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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 18:54

QUATRE COIN-COINS ET UN COUAC

 

1.
"Balai, les guignols ! Je voulais plus m'agiter la tête !..."
(Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.238)

 

Balai, tire-toi de là, sorcière !
Les polichinelles à grimaces,
Guignols, faut que je les patafiole !
Je voulais plus m'secouer neurones,
Voulais plus que balai et bouche d'égout,
Plus m'guignoler moi-même, plus
M'agiter comme hanté légion puces,
La cafetière qui m'fait du cha-cha-cha la
Tête je voulais plus qu'elle me court.

 

2.
"La dignité dans l'existence c'est la gueule de raie."
(Céline, Le pont de Londres, p.227)

 

La dignité j't'en foutrais moi trouduc
Dignité t'es qui toi t'es quoi ?
Dans l'fond t'as raison, dans
L'existence faut s'maîtriser
C'est important d'passer étanche
La pluie d'yeux qu'ils nous font les autres
Gueule de, y a rien d'mieux pour l'avoir la paix
De faire comme si de tout rien à s'secouer, gueule de
Raie, vrai ! c'est l'antichieur de première.

 

3.
"... et puis sa robe à dragon d'or !..."
(Céline, Le pont de Londres, p.338)

 

Et que j'm'exclame qu'elle est belle
Puis si originale que
Sa coiffure un hémisphère qu'c'est et sa
Robe un poème
A s'en pâmer oh le
Dragon qui dandine
D'or quand elle s'balance en cadence.

 

4.
"il volait, il partait boumer dans les murs,
(Céline, Le pont de Londres, p.119)

 

Il en fut démarré le gusse
Volait volant goret
Il en fut spatialisé
Partait tapis planant
Boumer s'fracasser les bras cassés
Dans la choucroute la saucisse
Les étoiles lui orbiteront le chou dans les
Murs l'asticot astronauté l'astringent.

 

5.
Paraît qu'à Cannes cette année, y a deux trois pellicules qui prendraient le riche, le privilégié, le plein aux as pour un coin coin à pan pan... bref, dans le but de s'faire du flouze, un public de nantis va peut-être voter pour des films anti-bourges... Si c'est pas du cinoche, ça...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2013

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 14:09

FAIT RIEN QU'A TOURNER BOURRIQUE

 

1.
Elle est si chatte que je lui dis mou
(Serge Gainsbourg, Elle est si...)

 

Elle ouille !
Est si tarte
Si thon - tarte au thon ? Si calamiteuse
Chatte si encombrant concombre
Que je m'ensauve dès que j'la vois pis si sotte
Je lui tire la langue dès qu'elle tourne le dos
Lui planterais bien des aiguilles dans la statuette
Dis donc d'où qu't'as mis mon vaudou ? Et pis
Mou que j'donne au chat.

 

2.
"Du mois de septembre au mois d'août"
(Serge Gainsbourg, La Gadoue)

 

Du temps que j'étais p'tit je n'étais pas grand les
Mois passaient lentement
De quoi ? Je n'en suis qu'là vivement que j'vieillis

Septembre rentrée feuilles mortes araignées noires
Au tableau Rigolo écrit des mots les
Mois passaient lentement j'm'arrangeais pas
D'août me vint l'ennui qui m'a plus quitté.

 

3.
"Tout le monde sait qu'les grenouilles"
(Serge Gainsbourg, On n'est pas des grenouilles)

 

Tout ça c'est tout pipeau ontologiquement
Le monde je m'en tamponne le
Monde je m'en moque il le
Sait bien le monde qui fait rien qu'à tourner bourrique
Qu'les grenouilles tournent itou avec les loups les
Grenouilles les greluches les grelots les grouik-grouiks.

 

4.
"Dieu est un fumeur de havanes"
(Serge Gainsbourg, Dieu fumeur de havanes)

 

Dieu ah çui-là quelle affaire
Est car on peut pas l'en empêcher
Un drôle d'omnizigue
Fumeur quand i tousse ça drache
De barreaux de chaise des vrais
Havanes à se choper le cancer nous autres.

 

5.
The Cat joue avec une souris.

 

The poilue moustachue majesty the
Cat quoi qui fait The Cat i
Joue féroce
Avec une gratte à fromage
Une souris et se dit qu'une
Souris c'est si fragile que tiens la v'là morte.

