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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 15:20

OASIS PAROLES TROUS ET ARABESQUES

 

Dans Oasis Paroles, de Nadège Moyart, il y a des pages trouées, il y a des pages percées. Les trous, ça fait comme une constellation de trous dans la blancheur cassée du papier. Les pages percées présentent des arabesques élégantes. Ces élégances qui traversent le papier portent des noms d'oueds : "Oued el Beïda", "Oued Amerbouh", "Oued Tourhach", "Oued Ferkla", d'autres encore. Un oued, c'est une rivière, une courbe dans un paysage, une ligne de vie.

 

Nadège Moyart est une jeune artiste lilloise. Elle compose des livres d'artistes. D'un séjour au Maroc, elle a rapporté un reportage graphique et assez de rêverie pour nourrir l'ogre d'un livre. Je dis que les livres sont des ogres car ils avalent nos syllabes. Nadège Moyart a troué l'ogre, percé l'ogre, donné un autre sens à l'ogre. Le livre n'est plus un pensum, un assène-vérités, une collection d'exemples, mais un objet, un bel objet, un signifiant superbe.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 juillet 2013

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 12:44

OASIS APPROCHE

 

Les livres tant de livres de mots de mots de mots de pages. Au bout de quelques milliers de pages au bout de tant de bouquins lus feuilletés relus pas finis abandonnés délaissés oubliés et qui ressurgissent au bout de tant de phrases parfois grises si grises si plates si conventionnelles vient l'heureuse tentation du livre singulier : Oasis Paroles, de Nadège MOYART, 2012. Je vais en reparler. C'est important. Moderne. Contemporain.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 juillet 2013

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 22:31

N'EST-IL RIEN QUE D'HUMAIN ?
En parcourant le recueil Vents, de Saint-John Perse, Poésie/Gallimard n°36.

 

1.
"N'est-il rien que d'humain ?"
(Saint-John Perse, Vents, p.65)

 

Il n'est rien que d'humain sans doute, puisque tout passe par son oeil, à l'humain, et puisque l'humain seul nomme et fait sens de toute chose. En dehors des noms est le lieu de l'innommé; en dehors de l'humain est le lieu de l'innommable : ce que l'on ne peut nommer, ce à quoi il n'est personne pour donner un nom. L'innommable est le véritable nom de l'être.

 

2.
Ce n'est pas parce que les humains disparaîtront que les choses disparaîtront. Seuls les mots disparaîtront. Quant aux choses, elles retourneront à la nature originelle, à l'innommable.

 

3.
Ainsi, poussière, nous retournons à la poussière, et nos syllabes aussi.

 

4.
Entendue dans Meurtre Au Presbytère, téléfilm anglais inspiré par le roman The Murder At The Vicarage (L'Affaire Protheroe), d'Agatha Christie, cette réponse donnée au téléphone :
"- Désolée, mais vous vous êtes trompé de faux numéro."

 

5.
"Le Mathématicien en quête d'une issue au bout de ses galeries de glaces"
(Saint-John Perse, Vents, p.57)

 

Le jongleur de chiffres, le danseur d'équations, le
Mathématicien, l'abstrait arpenteur,
En un autre monde je vous dis, en
Quête de la beauté des théorèmes, en quête
D'une solution élégante, d'une
Issue... porte dans l'espace...
Au seuil de... échos sans nombre... au
Bout de... du labyrinthe...
De la théorie à tiroirs... au bout de
Ses spéculations... suites de
Galeries qu'il se creuse le cerveau... séries
De chiffres, suites et séquences, où se reflètent dans les
Glaces d'autres séries de glaces et de nombres.

 

6.
"Un très vieil arbre, à sec de feuilles, reprit le fil de ses maximes..."
(Saint-John Perse, Vents, p.83)

 

Un vent avec des voix dedans...
Très vieux vent sans cesse renouvelé...
Vieil arbre, vieille griffe-la-lune,
Arbre, vieil enchanteur, ô enraciné,
A sec de fées dans tes branches, à
Sec de syllabes bruissantes,
De latin gazouille, de
Feuilles ; ébloui alors il
Reprit - vertical blanc -
Le fil sans intrigue, le fil
De son soliloque en secret, le
Fil de la sotie, ô l'araignée qui va
Ses farces dans tous les coins elle les débite
Maximes du sol au plafond.

