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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 18:53

SI JE SUIS C'EST QU'J'Y PENSE SINON N'EST-CE-PAS

 

1.
Les gens, des manifestations de l'angle, et puis parfois des angles morts, ou des angles fantômes, flottants au hasard de l'oeil dans tous les pointillés de notre géométrie.

 

2.
Il faut couper l'eau pure de la raison avec le vin du doute, qu'il dit le philosophe en s'en resservant un autre. Du reste, à la fin de la soirée, il était tout à fait dubitatif, sceptique profond, jusqu'à douter même de son nom.

 

3.
Possible épitaphe : Si je suis là, c'est que je n'y suis plus.

 

4.
"L'intensité de ce qui luit
masque la profondeur des gouffres."
(Anne Vocanson, Entrez en nos villes mortes, Les Ecrits du Nord / Editions Henry, 2013, p.35)

 

Et du coup, poum, on tombe dedans.
C'est que ça gouffre profond, l'humain, avec de l'intense, du bien luisant, pas toujours reluisant, enfin, ça en jette quoi, ça éclabousse, ça gerbe. Mais des fois quand même ça fait que gouffrer, l'humain, tout seul peut-être mais peinard, comme i dit, le poète au singe.

 

5.
Je tire de la consultation de Balades en jazz, de Alain Gerber (folio n°4504) l'idée qu'être dans le secret des dieux, c'est l'être plus que les dieux eux-mêmes (cf p.117). Être dans le secret, c'est être dans plus que le secret, c'est être dans cette perception énigmatique du réel, cette perception nécessairement singulière, cette divination intuitive qui se manifeste dans l'expression d'un visage, une façon d'être, une manière de parler.

 

6.
"marcher derrière le bruit de ses pas" (Alain Gerber, Balades en jazz) : expression qui donne à songer (avec le bonjour, c'est bien la dernière chose que, dans ce monde mercantile, l'on puisse encore donner). C'est ce que l'on appelle, je crois, être décalé. Gag : Il marchait derrière le bruit de ses pas qui continuèrent tout droit cependant qu'il tournait à gauche (ou à droite). Ou encore : il était tellement pressé qu'il dépassa rapidement le bruit de ses pas. On ne l'entendit pas arriver.

 

7.
Toujours dans le même Balades en jazz du même Alain Gerber (il n'y a pas de raison pour que cela soit quelqu'un d'autre) - une épatante collection d'inventivités expressives, ce Balades en jazz, ce bout de phrase : "buveur de brouillard à ses moments perdus". Ah boire du brouillard dans le bol fêlé des villes, et puis s'en aller, tout brumeux, et la pipe à la lippe, vers son destin fumeux.

 

8.
Celui-là, il se creusa tellement la cervelle qu'il se fit gouffre, puis trou noir.

 

9.
Alors les humains se jetèrent sur les dieux, les mirent en pièces et, avec les morceaux, n'en firent plus qu'un.

 

10.
Il est amusant de constater que ce que l'on juge excessif dans mon écriture, c'est de faire bref.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 juillet 2013

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 09:58

SUR LE PAPIER

 

1.
Sur le papier, elle complote, la fiction, contre le réel. Méticuleusement, minutieusement, politiquement. Et on voudrait qu'on y croie. Et on nous assure que tout ça est réel. On nous incite même à tourner la page, à aller jusqu'au bout de l'Histoire, où, dit-on, les méchants seront punis et les gentils récompensés. Mais ne voyez-vous pas que l'auteur se moque de nous, nous roule dans l'encre, nous poulpe à la rouille, nous achève pour nous ranger dans la bibliothèque infinie de ses oeuvres complètes.

 

2.
A parole obscure, silence opaque. Quant au silence obtus, il vous angle, obstinément.

 

3.
Des fois, je bats la campagne comme oeufs en neige. Ce qui commence par me les casser.

 

4.
Le rien, c'est du parfois qui se répète, se répète, se répète et tend au permanent. C'est du petit qui finit par devenir grand, très grand, absolu.

 

5.
Ouvrez l'oeil : tout est plein de petits plis. Le son de l'univers, un froissement, çui d'la boulette de Dieu que son secrétaire à cornes envoie au panier, hop !

 

6.
On ne peut se dissoudre dans l'absolution ; on ne peut que se casser du sucre.

 

7.
La nuit, nos ombres, nous les rangeons, dans nos lits.

 

8.
Et si c'étaient les livres qui nous lisaient ? Les chiffres qui nous déchiffraient ? Et si nos ombres nous manipulaient ?