 

6.
The Cat regarde la pluie.

 

The gros roux the à la fenêtre
Cat reluque qu'elle tombe
Regarde pisser le mouton
La flotte qui fait floc-floc dans tous les trous la
Pluie qu'c'est ennuyeux comme tout.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2013

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 08:15

LES SIGNES AUX CHOSES

 

1.
Je n'aime pas le mot convivialité. Il sert à couvrir les indélicatesses, les trop grandes familiarités, cette façon qu'ont les autres de s'introduire chez vous sous les prétextes les plus divers - y compris celui de vous rendre service - de faire de vous un confident, un "ami" (autre mot détestable).

 

2.
Ah ! si seulement la neurasthénie était un art...

 

3.
"la témérité gueule de loup !..." (Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.141) : l'expression "gueule de loup" complète le mot "témérité" en l'éclairant... c'est bien beau, la témérité... jadis, ce fut même une qualité... maintenant, ce serait plutôt un défaut, rapport à ce qu'on loue leur prudence, aux gens assez sages pour ne pas se risquer à. C'est que l'on se doit aux autres. Jusqu'à l'empathie, jusqu'au "care", et toutes ces sottises que l'on essaie de nous vendre sous l'appellation de "vivre ensemble".

 

4.
L'un des problèmes qui va se poser avec le "mariage pour tous", c'est que, bientôt, des gens qui, jusqu'ici n'avaient pas d'avis vraiment bien net sur la question, et qui, à vrai dire, s'en fichaient royalement, vont être invités à des cérémonies auxquelles il ne pensait jamais devoir faire acte de présence.

 

5.
En ce qui concerne le "mariage pour tous", je suis convaincu que quelques décrets techniques à l'usage des notaires et visant à aligner les droits des couples homosexuels sur les droits des couples hétéro auraient suffi. Au lieu de ça, crispations, manifestations, aigreurs.

 

6.
"mixité sociale", "vivre ensemble" : que l'on y soit obligé, c'est une chose, mais que l'on ne nous demande pas d'applaudir.

 

7.
"qu'il se désosse ! " (Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.249) : Soyons plus féroce ! Qu'il se désosse, et que ses osses, qu'on les file aux molosses !

 

8.
Ne pas se rendre indispensable est une politesse.

 

9.
Dieu, même s'il existe, le mieux, c'est tout de même de s'en passer, de ne l'utiliser qu'aux grandes occasions. C'est là le fond de la pensée de bien des chrétiens.

 

10.
Lire, c'est perdre son temps ; ne pas lire, c'est perdre son temps. Autant écrire.

 

11.
Heureusement pour les éditeurs, et pour le sens commun, la plupart des gens continuent d'acheter des livres qu'ils ne lisent pas.

 

12.
Un écrivain est souvent quelqu'un qui préfère les signes aux choses. Je ne doute pas un instant que bon nombre sont surtout de grands humanistes sur le papier. Dans la vie réelle, ils sont certainement moins sympathiques, ou moins antipathiques que leurs écrits furieux pourraient le laisser penser. Ou alors ce sont des héros, ou des inconscients. Le plus curieux, c'est que, pour certains d'entre eux en tout cas, ils sont d'une absolue sincérité.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2013

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 05:39

NAUSEES

 

1.
Je ne comprends pas ce qui pousse des individus sains de corps et d'esprit à se réunir trois, quatre, cinq heures durant afin de se remplir la panse en disant des sottises. Je sors toujours de ces rituels hébété et convaincu de l'immense bêtise de mes contemporains. Je songe le lendemain que la société est vraiment bien faite qui arrive à faire faire quelque chose d'intéressant et d'utile à ces outrecuidants bavards. Je songe aussi, mais plus tard, que, sans doute, le but de ces séances d'art masticatoire et d'art de la conversation réunis est de rappeler aux bipèdes réflexifs d'éviter de s'entretuer.

 

2.
Ce que nous apprend le cinéma : que les gens sont ridicules, grossiers, grotesques, violents, sentimentaux, affectifs, imprévisibles, et si stupidement fragiles. Allez croire en l'humanisme après avoir vu deux ou trois films qui mettent en scène les activités d'un serial-killer, ou les sanglants exploits d'un commando de choc chargé d'éliminer de dangereux gangsters, de dangereux terroristes, de dangereux extra-terrestres ? Le pire, ce sont les films qui dénoncent, les films engagés, les films à thèse : vous sortez de ces films avec l'intime conviction que la plupart des gens qui ont quelque responsabilité politique, économique, judiciaire, sont soit corrompus, soit sociopathes, et des fois même les deux. Vous avez beau savoir que c'est vrai, vous êtes toujours surpris de l'ampleur de la catastrophe.

