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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 10:56

L'ATTENTE
Chanson pour chanteuse

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Il est midi

Depuis une heure

Et tu n'es pas là

Tu n'es pas là

 

Pourtant

Y a pas si longtemps

Tu étais toujours là

Mais depuis que tu as rencontré Lola

Et qu'tu t'es mis à la trompette

Voilà que tu me la joues poudre d'escampette

Salut poulette et adieu Berthe

 

Tant pis pour le rôti pour les pommes

Frites et pour la suite

Le bon vin la viande tendre et cuite

A point et pour ma pomme

Qui t'attend

Puisque c'est toi

Puisque c'est toi.

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Il est midi

Depuis deux heures

Et tu n'es pas là

Tu n'es pas là

 

Pourtant

Y a pas si longtemps

Tu étais toujours là

Mais depuis que tu as rencontré Nina

Et qu'tu ne mets plus de pyjama

Voilà que tu me la joues je ne suis pas là pour l'instant mais vous pouvez laisser un message après le bip

Salut poulette et adieu Berthe

 

C'est aujourd'hui pourtant le printemps

Et tiens voilà qu'il pleut

C'est tout de même malheureux

Il pleut il pleut et moi

Je t'attends

Puisque c'est toi

Puisque c'est toi.

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Il est midi

Depuis trois heures

Et tu n'es pas là

Tu n'es pas là

 

Pourtant

Y a pas si longtemps

Tu étais toujours là

Mais depuis que tu as rencontré Elsa

Et que tu fréquentes les majorettes

Voilà que tu me la joues désolé Paulette

Salut poulette et adieu Berthe

 

Hop ! Encore un verre de vin blanc

Une autre cigarette

Je ne suis pourtant pas à la fête

Il pleut il pleut il pleut et moi

Je t'attends

Puisque c'est toi

Puisque c'est toi.

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Il est midi

Depuis six heures

Et tu n'es pas là

Tu n'es pas là

 

Pourtant

Y a pas si longtemps

Tu étais toujours là

Mais depuis que tu as rencontré Clara

Et qu't'as pris un abonnement à l'opéra

Voilà qu'tu m'chantes Ce soir je ne suis pas là

Salut poulette et adieu Berthe

 

J'ai beau regarder le téléphone

Et scruter mon portable

Ah bien ! Voilà maintenant que ça tonne

Et y a plus de vin sur la table

Puisque j'ai tout bu

Puisque j'ai tout bu.

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Il est midi

Depuis neuf heures

Et tu n'es pas là

Tu n'es pas là

 

Pourtant

Y a pas si longtemps

Tu étais toujours là

Mais depuis que tu as rencontré Olga

Et que tu pratiques le trampoline

Tu n'y viens plus souvent, hein, à ma cantine

Salut poulette et adieu Berthe

 

Mais qu'est-ce que c'est que cette tête

Qui tourne en vinaigrette

C'est pourtant pas mon enterrement

C'est pourtant pas ma solitude

Que j'attends là

Puisque c'est toi

Puisque c'est toi.

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Il est midi

Depuis minuit

Et tu n'es pas là

Tu n'es pas là

 

Pourtant

Y a pas si longtemps

Tu étais toujours là

Mais depuis qu't'as rencontré Mario

Et qu'tu t'habilles en majorette

Je ne suis plus bien sûre de ce qu'il te faut

Salut Paulo et adieu Berthe

 

J'ai les yeux grand ouverts sur le noir

L'espace est plein d'éclairs

Ah oui, mon amour, tu m'as bien laissé choir

Et pourtant moi

Je t'attends

Puisque c'est toi

Puisque c'est toi.

