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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 22:26

DONC JO I S'PROMENE

 

1.

« Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,

La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit »

(Anna de Noailles)

 

Il fera longtemps que des fois on fait longtemps qu'on est très occupé à machiner le réel lequel nous use comme d'un outil.

 

« Il fera longtemps clair » ça veut dire que la nuit prend son temps pour tomber que l'été la nuit elle a des horaires de travail décalés.

 

« les jours allongent » ça veut dire qu'on a plus de temps encore pour faire ce qu'on a à mais que des fois on s'ennuie ah la la quand même.

 

Et puis la nuit au moins on peut dormir que le jour y a plein d'autres qui vous en empêchent ah les énervés !

 

« La rumeur du jour » c'est tout ce que le jour raconte dans toutes les langues des choses et des êtres qui y passent plus ou moins mobiles.

 

D'ailleurs l'auteur précise que le jour est « vif » même quand on a d'la mort dans l'âme on sent qu'le jour est vif genre tranchant sec.

 

Mais quand même que le jour s'allonge avec le soir qui vient la rumeur du jour elle finit par se calmer qu'elle murmure et cause toute seule.

 

2.

« La poussière, qu'un peu de brise soulevait,

Quittant l'arbre mouvant et las qu'elle revêt »

(Anna de Noailles)

 

Les arbres sont mouvants doucement le soir comme s'ils berçaient les fantômes qui logent dans leurs branches.

 

3.

Le mot songe rime bien avec la forme plonge qu'on en vient vite à songer qu'c'est en plongeant dans l'océan des songes que nous allons rêver.

 

4.

Parfois qu'au même instant, saisi d'un doute, on se met à penser que c'est jamais comme ça que se passe qu'on est voué au pas tout à fait.

 

5.

« Si j'ai parlé

De mon amour, c'est à l'eau lente »

(Henri de Régnier)

 

Y en a i racontent leurs amours à « l'eau lente » qu'elle doit se dire ah si j'avais des jambes comme un fleuve que je fuirais ce fâcheux.

 

6.

« La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie. »

(Albert Camus, « Le Mythe de Sisyphe »)

 

Qu'on croit qu'on pense le futur mais qu'il est déjà tout contaminé d'not' passé le futur qu'on l'voit s'gondoler mirage dans la tête.

 

7.

« Personne ne nous regarde. C'est le moment de nous retirer discrètement. »

(Agatha Christie traduit par Françoise Bouillot, « Le Crime du Golf » [Poirot])

 

Parfois ils croient qu'on voit pas qu'ils se retirent discrètement dans les choses les fantômes là dans notre dos.

 

8.

Camus dit que l'idée que tout finira en poussière « réduit nos agitations à la noblesse profonde qu'on trouve dans l'indifférence. »

 

J'aime bien l'expression « noblesse profonde qu'on trouve dans l'indifférence » que des fois on s'engage camarade qu'on fait pire que mieux.

 

Qu'le temps, c'est un moulin qui moud tout et vous fait farine à néant, poussière dans le vent.

 

9.

Des fois y en a i méritent ce qui ne leur arrive pas.

 

10.

Donc Jo i s'promène, soudain il a l'impression d'être suivi par un arbre il se retourne brusquement pis i dit et en plus ils sont plusieurs.

 

Des fois Jo il a plus sa tête a lui qu'il court partou après pour pas qu'elle se perde mes ele se perd qanmem qu'il revient avec ses jambes.

 

Quand on sort dehors vaut mieux avoir sa tete a lui (ou a ele si on est une fille) sinon les autres têtes peuvent pas nous reconnaître.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 5 octobre 2016.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:01

APPARITION DE NINA H.

 

1.

« Ce que le public réclame, c'est l'image de la passion, non la passion elle-même. »

(Roland Barthes, « Mythologies » in Raoul Vaneigem, « Dictionnaire de citations »)

 

Nous aimons les images, les métaphores et les masques en ce que ce bal nous met à distance des passions que l'on dit dévorantes.

 

Les fictions sont les contrepoisons des passions, quoique parfois elles en soient aussi les vecteurs.

 

Les fictions, des ambassadeurs en habits de merveilles qui nous viennent porter des messages de nos proches étranges.

 

2.

Je grinçai grinçai grinçai grinçai grinçai car j'aime à grincer le verbe grincer ô ma jolie porte viens ici que je te grince un peu.

 

Des dents v'là que j'vois des dents partout des dents ô dieu l'univers est un dentier !

 

3.

Et je quittai mon ombre laquelle disparut aussitôt comme si je n'avais jamais existé.

 

4.

« Le plus souvent, j'errais à travers la maison où tout le monde s'évitait en dehors des inéluctables heures de la communauté des repas. »

(Jean Ray, « Malpertuis » [le narrateur])

 

« J'errais à travers la maison », que même des fois je traversais les assiettes et les verres cependant que les vivants mâchouillaient.

 

« la maison où tout le monde s'évitait », des fois qu'en se rencontrant, ils se reconnaîtraient.

 

Les « inéluctables heures » que je les imagine assez un poignard à la main à vous attendre là au coin d'l'horloge.

 

« la communauté des repas » : le genre de bout de phrase qui me fait songer illico à une assemblée de spectres dévorant le réel.

 

5.

Quand dans un roman Nono lance un regard perçant à Nini (c'est sa sœur), j'imagine vite Nini rattraper l’œil à la volée.

 

6.

« A l'abri du vent, j'allai m'asseoir au bord de la mer, à moi seule à cette heure. »

(Agatha Christie traduit par Th. Guasco, « Les Pendules » [Colin])

 

Vaut mieux s'mettre à l'abri du vent que font les choses quand soudain les bouches des choses, vous soufflent vous soufflent dedans l'être.

 

Quand on va s'asseoir au bord de la mer, faut gaffer d'pas tomber d'dans, qu'on glisserait vite happé par l'chaipaquoi qui sidère et chante.

