Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 03:08

RENTRER EN RESISTANCE

 

1.
Le piano, quelle boîte à mélancolie... Des fois, j'en brûlerais.

 

2.
La crise économique oblige à rentrer en résistance. A se méfier des lieux publics, de la tentation de discourir, des cafés et des filles, et bientôt, si ça continue, il sera préférable de toujours l'avoir sur soi, son passeport.

 

3.
Nous descendons de yeux fermés et nous nous prétendons lucides.

 

4.
Rien de plus résistant que le doute. C'est une citadelle où la vérité ne pénètre que par éclairs.

 

5.
Croire, c'est faire de l'être un symptôme.

 

6.
A quoi est comparée à la page 71 de "Tintin et les forces obscures" (Le Point/Historia, Hors-Série, 2013) la désagrégation de l'île étrange de L'Etoile mystérieuse ?
- A un mol bonbon, genre carré de chocolat fondant dans le café. Forces obscures et caramel mou. Ce rapprochement m'amuse.

 

7.
Les oeuvres sont des sacs d'échos qui se répondent, s'entrechoquent, s'allument tour à tour à la façon d'une guirlande lumineuse. Ce ne sont que des jeux pour lesquels nous nous fascinons comme s'ils étaient pleins d'une science cachée.

 

8.
Entre Dieu et les corps, il y a tout un tas de mots.

 

9.
Et puis, en fin de compte, nous ne pourrons plus sourire. Nous serons des rires arrêtés. C'est qu'il ne rigole pas, le Père Néant.

 

10.
L'idéal, c'est de se laisser enivrer par la monotonie, prendre plaisir à la routine et détester l'incident comme un mot de trop dans un texte.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 octobre 2013

Repost 0
6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 02:29

J'LE GRINCE-CHAGRIN

 

1.
Que j'apprenne par hasard sa venue ou sa présence dans tel lieu où je suis, et aussitôt, et de nouveau, j'ai du mal à me concentrer, mes mains me semblent plus molles, mes yeux plus grands, et si j'avais du coeur, sûr qu'il se mettrait à battre. Alors je fuis. Il n'est pas bon pour un spectre de croiser ses fantômes.

 

2.
La statue intérieure... je la brise, moi... auto-Polyeucte, ma pomme... et le violon d'la même eau d'boyau, j'le pince, j'le grince-chagrin.

 

3.
J'aime les écritures déliées comme des corps de jeunes filles. Elles sont rares. Souvent, c'est raide, en complet-veston d'inspecteur, cravaté sec, froidement humaniste.

 

4.
La mélancolie me tient lieu de sentiment amoureux. Aussi, je l'apprécie ma mélancolie qui joue assez bien le rôle de compagne exigeante. Une fois la crise passée - elle est si jalouse ! - elle me remet au travail et je retrouve alors l'ironique splendeur de l'écrire.

 

5.
A partir du moment où ils passèrent de l'aigle à la croix gammée, il fallait s'attendre à des catastrophes. Les symboles abstraits sont pleins de couteaux.

 

6.
J'aimerais revivre les premières fois où je les vis : la frisée en blanc, la longue brune aux longs cheveux, la songeuse au visage rond. Jamais la réalité n'arriva au niveau de ces fictions.

 

7.
Aimer, c'est accepter d'être aimablement emmerdé.

 

8.
Au début, le collègue m'appela : "Patrice", puis "Monsieur Patrice", puis "Monsieur Houzeau". C'est sans doute qu'il avait réfléchi.

 

9.
Je trouve étrange que les hommes se fassent la bise. J'y vois un rituel mortifère. On embrasse celui que l'on veut tuer puisque l'on embrasse celle que l'on veut aimer.

