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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 04:51

TOUT EST DIRE C'EST TOUT DIRE

 

"Dire que Tout est un Très-Sourd Mystère"
(Laforgue, Complainte des Mounis du Mont-Martre)

 

Tout est dire Que Très-Sourd Mystère le
Sphinx pourtant a des oreilles C'est un
Trait d'union entre l'énigme et nous un
Go-between D'ailleurs le sphinx nous en
Connaissons un bout sur lui et rien des
Mystères qu'il défend.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 04:40

C'EST PAS DIEU POSSIBLE

 

"C'est qu'il croit à l'Enigme et qu'il espère encor."
(Jules Laforgue, L'Espérance)

 

C'est de cet amour des énigmes que l'humain
Tire sa science et sa fantaisie de l'infini
Des possibles du langage C'est pas Dieu qui
Tient son empire dans les syllabes c'est la
Foule des figures mystérieuses des démons &
Des anges des autres & des nombres fort peu
Disciplinée foule et tapageuse et remuante.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 04:26

TROU A TARTE

 

Tout est dur et sans coeur et plus puissant que toi.
(Jules Laforgue, Résignation)

 

Et c'est fort heureux car cela nous permet
De cracher de pester de douter nous battre
Quoi manquerait plus qu'ça que l'univers i
Soye miséricordieux sympathique aimant Une
Catastrophe pour la révolte existentielle!

 

Ceci dit je me demande bien ce que ça veut
Dire révolte existentielle une révolte qui
Vous tient lieu de projet d'existence sais
Pas moi la révolte c'est tout de même bien
Fatigant bah c'est un truc de héros ça une
Manière d'améliorer le sort des humains ou
Pas d'ailleurs Un héros est-il fatal qu'il
Soit bénéfique je m'demande En attendant y
A là-haut un drôle de trou là-haut au loin

Là haut au loin loin loin l'aspirateur des
Ténèbres là un de ces jours notre héroïque
Planète il va l'aspirer l'aspirateur & zou
On pass'ra trappe trou à tarte du néant.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 03:52

AH ! POURQUOI DONC

 

"Mon coeur... Ah ! pourquoi donc ai-je un coeur ?
Ah ! pourquoi"
(Jules Laforgue, Litanies de mon triste coeur)

 

Pour qu'il batte en toi et te dise sans cesse
Pourquoi à toute heure sans cesse pourquoi et
Te rappelle à toute heure sans cesse pourquoi

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 03:40

PIS SANS UN

 

"- Prés et bois vendus ! Que de gens,
Qui me tenaient mes gants, serviles,
A cette heure, de mes argents,
       Font des piles !"
(Laforgue, Complainte des grands pins dans une villa abandonnée)

 

Très drame russe que ça fait comédie
A la Tchékhov que ça fait Le proprio
Qui s'a fait rouler par un margoulin
& sa propre négligence un peu trop à
Discuter des moralistes français que
Le temps passait & les bouteilles de
Vodka aussi les bonnes & les cousins
Que le temps passait passa & sans un
Qu'il se retrouva prés & bois vendus
Et tout le monde qui se sert dans la
Maison d'où elle est partie la belle
Et si intelligente nièce même que là
Il faudrait un prénom en -a que j'ai
Pas sous la main tant pis.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 03:11

L'ESPOIR TOUJOURS L'ESPOIR

 

"L'Espoir ! toujours l'espoir !"
(Jules Laforgue, L'Espérance)

 

L'Espoir ! toujours l'espoir ! qu'il dit le
Poète Jules C'est vrai que sans l'espoir on
Aurait quoi la queue entre les jambes comme
Le loup de la fable qu'on se rêve si facile
Loup des steppes et puis qu'on est que loup
Des fables mais que quand même des fois ils
Sortent des rimes les loups puis ça fait du
Crime un peu partout c'en est désespérant.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 12:44

TRAITS D'AUTOPORTRAIT

 

1.
L'humain est celui qui vérifie à n'en plus finir que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Vous savez quoi, c'est d'ça qu'il crévera.

