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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 06:21

DEBATTRE AVEC SON POULPE

 

1.
Les gens se rencontrent, se plaisent, puis ils ont des problèmes.

 

2.
L'humanité, une pieuvre mutante, dont les tentacules se sont mués en yeux.

 

3.
"Le mystère de la langue n'est pas là où on le pense" (Le Figaro Histoire n°10, octobre-novembre 2013, p.67) : belle formule qui rappelle que l'alphabet ne suffit pas.

 

4.
"Ton père fut un sphinx et ta mère une nuit"
(Apollinaire, "Le Larron", in Alcools)

Lucidité. C'est par le sexe que se transmet l'énigme du vivre. L'attendrissement des braves gens devant les nouveaux-nés et les petits enfants permet à l'absurde communauté des humains de perpétuer sa présence qui lui est pourtant à elle-même insupportable.

 

5.
L'être humain est peut-être le seul animal qui ne se supporte pas. C'est aussi le seul qui soit capable de pardon.

 

6.
Enseigner en lycée professionnel rappelle chaque jour à quel point le niveau est bas. Et dire que l'on veut faire de ces coquilles vides des Techniciens Supérieurs. Quelle imposture !

 

7.
Heureusement, pour la plupart des gens, leur sens moral passe leur ignorance. Sinon, le tissu social tournerait vite au coupe-gorge.

 

8.
Dans bien des cas, il vaut mieux croire que savoir. C'est peut-être pédagogiquement cynique, mais c'est efficace.

 

9.
C'est par le peu que l'on se tait.

 

10.
Sang d'encre de l'insomnie.

 

11.
Ecrire, c'est débattre avec son poulpe. C'est aussi exister tout de même que l'on n'est déjà plus.

 

12.
C'est peut-être à des suicides ratés que l'Histoire doit ses plus grandes victoires.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 05:36

IL N'Y A PAS DE TEMPS NORMAL

 

1.
Lu dans le Figaro Histoire d'octobre-novembre 2013 "... la manière dont leur existence se déroulait en temps normal".
Il n'y a pas de temps normal. Le temps ne donne l'illusion d'être normal que par rapport à l'intensité des crises qui le secouent. La nature du temps est essentiellement critique.

 

2.
La politique est l'art de gérer l'abîme par la cime. Dans le meilleur des cas.

 

3.
Cette expression, relevée dans le Figaro Histoire : "le risque de subversion sociale".
Sans doute est-ce là le lot de toute société évolutive : risquer, à tout moment, la subversion sociale, laquelle peut d'abord passer par la revendication si légitime d'une nécessaire libéralisation des moeurs. C'est par cette légitimité que passe aussi la racaille.

 

4.
L'une des caractéristiques de la racaille : elle s'adapte aussi bien au conservatisme qu'au libéralisme. Je crois tout de même qu'elle préfère le libéralisme. Il est plus riche en opportunités.

 

5.
Il est parfaitement hypocrite de refuser de voir que dans une économie mondialisée, il vaut mieux embaucher un étranger qui veut travailler que deux autochtones qui ne veulent rien fiche. En 2013, ni la gauche si républicaine, ni la droite dite décomplexée, ne veulent reconnaître cette évidence.

 

6.
Dans le Figaro Histoire : "les textes gardent le souvenir de graves troubles sociaux".
Mission de la littérature : garder le souvenir des troubles, sinon du trouble lui-même.

 

7.
Bel emporte-pièce sous la plume de Vincent Tremolet de Villers, dans le Figaro Histoire : "Dans le doute, il serait plus prudent d'exiger sans délai une loi de séparation de la Laïcité et de l'Etat."
C'est que l'homme de type humaniste compatissant, dont rêvent les républicains, est certainement aussi nocif et illusoire que le citoyen honnête, respectable et égotiste, de la tradition bourgeoise.

 

8.
Ce n'est pas par les masses qu'évoluent les sociétés, mais par les exceptions.

 

9.
Les villes bouillonnent. Les esprits tournent vinaigre. Les temps critiques induisent des retraits, des discrétions, des mises au vert.

 

10.
L'argent, s'il est le nerf de la guerre, est aussi le ventre de la paix.

 

11.
On ne calme les peuples qu'avec du sonnant et trébuchant. Qu'il vienne à manquer et l'on s'aperçoit bien vite que l'Etat-providence n'a qu'un temps avant que les économies parallèles et les troubles menacent réellement les grands équilibres sociaux qui font les carrières des politiques.