 

3.
La loi est souvent un moyen pratique d'être injuste en toute légalité.

 

4.
"en frétiller de la perspective" (cf Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.305, "Il en frétillait le Sosthène de la perspective.") : être enthousiaste à l'idée de. Sinon, c'est que des fois, de petits personnages, figurines, silhouettes dans le lointain des peintures, se mettent à remuer, à tenter d'attirer votre attention... doivent même crier, appeler... mais i sont trop loin, on les entend pas. Si les symptomes subsistent, consultez votre médecin.

 

5.
A la vue d'un documentaire sur une poignée d'individus hollandais évoquant, plus d'un demi-siècle plus tard, leur engagement dans les Waffen SS : nausée... un seul de ces salopards a affirmé qu'en effet ce qui s'était passé relevait du crime, du plus grand crime, contre l'humanité, le seul à avoir affirmé s'être engagé dans les Waffen SS par haine de la société, parce qu'il ne savait pas quoi faire, parce qu'il se sentait inapte à une vie normale, le seul à sembler éprouver du remords. Un autre a rejeté la faute sur les "jeunesses hitlériennes" et semble avoir une dent contre tout ce qui défile au pas, et donne des ordres, et obéit. Les autres ne regrettent rien, ou si peu, qu'on est étonné qu'ils osent parler devant une caméra.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2013

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 04:35

VIPERE EN BOUCHE
De quelques expressions cueillies dans Les Fleurs du mal, de Baudelaire.

 

1.
"douce guerrière" : lisse de peau, tendre, hache en main, ou plus généralement vipère en bouche.

 

2.
"un faux accord" : faut sonner faux des fois ; c'est la leçon des cyniques.

 

3.
"parti de l'azur" : pour tomber dans l'horizon. C'est trop loin. J'irai pas à son enterrement.

 

4.
"plein de bonheur" : expression qui m'évoque invariablement ces gros gâteaux bourrés de crème et de sucre qui vous faisaient, enfant, la torpeur des dimanches et les devoirs non faits.

 

5.
"amante du carnage" : l'expression est belle, et si réaliste. Il suffit de vous rappeler son sourire.

 

6.
"de mon coeur le vampire" : avec la lucidité de l'ironie, Baudelaire renverse le complice "vampire de mon coeur" pour l'introspectif "de mon coeur le vampire", à moins qu'il ait eu conscience de la nature réelle de quelques figures.

 

7.
"pauvre ange" : ça sonne toujours mieux qu'ange plein aux as. L'argent est si admirable que les anges eux-mêmes ne supportent pas la comparaison. Il va de soi que l'humain préfère la richesse à la beauté des anges. Ou alors, c'est que l'on a affaire à quelque louche candidat à la sainteté, ou à la folie furieuse.

 

8.
Transcendance... trancendance... ils me font rigoler avec leur transcendance... n'est-ce pas déjà assez transcendant que d'avoir réussi par l'élégance des vêtements à masquer la trivialité des corps ?

 

9.
"son coeur, ravagé" : genre récolte bouffée par les nuisibles, le gros coeur tout gonflé de vers. Epatant comme on se spatialise, comme on s'étale, s'étend, se répand.

 

10.
"voûte nocturne" : j'imagine illico le vaste bleu de Prusse, étoilé étalé au-dessus d'une maison de maître, mystérieuse.

 

11.
"mon Esprit orageux" : oui, il faut bien l'avouer, ces temps-ci, le fantôme de la bibliothèque a des sautes d'humeur.

 

12.
"le fond ténébreux de mon âme" : et si on y laisse tomber une pierre, si on y jette un oeil, est-ce que ça fait plouf ! ou bong ?

 

13.
"cheveux bleus" : s'ils sifflent, c'est que vous avez affaire à Gorgone et à sa serpente coiffe.

 

14.
"grand arbre plus vivace" : des fois si vivace qu'il fait des claquettes, l'arbre, ou qu'il se pique un sprint. Et puis, ces chevelus-là, ils grandissent, grandissent, que vous finissez par avoir peur qu'ils vous dégringolent sur le grenier.