 

9.
Je ne pisse pas dans les violons. J'ai trop le respect. Je préfère prêcher dans le désert. C'est plus propre. Et plus discret.

 

10.
Je suis possédé par un grand Kéjnéàfoutre qui, à chaque fois quasi, que j'ouvre un livre, s'agite et je dois lutter avec mes mains pour ne pas le jeter à la tête du rien, ce livre, je dois lutter, vous dis-je, et les occuper, mes mains, je les plonge alors dans le vif du sujet, j'en extirpe des citations, des bouts de, des noeuds de syllabes que je lance en direction de mon grand Kéjnéàfoutre dont la gueule s'ouvre alors et qu'il engloutit, avec une visible satisfaction.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 juillet 2013

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 23:56

BREFS ET TCHAQUES

 

Certains de ces brefs, lecteur, hypocrite et pis mon semblable, et aussi mon frère (tant qu'on y est) ont été inspirés par des formules tirées du volume "La nuit remue" (La bibliothèque Gallimard n°90, de Henri Michaux) : cf donc les textes : "Nous Autres" ; "Le Livre des réclamations" ; "Persécution" ; "Bétonné"; "Colère".

 

"et quand c'est moi le bateau, vous pouvez m'en croire, je fais eau de toutes parts"
(Henri Michaux, Encore des changements)

 

1.
Pis au désert, qu'on pleure ses vaches fantômes.

 

2.
Le froid qu'on a, parfois, en plein été, dans l'âme.

 

3.
L'avantage du fantôme, c'est qu'il glisse à travers ; il passe par les gens comme on passe par une rue pour se rendre d'une pyramide à une autre.

 

4.
A force de voir grand, voilà qu'on rapetisse.

 

5.
Parier sur Dieu, c'est parier sur un cheval mort. Ou sur une course courue d'avance. Et je ne vous décline pas le pedigree de ses bookmakers.

 

6.
J'aurais aimé avoir une compagne bretonne. On m'aurait donc appelé le rétif de la bretonne.

 

7.
Celui-là, il était tellement ivre mort qu'il n'a jamais pu retrouver sa tombe.

 

8.
Le français dit "se mettre en boule" pour signifier que l'on se met en colère. Henri Michaux dans "Colère" affirme que c'est "la colère [qui] se met en boule". A colère noire, boule noire. Et c'est comme ça qu'on se retrouve blackboulé.

 

9.
Il faut faire bref. Bref comme coup de hache. Bref comme flèche fichée. Bref comme le regard de l'amie qui se détourne.

 

10.
J'ai un chien cynique : il attaque les faibles et fuit les puissants. Tout le portrait de son maître.

 

11.
Avec une cruelle mauvaise foi, il m'arrive de penser que de même que dans certains pays on coupe la main des voleurs, on devrait couper la langue à Tchak

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 juillet 2013

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 17:16

CAHUZAC C'EST RIGOLO

 

Un mot sur l'affaire Cahuzac, c'est rigolo. Juillet 2013 : commission parlementaire pour examiner le quoi du qu'est-ce dans c't'affaire. Evocation d'une réunion en janvier 2013 au plus haut sommet pour dire quoi ? Je sais pas (d'ailleurs je m'en fiche). Le truc curieux c'est que Cahuzac prétend ne pas s'en souvenir de cette réunion (ah tiens...) : c'est bien son droit. D'ailleurs, je suis certain que Cahuzac ne se souvient déjà plus d'avoir été euh... disons "indélicat", et que bientôt, si ça continue, il criera à l'injustice (c'est une sorte de syndrome Tapie, voyez). Mais le plus épatant, c'est que l'affaire prend eau de boudin de partout. Visez la manoeuvre, c'est du grand art façon Sciences Po : Devant la soudaine défaillance de la mémoire de Cahuzac, les commissionnés UMP demandent l'audition du premier ministre (Jean-Marc A.). Comme il se doit, les commissionnés parlementaires PS refusent. Du coup, les commissionnés parlementaires UMP déclarent ne plus vouloir siéger à c'te commission là pouah pas bo. Opération gagnant-gagnant, comme dirait Ségolène Royal. Les commissionnés UMP jouent les vierges effarouchées et les chevaliers blancs de l'opposition tandis que les commissionnés PS montrent que l'exécutif ne se laissera pas intimider (non mais et alors !). C'est très bien, car vu qu'on arrive au mois d'août, faut arrêter de rigoler maintenant, voilà les congés. Circulez, allons, Messieurs-Dames, puisqu'on vous le dit. Pendant ce temps-là, le chômage grimpe, la Chine chine et le Japon yoyote.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 juillet 2013

