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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 01:51

UN AIR DE RITOURNELLE

 

Le couchant de sang est taché
Comme un tablier de boucher;
Oh! qui veut aussi m'écorcher!
(Jules Laforgue, Complainte sur certains temps déplacés)
Que ça a l'air d'une ritournelle cruelle
D'une chanson du décervelage une chanson
D'entame cuir en son début c'est que les
Chansons moi j'aime Les chanteurs je les
Regarde gesticuler à la télé je me dis i
Font quoi i miment nos ridicules et puis
I les disent aussi nos ridicules et puis
C'est une forme hyperrythmique de poésie
La chanson de poésie populaire j'en suis
D'accord et alors la complainte aussi en
Est une de forme de chanson Laforgue ses
Complaintes c'est pour leur rythmique un
Peu braque que je les aime il soumet ses
Tournures à la métrique ce qui donne des
Trouvailles et des gaucheries aussi mais
Peu importe j'y entends quelque piano un
Peu ironique par exemple type crapaud un

Peu aigre égrener des rimes en -ture :
Je n'aurai jamais d'aventures;
Qu'il est petit, dans la Nature,
Le chemin d'fer Paris-Ceinture!
Vous voyez le tableau le chemin d'fer de

Touffes étouffé hérissé d'herbes essaimé
Jungle jugulé grignoté par la verte tout
Coupé serpent que traversent les vipères
A moins que ce fussent des couleuvres Oh
Sans doute ça arrivera ce sera quand les
Humains l'auront chopé le fatal virus et
Disparue l'espèce alors la nature féroce
Reprendra son absence de droits bah nous
N'y sommes pas encore bien que & boudons
Pas notre joie à lire Jules Laforgue :
- V'là l'fontainier! il siffle l'air
(Connu) du bon roi Dagobert;
Oh! ces matins d'avril en mer!

L'eau des fontaines évidemment c'est pas
La mer mais le fontainier est joyeux pas
Comme la mer qui est amère et pleine des
Gouffres amers où les nefs vont glissant
Que même des fois ils en reviennent pas.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 avril 2013

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 23:19

LORSQUE ME VIENT LA PEUR

 

"When I have fears that I may cease to be"
(John Keats)

 

"Lorsque me vient la peur de pouvoir cesser d'être"
(traduction : Robert Davreu)

 

When I have fears that I may cease to be John
Keats commence un poème ainsi avec cette peur
De ne plus pouvoir être de cesser d'être peur
Commune à vrai dire et que nous passons notre
Temps à chasser en nous agitant comme si nous
Faisions conjuration comme si dans nos gestes
Les plus simples les plus triviaux il y avait
Ce refus de se laisser envahir par le Memento
Mori des classiques & comme si nous méritions
Cette éternité John Keats évoque itou le ciel
Etoilé the night's starred face sur lequel il
Déchiffre quelque haute romance épique saga à
Nuages qu'on dirait à y zieuter une charge de
Chars antiques à chevaux puissants et sombres
Se mêlant à une bataille que l'on ne comprend
Pas où les clans changent de camp en fonction
De l'intérêt des divinités qui les meuvent Il
Y a l'expression the magic hand of chance qui
Induit l'image mentale d'une main invisible &
Toute puissante aléatoire capricieuse tendant
Les fils qui nous hissent ou nous chutent Dés
Nous roulons sur un tapis où en fin de partie
Nous finissons enterrés Adieu les plaisirs et
Les joies rires et chansons la beauté étrange
D'une féerie créature d'une heure qu'une fois
Passé d'ici à plus nulle part plus jamais ses
Yeux ne la reluqueront la fair creature of an
hour plus jamais ce qui le rend songeur et le
Flanque sur le rivage du monde où le v'là qui
Le narrateur du on y est puis on n'y est plus
Se morose en pensant que l'Amour et la Gloire
sont voués à néant aussi sûrement que le trou
Avale tout nous attend dans l'espace.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 avril 2013

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 21:25

DU CHANT QUI SE BRISE AU PLAFOND

 

Fantaisie sur les deux premiers quatrains de
L'Amour du mensonge, de Charles Baudelaire.