 

12.
Il n'y a pas d'hommes libres et égaux en droits (quelle bonne blague !) ; il n'y a que des forces de travail.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 04:23

QUI NE SERVENT PAS PLUS

 

1.
J'aime bien le syntagme "caramel mou" : l'homme au chapeau mou mâchonne un caramel mou puis se fond dans la foule.

 

2.
Et dire qu'on passe d'un tas de choses, qui ne servent à rien, à rien du tout, qui ne sert pas plus.

 

3.
Si l'on ne croit pas aux fantômes, la probabilité qu'il y ait des fantômes parmi nous est nulle. Et pourtant...

 

4.
D'après Cioran dans "Le mauvais démiurge", que fait-elle, la chair ?
- Elle se répand, partout se répand, camembert coulant le long des montres molles, le long du temps, dans un grouillement d'asticots et de mouches.

 

5.
Je n'écris pas selon, j'écris d'après.

 

6.
Heureusement, nous sommes si fonctionnels que nous n'adhérons pas à tous nos gestes.

 

7.
Penser à tuer est un automatisme, une série neuronale, qu'il est donc facile de conditionner.

 

8.
Expression de Cioran : "un démiurge sur les bords". Sur les bords du gouffre évidemment.

 

9.
Le réel est composé de gouffres et de néant. Les gouffres, c'est nous ; le néant, les autres.

 

10.
Nous débordons tellement, nous nous étalons tant, que je ne doute pas de l'existence d'anges débarrasseurs qui, faisant le ménage, nous remettent dans nos limites, nous renvoient dans nos surfaces de séparation, nous replacent dans nos cercles, ou, balayeurs d'âmes, nous éliminent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 18:10

SOUVENT SOMBRES ET FUMEUX

 

1.
Ou l'on guérit, ou l'on se perfectionne. Il n'y a que les héros et les Saints qui conjuguent les deux.

 

2.
Les Saints, des malades parfaits.

 

3.
Artaud fut un grand poète par défaut qui surpassa bien des poètes par vocation.

 

4.
Les poètes qui croient que la poésie peut changer le monde se sont trompés de vocation. Ils auraient dû se faire peintres naïfs.

 

5.
J'aime écrire des brefs ; cela me donne l'impression de penser par éclairs. A la façon des fous de Cioran ou d'un habité par l'orage.

 

6.
La fascination est une éclipse de l'esprit. Seule brille alors, et d'une lumière noire, ce qui tant nous fascine.

 

7.
Quand j'écris, le temps passe si vite que j'ai l'impression de courir vers ma tombe.

 

8.
Ecrire, fumer, boire du café :  c'est ainsi que je me consume.

 

9.
En raison de mon tabagisme et de ma consommation abondante de café, je ne doute pas qu'il se trouvera quelque critique pour écrire que mes écrits sont souvent sombres et fumeux.

 

10.
Je me demande si Raymond Queneau m'aurait compté au nombre de ses fous littéraires et autres scribes excentriques.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 octobre 2013

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 13:04

UNE FATRASIE ET NEUF

 

1.
C'est par ses p'tits trous que Gainsbourg a fait son trou.
A Hazebrouck, les "chemins blancs" sont épatants.
Mais à "épatants" je préfère "élégants".
Le reggae de Gainsbourg, comme il sonne ancien, ancien et nostalgique.
Elle m'avait pourtant prévenu que je finirais seul.

 

2.
C'est dans le "et même une mission" de Cioran, et même dans le "et même", que nous comprenons à quoi servent nos gouffres.

 

3.
Être "devant un visage", c'est être devant un miroir étranger.

 

4.
Certes, la citadelle du doute est imprenable. Elle est pourtant à tout vent, qu'elle conteste et tempeste. Et, pour faire écho au beau "On n'arrive pas à imaginer ce qui se passe dans la maison du douteur..." des Pensées étranglées de Cioran, je dirai que la maison du doute est habitée par un tempestaire.

 

5.
N'ai-je tant vécu que pour n'être que moi-même ?

 

6.
Attirer la sympathie n'est pas une excuse ; c'est même une circonstance aggravante.

 

7.
Je suis assuré que, quelque jour, un humaniste compatissant m'accusera d'affoler par mes écrits les esprits influençables et de pervertir la jeunesse. Ce qui ne peut que me faire sourire du sourire du loup.