 

Certaines heures, elle est à soi seule qu'on l'a toute entière pour soi qu'les autres vous la prennent pas, la tête.

 

Même que des fois on l'a à soi seule et toute, sa tête, qu'on peut s'y réfléchir dedans.

 

7.

Quand j'étos jeune (dans une autre vie) j'croyais aux Stones et à Pink Floyd, maint'nant, hélas, les mômes i s'emballent pour illuminatis complotances & blablabla.

 

Tout ça qui ourdit, qui complote : illuminatis, reptiliens, pédagogistes…

 

8.

Des fois qu'elle s'appellerait Nina H. et qu'elle lancerait de longs rrrwwwiiiips pour vous tentaculer.

 

9.

J'aime bien les querelles de chiffres entre experts à la radio, je me dis y en a un au moins un qui ment, à moins qu'i soient tous crétins.

 

10.

Quand j'aurai plus d'oreilles, j'pourrai plus écouter Nina Hagen ni les Doors ni Satie, finis les beaux mystères, y aura plus qu'les morts.

 

11.

« Le regard ne s'empare pas des images, ce sont elles qui s'emparent du regard. Elles inondent la conscience. » (Franz Kafka, in Gustav Janouch, « Kafka m'a dit » cf Raoul Vaneigem, « Dictionnaire de citations »)

 

Que « le regard ne s'empare pas des images » ne m'étonne guère, comment qu'i pourrait sans mains, sans bras, ni épuisette ?

 

Mais les images, pour vous attraper les yeux, elles en ont des bras, de longs bras avec au bout des mains aussi invisibles que vous et moi.

 

Puis les images elle vous « inondent la conscience » pour y mettre des pieuvres, tiens, des vouivres et des vaisseaux fantômes.

 

12.

Des fois Nina H. hante quelque vieille fête foraine, elle est le limonaire à vouivres, et grince une chanson fantôme.

 

13.

Des fois Nina H. hante La Danse du Sabre et y a comme des têtes coupées dans sa voix qui chantent chantent chantent à corps perdu.

 

14.

« Phèdre ! Que lui dirai-je ? Et que peut-elle attendre... »

(Racine, « Phèdre », v.565 [Hippolyte])

 

Quand j'entends le nom « Phèdre » je songe à la couleur verte, genre « Reine verte » à Pierre Henry, voix fantôme dans les couloirs du palais.

 

Moi aussi si Phèdre m'apparaissait là comme ça avec sa longue robe de temps je me demande ce que je pourrais bien lui dire. Mais, à mon avis, elle n'attendrait rien de moi et me traverserait comme nous passons une porte, sans même me voir.

 

Que pourrait bien attendre une apparition de Phèdre ? Un train fantôme ? un tableau hanté ? Un cornet d'frites ? Godot ?

 

15.

Des fois, les gens m'ennuient comme s'ils étaient encore vivants.

 

16.

« L'imagination est le mode de déplacement le plus rapide » dit-il citant un certain Jean Morel et se prenant la porte pleine face.

 

17.

« Et du feu criminel qu'il a pris dans ses yeux »

(Racine, « Phèdre », v. 1016 [Oenone])

 

Des fois qu'on se sent du feu pis du criminel plein les yeux là, qu'on nous dise qu'on peut aller se faire cuire un œuf, c'est pas prudent.

 

18.

« Toutefois, l'enquête se poursuivait aussi laconique que possible. »

(Agatha Christie traduit par Th. Guasco, « Les Pendules »)

 

Quand une enquête se poursuit, en général, elle finit par se retrouver, mais il est vrai que tout dépend de la finesse du limier.

 

Si une enquête est laconique, à moins d'être dans l'imperméable de l'inspecteur, on n'en sait pas plus. Faut demander au sphinx, mais parfois il est ailleurs, le sphinx, à jouer aux pyramides.

 

19.

Parfois, je me demande si certains ont conscience d'avoir passé la majeure partie de leur vie avec le fantôme de ce qu'ils furent.

 

20.

Pis un jour le vieux clown tout ridé fatigué usé aura ma peau, qu'alors je grincerai encore un peu avant d'm'en aller eau d'boudin.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 septembre 2016.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 17:57

QUAND J'ÉTAIS JEUNE J'CROYAIS AUX STONES

 

Quand dans un roman

Nono lance un regard perçant

A Nini (c'est sa sœur)

Je me dis pas de panique aucune peur

Car elle va la Nini dans une belle envolée

Rattraper l’œil à la volée

 

Ce qui n'a aucun rapport

Non vraiment aucun rapport

Aucun rapport

Aucun rapport avec ce qui suit

Oui oui

 

Quand j'étais jeune (dans une autre vie)

Je croyais aux Stones, à Pink Floyd

Et vous pouvez vous brosser pour qu'à Floyd

J'aille vous trouver une ri-

Meuh font les vaches de la pochette

Ça oui qu'Pink Floyd c'était chouette

 

Pis planant pis électrique

Pis planant pis électrique

Pis planant pis électrique

Pis planant pis électrique

Ouh ouh

 

Las maint'nant Tom Waits peut bien attendre

Qu'le bon vieux blues renaisse de ses cendres

Les mômes ça les intéresse pas

Le boogie-woogie à grand papa

I croient plus qu'aux illuminatis

Aux reptiliens dans leurs ovnis

 

Pis toutes ces sortes de choses

Pis toutes ces sortes de choses

Pis toutes ces sortes de choses

Pis toutes ces sortes de choses

De choooooooooooooozzzzzzzz

 

Quand de ma tête seront tombées mes oreilles

J'pourrais plus écouter aucune rythmique merveille

Finie Nina Hagen finis les Doors fini Satie

Finis les beaux mystères, fini Bowie

Y aura plus qu'les morts

Les morts les morts les morts les morts

 

Pis tous leurs osses

Pis tous leurs osses

Pis tous leurs osses

Pis tous leurs osses

Os'cours !

