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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 14:43

NE SAIS OU VAIS MAIS TOUT DE MEME

 

Notes sur « Sensation », d'Arthur Rimbaud

 

Préambule

 

Monsieur le Doien de la Faculté,

 

vous nous avez donné à comanter « Sensation », de Arthur Rimbaud, que je dis déjà que je l'ai pas trouvé sensationnant ce poeme que la seule chose qui fait genre sensation c'est que d'habitude vous nous donné au moins quarante-cinq lignes de Balzac (quand ce n'est pas cinquante) sans parlé de votre collègue là qui nous en donne treize a la douzaine de pages de lingouistique a Chomsky que je sais toujours pas de quel film il parle au juste, donc dont acte que la on a que deux quatrins.

En outre, comme vous nous avez autorisez a comanter sous forme de notes, les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures avez-vous murmurez dans votre moustache que moi j'ai entendu quen meme, j'ai donc fait le travail eguezigé mes dans l'espoir d'une réponse favorable, je tiens à vous précisez, Monsieur le Doien de la Faculté, que si ça navet pas été sous forme de notes, je l'aurez sans doute pas fait le travail car je ne sais pas si vous savez que normaleman on est en grève a cause de la « loi travail » qu'il y a deja deux mots de trop qu'en conséquence, je vous prie de bien vouloir agreer l'expression de ma plus hautte considération.

 

Poste Script-homme :

Je sais que je n'ai pas besoin de signez, puisque vous m'avé tan de foi déjà fait l'honeur de m'assuré que vous me reconaissiez imédiattement le style (je vous cite de mémoire).

 

« Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, - heureux comme avec une femme. »

 

(Arthur Rimbaud, « Sensation »)

 

 

1.

Le narrant rimbaldien parle de « soirs bleus d'été » donc il est déjà tard parsque l'été fait jour tard qu'on traîne encore dans les rues.

 

2.

Le narrant rimbaldien i dit aussi « j'irai dans les sentiers » come il met au pluriel on sait pas quel sentier genre ne sais où vais-je.

 

3.

Rimbaud, c'était un ne sais où vais-je c'est pour ça qu'il a fini « loin, bien loin, comme un bohémien ».

 

4.

Pourtant il dit « picoté par les blés » c'est qu'il sait quand même qu'il coupe à travers champs pour aller où il va.

 

5.

Puis il va « fouler l'herbe menue », pourquoi « l'herbe menue » je sais pas car ça se dit pas « l'herbe menue » en touca j'ai jamé entendu.

 

5.

Il dit il sera « rêveur » on s'en doute car les poètes c'est souvan rêveur sauf le farmacien qui écrit des poèmes et gagne des sous.

 

6.

I risque d'ete malate car i di « J'en sentirai la fraîcheur à mes pieds » or par les pieds vient tout le mal qu'on est tout fiévreu apres.

 

7.

D'autant qu'i dit « Je laisserai le vent baigner ma tête nue » qu'à mon avis i va prendre froid de la métaphore.

 

8.

Il dit « je ne parlerai pas, je ne penserai rien » D'un côté il va pas parlé tout seul non plus qu'on le prendra pour un fou dans la nature.

 

9.

Il dit « Je ne penserai rien » il doit se vanté passque moi tout seul à pied toudis je pense a Nina qui est gentile et joflue come un ange.

 

10.

Il dit « Je ne penserai rien » déjà qu'il ne va pas parler non plus qu'il va ressembler à un paumé ou un étrangé ou un choqué d'la vie.

 

11.

Il parle de « l'amour infini » c'est beau qu'on diré une chanson mes moi ça me fée rire parcque l'infini céssqu'on dit quen on sait pas.

 

12.

Et quen il dit « l'amour infini me montera dans l'âme » : l'âme je sais pas ce que c'est qu'il veut dire son cœur mais c'est pour les rimes.

 

13.

« l'âme » il a mis ça pour la rime ce qui le prouve c'est que ça rime avec « femme » s'il avait mis cœur ça rimerait avec sœur.

 

14.

En touca il dit déja qu'il va allé « loin, bien loin » et ça c'est vrai passque Rimbaud il a fini taileman loin que moi j'ai oublié où.

 

15.

Par contre je sais pas pourquoi il se compare a un bohémien car il venait pas de Bohémie Arthur Rimbaud venait de Charleville-Mézières.

 

16.

Quand on se compare faut fere atention a quoi car moi je me comparera pas come Rimbaud a un bohemien plutot a un footballeur de jeu video.

 

17.

Je précise « de jeu video » parsque le foot c'est de plus en plus fatiguant rapport a ce que les joueurs d'avant étaient plus jeunes que nous puisque nés avant nous, donc ils étaient plus jeunes, plus résistants, ce qui est logique.

 

18.

C'est come si je comparera les profs à des boufons qu'i y en a qu'i disent ça boufon le prof mes je suis pas prof alor qui sait le boufon ?

 

19.

Peut-être c'est parsqu'il voulu vandre come un gitan à fer la manche qu'il a écri « comme un bohémien » loin pour pas qu'on le reconaisse.

 

20.

Il dit il sera « heureux comme avec une femme », s'il ut-écrit heureux comme avec le Christ Claudel en auré tout bandi-banda de bonne heure.

 

21.

En tout cas, ça prouve que l'Arthur, il aimait les femmes aussi, ou alors il mentait livresque (comme tout le monde).

 

22.

A mon avis com je le voi le narant rimbaldien il a du finir dans le déser ou un pays qu'y avait pas trop de monde pour le faire suer.

 

23.

Ça a du le changer Rimbaud le déser avec le soleil et le tout sable que lui c'étai la flache les bois noirs la neiche en Ardenne taiseuse.

 

24.

En abysseinie qu'il a été rimbaud là où y a des chats abysseins peut-être il a vendu des chats a des gens a paris qu'avaient pas d'enfants.

 

Ça m'ai revenu com ça « Rimbaud en Abysseinie » : je l'ai entendu dans un jeu à la noix et à la radio.

 

25.

A l'époque dans le deser y avait pas daech alors qu'à coté de la France y avait les boches mes je sais pas si on les appelé deja com ça.

 

26.

Surement pour Rimbaud ça valait mieu les chamo que les boches qu'on dit méchants et tout noirs de Prusse a cheval et avec des lances.

 

27.

Quen ele débouche une boutel de vin ma granmère ele dit Encore une que les Prussiens nauront pas et elle rigole qu'on lui voi plus les dents

 

28.

