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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 13:13

ET ZOU DANS LE TROU ET HOP DANS LES TAUPES

 

"Pas un jour où, poltron, je ne pense à la mort."
(Jules Laforgue, Citerne tarie)

 

En dehors du fait que j'écoute et zieute
Itou sur Télé Mélody la Sylvie Vartan du
Temps où elle chantait des fantaisies où
Qu'ça swinguait et des mélancolies aussi
Arrête de rire Arrête Je t'aime qui dans
Une chanson bien faite passe pendant que
Dans la vie réelle ça vous met grotesque
Aussi sec en feuilletant mon Laforgue je
Tombe sur ce vers qui dit qu'pas un jour
où poltron il ne pense à la mort que moi
Pareil pas un jour sans songer au trépas
A l'autre là qui viendra me priver de la
Présence du monde même que je serai tout
Dilué dispersé moléculé dans l'air et ce
Qui me rend songeur aussi c'est que leur
Beauté à certaines que je connais finira
Dans le sol à pourrir chair je l'imagine
Le merveilleux visage figé macabre bel &
Bien mort le corps lourd livré à la boue
Originelle aux vers recycleurs quand j'y
Pense j'ai du mal à y croire vraiment et
Pourtant comme ça qu'ça se passe et peut
Même arriver n'importe quand une rupture
D'anévrisme & zou dans le trou la loulou
Arrêt cardiaque & hop chez les taupes la
Copine qu'on s'dit autant que de petites
Vieilles qu'elles deviennent très ridées
Qu'elles aient le temps d'en profiter et
De passer le reste de leur âge peinardes

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 11:28

Ô MANDARINES DES JANVIERS

 

"Ô mandarines des Janviers"
(Jules Laforgue, Complainte variations sur le mot "falot, falotte")

 

Et je sais pas ce que c'est
Les mandarines des Janviers
Qu'ça fait rêver ces fruits
Sucrés un peu acidulés mais
Qu'il fait trop froid givré
Vraiment dehors on sort pas
Qu'les gens se dégringolent
La carcasse & se la cassent
La guibolle sur le trottoir
Patinoire qu'c'est glissant
Si qu'on en reste à la casa
A manger des mandarines pis
A s'fasciner pour faces pis
Fesses longs nez gros nénés
Tout c'qui passe à la télé.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 10:34

PASSER DES IMPERMEABLES

 

"Vous passerez, imperméables"
(Jules Laforgue, Complainte des complaintes)

 

Bin oui, c'est comme ça
Quand il pleut, on voit
Passer des imperméables
Pis des parapluies, des
Frimousses mouillées, &
Des gens qui s'pressent
Vers la gare prendre le
Train sous la pluie, la
Pluie, pluie pluie floc

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 09:10

CABOCHE DEDANS
De la tendance qu'ont les humains à se massacrer puis de Céline, son Le pont de Londres, folio n°230.

 

1.
Vent qu'il fait pas beau temps Un nouveau jour
Fatigué vague me sens état habituel c'est qu'i
Y a tout un tas d'petits machins à faire qu'ça
Me saoule d'avance Plutôt envie d'écrire de me
Laisser aller à la scribouille fantaisie C'est
Que faut bien aller se rendre utile A la radio
On pérore sur la Syrie encore & toujours qu'ça
S'massacre allégrement des deux côtés qu'on en
Trouve des raisons et des symboles forts et de
L'explication à Bah faut être plus réaliste La
Vérité toute crue c'est qu'les humains ont une
Grande tendance à se mettre sur la gueule à se
Massacrer dès qu'ils le peuvent Pas du tout je
Crois qu'un jour les humains tous frères et la
Fin de l'Histoire la Paix Universelle qu'c'est
Du blabla j'en suis persuadé Comment autrement
Qu'ils feraient qui croissent & se multiplient
Les humains multipliant ainsi les occasions de
Pas s'entendre se jalousant se querellant pour
Des territoires des femelles des diamants pour
L'or le pétrole et pis s'inventant toujours de
Quoi se fâcher des dieux bafoués des vendettas
Fabuleuses des trahisons terribles Entendue la
Vérité une fois qu'un philosophe il aurait dit
Que la conscience était un désir de mort de la
Conscience de l'autre ça m'étonnerait pas plus
Que ça qu'on l'ait couteau la conscience.