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 09:16

DEJA HIER
(Notes sur Abîmes,de Pascal Quignard, folio n°4138)

 

"- ou le soleil qui revient dans la pluie finissante."
(Pascal Quignard, Abîmes, Chapitre XXX)

 

1.
L'être, c'est d'la mort puisque c'est du vif, c'est du vif en sursis, et c'est ce sursis qui fait l'être comme l'habit ne fait pas le moine, ni la peinture la pipe.

 

2.
L'être c'est d'l'avale-vif ; il bouffe les éphémères [Quignard, Abîmes, folio 4138, p.111] appelés ainsi parce que rien ne dure même pas la durée qui n'a de sens que parce qu'on en cause. Imaginons une planète lointaine dont les habitants jugeraient  que plus est grande la distance entre deux événements (pour nous simultanés), plus est éloigné le temps qui sépare ces deux événements ; s'ils songent à nous, ils doivent en conclure que nous sommes nécessairement inaccessibles puisque démesurément éloignés dans l'espace-temps. Ce que nous jugeons simultané tend pour eux à l'infini.

 

3.
C'est qu'on est du trop tard et puis de l'après coup. [Quignard, Abîmes, p.129]). Ce qui fonde nos regrets et nos nostalgies.

 

4.
Nous filons vite vite et puis c'est déjà hier. [Quignard, Abîmes, p.135]).

 

5.
"Il faut parler avec son regard" écrit Quignard (cf Abîmes, p.106). Quelle langue donc ? Une langue oculaire ? une langue presbyte ? Une langue miro comme une taupe ? Les battements de paupières alors, des signes de ponctuation ? Jeter un coup d'oeil, c'est du vite dit. Faire un clin d'oeil, c'est faire une allusion. Et comment donne-t-on sa parole ? Par un regard appuyé. Les aveugles n'auraient-il rien à dire ?

 

6.
Ce qui existe est ce qui n'est plus. Ce qui existe, c'est le déjà. [Quignard, Abîmes, p.161, ce qu'il écrit du temps et du passé] cf aussi cette phrase tirée de Le Signe du Lion,de Rohmer : "Evidemment qu'elle existe, puisqu'elle est morte."

 

7.
Le n'être plus est une modalité de l'être qui confère de l'existence à l'être mort. Dieu existe, puisqu'il est mort. La langue parle de ce qui n'est plus comme de ce qui n'est pas encore. Dieu est un n'être plus qui n'en finit pas de n'être pas encore.

 

8.
Ce qui jaillit surprend. C'est l'impensé qui passe. [Quignard, Abîmes, p.175].

 

9.
Nous écrivons l'histoire des dieux dans une langue qui n'est pas la leur.

 

10.
On séduit en jactant. Pour éjaculer qu'on jacte. Pour répandre du déjà.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 juillet 2013

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 00:30

QUI DESCEND DU SOLEIL A LA TÊTE BRÛLEE

 

1.
"La reine touche presque à son terme fatal."
(Racine, Phèdre, I, 2, vers 144 [Oenone])

 

La reine, je le vois bien, la
Reine, elle décline, la reine, qu'elle est toute verte,
Touche à l'autre bord déjà de ses longues mains
Presque ban de feuilles mortes tant sont sèches
A l'autre néant qu'elle part flottante déjà
Son regard surtout, il est plus vif du tout, son regard, à
Terme qu'elle arrive la vioque à couronne dans le
Fatal et le royaume des ombres je la sens déjà.

 

Note : élégance racinienne, tout dans la simplicité et l'intelligence du rythme :  "La rei- / ne tou- / che pres- / que à son ter- / me fatal". Dans le premier hémistiche, les accents sont d'autant plus nets que la césure est faiblement marquée. La suite de "e" induite par le rythme binaire semble mimer quelque spirale, quelque invisible tourbillon qui emporte la reine vers sa mort (cf la périphrase "terme fatal").