Ils avaient aussi, les boches de Prusse, de grands canons qu'avec ils ont bombardié Paris que les gens ont bouffé tout le zoo.

 

Je dis « bouffé » (et pas mangé) passque c'est com ça qu'on dit pour les animau.

 

29.

Je diça mes au college y avait Hans ses parents sont de bochie qu'on diré des allemans mes sans chval ni lance ils vote grune ça veu dire vert

 

30.

Les parents a Hans sont gentis mangent des saucisses et boivent du café comedan Derrick mais pas très catholiques car ils sont protestants.

 

31.

Avec touça je crois que je suis horsujet bah tanpis c'est rigolant faut dire skié.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 juin 2016.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FASCINATIONS RIMBALDIENNES
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 03:08

DÉMESURES

 

1.

Non, Monsieur Houzeau, dans la « Théogonie » d'Hésiode, il n'est nul question de Simone, la femme de ménage de la résidence universitaire qui fumait des gauloises en râlant.

 

2.

La porte le cogna ; il la claqua ; elle battit la bâtarde ; il tomba dehors ; il dit j'm'en balek, i prit sa hache, finit à l'asile.

 

3.

Donc le personnage de la chanson, pris de furie sonore, dissona distordit bouffa la guitare éventra la caisse claire étrangla l'caruso.

 

4.

L'autre lui avait un peu trop joué de pipeau, alors il sortit de ses gongs et lui sonna les cloches.

 

5.

Ce n'est pas d'un être que l'on tombe amoureux, mais de l'être. L'amour est un envoûtement, une maladie ontologique.

 

6.

Ce tomber amoureux dans l'être, cette sorcellerie, le quotidien la désamorce. Si cela ne passe pas, attention à la fascination.

 

7.

Un jour, on se dit « le cercle a fini d'me serrer ». - Le tenez-vous à distance ? Non, il attend le temps nécessaire qui paiera votre mort.

 

8.

Des fois, j'me sens si zombie que j'boufferais mon ombre.

 

9.

Le rire est un antidote à la sorcellerie. Il dissipe les faces de brume qui s'agitent dans votre dos ; il étrangle votre voix d'outre-nerfs.

 

10.

Les Nuits de France Culture lâche ses fantômes. Ecoutez comme ils nous sont étranges et familiers, et qu'ça nous mélancolise tout c'passé.

 

11.

Quand, certains soirs, je croise mon ombre, nous faisons semblant de ne pas nous voir. Par discrétion, bien sûr.

 

12.

Parfois je me dis que l'argent, de nos jours, même quand il est honnête, il est quand même de moins en moins propre.

 

13.

« LARME

 

Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,

Je buvais, accroupi dans quelque bruyère

Entourée de tendres bois de noisetiers,

Par un brouillard d'après-midi tiède et vert.

 

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,

Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert.

Que tirais-je à la gourde de colocase ?

Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer.

 

Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge.

Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.

Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,

Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.

 

L'eau des bois se perdait sur des sables vierges,

Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares…

Or ! tel qu'un pêcheur d'or ou de coquillages,

Dire que je n'ai pas eu souci de boire ! »

 

(Arthur Rimbaud, « Larme »)

 

14.

Loin des piafs et d'tous les autre gens j'picolo dans la verte a croupi y avé du bois chai pas s'il été tendre mes freck oui come banc pouri

 

Chai pas trop c'que j'picolo j'en resta sans voix come pré sans veau non mais quoi j'picolé qui m'pâté la parlante et m'faisa suaire ?

 

Chai pas trop c'que j'picolo pasque j'ai pri une boutel a papi (vu qu'i boit plus qu'il est mort) a mon avis quen meme c'été d'la prone.

 

J'aurai pas fait l'affaire pour renseigner la chalance Crak boumu vla aut' chose c'est l'orage i secou le péyi et les perches et les tanches

 

Vla aut'chose c'est l'orage jete des gares partout des trains balance des voix par la portière qu'ça colonnada la nuit bleue come tout.

 

Je dis la nuit bleue come tout mais c'est une hyperbole pasque tout n'est pas rose non plus.

 

Vla aut'chose c'est l'orage me répétis-je Ah Pantoum ! Pourvu qu'je soye point foudroié ah ça j'la serré fort ma colocase.

 

(chui pas sur pour colocase si c'est pas pluto de la coloquinte chais pas ou alors de la colonelle ou de la coronarienne com fer de gourde)

 

Après les éclairs avé pris la foudre des Scampètes (c'est pas ici) mes moi j'quintai matou tant j'l'avais le cha alors dans ma gorje.

 

J'vous ai di qu'c'été ben freck l'bois d'mon picolaje je me les cailli surtou qu'du ciel gliçait des glaçon genre qu'les mare c'est du wiski

 

Je pensi a la pécherese d'or (ou de coquilajes) et du coup j'eus plus soif je fis Stop picolo ! Et je me mis à gerbir come mon beau-frère.

 

Je suis rentré ché moi l'été-tart j'été tous fatigué ma mère a di va te couché t'é tous fatigué j'ai dormi et ce matin j'ai fai mon excuse.

 

Quen je suis rentré l'été-tart j'avai peur de me fere apelé arthur mes ma mere a rien di mes com on di qui craint l'eau qui dor n'a pas tor.

 

Voila mosieur ce que j'ai fai hier quen j'ai séché votre cour pasque je l'ai pas fé le comantaire du poème de Rimbaud (j'ai rien compri).

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er juin 2016.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 20:22

QUATRE TYPES DE FANTÔMES

 

Notes sur deux paragraphes du « Novum Organum » de Francis Bacon traduit par Buchon.

 

« Non seulement les fantômes ou notions fausses, qui ont déjà pris pied dans l'entendement humain et y ont jeté de si profondes racines, obséderont tellement les esprits que la vérité aura peine à s'y faire jour ; mais le passage une fois ouvert, ils accourront de nouveau dans la restauration des sciences et feront encore obstacle, si les hommes ne sont bien avertis de s'en défier et de prendre contre eux toutes sortes de précautions. 

Ces fantômes qui obsèdent l'esprit humain, nous avons cru devoir (toujours pour nous faire mieux entendre) les distinguer par les quatre dénominations suivantes : fantômes de race (préjugés de l'espèce), fantômes de l'antre (préjugés de l'individu), fantômes du commerce (préjugés du langage), fantômes du théâtre (préjugés d'école). »»

(Francis Bacon, « Novum Organum » (1620), traduit par Buchon, Delagrave, 1836)

 

1.