 

15.
"N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?"
(Baudelaire, La Chevelure)
Si tu le crois, tu l'es vraiment.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2013

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 12:50

LE DIABLE EN SA LANGUE

 

1.
Qui croit en moi, franchement, je doute de son existence.

 

2.
Autrement dit : les autres doivent pas trop exister, puisque j'existe.

 

3.
Où l'on voit que le français est une langue propice à ontologiser le réel autant qu'à le penser cynique.

 

4.
Si Dieu parle la langue des humains, il doit jacter en anglo-américain, en broken english aussi, aussi un peu en chinois. Mais pas en français... une langue de raisonneur, ça, le français, une langue de sceptique.

 

5.
Paraît qu'il y en a qui réprouvent qu'à l'avenir, dans nos universités, certains cours pourraient être donnés en langue étrangère, et plus particulièrement en anglais. Je ne vois pas le problème. Outre que cela pourrait faciliter la compréhension de certains étudiants étrangers qui manient souvent mieux l'anglais que le français, si dans certaines matières, l'anglais est plus apte à cerner certaines problématiques que le français, eh bien allons-y. Ainsi, j'admets tout à fait qu'un cours qui porte sur la mondialisation financière soit donné en anglais, puisque toute la malignité financière est essentiellement anglo-saxonne. Laissons aux voleurs la langue des voleurs et le français au philosophe.

 

6.
Donner un cours de cuisine française dans une autre langue que le français, c'est certainement condamner son auditoire à une pâle copie de notre art culinaire.

 

7.
Je ne doute pas que cela soit en grec que l'on ait le mieux parlé d'Alexandre, de même que c'est en latin que, certainement, l'on a le mieux pensé César. Sans le grec, sans le latin, Alexandre et César ne sont jamais que des bouts de viande agressifs, des parasites. Le grec et le latin ont doté ces animaux d'une si grande perspicacité que l'écho de leurs syllabes continue à courir le monde.

 

8.
Je ne crois pas à la domination du monde par la Chine. En effet, ils n'arriveront pas à nous imposer leur langue, et donc, ils n'arriveront pas à nous imposer leur culture. Leur mode de pensée nous sera toujours étranger. Tout ce qu'ils arriveront à faire, c'est à nous faire adopter certains éléments de leur cuisine, et quelques philosophèmes plus ou moins amusants. Nous autres, Français, qui répugnons à parler l'anglais, qui ne parlons allemand qu'avec des pincettes, et qui nous moquons si salutairement du monde, je ne nous vois pas bredouiller asiate. Ils seront obligés de nous jacter en angliche ; on les comprendra pas ; et s'ils ne se mettent pas à apprendre le français, on les roulera dans la farine, c'est clair comme de l'eau de roche.

 

9.
Etant donné que le chinois restera toujours pour nous du chinois, si la Chine veut dominer le monde, elle ne pourra le faire qu'avec une toujours plus grande agressivité économique.

 

10.
César est une émanation du latin, comme Napoléon une émanation du français. Une langue peut se juger aux personnages qu'elle sécrète. Autrement dit, l'Histoire d'un peuple est l'expression de l'évolution de sa langue. Je me demande quel despote plus ou moins éclairé couve la langue chinoise.

 

11.
Si le diable a mille demeures, Dieu n'a qu'un seul palais.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 21:43

QU'SI SEULS SOMMES

 

1.
"Vous passerez, imperméables"
(Jules Laforgue, Complainte des complaintes)

 

Bin oui, c'est comme ça... quand il pleut, on voit passer des imperméables, pis des parapluies, des frimousses mouillées, & des gens qui s'pressent vers la gare prendre le train sous la pluie... la pluie... pluie, pluie, floc.

 

2.
"Ô mandarines des Janviers"
(Jules Laforgue, Complainte variations sur le mot "falot, falotte")

 

Et je sais pas ce que c'est, les mandarines des Janviers, qu'ça fait rêver, ces fruits sucrés, un peu acidulés, mais qu'il fait trop froid, givré vraiment... dehors on sort pas... qu'les gens se dégringolent la carcasse & se la cassent, la guibolle sur le trottoir... Patinoire !... qu'c'est glissant si qu'on en reste à la casa, à manger des mandarines pis à s'fasciner pour faces pis fesses, longs nez, gros nénés, tout c'qui passe à la télé.