 

Tu m'avais dit

A midi

Je serai là

Je serai là

Et moi tu vois

Je t'ai cru

Puisque c'était toi

Puisque c'était moi.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er avril 2015.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 22:18

AGITER SON OMBRE

1.
Des fantômes… des fantômes… ça n'existe pas, les fantômes… ça se contente d'être…

2.
Les fantômes, ça n'existe pas, à part dans les histoires fantastiques et les tribunaux.

3.
Aller demander la main de quelqu'un et recevoir une paire de gifles, ça doit être ça qu'on appelle l'ironie.

4.
Entendu dans un épisode de la série Barnaby : « Suivez votre nez, et la petite rose vous trouverez. » Moi, quand je suis mon nez, en général, je me retrouve devant un steak-frites.

5.
« ce peu de matière qu'elle nous prête » : Cioran cite Bossuet, rappelant ainsi que ce dont faisons pires et merveilles n'est jamais qu'un prêt de la nature.

6.
La poésie prétend parfois s'insurger contre la réalité, à laquelle elle n'a souvent guère autre chose à opposer que des figures de rhétorique.

7.
Avoir des enfants révèle que l'humain persiste dans cette folle espérance que le pire n'est pas toujours sûr.

8.
Une visite aux soins palliatifs, là où ça s'achève, devrait pourtant bien guérir l'humain, ou à tout le moins le freiner sérieusement, de cette folie qu'il a de se reproduire.

9.
« Nions donc sans remords » écrit Cioran dans « De l'inconvénient d'être né ». Il est que, plus croyant que sceptique, l'humain, sous peine de se prendre pour un dieu, a besoin qu'on lui dise non.

10.
Il est de ces gens qui, fussent-ils les meilleurs des hommes, ont besoin que l'on doute de leur bienveillance, comme il est de ces crapules qui ne comprennent pas que l'on puisse douter de leur honnêteté.

11.
On s'agite souvent plus qu'on agit. Et c'est fort heureux. Un monde peuplé de petits bonapartes courant dans tous les sens et multipliant audaces et coups de théâtre serait pour le moins invivable.

12.
Le but de la puissance publique est aussi de confiner l'action à l'agitation. Agir ? Vous n'y pensez pas ! C'est trop dangereux, et c'est même très mal élevé.

13.
La diplomatie n'est souvent que l'étiquette de l'hypocrisie.

14.
C'est sans doute par relent de romantisme que nous prenons notre indécrottable neurasthénie pour de la mélancolie.

15.
Quel comédien que le neurasthénique ! Quel artiste de cinéma ! J'en viens parfois à me demander si l'art du comédien ne consiste pas avant tout à sublimer la mélancolie qui rode dans le public.

16.
Saisi au vol sur France Inter : « Sans arrêt vous êtes obligé d'aller raconter votre vie partout ». La comédie, oui, bien française qu'elle est, la comédie ! Terriblement française.

17.
Tout le monde n'a pas le talent d'inventer sa vie. Bien des écrivains ne font qu'agiter leur ombre.

18.
Le verbe « neurasthéniser » n'existe pas. Sa forme pronominale serait bien utile ; quant à la possibilité d'un complément d'objet, c'est à voir.

19.
« On ne va pas remplacer les Etats-Unis par autre chose. »
(Glenn Greenwald in « La Voix du Nord » du 30 mai 2014)

20.
La liberté est parfois un sentimentalisme que dément la nécessité de l'action.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 mars 2015.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 20:50

QUE ÇA VOUS A

Puis v'là qu'ça vient
V'là qu'ça vient
Invisible
Puis qu'ça vous tue
Qu'ça vous tue
L'oeil terrible

L’œil terrible
Que ça vous a
Qui vous suit pas à pas
Vous vous dites c'est pas possible
J'suis une cible
J'suis une cible
Ou quoi ?

Puis vl'à qu'ça s'envenime
Qu'ça s'envenime
Qu'ça vous empoisonne
C't'un coup de chien
Zêtes plus rien
Qu'une pauv' pomme.