 

7.
"s'avance dans le temps à la rencontre des lunes rougissantes"
(Saint-John Perse, Vents, p.45)

 

S'avance l'ombre le long du mur
Dans la rue où je ne suis pas
Le tableau représente une rue le
Temps arrêté d'une rue
A l'heure où
La compagnie des ombres à la
Rencontre qu'elle va à la rencontre
Des yeux dans les rues des
Lunes et leurs slogans les
Rougissantes avenues les bars les gens.

 

8.
"Mais si tout m'est connu, vivre n'est-il que revoir ?"
(Saint-John Perse, Vents, p.69)

 

Celui à qui tout est connu est omniscient. Dieu est omniscient. S'il est un Dieu vivant, il ne peut donc que revoir, éternellement revoir. Il doit donc être infiniment fasciné pour ne pas se jeter du haut de l'être dans le néant. Au fond, Dieu est notre plus grand fan.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 juin 2013

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 09:00

C'EST-A-DIRE QUE LE REEL
Fantaisies spéculatives en parcourant Le réel et son double, de Clément Rosset, folio essais n°220.

 

1.
"simple écorce du réel"
(Clément Rosset, Le réel et son double, p.71)

 

Simple le réel et pas si simple, une
Ecorce, quel citron ! et
Du réel plein le citron on en a, du
Réel, c'est-à-dire du c'est-à-dire.

 

2.
"la série de tous les instants passés dans le seul instant présent"
(Le réel et son double, p.83)

 

La suite des choses, la
Série des choses,
De toutes les choses, de
Tous les possibles, de tous
Les éventuellements, de tous les
Instants où l'on aurait pu, de tous les
Passés, un mur qui s'effrite
Dans la persistance à être un mur et
Le constat de son effritement,
Seul parmi tant d'êtres,
Instant parmi tant d'instants,
Présent dans tant de présents.

 

3.
"c'est-à-dire que le réel"
(Le réel et son double, p.23)

 

Clément Rosset a raison : le réel est un c'est-à-dire, et ce n'est que dans le c'est-à-dire que réellement le réel manifeste sa réalité.

 

4.
"que le destin, par élégance ou par paresse"
(Le réel et son double, p.24)

 

Que de destins se nouent dans
Le fictionnel ! Il en grouille partout, du
Destin, masques à venir, grand comme
Par hasard... Oedipe au carrefour...
Elégance d'ombre... style... panache...
Ou mordante ironie, qui vous lâche plus, ou,
Par souci de ne pas se prendre la tête,
Paresse qu'on a à laisser passer le monde.

 

5.
"l'impossibilité pour l'objet sensible de se dupliquer en un autre objet sensible qui serait en même temps lui-même (thèse du Cratyle)"
(Le réel et son double, p.58)

 

On tombe amoureux de ce que l'on ne sera pas, comme on déteste ce que l'on aurait pu être.

 

6.
"La femme sans ombre est la femme avec double"
(Le réel et son double, p.90)

 

La femme n'avait point d'ombre ; la
Femme, son ombre, le loup l'avait dévorée
Sans doute... Son
Ombre, le vent de la nuit l'avait arrachée ;
Est devenue ombre elle-même,
La femme, ombre de l'autre réel, la
Femme, l'ombre qui suit,
Avec des yeux de fantôme, le monde qui la
Double et qui s'enfuit, et qui l'emporte au diable.

 

7
Le jazz, en soulignant, avec une constante inventivité, que le rythme est un passage, ainsi que chaque note, chaque mesure, chaque frappe de cymbale, rappelle à quel point il est nécessaire d'être virtuose pour bien passer le temps.

 

8.
"A lui le réel, à moi l'ombre."
(Le réel et son double, p.91)

 

C'est là la base de cette jalousie, que je connais si bien, de cette certitude, qui confine parfois à l'irrationnel, que certains autres vivent une vie plus vivante, une vie plus réelle que la mienne, et qu'il y a dans cette différence entre lui et moi, une différence d'origine sociale, certes, mais aussi une différence dans l'être même de nos existences, comme s'il était, de toute façon, plus apte que moi, plus courageux, plus intelligent, plus vif, plus fort, plus solaire, alors que moi, évidemment, je me glisse si facilement dans la peau d'une ombre. Il n'y a guère que l'arrogance et la certitude de mon talent qui me sortent de cette impasse : se comporter comme si nous avions bouffé le sphinx, cela agace ces êtres qu'aucune énigme ne semble atteindre.