 

2.
"Et de rire pour si peu de chose !" C'est
une grâce Je chope ce bout de phrase dans
Le pont de Londres de Céline Les chats du
Miaulement au matin Zont faim Leur donner
A manger faut donner à manger aux chats &
Puis revenir aux vers justifiés aux bouts
De phrase à Céline façon "Il me répond la
hargne..." Une manière de la hargne Bouts
De phrase Crocs Mords La belle mélodieuse
L'a explosée Céline elle s'agite en bouts
de en morceaux de.

 

3.
"j'exécute impeccablement, recta, subito"
(Céline, Le pont de Londres, p.227)

 

C'est ça qui faut impeccablement exécuter
C'est ça qu'ça demande exister Austerlitz
Impeccable mais c'est fatigant en fait on
Sait pas faire toujours impeccable on est
Dans la bricole le coup de dé le tiens ça
Aurait pas dû arriver et le on a eu de la
Chance c'est ça qui fait l'anecdote & sel
De la vie et le merde alors évidemment il
Y a l'administration elle limite la casse
L'administration on peut pas pour tout le
Laisser délirer le dieu aléa ah les cons.

 

4.
"Je lui fais signe loin... loin... plus loin toujours..."
(Céline, Le pont de Londres, p.398)

 

Les humains des sémaphores des bornes à signes
Et puis souvent de loin en loin qu'on fait des
Signes à l'un tandis qu'on se rapproche de tel
Autre selon nos intérêts & qu'on s'en donne de
La raison pour Qu'il est plus sympa Qu'elle la
Vipère que c'est Qu'on n'a pas qu'ça qu'à J'en
Dis mézigue que j'ai jamais aimé faire signe &
Pis maintenant j'ai la caboche y a vraiment du
Chien dedans que je réponds en français poli &
En vrai dedans ma p'tite tête j'aboie wah-wah.

 

5.
"Elle me montre Virginia.
(Céline, Le pont de Londres, p.145)

 

La Virginia qu'il évoque là le délirant
Narrant appétissante évidemment En fait
Pas tout un descriptif La "jupe courte"
Suffit Surtout "presque aux cuisses" La
Jupette ça dit tout déjà Après c'est de
L'appréciation physiologique du médical
De l'oeil toubib carabin plutôt amateur
Que Céline ça s'dit ça qu'il fut mateur
Qu'il s'en fourra de la cuisse plein le
Regard de la bien "roulée" endurante vu
Que "musclée" qu'on en mangerait pisque
"dorée" ah le morceau dis que c'est pas
La peine d'en rajouter qu'on peut qu'la
Remarquer la "remarquable forcément" ça
Donne à voir comme i disent les poètes.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 23:54

SA NUIT LUI-MÊME AU BOUT

 