Pourquoi donc qu'elle est partie
Qu'elle vous a laissé blanquette
De veau sur la banquette
Pourquoi donc qu'elle est partie
Et vous dites pourquoi j'suis comme
Ça moi comme ça moi comme

Un œil terrible
Que ça vous a
Qui vous suit pas à pas
Vous vous dites qu'c'est terrible
Et difficile
Et difficile
Oui

Et ça vertige et ça vertige
Comme si le vent
Vous poussait en dedans
Et ça vertige et ça vertige
Il neige de p'tits yeux blancs
Ça fait des fantômes dans les champs.

Voilà qu'les rues se gondolent
Que les toits s'désarçonnent
Qu'un christ bleu sort de sa croix
Vous vous dites qu'il fait froid
Qu'vous boiriez bien un vin chaud
Si vous aviez encore vot' peau sur les os.

L’œil terrible
Que ça vous a
Qui vous suit pas à pas
Vous vous dites On dirait bien pourtant
Que j'suis
Pourtant que j'suis
Immobile
Immobile
Immobile.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mars 2015.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 08:22

MÊME S'IL NE PLEUT PAS

1.
J'aime bien dans Michaux ce narrateur qui se gratte avec son royaume. Je me demande s'il l'utilise aussi pour se nettoyer les ongles.

2.
J'aime bien l'idée de Michaux selon laquelle « L'âme adore nager. » Dans les airs, dans les eaux, tranquille dragon.

3.
J'aime bien entendre le bruit de la pluie, même s'il ne pleut pas.

4.
Je trouve pertinente l'idée de Michaux selon laquelle la mise en œuvre d'un être finit par sa disparition, sa disparition « par chute ».

5.
Les dieux chutent. Les mythes sont leurs parachutes. Arrivés sur terre, ils disparaissent, assez mystérieusement.

6.
Chaque fois que j'entends prononcer les mots « centre et périphérie », je pense à un œuf. Et par association d'idée à « crâne d'œuf ».

7.
« cruel » : en voilà un mot, « cruel », qui porte des mains griffues, et du sourire mauvais, et du diable au violon.

8.
Parfois mes mains se couvrent de regards, une fourmilière d'yeux qui me lisent les rides.

9.
J'en ai rencontrés rarement, mais à chaque fois, ils m'ont surpris ; on aurait dit qu'ils me rêvaient ; d'ailleurs, au bout d'un moment, ils se réveillaient et je disparaissais.

10.
Roi désolé, pays couvert de dieux, qui s'cognent, qui s'contrecognent, qui s'décuménisent, se sacrilègent, se démystifient, tombent de haut.

11.
Peut-on refuser et ne pas bâtir ? Peut-on vivre longtemps dans le palais du refus ? Dans la demeure du splendide isolement ?

12.
L'Histoire est ce qui reste quand on nous a oubliés.

13.
J'ai récemment écrit « L'Histoire est ce qui reste quand on nous a oublié ». Je n'avais pas fait l'accord du participe passé. J'ai ressenti cela comme une faute cependant que je me suis avisé que le pronom « nous » désignait chacun de nous. La faute, si je puis dire, individualise.

14.
Les puces ne veulent plus de mes vieux chats ; depuis je me gratte moins la tête.
(Elise Antoine)

15.
Il y en a qui chantent la dame de pique une quarte en dessous. Ça ne me choque pas.
(Elise Antoine)

16.
Mes trois chats sont gris ; mes trois chats sont vieux ; il y a peut-être un rapport.
(Elise Antoine)

17.
La communauté des vivants est aussi constituée de ceux que l'on n'a jamais retrouvés. Êtres, spectres, regrets et combats.

18.
Ce qui dans le réel est réellement intéressant, c'est ce qui vient chercher l'être au fond du bocal.

19.
Les lieux qui portent malheur, nos yeux n'y peuvent s'y promener sans risquer d'être crevés. Ils le savent, et restent dans nos visages, lesquels restent avec nous.

