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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 06:25

QUATRE COUPS DE GRIFFE

 

1.
Entendu sur France Culture qu'en cette année 2013, parmi les sujets qui préoccupaient les Allemands, il y avait :
- Doit-on mettre la main à la poche pour sauver la Grèce du désastre ?
- Est-ce que l'économie française va continuer à se dégrader?

 

2.
Entendu aussi, dans une autre émission, toujours sur France Culture (ô précieuse !), une interlocutrice évoquer l'enseignement supérieur comme un marché. Fort bien ; cela au moins est franc. Les étudiants sont donc des clients et le savoir une marchandise. On ne s'étonnera plus donc de voir les frais d'inscription à l'université augmenter (puisqu'en raison de la crise économique et de la très démocratique "massification de l'enseignement supérieur", la demande en diplômes divers et variés est forte) ; on ne s'étonnera pas de voir les loyers augmenter (il faut bien les loger, les clients) ; on ne s'étonnera pas de voir la frustration des dits clients augmenter (puisqu'à moins de distribuer les diplômes comme si l'on distribuait des certificats de bonne conduite, il y aura forcément des déceptions, des désillusions et que de temps perdu) ; on ne s'étonnera pas de voir les impôts augmenter (puisqu'il faut bien la financer, cette marchandisation du savoir) ; on ne s'étonnera pas de voir la dette publique se creuser (c'est que ça coûte cher, l'enseignement) ; on ne s'étonnera pas de voir augmenter le nombre de postes non pourvus dans les métiers dits "manuels" ; on ne s'étonnera pas d'entendre de distingués sociologues et autres experts des universités nous expliquer combien est profitable cette démocratisation de l'enseignement supérieur (et pourquoi diraient-ils autre chose, cette "démocratisation" étant leur gagne-pain-bénit ?) ; on ne s'étonnera pas non plus de voir se dévaluer des diplômes qui autrefois suffisaient bien jusqu'à ce qu'on en arrive - disons que cela ne m'étonnerait pas - à embaucher des agrégés de lettres classiques pour enseigner les règles de l'accord du participe passé à des élèves qui seraient bien mieux dans un atelier qu'à s'user les fonds de culotte dans des cours qui ne les intéressent que parce que les inspecteurs le disent ; on ne s'étonnera pas, en fin de compte, d'assister à une formidable inflation du n'importe quoi très savant qui finira par agacer, je le pressens.

 

3.
Entendu le très intéressant Michel Onfray évoquer, au détour d'une phrase, ces diplômés à Bac + 5 mendier dans les ruer ou contraints d'accepter des emplois à bas salaires. Ah tiens, ne serais-je pas le seul à penser ce que je pense...

 

4.
Entendu un distingué collègue (par ailleurs bien gentil) affirmer sans rire que les Allemands, hein les Allemands, "ils en reviennent de leur système de formation par alternance". C'est étrange, car en France l'apprentissage regagne du terrain (au moins dans les esprits). Je ne sais pas quels peuvent être les problèmes en Allemagne, mais il ne me semble pas que leur économie ait eu à pâtir de la formation par alternance cependant que nous, Français, voyons chaque jour s'effriter un système, dit de formation initiale, qui donne de plus en plus de diplômes et dispense de moins en moins de savoir.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 août 2013

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 05:25

MELANCOLIE DE LA POCHADE
Notes sur le poème La blanche neige d'Apollinaire (in "Alcools").

 

1.
"Les anges les anges dans le ciel
L'un est vêtu en officier
L'un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent"

 

a) Où se trouvent les anges ?

 

Les anges se trouvent "dans le ciel". Ce qui n'est pas étonnant, le ciel étant l'habitat naturel des anges, le lieu où ils "chantent" aussi bien que dans l'eau sont muets les poissons.

 

b) Que pouvez-vous dire de leurs vêtements ?

