Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 04:24

FORCEMENT L'ENIGME

 

1.
"Je pratique... disons... "l'ironie facile"... si difficile... mm... à comprendre..."
(Makyo, Vicomte, Balade au bout du monde, Glénat, p.27 [Le Narquois])

 

Je dis de la vipère,
Pratique l'incisive,
Disons la vacherie, je fais de
L'ironie - ô la sainte garce !
Facile souvent qui fait feu de la moindre brindille,
Si injuste et si précise, si gifle, si
Difficile à saisir, si porte-à-faux,
Mm... n'est-ce-pas ? Oui, je sais,
A piger cette moquerie de tout, à
Comprendre, pas évident... ça dégoûterait plutôt.

 

2.
"Elle sortait de la nuit et je ne voyais qu'elle."
(Jean Ray, Malpertuis, J'ai Lu n°1677, p.91)

 

Elle - dans l'histoire c't'une paluche -
Sortait de l'invisible faut croire,
De la nuit sans fond qui tisse les jours, de
La nuit genre glissante serpente, de la
Nuit, laquelle est déjà pourvue de mille yeux,
Et fasciné je fus ;
Je ne pouvais m'en détacher l'oeil, collé, scotché,
Ne pouvais tourner caboche d'la paluche,
Voyais qu'elle, qu'elle, qu'elle
Qu'elle allait me piquer mon larfeuille, la garce !

 

3.
"Hurler l'universel Lamasabacktani !"
(Jules Laforgue, L'angoisse sincère)

 

Hurler... hurler... hurler... on peut pas
L'universel hurlement, le pousser, dit Laforgue, le
Lamasabacktani du dieu maigre - pas pour nous !

 

Hurler... hurler... hurler... pas la peine !
L'universel appel est sans oreilles, et le
Lamasabacktani, y a qu'les humains pour l'entendre.

 

Hurler... hurler... hurler... pour quoi faire ?
L'universel combat de tout contre tout, le
Lamasabacktani y peut que couic.

 

Et puis, il a bien fallu qu'il nous laisse nous débrouiller seuls, le Père... Tant d'enfants... Comment voulez-vous ?... Faudrait être un dieu.

 

4.
"Et toujours le désir nous rendait soucieux !"
(Baudelaire, Le Voyage, vers 68)

 

Et toujours qu'on se tirait ailleurs, et
Toujours qu'on finissait par s'ennuyer ;
Le réel le plus mirobolant n'étouffe pas le
Désir d'on ne sait quoi, d'on ne sait qui
Nous faisait penser à autre chose, nous
Rendait spéculatifs comme diable en son miroir,
Soucieux qu'on était, bien ridicules, tiens !

 

5.
"comme un fragment d'antiquité inexplicable et de muraille grise"
(Nietzsche, Humain, trop humain, Le Livre de Poche, "Les Classiques de la Philosophie" n°4634, p.338)

 

Comme c'est étrange, n'est-ce pas,
Un genre de théâtre qu'nous cultivons,
Fragment de vieille tragédie à masques,
D'antiquité à syllabes confuses,
Inexplicable - forcément, l'Enigme !
Et qui nous travaille... voyez... une ombre
De Roi passe le long d'une
Muraille grise, derrière laquelle on entend 
Grise mer mâchouiller ses gouffres.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 11:57

TROP CHOSE

 

1.
"Trop chose. Comment donc ! mais ma seule présence"
(Jules Laforgue, Complainte des consolations)

 

Trop... comment dire ?... Trop
Chose, voilà ce que j'suis. D'ailleurs,
Comment faire autrement ?
Donc on est c'qu'on est, et pis c'est tout...
Mais imprévisible tout de même, non ?
Ma pomme, on la calcule pas comme ça, non ?
Seule une magicienne... - ça n'existe pas ! la
Présence en tout cas d'mon ombre... m'avez compris...