20.
Le passé est lié au présent comme l'ombre au mur, et comme elle, insensiblement, il s'éloigne.

21.
« Le passé est le père du présent. »
(Agatha Christie traduit par Claire Durivaux [Poirot])

Le passé est le père du présent, lequel s'appelle Œdipe.

22.
Des fois, quand à côté de mon réfrigérateur, je contemple les étoiles, j'ai l'impression d'être dans Star Strek.

23.
L'âme, un bruit blanc prolongé et parfaitement silencieux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 mars 2015.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 11:46

LA LANGUE DE VOTRE LANGUE

1.
Qu'est-ce qui n'est pas d'emblée ? Dieu n'est pas d'emblée. L'être est-il d'emblée ? L'étant est-il d'emblée ? Fantômas est-il d'emblée ? L'intelligence est-elle d'emblée ? L'emblée est-elle d'emblée ? Voilà qui me fait penser, ou à peu près penser, ou parapenser… A quoi ? Aux « données immédiates de la conscience », élément de langage philosophico-qu'est-ce-que-j'cause-bien que je me demande ce que ça signifie au juste.

2.
J'aime bien chez Michaux cette « colère » qui « se met en boule », chat prêt à bondir, l'œil furieux, la gueule ouverte, l'âme griffue.

3.
Des fois, j'ai l'impression de manquer de corps, de coffre, de souffle, qu'une feuille morte passant par là a plus, infiniment plus, radicalement plus d'être que moi.

4.
J'aime bien chez Michaux ces « ennemis sans corps à battre » qui vous pullulent l'esprit et vous empêchent d'agir, de réagir, vous paralysent.

5.
Je n'aime pas attendre. J'ai toujours l'impression que je vais m'arriver en retard.

6.
Peut-on garder sa colère comme on garde son calme ? La colère, un chien qui bondit hors de vous et qui, la plupart du temps, se dissipe dans l'air.

7.
Parfois, j'ai l'impression que des bêtes passent derrière moi, filantes, chercheuses de miettes d'être, me tirant la langue.

8.
Les ironies, petites bêtes filantes et perspicaces. Elles nichent dans la langue et cultivent le paradoxe.

9.
L'Histoire, qu'elle recule ou qu'elle avance, oblige toujours l'humain à la lutte. Elle nous pousse, jouant avec nous comme avec le précipice.

10.
C'est une grande prétention de croire que nous faisons l'Histoire. La grande roue se moque bien de nos bonapartismes.

11.
Je me demande quel est le rapport entre le passé simple et l'irrémédiable ? Ce que nous conjuguons, c'est le passé d'inéluctabilité, n'est-ce pas ?

12.
Parfois, je me trouve sur une route, un chemin, un sentier, et je me dis que ce sera le dernier peut-être. Et puis je rappelle mon chien, et puis je rentre.

13.
A mon dernier peut-être, aurai-je encore des doutes ?

14.
Ça ire aussi, ça ire ire ire ; ça vous persiste et signe, et saigne et assigne et assène ; ça vous termite.

15.
Cercle incandescent, ça vous troue le temps comme bout d'papier.

16.
Ça glisse, ça lisse, ça hisse. Ça assaillit assaillit assaillit. Ça vous fiche ; ça vous fillle les points sur le i. Et puis ça vous finit.

17.
Apprenez la langue de votre langue avant qu'elle vous coupe la gorge.

18.
« je chuchotais à leur approche, doucement, comme à moi-même »
(Henri Michaux, « Un homme perdu »)

Peut-on chuchoter à l'approche ? Peut-on chuchoter à l'oreille de l'approche ? Peut-on chuchoter à l'approche que si elle tente de vous mettre dans sa poche, vous allez proprement la trouer.

19.
Y en a, vrai ! Ils font une belle carrière, le grand chelem : d'abord p'tit con, puis grand con, et pour finir, vieux con.