 

L'habit d'officier et l'habit de cuisinier renvoient à la société des humains. Ces anges sont-ils de nouveaux arrivants ? De récents défunts promus, par l'opération du Saint-Esprit, à la dignité d'ange. Est-ce la couleur de leurs habits qui importe ici (bleu pour le ciel, et blanc pour la neige) ?

 

c) Pourquoi les anges chantent-ils ?

 

Parce que ça chante, ça, les anges. On ne les entend point. C'est pour ça qu'on achète des disques, par compensation de la musique angélique. Il y en a, ils poussent tellement le dépit, qu'ils en écoutent du gothique et de la technomachine, de la musique à en avoir des hémorragies de neurones.

 

2.
"Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d'un beau soleil
         D'un beau soleil"

 

Que penser de la tonalité de ce quatrain ?

 

La tonalité de ce quatrain relève de l'évocation féerique. Elle peut rappeler les illustrations des contes pour enfants. Le ciel n'est plus le ciel, mais un "bel officier couleur du ciel" ; le soleil devient une médaille que le printemps, à la façon d'un général ou d'un prince, accroche au ciel. La répétition de l'expression "d'un beau soleil" évoque les chansons enfantines.

 

3.
"Le cuisinier plume les oies
         Ah ! tombe neige
         Tombe et que n'ai-je
Ma bien-aimée entre mes bras"

 

En quoi ce poème peut-il relever de la pochade ?

 

Ce qui caractérise ce quatrain, c'est, outre la confirmation que, de la même manière que "l'ange officier" figure le bleu du ciel, "l'ange cuisinier" figure la neige qui tombe, neige dont les flocons sont plumes d'oies, ce qui caractérise ce poème, c'est la rythmique de ses vers répartie en :
- un octosyllabe ("Le cuisinier plume les oies")
- quatre syllabes ("Ah ! tombe neige")
- quatre syllabes ("Tombe et que n'ai-je")
- un octosyllabe ("Ma bien-aimée entre mes bras")
De telle sorte que le rythme et les sonorités ("Tombe" "neige/n'ai-je") sont mises en évidence, se font entendre, sonnent comme chanson, témoignent d'un goût du jeu de mots et d'une virtuosité poétique d'autant plus remarquable qu'elle se base sur une grande économie de moyens (vers courts, vocabulaire courant, images originales mais qui peuvent passer pour naïves).
Ce court poème relève de la chanson de fantaisie, de la mélancolique pochade en ce que de presque rien (un officier qui passe, un cuisinier qui plume une oie), le poète compose un bref tableau où officier et cuisinier deviennent des "anges dans le ciel", évoquant ainsi un paysage de neige, rêverie qui permet de mettre en musique les images - à la façon d'un compositeur mettant une mélodie sur des paroles - et d'évoquer la mélancolie de celui qui passe et qui regrette de n'avoir pas sa bien-aimée entre ses bras.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 août 2013 

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 04:32

L'ÊTRE DE LA BOÎTE VIDE

 

1.
C'était pile poil ça : je ne me rasai point.

 

2.
Un jour, elles m'auront, mes dents, me boufferont,
Mes dents, et je serai entre mes dents, croqué
Comme bonhomme en pain d'épices ; ravalé.

 

3.
"Quand je fais mon pâté, je ne veux voir personne."

(Alexandre Dumas interprété par Gérard Depardieu dans le film "L'Autre Dumas", de Safy Nebbou).

 

4.
Comme le couteau au milieu de la figure.

 

5.
Elle fronçait, la mer, ses sourcils orageux.

 

6.
Avec son oeil en feu, ça s'enflammait partout ;
Vlouf ! Vlouf ! Vlouf ! qu'ça faisait partout sur son passage.

 

7.
"Et son coeur, ravagé"
(Baudelaire)

 

Et son coeur ravagé de scologonfres noirs
Il resta à s'maison pour s'descologonfrer
Il contempla longtemps la pluie qui la pluie qui
La pluie qui la pluie qui quoi ? Qu'est-ce que j'sais moi...