 

Quand dans un roman

Nono lance un regard perçant

A Nini (c'est sa sœur)

Je me dis pas de panique aucune peur

Ah bin zut v'la la Nini toute transpercée

Et dans le ciel plane un grand œil ensanglanté.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 septembre 2016.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 11:36

OS OS OS

 

1.

Lors il se moucha fort car il avait le nez long et plein de monde dedans.

 

2.

M'est avis que bientôt nous ne vivrons plus qu'avec le fantôme de la liberté et nous nous adonnerons stupidement au culte de la politique.

 

3.

I réforment i réforment (ça coûte des sous) mais i dédoublent pas : 30 élèves par cours : c'est pas d'la pédagogie, c'est du gavage.

 

4.

« C'est le Temps, bien sûr. (Est-il pareil chez vous?) Il faudrait arriver plus tôt que lui »

(Henri Michaux, «Je vous écris d'un pays lointain »)

 

C'est le Temps i nous mijote nous marne nous mitonne nous mistigrise grignote qu'en reste plus qu'miettes trognon regrets os os os.

 

Le Temps n'attend personne. Il se tient horizontalement droit, juste dessous les bolides qui zèbrent le ciel tandis que je mange des frites.

 

Bien sûr que je vous aurais aimée dans une autre vie, mais pas dans celle-là où votre regard me traverse comme une ombre passe la porte.

 

Est-il pareil chez vous ? Pour vous rappeler les règles, avez-vous vous aussi l'ironique coucou et l'horloge à cadavres ?

 

Il faudrait arriver avant l'heure de la fermeture dit le lapin blanc sinon nous serons à la merci du Grand Dehors et des apparitions.

 

Plus tôt que lui vengeur je serai là

Là là là là je serai là

Avec ma sardine décapitante

Sous la pluie battante

Elle frétillera là là là là

 

5.

Je n'attends personne. Je n'ai tué personne (donc pas de fantôme) et personne ne m'ayant tué, personne ne m'attend. C'est pour ça.

 

6.

Et elle s'appelait Maurice qu'plus d'un y a laissé sa ch'misse quand la belle Maurice lui mettait dessus le grappin et ses ongles vernis.

 

7.

Je suis pendu au cou de la pendule J'la lâche plus Je suis amoureux du temps qui passe Comme elle ondule bien ma pendule qui glisse la nuit.

 

8.

« Quand on ne sait rien faire, il faut être prêt à tout. »

(Henri Michaux, « Le portrait de A. »)

 

« Quand on ne sait rien faire, il faut être prêt à tout » : ça doit être la devise de l'ENA, ça (ou de Sciences Po).

 

9.

Quand j'fus rapté par des itis m'ont mis dans leur oveni là j'ai bien vu qu'ces gins c'éto des politiques ; j'ai compris bien des choses…

 

10.

Rien de tel que le premier album des Sparks (celui de 1971 qu'est signé Sparks/Halfnelson) pour vous la détendre l'atmosphère d'la tête là.

 

11.

Ils traversent les nuées dans leurs aéronefs mystérieux puis ils descendent s'envoyer un kebab frites en disant qu'c'est l'bordel en France.

 

12.

Franchement, les couleuvres qu'on nous fait avaler, avec le nucléaire, a vont finir par être radioactives, moi j'vous dis.

 

13.

Les politiques, m'est avis qu'ils nous mentent plus qu'eux-mêmes n'osent se l'avouer.

 

14.

Y en a des fois ils prennent leur lune sous le bras et vont rêver ailleurs, loin des robots et de leurs ingénieurs.

 

15.

Comme je refermais en grinçant la porte derrière moi, elle prit les jambes à son cou et la clé des champs. Depuis je monte la garde.

 

16.

Parfois je vais dans ma caboche à la pêche aux chansons, mais j'armonte jamais que des queues et des yeux morts.

 

17.

Jimi Hendrix des fois j'me songe qu'il jouait comme s'il avait voulu évanouir quelqu'un, le faire mystérieusement disparaître dans les échos de sa guitare.

 

18.

En français, on prend les jambes à son cou, la clé des champs et la poudre d'escampette, moi j'écoute « Trouvez mieux » de Robert Charlebois.

 

19.

Alors la limace se fit chemise puis mit une jeune fille dedans parce que c'est plus agréable qu'un barbu.

 

Ces temps-ci, j'ai de la réticence envers les barbus que je sais pas s'ils vont poser une bombe ou seriner du Kenji bidule.

 

20.

Quand on artrouvera mes osses dans une couple de pas mal de temps, j'aimerais bien qu'alors l'archéologue i dise Ah tiens, c'est marrant ça.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 septembre 2016.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 11:32

PARODIE CERTES MAIS AVEC UN PEU D'HISTOIRE QUAND MÊME

 

LES MARMITONS BLANCS

(parodie culinaire de l'excellent « Chant des partisans blancs ». « Les Partisans blancs », j'ai eu l'honneur de l'apprendre à Berlin à une époque heureusement révolue où les « rouges » faisaient régner sur la moitié de l'Europe un ordre communiste imbécile, inefficace et menaçant).

 

Dans la soif et la famine

Par les creux et par les champs

A l'appel de la cuisine

Marchaient les marmitons blancs

A l'appel de la cuisine

Marchaient les marmitons blancs.

 

Pourchassant l'aile ou la cuisse

Et préparant du gouleyant

Dans leurs fringales épiques

Ils bouffaient du boudin blanc

Dans leurs fringales épiques

Ils bouffaient du boudin blanc.

 

C'est pour la Sainte Pépie

Pour la soupe à l'oignon

Pour le lard et le céleri

Que touillaient ces bataillons

Pour le lard et le céleri

Que touillaient ces bataillons.

 

Votre table est immortelle

Cuisiniers et sauciers blancs

Et qu'ma soif soit éternelle

Si j'bois pas un bon coup d'blanc

Et qu'ma soif soit éternelle

Si j'bois pas un bon coup d'blanc.

