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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 01:19

CAP Français
THEME 1 : SE CONSTRUIRE
 

A) Se présenter.
Source : CAP Français programme 2010, Foucher, 2010, p.6-7.

 

Doc 1 : Une image multiple.

 

a) Quelle est la nature de ce document ?
b) Combien dans ce document comptez-vous de portraits ?
c) Pourquoi, à votre avis, le peintre a-t-il représenté ainsi la même personne ?

 

Doc 2 : Deux citations.

 

a) Quel est le métier de Philippe Caubère ? (cf doc a). En quoi son métier peut-il expliquer l'expression "mille figures" ?
b) Quelle est l'hypothèse de Henri Michaux ? (cf doc b).

 

Doc 3 : Extrait d'une lettre de motivation.

 

a) A quoi sert une lettre de motivation ?
b) Sur quoi, dans cet extrait, insiste l'auteur de la lettre ?

 

Doc 4 : Un extrait d'une fiche de présentation.

 

a) Quel est le destinataire de cette fiche ?
b) Quelles sont les matières préférées de cet élève ? Quelles sont les matières où il éprouve des difficultés ?
c) Quelle image cette fiche donne-t-elle de son auteur ?

 

Travail d'écriture (une dizaine de lignes) :

 

Pensez-vous que l'image que nous donnons de nous-même résume l'essentiel de notre personnalité, ou, pensez-vous qu'au contraire, nous parlons et agissons en fonction des circonstances ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 août 2013.

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 16:53

BAC PRO 1ère HISTOIRE
SUJET D'ETUDE 1 : LE MONDE OUVRIER EN FRANCE
 

Situation 2 : Les grèves de 1936, "les accords de Matignon".
Source : Histoire Géographie Education civique, Nathan Technique, collection "Grand Format", 2009, p. 22-23)

 

1) Que s'est-il passé en France en juin 1936 ? Vous préciserez dans votre réponse ce que fut "le Front populaire".

 

Doc 1 et 2 : L'usine, une forteresse ouvrière / A l'intérieur de l'usine...

 

a) Quelle est la nature de ces documents ?

 

b) Que nous apprend la légende du document 1 ?

 

c) En quoi dans ces deux documents le comportement des ouvriers semble-t-il inhabituel ?

 

Doc 2 : A l'intérieur de l'usine...

 

a) Dans le texte de Simone Weil qui accompagne le document 2, quel vous semble être le mot-clé qui résume l'état d'esprit du monde ouvrier pendant les grèves de 1936 ?

 

b) Quel est le champ lexical qui domine ce texte ? (donnez en quelques exemples).

 

Doc 3 : Texte de Georges Navel.

 

a) Quelle est la tonalité de ce texte ?
 

b) Comment comprenez-vous la phrase : "Le monde ne serait pas toujours absurde." ?
 

c) Quel est le temps employé dans la dernière phrase de ce texte ? Que révèle-t-il des idées de l'auteur ?

 

Doc 4 : Le Front populaire : des avancées sociales...

a) Précisez la période couverte par cette chronologie.

b) Quelle est la philosophie qui sous-tend l'ensemble de ces dispositions législatives ?

c) Sous quel nom est généralement connu l'ensemble des dispositions qui en 1936 accordèrent de nouveaux droits aux salariés ?

Synthèse :
En quoi l'ensemble de ces documents nous permet-il de comprendre l'espoir suscité par les grèves de 1936 ?
Vous pouvez commencer votre synthèse par :"Les quatre documents que nous venons d'analyser nous permettent de mieux comprendre ce que fut l'espoir suscité par les grèves de 1936. En effet..."

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 août 2013

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 11:53

NOTES SUR AUTOMNE MALADE D'APOLLINAIRE
Source : Apollinaire, Alcools, Poésie/Gallimard.

 

1.
"Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers"
(Automne malade, vers 1-4)

1a) Dès le premier vers, comment est considéré l'automne ?

 

L'automne, on dirait une personne. Quelqu'un dont on voudrait prendre soin. Parce que "malade", parce qu'"adoré". Drôle d'investissement affectif que de s'éprendre de l'automne. Comme si on pouvait aimer le temps, cet assassin qui passe.