 

8.
"Montant comme la mer"
(Baudelaire)

 

Montant comme la mer puisqu'écumant de rage.

 

9.
"de la voûte nocturne"
(Baudelaire)

 

Elle dégringola de la voûte nocturne
Qui ça qui ça ? Mais la lune c'est évident
Vous ne le saviez pas ? C'est qu'elle a chu, la lune
Et qu'elle s'est glissée sous ma peau, c'est pour ça.

 

10.
Le passé de la boîte vide, c'est son camembert.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 août 2013

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 04:12

CAP Français FOUCHER
SE CONSTRUIRE
B) Raconter son histoire - exercices
Source : CAP Français programme 2010, Foucher, 2010, p.16-17.

 

Doc 1 : Le texte de Frédérico (cf "Contenu et plan").

 

a) Pourquoi peut-on dire que le souvenir évoqué par Frédérico est un souvenir heureux ?
b) Le récit est tantôt rédigé au présent ("J'habite" ; "Je pense aujourd'hui"), tantôt au passé ("Lorsque j'étais môme" ; "on allait traîner"). Pourquoi ?
c) Combien de paragraphes comptez-vous ? A quoi correspond chacun de ces paragraphes ?

 

Doc 2 : cf exercice 1 ("Caractérisez le souvenir...")

 

a) Si vous deviez caractérisez le souvenir évoqué dans ce texte, diriez-vous qu'il est plutôt heureux, ou plutôt malheureux ?
b) Qu'est-ce qui, précisément, est évoqué dans ce texte ?

 

Doc 3 : cf exercice 2 ("Rétablissez l'ordre chronologique...")

 

Suivre la consigne de l'exercice 2

 

Doc 4 : Le texte d'Eric (cf "Ecriture")

 

a) Expliquez le passage qui commence par "Un abîme s'ouvrait..." et finit par "et cette vie, ils la regrettaient."
b) Suivre la consigne de la question 2.
c) Dans le dernier paragraphe, à quel temps est conjugué le verbe "comprendre" ?
d) Conjuguez le verbe comprendre au passé composé.

 

Doc 5 : cf exercice 3.

 

Conjuguez les verbes aux temps indiqués entre crochets.

 

Doc 6 : cf exercice 4.

 

a) Décrivez l'image (lieu, personnage, objet)
b) En quelques lignes, mettez vous à la place du plongeur sous-marin et évoquez cette scène comme si c'était l'un de vos souvenirs.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 août 2013

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 21:25

LA TÊTE DANS LE SAC

 

1.
Sur les trottoirs trempés passaient des pieds mouillés.

 

2.
Elle portait un sac et dedans une tête
Que je pense tranchée car comment aurait-elle
Pu y mettre dans ce sac un corps tout entier ?

 

3.
Et le coulombrier brilla de son cou long.

 

Note : Le coulombrier est un drôle d'oiseau. On dirait un fer à repasser. Mais avec une chemise. Vous me direz que j'aurais pu faire briller quelqu'un d'autre : un palefrenier, un collectionneur, un expert-comptable. Certes, mais je ne vois aucune raison pour qu'un palefrenier, un collectionneur, un expert-comptable brillât plus qu'un coulombrier. Surtout s'il a le cou long.

 

4.
Il était à dada ; "Sabre de bois" dit-il.

 

5.
Un corps c'est plein de plis que l'on porte avec soi.

 

Note : Vous me ferez remarquez qu'un "corps c'est plein de plis", ça fait penser à un sac, un sac où, justement, l'on peut mettre une tête. Le voilà donc élucidé, le mystère du corps manquant.

 

6.
J'aurais aimé collectionner les gongs sonores
Car des gongs muets ça vaut pas le coup (de gong).

 

7.
Y a tant de gens ils croient écrire des trucs
Intelligents que j'aurais mauvaise grâce à
Les détromper et préfère écrire des trucs
Bêtes.