 

Version originale :

 

« Dans la faim et la famine

Par les villes et par les champs

A l'appel de Dénikine

Marchaient les partisans blancs

A l'appel de Dénikine

Marchaient les partisans blancs.

 

Pourchassant les bolchéviques

Et ralliant les Alamans

Dans leurs campagnes épiques

Ils traquaient Trotsky tremblant

Dans leurs campagnes épiques

Ils traquaient Trotsky tremblant.

 

C'est pour la Sainte Russie

Pour la Grande Réunion

Pour le tsar et la patrie

Que luttaient ces bataillons

Pour le tsar et la patrie

Que luttaient ces bataillons.

 

Votre gloire est immortelle

Volontaires et officiers blancs

Et votre agonie cruelle

La honte de l'occident

Et votre agonie cruelle

La honte de l'occident. »

 

Notes :

1) A Berlin, nous ne chantions pas « Et ralliant les atamans » (comprendre « Cosaques », le mot « ataman » désignant un chef cosaque) mais l'allusif « Alamans », de l'ancien nom générique des tribus germaines situées sur la rive droite du Rhin.

2) De même le vers « Pour la vieille tradition » était remplacé par « Pour la Grande Réunion », c'est-à-dire la « Réunification » de l'Allemagne alors coupée en deux.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 septembre 2016

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 22:17

APRES S'IL Y A DES CHATS QUI PASSENT PAR LÀ...

 

1.

Bon alors Mistigri i se promène dans la rue lorsqu'il rencontre Mistigrette dont il tombe amoureux que son cœur s'affola hola hola

 

Mistigri lui ouvrit son cœur auquel Mistigrette répondit par un éclat de rire assez tranchant pour découper l'aut' Mistigri en rondelles.

 

Alors Scherzo passa par là et avala toutes les rondelles de saucisson qui étaient tombées dans une assiette prévue par le dessinateur.

 

2.

Il fait beau les arbres dansent la rumba mais on n'entend pas la musique.

 

3.

Un œil immense passe dans la rue ; il est très bleu mais il a un regard noir qui fusille parfois un passant vite évacué par la sécurité.

 

4.

Y a une choucroute sur la table et autour de la choucroute de grands pots de bière tournent et dansent et chantent la mort de l'aubergiste.

 

5.

Sous la fenêtre hantée de toujours la même, la guitare joue avec les doigts d'un spectre qui en larmes parcourt les couloirs

 

6.

Le chat tient des discours enflammés à une ombre, laquelle ondule et bondit tout à coup sur le matou qu'elle étouffe dans ses griffes.

 

7.

De la tasse de café surgissent parfois des tentacules qui attrapent l'enfant mal réveillé et l'entraînent dans la nuit sans étoiles.

 

8.

La bouche a pour principe de ne pas embrasser trop de choses à la fois. Aussi a-t-elle peu de bagages et n'emmène que ses favoris.

 

9.

« Le ciel, quand il enlève son blue-jean, on voit bien qu'il porte un caleçon noir » dit-elle en décapitant quelques êtres.

 

10.

Sur le palier la femme serpent attend qu'on veuille bien lui ouvrir. Mais on ne lui ouvre pas. Alors ses racines se répandent dans le bois.

 

11.

La nuit parfois il y a des voix sans visage ; elles murmurent des prénoms. Un piano craque en se désaccordant. C'est la réponse.

 

12.

xxx xxx

O

         O

« ---- »

 

Zut des fois elle a pas les yeux en face des trous.

 

13.

« Le lune, il est beau » dit Zut songeuse et se trompant de genre.

 

13.

Entendu à la radio : "ceux qui vivent ici sont inquiets" comme quoi en période de crise l'inquiétude tend à remplir l'espace.

 

Elle se répand partout l'inquiétude, genre brume à spectres, doit être consubstantielle à la langue ou kekchozcomça.

 

La mauvaise chanson de l'inquiétude et sa rengaine politique qu'on dirait les années 30 et petite moustache.

 

14.

Zut elle aime pas beaucoup les campagnes électorales; elle trouve même ça puant à vrai dire mais heureusement elle s'en moque.

Du reste, la campagne électorale, ça emploie des gens pas forcément doués pour autre chose, pis ça occupe le temps, évidemment…

15.
« Ô saisons, ô châteaux !

Quelle âme est sans défauts ? »

(Rimbaud)

 

Zut elle se demande aussi où sont passées ses saisons et où donc qu'ils planent maintenant, ses châteaux...

 

Zut a une âme, avec de vrais morceaux de défauts dedans, ça la rend plus humaine des fois que certains bipèdes existants.

Evidemment, l'auteur ne confond pas Zut avec la plupart des fictions qui se baladent dans la rue.

16.
« J'ai fait la magique étude

Du Bonheur, que nul n'élude. »

(Rimbaud)

 

Des fois, Zut elle se dit que les vers à Rimbaud, zont l'air assez mirlitons (ton taine)

Zut, c'est une poutre en magie, alors pour ce qui est de la magie d'être heureuse, vous pensez si elle à côté d'sa tête.

Zut des fois tellement elle comprend pas elle est à côté d'sa tête qu'elle est obligée de tendre le bras pour la rattraper.

17.
"Ô vive lui, chaque fois
que chante son coq Gaulois."
(Rimbaud)

Zut se demande qui est ce « lui », qu'elle a, à cause du coq là, l'impression que quelque chose lui échappe.

Zut a comprend pas pourquoi y en aurait un qu'il faudrait applaudir à chaque cri de son coq.

18.
"Mais ! Je n'aurai plus d'envie :
Il s'est chargé de ma vie."
(Rimbaud)

Y a t-il quelque chose de mystique là-dedans ? Sont-ces des vers de conversion ?

Zut elle voit bien qu'on veut lui en faire manger d'la théologie, qu'on veut lui en refourguer du qui n'existe pas plus que ça.

19.
"Ce Charme ! il prit âme et corps
Et dispersa tous efforts."
(Rimbaud)

Ah bin oui, y a bien quelque chose de magique là-dedans que Zut ça l'amuse ce genre de chant naïf de vieille église.