Foudre queue de lézard soleil brûlant forcément
Voilà que j'associe des mots des images V'là le
Temps qui passe sable s'estompant des visages &
La chair apparaît Vous imaginez le tableau type
Couverture de pocket de Science-Fiction la face
Blanche masque d'un visage des yeux sans yeux &
Je regarde des statues leurs yeux sans yeux une
Face d'où s'écoule le sable s'effrite le masque
De sable qui couvrait le masque de chair Evoqué
A la télé le film Cria Cuervos tourné par Saura
Carlos en 1975 film de la fin du franquisme qui
Marque un glissement film du glissement entends
-je dans la bouche d'un critique glissement une
Chanson fit beaucoup pour la popularité du film
C'est le fameux Porque Te Vas la fille si jolie
Qui chantait cela Jeanette comme cela un n deux
t je crois Jeannette ? avec deux n deux t oh je
Sais pas glissement donc entre le rigide régime
De Franco & les débuts d'une démocratie qui fut
Vue de France si colorée d'abord grâce au grand
Pedro Almodovar & ses baroques fantaisies aussi
Ses baroques actrices Jeudi 16 mai 2013 pas mal
Plu aujourd'hui on se croirait en automne voilà
Une phrase d'une telle banalité qu'un bon début
De roman qu'elle ferait aujourd'hui la pluie et
Demain pas d'soleil je sais pas pas vérifié sur
La chaîne météo "C'est pas d'vot' temps, c'est
du mien" entends-je dans Belles de Nuit de René
Clair le temps n'est personne et il est tout le
Monde et toujours différent et le not' temps et
Le vot' temps c'est l'illusion qu'il y a eu une
Epoque où nous avons collé à l'époque et adhéré
Au temps qui passe Tête vide vais au travail je
Dis ceci pis je suis chez moi ce matin que j'ai
Ecrit ça vais au travail ne l'aime pas trop pas
Trop mon travail surtout quand j'y vais mais au
Retour je le préfère n'empêche qu'organisé qu'i
Faut être pour mon travail & je l'suis pas trop
Organisé demande d'avoir le goût de l'humanisme
Mon travail aussi j'en suis bien incapable même
Que je me dis souvent l'humanisme quelle blague
Que je devrais avoir honte ma compagne elle est
Pas deux fois trop bien comme on dit elle ne va
Pas aller travailler aujourd'hui et puis demain
Non plus sans doute sept heures de cours j'ai à
Tirer traîner quel ennui quel sidérant ennui un
Abyssal ennui quand j'y songe en fait il suffit
De s'y mettre & puis ça passe plutôt assez vite
Qu'on la regarde pas trop la montre j'arriverai
Peut-être à prendre des notes en fait non quand
On y est on est happé par untel occupé encombré
Sollicité tout blanc le train bizarre que blanc
Il soit le train quand j'y pense chez moi en la
Notant cette note je le vois pas si blanc blanc
Blanc un train blanc un loup blanc dans la nuit
Qui file dans la nuit qui vole dans la nuit les
Tapis blancs de la nuit pis des tigres blancs &
Leurs yeux blancs & leurs dents blanches dedans
J'ai dû m'endormir j'ai du Charlebois partout &
Le train a du retard plein de monde du coup Une
Fille monte avec un carton peint la grosse face
Dessus elle a de gros yeux rouges me semble des
Filaments jaune vif Il y a Paris Céline un truc

Epatant Dans l'étrange lucarne le Ferdine verts
Aussi des filaments sur le carton peint du bleu
Certainement du gris pis du noir tas d'nouilles
Tragiques enfin tragiques j'extrapole l'artiste
Une jeune fille elle a l'air tragiquement vague
Elle pâle on est dans le Nord puis il pleut qui
Aide pas à réjouir les faces puis je me demande
S'il va pas être un peu mouillé son carton à la
Demoiselle qui dessine On y croise des lorettes
Des grisettes des midinettes
C'est le narrateur

De Paris Céline qui cause Lorant Deutsch évoque
Le Passage Choiseul de la mômerie Céline çui-là
Des Bérésinas comme il l'a écrit le génial j'ai
Le bic qui court je zieute la moquette grise du
Train dehors ça cambrousse verdouille entre les
Gares ce matin dans le bus à la radio emploi du
Néologisme asticouiller canular téléphonique un
De ces trucs à la mords-moi qu'on a envie de le
Frapper le fâcheux trompant à propos de coqs de
Poules et de coques de téléphone le canular une
Bêtise Jaune et bleu le train croisé j'apprends
Dans Paris Céline qu'à Meudon le maugrée génial
Scribe le féerique des gouffres il avait appris
A son oiseau jacteur Dans les steppes de l'asie
centrale et J'ai du bon tabac du style encore à
Mêler argot des gueux & tournures savantes puis
Vieille chanson et grande mélodie ah l'opéra du
Fou & sur sa pierre tombale un trois-mâts gravé
Au Céline puisqu'il les a fort roulées sa bosse
Sa carcasse sa caboche cinoque sa nuit lui-même
Au bout.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 mai 2013