 

8.
Ce n'est pas le présent qui coule du passé
Mais le passé qui est induit par le présent.

 

Ce qui me fait penser au coulommiers il coule
Aussi le coulommiers dans sa boîte et quand il
Ne coule plus c'est qu'elle est vide alors sa boîte.

 

9.
Des murmures montaient étonnés jusqu'aux cieux
Où l'on vit sautiller des mille et des cent yeux.

 

10.
Groumpf ! fit-il et sur ce, il la croqua la tête
Ridée comme une pomme et pleine de pépins.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 août 2013

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 06:36

AVEC UNE SALUTAIRE MAUVAISE FOI

 

"Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre"
(Baudelaire, La Beauté)

 

1) L'être quelque chose est une affirmation de l'être. Encore ne peut-il s'affirmer que s'il y a quelqu'un pour confirmer ou infirmer. L'être quelque chose est donc une affirmation de l'en-soi ("Je suis belle en dépit de vous") et une confirmation du pour-soi ("Je suis belle car je vois dans vos yeux que je suis belle").

 

2) L'affirmation de l'être quelque chose tend à la transcendance. Il se trouve que dans ce vers de Baudelaire, il s'agit de la beauté. Mais, la langue n'interdit pas les énoncés suivants :
- "Je suis bête, ô génies ! comme un paquet de nouilles."
- "Je suis gong et ouate et chant neigeux"(Henri Michaux, Je suis gong, "La nuit remue", La bibliothèque Gallimard n°90, p.230).
Autrement dit, l'être quelque chose est une affirmation dans un temps donné qui transcende ce temps donné pour accéder au statut de présent de vérité générale. Ainsi, je n'aime pas Machin parce qu'il est méchant. Comment sais-je qu'il est méchant ? Parce qu'il a déjà fait preuve de méchanceté. L'énoncé : "Machin est méchant" affirme une transcendance. Bien sûr, je puis bien admettre que l'être quelque chose est complexe : "Machin est méchant mais il a du talent". C'est la plus ou moins grande reconnaissance de la complexité de l'être quelque chose qui tisse nos relations aux autres. Ainsi, je dirai dans un cas :
- "Machine est méchante mais elle a du talent."
ou :
- "Machine a du talent, mais qu'est-ce qu'elle est méchante !"
S'il se trouve que Machine qui est méchante mais qui a du talent a aussi de beaux yeux bleus et la mignonne frimousse, il y a de fortes chances que l'on passe sur sa méchanceté pour reconnaître son talent, et même des fois le subir (si si!).

 

3) L'être quelque chose est une opposition. En ce qu'il tend à la transcendance, l'être quelque chose s'oppose aux autres tentatives transcendantales. Ainsi, la Beauté en soi s'oppose à la bête mortalité des étants éphémères, qui s'affirment pourtant comme autant d'en soi transcendantaux ("Je suis bête", "Je suis gong", "Je suis méchant", "Je suis talentueux", "Je suis complexe"). Et nous savons bien que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, que la beauté ne se mange pas en salade, et que tout passe, tout casse, tout lasse. Il n'en reste pas moins qu'il y a la beauté de Greta Garbo. Cependant, est-ce que Greta Garbo est belle pour un Indien d'Amazonie ? De même, Napoléon est-il un tyran ou un libérateur ? Un massacreur ou un bâtisseur ? On voit bien qu'appliquées aux humains, les transcendances de la Beauté et du Bien sont pour le moins problématiques.

 

4) L'affirmation de l'être quelque chose induit la comparaison. L'être quelque chose est un comme si ("Je suis belle comme un rêve de pierre" ; "Je suis bête comme un paquet de nouilles parce qu'il n'y a rien d'intelligent à attendre d'un étant qui n'est que ce qu'il est" ; "Je suis belle parce qu'il y a des laides"). Ainsi, si au pays des aveugles, les borgnes sont rois, c'est que le fait d'être d'une intelligence moyenne est une transcendance plus appréciable que celle qui tend à ne rien comprendre à rien.