 

2.
"J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime"
(Racine, Phèdre, II, 5, vers 673 [Phèdre])

 

J'aime tout un tas de choses que je
Ne sais ce que qu'elles valent en fait je
Pense qu'elle ne valent pas grand chose bah
Pas grave tu sais les choses
Qu'au passe-not'-temps qu'elles servent Un
Moment ça et puis autre chose l'important est
Que moi, je tienne à toi et que toi, tu tiennes à moi
Je sais bien que ça a l'air sot je
T'aime tu m'aimes et puis le trou.

 

Note : Y a pas à dire, ce vers, il épate par son écho. La suite n'est pas mal non plus qui rappelle "l'innocence" en soi du sentiment amoureux et la distance critique qui constitue la qualité de notre jugement :
"J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même"
(Racine, Phèdre, II, 5, vers 673-74 [Phèdre à Hippolyte])

 

3.
"Comme on voit tous ses voeux l'un l'autre se détruire !"
(Racine, Phèdre, I, 3, vers 162 [Oenone])

 

Nos désirs sont des chiens féroces qui s'dévorent. Et puis après c'est nous qu'ils bouffent, jusqu'à l'os.

 

Comme nos désirs
On les voit s'entremêler comme on les
Voit s'entredéchirer
Tous nos désirs là qui font noeud de nous
Ses désirs chimères, chimères chiennes, ses
Voeux, comme i s'font féroces ses voeux
L'un saute à la gorge
L'autre prend la tête puis tous
Se dévorent jusqu'à ce qu'ils en viennent à nous
Détruire engloutir réduire à qu'os.

 

4.
"Il suffit : je la laisse en ces lieux,
Et ne lui montre point un visage odieux."
(Racine, Phèdre, I,2, vers 151-52 [Hippolyte])

 

Ah basta ! j'm'en vais vu qu'elle peut plus me voir.

 

Note : Remarquez, des fois vaut mieux et tant pis si on a l'impression de passer sa vie à revoir des femmes qui soudain laissent tomber leur soupière en s'écriant : "Ciel ! Quelle horreur !".

 

5.
J'apprends par Télé Melody et Frédéric Zeitoun que Keith Richards, au départ, pour Satisfaction, il voulait une intro à la trompette, et s'il les a joués, ses fameux fabuleux fantastiques riffs ravageurs d'électrique guitare, c'est juste pour en faire la maquette au dynamitant Satisfaction.

 

6.
"Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur !"
(Racine, Phèdre, II, 6, vers 716 [Théramène])

 

Vous v'la tout planté là, désabré, décoloré
Qu'on dirait une blonde, une bimbo, l'Hippolyte !

 

Note : C'est que dans la scène précédente, Hippolyte a appris de la bouche même de Phèdre, qu'elle en pinçait pour cézigue, la Phèdre, que lui, c'est quand même son beau-fils et qu'il en aime une autre, et qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

 

7.
"Le roi, qu'on a cru mort, va paraître à vos yeux"
(Racine, Phèdre, III, 3, vers 827 [Oenone à Phèdre])

 

The King, My Lady, is not dead. What a surprise.

 

Note : A dire comme on peut. Après tout, nous ne sommes que français. Le roi, c'est Thésée, et voilà qu'il sort des Enfers pour la ramener, sa grande ombre dans le plat.

 

8.
"Phèdre :
J'ai suivi tes conseils, je meurs déshonorée.

 

Oenone :
Vous mourez ?"

 

Phèdre :
                            Juste ciel ! qu'ai-je fait aujourd'hui !
Mon époux va paraître, et son fils avec lui !"
(Racine, Phèdre, III, 3, vers 838-40])

 

Phèdre :
Dis donc toi tu me tues de tes dits que t'es conne !

 

Oenone :
Je vous tue ?

 

Phèdre :
                         Foutre oui ! J'ai rien fait aujourd'hui
V'là le Roi qui revient, Hippolyte avec lui !
Et j'ai ni steak ni frites ni vin ni laitue
A leur offrir vont pas être contents les hommes !