 

Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,
Au chant des instruments qui se brise Tzin pis
Bing bing bing v'là la mélodie qui s'débine du

Plafond pis qu'i retombe en pluie puisque tout
Cassé brisé au plafond le chant i retombe tout
Cassé brisé le chant sur ta pomme indolente et
Chère en plus et suspendant ton allure lente &
Harmonieuse tu t'arrêtes donc & promènes étant
Très ennuyée assez souvent ce regard profond i
Dit le poète cet ennui de ton regard profond i
Dit le poète et bien quoi c'est une mirette de

Blasée de dégoûtée par avance de poseuse celle
Là alors et son regard profond sans blague moi
Je me demande ce que ça veut dire moi quand je
Regarde les yeux je vois surtout des traces de
Préhistorisme de reptilien tout prêt à vous au
Visage sauter à vous tirer la langue à vous la
Tirer la langue hors de la bouche on dirait un
Corbeau dans l'oeil de l'autre un corbeau tout
Prêt à vous charogner donc à le contempler aux
Feux du gaz qui le colore ton front pâle & pis
Embelli par un morbide attrait ton front comme
Si c'était un masque cette lumière sur ta face
Où les torches du soir on dirait l'ambiance du
Morceau Hôtel Particulier de Gainsbourg et que
L'on dirait bien la scène d'un film qu'on voit
Et revoit sans cesse animer ses fantoches dans
Notre caboche qu'c'en est un vrai cinoche même
Qu'à te voir passer chère indolente on s'croit
A l'opéra et que tu es en grande toilette d'où
Je la tire l'expression en grande toilette qui
Me semble venir d'un passé que le français pas
Beau qu'on cause actuellement désormais semble
Ignorer tout à fait je sais pas bref en grande
Toilette ma chère que te voilà & quasi hors du
Temps tellement vous êtes belle que vous voilà
A la fois du soir et de l'aurore lumineuse que
Vous voilà superbement lumineuse attirante que
Vous voilà comme du piège d'une synchronie une
Belle échappée d'ailleurs vos yeux ne sont-ils
Pas attirants comme ceux d'un portrait ? C'est
L.A. Woman des Doors qui passe à la télé c'est
Plutôt un morceau joyeux entraînant because le
Piano puis tout de même y a quelque chose vers
La fin d'entêtant de têtu carnaval d'cabochard
Quasi ce Mister Mojo Risin' Mister Mojo Risin'
Risin' risin' risin' répété comme assené comme
Martelé comme inéluctablement évident terrible
L'énigme d'un sphinx que c'est son nom même au
Sphinx des Doors que l'on lit dans les lettres
De ce Mister Mojo Risin' Jim Morrison puis les
Paroles sont pas tellement si drôles qu'il est
Question là-dedans de cops in cars bagnoles de
flics dit la traduction de topless bars pis de
never saw a woman so alone so alone so alone &
so alone encore c'est vous dire que seule elle
est si seule si seule si seule si seule seule.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 avril 2013

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 12:43

BESTIAUX ET AUTRES
En feuilletant le numéro spécial du magazine L'Histoire "Des animaux et des hommes", n°338, janvier 2009.

 

1.
Lorsqu'on évoque "le Che" (Che Guevara), il arrive que l'on évoque ses "parti pris autoritaires comme ministre de l'industrie". Le Che, une preuve évident de la facilité avec laquelle le libéralisme économique rentabilise jusqu'à ses contempteurs.

 

2.
Est-ce vrai que c'est le cochon qui permet la fabrication de l'insuline ? "Dans le cochon, tout est bon" dit le proverbe. Immense tout ce que l'humain tire des bestioles. De quoi sauver sa peau.

 

3.
Je lis aussi qu'au Moyen-Age, certains procés de sorcellerie dans lesquels des animaux étaient considérés comme complices d'humains se finissaient dans un sac où l'on mettait homme (ou femme), animal complice et "les archives de l'instruction" (ce qui est étonnant, craignait-t-on que le jugement fût contaminé par la cause) et l'on brûlait le tout. Je me demande aussi si c'est là l'origine de l'expression "l'affaire est dans le sac".