 

2.
Ses charmes et ses chants en tout cas s'étaient tus.

 

Ses charmes à l'aut' ravisseuse à dents, ses
Charmes, ils avaient bien pâli, ses charmes...
Et pis ses lancinants chants, que du loin d'la mer,
Ses chants, elle nous lançait dans les esgourdes, ses
Chants qu'ça nous aimantait, magnétisait la tangente,
En sourdine la sauterelle, estompée la lyrique,
Tout silence maintenant sur les flots... Ah le
Cas légendaire !... Ils
S'étaient évanouis, ses sorts, à la sorcière à nageoires,
Tus tout à fait, merci M'sieur Boule Quiès !

 

3.
" - Allons, fumons une pipette de tabac,
En feuilletant un de ces si vieux almanachs"
(Jules Laforgue, Complainte de l'automne monotone)

 

Allons aux toilettes, et
Fumons y pour passer ce temps...
Une araignée file entre nos pieds... fumons donc une
Pipette - un crapaud quelque part dégoise du Hugo -
De quoi allons-nous soliloquer ? Ce
Tabac est bon... Il est vraiment trop con, l'autre, là...
En tout cas, il ne pleut pas, c'est déjà ça... En
Feuilletant, en fumant, on n'est pas comme des rois ?
Un de ces vermots, dis, avec
De ces poilants dessins dedans, de
Ces dessins de presse comique,
Si vulgaires parfois, si poétiques des fois, de ces
Vieux crobards des
Almanachs tuyau de poêle, et toile à mate-là la gironde...

 

4.
"Un tic-tac froid rit en nos poches,
Chronomètres, réveils, coucous"
(Jules Laforgue, Complainte des Mounis du Mont-Martre)

 

Un petit démon du temps,
Tic qu'il fait !
Tac qu'il fait ! et tic et tac et tic-tac...
Froid l'humour... glacée pince qui
Rit le chronophage... et nous décompte...
En minutes, en secondes qu'il nous esquinte,
Nos palpitants à l'unisson boum-boum !
Poches de temps, nos vies, elles se dégonflent...
Chronomètres ! Vas-y donc !
Réveils ! R'mue-toi ! Grouille !
Coucous ! Le temps, le temps se fout de nous ! 

 

5.
La fille, elle a essayé d'se pendre... entendu ça, l'autre jour, au Dragon qui dégueule... La patronne, elle a dit comme ça qu'à vingt-deux ans, c'était dommage... La fille, je la connaissais pour ainsi dire pas... l'avait vue trois quatre fois passer dans Hazebruine... m'avait l'air singulière, un peu quand même... mais bon, ça veut rien dire... les gens, surtout, i s'donnent des airs... enfin, c'est pas une raison pour se la jouer je monte-au-ciel-toute-seule-comme-une-grande... on m'avait présenté, une fois, un de ces gosiers vigoureux planté au bar... je l'avais trouvée bellotte, pas causante... faut dire, des tronches de vieux on-en-r'boit-un, comme compagnie, y a mieux... et puis, plus vue dans les mouvements pendulaires... et puis, j'entends qu'elle s'a tenté l'étranglement façon picarde ficelle... les gens, i zont du morne dans la tête, et des fois, ça r'sort.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 08:26

LANGUE DES LIGNES

 

1.
"Quand de tous ses yeux
le bois surveillait
l'obscur observait"
(Arlette Chaumorcel, Noir et Blanc sur le Village, Editions de l'Epinette, 2012, p.54)

 

Quand vous passez par les là-bas
De soleil coupé d'ombre,
Tous les invisibles, presque tous, se taisent ;
Ses créatures, il les tient, le là-bas... Ses
Yeux, cette longue traîne de regards, guettent
Le promeneur - c'est que le
Bois aime la discrétion. Souvenez-vous comme il
Surveillait vos faits et gestes,
L'obscur, comme il vous
Observait, l'obscur, comme il s'obstinait.