 

Note : Ah Phèdre alors Phèdre une sacrée celle-là, qui descend du Soleil, a la tête brûlée.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 juillet 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FIGURES DE PHEDRE
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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 13:54

DEUX VACHERIES EN ECOUTANT LA RADIO

 

1.
Qu'est-ce qu'un politique ? Un ex-premier de la classe qui n'a pas renoncé à briller auprès de son Maître.

 

2.
Entendu sur France Culture (radio formidable quand elle au service des oeuvres, et méprisable quand elle donne la parole aux notables de la culture ou à leurs mignons, ou mignonnes) un de ces notables (je suppose) dont le nom n'a  atteint ni mon oreille gauche ni mon oreille droite, apparemment un qui fait dans le festivisme urbain et bruyant et coûteux si vanté et si grotesque qui fleurit partout de nos jours (à moins que ce fût dans le sociologisme socialisant)  : "Moi, si j'habitais la campagne, j'aurais vite l'impression de devenir abruti."
Ah oui... et vous avez déjà essayé de louer un cerveau ? Et puisque vous habitez Paris, ça doit pouvoir se trouver ça, un cerveau, à Paris... 

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 juillet 2013

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 11:04

AMUSETTES PARAPHRASTIQUES

 

Exercice à faire avec une classe de bonne composition. D'un côté, dix paraphrases (ou amusettes paraphrastiques) ; de l'autre, les vers originaux (tirés en l'occurence du recueil Les Fleurs du mal de Baudelaire). L'exercice consiste à relier chaque paraphrase à sa source.

 

Objectifs.
L'exercice vise à investir les champs suivants :
- la gymnastique mentale, qui permet de délier la raison et de favoriser les connections neuronales.
- les notions de paraphrase, champ lexical, synonymie, niveaux de langue, parodie, et toutes ces sortes...
- un peu de Baudelaire, même à dose homéopathique ne saurait faire de mal.
- la désacrisalisation de la littérature, laquelle est si formidable quand elle n'est prise que pour ce qu'elle est, une élégance de l'esprit, et si détestable quand elle prétend nous faire la morale.

 

I) Liste des paraphrases

 

1.
Ce moite bleu... coussin... la lune en son farniente.

 

2.
L'Asie qui s'extasie et l'Afrique qui crame.

 

3.
T'as l'oeil conteur et clair, qu'on le ferait tinter.

 

4.
Tu me plais qu'on dirait qu't'es la nuit elle-même.

 

5.
Avec passion je m'saoule aux parfums mélangés.

 

6.
Un pauvre diable frappé d'vaudou
Pis qui lit rien que Mickey Coin-coin.

 

7.
Les forêts, parfois, elles ont l'air de ces églises d'où sort le diable.

 

8.
Hop ! vous v'là fanfare et pimpante et toute gaite !

 

9.
Sûr que couic n'est sûr, rien qui vaille !

 

10.
La mirette émiettée et plein d'brume à fantômes.

 

II) Liste des vers sources empruntés à Baudelaire

 

a.
"Que rien ici-bas n'est certain"
(Confession)

 

b.
"Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles"
(L'Irrémédiable)

 

c.
"La langoureuse Asie et la brûlante Afrique"
(La Chevelure)

 

d.
"Je m'enivre ardemment des senteurs confondues"
(La Chevelure)

 

e.
"Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales"
(Obsession)

 

f.
"Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal"
(Sonnet d'automne)

 

g.
"De vous, claire et joyeuse ainsi qu'une fanfare"
(Confession)

 

h.
"Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes"
(La Muse malade)

 

i.
"Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse"
(Tristesses de la lune)

 

j.
"Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne"
(XXIV)

 

Remarque : Je ne vous donne pas les solutions. C'est un jeu très facile.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 juillet 2013 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 22:03

DU QUASI TOUT ET DU DEJA
(En feuilletant le hors-série que l'Histoire et Marianne consacrent au Corto Maltese de Hugo Pratt, juillet 2013).

 

1.
p.48 : Corto et son interlocutrice ont tous deux les yeux baissés. Son interlocutrice s'appelle Banshee. Et Corto lui demande de confirmer que ce nom de Banshee renvoie au malheur, au porte-poisse. C'est que les  banshees "sont des sorcières de mauvais augure" répond la fille en vert. Il y a du vent. Des feuilles mortes y filent. Les vivants y filent aussi, peu à peu éparpillés, lentement dissous dans l'air. Corto et sa Banshee aussi.

 

2.
p.62 : Pleine page. Très peu de lignes. Paysage de neige. Quelques cavaliers lointains. Abstraction. Il s'agit sans doute de la Russie de 1917, au moment où "le baron Ungern-Sternberg écume la région à la tête de sa "Division sauvage" (p.63) mais la pleine page ne le précise pas. Cavaliers stylisés parcourant la ligne claire, occupant un espace perdu, un empire du blanc, se frottant à la mort jusqu'à s'y fondre.