 

Note : je n'aime guère l'expression "investissement affectif". Mais ne soyons pas hypocrite. Cet utilitarisme est à la base de bien des inclinations, des chamades, des amouraches, d'où les déceptions et les faillites.

 

1b) En quoi le rythme du second vers est-il intéressant ?

 

Le vers "Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies" compte quinze syllabes masculines (mise à part la féminine "roseraies"). Il se découpe ainsi :
"Tu mourras / quand l'ouragan / soufflera / dans les roseraies" (3 / 4 / 3 / 5).
Il évoque ainsi le souffle du vent et l'amplification de ses reprises.

 

1c) En quoi la musicalité des quatre premiers vers est-elle intéressante ?

 

Parce qu'elle est la plus ouverte des voyelles, l'assonance "a" semble dominer ("malade" ; "mourras" ; "ouragan" ; "soufflera" ; "aura"). Elle est appuyée par les assonances "o", "ou", "an", "ai/é". La répartition de ces sonorités est soignée :
- "automne malade et adoré" (au / o / a / a / é / a / o / é)
- "tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies"
(ou / a / an / ou / a / an / ou / a / an / é / o / ai)
- "quand il aura neigé / dans les vergers"
(an / au / a / ei / é / an / é / e(r) / é).
L'appui consonnantique est assuré par l'allitération "r", et permet de varier la place de l'accent rythmique de façon à produire des effets sonores expressifs :
- "tu mourras / quand l'ouragan / soufflera" (a / an / an / a)
tout en évitant la monotonie des échos ; ainsi, la suite "ou / a / an" se répète dans le second vers mais les accents rythmiques ne suivent pas cette répartition ternaire :
- "tu mourras quand l'ouragan soufflera dans" ( "ou - a" / "an - ou - a -an" / "ou - a" / "an -...)
Enfin, la rime "neigé / vergers" est remarquable en ce qu'elle évacue soudainement le souffle du vent pour le calme de la neige à venir.

 

2.
"Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs"
(Automne malade, vers 5-7)

 

Que pensez-vous de l'expression "pauvre automne" ?

 

Le narrateur affective la relation entre la conscience et l'automne. C'est là un motif traditionnel du romantisme. Cependant, l'épithète "pauvre" témoigne d'une certaine sobriété. Elle permet aussi d'introduire une opposition entre la pauvreté du sort de l'automne (qui ne peut que mourir et céder la place à l'hiver) et la richesse de ses manifestations (premières neiges, "fruits mûrs").

 

3)
"Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé"
(Automne malade, vers 8-11)

 

Comment se manifeste ici le cadre spatio-temporel de la rêverie poétique ?

 

Le paysage est composé d'un fond de ciel et de la présence  myhologique de nymphes, d'ondines, de nixes, lesquelles, dans le floklore germanique, sont apparentées à des sirènes (cf "les nixes nicettes aux cheveux verts"). Le temps est celui du présent du vol des "éperviers", lesquels semblent constituer une sorte de présence prédatrice, familière, et planant sur l'indifférence (elles "n'ont jamais aimé") des nixes, ce qui est regrettable, d'autant qu'elles sont qualifiées ici de "nicettes", c'est-à-dire de "mignonnes", d'agréables à regarder.

 

4)
"Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé"
(Automne malade, vers 12-13)

 

Quelle est la valeur de la notation "Les cerfs ont bramé" ?

Le brame des cerfs marque la saison de leurs amours. En autonme donc. Le passé composé marque ici que cette saison a commencé. Cette notation fonctionne comme un signal qui ponctue, sans l'interrompre, la rêverie du narrateur.

 

5)
"Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille"
(Automne malade, vers 14-17)

 

A quoi sont comparées les feuilles des arbres ?

Les feuilles des arbres sont comparées à des "larmes". Ce quatrain est composé dans un style néo-classique :
- alternance d'alexandrins et d'octosyllabes
- rimes croisées.
Pas d'énigme ici. Le narrateur exprime simplement la mélancolie que l'on peut éprouver à la vue d'un paysage d'automne, la chute des fruits et des feuilles soulignant l'inéluctabilité du passage du temps.

 

6)
"Les feuilles
Qu'on foule
Un train
Qui roule
La vie
S'écoule"
(Automne malade, vers 18-23)

 

En quoi les six derniers vers sont-ils remarquables ?