« Non seulement les fantômes ou notions fausses, qui ont déjà pris pied dans l'entendement humain »

(Bacon, « Novum Organum », traduit par Buchon)

 

2.

« Non seulement les fantômes » : que j'aime ce début de phrase, j'en augure du curieux, du craquant, du glissant comme une ombre.

 

3.

Notion : concept, idée, pensée.

« Notions fausses » : Francis Bacon dans son « Novum Organum» les appelait « fantômes ».

 

4.

 « Non seulement les fantômes ou notions fausses, (...) y ont jeté [dans l'entendement] de si profondes racines »

(Francis Bacon)

 

5.

Les fantômes sont des jeteurs de racines, et cela dans le but évident de planter à l'infini d'nous autres des forêts de fantômes.

 

6.

On cogite, on s'remplit de chimères spéculatives qui s'agitent la langue dans nos caboches genre jardin des délices à la Bosch.

 

7.

« l'entendement humain » : du verbe « entendre » dans le sens de « comprendre ». L'entendement est la faculté de comprendre, c'est la raison au sens où l'on dit que « l'homme est un animal doué de raison. »

 

8.

« les fantômes ou notions fausses (...) obséderont tellement les esprits que la vérité aura peine à s'y faire jour » (Bacon)  : l'intelligence humaine est tellement fascinée par l'apparence qu'elle n'accède pas (n'arrive pas) à la vérité.

 

9.

«la restauration des sciences » : le retour à la rigueur scientifique, à ce que Bacon appelle la « véritable induction ».

 

10.

« L'homme est un animal doué de raison » et d'un membre viril qui le rend assez stupide. Ça équilibre.

 

11.

L'humain n'étant point sourd, il s'y entend dans l'écoute de toutes les âneries possibles, qu'évidemment il ne manque jamais de répéter.

 

12.

Se défier de : se méfier de, voir en l'autre l'antre d'un fantômas qui attend que vous tourniez le dos puis i vous et voilà.

 

13.

Pour Francis Bacon dans son « Novum Organum », « quatre dénominations » pour les « fantômes » ou « notions fausses »  : fantômes de race (préjugés de l'espèce), fantômes de l'antre (préjugés de l'individu), fantômes du commerce (préjugés du langage), fantômes du théâtre (préjugés d'école). »

 

14.

« pour nous faire mieux entendre » : pour mieux nous faire comprendre.

« dénominations » : noms, appellations.

 

15.

Parmi les fantômes qui nous fascinent, Bacon distingue les « fantômes de race (préjugés de l'espèce) » qui nous font croire que la réalité est telle que nous la voyons.

 

16.

Bacon distingue les « fantômes de race (préjugés de l'espèce) » qui nous font prendre le réel pour ce qu'il n'est pas.

 

17.

Ah vrai ! nous nous croisons dans des couloirs aussi peu réels que les apparences que nous agitons dans vos yeux.

 

18.

Préjugés : opinions sans fondement, idées préconçues, stéréotypes, a priori, idées erronées que l'on a sur les choses et les gens.

 

19.

Parmi les fantômes qui nous fascinent, Bacon distingue les « fantômes de l'antre (préjugés de l'individu) » qui nous font juger du réel d'un point de vue particulier, celui du « chez nous », du petit monde où nous demeurons.

 

20.

Bacon distingue les « fantômes de l'antre (préjugés de l'individu) » qui ne jugent du réel qu'à partir du petit monde qui tourne autour de leur œil.

 

21.

Le petit monde qui tourne autour de l’œil, c'est la spirale à Ubu, c'est la gidouille affichée, c'est le monde vu par le tube digestif.

 

22.

Antre : excavation (une grotte par exemple) naturelle qui sert d'abri aux humains ou aux animaux ; repaire, caverne, tanière.

 

23.

Antre : trou dans la nature avec dedans de l'humain, ou d'l'animal ; repaire, caverne, tanière d'où des yeux noirs condamnent le monde.

 

24.

Des fois, Zut zieute l'autre et s'dit c'est rien qu'une antre, une vieille tanière à loup, un repaire à périls, un serpent dans la boîte.

 

25.

Parmi les fantômes qui nous fascinent, Bacon distingue les « fantômes du commerce (préjugés du langage) » qui nous font insuffisamment définir ce que pourtant nous jugeons avec tant d'assurance.

 

26.

Bacon lie le « commerce » au « langage » : il ne peut y avoir d'échanges avec les autres sans langage.

Commerce : ici, fréquentation des autres.

 

27.

Francis Bacon lie le « commerce » au « langage » : vrai ! on ne peut hanter l'autre sans lui souffler du maudit dans les oreilles.

 

28.

Bon escroc a belle parole ; c'est le puant en charmant.

 

29.

L'autre est la condition du langage. Sans nous, Dieu serait-il cet être dont l'amour est, paraît-il, si puissamment universel ?

 

30.

Bacon distingue les « fantômes du théâtre (préjugés d'école) » qui sont sottises et billevesées en usage dans les différentes écoles de pensée qui s'affrontent sur la scène du théâtre des idées.

 

31.

Les fantômes, Bacon y distingue les « fantômes du théâtre (préjugés d'école) » : sottises en usage qui s'affrontent sur la scène des idées.

 

32.

La politique met en scène ces « fantômes du théâtre » dont parle Bacon et qui s'échangent les âneries en usage dans leurs partis respectifs.

 

33.

Lorsque j'entends débattre de l'école, je pense assez vite à ces « fantômes du théâtre » dont parle Bacon. O pédagogues ! O histrions !

 

34.

L'école est le champ de bataille de la raison contre les fantômes, lesquels cherchent à nous engluer dans une succession de réformes.

 

35.

L'école, une succession de réformes, infini réglage d'une machine hyper-sophistiquée que nul ne parvient jamais à faire fonctionner.

 

36.

L'égalité des chances n'est pas l'égalité des possibles.

 

37.

On les a tellement cinochées d'fantoches à fils, nos caboches, qu'la vérité, elle nous tire la langue, et court ailleurs.

 

38.

Les fantômes ne sont qu'apparences ; nous échangeons avec eux des avis tranchés sur le réel.

 

39.

Le cinéma consiste à mettre les fantômes à jour ; aussi faut-il se méfier du cinéma qui prétend mimer le réel.