 

2.
"la petite rue berçait des soleils"
(Arlette Chaumorcel, op. cit. p.34)

 

La cité est ancienne et
Petite la pleine d'ombres
Rue que vous montiez et qui
Berçait sous la trempe des nuages
Des drôles d'oeufs électriques, des
Soleils qui ne brûlent que la nuit.

 

3.
"lances acérées
les herbes parlaient"
(Arlette Chaumorcel, op. cit. p.18)

 

Lances des batailles secrètes
Acérées obstinées cassandres
Les dressées sur des faces cachées
Herbes d'un campement lointain qui
Parlaient la langue que l'on ne traduit pas.

 

4.
"je passerai là
disait la lumière"
(Arlette Chaumorcel, op. cit. p.6)

 

Je veux m'amuser disait-elle Je
Passerai vive dans toutes ces ombres
Là entre bête qui glisse et gueule de roc qu'elle
Disait la folle du jour, je veux la raser
La barbe des pierres, qu'elle disait la
Lumière avec son air de coupe-chou.

 

5.
"Une sirène abandonnait le sort de ses écailles
au théâtre des saules"
(Arlette Chaumorcel, op. cit. p.20)

 

Une mauvaise fille des eaux, une
Sirène, ravissante ravisseuse dit la légende,
Abandonnait - était-elle blessée ?
Le regard d'un homme lui avait-il lancé un
Sort, un de ces sorts dont on ne sort pas
De sitôt, un sort d'amour des romans anciens ? -
Ses charmes et ses chants, et ses
Ecailles laissées dépouille
Au ténébreux
Théâtre des racines, celles qui plongent
Des rois et des
Saules dans la gorge des eaux.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR ARLETTE CHAUMORCEL
commenter cet article
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 20:20

ABOLISSANT L'BIBELOT

 

1.
"lamentable âme en peine, par les couloirs hantés"
(Jean Ray, Malpertuis, J'ai Lui "Science-fiction" n°1677, p.71)

 

Lamentable à pousser un cri sur un pont,
Âme de travers dans un corps tordu,
En mélancolie son âme, pleine de
Peine, elle traîne - tiens ! elle déclame du Laforgue -
Par les longs corridors, passe ululante, même que
Les flambeaux en tremblent dans les
Couloirs qui n'en finissent pas de tisser,
Hantés qu'ils sont, la toile de Maître.

 

2.
"l'appel d'une cloche mystérieuse perdue dans d'insondables lointains."
(Jean Ray, op. cit. p.117)

 

L'appel sourd, lancinant, persistant,
D'une - ah ! comme dit l'autre, quel gosier vigoureux ! -
Cloche - Bong ! Bong ! Bong ! Bong !
Mystérieuse cloche - d'où qu'elle est donc ?
Perdue - faut dire que j'sais pas où j'suis non plus -
Dans un brouillard qui étend ses tentacules et
D'insondables bouches de brume, où gargouillent les
Lointains échos de formidables digestions.

 

3.
"On ne s'imaginerait jamais comme la taxidermie creuse l'estomac."
(Jean Ray, op. cit. p.61)

 

On n'y pense pas - on
Ne peut penser à tout - (comme il salivait !) on
S'imaginerait même
Jamais (une vraie faim de loup !)
Comme le fait de bourrer de paille de
La bestiole morte -
Taxidermie qu'ça s'appelle - eh bien, mon vieux, ça
Creuse pas qu'un peu
L'estomac, qu'vous en boufferiez vot' papa.

 

4.
"Les trois dames Cormélon, réunies en une masse compacte de voiles"
(Jean Ray, op. cit. p.101)

 

Les soeurs machinantes,
Trois qu'elles étaient, comme dans les chansons,
Dames dans le genre spécial, les
Cormélon, et elles portaient bien leur nom, vu que
Réunies maintenant, les drôlesses,
En une bondissante
Une jaillissante, une soufflante
Masse façon boule de brouillard noir, qu'il dit Jean Ray,
Compacte et vous valdinguant le réel,
De droite à gauche aller-retour, leurs
Voiles soulevant les meubles, abolissant l'bibelot.