 

2.
Guerre civile, morts d'hommes, et morts d'âme.

 

3.
Nous aimons la beauté pour les promesses qu'elle ne tient pas.

 

4.
Et dire que personne n'a dit à mon propos : Houzeau, la fée qui s'est penchée sur son berceau, elle devait s'appeler Vipère. Quel manque de reconnaissance !

 

5.
"J'm'acolyt' trop avec moi-même" : C'est un vers de la chanson C'est comment qu'on freine, écrite par Serge Gainsbourg et interprétée par Alain Bashung. Une jolie manière de décrire la complaisance, la désinvolture, la nonchalance de bien de nous autres. Le remède, c'est fonder un foyer (avec femme, mari, enfants, voiture, maison, responsabilités) : on n'a plus le temps de penser à soi. On range soigneusement ses disques de Gainsbourg et ses bouquins de Cioran, on ne va plus tout seul au café (ou si peu), et on regarde d'un peu plus près sa fiche de paye. Vous me direz, ça ne marche pas toujours. J'en ai bien conscience. C'est pour ça que je n'essaye même pas.

 

6.
De temps en temps, j'aime bien me fiche de moi. Il faut bien que quelqu'un le fasse, alors autant que ce soit moi-même. Je n'ai pas tellement confiance dans le jugement des autres.

 

7.
Est-il vrai que si, à trois heures du matin, devant un poster géant de Patrick Juvet on répète trois fois Cloclo, Cloclo, Cloclo, alors, dans un bruit de paillettes et de mariachis diaboliques, Guy Lux apparaît en personne ? Certains disent Michel Drucker, mais je ne les crois pas.

 

8.
Sous les pavés, la plage ; sous les tuiles, nos tronches.

 

9.
Quand j'étais jeune, j'étais un p'tit con. On ne dira pas que je ne suis pas resté fidèle à moi-même.

 

10.
Je me souviendrai longtemps avec reconnaissance de cette phrase prononcée par un pote d'alors grenadier voltigeur à Berlin : "I'm stupid : c'est la première phrase que j'ai apprise en anglais."

 

11.
Il faut que je me dépêche ; je suis déjà tellement en avance.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:24

25 %

 

1.
J'entends l'érudit Erik Orsenna ce matin sur France Culture. J'apprends ainsi le sens d'une expression que je n'avais jamais entendue avant : "voir des anges violets". Je la trouve belle cette expression. Erik Orsenna explique que lorsqu'une femme voit des anges violets, c'est qu'elle prend du plaisir. Ravissant.

 

2.
Il est parfois aussi difficile de tirer une vérité de la bouche d'un expert que de faire tourner une table.

 

3.
Assez souvent, il me revient en mémoire les paroles imbéciles de ce professeur d'histoire-géographie qui nous affirma sans rire que la violence de la post-révolution islamiste dans l'Iran du début des années 80 était somme toute "normale", induite par la lutte contre le régime du Shah et par la nécessité, bin tiens, de chasser et pourchasser les éventuels contre-révolutionnaires. En fait, ce discours était crypté. C'était, j'en suis assez persuadé, une manière de dédouaner Robespierre et tous ses coupeurs de tête. A l'époque, un ministre socialiste quelconque avait affirmé dans un meeting (je cite de mémoire) : "Il ne suffit pas de dire que des têtes doivent tomber, il faut les désigner et effectivement les faire tomber." Bien sûr, dans notre démocratie avancée et alors mitterrandienne, c'était purement métaphorique. Curieux tout de même. Heureusement, les socialistes ont depuis belle lurette renoncé à toute tentation révolutionnaire et se contentent, lorsqu'ils sont aux affaires, de gérer le moins mal possible une situation inéluctablement de plus en plus critique, en attendant, bien sûr, que la droite libérale revienne au pouvoir.