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 09:04

SOURIS DES ASTRES CHAUVES

 

1.
Je ne songe souvent aux femmes que je connais qu'occupées à m'aboyer dessus.

 

2.
J'aime beaucoup les musiciens amateurs. Tant de constance, tant de bonne volonté pour aller massacrer des chefs d'oeuvre. C'est admirable.

 

3.
"Et dégonfler mon coeur crevé de sanglots sourds"
(Jules Laforgue, Excuse mélancolique)

 

Façon cornemuse, le palpitant, cornemuse chue, qu'en finit pas de la mugir, sa dernière note. Musicalement, je sais pas si c'est possible, mais c'est marrant. En tout cas, moi ça me marre. Vous me direz, Houzeau, c'est bien connu, i rigole pour un rien. Tout à fait, même que c'est la fée comique qui m'a gondolé au berceau.

 

4.
"Les mondes penseurs s'errant au Soleil !"
(Jules Laforgue, Complainte des mounis du Mont-Martre)

 

Dans l'espace, elles passent... têtes pensives, les mondes... tournent sur elles-mêmes... toupies qui cogitent... pour la Terre, c'est tout vu, ses pensées à la tête de fantômas, c'est nos pommes.

 

5.
J'entends aujourd'hui à la radio qu'il paraît qu'il y a une vidéo qui circule sur Internet montrant un rebelle en Syrie occupé à porter à sa bouche des bouts de foie et de coeur arrachés à des soldats qu'il vient d'égorger. Certains en concluent qu'il ne faudrait pas livrer des armes à une si sanglante rébellion. Hyprocrisie ! Les guerres révèlent toujours des monstres qui, en temps de paix, entament tôt ou tard une carrière de tueur en série. Cela ne signifie évidemment pas que l'ensemble des rebelles syriens passent leur temps à manger foie et coeur de leurs ennemis, lesquels sont aussi syriens qu'eux. Il convient donc que les grandes puissances se mettent d'accord pour mettre fin, d'une manière ou d'une autre, à ce conflit qui n'en finit pas de pourrir. Aider la rébellion en lui livrant des armes me semble une option sérieuse. Bien qu'évidemment, la Russie, n'est-ce pas, quel souci ! Du reste, est-on sûr que toutes les options politiques ont été exploitées ? En fait, nous autres, occidentaux consommateurs d'informations, nous ne savons de la Syrie que ce que les médias veulent bien nous en dire, que ce que les Maîtres à penser et autres donneurs de leçons nous martellent dans leurs éditoriaux. En fait, on ne sait rien des Syriens.

 

6.
La guerre, un serment d'ivrogne, un jamais plus qui revient toujours.

 

7.
Utiliser la métaphore du "camp de concentration déguisé en Luna-Park" pour parler du libéralisme économique est une connerie. C'est au contraire dans les pays où l'on nie le lien entre libéralisme économique et libéralisme politique que se multiplient les contrôles, les camps d'internement, de rééducation, de concentration.

 

8.
Je ne doute pas que la Chine actuelle soit le modèle secret de bien des conservateurs. Un Etat qui allie toute la puissance du parti unique à la liberté des marchés, quel rêve pour un assoiffé de pouvoir !

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 mai 2013

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 01:40

DOUZE GRONDES JE SUIS COMME JE SUIS

 

1.
Chansons... conneries bien dites... pas toujours bien dites, mais toujours des conneries... enfin, il y a quelques exceptions, surtout chez les ironiques.