 

5.
"Que seraient les dieux, sans l'épouvante ?"
(Imitation de l'Ecriture, in Jean Ray, op. cit. p.98)

 

Une société de services en tout genre harcelée par l'humanité. 

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 09:12

GENRE J'SUIS PLUS LA

 

1.
"Ton coeur s'enflamme pour ce qui glace d'effroi."
(Sophocle, Antigone, traduit par Robert Pignarre, GF Flammarion n°1023, p.45)

 

Ton palpitant i fait rien qu'à ton
Coeur s'épater du terrible, ton coeur,
S'enflamme aux catastrophes, s'enflamme
Pour les dégringolades, pour
Ce qui est bien malheureux, pour ce
Qui vire vinaigre, vilain vertige, venin, pour ce qui
Glace les sangs et les visages, glace
D'effroi et fait fuir, à toutes jambes, cheveux dressés.

 

Note : C'est Ismène qui dit cela ("Ton coeur s'enflamme pour ce qui glace d'effroi") à Antigone ; ce n'est pas faux. Antigone est aussi une fascinée.

 

2.
"Non, je ne partagerai pas ma mort avec toi."
(Sophocle, op. cit., p. 65, [Antigone à Ismène])

 

Non, ah mais non alors, je ne vais tout de même pas la partager, non, ne veux pas partager ma place dans la légende... Partagerai pas, na ! Pas ça, pas ma solitude ontologique, ma gueule à transcendance, ma postérité littéraire... Ma soeur, va te faire voir chez les Grecs, ma mort, c'est ma mort, et toi, fais ta vie... Avec nobody, mon acte, que l'je partagerai... perso, j'suis jalouse... Toi, et tous les autres tragiques théâtreux, masques et casques, zavez qu'à aller chercher des toisons d'or, des écuries d'Augias, des baleines blanches... Moi, je reste là, dans mon trou!...

 

3.
"Tombeau, ma chambre nuptiale"
(Sophocle, op. cit. p.81)

 

Bien dit, ma fille !

 

4.
"Pareil est le destin qui me couche au tombeau"
(Sophocle, op. cit. p. 78 [Antigone])

 

Pareil à la tortue que l'aigle échappa pis qui trucida le vieil Eschyle, pareil stupide
est mon trépas que j'vas y passer, à la casserole sans fond ;

Le destin, mon
destin, çui-là sur qui vous allez en écrire des tonnes, des tomes et des théâtres, ce destin
qui me fait crever pour une poignée de sable,
me fait bien frire ! Qu'est-ce qui m'a pris donc de me lever de ma
couche pour aller faire mon intéressante, ma justicière, mon incorruptible ?
Au bal que j'aurais dû aller, me prendre une cuite, plutôt que d'aller brailler justice dans les oreilles à Créon... J'aurais pas fini  à errer comme une j'suis-plus-là avec toutes les autres ombres, j'aurais pas fini
tombeau, pendant c'te temps-là qu'les autres pouffes s'envoient en l'air avec des bouillants, des achilles, des guerriers beaux comme des hommes... Ah, Antigone, ma fille, t'es trop conne, et c'est Créon qu'avait raison.

 

5.
"Moi, je passe inaperçu, j'entends ce qu'on dit ici et là."
(Sophocle, op. cit p.71 [Hémon à Créon])

 

Moi, ombre que j'suis... je glisse, me fonds, coule le long... passe-muraille, passe-partout, passe-montagne, et muscade aussi... inaperçu mézigue... J'entends tout, j'ai l'oreille américaine... Ce qu'on murmure, susurre, intrigue et complote ; ce qu'on conte complice ; ce qu'on dit de toi, de moi, de vous, partout comme ici - la scène est sur une place à Thèbes, devant le palais des Labdacides - et ailleurs, les places, les gares, les bars, les bigophones et les boîtes à coucou, tout, j'entends tout, partout, tout, ici, ailleurs, et là, dans mon kawa, que j'me vois, et que j'me dis des choses, de ces choses-là que je ne répéterai pas.