 

10.
Nos contemporains, à force de multiplier les symboles comme le Christ les pains, finiront sur des croix. Du reste, il ne se passe guère de semaine sans son attentat-suicide.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 octobre 2013

Repost 0
6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 01:29

MES DERNIERS MOTS OUAH OUAH

 

1.
Quel prétentieux que l'écrivain qui, sur un ton très humaniste, évoque l'humilité des humains ! Quelle imposture !

 

2.
Les villes sont tellement racailleuses que le plus sot des fonctionnaires passe aisément pour un chef d'oeuvre d'humanité et de probité.

 

3.
Je me demande ce que font les autres font tandis que j'écris ?
- Ils vivent, mon cher Houzeau, ils vivent, et ne pensent pas à vous.
- Encore heureux. Ils me mépriseraient.
- Ou vous jalouseraient.
- Ils seraient bien bêtes.

 

4.
Ce que nous apprenons : à brûler le cadeau d'Ulysse afin qu'il ne rentre pas dans la ville pour y déverser ses barbares. Ce que nous apprenons, ou nous n'apprenons pas. Ulysse en rit encore.

 

5.
Philippe Mérieu est une sorte d'Ulysse : il a fait rentrer dans l'université le cheval de l'égalitarisme d'où jailliront, quelque jour, des fantômes à flammes, de prétentieux assassins, de glauques candidats.

 

6.
A mon avis, tel que je me connais et tel qu'on me dit, mes derniers mots seront : Ouah ! Ouah !

 

7.
Cioran n'est pas un philosophe. C'est un poète. Un poète à la manière de Vallès, ou de Céline, un poète sans vers, un poète sans rimes, un poète à raisons d'être.

 

8.
Si les jours sont des cadavres, c'est qu'ils sont pleins de nos chairs. Ce qui a l'air malin comme ça, mais qui, au fond, est très bête.

 

9.
Une méduse flotte-t-elle au-dessus de nous ? Sommes-nous médusés par le Ciel ? Si ça se trouve, la voûte céleste est le vaste réservoir d'une drogue si puissante qu'elle nous donne toute notre vie l'illusion d'être autrement que ce que nous sommes.

 

10.
Il me semble l'entendre dire, de sa jolie voix : "Grâce à Dieu". Mais je sais qu'elle n'est pas croyante. Les voix intérieures, tout de même, quelle blague !

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 octobre 2013

Repost 0
6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 00:08

UNE VIEILLE REVENDICATION BOUDDHISTE

 

1.
Les lyres se corrompent dans l'alcool, s'y désagrègent, en lançant des bribes de folies, furies, flèches plantées dans le coeur de l'archer.

 

2.
J'imagine que Rimbaud aurait pu écrire :
Ni Dieu, ni maître
Sous les cieux, je vais paître
L'universitaire me contredira puisque, justement, Rimbaud, ces vers, il ne les a pas écrits.

 

3.
Ce qui arrive parfois de pire à certains, c'est eux-mêmes.

 

4.
L'épopée napoléonienne : une mise en scène grandiloquente et individualiste de la pulsion de mort, de la tentation du suicide collectif qui anime les peuples. Il en est de même pour le nazisme sans doute, mais d'une façon si vulgaire, si bestiale, si inhumaine et industrielle que, littérairement, on ne peut superposer le panache napoléonien et la boucherie hitlérienne.
Je dis bien littérairement, car, dans ce que nous appelons réel, l'ogre Napoléon et le pangermaniste furieux furent tout deux de grands hypnotiseurs, manipulateurs et massacreurs de peuples.

 

5.
Ce que je regarde de ma fenêtre : une fille sous la pluie et qui ne se retourne pas pour agiter la main. La pluie, elle, est bien réelle. Aussi ai-je baissé les volets.

 

6.
Les gens qui ne m'aiment pas aiment au moins chez moi la possibilité que je leur laisse de mépriser mon mépris.

 

7.
Pour moi, c'est assez carnaval tous les jours. Je vois les autres comme des têtes caricatures posées sur des sacs d'organes, de plis, de replis, de trous.