20.
"Que comprendre à ma parole ?
Il fait qu'elle fuie et vole !"
(Rimbaud)

J'aime bien ces vers qui rappellent que le vent disperse nos phrases, colliers cassés, pacotilles délaissées.

21.
"Et, si le malheur m'entraîne,
Sa disgrâce m'est certaine."
(Rimbaud)

Malheur au malheureux donc, je sais pas trop si je suis d'accord, bah c'est que d'la littérature après tout.

Et Zut sait bien qu'une bibliothèque ne pourra jamais arrêter une division blindée.

Zut se demande là si elle est pas avec sa bibliothèque que traverse un panzer en train de plagier quelqu'un mais elle sait plus qui alors.

Je vois bien ça illustré par François Boucq tiens, la bibliothèque traversée par un panzer.

23.
"Il faut que son dédain, las!
Me livre au plus prompt trépas!"
(Rimbaud)

Bin oui, des fois le destin nous lâche qu'on s'demande bien c'qu'on va devenir qu'les autres alors on peut plus les voir.

24.
"- Après tout, c'est possible, dit Colin incapable de tenir sa langue plus longtemps." (Agatha Christie trad. par Th. Guasco,"Les Pendules")

J'aime bien ce rapprochement du possible et de l'incapacité; je sais pas trop pourquoi mais j'aime bien.

Quand on ne peut pas tenir sa langue, des fois les paroles filent dans l'air, voltigent et s'abîment dans le silence.

Faut s'imaginer un envol de langues dans le soleil couchant; dis, ça doit être chouette comme une chanson d'amour.

Après évidemment, s'il y a des chats qui passent par là...

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 septembre 2016.

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 09:58

OCCIDENT SAMBA TRISTE

 

1.

Nos sociétés modernes, administrations du narcissisme, vertiges autour du nombril, arguties de l'ego.

 

2.

La démocratie qu'c'est fatal une lutte de plus en plus âpre entre intérêt particulier et intérêt général, jusqu'à c'que ça craque.

 

3.

En France, la population active croît plus vite que la création d'emplois marchands qu'on court après des boulots de plus en plus lointains.

 

4.

« Un chant dans une nuit sans air... »

(Tristan Corbière, « Le crapaud »)

 

Le narrateur i dit comme ça qu'il y a « un chant dans une nuit sans air » genre qu'il serait coincé dans une case de bande dessinée.

 

Je dis « dans une case de bande dessinée » comme pour dire qu'il serait coincé dans la bulle pis dans le synchronique à narrations.

 

5.

Que les fictions c'est autant de descriptions d'univers parallèles que si ça trouve ils existent même pas.

 

Si les univers parallèles constituent une série d'innombrables variations sur le même monde, Dieu, vous m'avouerez, quel formidable jazzman.

 

Si l'on admet l'existence des univers parallèles, il n'est pas sûr du tout que nous soyons dans le meilleur des mondes possibles.

 

Si ça se trouve, Georges W. Bush en démantelant l'Irak de Saddam Hussein, a enclenché la machine infernale de la fin de ce monde.

 

7.

L'Histoire est un enfant qui essaie essaie essaie encore essaie essaie et qui finit par échouer.

 

8.

« - En effet, reconnut Gibbs, il y a cette question du travail. »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

Le travail, des fois c't'une mise à la question oui. La raréfaction du travail est une des ruses les plus diaboliques du néo-libéralisme.

 

9.

« on voit ainsi apparaître une tête de Hannya (démon vengeur) et la légende du lapin qui vit sur la Lune est aussi évoquée. »

(Noémie Lecoq, « Des bulles & des lettres » in « Les Inrocks 2, Jiro Taniguchi et le manga d'auteur aujourd'hui »)

 

Le lapin qui vit sur la Lune, stilal qu'on dévore en pâté de légende, je me demande bien quel genre de carottes il.

 

10.

« l'essaim blanc des rêves indistincts »

(Rimbaud, « Les chercheuses de poux »)

 

qu'on s'y roule et s'y trouble...

 

« l'essaim blanc », du cotonneux, du ouatant, une reine livrée à l'araignée.

 

11.

« Mais que salubre est le vent ! »

(Rimbaud, « La rivière de cassis »)

 

En dehors des lèvres salées, ce « vent salubre », un vent porteur d’invisibles hosties, un panier sans fond.

 

12.

A la radio de la samba une musique de carnaval oui mais Zut elle a comme un froid dans l'âme que ce carnaval lui sonne triste.

 

13.

Des fois comment qu'on fait pour ne pas penser à la mort chaque minute de notre vie la mort cette bête en nous qui finit toujours par nous bouffer.

 

14.

Quoi qu'on fasse, difficile dans nos sociétés organisées d'échapper à l'expertise, à la classification technocratique, à la petite fiche.

 

15.

En France, l'on s'aperçoit de plus en plus souvent que la bureaucratie n'a pas besoin du communisme pour prospérer.

 

16.

Rien de plus sot que d'apprendre à se connaître : on finit toujours par y laisser son mystère et sa peau dans l'assiette de l'autre.

 

17.

Avec les présidentielles à venir, ah ils vont les multiplier nos politiques, offres promotionnelles, toutes sortes de rabais, attrape-gogos.

 

18.

Et encore du passé, du passé, des trognes dont on n'a plus que faire, des tubes digestifs que la terre a depuis longtemps digérés.

 

19.

La démocratie, une manière argumentée de multiplier tous les appétits, et les férocités qui les accompagnent.

 

20.

Rien à faire, derrière l'expression « accompagnement bienveillant », je la vois se profiler la froide gueule de l’État surveillant général.

 

21.

Des fois qu'ce serait plus des couleuvres qu'on nous ferait avaler, mais des pièges à loups, de ces pièges retors qui vous perforent l'estomac.

 

22.

Zut elle est méchante toute grognioff qu'elle dit comme ça accouchement accouchement livraison de la mâchoire.