 

4.
Est-ce vrai que Giulo Andreotti fut naguère surnommé par la presse italienne "la Salamandre" et même "Belzébuth" ? Si ce n'est pas diaboliser, ça, hein...

 

5.
C'est pendant la Guerre de Sécession (1861-1865) que le fameux "In God We Trust" fut inscrit sur des pièces de monnaie. Je note que c'est pendant les périodes de mort violente que Dieu se rappelle aux consciences.

 

6.
In God We Trust sur des pièces de monnaie : taxe ontologique et même taxe à valeur ontologique ajoutée.

 

7.
Se faire trouer la peau avec du bon dieu sur une pièce de monnaie, c'est comme si on passait dans l'autre monde avec l'obole à Caron dans la poche.

 

8.
"(Liebknecht signait ses Lettres politiques Spartacus)" : d'où le nom de "Spartakistes" donnés aux révolutionnaires des grèves allemandes de l'automne 1918. Franchement, que penser d'un chef révolutionnaire qui signe ses lettres Spartacus ? Qu'il est voué à une mort certaine.

 

9.
Ce qui distingue l'humain des autres espèces, c'est qu'elle est la seule à se préoccuper de l'avenir des autres espèces, et c'est d'ailleurs la seule qui soit en mesure de le faire.

 

10.
Je lis que selon je ne sais quel essayiste antispéciste, les nazis se seraient inspirés des "techniques des abattoirs de Chicago" pour mettre en oeuvre la "solution finale". A mon avis, ils n'ont pas eu besoin de cette inspiration, les nazis qui, dans l'organisation de l'horreur, ont montré une redoutable efficacité et une terrible inventivité. De toute façon, qu'ils s'en soient inspirés ou pas, établir un parallèle entre les abattoirs et les camps de la mort, c'est exactement rentrer dans le jeu de la pire des extrêmes droites, celle qui brûle les églises et ne voit en l'humain que de la viande que des esprits dits "supérieurs", les "Seigneurs", seraient en droit d'utiliser comme bon leur semble. Je dis extrême droite, mais cette idée peut tout aussi bien se répandre à l'extrême gauche en ce qu'elle tend parfois à ne voir en l'individu qu'un agent de l'Etat au service de la tyrannie de tous par tous.

 

11.
"En toute connaissance de cause" est une expression qui résume l'humanité, en ce qu'elle est la seule espèce capable de rédiger le contrat qui la lie à la nature.

 

12.
Entendu dans un documentaire sur le peintre Georg Grosz (1893-1959) - je cite de mémoire - : "Ce n'est pas la faute du miroir si une vierge s'y regarde et s'aperçoit qu'elle est enceinte."

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 avril 2013

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 08:55

JALOUSIE DES DIEUX
Pierres en lisant Humain, trop humain de Nietzsche.

 

1.
Pas même un bon élève, la foudre bonnet d'âne.

 

2.
Au compte, dettes et bénéfices, encaissés néant.

 

3.
Dans la nature la plus solitaire, à parcourir le loup.

 

4.
Racine en nous, jusqu'à en vomir les feuillages.

 

5.
Pour nous sans intérêt, la plus grande partie du monde, avec dedans notre mise sauve.

 

6.
Le paradoxe, serpent monstre dans l'océan, tête pensante.

 

7.
Arriver, c'est échapper au labyrinthe.

 

8.
La mort délie les labyrinthes comme nous dénouons nos lacets. Elle tire sur le coeur.

 

9.
Au secours des gens, dans la foule la hache, mains tranchées, jambes coupées.

 

10.
La foudre éparse, mouvement d'humeur, éclat d'un rire imprévisible, monnaie d'une pièce.

 

11.
Composer des aphorismes, c'est animer les épars d'un golem de pierre fracassé.

 

12.
Voix dans un brouillard, du grec s'en échappe, la langue qui revient.

 

13.
Qui console et rend meilleur, le pain donné.

 

14.
Les arbres dans la langue, bras, jambes, torses, têtes, tout s'y met à hurler. La fée aux cheveux qui sifflent passe dans la forêt.