 

40.

Les fantômes sont peuplés de dieux très puissants ; nos idées les affrontent et ne gagnent pas toujours.

 

41.

Le paradoxe étant qu'apparences, les fantômes sont aussi apparaître.

 

42.

Les fantômes, cet apparaître ironique du réel.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 29 mai 2016.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 08:15

LES NUAGES SUR L'EAU

 

1.

Des fois qu'le calme s'étale en toi façon confiture sur la tartine pis qu'ça dégouline par les trous d'ton être.

 

2.

Qu'j'écrirais, dis, le bref imparable façon riffs à « Smoke On The Water », le genre de truc à vous faire dresser des flammes sur la tête.

 

3.

« ou penser qu'on existe sans y croire, se plaçant dans l'éphémère, parce qu'on est là par hasard »

(Paul Dewalhens, « Contribution involontaire » in « Cymbalum Mundi », la Dryade, 1970)

 

La terre, une bataille d'éphémères, avec d'l'infini genre comme si c'était une drogue plein les neurones.

 

4.

J'aime bien Pierre Henry comme compositeur, i vous donne des leçons de sons, des frissons dans la gouvernance à neurones.

 

5.

Des sifflements, ils filent sur le chemin, aucun signe dans le ciel blanc, le long du vent roule un virevoltant.

 

6.

Sur son cataclop cataclop s'pointa Tout de go au saloon il pan pan dézingua son quidam puis très vite très vite s'cataclopa vers l'ailleurs.

 

7.

Des fois j'me dis mes brefs bidules, des essais de voix pour spectres qu'c'est, sketchs pour mélancoliques d'outre-tombe.

 

8.

Parfois, ô romantisme ! j'me dis qu'le piano est plein d'cheveux et qu'des mains frénétiquement y cherchent kekchoz.

 

9.

C'était un homme avec des placards plein les mirettes et des cadavres plein les placards, un enquêteur, un suspicieux, un entiché du flair.

 

10.

Le seul finit par regarder les autres d'une manière bien à lui. Dans le seul se trouvent les grands saints, aussi les grands assassins.

 

11.

Les chansons appellent. J'entends Brel à la radio, c'est comme si la chanson l'appelait, mon vieux maître de latin qui aimait tant Brel.

 

12.

« Tandis que sur les quais flânent les paresseuses,

je regarde les lourds bateaux des blanchisseuses ;

il en sort des chansons, comme d'un nid d'oiseaux.

Les robustes bras blancs, en plongeant dans les eaux

que bleuit l'indigo, tordent le linge pâle,

et le ciel au-dessus prend des lueurs d'opale.

Moi, tout pensif, je rentre en murmurant tout bas :

Ma mère n'est plus là pour repriser mes bas

et mettre un chapelet d'iris dans mon armoire…

Les nuages sur l'eau font des dessins de moire. »

 

(Nina de Villard, in « Dixains réalistes par divers auteurs », pièce I)

 

13.

« Les robustes bras blancs, plongeant dans les eaux

que bleuit l'indigo, tordent le linge pâle »

(Nina de Villard)

 

indigo : bleu puissant Newton en fit la septième couleur de l'arc-en-ciel ça vous a un air supra-réel mais c'est qu'du bleu violet.

 

14.

« et le ciel au-dessus prend des lueurs d'opale »

(Nina de Villard)

 

J'aime bien ce ciel « au-dessus » ; en-dessous, on marcherait dans les dieux.

 

Opale : le ciel précieux comme une pierre, des châteaux y flottent, des îles y planent, des statues merveilleuses nous y épient.

 

15.

« Ma mère n'est plus là pour repriser mes bas

et mettre un chapelet d'iris dans mon armoire... »

(Nina de Villard)

 

chapelet d'iris : jadis, de perles en racine d'iris, on faisait des chapelets ; ils allaient parfumer les doigts des petits dieux de l'armoire.

 

16.

« Les nuages sur l'eau font des dessins de moire. »

(Nina de Villard)

 

Le son moire, je songe les éléphants de moire, les éléphants de fumée, les éléphants de papier froissé glissant sur l'eau.

 

Le son moire : aussi bien des dragons de moire, des donjons de fumée, des amazones fantasques, et les éclairs du cuir.

 

Le son moire : aussi bien le parapluie, la machine à coudre et la table à dissection de nos animaux imaginaires.

 

Le son moire : puisque nous avons hanté l'école, nous avons en mémoire les Moires, destinées grecques « qui donnent d'avoir le bien et le mal ».

(cf « Théogonie », Hésiode traduit par Annie Bonnafé, Payot & Rivages, coll. « La Petite Bibliothèque », 1993, p.75)

 

A-t-on jamais produit d'oracle en contemplant l'évidence mouvante de la moire, de la flache ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 29 mai 2016.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 09:57

DES FOIS QU'ON FAIT L'AUTRE

 

1.

« Selon le système de l'exaspération, rien n'est meilleur que de se gratter. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

exaspération : on s'aggrave de l'extrême, on s'intense fort le sentiment, s'agace s'horripile s'irrite qu'on trépigne et bisque bisque rage.

 

Dès qu'il se boissonne un peu abondamment, il s'exaspérationne facilement, c'est une malédictionne.

 

« le système de l'exaspération » : certains useraient de l'exaspération comme d'un mode d'être habituel, un vademecum rageur.

 

2.

« C'est choisir son mal ; c'est se venger de soi sur soi. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

« choisir son mal »: choisit-on son mal ? Sans doute quand on tombe amoureux et qu'il nous arrive de le regretter amèrement.

 

Des fois quand on tombe amoureux, on croit qu'on l'a pas fait exprès. On a tort car c'est volontairement que l'on a choisi d'apprécier.

 

« c'est se venger de soi sur soi » : et avec ceux qui se vengent d'eux-mêmes sur les autres, ça nous fait du monde.

 

3.

« L'enfant essaie cette méthode d'abord. Il crie de crier»

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

« Il crie de crier », le môme, et les adultes hein des fois, ne parlent-ils que pour se faire taire ?

 

Alain dit qu'l'enfant « crie de crier », comme dans une maison tout le monde i crie on sait plus pourquoi au bout qu'ça fait maison de fous.

 

Qu'l'enfant i « crie de crier », genre la maison où tout le monde crie et qu'on a les boules qu'on est à bout qu'on met les bouts.

 

4.