 

6.
- Dites donc, Houzeau, seriez pas un peu cynique, non, et déloyal des fois ?
- C'est pas ça, Monsieur l'Inspecteur des illusions perdues, mais, voyez, la fée qui s'a penchée sur mon berceau, avait de grosses moustaches, de gros sourcils, fumait le cigare et parlait très vite l'américain tout en craquant un tas d'animaux, du coup, hein, n'est-ce pas...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
commenter cet article
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 22:47

CHATS PUIS VOLTIGE DU PALPITANT (travail en classe)

 

La fin de l'année approchant, et la classe partant sous peu en stage, j'ai consacré l'une de mes dernières heures de cours au petit jeu du contrevers.
Pour le premier texte, c'est un vers du poème Les Chats, de Baudelaire, qui servit de thème :

 

"Les chats puissants et doux, orgueil de la maison"

 

Je leur ai donc donné quelques principes de base du contrevers (principe de l'acrostiche, nécessité du rythme, d'une musique, d'un ton, vivacité de la surprise...), et nous travaillâmes ensemble, ce qui donna :

 

Les animaux qu'on appelle
Chats n'aiment pas la pluie, voient la nuit,
Puissants, chasseurs, grimpeurs, frimeurs, joueurs, gourmands,
Et aimés des humains,
Doux, vifs, forts, beaux, agités agiles,
Orgueil quand il se bat, féroce, crachant, grondant
De colère, ronronnant de plaisir,
La majesté joueuse de la
Maison, son royaume.

 

Puis, ils travaillèrent en autonomie, à partir du vers suivant :

 

"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"
(Baudelaire, Un Voyage à Cythère)

 

Ce qui donna plusieurs versions, revues et corrigées par mes soins :

 

1.
"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon amour, qui a brisé ton
Coeur doux et amoureux
Comme une première passion, s'est transformé en
Un coeur lourd et malheureux, un
Oiseau en cage, et qui n'en peut plus, et qui, autrefois,
Voltigeait heureux et libre,
Tout cet amour que je t'ai donné, ne t'a pas rendu
Joyeux comme je le voulais.

 

2.
"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon âme est une marionnette, mon
Coeur balance entre deux fils,
Comme à la balançoire,
Un, deux, trois, quatre, puis, plus qu'un
Oiseau planait dans les airs,
Voltigeait au-dessus des immeubles ;
Tout à coup, je me suis senti léger,
Joyeux, heureux comme si mon coeur allait s'envoler.

 

3.
"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon amour, tu es un
Coeur tendre
Comme la pierre,
Un roc, un message, un
Oiseau qui t'envoie, qui
Voltigeait, qui battait la chamade,
Tout mon amour,
Joyeux, pour toi.

 

4.
"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon mariage m'a fait du bien au
Coeur, quel sentiment !
Comme si je me sentais heureux...
Un instant de plaisir, un mariage, et mon coeur s'est envolé
Oiseau quand on s'est embrassé, il

Voltigeait en l'air... A deux on allait,
Tout vif, un oiseau, et,
Joyeux, j'ai vu qu'on était bien ensemble.

 

5.
"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon petit palpitant, autant dire mon
Coeur, était libre comme le vent,
Comme avec de grandes ailes, tel
Un mirifique piaf, un majestueux
Oiseau, il s'envolait, démarrait, se tirait, se barrait et
Voltigeait, tout léger qu'il était, puis
Tout ensanglanté,
Joyeux d'être sorti de mon corps.