Aux alexandrins et octosyllabes des quatres vers précédents succède un rythme binaire marqué par la rime "-oule". La mention du "train" élargit le cadre spatio-temporel romantico-légendaire à une modernité familière. Il s'agit ici de banales notations. En elles-mêmes, elles pourraient passer au mieux pour un haïku, au pire, pour des vers de mirliton. Ce qui les justifie et les rend même remarquables, c'est qu'elles concluent le poème par une accélération du rythme et marquent la fin de la rêverie par un retour à la réalité, à l'évidente présence de ce qui, objectivement, se manifeste à nous.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 août 2013

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 13:12

LE TRAIN PASSE MAIS LA VACHE N'ABOIE PAS
Notes sur le poème Le livre des réclamations, de Henri Michaux.

 

Dans la première strophe, ce sont des gueules, ses phrases, des gueules ouvertes et qui clament, puis qui réclament.

 

Vous me demandez à qui il s'adresse. Pas à ma soeur, c'est sûr. Mais il se pourrait bien tout de même qu'il s'adresse, s'adressât, s'adressi à la grande invisibilité, ou au grand manipulateur de nous autres.

 

A la mère Nature.

 

Il ne compare pas le "vomissement" à un poisson qui vous ressortirait par la bouche. A une corne d'abondance plutôt. Mais que celle-ci vous ressorte par la bouche, il ne le dit pas.

 

Cette phrase, qui commence par "Mais le moment" et finit par "son lent chemin...", s'enfuit dans les sables de la page, disparaît, engloutie dans le blanc      Le présent de vérité générale, c'est le temps dans sa toile ; il nous tombe dessus comme l'araignée dégringole des fois du plafond pour venir nous mordre la plante des pieds.

 

Parfois, il me semble autour de nous, le temps, qu'il est superposé en voiles transparents, en rideaux tombants, translucides, en pans de murs liquides, en miroirs où nul ne se reflète, et d'où la main de la mort surgit soudain, et nous ôte de la vie.

 

Pour ce qui est de la nature de ses enfants, elle est bien curieuse... C'est qu'ils ont de la gueule, du sourire carnassier, de la meute, et du filant ; et puis il y en a, elles ont de longues jambes sautillantes ; et puis, ce ne sont pas les enfants du narrateur, ce sont ceux qu'il a eus de l'ailleurs.

 

En vertu du principe que dog eat dog, les dents se firent boulotter par d'autres dents. Quant à l'herbe, elle laissa longtemps sautiller les jambes.

 

La balle est faite pour tuer comme le désastre tracasse, fracasse, décarcasse, et fait qu'on passe de vie à trépas. C'est écrit dans les mots. Pas étonnant que cela arrive.

 

Ce qui est marrant, c'est tout de même quand le fauve aux yeux blanches et sourd comme un pot s'avance dans la jungle, et que les herbivores aux longs cils se fichent de sa fiole, tandis qu'il a l'air groumpf des êtres que la langue a gorgonglés depuis lurette, et qui cependant persistent, en dépit du gong, à circuler entre les ruines.

 

Les choses étant ce qu'elles sont, le train passe mais la vache n'aboie pas, tandis que les humains sont pleins de sade, et de méchant, et de mort déjà.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 août 2013.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:52

QUESTIONS SUR JE SUIS GONG A MORT ET LIVRE DES

 

I) Questions sur le poème Je suis gong (Henri Michaux, La nuit remue, La bibliothèque Gallimard n°90, p.230)

 

1) Qu'il y a-t-il, selon le narrateur, dans le chant de sa colère ?

 

2) Et qu'il y a-t-il dans cet "oeuf" ?

 

3) Et qu'il y a-t-il dans ce "tout" ?

 

4) A qui s'adresse-t-il dans les vers 4 et 5 ?

 

5) Sur quoi repose l'opposition des vers 6 et 7 ?

 

6) Et sur quoi l'opposition des vers 8 et 9 ?

 

7) Comment, dans les deux derniers vers, le narrateur se caractérise-t-il lui-même ? En quoi les termes utilisés sont-ils surprenants ?