 

2.
Ceci dit, c'est aussi pour la performance technique que j'aime les chansons, la régularité de la métrique, le cadre rythmique dans lequel s'inscrit l'astuce... et puis les romans racontent autant de conneries, mais une chanson a toujours l'avantage de la brièveté.

 

3.
L'amour est quand même ce qu'on a inventé de mieux pour oublier que l'on n'est que viande.

 

4.
Ce que je dis de la chanson vaut plus encore pour la poésie... Pire encore qu'elle est la poésie, qu'elle a des prétentions au sérieux, et même à l'universel, la pisseuse de rimes, la regarde-moi comme je suis humain.

 

5.
"Un frisson me secoua. - Certes, j'ai du génie"
(Jules Laforgue, Les Boulevards)

 

Ou de la fièvre.

 

6.
Je n'ai jamais eu assez d'argent pour être véritablement méchant. Je ne suis jaloux que médiocrement.

 

7.
J'ai passé une grande partie de mon temps à faire mentir ce jugement un peu sot que, fort heureusement, je n'ai entendu que deux fois dans mon existence : "Tu es quelqu'un de bien." Stupidité. Les gens qui se vouent aux autres sont des gens bien. J'en suis bien incapable.

 

8.
J'espère que la Suisse ne commettra jamais cette sottise de renoncer au secret bancaire. Il faut bien que l'argent des voyous serve à quelque chose.

 

9.
Bistrot... la petite vieille édentée n'arrête pas de parler... des presqu'aussi vieilles se moquent d'elle... elle commence à me raconter sa vie... souvent que ça tombe sur moi que des petits vieux me la racontent, leur vie... je dois avoir une tête à ça... ou alors ils me voient déjà comme un des leurs... un défait, un décomposé.

 

10.
J'ai la plus grande admiration pour Céline. Mais, bien sûr, si, par quelque hasard spatio-temporel, j'avais habité le même quartier que le Maître du Voyage, je ne l'aurais pas salué. Faut pas charrier non plus.

 

11.
J'envie cet écrivain américain, - à moins qu'il fût anglais - qui ayant gagné beaucoup d'argent en composant des polars, a passé le reste de son âge dans quelque banlieue cossue, suisse, discrète, propre, incognito et ignorant superbement ses voisins.

 

12.
Il y a un clip des années 70 dans lequel Kiki Dee chante en duo avec Elton John une fantaisie appelée Dont' Go Breaking My Heart. A un moment, elle a l'air surprise, la Kiki, que l'Elton l'attrape par l'épaule. Bien feinte, la surprise. Bien foutu, le clip. Kiki Dee a l'air d'une caissière de Prisunic, ou d'une fille qui aimerait bien devenir instit', le contraire de la prétentieuse, au moins dans le clip. J'aime beaucoup la Kiki Dee de ce kitch clip là, rafraichissant et ridicule.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 mai 2013

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 20:58

SON ÂME SE PENCHAIT
Notes sur Dernière évasion de Tatave Wacheux, de Nicolas Wallart, éditions Henry, 2011.

 

1.
"La silhouette d'un chien efflanqué poursuivait celle d'un cavalier faisant corps avec sa monture."
(Nicolas Wallart, Dernière évasion de Tatave Wacheux, p.45)

 

Donc, un ouah-ouah maigre filochait un quidam à dada.