 

23.

La corruption des uns fait à bon compte truqué l'honnêteté des autres.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 3 septembre 2016

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 19:41

ICI-GÎT… POINT DE NOM !

 

1.

Chère Providence, si tu pouvais me faire parvenir un peu de café, du tabac, 20 ans de moins et une banquière suisse, ça m'arrangerait, merci.

 

Ou alors une banquière monégasque, ou luxembourgeoise (je ne suis pas difficile).

 

2.

L'ombre à tête de chat

A-t-elle croisé au hasard de ses pas

L'homme à tête de chou

Quelque part et je n'sais où ?

 

3.

Ne touchez pas à l'orthographe du français. Elle est pleine d'exceptions et ainsi à l'image de son peuple.

 

On commence par normaliser l'orthographe et on finit par normaliser les esprits.

 

Ne touchez pas à l'orthographe du français : elle est la preuve vivante (car la langue vit) que tout dans la vie n'est pas nécessairement logique.

 

4.

La langue est l'âme et le violon d'un peuple : elle peut sonner faux, grincer crincrin, ou voltiger, virevolter, s'élancer.

 

5.

Cataclysme : le mot sonne comme une frappe de batterie (caisse claire, tom, cymbale).

 

6.

Que le burkini, c'est peut-être la seule possibilité donnée à certaines femmes d'aller à la plage…

 

7.

Zut des fois, elle monte sur ses grands chevaux, lesquels foncent dans tous les sens ; v'là Zut toute éparpillée.

 

8.

On est toujours des fois, la lune des fois, Zut des fois, ma pomme des fois, et des fois on dit jamais qu'on croit qu'c'est pour toujours.

 

9.

Le réel est plein de portes qui s'ouvrent ou se ferment selon que l'on est arrivé à mettre ou non le hasard dans sa poche.

 

10.

Un jour, quelque ange actionnera l'interrupteur de mon cœur et je mourirai n'est pas français.

 

11.

« Ici gît… Point de nom ! Demandez à la terre ! »

(Lamartine, « Bonaparte »)

 

La terre : planète sur laquelle gigote tout un tas de choses dont certaines se demandent si tout ceci est bien réel.

 

« Deleuze disait déjà de « L'Ethique » de Spinoza qu'elle était une « éthologie » : une science du comportement des choses. »

(Baptiste Morizot, Philosophie Magazine Hors-série, « Spinoza », p.52)

 

L'éthologie, c'est l'étude du comportement des animaux, qui y en a qui font même d'l'éthologie humaine.

 

Les choses, des fois, elles nous échappent qu'on se dit qu'on est plus assez maître de soi pour qu'elles plient les choses.

 

Une « science du comportement des choses » : c'est que tous nos efforts tendent à maîtriser l'hétérogénéité radicale de l'être.

 

L'être est hétérogène, c'est pour ça qu'il est insaisissable, et c'est d'ailleurs cette insaisissabilité qui le fait être.

 

« qui le constitue en tant qu'être » aurais-je dû écrire pour imiter le style de mes copies de classe terminale.

 

12.

« La Chute de l'Ange » de Dufaux et Griffo, damier, reine blanche prise par la mort, roi noir, pions, cheval ailé, tour, lune de sang.

 

13.

Sous le cercle blanc

l'assassin

crochet ensanglanté

le visage et le sang

l'affolement féroce de la conscience.

(cf Dufaux et Griffo, « La chute de l'Ange », Glénat)

 

14.

Il faut être un ange bien misérable pour de si bas voir les gens « petits, tout petits ».

(cf Dufaux et Griffo, « La Chute de l'Ange », Glénat)

 

15.

illusion, un château dans une fumée.

 

16.

L'humain, un contremaître prétentieux, un arrogant de la maîtrise au service d'une entreprise dont, en fin de compte, il sait si peu.

 

17.

« Face au piano, à cet alignement de touches noires et blanches, j'avais l'impression de partir en Chine sans passeport. »

(Philippe Katherine, dans un entretien avec Christophe Conte et Pierre Siankowski, « Les Inrockuptibles »  n°1062, p.45)

 

Alors, on ferait face au piano et l'on se dirait que c'est le moment de convoquer les plus virtuoses de nos ombres.

 

18.

Certaines musiques, on dirait qu'elles miment la lente décomposition du présent.

 

19.

« L'identitaire est plus récent, car en phase avec certains traits narcissiques de nos sociétés individualistes. »

(Philippe Corcuff, entretien avec Anne Laffeter et Jean-Marie Durand, « Les Inrockuptibles » n°1062, p.21)

 

Bah, comme si les traits de nos aïeux étaient moins narcissiques et leurs sociétés moins individualistes que les nôtres ! Quelle blague !

 

J'ai du mal à concevoir une société moderne qui ne soit pas basée sur l'individu plus que sur le clan, la classe ou l'entreprise.

 

20.

Les gens sont rarement ce qu'ils ont l'air d'être ; généralement, ils sont pires.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 27 août 2016.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 01:12

LA REVOLUTION ? UN MENSONGE QUI A REUSSI

 

1.

L'événement finit toujours par se passer de l'humain. Il devient alors fatalité.

 

2.

« Ce que le public veut, c'est être surpris par ce qu'il attend. »

(attribué à Frank Capra par Franck Dubosc sur France Inter)

 

« Le public aime à être surpris mais seulement par ce qu'il attend. »

(attribué à Tristan Bernard)

 

On trouve aussi  et toujours attribué à Tristan Bernard:

« Au théâtre les gens veulent être surpris, mais avec ce qu'ils attendent. »

 

3.

« Tout est vain, - et, là-haut, voyez, la Lune rêve

Aussi froide qu'aux temps où l'Homme n'était pas. »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Dans « Soir de carnaval », le narrateur oppose le « chahut » d'la ville carnavaleuse et la froideur de la Lune avec une majuscule à la miss.

 

4.