 

9.
"peindre des choses, et non des événements."
(Le réel et son double, p.110)

 

Peindre non pas des circonstances, mais
Des êtres ; peindre non pas des paysages, mais ces
Choses qui nous traversent, arbres, prés, vaches, rivières,
Et peindre non pas un masque,
Non pas un bal, mais la face d'énigme
Des masques et des bals, peindre non les
Evénements de la basse-cour, mais le fantôme.

 

10.
"peindre des choses, et non des événements"
(Le réel et son double, p.110)

 

C'est ainsi qu'on lui botte le cul, à la gueuserie politique.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 juin 2013

 

 

 

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 05:34

CORRUPTION DES ORACLES

 

1.
Qu'est-ce que l'Histoire ? - La reconquête d'un territoire qui s'effrite sous nos pas, et dont, à grand peine, nous extirpons quelques vérités et beaucoup de mensonges.

 

2.
Perdre son honneur, c'est rompre le contrat qui nous liait à celui que nous pensions être nous.

 

3.
"les chameaux somnambules des nuages vides"
(Garcia Lorca, Norme et paradis des Noirs)

 

La nuit, je zieute aux vitres brisées du château silence les chameaux somnambules des nuage vides, qui, traversant un même désert, passent par la même aiguille.

 

4.
L'écho est l'illusion de l'antériorité, comme le reflet est l'illusion de la source et le langage est l'illusion du référent, les signes agitant ces ombres que nous suivons aveuglément et auxquelles nous donnons corps.

 

5.
Des fois, les philosophes, ils emploient un tel jargon fermé à double tour (de cochon) qu'on a l'impression que si jamais on arrive à la comprendre, leur prose de tête d'oeuf, on percera les arcanes, c'est certain, d'Aldebert de Saint-Frigegonde. Cherchez pas, cet Aldebert-là est si secret que même Umberto Eco n'en fait mention nulle part, ni dans Souvenances saumonées, ni dans Bagatelles et autres Epiphanies. D'après ce que je sais, Aldebert de Saint-Frigegonde est l'auteur d'une oeuvre invisible rédigée à l'encre sympathique. Plus occulte que ça, c'est les grands fonds. Bref, tout ça pour dire que, des fois, les philosophes,  tout ça qu'ils causent alambiqué, c'est juste pour en arriver à la conclusion que ah tiens, c'est donc pour ça que Spock a les oreilles en pointe ! Fichtre ! Diable ! et tessons d'bouteille !

 

6.
Il était si vieux qu'ils étaient tous nés, tous ceux qui le portèrent en terre.

 

7.
Prenez donc de la nuit dans une tasse blanche,
Trempez-y le croissant d'une lune dorée,
Puis vous vous laverez les mains dans de l'aurore ;
C'est ainsi qu'il faut quand on est géant bien né,
C'est ainsi qu'il convient d'entamer la journée.

 

8.
La politique est l'art de corrompre les oracles.

 

9.
Doutant de tout, bientôt il ne douta plus de rien, et se fit frondeur.

 

10.
Nous faisons dire aux Anciens ce que nous pensons du présent, et nous étonnons qu'ils ne soient pas d'accord avec nous.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 juin 2013

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:01

ZIEUTE LA FRISE

 

Evidemment, suffit de zieuter la friser... 1347-1352 : La Grande Peste en Europe. 1337-1453 : Guerre de Cent Ans. Dans tout ça, de la Grande Peste ou par l'épée, 40 millions d'Européens sur 120 meurent... Calamiteux siècle... Gueules ouvertes... Sang noir et noir sang...

 

Note : "Histoire-géographie, initiation économique, 5ème", de Lambin, Martin, Desplanques, Hachette Education, 1991, p.97.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 juin 2013

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:57

HANTE TOUS LES ESPRITS

 

...l'idée de la mort hante tous les esprits... je lis ça dans un manuel d'histoire-géographie à l'usage des classes de 5ème... Liée à la Grande Peste, cette remarque... présent de vérité générale aussi bien... et puis si ça hante, c'est qu'c'est donc fantôme... fantômes, idées, hantants idems... des trucs qui reviennent... de la même étoffe qui nous polichinelle... nous outrecuide... nous passe à travers... c'est dans la compagnie secrète de nos fantômes et de nos idées que nous y allons, sur la piste aux regards...

 

Note : "Histoire-géographie, initiation économique, 5ème", de Lambin, Martin, Desplanques, Hachette Education, 1991, p.102.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 juin 2013

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 08:15

PAS DE SOI QUI NE SOIT QUE SOI
Cf Clément Rosset, Le réel et son double, citations en italiques.