20.
Des fois que le vol de l'aigle, à la perception, i s'mettrait à lui ouvrir des portes, ou d'autres psychédélismes de la même peau d'songe.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 mars 2015

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 21:41

CE PEU DE CHOSES

1.
Biographies. Derrière les grands hommes, parfois, mon dieu, que de petites choses.

2.
- Je vous dis que l'on va droit dans une impasse !
- Que faire alors ? Reculer !
- Ah non, je ne reviens jamais sur le passé !

3.
Par grand vent elles sont emportées dans la nuit
Alexandrin pas plus bête et mélancolique qu'un autre.

4.
L'ailleurs n'existe que par la fiction qui le fonde.

5.
Ceux qui nous voient venir
Ceux que l'on voit venir
Et puis on ne fait que se croiser.

6.
On pense que c'est toujours la même chose. On pense souvent que c'est la même chose. Mais la même chose s'en moque.

7.
J'aime bien le portrait déchiré de Rimbaud par Ernest Pignon-Ernest – plus de bouche, le beau gosse. Beau, tragique.

8.
J'aime bien la moue dépitée de Rimbaud : j'ai l'impression qu'il a toujours l'air de se demander ce qu'il fout là.

9.
Je n'aime pas ce que je deviens. J'ai l'impression de m'oublier comme un morceau de fromage au fond du réfrigérateur.

10.
Je n'aime pas l'idée d'avoir été désiré. Je n'aime pas l'idée de n'avoir pas été désiré.

11.
J'aime bien « La Javanaise » de Gainsbourg ; éblouissante fantaisie en v. Le v, ça me fait penser à la mode des pulls en « v ». Il me semble que dans les années 50, beaucoup de jeunes filles portaient des pulls en « v », noirs de préférence, ou je dis n'importe quoi.

12.
Non, Monsieur Houzeau, les pulls en « v » ne datent pas du Vème siècle et n'ont pas non plus été imaginés par Winston Churchill.

13.
J'aime bien l'idée qu'il faut se battre pour y arriver. Je n'aime pas l'idée que l'on puisse être battu, blessé, laissé pour compte.

14.
J'aime bien les romans d'Orlando de Rudder, vifs, crus, érudits, avec des phrases qui claquent à la coup de vent, gifle, ou verre de genièvre.

15.
En raison d'un appel à la grève déposé par plusieurs de mes esprits, je ne suis pas en mesure d'écrire le chef d’œuvre que je m'étais promis.

16.
J'aime bien l'idée que l'on puisse se réincarner. Dans une prochaine vie, M'sieur Karma, je pourrai être David Bowie ?

17.
Souvent qu'on se lève Bonaparte et qu'on se couche à Sainte-Hélène.

18.
J'avais d'abord écrit « Souvent qu'on se lève Bonaparte et qu'on se couche Sainte-Hélène. » Napoléon transformiste ? Non, on n'y croit pas.

19.
Nous sommes trop; bientôt il ne restera que des miettes.

20.
Et la croix sur ma tombe indiquant ce peu de choses.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 mars 2015.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 11:31

OU COMME L'HUMAIN

1.
- Et de quoi est-il mort ?
- Strangulation.
- Damnation ! Encore une attaque des mains de l'invisible.

2.
Des fois il se sentait comme enlisé jusque là et qu'on lui tendait la corde pour se pendre.

3.
- Il fait nuit. Il fait tellement nuit qu'on n'entend même pas la pluie tomber.
- Remarquez, la nuit non plus on ne l'entend pas tomber.
- Ça tombe bien, j'allais vous en parler.

4.
- Est-ce que le ciel en tiendra compte ?
- De quoi ?
- De tous nos mécomptes.
- Vous prenez Dieu pour un expert-comptable.

5.
Des fois, les mômes, ils attendent le marchand de sable. Et devenus grands, ils attendent le marchand de canons ; c'est plus rentable.

6.
- Vous savez, le moindre de nos gestes est disséqué, analysé.
- Par qui ?
- Par le propriétaire de ces yeux invisibles que vous voyez là-bas.