 

8.
Si César savait quelle statue on a fait de lui, il se tordrait de rire, ou piquerait une crise d'épilepsie.

 

9.
Certains sont fidèles à leur relative pauvreté comme un chien à ses puces.

 

10.
On devrait pouvoir éterniser son temps, et mourir de temps à autre, pour pouvoir ressusciter à des moments plus opportuns. J'ai l'impression de reformuler une vieille revendication bouddhiste.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 octobre 2013

 

 

 

 

 

Repost 0
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 22:15

TROP DE CHANCE !

 

1.
Voyageur ancien, voici que nous voulons retrouver le goût du vent. Ce n'est pas le lointain qui nous aimante, c'est le passé.

 

2.
Qu'a-t-il eu une fois en italiques, le narrateur rimbaldien du Matin ?
Le passé rêvé d'une "jeunesse aimable, héroïque, fabuleuse, à écrire sur des feuilles d'or", une jeunesse enluminée, une jeunesse actualisée par la formule "trop de chance !", qui pourrait être aussi bien le titre d'un roman pas plus mauvais qu'un autre.

 

3.
J'aime le sérieux stupide et prétentieux de certains de mes collègues. Je le préfère au sourire sympathique et faussement humble des autres. Au moins, ils ne trompent pas.

 

4.
On veut être heureux, puis on se fait vieux, puis une raison, avant de se découdre dans le fil blanc.

 

5.
Peut-on se dispenser du repentir ? S'épargner la ronge ? Apparemment, il y en a tant qui. Ou peut-être l'humanité n'est-elle qu'un immense repentir ? Du reste, seul l'humain seul  est capable de repentir. Je ne crois pas au repentir des foules. La culpabilité s'y dissout comme une langue dans les livres, comme la vérité des politiques.

 

6.
J'écris pour me légender, pour illustrer les légendes que je fignole. J'écris pour être oublié sur une étagère de bibliothèque. Un nom. Sans photo surtout (quelle vulgarité !). Mais des phrases.

 

7.
Qu'étouffent-ils, les "petits enfants" du "long des rivières" dans le poème Jeunesse de Rimbaud ?
- Les crapauds qui se cachent dans les mots.

 

8.
Y aura-t-il un jour quelque compositeur audacieux et farfelu pour mettre en musique quelques-uns de mes brefs ? Je voudrais alors que certains soient murmurés par des voix féminines, comme des secrets, ou des mots d'amour. Que d'autres soient dits fermement, gravement, comme des sentences antiques, et d'autres pris dans le rire, comme des clins d'oeil qu'un miroir aurait arrêtés.

 

9.
Je ne passe guère de jour sans penser que je vais disparaître. Quelle injustice tout de même ! Comment un être aussi imparfait que moi peut finir dans la perfection du néant ? Cela me dépasse.

 

10.
Les gens qui me photographient ignorent à quel point ils me font injure. Ce qui les sauve d'ailleurs du mauvais sort.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 octobre 2013

Repost 0
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 20:46

ON PEUT TOUJOURS SE DEMANDER

 

1.
On peut toujours se demander si les dieux récompensent la vertu ou condamnent l'humain à multiplier ses fautes, jusqu'à grotesque théâtre.

 

2.
N'étant pas doué pour l'amitié, à force, je risque bien de me brouiller quand même bien un peu avec moi-même.

 

3.
On a sans doute raison d'être, à l'instar de l'Hippolyte du Phèdre de Racine, "fièrement révolté contre l'amour", qui nous donne l'illusion d'être nous-même alors que nous voilà bêtement au service de l'autre.

 

4.
La porte, on la toque. Moi, rarement.
Je ne vais jamais voir personne sans y être invité.
Je ne vais jamais voir personne même si j'y suis invité.
Je ne vais jamais voir personne. Du coup, la porte, je ne la toque pas. Du coup, on ne m'ouvre pas. Du coup, je repars avec le regret d'un visage et l'assurance de ne pas importuner.