 

6.
"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon humeur est heureuse, mon
Coeur bat la chamade,
Comme une joie, vers un camarade, comme
Un premier amour, les mêmes palpitations, un
Oiseau trouvant son bonheur, et qui
Voltigeait magnifiquement ;
Tout léger le monde, tout
Joyeux mon coeur.

 

7.
Et enfin, le texte antidote, l'heureuse persistance de l'esprit contraire, vif et insolent :

 

"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux"

 

Mon palpitant, mon
Coeur, bat comme celui de King-Kong,
Comme si j'étais en manque de bananes ! Oh,
Un petit oiseau !... Il a la diarrhée... Il
Voltigeait au-d'ssus d'ma tête et plaf !... Ah voir
Tout ce gang de piafs
Joyeux de m'avoir chié dessus...

 

En remerciant mes élèves pour leur enthousiasme et leur inventivité,

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2013.

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans A L'USAGE DES LEP
commenter cet article
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:32

ET MOI COGNE-DANS-L'VIDE

 

1.
"Il se frappe le crâne, toc ! toc ! toc !... ça sonne creux d'os..."
(Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.175)

 

Il est tout embêté
Se remue la neuronale nébuleuse, se
Frappe le point d'interrogation,
Le ciboulot lui bout, le
Crâne le tempête,
Toc ! Y a quelqu'un ?
Toc ! Y a personne alors ?
Toc ! Excusez-moi, je croyais qu'il y avait quelqu'un...

ça répond pas là-dedans,
Sonne vide, un long ah dans la tête...
Creux, melon cosmos évidé... creux
D'os, le néant souffle dedans, ça fait pffffff.

 

Note : le "Y a quelqu'un- Y a personne alors ? - Excusez-moi, je croyais qu'il y avait quelqu'un", je l'ai piqué à un auteur, c'est sûr, mais lequel ? - Mystère et patatras.

 

2.
"voilà une panique qui nous reculbute sur le trottoir"
(Céline, op. cit., p.316)

 

Voilà-t-y pas que ça nous retombe dessus,
Une furie fonceuse, une
Panique de grêle, tout un patatras
Qui sautille sur les toits en petits points blancs,
Nous valdingue pis nous
Reculbute, nous qu'on est nains,
Sur l'immense géographie qu'on fuit,
Le ciel tout noir se jette sur le
Trottoir... coup d'grise gueule... le ciel tombe.

 

3.
"et puis il grince sur le théâtre..."
(Céline, op. cit., p.175)

 

Et rideau tombé, public parti, il s'avance...
Puis après avoir contemplé son crâne familier,
Il cassandre il apostrophe il dit grec et digresse
Grince et chuinte et Shakespeare et Ghelderode...
Sur la scène, il évoque les mondes,
Le spectre ; c'est que, depuis le temps, tout ce
Théâtre hanté lui est rentré dans la présence.

 

4.
"Je frappe à la grêle comme il veut !"
(Céline, op. cit, p.249)

 

Je frappe puisque j'suis frappeur,
Frappe, j'ai l'esprit pour,
A poings fermés, dents serrées,
La hargne me la déclenche, la
Grêle des coups, je frappe, frappe, frappe,
Comme si je pouvais l'atteindre, mais
Il s'esquive, se défile, fiche son camp de fumée,
Veut taureau d'vent faire corrida et moi cogne-dans-l'vide.

 

5.
"Elles me forcent à regarder dans les glaces..."
(Céline, op. cit. p.200)

 

Elles - ah les sorcières ! -
Me naviguent façon tempête sous un crâne, me
Forcent la comprenette, me poussent
A m'fasciner pour d'absurdes ailleurs, à
Regarder filer les parallèles, à zieuter
Dans les bobinettes si cherrent les chevillettes, à
Les voir soudain, surgissantes dans le jeu des
Glaces, multiples et la seule aux cheveux qui sifflent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 02:39

POUR RIRE FAUT CROIRE

 

1.
"Vieux drummer pulsant l'tempo du sang humain"
(Claude Nougaro, A coeur perdu)

 

Vieux rouleur de caisses...  
Drummer rêveur d'autres mondes percutés...
Pulsant puissant...
L'tempo les pousse... renouvelé rythme
Du toujours... très ancien pourtant, le
Sang originel qui passe, pulsé, propulsé,
Humain, fabuleux, fontaine.