« Et nous irons ainsi, jusqu'à ce qu'à son tour

La terre crève aux cieux, sans laisser nulle trace. »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur i sait bien comme nous tous qu'un beau jour la terre fera plopssss dans le cosmos, ballon qui s'dégonfle.

 

Ou alors la terre elle sera toute chauve et de lointains observateurs se demanderont s'il y a eu d'la vie sur c'machin là.

 

5.

« Où réveiller l'écho de tous ces cris, ces pleurs,

Ces fanfares d'orgueil que l'Histoire nous nomme »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur demande « où réveiller l'écho » à tout ça d'l'Histoire la grande orgueilleuse massacrante l'héroïque à tête chercheuse.

 

Les échos d'l'Histoire, franchement, ça nous rappelle juste qu'il y a eu bien des imbéciles et des salauds pour nous gouverner.

 

6.

« Devant les siècles d'or pour jamais endormis

Dans le néant sans cœur dont nul dieu ne délivre ! »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur i dit aussi que les « siècles d'or » sont au « néant » qu'c'est pas si sûr rapport aux univers parallélo-temporels et tout ça.

 

7.

« Et voici que j'entends, dans la paix de la nuit,

Un pas sonore, un chant mélancolique et bête »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur il est chez lui et c'est la nuit ; il entend chanter des bêtises dans la rue, du coup i dort pas, donc du coup il écrit.

 

Des fois, la nuit, y a – tonc toc ! - « un pas sonore », et d'la mélancolique rengaine. C'est Zut qui rappelle sa marionnette.

 

8.

« Vanité, vanité, tout n'est que vanité ! »

- Puis je songeais : où sont les cendres du Psalmiste ? »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Enfin le narrateur s'demande « où sont les cendres du Psalmiste ? » que pour s'demander ça faut pas avoir l'moral à manger des moules frites.

 

Le Psalmiste, ici, c'est l'Ecclésiaste de l'Ancien Testament, que c'est lui qui a écrit que tout est vanité même qu'il y a du vent.

 

9.

Entendu Denis Tillinac sur France Info dire que la fin de l'Histoire est « un mythe de la Gauche ». Certes.

 

Sur France Info, Denis Tillinac il dit comme ça que pour la Gauche, et c'est pas bien, l'enfant est autant à l’État qu'à sa famille.

 

Tandis que pour la Droite, l'enfant est d'abord à sa famille. Et ça j'approuve.

 

Tillinac rappelle que la tradition de la Droite française se divise en deux courants : le bonapartisme (il donne en exemple de Gaulle et Malraux) et l'orléanisme (Monnet et Schuman).

Le bonapartisme de de Gaulle se manifeste par son mépris des partis, son souverainisme, qui s'oppose évidemment au goût des appareils et au fédéralisme des fondateurs de l'Europe.

 

10.

L'administration est une machine à gérer l'entropie, tout en y œuvrant, comme le prouve sa tendance à tout compliquer.

 

11.

On a cru longtemps que l'accès de tous au savoir engendrerait de salutaires révolutions. Maintenant, grâce à Internet, et à la massification de l'enseignement supérieur, l'accès au savoir n'a jamais été aussi facile et vous savez quoi, ils s'en moquent, les gens ; ils veulent être tranquilles les gens, peinards. D'où j'hypothèse qu'une révolution est d'abord un mensonge qui a réussi.

 

12.

Je me méfie d'un gouvernement qui prône la bienveillance ; c'est là une manière d'endormir et de loger tout son monde dans une même auberge à laquelle mon mauvais esprit attribue évidemment l'épithète « rouge ».

 

13.

Bien sûr que nous avons besoin de plus de Renseignement ! Au cas où vous l'ignorez, les cellules dormantes, ça existe !

 

Quand Christian Estrosi a parlé de 5ème colonne djihadiste, il s'est fait huer. Qui oserait dire maintenant qu'il avait tort ?

 

14.

« Je lis beaucoup pour mes propres livres. »

(Michel Butor interviewé par Jacques Chancel)

 

Ah c'est donc pour ça que j'en écrirai pas beaucoup, des propres livres, me dis-je songeur d'une main et unijambiste de l'autre.

 

Note : Je sais, c'est n'importe quoi, mais que voulez-vous, je m'amuse d'un rien.

 

15.

Entendu sur France Culture que l'opinion du « on n'utilise que 10 % des capacités de son cerveau » plaisait jadis beaucoup aux gens de gauche qui y voyaient la preuve qu'absolument tous les élèves étaient potentiellement aptes à maîtriser les raisonnements les plus abstraits. On sait maintenant que cette idée du seulement 10 % n'est absolument pas prouvée, mais personne n'ose dire qu'il existe sans doute une part non négligeable de la population dont l'intelligence est avant tout pratique, et l'on continue, sans sourciller, et avec la complicité de bien des hiérarchies, dont je me demande souvent si elles sont vraiment si stupides (à moins, comme je tends à le penser, que sous leur fameuse « bienveillance pédagogiste se cache avant tout un simple désir de reconnaissance, la nécessité de défendre son bifteck voire un carriérisme parfois assez peu ragoûtant), on continue, dis-je, de vouloir faire rentrer raisonnements, syllogismes et littératures dans des têtes plus aptes à réparer des plomberies, à fabriquer des pièces de chaudronnerie, à s'occuper de personnes âgées, à coiffer leurs contemporains (tous métiers qui demandent beaucoup de pratique et d'expérience de terrain) qu'à s'interroger sur la révolution quantique, l'essence du libéralisme ou la dimension synchronique des fantômes.

 

Avec ça, je vais encore me faire mal voir comme un déloyal, un imbu, un pas beau, bah, voyez-vous, je m'en fous.

 

16.

Hier, dans mon demi-sommeil, mon chien se fit loup à la manière du sanglier furieux de la Princesse Mononoké.

 

« Princesse Mononoké », de Hayao Miyazaki, est un chef d’œuvre, un des plus beaux films que je connaisse.

 

17.