 

II) Questions sur le poème A mort (Henri Michaux, La nuit remue, La bibliothèque Gallimard n°90, p.232)

 

1) Quel est le mot que l'on peut reconnaître dans le nom propre et le néologisme qui constituent le premier vers ?

 

2) Quel est l'intérêt de l'assonance des vers 4 et 7 ?

 

3) De quoi, à votre avis, est-il question dans la première partie de ce texte ?

 

4) Quel est l'intérêt de la répétition de l'emploi du verbe "se détacher" ?

 

5) Quelle est la tonalité des deux derniers vers ?

 

III) Questions sur le poème "Le Livre des réclamations" (Henri Michaux, La nuit remue, La bibliothèque Gallimard n°90, p.117-118)

 

1) Quel type de phrase l'auteur a-t-il employé dans la première strophe ?

 

2) A qui s'adresse-t-il ?

 

3) A quoi compare-t-il le "vomissement" ? En quoi cette comparaison est-elle singulière ?

 

4) Que pensez-vous de la phrase qui commence par "Mais le moment" et se finit par trois points de suspension ? (cf vers 10-11)

 

5) Quel est le type de présent employé au vers 14 ? (cf "Oh non, on ne rit pas...)

 

6) Quelle était la nature des enfants que le narrateur dit avoir eus ? En quoi la formulation de la phrase peut sembler étrange.

 

7) Qu'arriva-t-il aux "loups" ? Qu'arriva-t-il aux "biches" ? En quoi cela peut-il relever du paradoxe ?

 

8) Que fait la chasseur de sa "balle" ? En quoi obéit-elle alors à sa nature ?

 

9) Que font les désastres ? En quoi peut-on dire que ce poème est une réflexion sur la nature des choses ?

 

10) En quoi le passage qui commence par "Avez-vous vu un tigre sourd ?" et finit par "leur demander d'entendre" est-il humoristique ?

 

11) En partant du constat que "Le livre des réclamations" est une réfexion sur la nature des choses, en quoi la dernière strophe est-elle pessimiste ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 août 2013

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 05:32

QUAND IL Y A DU OU ET PIS DU AN
Notes sur le poème A mort, de Henri Michaux.

 

1.
Evidemment, c'est terrible, terrible comme la mort qui, chaque jour, chaque nuit, parcourt le monde et ramasse, ramasse, ramasse.

 

2.
Quand il y a du ou, du ou, et encore du ou, alors on peut y mettre de l'ululant hibou, du "gnou", du "glou", du glouglou, du coucou, et même du grouwouwou, que, moi, ça me fait penser à gros wouwou, et donc à dogue, et puis, bien sûr, au fantôme qui pousse ses "houh ! Wouh ! Houwouwouh !" et puis, ça annonce ici l'assonance "an", celle du "cependant", du "sang", des "sentiments", du temps, et de "septembre", qui vient, qui ne peut faire que venir, à moins qu'on meure avant.

 

3.
S'il n'y avait pas tant de ou et de coups échangés (ah ! ils se décortiquent, ces deux là !), on aurait pu penser à un anniversaire chez Lulu, mais, comme il n'y a pas de gâteau, pas de vin doux, pas de musique d'ambiance, pas de mais si tu sais ce garçon qui portait toujours des pantalons noirs, des chemises noires, des yeux noirs, des cheveux noirs, des oreilles noires, des mains noires, des doigts noirs, des chaussures noires, et qui buvait du café noir dans un appartement tout noir du boulevard Richard Lenoir, eh bien, maintenant, il est tout blanc      comme il n'y a ni gâteau, ni Lulu, ce n'est donc pas son anniversaire, mais un terrible combat, une lutte atroce, un duel à mains nues et à mort.

 

4.
C'est que tout se détache tout le temps, c'est que le temps est un long détachement de nous du reste, de nous des autres, de nous de toute chose, et puis de la chair des os.

 

5.
Il n'y a pas de fanfare. Du coup, on peut entendre le bruit de la pluie, et frissonner le chemin, et l'humain qui ne passe pas avec son chien et ses pensées.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 août 2013

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 04:21

Y EN A QU'ILS SONT GONGS ALORS
Notes sur le poème Je suis gong, de Henri Michaux.