 

8.
Je ne suis franc que du collier de mes mots. C'est uniquement en cela que je suis cynique.

 

9.
Polyeucte... Polyeucte... Ah oui ! celui qui cassait des statues sur le dos des Dieux.

 

10.
Le mensonge chez Antonin Artaud, si on en trouve, est-il un symptôme ou la preuve de sa perfectible humanité ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 octobre 2013

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 10:04

LA DEMOISELLE DU CARREFOUR ET AUTRES
Notes en parcourant le Lancelot,de Chrétien de Troyes, édition de Jean-Claude Aubailly, GF-Flammarion n°556.

 

1.
Dans le Lancelot de Chrétien de Troyes, le roi, "vis li est qu'il doie voler, / tent le fet sa joie legier." Il vole, l'oiseau à couronne, il est tout ailé zélé, il vole vers son cher ami.

 

2.
Le vers 2421 : "Molt a a feire et molt a fait" a un bel air de résumé de la condition de bien de nous autres. On en a déjà beaucoup fait, hein, et bien, il en reste beaucoup à faire. Eh oui...

 

3.
Dans le Lancelot de Chrétien de Troyes, on dit "grant oiseuse" quand on carabistouille, et on débat "de neant" car on jacte pour ne rien dire.

 

4.
Il y a aussi une "pucele l'anbleüre" qui vient "sor une fauve mure". C'est qu'elle arrive sur d'la mule fauve et allant l'amble.

 

5.
Quand quelqu'un  "deus jorz, que ne manja ne but, / tant qu'an cuida qu'ele fust morte", c'est qu'elle s'a prostré, sans boire ni manger, que du coup on croit qu'elle a défunté.

 

6.
Des fois, le chevalier, il passe la porte et "si voit les espees venir" comme s'il les attirait, dis, le chevalier, les épées.

 

7.
Des fois, il y en a un qui dit :
"Je sui qui veul passer au Pont."
Alors on lui répond :
"Tu ? Tu ! Comant l'osas panser"
Passer le Pont, çui avec une majuscule, y en a, j'vous jure, i manquent pas d'air.
Du coup, je pense à la chanson "The Bridge Over Troubled Water", qui n'a rien à voir mais que j'aime bien.

 

8.
Un "destrier crenu", c'est un "cheval à longue crinière", un chevelu dada. J'imagine quelque pucelle à longue chevelure montant un destrier à longue crinière et passant entre les arbres à longues feuilles, sur un long chemin et dans un long récit que je ne lirai pas, car je n'aime pas lire les longs récits, cependant que j'aime bien imaginer quelque pucelle à longue chevelure montant un cheval à crinière longue.

 

9.
Je me demande si c'est vrai ce que l'on me conta jadis en cours, qu'il y eut un roi pour clamer, "Le Rwai, c'est mwai", ce qui fit rire tous ceux qui l'entendirent, car alors déjà l'on disait roi, et non point rwai, moi, et non point mwai.

 

10.
Dans le Lancelot de Chrétien de Troyes, on peut avoir "en un quarrefor / une dameisele trovee". C'est curieux de trouver, chemin ferré faisant, après avoir "tant par la forest erré", de trouver "une demoiselle à un carrefour", qui semble là pour "et la terre vos" nomer, "et le chevalier qui l'en mainne." Le carrefour, c'est un noeud dans le temps, et en choisissant son chemin, on le dénoue. Que le carrefour ait ici un porte-voix, et que ce porte-voix soit une demoiselle, indique assez que ce n'est pas le réel lui-même qui enseigne, mais ce que l'on comprend de ce réel.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 octobre 2013

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 07:54

OBSERVATION DU PUZZLE AVANT QUE LE MEURTRE SOIT COMMIS

 

"Ah ! c'était toujours un spectacle de le voir regarder les choses autour de lui."
(Gaston Leroux, Le Parfum de la Dame en noir, Le Livre de Poche policier n°587, p.213)

 

1.
Rouletabille fume la bouffarde.

 

2.
Rouletabille se demande où est le cadavre.

 

3.
Dans Le Parfum de la Dame en noir, on reconnaît cette voix, car on avait entendu cette voix-là. L'absence de l'adverbe déjà donne quelque intelligence au verbe entendre.

 

4.
Rouletabille est quelqu'un à qui rien n'échappait. Comme Hercule Poirot, comme Sherlock Holmes, c'est un collectionneur de détails.