 

2.
"Dansez sur moi dansez sur moi
Qui tourne comme un astre"
(Claude Nougaro, Dansez sur moi)

 

Dansez y donc, les mômes,
Sur ma pomme plate, ma crèpe, ma galette, sur
Moi qui débite du cuivre et du piano,
Dansez y dansez y qu'le monde est une valse, même que
Sur elle vous vous faites les pieds, et sur
Moi avec, amours rimées et jeux sont faits, moi
Qui vous en balance de la ritournelle, moi qui
Tourne la roue des refrains, des rengaines,
Comme un soleil en quat' mesures, comme
Un rechante-moi la ta chanson, un
Astre qui tombe d'un saxophone.

 

3.
"Dormir sur des oiseaux, vous parlez d'un plumard"
(Claude Nougaro, Le Rocher de Biarritz)

 

Dormir... Rêver peut-être...
Sur les albatros à Baudelaire, sur
Des ailes longues comme des légendes, sur des
Oiseaux, des piafs, des passe-tempêtes,
Vous vous dites ça, tiens, comme pour de rire -
Parlez d'une blague !...
D'un d'ces coups d'marrance, un drôle de pieu, un
Plumard à se réveiller dans l'ailleurs, attrapé.

 

4.
"Le diable est fait pour ça, tu verras tu verras"
(Claude Nougaro, Tu verras)

 

Le cornu, le Ferdinand, le Belzébuth, le
Diable, ah le grand voyou,
Est bien fin pour se glisser dans nos pensées,
Fait merveille à pourrir
Pour rire faut croire, tout

Ça qu'on aime tant, tout ça qu'on voudrait...
Tu te débats mais tu
Verras tout finit par finir;
Tu te débats mais tu
Verras tout finit par filer.

 

5.
"Laissez passer Sa Majesté le Jazz"
(Claude Nougaro, Sa majesté le Jazz)

 

Laisser passer le faucon, pisser le mouton, laissez
Passer les sphinx et leurs saxs, laissez
Sa Seigneurie rouler ses tambours, Sa
Majesté jongler sur les rythmes, laissez
Le blues courir dans le vent, laissez le
Jazz faire jaser ses fontaines.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2013 

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article
22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 19:26

TOUT EN BOUTS D'PARTOUT

 

1.
"la structure oraculaire de tout événement"
(Clément Rosset, Le réel et son double, folio essais n°220, p.55)

 

La sensibilité qu'on a au monde ô
Structure Des squelettes se pavanent plein l'air
Oraculaire le réel !... fait de bouches qui s'ouvrent
De regards hallucinés de cheveux sifflants
Tout est dit les mots pleuvent comme des pierres
Evénement oui sans doute puisqu'il y a couteau.

 

2.
"A vient se confondre avec A"
(Clément Rosset, op. cit. p.51)

 

A ayant labyrinthé dans un tas de phrases en
Vient à se demander ce qu'il fout là A
Se gratte la boîte à syntagmes A à en
Confondre le roman et son double çui-là
Avec des bras et des jambes et qui s'agite Alors
A se dit qu'il est vraiment remuant, le réel.

 

3.
"en dérobade d'un réel"
(Clément Rosset, op. cit. p. 78)

 

Ce "en dérobade d'un réel", je le verrais bien dans quelque structure poétique hermétique, qu'ont l'art de produire les poètes à diplômes, ceux qui s'extasient devant Mallarmé et ses évanescences agaçantes.
Ou alors dans de la céline parodie, genre... Dégringolé !... Tuile chue... qui s'émiette et s'évapore... Mille-Pattes ! Y en a plus !... Tout en bouts d'tout côté !... qui s'carapatent... en dérobade du réel...