 

Dans l'ire de sa sérénade, au narrateur, il n'y a pas de cuisine aménagée. Pourtant, s'il y en avait une, il pourrait y aller se faire cuire un oeuf, puisque, s'il croit que ça nous intéresse de savoir ce qu'il y a dans la mélopée de son courroux, car il y a que chacun sème ce qu'il veut dans son chant, et puis voilà, et chante ce qu'il aime, ou pas, et puis c'est tout.

 

Que peut-on bien mettre là-dedans ? Un serpent, je suppose. C'est toujours très poétiquement anti-poétique, le serpent. Et puis, c'est biblique, ça fait écho à des tas de choses qui font la croyance des nations et la force des grands meneurs de troupeaux.

 

Par définition, tout est dans tout. On y trouvera donc aussi bien une cuisine aménagée qu'un serpent et son oeuf, et toutes les cuisines aménagées, et tous les serpents, et tous les oeufs que vous aurez l'obligeance d'aller vous faire cuire plutôt que de me tartir de questions.

 

Le narrateur, là, ne s'adresse ni à son beau-frère, ni à l'horloge de sa grand'tante. En conséquence, il ne leur demande pas s'ils désirent qu'on leur préparât un oeuf sur le plat. Et d'ailleurs, le jour où l'horloge de votre grand'tante mangera des oeufs sur le plat, vous me ferez signe, j'aimerais bien voir ça.

 

Ce n'est pas sur l'opposition entre la lame et le manche qu'ils sont basés ces deux vers. On peut même dire que ces deux vers sont sans manche et comme il y manque aussi la lame, vous voyez la conclusion que l'on peut en tirer par les cheveux de la Dame de Parlabas.

 

Quant aux vers suivants, ils ne sont pas basés sur une opposition entre Beatles et Rolling Stones. Ils n'ont pas les cheveux longs et ne chantent pas des choses que l'on ne comprend pas, parce qu'on a toujours été nul en anglais à l'école du temps où on avait encore l'occasion de travailler pour plus tard s'en payer une, de belle cuisine aménagée, et la poupée pour mettre dedans.

 

Il dit le narrateur comme ça qu'il est "gong". Ce sont des choses qui arrivent quand on se met à raisonner tout le temps, qu'on en devient très sonore dedans sa tête, que ça fait comme un bruit de grelot pour les autres, et un beau et profond son de gong pour soi. Le truc, c'est d'être certain d'être ce qu'on est et ne pas se mettre à sonner toutes les heures en mangeant des oeufs sur le plat préparés par le fantôme de sa grand' tante.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 août 2013

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 03:13

CATAFALQUESTIONNAIRE
Questions sur le poème Catafalques de Henri Michaux (cf "Mes propriétés" in La nuit remue, La Biblibliothèque Gallimard n°90, p.206).

 

1) En quoi sont-ils faits les "petits animaux" du poème Catafalques ?

 

2) Que se passe-t-il si jamais, par inadvertance, on leur marche dessus et qu'on leur broie un os situé "presque au tiers de l'échine" ?

 

3) Quelle est la caractéristique de la phrase qui commence le second paragraphe de ce poème ?

 

4) L'animal qui occupe le second paragraphe a des sabots, puis en plus, il rue. A quoi cela vous fait-il penser ?

 

5) Comment le poète qualifie-t-il le pas de cet animal ?

 

6) Qu'est-ce donc qui, selon le narrateur, attendrit tant quand on les voit le "père catafalque, et les enfants catafalque" ?

 

Réponses :

 

1) Ils ne sont pas de bois. Ce ne sont pourtant pas des humains qui disent Je ne suis pas de bois. Ils ne sont pas non plus en plomb. Ce ne sont donc pas de petits soldats de plomb que l'enfant sage des images réunit en bataillons cependant que sa soeur joue avec sa poupée vaudou, que maman s'est enfermée avec l'employé du gaz, et que papa est au bistrot.

 

2) Ils ne font ni coin-coin, ni pouet-pouet. Par contre, ils ne sont pas beau à voir, tout marmeladés pour amateurs de tartines au zanimo.

 

3) En tout cas, il n'y a pas de jambon dedans.