7.
- Plus je vis dans ce pays, moins je m'y sens à l'aise.
- Zavez qu'à changer de pays.
- Bah ! il n'est d'autre pays que soi-même.

8.
- A propos, et la Dame en Noir, comment va-t-elle ?
- Elle porte toujours le même parfum.

9.
- Ecoute un peu encore.
- Je ne peux pas, je n'ai plus d'oreilles.
- Comment fais-tu pour m'entendre alors ?
- Je ne sais pas, je n'ai plus de raison.

10.
- Parfois, vous savez je me remonte.
- Ah, et ça donne quoi ?
- Je sonne.

11.
- Avez-vous vu ces drôles de petits serpents aux poignets des gens ? C'est étonnant, on dirait qu'ils donnent l'heure.
- Oui, ça nous change des yeux des chats.

12.
- Nous devions nous revoir jeudi.
- Ça, ça m'étonnerait.
- Pourquoi ?
- Le jeudi, je ne vois que moi-même, et encore…

13.
- Et le presbytère, que devient-il ?
- Il se porte comme un charme, et le jardin, eh, il s'éclate.

14.
- Parfois je me plonge dans mes livres.
- Oui, et alors ?
- Quand j'arrive un choper un paradoxe, je le remonte et je le fais frire.

15.
- Vous aimez la confiture ?
- Franchement, je préfère les salsifis.
- Ça n'a rien à voir.
- Nous sommes d'accord.

16.
- Vous aimez la confiture ?
- La confiture, vous savez, depuis que je n'ai plus de pain.
..

17.
- C'est comme si je vous demandais si vous aimez la trompette, et que me répondiez que vous préférez l'éléphant.
- C'est idiot ce que vous dites.
- Et pourquoi ça ?
- Vous avez déjà essayé de jouer « Hello Dolly » à l'éléphant, vous ?
- Évidemment non, d'ailleurs je ne sais pas jouer de l'animal, ni du bestiau, et même pas de mes relations, alors…

18.
- Le truc normal, je ne sais jamais où il est.
- Et du coup, vous utilisez de l'anormal.
- Ah non, c'est trop dangereux. Non, j'utilise de l'approximatif.

19.
- Le paradoxe, quand on en prend, il faut faire attention aux arêtes.
- Ou alors, ne le prendre qu'en filets.
- Moi, ce que je préfère, c'est le paradoxe sauvage.
- Il est certes bien meilleur que le paradoxe d'élevage qu'on trouve dans les universités.

20.
- Arrêtez de dire que c'est curieux tout de même ; je vous jure, ça en devient étrange.
- Non, ça en devient curieux. D'ailleurs, ça l'est déjà.
- Remarquez que parfois, je me demande si le curieux ne tend pas à l'étrange comme la ligne à l'infini.
- Ou comme le mètre au paramètre.
- Ou comme l'humain à l'andouille.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 mars 2015

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 06:43

DE TOUT UN PEU PARFOIS

1.
MA CONVULSION sur son blog COULEURS COURANTES compose des notes-poèmes érudits et d'une singulière beauté
http://ch1ka2ya.blogspot.jp/

2.
« 
Je ne regretterai rien parce que j'ai déjà jeté mes regrets »
(Ma Convulsion sur twitter)

Moi non plus, je ne regretterai rien parce que j'ai déjà été mes regrets.

3.
Et quand mon coeur s'arrêtera de battre
Et quand mon coeur s'arrêtera
Et quand mon coeur s'arrêt
Et quand mon coeur
Et quand
Quand

4.
« Don Salluste : Voleur, voleur, vous m'avez volé !
Blaze : Non, monseigneur, je vous ai menti.
(Gérard Oury, « La Folie des grandeurs »)

Ceci dit, mentir, c'est aussi voler à quelqu'un sa part de vérité ; ce que font tous les jours nos chers politiques.