 

15.
Les dieux sont sans audace et nous jalousent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 avril 2013

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 01:50

PUIS PATATRAS
En lisant Humain, trop humain, de Nietzsche, traduit par Desrousseaux et Albert, traduction revue par Kremer-Marietti, Le Livre de Poche, "Les Classiques de la Philosophie" n°4634.

 

1.
"plana pendant un moment" : puis patatras.

 

2.
"et l'allume en lui" : ça, c'est des trucs à se brûler, ça.
3.
"et déployer devant son télescope ce voile opaque qui laisse à peine pénétrer quelques rayons du monde lointain des astres."
(Humain, trop humain, 436)

 

Magnifique Nietzsche qui met en scène l'humain dans le rôle de l'appariteur des espaces constellés.

 

4.
"le premier quelque chose" : je suppose que le premier quelque chose est suivi de tout un tas d'trucs.

 

5.
"qui veut condamner" doit avoir la tête et l'oeil solides, et courir vite.

 

6.
"faute de quoi" : j'aime cette expression. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je la lis comme un complément de nom où le quoi est si indéterminé, si interrogatif qu'il en devient universel. Le réel, du "faute de quoi", le réel...
- Du faute de quoi ?
- Du faute de Dieu.

 

7.
"une résonance des cordes métaphysiques" : orchestre ontologique... d'la ritournelle d'au-delà... de la chanson transcendance... d'la valse des grands invisibles... et puis Big bang's big band.

 

8.
Et si, depuis le big bang, l'univers se développait pour que, arrivé à un certain point, il refasse le chemin à l'envers, se rebrousse, se remballe, comme un diable à ressort qui, de lui-même, retournerait dans sa boîte.

 

9.
"afin de pouvoir agir en pleine absence de scrupules" : c'est qu'ça en donne du tintouin, la vilenie... la dictature, quel boulot ! et c'est afin de pouvoir agir en pleine absence de scrupules, qu'Ubu trucida tout un tas de soucieux scrupuleux socialistes plus ou moins ; il faut ce qu'il ne faut pas si on sait c'qu'on veut.

 

10.
"Notre ordre social fondra lentement" (443), cependant que dans l'assiette, l'ogre le mangera, dessert de crème glacée, chair, sang, os.

 

11.
"pour quelque chose de tout nouveau et de merveilleux" (176), de merveilleux comme la licorne bleue à cheveux bleus, la tête de fée bleue à cheveux sifflants, la tortue qui tousse des diamants.

 

12.
"la morsure d'un chien sur une pierre" (Le Voyageur et son ombre, 38) : C'est comme ça qu'au clebs ses dents se cassent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 avril 2013

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 20:01

PAR UNE PETITE MORT
En lisant De l'inconvénient d'être né, de Cioran.

 

1.
"quand on rumine" - c'est-y pas qu'on ruminerait le réel comme si nous étions des vaches.

 

2.
Remarquez que ce qui nous distingue des vaches, c'est que nous avons inventé les trains.

 

3.
"Pour que le monde existât", il a fallu que Dieu fasse un grand effort d'imagination, un effort surhumain.

 

4.
L'imparfait du subjonctif est la plus belle preuve du scepticisme universel dont est capable la langue française.

 

5.
L'humain n'atteindra jamais le songe qu'il fait de lui-même, mais c'est ce songe qui le sauve de l'auto-destruction.

 

6.
Les événements sinistres nous distraient tant qu'ils ne nous concernent pas personnellement. Sinon, on appelle cela des soucis, des chagrins, des épreuves.

 

7.
Entre nos tracas des trains, entre nos fracas des freins, ce qui ne veut rien dire, mais qui m'amuse.

 

8.
Ce que nous aimons, c'est moins une pensée que l'atmosphère qu'elle induit. Le bouddhisme en atteste, qui agit comme un tranquillisant devant l'évidence qu'exister c'est lutter.