 

4.
De temps à autre, les Français votent socialiste pour se rappeler peu après qu'ils sont essentiellement de droite.

 

5.
Comme à chaque fois que le couperet des chiffres du chômage tombe, les médias rappellent cette inquiétante donnée : 25 % des jeunes de 18 à 25 ans sont demandeurs d'emploi. Ce qui demande des explications :
- Est-ce 25 % de la population comprise entre 18 et 25 ans qui se trouve sans emploi, et dans ce cas, si l'on considère que l'enseignement supérieur s'est largement massifié, cela signifie concrétement que l'emploi des jeunes se réduit comme peau de chagrin
Ou :
- Est-ce 25 % de la population des demandeurs d'emploi (tout âge confondu) qui se trouve comprise entre 18 et 25 ans, ce qui, certes, est inquiétant, mais réversible, si l'on considère qu'à terme, le coût du travail étant amené à baisser, l'on devrait sans doute bientôt manquer de main d'oeuvre dans certaines filières.
De toute façon, étant donné que ce chiffre de 25 % n'est pas autre chose qu'une gifle mensuelle flanquée aux pédagogistes, ceux-ci ne manqueront pas de multiplier études et ouvrages plus ou moins savants pour nous expliquer que la situation des jeunes diplômés français s'améliore (c'est dans les chiffres, voyez-vous) et que ce n'est que que parce que d'odieux réactionnaires freinent des quatre fers la nécessaire transformation de notre pays en société laïque, morale et obligatoire que ça ne va pas aussi bien que ça devrait.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 00:20

SINON IRAIT-ON

 

1.
Fleuri de, les tombes, sinon irait-on ?

 

2.
Sans espoir, plus d'âme, comme si... Bah le langage a plus d'un paradis.

 

3.
L'aphorisme dans sa forme la plus sèche, pierre, caillou, os de poulet, moustache de tigre qui troue l'estomac, couteau court.

 

4.
Je ne doute pas que certains ont cru pouvoir d'un seul aphorisme égorger Dieu.

 

5.
Si nous n'avions plus de Dieu à nier, c'est là que réellement nous serions désespérés.

 

6.
"Ni dieu, ni maître" est une devise qui tire toute sa puissance de la puissance des dieux et des maîtres. C'est une devise vampire, une devise parasite. Une formidable bouche d'ombre.

 

7.
L'opium du peuple, on l'a remplacé par une autre fumerie, l'héritage des coupeurs de têtes.

 

8.
Cioran ne cite jamais les noms des gens qu'il critique. Il a raison. A quoi bon citer des noms déjà oubliés.

 

9.
"car ce qui n'inquiète pas est malhonnête" : je tire ce bref du film Les Godelureaux de Claude Chabrol. C'est le perturbant Ronald (interprété par Jean-Claude Brialy) qui dit ça, dandy comme pas deux, dis donc (d'ailleurs, s'il y a d'l'idem, c'est qu'il y a plagiat). Bernadette Lafont y joue aussi ; elle est Ambroisine, la jeunesse en son apparaître, la jeunesse qui fait comme si, qui sait quand même, mais qui fait comme si, magnifique Bernadette Lafont.

 

10.
Ce n'est pas par paresse que je compose des aphorismes, c'est par mépris des complications narratives, c'est par mépris de ce qui fait des histoires.

 

11.
Coin désert et qui grignote, grignote la pièce, la fenêtre, les arbres, la rue, la ville, le ciel, laissant les passants dans le vide. Alors, ils s'en aperçoivent et tombent dans une note.