5.
La tête de Louis de Funès en Don Salluste dans « La Folie des grandeurs », sa face effarée devant le bébé qu'on lui impute :
« - Elle ment, elle ment en allemand ; cet enfant est un faux-témoin. »
Irrésistible.

6.
L'humain est voué à crouler sous son propre nombre. A moins de devenir peu à peu une mondiale dictatoriale fourmilière, je pense que les dieux multiplicateurs auront raison des civilisations qu'ils ont suscitées.

7.
Lors il battit ses œufs, y mêla ses frites, puis il prit le sel, car tel était son repas.

8.
Lors il se sentait monter dans l'âme le doux cataclop cataclop de Jolly Jumper et la chanson mélancolique de Lucky Luke.

9.
Lors il songeait au lendemain et il se sentit lourd, et comme il sentait l'ennui lui grimper dedans, il se mit à se composer des légèretés.

10.
Jadis, vieille illusion, n'en as-tu pas assez de mes yeux ? N'en veux-tu point d'autres, plus aigus, plus vifs, moins familièrement stupides ?

11.
La nuit, j'ai beau lui raconter des histoires drôles, ça ne la fait du tout rire, la nuit.

12.
Quand je prends mon café du matin, il m'arrive de le tourbillonner. Ainsi, j'y lis mon avenir. C'est tout brouillé. Je n'y vois goutte. J'attends un peu et je peux alors le boire. Le tourbillon est rentré dans la tasse et mon futur proche m'attend derrière la porte. Il est plein de têtes.

13.
Parfois, quand je m'ennuie, je laisse mes ailes pousser. Je ne le fais pas trop souvent car j'ai le vertige. Alors je me plante devant ma fenêtre et, les ailes ballantes, je contemple les autres oiseaux.

14.
Chaque matin, je constate que la nuit a profité d'elle-même pour grignoter un peu de mon royaume. Mon bouffon a déjà perdu une jambe et il me regarde du seul œil qui lui reste en souriant de ses quelques dents.

15.
Parfois, il se sent très bas, très bas, très bas, si bas qu'il a l'impression que le réel lui marche dessus.

16.
Parfois, je prends la colère et lui demande son emblée. Elle, elle pousse comme si quelque chose en devait naître, et ne me répond pas.
Sinon, je goûte mon bonheur. Je le sirote. Je me dis c'est bien tout est bien et je tente de résilier le contrat qui me lie aux frissons dans les rideaux, aux ombres dans la pluie. Mais, bien sûr, ombres et frissons résistent.
Alors, je fais le ménage et j'attrape ma boule, celle où je loge tout un monde. Je la retourne, et des narines, des lèvres, des oreilles, des yeux sortent des familles entières d'ombres, avec tous leurs visages, leurs mains tendues, leurs sourires et toutes leurs pattes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 mars 2015.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 17:37

BREF POURVU QU'ÇA DURE !

1.
La politique, un guignol où le rôle du gendarme est d'empêcher que le public en vienne à casser les jolies marionnettes.

2.
http://archimou.weebly.com/ Coloré, paradoxal, drôlement beau ! C'est ARCHIMOU ! Pourvu qu'ça dure !

3.
Serpent crocs gueule du dans l'herbe écailles i glisse le serpent in'rampe pas i glisse glisse glisse plein de légendes de reines mortes.

4.
Noir jamais vraiment noir géométries colorées nuit lune abolie par les tuiles faces pâles livides circulant loin dans le vide là-bas dehors.

5.
x appelle y, si x = y, coïncidence, si y=z, x=z, transitivité puis couple tel que si x bouge un cil y bouge un cil idem ailleurs bien loin.

6.
Quatre soleils ô mondes Indiens Amérique soleil susurré sacrifices sang bande dessinée quand comme moi on n'y connaît rien relire Soustelle.

7.
Agriculture mondialisée ; on mange mal quand même, sauf en Europe, mais pas toujours, vaches, cloches, saucisson sec saucisson sec saucisson sec, cymbale pour un drolatique jazz.