Dans mes demi-sommeils, je vois pas mal de choses, des visages inconnus, des sentinelles, des routes qui s'ouvrent, mes ombres.

 

18.

Zut a s'dit qu'elle l'a bien reçue, la monnaie d'son mépris, y en a même de trop, qu'ça lui réveille son cheval d'orgueil, et elle dessus.

 

Zut, quand elle est sur son cheval d'orgueil, elle bout d'l'imaginatif, et rien qu'en prenant son café elle croit qu'elle va gagner Austerlitz.

 

19.

Zut elle écrit jamais à personne. Et quand on lui écrit, Zut a répond pas. Des fois, elle mange un facteur, mais seulement quand elle a faim.

 

20.

Si un canard pourchasse un chasseur, si ça s'trouve c'est pas un canard, mais un alien collectionneur de chasseurs, ou de fusils d'chasse.

 

21.

Si ça se trouve, cette fameuse énergie noire dont tant on cause, c'est d'la cendre, la cendre des mondes cramés.

 

Ou alors c'est la peau de la jongleuse dans les astres.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 27 août 2016.

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 03:31

A CAUSER BIZARRE ON FINIT ETRANGE

 

1.

« une d'elle mourut dans son rêve »

(Jean Ray, « La ruelle ténébreuse »)

 

J'la vois bien accompagnée c'te phrase de quelques notes façon « cristal qui songe » qui est un titre de Theodore Sturgeon.

 

2.

Entendu dans une Radioscopie de Jacques Chancel une phrase sur une tête de mort dans chaque caboche ou chaipakoi c'est bizarre.

 

Ah ! je l'ai trouvée :

 

« Comme cela nous semblerait flou

inconsistant et inquiétant

une tête de vivant

s'il n'y avait pas une tête de mort dedans. »

(Jacques Prévert)

 

3.

« C'est pour ça qu'il y autant de cocus, c'est parce que l'on est toujours le dernier à le savoir. »

(Coluche)

 

Ce « c'est pour ça » est épatant. Par ailleurs, c'te phrase, j'l'ai aussi entendue dans une Radioscopie.

 

4.

Le narrateur dans un texte à Jean Ray i cause bizarre d'une « coque de bois » flottant qu'elle « mourut dans son rêve » à cause d'un iceberg.

 

J'aime bien les phrases un peu braques qui me font penser aux vieux étages en bois des maisons livrées au temps.

 

5.

Le narrateur à Jean Ray évoque un « iceberg qui brûlait au soleil » on pense à un « pavillon en viande saignante » dans des arctiques à la Rimbaud.

 

6.

« Un roulement ébranla l'atmosphère.

- Le nuage parle, dit Snuffy. »

(Jean Ray, « Quand le Christ marcha sur la mer »)

 

Y en a i zentendent des voix dans les nuages, des présages tonitruants grondés par les êtres du tonnerre.

 

7.

Zut elle a envie de regarder une comédie, un de ces films où la caricature est plus intéressante que son modèle.

 

8.

Dans une traduction du texte « Echoes » du Pink Floyd, cette phrase étrange : « Et pas un n'a forcé nos yeux à atterrir ».

 

J'imagine assez un vol de regards volants, des yeux fendant l'air, des mirettes faucons, des yeux aigles atterrissant fantastique.

 

Je me demande par quel fantôme je suis passé pour aller chercher sur la Toile une traduction du texte « Echoes ».

 

Du coup, j'ai trouvé ça :

 

« Put on a gown that touches the ground, ah ooh

Float on a river for ever and ever

Emily »

(Syd Barrett, « See Emily Play »)

 

Même que c'te fille qui a mis une robe qui touche le sol et flotte à jamais sur le fleuve, c'est pas Emilie, c'est Ophélie, non ?

 

9.

« O Nuict, tu vas ostant le masque et la faintise

Dont sur l'humain théatre en vain on se desguise »

(Guillaume Du Bartas, « La Nuit »)

 

J'aime bien l'idée d'une nuit qui ôte, une nuit hôtesse ôteuse des masques que mettent les choses pour paraître le jour.

 

J'aime bien l'idée de « l'humain théatre » et du mystère qui y noue ses visages.

 

10.

Si ce n'est pas déjà fait, j'aimerais que les Nuits de France Culture rediffusent « Punk comment c'était déjà ? » qui m'avait tant plu.

Les Nuits de France Culture rediffusent des « La Joie de vivre » épatants : celui de cette nuit, avec Juliette Gréco, est formidable.

 

11.

Parfois ils enverront les serpents et parfois les araignées. Ainsi se vengent les fantômes noyés.

 

12.

Tout ça qu'on a cru miraculeux et qui, princesse empoisonnée, poupée décomposée, s'effrite dans nos doigts.

 

13.

Je ne dors pas. La nuit brûle ses os. Quelques ombres passent, tentant d'échapper au brasier secret de la nuit.

 

14.

La chanson qui dit « On vous souhaite tout le bonheur du monde » (sans blague) elle est niaise niaise niaise (oh oui).

 

La chanson qui dit « Que quelqu'un vous tende la main » me rappelle ma hache.

 

C'te niaise chanson là vous souhaite de « calmes jardins » ah oui, oui, des jardins, pour y flanquer des orages.

 

15.

Regardant Kaamelott, je songe que la potion de polymorphie ne peut se comprendre que si l'on est capable de voir par d'autres yeux un réel qui autrement n'existe pas.

 

16.

« Le jour de la Saint-Valentin je mange des moules » n'est pas forcément une phrase vulgaire.

 

17.

Quel linguiste pourfendeur du nénuphar et de l'éléphant aura le front de décoller la tête de son accent circonflexe ?

 

18.

Le monde pond des humains. Du reste, certains deviennent des têtes d’œufs.

 

19.

Le zéro est une chatière par où les x passent et repassent et se fichent bien de notre monde.

 

20.

Un ange passe. Il emporte ma phrase. Je me demande bien ce qu'elle avait à l'esprit.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 août 2016

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