 

5) Il n'y a de transcendance positive (le Bien, le Beau, le Vrai) que parce qu'il y a des transcendances négatives (le Mal, le Laid, le Faux). Un monde où tout serait bien, beau et vrai, ne se reconnaîtrait pas lui-même. Aussi ne pouvons-nous être que de mauvaise foi : nous faisons comme si un monde où tout serait bien, beau et vrai, était possible. Nous avons même rêvé à une "Fin de l'Histoire", laquelle a servi de prétexte à bien des saloperies. Je gage, moi, que la transcendance la plus humaine qui soit est celle de la mauvaise foi. En cela, Baudelaire a fait preuve de génie : le vers "Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre" signifie littéralement : la beauté existe en soi parce que les pierres peuvent rêver. Or, les pierres ne peuvent pas rêver (eh non !). C'est égal, nous dit Baudelaire, faisons comme si. Et c'est ainsi que nous faisons, comme si, comme si Dieu existait, comme si Machin avait du talent (mais il est surtout teigneux et comme personne n'ose l'affronter, alors...), comme s'il y avait un sens à tout ça, comme si nous n'étions pas que du comme si, c'est ainsi que nous faisons, à chaque instant, avec une salutaire et inébranlable mauvaise foi.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 août 2013

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 21:19

DU TEKMERION

 

"Le tekmérion est l'indice sûr, le signe nécessaire ou encore "le signe indestructible", celui qui est ce qu'il est et qui ne peut pas être autrement."
(Roland Barthes, L'aventure sémiologique, Seuil, 1985, p.134)

 

Le truc c'est qu'il nous faut du
Tekmérion qui
Est la providence du réel le sans faille
L'indice le bon sang mais c'est bien
Sûr que je vous dise je zieute
Le masque et je saisis qu'il y a visage
Signe le masque signe
Nécessaire A-t-on déjà vu un masque
Ou un linceul se promener sans visage ni corps
Encore que le fantôme d'un linceul est
Le linceul lui-même je suppose
Signe le masque signe
Indestructible sinon
Celui qui est sous le masque il s'effrite aussi
Qui n'a plus rien pour lui masquer le rien, qui
Est donc sans raison qui tombe dans son gouffre
Ce visage qui devient son propre fantôme
Qu'il en cherche son être qu'il en
Est tourmenté comme une âme cachée
Et linceul et ulule et tout seul et lunaire
Qui passe à travers tant de masques et
Ne peut se saisir d'aucun ne
Peut que filer dans l'invisible ne peut
Pas être reconnu tel qu'il est ne peut plus
Être le masque qu'il était cet
Autrement de lui qui était lui tout craché.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 août 2013

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 21:02

J'ETAIS SEUL CAR IL ETAIT DEJA TARD

 

"J'étais seul car il était déjà tard"
(Robert Van Gulik traduit par Dechanet, Guerbet, Simons, L'Enigme du clou chinois, 10/18 n°1723, incipit)

 

J'étais et je suis bien content de pouvoir l'écrire
Seul c'est-à-dire avec moi et je grognais tranquille
Car j'aime à grogner peinard sur le temps qui file
Il fait rien qu'à filer le temps dans la fondue des jours
Etait déjà tard et des visages avaient
Déjà glissé dans la trappe Etait déjà
Tard et je regardais voleter des poèmes chinois.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 août 2013

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 20:52

CAP Français SE CONSTRUIRE
B) Raconter son histoire
Source : CAP Français programme 2010, Foucher, 2010, p.14-15.

 

1) Donner un synonyme de "se remémorer"

 

Doc 1 : "Une photo souvenir"

 

a) Quelle est la nature de ce document ?
b) Qui sont les deux personnages représentés ?
c) Où se trouvent-il ?
d) A votre avis, qu'est-ce que le fait de regarder la mer peut leur rappeler ?

 

Doc 2 : Les citations de Khalid et d'Amin Maalouf.