 

5.
Tout le monde demande tout le temps quelque chose à quelqu'un. On appelle cela aimer.

 

6.
Celui qui s'écrie "Beurkh !" à la vue de la plus belle des femmes est d'un admirable cynisme, un vrai révélateur d'être.

 

7.
"Elle est jolie" dit-il. En d'autres temps, seigneur puissant, j'aurais fait bastonner ce gueux.

 

8.
Je m'étonne toujours qu'il y ait des gens pour me trouver sympathique. Je devrais leur demander de l'argent.

 

9.
De nouvelles langues. D'une certaine manière, une langue est toujours nouvelle. Elle rejaillit sans cesse, fontaine à miracles. Il n'y a que les gens pour s'en servir aussi bêtement qu'utilement.

 

10.
Une ville est pleine du grondement de morts que la musique tente à tout prix d'étouffer.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 octobre 2013

Repost 0
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 19:46

RIEN DE MIEUX A FAIRE

 

1.
Ce que son coeur ne peut plus renfermer, et qui cogne, et qui déborde, et qui surgit, surprenant comme un dieu ancien et barbare qui surgirait dans la maison.

 

2.
Ce que nous n'avons pas créé nous indiffère et ne nous intéresse que par son utilité, ou son caractère admirablement distrayant.

 

3.
Pour enterrer, il faut creuser un trou. La terre est un gruyère macabre.

 

4.
Dans les rues, ce que nous déplaçons, ce n'est pas nos yeux lucides, mais le secret de nos ombres.

 

5.
Son beau château, on en rêve, bien sûr, pour en être écrasé dès qu'on en fait l'acquisition. Le fascinant écrase autant qu'il semble alléger.

 

6.
Evidemment, avec l'éloignement, il n'est nul qui ne devient nain ou naine.

 

7.
Vivre seul, c'est forcément, à un moment ou à un autre, en arriver à se disputer avec soi-même. D'où l'invention de Dieu.

 

8.
Ce qui, à sa voix, bat si fort, très fort, n'est qu'un muscle, une métonymie que l'on bourre d'affects comme on empaille un oiseau mort.

 

9.
On a beau agiter les plus beaux de nos masques, les plus belles de nos filles, les morts ne reviennent pas. Ils n'ont pourtant rien de mieux à faire. C'est que peut-être nous pensons trop aux masques et aux filles.

 

10.
Le mystère est la révélation du seul.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 octobre 2013

Repost 0
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 18:48

L'ILLUSION D'UNE NOSTALGIE

 

1.
Les récits trop sincères, doit-on les faire ? Doit-on rougir, noircir les galeries, où passe, comme s'il était le temps, un spectre voûté, au visage flouté. Ceci dit, moi, il a beau passer, le spectre du temps, je continue à lui faire des doigts d'honneur, et à mentir.

 

2.
Le rivage où patientent les ombres, on ne jette pas sur lui deux fois le même oeil. L'un est vif, l'autre est mort, et nous ne savons pas que nous sommes borgnes.

 

3.
Tout ce qui s'est passé, doit-on le dire au Seigneur ? Doit-on nouer sa parole à la Croix, ou laisser aux chiens la part du Diable ? Zavez remarqué aussi, que les chiens se promènent avec de drôles d'oreilles entre les dents ?

 

4.
Les pleurs du barbare sont faites des mêmes larmes que celles du citoyen. Oui, mais c'est un barbare.

 

5.
Ecrire, c'est traduire une langue très ancienne dont il ne nous est resté que l'alphabet. Nous ne comprenons pas réellement ce que nous écrivons. Tant pis.

 

6.
Est-il une raison pour que la Bretagne soit ailleurs qu'en Bretagne, la France ailleurs qu'en France et Rome ailleurs que dans Rome ? Les pays sont dans leur lame et l'Océan lentement les dévore.

 

7.
Peut-on vider son coeur et sa tête comme on vide ce seau plein, où tremblote la lune, où le ciel jette des éclairs noirs ? Ou des écailles, tiens, pour changer, les écailles d'un reptile fugace.