8.
Labyrinthe la tête dédale caboche j'y balade mes Ariane y promène mes Phèdre mes Cléopâtre belles tragiques reines vertes fil cousant blanc.

9.
Néant : Rien bouffe-tout-cru, grand goulaffre sans bouche, haute gueule sans langue, carrée mâchoire sans dents, souligne l'être, se nourrit de syllabes et d'leurs cervelles, finit par vous rentrer dans les oreilles et vous souffle un de ces vents dedans qui vous aspire tout, et vous restez viande.

10.
Glas ça s'répète glacé dans la brume et le cimetière Glas dans « Contre! » de Michaux : « Glas ! Glas ! Glas sur vous tous, néant sur les vivants ».

11.
Dong ! Dong ! Dong ! Brouillard en surgissent croix et médaillons gothiques chat noir yeux de phosphore feux follets diable diable diable.

12.
Autrefois del'à jamais revenir poudre «ashes to ashes» cendres resurgissant revenant tant de temps etune fascination toujours aussi vive.

13.
Autrefois de là le changé le repensé le passé se repense et se repasse de livre en livre, lire fréquenter l'autrefois.

14.
Reine verte des musiques acousmatiques palais dans d'autres voix ombres dans d'autres sons éclats sombres de conte noir à chevelure rousse.

15.
Reine magnificence verte blanche dame des contes danses seins lourds palais parcs et souvenirs tout ça repassé linge propre une enfant joue.

16.
Reine soleil lys champ de bataille tremblements de l'enfant Ecosse froide Ecosse corbeaux cordes cordes corbeaux et haches qu'on en a haché tant des reines en voilà des tourmentées des martyrisées des décapitées cours cours toujours mon enfant la hache finira par te rattraper à moins que tu soies Reine des chansons et des merveilles d'Alice - la Reine ! celle qui a tant peur qu'on la décapite qu'elle crie « qu'on lui coupe la tête ! » qu'elle crie à tue-tête et à tout bout de champ.

17.
Sous : Manque, perpétuel, sempiternel, quasiternel, quand j'en ai, ils s'évaporent. L'argent vole (quand il n'est pas volé). Dessin de Baudelaire : la tête du poète et le sac de la fortune qui s'enfuit à tire-d'ailes.

18.
Eglise : Dieu y compte les siens, avec ou sans chapeau.

19.
Eglise : dedans y a du curé. Jadis homme en noir. Armée d'hommes en noir commandée par un « Monsieur tout blanc ».

20.
« Pierre, tu es pierre et sur cette pierre... » Erreur de traduction. C'est beau quand même.

21.
Mettre l'église (ou le clocher au centre du village) : mettre la bouteille de vin au centre de la table.

22.
Qu'ai-je fait aujourd'hui ? Je suis pourtant de bonne foi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mars 2015.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 12:32

CHANSON DU PLOMBIER FANTÔME (et de sa conscience professionnelle)

L'eau goutte goutte goutte
Ecoute c'est la chanson énervante et monocorde
Du robinet qui fuit
C'est qu'on a zigouillé l'plombier

L'plombier c'était l'amant d'la Marie
Et le mari d'la Marie en fut fort marri
Aussi a-t-il refroidi l'amant bouillant
Et flanqué sa poule au ri-
Et flanqué sa poule au ri-
Et flanqué sa poule au ri-
Ctus des morts.

L'eau a n'goutte plus
Ecoute on n'l'entend plus flicfloquer
C'est qu'le robinet i n'fuit plus alors
Mais quelles sont cette ombre et cette clé levée ?

C'est l'fantôme du plombier zigouillé
Qui revient finir le turbin
Avant d'envoyer l'mari d'la Marie
D'un fatal coup de clé qui lui sortit
D'la caboche toute sa plomberie
Rejoindre sa poule au ri-
Rejoindre sa poule au ri-
Rejoindre sa poule au ri-
Ctus des morts.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mars 2015

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