 

5.
Le détective divise le réel en pièces d'un puzzle que le romancier assemble tant bien que mal. Il m'arrive de me demander si Agatha Christie et Conan Doyle cherchent à résoudre les même énigmes que leurs personnages.
D'autant plus que les faits et gestes de ces consciences consciencieuses sont rapportés par des intermédiaires bien moins lucides. Ils sont bien gentils, le capitaine Hastings et le docteur Watson, mais enfin, ils n'ont inventé l'eau chaude.

 

6.
Dans Le Parfum de la Dame en noir, une femme passe avec son parfum comme on passe avec son ombre.

 

7.
Il y a aussi quelqu'un qui ne se décide pas à revenir de chez les Patagons. Comment peut-on ne pas se décider à revenir de chez les Patagons ? Comment même s'être un jour décidé à partir chez les Patagons ? Il a dû y être obligé.

 

8.
Dans Le Parfum de la Dame en noir, Mrs Edith s'écrie, "en éclatant de rire :
"La Dame en noir ! Elle vous a donc tous ensorcelés!..." Ce qui est vraisemblable, puisque des dizaines d'années plus tard, nous nous fascinons encore pour cette étrange aventure. Enfin, certains d'entre nous. Ceux qu'elle a ensorcelés. Quant aux autres, il y a pour eux bien d'autres envoûtements.

 

9.
Dans Le Parfum de la Dame en noir, comme dans Le Mystère de la Chambre jaune, il y a des problèmes de "clef" et "d'appartement". Y être ou ne pas y être, telle est vraiment la question.

 

10.
C'est "dans le soleil de midi" que "Larsan avait tué", et non pas dans "l'horreur d'une profonde nuit." Ainsi le crime est clair.

 

11.
Mrs Edith, des fois, "à son mari", elle vient de "trouver une figure blafarde". Ce qui semble l'amuser follement. Cette femme-là, elle doit se passionner pour les histoires de revenants.

 

12.
Dans Le Parfum de la Dame en noir, on n'insulte pas le destin, on "insulte au destin".

 

13.
Rouletabille, son "poste d'observation", il "ne l'avait point quitté". Rouletabille est d'ailleurs lui-même un poste d'observation.

 

14.
Dans Le Parfum de la Dame en noir, il y a une "plainte sourde, lointaine comme la vie qui s'en va, proche comme la mort qui vient". C'est dans cet entre-deux que se situe la littérature. Elle regarde la vie s'éloigner (c'est comme ça, le temps passe, nous sommes bien peu de choses...) et constate que la mort se radine, des fois plus vite que prévu.
J'en profite pour noter que Cioran m'a tout l'air de quelqu'un qui regrette et la médiocrité qu'il y a à vivre et le scandale qu'il y a à mourir.

 

15.
Rouletabille a de la "lenteur" dans ses "prolégomènes".

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 octobre 2013

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 22:15

BRUIRE UNE RIVIERE

 

1.
"Je descendis à mon tour dans la cour, les tempes battantes, le coeur désordonné, les reins rompus."
(Gaston Leroux, Le Parfum de la Dame en noir, Le Livre de Poche policier n°587, p.245)

 

Je suis assez sot assez lent je
Descendis donc sottement et lentement
A la cave au cadavre
Mon Dieu, pourquoi avoir mis ce cadavre-là ? C'est que la
Tour est bien pleine de fantômes évidemment
Dans les tours y a toujours fantômes et courants d'air
La morte n'était point morte elle courait dans la
Cour en criant que je l'avais tuée
Les yeux des fantômes se penchèrent leurs
Tempes battaient et ils se mirent à vibrer
Battantes les portes alors dans tous les couloirs
Le temps que j'avais mis pour descendre son
Coeur s'était mis à rebattre elle était ressuscitée
Désordonné il est mon récit j'en conviens
Les mots circulent en tous sens les
Reins que faire avec ce mot rien c'est à bâtons
Rompus que j'écris.

 

2.
"Y a-t-il une "pensée" ?"
(Pascal Quignard, Les Paradisiaques, Grasset, p.101)

 

Y a-t-il quoi ? Y
A-t-il matière à ? Y a-
T-il quelque chose qui que quoi dont où ?
Une araignée qui vous arpente le plafond, une
Pensée qui ne soit pas autre chose qu'ombre passant ?