 

9.
Je l'ai toujours su, mais je n'ai jamais rien dit est, selon les cas, l'aveu d'une hypocrisie ou l'éloge de la discrétion.

 

10.
Quand on fréquente les vérités d'un peu trop près, on risque d'éprouver la tentation du doute, si ce n'est du mensonge. De là sans doute toute religion.

 

11.
"Je crois l'entrevoir" : la foi est un absolu qui n'entrevoit pas ; il n'y a que les sceptiques qui entrevoient, qui croient voir.

 

12.
"en commençant par la mort" : c'est même comme ça que commence toute existence, par une petite mort.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 avril 2013

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 10:32

L'HUMAIN CE SUICIDE
En lisant Cioran, "De l'inconvénient d'être né", folio essais n°80.

 

1.
Se vouer à la médiocrité, c'est échapper au ridicule d'avoir du génie dans un monde qui a fait de la stupidité une valeur marchande plus rentable encore que la matière grise. (cf Cioran, De l'inconvénient d'être né, p.69 "Celui qui redoute le ridicule...")

 

2.
Contrairement à ce que pensent les tenants de la décroissance, de la "frugalité joyeuse", l'aspiration au bonheur est un concept aussi abstrait que les théories productivistes qu'ils combattent. Entre cette fameuse aspiration au bonheur et les utopies périlleuses qu'ils cherchent à nous vendre se tient une zone d'ombre, irrationnelle et pleine de cris et de chuchotements, et qui, quoique confuse et imprévisible, constitue la matière des véritables aspirations individuelles.

 

3.
Autrement dit, ce qui se trame dans l'inconscient relève plus du chien fou que de l'honnête homme.

 

4.
Quoi qu'on fasse, on le fait "face à dieu", en tout cas, face à ce dieu que l'on appelle l'autre, fût-il absent. (cf Cioran, De l'inconv., p.69 "Ne dure que...")

 

5.
Nous fuyons le réveil puisque notre songe est bien plus efficace. (Cioran, p.112, "Des années et des années...")

 

6.
La conscience, ce vide qui se remplit d'elle-même. (cf Cioran, p.113, "L'érosion de notre être...")

 

7.
Ce n'est pas tant que "rien ne mérite d'être pensé", c'est que le langage nous permet de faire la liste exhaustive de toutes les pensées induites par sa mise en oeuvre. Bien sûr, nous justifions ce systématisme par la quête de l'absolu (Dieu, le Beau, le Vrai, le Juste, etc...) (cf Cioran, p. 140 "Dieu est ce qui survit...")

 

8.
L'humain, ce suicide sophistiqué de la nature. (cf Cioran, p.94, "En permettant l'homme...")

 

9.
La raison est le masque de la folie.

 

10.
Les mots sont si puissants qu'ils ont permis à une espèce de tubes digestifs à mâchoire et deux pattes de se rendre maîtres d'un monde radicalement hostile.

 

11.
Être maître de ce monde, ce n'est pas en maîtriser la matière, ce n'est jamais qu'occuper un territoire hostile.

 

12.
Je souris encore à l'évocation de cet élève qui pensait que certes Napoléon était intelligent, bien sûr, évidemment, mais que chacun d'entre nous était, en raison des progrès de la science et des mentalités, plus intelligent que lui.

 

13.
L'erreur du scientifique à pipe et idéalisme du Mars Attacks de Tim Burton, c'est de penser qu'en raison de leur évidente avancée technologique - puisqu'ils voyagent dans l'espace - les Martiens étaient forcément civilisés, et donc pacifiques. C'est la même erreur que bien des pédagogistes commettent en confondant instruction et bonne volonté. On peut être savant et haineux aussi bien qu'inculte et brave type. Et je ne crois pas que la générosité s'enseigne.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 avril 2013

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 16:10

LES VERITABLES BESOINS COMMUNS

 

"le temps viendra où naîtront des institutions destinées à servir les véritables besoins communs de tous les hommes" (Nietzsche, Humain trop humain, 476, Le Livre de Poche, "Les Classiques de la Philosophie", n°4634).

