extorque.

 

3.
"l'oeuvre se retrouva après bien des vicissitudes" (Histoire National Geographic n°7, p.100).

Ce qui est fait pouvant toujours être défait, une oeuvre est souvent vouée à la vicissitude. Si elle passe les temps, elle est vouée à la fossilisation, à l'archivisme, parfois à la sacralisation.

 

4.
"Je ne dois désormais songer qu'à me cacher."
(Racine, Phèdre, v.920)

 

Moi aussi, je me dis ça, et très souvent même.

 

5.
Le guerrier danse sous la fleur éclatée de l'arbre, parmi les touffes qui s'étouffent dans l'air, sous le masque, le guerrier danse, pour l'os de lion.

 

6.
Il ne faut pas rire de l'échevelée soudaine ; elle pourrait vous écrabouiller d'un cadenas.

 

7.
En général, quand ça fait braam, broum, braoum, tout rouge avec des flammes et un gros nuage de poussière, quelqu'un crie : "Couchez-vous !".

 

8.
"Je vis donc seul" : ce donc sous-entend quelque handicap, ou déception.

 

9.
La lune de sable ne manque jamais, à chaque fois qu'elle est assez mince pour, de passer par le sablier.

 

10.
Cette fille est une merveille, mais le réel n'est pas un écrin.

 

11.
Entendu sur Télé Melody, dans la bouche d'Enrico Macias dans une émission des années 70, cet enchaînement qui me ravit : "Et voici ce qui se passa".

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013

Repost 0

Recherche