« il [l'enfant] s'irrite d'être en colère et se console en jurant de ne pas se consoler, ce qui est bouder. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

s'irriter : qu'on colère et s'fiche en rogne, qu'la vieille ire nous revient courir sur le haricot, s'agace, s'énerve, pis qu'on zieute noir.

 

« s'irriter d'être en colère » : ah que ne sommes-nous sages comme des images ? dit-il en refermant son trash magazine.

 

5.

« Se frotter les mains est deux fois bon quand le vent souffle du nord-est. Ici, l'instinct vaut sagesse »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

l'instinct : c'est l'héréditaire, l'inné et le non réflexif qui nous travaillent. La pulsion relève-t-elle de l'instinct ?

 

Entendu causer d'un film où l'on avait greffé les mains d'un assassin à un pianiste du coup je suppose qu'il avait du meurtre dans l'toucher.

 

Sagesse : bon sens. Quand « l'instinct vaut sagesse » : l'instinct n'est pas la sagesse. Quid de l'insensé qui agit en dépit de son instinct ?

 

6.

« Ce n'est point parce que je me réchauffe que je suis content, mais c'est parce que je suis content que je me réchauffe. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur )

 

Ce n'est pas parce que je suis A que je suis B, mais c'est parce que je suis B que je suis A : grotesque chiasmerie.

 

Ce n'est pas parce que je suis que je pense, mais c'est parce que je pense que j'ai l'air d'être.

 

Exister, le rêve éveillé d'un spectre.

 

« parce que je suis content je me réchauffe » et pourtant, même s'il fait très chaud, je vous assure que ma poule ne pondra pas d’œufs durs.

 

« Ce n'est point parce que j'ai réussi que je suis content ; mais c'est parce que j'étais content que j'ai réussi. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur )

 

« Ce n'est point parce que j'ai réussi que je suis content ; mais c'est parce que j'étais content que j'ai réussi. » se dit-il en s'fichant le doigt dans l’œil.

 

La joie présage-t-elle la réussite ? La mauvaise humeur présage-t-elle la déconfiture ? Le parapluie présage-t-il la machine à coudre et la table de dissection ?

 

Là où il y a des marchands d'parapluies, faut s'attendre à être mouillé.

 

7.

« C'est du bonheur, si tu veux, que le corbeau t'annonce », dit Epictète. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

présage : on voit des signes courir dans la rue, du sphinx passer dans les détails ; le monde, un roman policier à rebours.

 

Ça, ça n'présage rien d'bon se dit-il en voyant ses frites disparaître une à une dans un gosier aussi invisible que la main qui les chopait.

 

8.

« Et certes je ne nie point que ce genre de folie tienne à quelque lésion imperceptible de l'appareil nerveux qui commande nos réactions »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

« lésion » : blessure, affection, préjudice, tort. Le verbe lésionner ne s'emploie pas sauf à ses risques et périls sémantiques.

 

« imperceptible » : c'qu'on peut à peine observer, qui court dans l'infime et grouille dans l'quasi invisible.

 

Pour les grands yeux de là-bas l'ailleurs, c'qu'on doit être tout imperceptible.

 

Y en a qui promènent tout le long des jours des lésions imperceptibles et des tas d'tracas qu'on voit pas qu'on sait pas alors bouclons-la.

 

« appareil nerveux » : c'est l'oracle à nervures, i nous actionne, pense, émeut, rappelle, puis perd conscience, puis meurt.

 

« et c'est cette redoutable méprise qu'ils nous montrent grossie, et comme sous la loupe. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

méprise : erreur, berlue, gourance. Des fois on s'méprend, on fait l'autre, pis qu'on est soi des fois, c'est tout d'même tant mieux.

 

Sous la loupe, surveillés, fliqués, traqués par les yeux de derrière les machines, et d'aut' yeux encore d'on ne sait quel ailleurs.

 

« Incantation magique, toujours suivie d'effet. Mais comprenez pourquoi. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XX, « Humeur »)

 

« incantation magique » : qu'on jacte drôle pour s'assurer du réel, qu'on en appelle à l'invisible pour maîtriser tout ça qui nous échappe.

 

Ce que nous croyons être, nous le rêvons, le fantasmons, l'incantons avec la sorcellerie de nos mots les plus courants.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 28 mai 2016.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:32

VIEILLES CHANSONS MORTES SAISONS

 

1.

« au milieu des broussailles de mes souvenirs de l'hiver, avec de solides et souples tenailles de langage »

(Michel Butor, « L'Emploi du temps »)

 

2.

Des fois on attrape des mots avec la langue, et des fois même des mots tellement étranges qu'on comprend pas, alors on les recrache.

 

3.

Son palpitant palpita passque s'précipitant elle a vu qu'elle palpité parlé plus et plus jamais parlerai apartir du momen quel étai morte.

 

4.

« Les généralisations cosmologiques, d'une part, la réflexion rationnelle, d'autre part, tendent soit à bagatelliser, soit à conceptualiser la mort »

(Jankélévitch, « La Mort »)

 

La mort, on la balade dans les étoiles et les dieux, ou alors on la thèse, on la programme de terminale, l'insupportable que pourtant.

 

5.

Certaines copies, par leur nombre de fautes d'orthographe et de flottements dans la logique, ont, de fait, une grâce toute surréaliste.

 

En étudiant de telles copies, on acquiert la conviction que notre société est composée de plusieurs mondes étrangers l'un à l'autre.

 

La politique et l'économie ont pour objet de faire coexister des mondes étrangers l'un à l'autre au sein d'un même Etat.

 

6.

Je mourrai avec deux « r » : l'air de fin et l'air dégoûté.

 

7.

Un prof, c'est quelqu'un de plus ou moins bien habillé qui vient en classe avec son cerveau pour agiter sa langue.

 

8.

Quand je zieute le ciel le soir, je vois jamais d'ovnis, mais je vois des avions, parfois je me dis si ça s'trouve, c'est des faux.

 

9.

Saturne a des anneaux ; ma sœur aussi, partout que ça tintamarre quand son copain la gigote.

 

10.

Y a des écrivains, ils écrivent des bouquins pour prouver que c'est normal qu'on les invite à la radio.

 

11.

Alors Dieu, farceur, créa l’œuf, la poule et le philosophe.

 

12.

La Nature est une chatte, énigmatique, aux larges yeux, qui fait des chiens des bâtards et des tracas la gueuse !

 

13.