 

3.
"Tandis qu'ils admirent le château merveilleux"
(Chrétien de Troyes traduit par Jean-Pierre Foucher et André Ortais, Perceval ou le Roman du Graal, folio n°537, p.225)

 

Tandis qu'il se passe je ne sais quoi ailleurs
Qu'ils passent-murailles comme au conte eux
Admirent - ils en ont les yeux écarquillés -
Le très beau très haut très noble
Château merveilleux j'aime bien château
Merveilleux comme expression ça me fait penser à gâteau
    merveilleux il y a d'ailleurs un gâteau que l'on appelle
    merveilleux mais lui ne fait pas penser à un château
    merveilleux.

 

4.
"muets, penchant les uns vers les autres nos vitres noires"
(Gaston Leroux, Le Parfum de la Dame en noir, p.197)

 

Muets sommes-nous car si bavards
Penchant les uns vers les autres penchant
Les ossatures vers d'autres gouffres les
Uns oscillant
Vers des bords tout proches vers
Les lointains les
Autres louchant
Nos yeux de petits sphinx y brillent parfois
Vitres nos yeux vitres vitres
Noires entre nous que le vent casse.

 

5.
"Walther a écrit Ich horte ein Wasser diezen.
Walther le Poète a écrit :
J'entendais bruire une rivière."
(Pascal Quignard, Les Paradisiaques, Grasset, p.221)

 

Walther - qui est donc ce Walther ?
A écrit donc ce Walther dont je ne sais rien
Ecrit Ich horte ein Wasser diezen.
Walther que cite Quignard dans ses Paradisiaques
Le Poète il l'appelle Quignard ce Walther
Poète, rêveur de royautés,
A vécu je ne sais quand ni où et m'en tamponne
Ecrit il a Walther qui n'est plus que vent mêlé de cendres
J'entendais maintenant je n'entends plus
Bruire la pluie dans les feuilles
Une oreille m'est tombée l'autre a suivi et la
Rivière a emporté le reste.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 octobre 2013

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 17:29

CAP HISTOIRE
Sujet d'étude 1 : Voyages et Découvertes (XVI-XVIIIème siècles).
Bougainville et l'exploration du Pacifique.
Source : Histoire-Géographie, Education civique CAP, Nathan Technique "Le monde en marche", p.14-15.

 

1) Pourquoi le roi de France, Louis XV, décide-t-il d'organiser une expédition d'exploration du Pacifique ?

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2) Combien de temps a duré cette expédition ?
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3) A votre avis, pourquoi Louis Antoine de Bougainville a-t-il été choisi pour en être le commandant ?

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4) En quoi, pour Louis XV, cette expédition dans le Pacifique peut être très avantageuse pour la France ? (cf doc 3)

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5.
Pourquoi, à votre avis, cette réprésentation de la tomate (cf doc 4) est-elle si précise ? 

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6.
Quelle est la nature du document 5 ?
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7.
En quoi cette représentation peut-elle illustrer la notion, si courante au XVIIIème siècle, de "bon sauvage" ? (cf doc 5)

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8.
Quels doivent être, d'après le Prince de Nassau-Siegen, les véritables buts d'une telle expédition ? S'agit-il seulement de conquérir de nouvelles terres ? (cf doc 6)

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Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 octobre 2013

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 03:57

A LA PÊCHE AUX YEUX

 

1.
Etre avare, c'est être charitable envers soi-même. On en est que plus respecté, comme si nous étions notre propre richesse.

 

2.
Peut-on être refleuri par un regard ? Comme si l'oeil était un soleil. Je note par ailleurs que le soleil est aveugle. Nous sommes donc animés par ce que nous révélons.

 

3.
Un roi ignoré pêchant dans un lac obscur.

 

4.
Quel recours a la vertu, sinon elle-même ?

 

5.
Les lumières s'éteignent. Les yeux se ferment. Les mains ne sont plus visibles. Elles peuvent dès lors s'emparer des poignards.

 

6.
Nous glissons dans nos coeurs des espoirs insensés comme des lettres dans des enveloppes.

 

7.
La morale est un loup bien plus féroce que le verbe cru des cyniques.

 

8.
Atomes passants, nous préparons minutieusement des fissions inattendues.

 

9.
Nous sommes par degrés. Nous montons et descendons des escaliers dans lesquels nous nous bousculons, nous poussons, nous chutons.

 

10.
Nos destins, ces sommes de peut-être, sont inspectés par quelque oeil bleu et fixe. Je tire cet oeil de la Lettre à la Voyante d'Antonin Artaud. Les textes, ces lacs où nous pêchons des yeux.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 octobre 2013

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