 

2.
Page 42, y a du style indirect libre ("Il pouvait se vanter d'être libre !"), ce qui doit avoir affaire avec le titre ("Dernière évasion"). L'auteur précise que nul ne pouvait le voir, son personnage, rapport à ce que, portant une "cognée à l'épaule" et qu'il "n'y avait même personne pour apercevoir" ladite cognée. L'auteur précise aussi qu'il "traversait comme dans un rêve un quartier ancien, par certains côtés à l'abandon." Voilà qui fait songer. Le "quartier ancien", c'est la persistance du passé, son entêtement à perdurer dans un présent qui galope. Dans le syntagme "par certains côtés à l'abandon", je relève la géométrie un peu délabrée du coin. Le côté étrange, c'est que le personnage traverse cela "comme dans un rêve". On comprend après qu'à ce moment là, "sa place était sûrement dans un lit". C'est donc nocturne. Peut-être est-il somnambule ? Peut-être rêve-t-il qu'il traverse comme dans un rêve un quartier ancien ? D'où peut-être le "par certains côtés à l'abandon" comme si son rêve éludait une partie du décor. Peut-être donc dort-il, rêve-t-il cette "cognée à l'épaule" ? Ailleurs, dans le je ne sais où de celui qui ne sait pas.
- "Mais enfin, Houzeau, c'est pas ça du tout ; vous avez pas lu le roman ?
- Non."

 

3.
"afin que le destin entrât directement sans frapper."
(p.64)
Le destin frappe. C'est le verbe qui le caractérise le mieux. Sinon, il favorise. Ici, c'est le deus ex machina des fictions qui le favorise, le destin, en laissant la croisée grande ouverte, par où il viendrait "le souffle glacé du Seigneur de la Mort". Mélancolique, c't'affaire.

 

4.
En préambule au roman, deux citations : la première nous rappelle que l'humain est un grand amateur de férocités (du reste, la société est bien faite, certains en font leur métier) et l'autre est courte mais exemplaire dans le genre emphatique :
 

"Tout un continent littéraire s'est abîmé dans l'océan des âges." (Maurice Lever, Le Roman français au XVIIème siècle, P.U.F, 1981).
 

"l'océan des âges" : fichtre ! zimaginez les raz-de-marée, le temps déferlant en vagues énormes, nous flanquant Napoléon, son dada et son fidèle Mamelouk dans une foire à la saucisse, ou une étape du Tour de France, ou encore un parking de supermarché ; zimaginez la cour à Louis XIV transtimée (de l'anglais "time") lors d'une séance de questions à l'Assemblée Nationale, ou, tiens, dans l'une de nos cités, où il s'en passe des choses disent les uns, mais non pas tant que ça disent les autres, cependant que tout le monde s'accorde pour éviter d'avoir à y mettre les pieds. Pour ce qui est du "continent littéraire", je ne doute pas un instant qu'il doit y avoir une masse pas possible de chefs d'oeuvre oubliés, eh oui, c'est comme ça, que voulez-vous, on est bien peu de choses, allez...

 

5.
"Tout un continent littéraire s'est abîmé dans l'océan des âges" : Sans doute la littérature de l'Atlantide.

 

6.
"Des caveaux monumentaux prolongent la vie d'humains..."
(p.26)
Gothique. Des fois, les prolongés, ils doivent se sortir les os et se promener dans le patelin. Ils font ça la nuit, bien sûr, quand la lune est à son plus mince sourire, ou alors quand elle est pleine comme un oeuf de serpent. Ce qui fait assez régulièrement des soudain devenus fous et des delirium tremens gratinés.

 

7.
A un moment, Tatave Wacheux écrit à sa soeur Lyse, pour la convaincre de ne point renoncer à ses voeux (elle veut se faire nonnette, si j'ai bien compris). Il évoque quelque "château de cartes intérieur". Une note nous apprend qu'il s'agit d'une "allusion faite au Château intérieur de Thérèse d'Avila." En dehors du fait qu'à l'intérieur de nous autres tous, c'est surtout très organique, l'expression "château de cartes intérieur" me plaît, qui rappelle combien parfois nos résolutions sont aussi solides que baratte de beurre en plein soleil.

 

8.
"en soulignant bien la réalité de leur passage sur Terre."
(p.28)
C'est aussi à ça qu'elles servent les épitaphes... Kilroy was here... si on doutait que ces morts fussent ces vivants.