« Ce mage, qui d'un mot renverse la nature »

(Corneille, « L'illusion comique », v.1 [Dorante])

 

Ce mage là, i shazame comme Mandrake, i met la Nature tout par-dessus tête, que la Nature, elle gigote des pieds en l'air.

 

14.

« Il les a sorties tout droit d'un roman d'espionnage allemand. Il ne sait pas lui-même ce qu'il entend par « comportement suspect. »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti, « L'Homme au complet marron » [Sir Eustache Pedler])

 

Dis qu'on sortirait « tout droit d'un roman d'espionnage allemand », du suspect dans l'comportement et du furtif dans l'déplacement et qu'on l'saurait même pas qu'on est secret à soi-même.

 

15.

«Pas moyen de faire autrement » disent les gouvernements et dans leur tête ils ajoutent, les ministres intègres, « surtout sans nous ».

 

16.

La jeunesse, ah féroce, a fiche son camp tout l'temps, vous laisse en rade tout vieux avec vos souvenirs et vos vieilles chansons.

 

17.

« L'été meurt.

(…)

J'accrocherai les plis neigeux de mes jupons

aux ronces du sentier poudreux, grêles harpons »

(Nina de Villard in « Dizains réalistes », XI)

 

« L'été meurt »

« les plis neigeux de mes jupons »

j'les ferai tomber partout sur vos becs, dit-elle assez sorcière et très trépignante.

 

18.

Vieilles chansons, mortes saisons.

Guitares oubliées, copines mariées.

Y a comme un fantôme dans l'accordéon.

 

19.

Je regarde mes brefs avec toute la condescendance voulue de la part de quelqu'un qui n'a écrit rien dont on cause.

 

20.

Dans les meilleures chansons de Yves Simon (« Zelda », « Au Pays des Merveilles de Juliet », « Caroline des Yvelines »…), du somptueux et du baroque dans les mélodies et les arrangements, pas si loin alors du pop/rock progressif d'outre moule-frites.

 

21.

Y aura plus de livres, plus d'yeux, plus de miroir ; y aura plus qu'des têtes de mort et des robots des robots des robots des robots des robots des robots des robots des robots des robots des robots des robots des

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 mai 2016.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 10:47

DANS SA TÊTE UN FUNAMBULE

 

1.

                 Chacun promène dans

Sa tête un funambule et se demande quand

                 C'est-y qu'il va tomber.

 

2.

Pourquoi La Rochefoucauld ne dit-il pas que « la plupart des gens ne jugent des hommes » que par leur ombre qui court sur le mur là-bas ?

 

3.

Quand on aime beaucoup des choses, on aime des gens qui les font, mais quand on aime pas les gens, des fois les choses on aime pas non plus.

 

4.

Le convoi était tout poussiéreux car il secoua la route Ils allaient loin ça changeait d'habitude ils s'arrêtaient au bout de la phrase.

 

5.

Dans la chanson elle dit qu'elle veut pas se résigner pourtant elle chante faux comme sa casserole c't'une couracheuse !

 

6.

Il rigola tan il s'efondra sur le sable ses yeu s'gondolère de larme et c'été pas drole car il s'étranglai coincé avec l'arête d'un poisson.

 

D'ailleurs, il était tellement efondré qu'il lui manquait un « f », alors il pouvait même plus sifler au secours.

 

Si vous vous demandez pourquoi il mangeait du poisson c'est parce qu'il nyavait plus de saucisses au magasin. Et puis, le poisson, c'est bien ça, pour s'étrangler, à cause des arêtes qu'il n'y a pas dans les bananes.

 

La forme « nyavait » vient du verbe « nyavoir », c'est quand il nya plus de ceci-cela (au magasin par exemple). Non mais, vous avez été prof dans une série télé, vous ou quoi ?

 

7.

« Quand on aime beaucoup quelqu'un, on ne saurait assez feindre de l'aimer moins. »

(Henri de Régnier)

 

Quand on aime beaucoup quelqu'un, on peut pas faire assez genre on l'aime moins mais c'est risqué y en a i nont pas le sens de la phrase.

 

La forme « nont », ça vient du verbe « navoir » (c'est quand on na pas). Non mais, vous avez été prof où vous ?

 

8.

C'été pas elle qui avait tué c'est passqu'elle voulé sauver de la guilotine l'homme qu'elle aimé la guilotine ça tuait tout la guilotine.

 

9.

L'antidote de nos poisons, c'est l'autre ; et il est tellement efficace que, parfois, il réussit à nous éliminer.

 

10.

Il ne faut jamais faire confiance à des inconnus ; c'est pour ça que je n'ai aucune confiance en vous : je vous connais trop bien.

 

11.

A force d'entendre des choses derrière les choses, il avait fini par entendre hurler le loup dans chaque chanson d'amour.

 

12.

Brel c'était un chanteur tellement bien qu'on comprenait tout ça qu'il chantait, mais moi je comprends pas bien passqu jl'écoute jamais.

 

La forme « jl'écoute » ça vient du verbe « jl'écouter », c'est quand on écoute pas pour rien (comme en cours) mais quand on jl'écoute quelqu'un précisément (ma pote par exemple). Non mais franchement, vous avez été prof au marché aux puces, vous ou quoi ?

 

13.

Dans la société y a des fois des sucidés à bout portant ça veut dire qu'on les a tuer avec une arme secrète qu'on dirait qu'i sont sucidés.

 

Y a même des fois des accidents d'auto a bout portant, c'est mon parrain qui m'a dit qu'il est mor d'une arête de poisson mal placée.

 

L'arête de poisson mal placée c'est pas une arme secrète, c'est juste un pas de chance ça s'appelle, une erreur de mangeage.

 

Faut dire, la mort, à force d'en parler, ça a fini par lui arriver, eh oui.

 

14.

Mon pote, il est pas toujours bavard, c'est surtout quand il ouvre la bouche, mais des fois c'est juste pour dire qu'il montre les dents.

 

15.

Je sais pas s'il le pensé vraiment C'est pasqu'il avait l'oeil au burrnoir qui pensait pour lui c'était Kévin qui avé voler le portable.

 

16.

Si on s'observait soi-même un peu plus attentivement, sans doute qu'on se dirait assez souvent qu'on n'est pas possible.

 

17.

L'humain, c'est de l'impossible qu'on reconnaît à sa façon d'échouer.

 

18.