 

4) S'il avait les pieds palmés, on pourrait penser à un canard. Pourquoi un canard ? Parce qu'il y a dans le quoi-quoink-quoink-quoink du canard une indécrottable ironie qui me rappelle que l'on n'a pas besoin d'avoir des motifs pour se moquer du monde. Le seul fait de savoir que l'on peut mourir n'importe quand n'importe où devant n'importe qui en faisant n'importe quoi suffit.

 

5) En tous cas, ce n'est pas le pas de l'oie puisqu'il ne s'agit pas d'un canard.

 

6) Je sais pas, l'air qu'ils ont d'être tous plus catafalque les uns que les autres. Ah tiens, examinez voir la structure de la phrase précédente : n'est-ce pas, quand on y pense, que c'est bête, cette structure - tous plus ceci cela les uns que les autres, ou l'un que l'autre, ou je sais pas si j'ai écrit correctement, à mon avis, je casse du français là, j'idiote ma langue, j'absurde d'la signifiance. Ah bah...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 août 2013

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:28

CHOSES, AUTRES, ET LOUISE RENNISON

 

1.
Red Sonja. La case prend la page. On y voit une jeune femme aux cheveux clairs (le dessin est en noir et blanc) chevauchant une licorne. On dirait bien qu'elle entre ainsi dans quelque château d'un moyen-âge de fantaisie. Elle est gantée et semble guerrière, genre amazone superbe. Elle regarde devant elle. En bas de page : "Story : ROY THOMAS - Art : ESTEBAN MAROTO, NEAL ADAMS, and ERNIE CHUA". Un exemple de l'art des Comics américains.

 

Source : Phénix, n°45, juin 1976, p.32.

 

2.
Drôle de bouquin : "Bouquet final en forme d'hilaritude" sous-titré "Le Journal intime de Georgia Nicolson". L'auteur est une certaine Louise Rennison. C'est une Anglaise traduite par Catherine Gibert. C'est la collection Scripto, de Gallimard, qui a publié ça en 2010. C'est de la littérature pour adolescents, pour jeunes filles et garçons rêveurs. Le curieux, c'est le style. Partout de la trouvaille. Je cite au hasard :
 

- "Je reconnais le chou de la chose et ainsi de suite." (p.145)
- "Tutta seulabre dans mon coin pour cause de potesses parties giguer le slow version encollée avec gus de compagnie, ..." (p.111)
- "Détiens-je ?
    Vérif en miroir."
(p.196 [Là, on frôle la poésie contemporaine, non ? Note de moi-même])
- "Mutti en vocifération :
    - Georgia c'est pour toi." (p.77)
- "La dirlo en réponse à ma frappe de lourde  :
    - Entrez.
    Oh, Notre Seigneur." (p.167).

 

Des fois, c'est maladroit, c'est lourd (p.196 "taux de beautitude hors norme" ; et pourquoi répéter tous ces mots allemands : "und", "Mutti", "Vati" et même p.270 : "Aboule le bécot et possiblement le rummachen unterhalb der taille." [oh!] ?)
Apparemment, Louise Rennison a sur la toile des qui la citent de fans.
Si vous aimez la littérature, pas pour vous ce bouquin.
Si vous aimez la littérature, je vous le conseille, ce bouquin. Il est marrant. Moi évidemment, j'apprécie, même si, comme d'habitude, je le lis façon puzzle, picore, confettis. J'apprécie, mais j'ai mauvais goût. Je revendique.

 

3.
Entendu sur France Culture dans une émission sur Albert Einstein que parmi les perles récentes - et en général plus ou moins authentiques - des concours, on trouva :
"Albert Einstein est un physicien célèbre pour tirer la langue." Ou quelque chose comme. Rit-on ? On a tort. C'est très juste, qui souligne à quel point, Einstein n'est pour nous qu'un nom, qu'une image, et que nous serions bien en peine, pour la plupart d'entre nous en tout cas, d'expliquer en quoi consiste son génie.

 

4.
Entendu aussi une dame évoquer avec admiration le fait que la pratique d'un instrument serait beaucoup plus présente dans l'enseignement allemand que dans le nôtre. Ô nous barbares ! et c'est sans doute pour cela qu'elle est si mauvaise, leur musique.