 

9.
Si j'ai bien compris, pour signifier la mort qui vient, Nicolas Wallart, page 65, imagine que l'âme de son personnage s'installe au bord de ses lèvres et, "comme sur un rocher, ou encore l'arête d'une poutre", se penche. Si elle saute, c'est donc dans un gouffre, le néant, la dissolution dans l'air. Le propos est original. C'est pour ce genre de paragraphe que je ne regrette pas d'avoir acheté Dernière évasion de Tatave Wacheux, de Nicolas Wallart, Editions Henry, Montreuil-sur-Mer, 2011, avec une belle illustration de couverture signée Isabelle Clément.

10.
"- Donc, ce roman, Houzeau, vous ne l'avez pas lu ?
- Non.
- Pourquoi achetez-vous tous ces livres, alors ?
- Pour pouvoir en dire des bêtises."

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 mai 2013

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 09:34

DES FOIS CHARLES
Les Fleurs du mal, Baudelaire.

 

1.
"Mais la douce guerrière"
(Sisina)
Oxymore, c'est déjà du barbare, ça, l'oxymore, de l'alliance périlleuse, même qu'il y a "occis" dedans, et "mort" ou "more" (si l'on veut de l'angliche) : c'est tout dire.

 

2.
"A l'âme charitable autant que meurtrière"
(Sisina)
Des fois, on tue ; des fois, on tue pas. Des circonstances qu'elles dépendent nos vies. Si on savait. C'est qu'les gens sont doubles tellement que vous croyez saluer un doux papa et qu'en fait c'est Barbe Bleue.

 

3.
"Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde"
(La Chevelure)
Eh bé, faut s'lever de bonne heure, et être sacrément méritant. Sinon, mépris, dédain, auberge du cul tourné, canapé.

 

4.
"Ils marchent devant moi, ces Yeux pleins de lumières"
(Le Flambeau vivant)
Charles, à mon avis, facile qu'il s'hallucinait... le pigeon absolu... deux mirettes brillantes, le minois mignon, la poitrine généreuse, et il vous inventait un autre monde... ah qu'est-ce qu'on a ri !

 

5.
"Je l'entends bien qui coule avec un long murmure"
(La Fontaine de sang)
Il cause du sang ; ça pourrait être le temps aussi bien... Charles, des fois, il s'écoutait...

 

6.
"Où je hume à longs traits le vin du souvenir"
(La Chevelure)
Il l'avait enivrante, la souvenance, Charles... ça devait s'bousculer polichinelle dans sa caboche... Tout comme la Sonia de Daninos, plein de noms sans tête et de têtes sans nom ; du coup, l'atroce patchwork, le collage ignoble.

 

7.
"Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur."
(La Chevelure)
Les "bras des vaisseaux"... original... ça colle cependant... génie de Baudelaire... on voit les voiles... de toute façon, s'agit pas de vaisseau, mais d'une gonzesse... et une gonzesse, ça a des bras, évidemment, "pour embrasser la gloire"... qu'elles croient.

 

8.
"Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre"
(Le Vin des chiffonniers)
Le vent, i bat, il a toute une clique pour faire la claque, pis i tourmente, il vous hue quand vous passez.

 

9.
"Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau"
(Pièce XLII)
Danse quoi ? Le cha-cha-cha du fantôme ? un tango spectral ? une samba du diable ? La java du revenant ?

 

10.
"Son haleine fait la musique,
Comme sa voix fait le parfum !"
(Tout entière)
Intéressant... on peut imaginer une campagne combinant des clips publicitaires pour un dentifrice et la promotion du dernier album d'une quelconque secoueuse de hanches à lolos.

 

11.
"La Débauche et la Mort sont deux aimables filles"
(Les deux bonnes soeurs)
Des "aimables filles"... Il antithèse, Charles, il fait son paradoxal... "La Débauche et la Mort", vous pensez... la Salope et la Camarde.