Des fois on dit qu'on se prend à penser, c'est quand on ne veut pas y penser mais quand même on y pense, alors on est pris c'est ça le jeu.

 

19.

On dit les animaux, mais aussi les êtres humains sont des humains comme les autres.

 

20.

« Si je n'y voyais rien qui marquât une Divinité, je me déterminerais à la négative ».

(Pascal, « Pensées »)

 

C'est drôle qu'on puisse marquer une divinité, avec un signe moins dit l'auteur, comme en maths, mais c'est seulement si on ne la voit pas.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 mai 2016.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 23:23

MARCHANT DANS LES PRESAGES

 

1.

Ce jour-là, Monsieur X... tomba sur le sol et dans la tombe, le coup étant mortel.

 

2.

Je me demande si le comportement des particules influe sur le réel parallèle. Intuitivement, je pense que non, mais justement…

 

3.

« Un rêve ou la parole d'un sorcier tuent nos espérances ; le présage est dans toutes les avenues. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », « Notre avenir »)

 

Zut, se promenant dans la rue, marche dans un présage ; elle se dit Et alors, on n'a pas nettoyé la rue ce matin qu'ça sent le sphinx ?

 

4.

« Sommes-nous un théâtre de verdure en pierre décorative animée ? »

(Jacques Darras, « Condillac in progress »)

 

Jo se pose des questions sur qu'esseque nous sommes Des marionnettes gigotent dans un théâtre c'est pour ça qu'il y a des fils se dit Jo.

 

5.

« c'est l'Univers comme bégaiement »

(Jacques Darras, « Les Gilles de Binche »)

 

Voilà pourquoi le langage fut accordé aux humains : Dieu est bègue ; nous parlons à sa place et nous nous contredisons divinement.

 

6.

« Je n'oublierai jamais cet oiseau qui n'existe que si l'on y pense. »

(Marcel Havrenne, « Aphorismes »)

 

On se promène dans la rue ; on pense à des choses qui pourraient exister si l'on y pense ; alors tout se met à ne plus jamais exister.

 

7.

Je suppose que ce qui tend vers l'infini finit par trouver sa limite quelque part dans un pli du réel.

 

8.

« L'important n'est pas que les autres sachent et même reconnaissent que je vaux mieux : l'important est que moi je le sache. »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit » [Angelo])

 

9.

Jo dit : j'ai plein de rien partout suis miné troué par le rien le rien me hante me honte plein d'cadavres partout dans tous mes coins.

 

10.

Je n'aime pas les films à thèse ; on dirait qu'ils veulent contaminer le réel.

 

11.

Jo se dit que s'il était Fantômas qu'esse qu'il rigolerait bien mais aussi comme il n'existerait pas ce serait même pas marrant.

 

12.

Des fois il pleut des têtes coupées alors Jo se réveille et se dit qu'il faut qu'il retourne au boulot.

 

13.

Machin est dans la rue elle est trop étroite mais il faut qu'il va prendre le bus donc il élargit la rue avec sa main large comme le poingt.

 

14.

« Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

de la Mer, infusé d'astres, et lactescent »

(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

 

« le Poème de la Mer » tu parles y a pas d'poissons on peut pas pêcher dans les poèmes alors on a faim et on manche des kebabs.

 

« infusé d'astres » ça doit être des méduses, zinzin qui s'y baigne puis « lactescent », c'est trop bizarre comme mot, moi j'y vais pas.

 

15.

« J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies »

(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

 

Jo dit si la nuit est verte c'est qu'on en est ville c'est vert à cause des néons ça éblouit la neige et les copines ont mal aux yeux.

 

Jo dit qu'il a mis « copines » au pluriel passque « éblouies » c'est au féminin pluriel dans le poème alors copines.

 

16.

« Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

Jo dit qu'il a jamais vu de fille « belle comme la neige », ou alors comme un camion sous la neige mais Ophélia c'est joli comme prénom.

 

17.

« Que ton cœur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

Jamais vu d'arbre se plaindre même quand on en fait du pécul ou du papier tue-mouches. Parfois, quand même, ils grincent.

 

Quant aux « soupirs des nuits », c'est que les murs sont trop minces et que la voisine a de la visite.

 

Le « chant de la Nature » ça rappelle les vaches, mais des vaches dans les arbres, késameuh ? Comme quoi, Rimbaud, c'est n'importe nawak.

 

18.

« C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,

A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

C'est vraiment un souffle fort pour en tordre comme ça des grandes chevelures que si ça se trouve, aux filles là, ça leur fait des tresses.

 

Le vent dans le poème il est plein « d'étranges bruits » comme si on entendait la télé mais au loin la télé genre télé d'univers parallèle.

 

19.

« The spectator is a dying animal. »

(Jim Morrison, « Seigneurs et nouvelles créatures »)

 

« Le spectateur est un animal mourant » écrit Jim Morrison, surtout dans les polars où l'on plante des zigs dans le noir des cinémas.

 

20.

« C'est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

Des fois, les mers elles sont folles et dans leurs filets, les marins pêcheurs ramènent des entonnoirs.

 

« la voix des mers folles » : ça doit être kekchoz comme opéra ! Fifres ultra-marins, voix d'hululantes sirènes, octopodes polyphoniques.

 

Y a pas qu'les entonnoirs des océans loufdingues qu'ils ramènent, les filets, y a aussi des brisures de seins, des éclats d'poitrines. A mon avis, c'est des sirènes qui se sont fait viander par des hélices.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 mai 2016.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 22:22

DELIRER DANS LE SCRIBE

 

1.

Le monde change ; nous aussi, mais ça fait des froissements. Pour tout dire, ça grince même drôlement.

 

2.

Cézigue méchant il dit bin j'espère bien bordel de quand il entend une mauvaise nouvelle à la radio Ah quel poète alors !

 

3.

Je me retourne :

- Y a quelqu'un ?

- Non, y a personne, mais faites comme si j'étais là.

Alors, rassuré, je peux continuer à délirer dans le scribe.

 

4.

« Est-ce que le but de la vie est de vivre ? »

(Paul Claudel, « L'Annonce faite à Marie », IV, 5 [Anne Vercors »]

 

« Est-ce que le but de la vie est de vivre ? » demande un personnage de Claudel. Non, le but de la vie est d'aider les autres à vivre, et c'est bien tannant.

 

5.

Quand le vent se lève, je me couche, enfin, si je peux parce que, n'est-ce pas, les autres hein les autres hein les autres hein hein ?