 

12.
Contre Dieu, évidemment pas d'autres dieux, que la langue, la matière même des dieux.

 

13.
Les dieux ne s'entretuent pas ; nos guerres leur suffisent.

 

14.
Ce que toute convivialité commémore, c'est l'avénement de l'assujettissement de tous par tous.

 

15.
Est-ce par ruse que le politique accepte de passer pour un guignol ? Les chansonniers se moquent de lui ; les intellectuels le méprisent ; le pilier de bistrot lui crache dessus; le plus sot des enseignants s'estime supérieur à ce président tellement inculte et vulgaire. Pendant ce temps-là, le politique dans l'ombre.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 avril 2013

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 16:50

JE ME DIS QU'ELLE EST BELLE
Fantaisie sur le troisième quatrain de L'Amour
du mensonge
de Baudelaire.

 

Je me dis : Qu'elle est belle ! et bizarrement
fraiche !
Le souvenir massif, royale et lourde tour,
La couronne, et son coeur, meurtri comme une pêche,
Est mûr, comme son corps, pour le savant amour.
(Baudelaire, L'Amour du mensonge)

 

Je me dis : Qu'elle est belle ! et bizarrement
fraîche ! Le bizarrement est épatant c'est une
Ironie certes un éloge aussi une manière de la
Placer comme hors du temps la si belle elle si
Souvenir le mot étonne résiste un peu quand on
Analyse J'entends quelque chose de superbe une
Chanson jouée par le Count Basie Orchestra une
Chanson son titre c'est That Kind Of Woman une
Chanson si cool et si swing et si brève que si
Vous passez par elle arrêtez-vous y ça vaut le
Coup donc Le souvenir massif qu'il dit Charles
Voilà qui en impose & je suppose qu'elle n'est
Pas une nymphette la dame et chère indolente &
Pas n'importe qui royale et lourde tour pas du
Commun ça pas du boudin qui court les rues pas
Du tube digestif à rouge à lèvres mais du fort
De la femme du corps de la ronde avec couronne
Qu'il écrit même que si ça se trouve il berlua
La dame en question la rêva reine dans une vie
Antérieure décalé Baudelaire pas synchrone pas
Dans la vraie vie celle des gens ordinaires ou
Pas si ordinaires que ça d'ailleurs ordinaires
Qu'est-ce que ça veut dire ordinaires c'est de
L'illusion ça le normal mystérieux les gens et
Gouffres et corbeaux loups renards les gens et
Qui font ce qu'ils peuvent et bien autre chose
A penser que la poésie et toutes ces écritures
Là qui servent à rien qu'ils ont les gens même
Qu'ils sont pas si méchants même si certains i
Faudrait pas trop s'y fier mais justement l'or
Et l'argent servent à la faire se rendre utile
La communauté des autres et c'est comme ça que
L'on évite bien des crimes voyez donc c'est un
Souvenir Madame et même un souvenir à couronne
C'est vous dire mais le poète lui bien sûr pas
Qu'on la lui fait a l'oeil voit tout vois-tu &
Connaît son secret à l'autre royale là qu'elle
A le coeur meurtri comme une pêche si j'essaie
De me représenter ce coeur en fruit meurtri ça
Me semble assez dégoûtant cette histoire comme
Quoi sous son sein lourd la dame son palpitant
Serait pêchu avec des coups dedans même que le
Noyau on lui verrait peut-être bien vous voyez
Où ça nous mène hein tout ce bazar c'est-y pas
Glauque de reluquer les belles dames mélomanes
Et tout qui vont innocemment à l'opéra écouter
Ténors sopranes barytons débiter de la passion
En déduire qu'elles ont pêche mûre au coeur et
Que leur corps il est mûr aussi pour le savant
Amour qu'il appelle ça le poète que c'en est à
Se demander qu'est-ce que c'est qu'ça encore à
Mon avis c'est du pur jus d'cerveau fantasme &
Co cérébral dans la galipette le Baudelaire je
Soupçonne ça ce qui n'empêche pas le talent la
Beauté des énigmes :

 

Es-tu le fruit d'automne aux saveurs souveraines ?
Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs,
Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines,
Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs ?
(Baudelaire, L'Amour du mensonge)

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 avril 2013

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