 

AVERTISSEMENT : On trouvera ce bref virulent &
Il l'est assurément c'est que je n'ai toujours
Pas digéré cette idée qui voudrait que le fait
De mourir pour des idées soit particuliérement
Héroïque alors que c'est complétement imbécile
Les idées n'étant jamais qu'une monnaie que le
Langage invente pour mieux se répandre et dans
L'être persister parasite perspicace selon une
Belle formule utilisée dans Starship Troopers.

 

Je lis dans Humain trop humain cette prophétie
Nietzschéenne selon laquelle "le temps viendra
où naîtront des institutions destinées à servir
les véritables besoins communs de tous les hom-
mes" tiens "les véritables besoins communs" je
Me demande de quoi il parle exactement l'autre
Là à moustaches des besoins de nature ou alors
D'on ne sait quels besoins qui ne sont que les
Preuves qu'une fois débarrassé des contraintes
Du travail l'humain ne sait que faire du temps
Qu'il a à passer on se demande pourquoi sur la
Terre qu'il s'est créé des virtuosités donc je
Me demande ce qu'ils sont comme si l'humain ne
Demandait qu'à exister en étant heureux Blague
A part tout n'indique-t-il pas que s'il aspire
Au bonheur l'humain ce n'est que parce qu'il a
Besoin d'un alibi pour laisser libre cours aux
Jalousies les plus diverses & cet humanisme de
Gentil n'est-il pas une bonne conscience qu'il
Se paie sur le dos des pauvres bougres qui ont
Cru de bonne foi que se sacrifier pour que les
Autres soient plus heureux légitimait l'humain
Le plaçait au-dessus du loup mézigue c'est pas
Demain la veille que je me sacrifierai pour un
Autre aussi ai-je la franchise de le dire & de
Me compromettre de moins en moins souvent à la
Fréquenter cette espèce fâcheuse qu'on appelle
Les autres On trouvera ces mots peu admirables
Peu sympathiques c'est que je l'ai dit déjà de
Si nombreuses fois que ma sympathie était fort
Peu universelle que je m'étonne toujours qu'il
Y ait des gens pour rechercher ma compagnie.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 avril 2013

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 12:13

GRIBOUILLIS
En lisant Malpertuis de Jean Ray, J'ai Lu n°1677

 

Dans "Inventaire en guise de préface et
d'explication" incipit du Malpertuis de
Jean Ray le narrateur se félicite d'une

Affaire de vol pas mauvaise il a dérobé
"palimpsestes, incunables et antiphonai
res" au "couvent des Pères Blancs" il a
Cru découvrir un trésor dans une "gaine
d'étain" mais le parchemin rêvé rare en
Fait n'est que "gribouillis" dont il ne
Prend pas connaissance tout de suite se
Réservant des "jours à venir" afin d'en
Déchiffrer le contenu L'énigme est donc
Dans le gribouillis l'écrit pas beau et
Non dans le parchemin enluminé j'y vois
Quelque ironique défense d'une écriture
Sauvage en marge paralittéraire puisque
La paralittérature la populaire souvent
Vue comme laide nuisible même qu'ils la
Considèrent les intellectuels & un jour
Ce qu'ils admiraient l'auteur distingué
Rare apprécié des salons & des facultés
Tombe dans le ridicule des pompeux & le
Romancier pour quais de gare l'auteur à
Deux sous l'occulté gribouilleur scribe
A ne pas lire le pas sérieux soudain le
Voilà paré de grâces infinies d'un oeil
Plus subtil qu'il n'y paraît & d'humain
Surtout tellement humain ou alors c'est
Là le meilleur on découvre chez lui ces
Zones d'ombre ces nuits de la syllabe &
Ces amours monstres qui remplissent les
Malles de cadavres sanglants les jaunes

Chambres de mystère et les caboches des
Adolescents de songes gothiques.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 avril 2013

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