 

6.

Ah le cinoche et ses critiques qui louangent des daubes en couleurs comme si c'étaient des merveilles, j'm'en fous, j'préfère Tintin.

 

7.

Hélas l'hélice lasse lâche

Et dans la mer l'coucou se crashe.

 

8.

Alors il recula si illico presto tout de go vite et fort qu'il traversa le mur, ce qui l'épata grandement.

 

9.

La mort... le réel nettoie ses costumes.

 

10.

« Puis j'expliquai mes sophismes magiques avec l'hallucination des mots ! »

(Rimbaud, « Une saison en enfer » [Le Je-est-un-autre])

 

Rimbaud, dit Jo, c'est un gus, il a dû fumer le dictionnaire, pour délirer dans le scribe comme ça.

 

11.

« - Mon bon ami, répondit-il, vous passez à côté de la question. Je cherche quelque chose que je ne vois pas. »

(Agatha Christie traduit par Laure Terilli, « Un dîner peu ordinaire » [Poirot])

 

Parfois, on cherche des choses qu'on ne voit pas avec des yeux qu'on n'a pas.

 

12.

« En moi l'hiver s'est lové

comme un animal familier »

(Jean-Michel Delambre, « Il gèle à cœur fendre »)

 

« En moi l'hiver s'est lové / comme un animal familier » du coup j'nourris la bête j'bouffe j'grossis j'm'ourse j'm'ourdis contre le froid.

 

13.

Des fois, j'me sens comme un cheveu dans ma soupe.

 

14.

« Ainsi sous le nom de style, se forme un langage autarcique qui ne plonge que dans la mythologie personnelle et secrète de l'auteur »

(Roland Barthes, « Le Degré zéro de l'écriture »)

 

Nous nourrissons des dieux secrets, dont nous parlons la langue, sans jamais la maîtriser.

 

15.

Nous portons des chimères, que, fatigués, nous finissons par déposer, alors nous tombons, écrasés par le vide.

 

16.

Y a des gens i sont pas gentils mais ce sont des gens alors on n'a pas le droit de mais quand même i sont pas gentils.

 

17.

La somme de tout ce qu'on a dit, dit, dira, tout de même, quel absurde monologue.

 

18.

Le meilleur moyen de supprimer un établissement, c'est de le fusionner avec un autre ; avec le temps, il s'y dissoudra.

 

19.

On a beau couronner de laurier la tête d'un âne, ce n'est jamais qu'un âne que l'on couronne.

 

20.

Ayant lu son nom dans le journal, il se reconnut, et, pris de remords, se livra à la police.

 

21.

« Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas » aurait dit Malraux, il aurait dit « religieux et médiéval » qu'il aurait encore eu raison.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 mai 2016.

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 07:01

CHATELAINE EN CABOCHE SUIVI DE UNE HISTOIRE DE JO

 

1.

Toujours amusant de constater que quelques notes d'une ritournelle naguère à la mode ont un réel pouvoir de réminiscence.

 

2.

« Elle s'arrange ensuite pour que ces objets soient découverts. »

(Agatha Christie traduit par Thierry Arson, « La Mystérieuse Affaire de Styles »)

 

« Elle s'arrange ensuite pour que ces objets soient découverts. »

- Qui, mais qui donc ?

- La Dame en noir, la châtelaine en caboche.

 

3.

Des fois, pour le simple plaisir de la réminiscence, j'écoute des compilations de ritournelles plus ou moins sottes.

 

4.

Quand nous mourons, sans doute, nos fantômes partent en fumée et en Espagne, nos châteaux tombent en poussière.

 

5.

J'aime bien le syntagme « dissipant les fantômes de la nuit ». J'imagine assez quelque fée de l'aube balayant le seuil du jour et houspillant les esprits traînards.

 

6.

Je mourrai dans un souffle. Je m'dirai (je m'dis souvent, c't'une manie), je m'dirai « Vivre... » et puis hop j'vivrai plus.

 

7.

Il n'y a plus de petits maîtres ; par contre, qu'est-ce qu'il y a comme Grands Cons !

 

8.

Ah tiens, ça zeugme : « Or, surveillant ainsi le hasard et le ras du sol, et pensant au moine Orthopompe et au changement, il aperçut un fragment de pierre à moitié recouvert de sable »

(Boris Vian, « L'Automne à Pékin », 10/18 n°208, p.119)

 

9.

Alors tous les dieux ne firent qu'un, et devenus l'infini, ils quittèrent images et maisons pour nous soumettre.

 

10.

Et si certains livres (oserai-je prononcer le nom de Borges ?) étaient les exégèses d’œuvres qui n'existent que dans quelque réel parallèle.

 

11.

« C'est à la femme à barbe, hélas ! qu'il est allé,

le cœur de ce garçon, coiffeur inconsolé. »

(Germain Nouveau in « Dizains réalistes », XLI)

 

12.

Lui dans la rue étroite

Il se sent tout grognon

Il fait chaud il est moite

Et se sent très bouffon

D'avoir laissé des sous

Et puis d'être un peu saoul.

 

13.

Jo l'indien va a la chasse. Un faux lapin imense très poilu intervenit et l'assomit, Jo jémit (Ah) et alor il tombit sur le sol tout gris.

 

14.

Jo assomi a pas eu le tans de dire ouf Vade retro Satanas pourtan il auré pu il a fai du latin y a lontans avec Madame Fatalitas du colège.

 

15.

Mes c'était un faux lapin (imense) Quen il se réveillit Jo le vit et dit Qui es-tu L'autre réponda Je suis le fantôme de l'orthographe.

 

16.

On l'apele Jo l'Indien on a l'apelé come ça depuis lontans parsque on disait Jo il a une plume il est plumé Jo c'est pour ça on disait.

 

17.

Jo était assomi pandant ce tans dans ce trou de verdure où causent les oiseaux Madame Lapin rapait des carottes.

 

18.

Jo disa :

- Qui es-tu toi tout poilu tout imense ?

Le lapin réponda :

- Je suis le fantôme de l'orthographe ; sur ce, il le corrigea.

 

19.

Après Jo l'indien était tout rousté corrigi il parti voir un gramérien (c'était un renar avec des lunettes) qui lui dit que tout était OK.

 

20.

Alors quen mème Jo fut bien contan il a eu son diplome (c'était un bac) et il put aller vandre des cravates en ville car y a plus de monde.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 mai 2016.

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