 

a) A quoi Khalid se compare-t-il ?
b) Pour quelle raison Amin Maalouf n'aime-t-il pas le mot "racine" ?
c) En quoi ces deux témoignages différent-ils ?

 

Doc 3 : Le récit d'Isabel

 

a) Quelle est la nature de ce document ?
b) Qui est Isabel ?
c) Quel souvenir évoque-t-elle ?
d) Est-ce que ce souvenir l'a marquée ?
e) Expliquer la phrase : "Ne pas lui montrer ma peine."
f) Quel "engagement" a-t-elle décidé de prendre, et pourquoi ? (cf la fin du texte)

 

Travail d'Ecriture :

 

Vous raconterez d'abord un souvenir d'enfance. Puis vous direz ce que cette expérience vous a appris.
Consignes :
- utilisez le pronom personnel de la 1ère personne ("je").
- composez des phrases courtes.
- faites en sorte que votre récit soit compréhensible (respectez l'ordre chronologique ; utilisez le français courant).
- vous pouvez introduire du dialogue en n'oubliant pas d'aller à la ligne à chaque prise de parole et en utlisant les tirets.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 août 2013.

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 01:43

IL N'Y A DE MIROIR QUE DANS LE MIROIR
Notes sur les pages 6 et 7 du manuel CAP Français programme 2010, Foucher, 2010

 

1.
Ce document n'est pas une pipe. Il donne cependant quelque chose à voir. Quelque chose avec des yeux qui nous regardent mais ne nous voient pas.

 

2.
Ils sont plusieurs, les portraits, comme les masques et les dieux. J'en profite pour signaler que Dieu existe, puisque nous l'avons inventé. Ensuite que Dieu joue aux dés, ou pas, cela dépend de ce nous inventons et que nous lui donnons : foudre, dés, doigt, oeil, poil, tables de la loi, et zieute le riz, i bouffe le rat.

 

3.
Tout ça pour dire que l'humain est un qui joue aux échecs avec lui-même, et qui le trouve vraiment fortiche, l'autre, vraiment retors malin, vraiment pas prévisible.

 

4.
Cette personne, pourquoi le peintre l'a représentée ainsi ? Mais parce que c'est la même personne. Sinon, il aurait représenté une autre avec. Et la question n'aurait pas de sens.

 

5.
Philippe Caubère est par les masques, et par la parole qui sort de ces masques comme si le passé parlait. Qu'est-ce qu'un masque ? Le surgissement d'un temps indéterminé.

 

6.
Quant à Henri Michaux, il est plein d'hypothèses comme une musique est pleine d'ailleurs.

 

7.
Une lettre de motivation sert à motiver, comme un narrateur sert à narrer, et un politique à mentir.

 

8.
Que fait-il dans sa lettre ? il insiste, il insiste, il insiste, il fait comme nous tous, il insiste jusqu'à ça ou jusqu'à ça ne. Sinon, on peut très bien ne pas insister. Il y a des choses, moi, ça fait longtemps que je n'insiste plus. J'ai compris que. Du coup, j'insiste pas. De toute façon, que j'insiste ou que j'insiste pas, comme je me connais, il vaut mieux que j'insiste pas, que si j'insiste et que ça roule, ça déraillera vite, c'est évident.

 

9.
Le destinataire de la fiche est quelqu'un qui la rangera dans son casier.

 

10.
Il a des difficultés dans un tas de matières celui-là. C'est drôle que l'on doive passer autant de temps à éprouver des difficultés dans des matières qui ne nous intéressent pas, que l'on ne comprend pas, et qui ne nous seront pas utiles, puisqu'on ne les comprend pas.

 

11.
Quelle image voulez-vous qu'elle donne, sa fiche ? Ce n'est pas un miroir, une fiche. Un roman non plus n'est pas un miroir. Ni une lettre. Ni une écriture. Il n'y a de miroir que dans le miroir. Et encore, des fois ils vous anamorphosent aussi bien qu'une lettre stupide écrite à un crétin.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 août 2013

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