 

5.
"L'hyperbole consiste à exagérer : soit en augmentation (auxèse : aller plus vite que le vent), soit en diminution (tapinose : plus lentement qu'une tortue)."
(Roland Barthes : L'Aventure sémiologique, Seuil, 1985, p.159).

 

a) Auxèse et Tapinose feraient deux façons de Bouvard et Pécuchet : l'un exagérant tout, et l'autre minorant.

 

b) Le lyrisme, de l'auxèse, il en use et abuse :

 

"Tu ne me veux pas en rêve,
Tu m'auras en cauchemar !"
(Tristan Corbière, Elizir d'amor)

 

Alors que bon, la plupart du temps, les autres ne sont ni "rêves", ni "cauchemars". Ce sont des contingences, des prétextes affectifs, des façons de passer le temps, des repères, des impératifs, des nécessités, des utilités. Remarquez qu'il y a tout de même les faits divers, ces moments où l'autre, soudain, incarne le cauchemar (tueur en série, assassin sans scrupules, chauffard, délinquant sexuel, tyran domestique...).

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 août 2013 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 05:27

DRAGON
 

Sous le titre Dragon, Jihache Dulaurens m'a fait parvenir de son ailleurs mélancolique, intense, nerveux, ce poème en prose qui a des airs de conte.

 

Je te vois belle et resplendissante.
Triste et joyeuse à la fois.
Comme une reine inaccessible dans sa tour de nacre.
Entourée d'un mur de feu avec comme gardien les dragons de la folie (1).
Je me vois juste armé de mes mots, traçant dans le ciel des nuages en tempête qui étoufferaient de leurs larmes ce mur de feu.
Les dragons se jetteraient sur moi pour me déchiqueter.
D'un trait je me tracerais un bouclier et un hautbois (2). Et mon crayon se mettrait à grandir en forme de lance pour les occire un à un.
Seul le dernier, l'antédiluvien, ne passerait pas par son sang de vie à trépas.
Il s'agenouillerait devant moi et m'inviterait alors à monter sur son dos pour venir te cueillir (3).

 

Et là, contre le sens de ce conte auquel je ne crois nullement, - un contrecontesens, ce conte donc - et là, je te sortirais de ta tour.
La queue du dragon feroit toboggan que - zou ! - on se poserait sur une plaine verte et brillante, couverte de mille fleurs toutes plus colorées les unes que les autres.
Là, selon des anciens rites, je m'ouvrirais le cœur, le tendrais au dragon qui d'un seul coup l'avalerait. Glop ferait le dragon. Ou gloup, je ne sais pas (4).
Le temps se mettrait à tourbillonner, tourbillonner, billonner, yonner, yonner (5) et tu retournerais à l'âge de ta naissance (6).

 

Tu ressortirais du ventre de ta mère en ayant oublié.
Tu aurais juste un grain de beauté au sein gauche.
Brûlure de cet ancien dragon et de mon vieux cœur.
Sorte de talisman à fleur de peau qui te protégerait toute ta vie, celle qui te ménera de long en large de ce monde, du début à la fin des temps, lesquels reviennent tout le temps, les insatiables, comme s'ils ne l'avaient jamais, leur compte d'humain.

 

NOTES :

 

(1) On les reconnaît à l'entonnoir qu'ils trimbalent sur leur tête.
(2) J'aime le son du hautbois ; celui du basson aussi.
(3) Pensez bien que quand on en est arrivé au niveau où je, on jacte le dragon aussi bien que le jaguar et le tamanoir, et qu'on pourrait même jabberwocker avec Lewis Carroll himself.
(4) La querelle entre glopistes et gloupistes est bien connue, je pense. Quant à mon coeur, il est essentiellement conditionnel. Aussi j'en fais ce que je veux ; ça ne m'empêche pas de dormir.
(5) Etant de la génération Pink Floyd et de ah quel génie Hendrix tout de même, j'avoue un goût pour l'écho, que vous pouvez désavouer, que de toute façon je men fous.
(6) C'est quand même un peu dégoûtant. Et il faudra la changer, et puis tout le toutim-ouinouin ensuite, popo, pipi, caca, tu parles d'un conte de fées...

 

Dulaurens Jihache / Patrice Houzeau
Ailleurs, chaispasquand
Hondeghem, le 13 août 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
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