 

12.
Turlute et Panpan font tourner le monde. Le Bon Dieu aussi. Autant qu'ils s'entendent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 mai 2013

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 15:48

VERS UNE POESIE LISIBLE

 

Entendu dire récemment par un éditeur songeur, que certains souhaitaient que les poètes, désormais, composassent de la poésie plus accessible, moins expérimentale, moins hermétique, et qu'en conséquence, les éditeurs de poésie (gens admirables) ne publiassent que du lyrique contenu par une juste pudeur (on écrit des sottises sentimentales, mais avec sobriété, on a sa dignité), avec dedans de l'humain, du paysage (avec vaches et arbres centenaires, témoins des travaux et des jours de nos anciens, dont traîne, au détour d'un vers, quelque chapeau déformé par les cruelles mains du temps, lequel passe, lasse, casse, agace car certes, vous fûtes chipie à couettes, mais vous voilà femme maintenant, et fichtre boudjî nom d'une pipe quel morceau ! - excusez-moi, je m'égare) donc de la poésie avec terroir, de l'urbain humaniste, du citoyen, de la poésie normale quoi, de celle qu'on pourra faire apprendre à des tas de mômes sans craindre la malice hermétique, laquelle, des fois, sous ses airs de Cassandre parle, vous flanque de ces jeux de mots d'un genre à l'manach Vermot que l'on s'en aperçoit toujours trop tard (ah quels comiques, ces hermétiques !). Ils espèrent, ces amis de la poésie pour tous, que le public viendra plus facilement à une littérature plus simple, plus lisible, plus décorative.
Je ne doute pas qu'en effet, si Picasso, au lieu de peindre des grands yeux tout décalés dans des visages qu'on dirait des masques mortuaires, de ces visages de terre cuite qu'on mettait dans les tombes, ou même qu'on dirait les divinités d'un monde parallèle, si Picasso, dis-je, avait peint de paisibles vaches observant d'un oeil plus aigu qu'on ne le croit (d'ailleurs, on dirait qu'elles vont parler) le promeneur solitaire et plein de profondes pensées, arpentant la terre de nos ancêtres (ceux qui se lançaient des noix de coco en poussant des cris aigus), et cheminant dans le chemin comme s'il avait quelque chose à y faire, cependant qu'au loin et le respect de la perspective, un ancien, le chapeau déformé par les mains cruelles du temps (qu'on ne voit pas, mais qu'on devine ; d'ailleurs, on dirait qu'elles vont parler), croque une pomme rouge de chez nous, ridée comme une vieille, parce que, s'il poursuivait une fille de ferme, ce serait répréhensible, et s'il buvait au goulot un litre de blanc, ce serait pas un exemple pour les enfants des écoles, voyons, gageons donc que si Picasso, au lieu de peindre Guernica - quelle horreur, tous ces corps torturés comme si on les massacrait ! - avait peint quelque scène d'un jour de foire agricole de nos provinces, avec les yeux en face de leurs trous, aux vaches, et chapeaux déformés par les mains cruelles du temps, il aurait été beaucoup plus lisible, plus exemplaire, plus moral, et même, osons le dire, plus normal.
Donc, sus à Char, haro sur le Michaux, boutons Breton, ardons Artaud, gardons un peu d'Eluard (des fois, on comprend ce qu'il dit), un peu plus d'Aragon (le parolier de Jean Ferrat), les chansons de Prévert, celles de Guy Béart (là, c'est épatant, on comprend tout) et écrivons des poèmes lisibles, des poèmes d'amour, d'amitié et du temps qui passe, des poèmes barbeliviens. Et c'est sûr, ça plaira tellement, qu'on va s'en mettre plein les fouilles, tellement qu'on en vendra, du lisible.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 mai 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES ET COMMENTAIRES
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