 

3.
"Bizarre... On dirait des caractères runiques..."
(p.77 [Corto])

 

  Bizarre... bin oui, c'est dans le bizarre qu'il oeuvre Corto.
  On voit qu'il soliloque dans sa tête aux petites bulles blanches qui s'échappent du phylactère il soliloque et il dit que c'est bizarre, il regarde une tête de lion, une statue sous le croissant de lune On
  Dirait que ce sont des flammes couchées lissées qui tissent la crinière du lion il a les yeux baissés le flamboyant comme si lui aussi il soliloquait en dedans de lui-même peut-être que l'être se tient dans ce monologue intérieur, peut-être que le monologue intérieur est la façon dont l'étant, qui est parfois si bruyant, manifeste son être.
  Des signes qu'il a sur son épaule le lion, des gravés que c'est ça, ces signes, qui l'épatent, le marin, des signes bizarres des
  Caractères runiques que ça lui semble à Corto (il a beaucoup lu, comme Hugo Pratt dit-on, aussi qu'il avait une bibliothèque incroyable dit-on, aussi que ce fut l'un des plus documentés parmi les dessinateurs de bandes dessinées dit-on, aussi qu'il fut un grand voyageur dit-on)
  Runiques les caractères, c'est saxon non ça les caractères runiques, ou viking peut-être je vas vérifier, attendez un instant... bon, Wikipédia i dit comme ça que le runique ça servait aux Anglo-Saxons à écrire le "vieil anglais" et aux Scandinaves le "vieux norrois" tout ça ne nous dit pas ce que font ces caractères runiques gravés sur l'épaule d'un lion de Venise que ça fait penser à une histoire à la Borges que j'en ai comme l'écho d'un Saxon tout armé peau de bête sombre et grounch grommelant des runes en méditant sur le quasi tout et le déjà ça.

 

4.
"Es-tu la Rose alchimique ?
- Oui, tu me cherchais ?"
(p.101 [Corto / La Rose])

 

  Es-tu ceci cela cela ceci ? Es-
  Tu ? Quand on s'interroge, c'est sur l'être que voyez moi au départ de ce texte je me demandais dois-je écrire "es-tu ce que nous rêvons ?" ou "es-tu ce dont nous rêvons ?" que je m'en pose voyez des questions sur l'être de
  La langue ou de la
  Rose celle qu'on dit
  Alchimique je sais pas ce que ça veut dire que la rose est le symbole d'un savoir occulte donc que c'est joli la rose pis épineux pis éphémère
  Es-tu ce que nous rêvons ?
  Es-tu ce dont nous rêvons l'être ?
  Oui qu'elle répond la Rose car dans les aventures de Corto Maltese ça prosopope parfois que dans les rêves en fait on ne les entend pas parler, les objets ; en tout cas moi j'ai pas souvenance d'en avoir rêvés, des objets jacteurs, que c'est propre à ce rêve éveillé que l'on appelle la fiction de les faire se mettre à table, les objets
  Tu causes tu causes c'est tout ce que tu qu'elle
  Me dit peut-être la Rose
  Tu causes tu causes et pis des catastrophes qu'elle
  Me dit peut-être la Rose que je regarde dans la case de papier où Corto Maltese demande
  "-Es-tu la Rose alchimique ?
  - Oui, tu me cherchais ?" qu'elle répond la Rose
  Tu me cherchais comme si elle ne connaissait pas, déjà, la réponse.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 juillet 2013

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 14:40

LES ROGES
Un poème by Elige Antoine

 

Les roges dit-il car il a un défaut de prononciation
Il est comme ça, Roger, il s'approprie les belles choges
Il n'a que ce mot à la bouche
Roges par ci
Roges par là
Il en fait des poégies
Mais sa nouvelle marotte nous cauje du souci
C'est qu'elles sont épineuges, griffues, mordreuges
Des diablesses en pétales de velours
On dit pourtant qu'elles rendent amoureuges
Nous, pour ce qu'on en sait de l'amour...
S'il ne faisait qu'en parler, mais il les cueille
Et nous, vages émaillés, leur servons de cercueil.

 

Elise Antoine
Hondeghem, le 23 juillet 2013

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