 

3.
"Pas un jour où, poltron, je ne pense à la mort."
(Jules Laforgue, Citerne tarie)

 

En dehors du fait que j'écoute et zieute itou sur Télé Mélody la Sylvie Vartan du temps où elle chantait des fantaisies où qu'ça swinguait, et des mélancolies aussi : Arrête de rire !Arrête ! Je t'aime, qui dans une chanson bien faite passe, pendant que, dans la vie réelle, ça vous met grotesque aussi sec... en feuilletant mon Laforgue, je tombe sur ce vers qui dit qu'pas un jour où, poltron, il ne pense à la mort... que moi, pareil ! pas un jour sans songer au trépas, à l'autre là qui viendra me priver de la présence du monde... même que je serai tout dilué, dispersé, moléculé dans l'air... et ce qui me rend songeur aussi, c'est que leur beauté, à certaines que je connais, finira dans le sol, à pourrir chair... Je l'imagine, le merveilleux visage figé macabre, bel & bien mort, le corps lourd livré à la boue originelle, aux vers recycleurs... Quand j'y pense, j'ai du mal à y croire vraiment, et pourtant comme ça qu'ça se passe, et peut même arriver n'importe quand... une rupture d'anévrisme & zou dans le trou, la loulou... Arrêt cardiaque & hop chez les taupes, la copine, qu'on s'dit autant que de petites vieilles qu'elles deviennent, très ridées... qu'elles aient le temps d'en profiter, et de passer le reste de leur âge peinardes...

 

4.
"Ah ! que la Vie est quotidienne..."
(Jules Laforgue, Complainte sur certains ennuis)

 

On peut pas mieux dire... routine et soucis... tant qu'on est jusqu'au cou dedans... à faire c'qu'on peut, pis c'est l'ennui qui nous court après... & qu'pour y échapper, des trucs, d'autres trucs, & des épatants, on se met sur le dos... que ça nous en procure, de nouveaux soucis, des inédits, des qu'on savait pas... & des frissons aussi... tout ça pour avancer plus vite que l'ennui & sa marée grise... qu'on l'voit pas le temps passer, malgré routine et soucis... tant qu'on est jusqu'au cou dedans... à faire c'qu'on peut, & pis, on peut pas tant que ça, & alors on se dit : tant pis et que la Vie est quotidienne...

 

5.
Dans Triste, triste, le narrateur à Jules contemple son feu. Il a le droit... bien que contempler son feu, à force ennuyeux tout de même... Du coup, il écoute ouiner le vent... qui, en effet, fait ouineouineouine i fait... A moins qu'il s'agisse de l'alarme d'une bagnole, vu qu'elles font ouineouineouine aussi les alarmes des bagnoles... Bon, ouine le vent dans les rues, où sans doute plus personne de vivant ne traîne, car, en plus, il pleut, que la pluie à sa vitre, à Jules, elle ruisselle, & que Jules, un bâillement qu'il étouffe... surtout qu'un piano voisin joue une ritournelle... Vent, pluie et piano, un peu trop tout de même... Fracas & boucan, & tintamarre quand le petit Adhémar joue de l'à-peu-près Chopin... qu'c'est triste & triste & triste & triste, la vie... & lent & lent & lent & lent, l'existence, se dit le narrateur, qui se met à songer à la Terre... Atome d'un moment qu'il se dit aussi, car il est allé à l'école, cependant que dans l'Infini criblé d'étoiles, il se passe on ne sait quoi, car tout nous est clos... Vous pouvez pas comprendre... Cherchez pas... Voilà qui nous dépasse... Contentons-nous du sort qu'on doit gérer chaque jour... Toujours la même comédie... quelle comédie... masques, nous autres... toujours... Vices, chagrins, spleen et maladie, on en a plein le sac que nous le trimbalons, le sac... et nos chimères dedans, qui s'agitent dans notre dos, pis dans le trou nous, & les beaux pissenlits d'or au-dessus, c'est que nous ne sommes que par hasard, qu'c'en est déprimant, qu'si seuls sommes, que j'vais m'faire des frites, pis écouter un disque à Vian, ou à Salvador.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 19:14

PARAPHRASE A TRISTE TRISTE DE LAFORGUE

 