 

8.
Si, comme les feuilles tombent les heures, c'est que quelqu'un a caché une horloge dans l'arbre, ou l'esprit du temps, ou quelques cadavres.

 

9.
Ecrire donne parfois l'impression de se rapprocher de ce pays où l'on n'arrive jamais, et dont les syllabes murmurées donnent l'illusion d'une nostalgie singulière.

 

10.
Quand je n'écris pas, je ne suis pas le même. Je me méprise alors.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 octobre 2013.

Repost 0
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 08:20

COMME LE DIABLE A L'AIR SATISFAIT

 

1.
Comme le Diable a l'air satisfait. C'est sans doute la promotion universelle des droits dits naturels qui le réjouit. J'entends souvent son rire sourd derrière les belles paroles des humanistes compatissants.

 

2.
Je me demande parfois si l'Education Nationale à la française ne serait pas, des fois, une sorte d'expérience qui viserait à établir à partir de quel moment le troupeau des apprenants se décide à massacrer l'enseignant.

 

3.
Comment faire rentrer le programme du baccalauréat professionnel dans les grilles des Centres de Formation des Apprentis ?
- Pardi, Houzeau, par la méthode Meirieu, cet avatar moderniste de la méthode Coué.

 

4.
Comme il passait, le trou l'attrapa.

 

5.
La lune est une épée ignorée. De temps en temps, un qui sait s'en empare et coupe la mer en deux.

 

6.
Si la louve était une loi, nous serions les fils et les pères de la louve. Je ne peux décidément écrire ces lignes sans penser à la louve romaine.

 

7.
Le coeur, c'est de la flèche. Inutile d'aller chercher Cupidon et son arc, vous l'avez déjà dans le palpitant, plantée, fichée.

 

8.
Ce n'est pas tous les jours qu'on troque soulier crotté contre chaussure charmante.

 

9.
La lune est un verre à pied. Une flûte. On y siffle du champagne. On y verse des cocktails auquel on ajoute des étoiles pilées. Des lèvres bleues s'y posent.

 

10.
"Découvrir le palais de Minos" : avoir la révélation de ce labyrinthe, l'autre. De ce dédale. On y perd son amour. C'est qu'il y a taureau entre deux portes.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 septembre 2013.

Repost 0
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 04:38

ET OU FILE TOUT ?

 

1.
Je me demande où file sur son balai la sorcière verte qui dit "alone..."

 

2.
Quelle surprise, ma belle, de se voir si rose, si gâteau, si pâteuse au miroir.

 

3.
Deux crânes sous l'eau. Ils n'effraient pas les poissons, mais intéressent le plongeur.

 

4.
Les photos que l'on prend des fauves nous rappellent que la nature est pleine de crocs. Notre oeil, qui se nourrit d'aberrations, les voit superbes. Les rues aussi sont pleines de crocs. On appelle cela mâchoires et dentitions, lesquelles font l'objet de soins attentifs. Et il est vrai que, çà et là, passent quelques créatures superbes.

 

5.
Entendu sur France Inter cette réplique d'un acteur à une journaliste :
"- Mais comment faites-vous ?
- Je fais cent-trente kilos."

 

6.
"Kamunu suit des empreintes de lion dans la poussière, et je suis Kamunu." (in National Geographic France, août 2013, p.105)

 

"Suivre des empreintes de lion dans la poussière", c'est un travail d'historien, non ?

 

7.
L'un n'allant pas sans l'autre, l'Histoire est certainement une suite de trahisons autant que d'amitiés.

 

8.
Je me demande si un historien a déjà eu l'idée de prouver l'existence de l'homme invisible.

 

9.
Au détour d'une phrase, il bascula dans le conte, dégringola dans l'ogre.

 

10.
La nature est la plus féroce des inventions de la culture. Elle en est l'antidote. Elle en est, sans aucun doute, la plus implacable des tueuses.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 septembre 2013

Repost 0

Recherche