 

4.
"auquel il est précisément reproché de ne pouvoir être le double"
(Clément Rosset, op. cit. p.59)

 

Un peu mon neveu... que moi, mon double, je le giflerais volontiers, l'insolent... le plagiaire, le zôtre.

 

Note : je sais bien que l'accent circonflexe sur "zôtre" ne se justifie pas. C'est juste pour faire un peu plus "zôtre", voyez...

 

5.
"que l'événement réel a biffé en s'accomplissant"
(Clément Rosset, op. cit. p.42)

 

Que qui que quoi ? Ah ! L'événement... ah oui ! Quelque chose arrive !... Réel !... Tout est toujours tout le temps tourneboulé... A de quoi faire, le réel... Quelle pâte remuée !... Biffé ça, remplacé par ça, c'est tout le temps comme ça... En vrac, le réel... en lessiveuse, en machine, en s'accomplissant sans cesse, comme s'il n'était jamais tout à fait.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article
22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 08:26

FLIC FLAC FLOC !

 

1.
"Flic ! Flac ! Floc ! Même sous la pluie"
(Serge Gainsbourg, La fille aux claquettes)

 

Flic ! v'là la pluie !
Flac ! pis le vent qui claque !
Floc !  pour le spleen, c'est ad hoc !
Même que même que même que  
Sous le tout gris ciel j'ai
La tête pleine de pleine de pleine de
Pluie que j' en suis tout spongex, spongeman, spongieux.

 

2.
"Du bleu à perte de vue
Et jamais personne en vue"
(Serge Gainsbourg, No man's land)

 

Du bleu du salé d'la mare à morues du
Bleu - c'est la mer
A n'en plus finir c'est la mer à
Perte de corps et d'âme c'est la mer à perte
De raison c'est la mer à perte de
Vue bleu bleu bleu, bleu bleu bleu, bleu bleu bleu
Et moi je suis sur la mer
Jamais je ne reviendrai puisque
Personne ne m'attend plus
En vie on n'me croit plus et j'suis en
Vue du néant il est bleu, vert, gris, glauque.

 

3.
"Faire de plusieurs cadavres en un instant
Un mort vivant"
(Serge Gainsbourg, Frankenstein)

 

Faire son homme à soi
De bouts de chairs déchirées de
Plusieurs bipèdes défuntés de quelques
Cadavres achetés
En secret à quelque fossoyeur forger
Un genre de golem nouveau qui dans un
Instant quand la foudre frappera fera
Un être vif d'un jadis fut et d'un
Mort un vivant autant dire un mort
Vivant un macchabée galopeur un ça qui marche.

 

4.
"Elle avait de ces yeux un vrai chat abyssin"
(Serge Gainsbourg, Lola rastaquouère rasta)

 

Elle une réussite qu'elle
Avait la mirette mirifique l'oeil merveilleux
De l'or bleu ses yeux genre de
Ces yeux qui vous suivent de ces
Yeux partout que vous les emportez
Un couple d'esprits jumeaux ces yeux un 
Vrai vademecum de la beauté du
Chat dedans superbe et mystérieux
Abyssin l'abîme.

 

5.
"La nuit tous les chagrins se grisent"
(Serge Gainsbourg, Les papillons noirs)

 

La bascule à qu'c'est la grande ville la
Nuit une féerie foutaise
Tous les bizarres les tordus les névrosés
Les fascinés y font tourner la toupie de leurs
Chagrins deuils et irréparables ça
Se valse bouteilles cocos canailles poufiasses ils se
Grisent les gens pis des fois un peu ils s'assassinent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 mai 2013

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article

Recherche