Dans Triste, triste le narrateur à Jules
Contemple son feu Il a le droit bien que
Contempler son feu à force ennuyeux tout
De même Du coup il écoute ouiner le vent
Qui en effet fait ouineouineouine i fait
A moins qu'il s'agisse de l'alarme d'une
Bagnole vu qu'elles font ouineouineouine
Aussi les alarmes des bagnoles bon ouine
Le vent dans les rues où sans doute plus
Personne de vivant ne traîne car en plus
Il pleut que la pluie à sa vitre à Jules
Elle ruisselle & que Jules un bâillement
Qu'il étouffe surtout qu'un piano voisin
Joue une ritournelle vent pluie et piano
Un peu trop tout de même fracas & boucan
& tintamarre quand le petit Adhémar joue
De l'à-peu-près Chopin qu'c'est triste &
Triste & triste & triste la vie & lent &
Lent & lent & lent l'existence se dit le
Narrateur qui se met à songer à la Terre
Atome d'un moment
qu'il se dit aussi car

Il est allé à l'école cependant que dans
L'Infini criblé d'étoiles il se passe on
Ne sait quoi car tout nous est clos vous
Pouvez pas comprendre cherchez pas voilà
Qui nous dépasse contentons-nous du sort
Qu'on doit gérer chaque jour toujours la

Même comédie quelle comédie masques nous
Autres toujours vices chagrins spleen et
Maladie on en a plein le sac que nous le
Trimbalons le sac et nos chimères dedans
Qui s'agitent dans notre dos pis dans le
Trou nous & les beaux pissenlits d'or au
-dessus c'est que nous ne sommes que par
Hasard qu'c'en est déprimant qu'si seuls
Sommes que j'vais m'faire des frites pis
Ecouter un disque à Vian ou à Salvador.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 14:26

AH QUE LA VIE EST QUOTIDIENNE

 

"Ah ! que la Vie est quotidienne..."
(Jules Laforgue, Complainte sur certains ennuis)

 

On peut pas mieux dire
Routine et soucis tant
Qu'on est jusqu'au cou
Dedans à faire c'qu'on
Peut pis c'est l'ennui
Qui nous court après &
Qu'pour y échapper des
Trucs d'autres trucs &
Des épatants on se met
Sur le dos que ça nous
En procure de nouveaux
Soucis des inédits des
Qu'on savait pas & des
Frissons aussi tout ça
Pour avancer plus vite
Que l'ennui & sa marée
Grise qu'on l'voit pas
Le temps passer malgré
Routine et soucis tant
Qu'on est jusqu'au cou
Dedans à faire c'qu'on
Peut & pis on peut pas
Tant que ça & alors on
Se dit tant pis et que
La Vie est quotidienne

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 13:13

ET ZOU DANS LE TROU ET HOP DANS LES TAUPES

 

"Pas un jour où, poltron, je ne pense à la mort."
(Jules Laforgue, Citerne tarie)

 

En dehors du fait que j'écoute et zieute
Itou sur Télé Mélody la Sylvie Vartan du
Temps où elle chantait des fantaisies où
Qu'ça swinguait et des mélancolies aussi
Arrête de rire Arrête Je t'aime qui dans
Une chanson bien faite passe pendant que
Dans la vie réelle ça vous met grotesque
Aussi sec en feuilletant mon Laforgue je
Tombe sur ce vers qui dit qu'pas un jour
où poltron il ne pense à la mort que moi
Pareil pas un jour sans songer au trépas
A l'autre là qui viendra me priver de la
Présence du monde même que je serai tout
Dilué dispersé moléculé dans l'air et ce
Qui me rend songeur aussi c'est que leur
Beauté à certaines que je connais finira
Dans le sol à pourrir chair je l'imagine
Le merveilleux visage figé macabre bel &
Bien mort le corps lourd livré à la boue
Originelle aux vers recycleurs quand j'y
Pense j'ai du mal à y croire vraiment et
Pourtant comme ça qu'ça se passe et peut
Même arriver n'importe quand une rupture
D'anévrisme & zou dans le trou la loulou
Arrêt cardiaque & hop chez les taupes la
Copine qu'on s'dit autant que de petites
Vieilles qu'elles deviennent très ridées
Qu'elles aient le temps d'en profiter et
De passer le reste de leur âge peinardes

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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