 

1.
... de la duplication du réel... la conscience produit en série... à la chaîne, l'être... où il y a de la chaîne, il n'y a pas de plaisir... scusez, je joke... et j'agace.

 

2.
Et puis du miroir qui revient, c'est le titre d'un bouquin de Robe-Grillet... du ayant déjà vaguement eu lieu... du Je me souviens... C'est qu'on en produit, du Je me souviens, à en déborder les étagères... sous réserve de gourances car miroir qui revient a d'la poutre plein l'oeil.

 

3.
Des fois poétique, le philosophe, allons-y donc... Coupez-moi ça en mesures... Rythmez, trouvères... Débitez en vers... Je l'fais :

 

"Pas de soi qui ne soit que soi,
pas d'ici qui ne soit qu'ici,
pas de maintenant qui ne soit que maintenant
"

 

4.
...moi que ne garantit aucun papier... Le moi, c'est surtout la promesse du moi... On s'en promet de l'intense, du dense, du moderne, et puis l'énigmatique surprise... on a beau se barrer, du bouh que vous êtes pas beau... Il y a toujours quelqu'un, du miroir qui revient avec la gueule de l'autre... de l'étrange... pointe son masque, l'étrange... point de coin où il ne revienne couaquer et vous coincer, l'autre... sinon, on meurt... vivre c'est se coltiner de l'autre... à plus savoir qu'en faire.

 

5.
Nous vivons pour nous souvenir de ce que nous vivons, pour que les autres aussi... Rater sa vie, c'est avoir honte de ses souvenirs... faire honte... le transcendant, c'est la mémoire de l'autre... c'est pour ça qu'il y a bien du dérisoire... bagatelles, galipettes, et peau d'lapin...

 

6.
Et puis l'horreur... alors il vous bouffe, le miroir.

 

7.
Rosset évoque aussi Les Gommes, le roman de Robe-Grillet, le roman qui s'efface... Bon, il y trouve du cogitable... Le ce qui est comme ayant déjà eu lieu est aussi ce qui est un comme devant avoir lieu, tout ça se résolvant dans l'insupportable présent... ce qui fait qu'on fuit... qu'on décampe du présent... qu'on dégage de ce qui ne fait qu'être là, de ce qui ne relève ni de l'ayant (de l'avoir) ni du devant (du devoir)... Quel scandale ce qui ne fait qu'être ! Cette chose, ce "là", il faut donc la dépenser, la consommer, l'abolir et la ressusciter.

 

8.
Surtout le miroir qui revient, il vous cause une de ces langues étrangères, pleine de faux amis et de double sens, de jeux de double sens qui reviennent constamment... hantants présents... bouts de déjà flottants puis qui vous cognent... vous tombent tuiles... vous crisent... Double porte, fenêtre, oeil, langue, le sens y file son araignée...

 

9.
J'entends à la radio que le Centre Pompidou, la langue populaire l'appelle "Notre-Dame des Tuyaux"... Marrant... Le lieu est aussi le nom qu'on lui donne... Dans la représentation en tout cas, qui se substitue si souvent tout l'temps au réel que nous en sommes tout irrationnel... tout paumé au miroir...

 

10.
On passe dans les lieux... On passe les lieux... Fantômes, les autres fantômes nous reconnaissent ... On n'a pas de nom... On n'est que gueules... plus ou moins attractives... plus ou moins décoratives... du reste, plus il y a de monde, plus le nom est rare, et plus précieux le singulier... pourvu qu'on le tienne à distance... sinon, le singulier, il vous écrase éléphant, en barrissant génial... je cite :

 

"L'unique comble l'attente en se réalisant, mais la déçoit en biffant tout autre mode de réalisation"

 

C'est sans doute qu'on l'abolit, la magie... qu'on l'antidote... on ne peut rencontrer deux fois la première fois... à moins d'avoir perdu souvenance de... l'existence bafouille... c'est à la qualité de l'illusion que l'on se félicite de... que l'on se fascine, et pis qu'ça dure...

 

Notes

(sous réserve de gourances et d'après) : Cf Clément Rosset, Le réel et son double, édition de poche, folio essais n°220.

 

"la duplication du réel" (p.55) ; "ayant déjà vaguement eu lieu" (p.96) ; "Pas de soi qui ne soit que soi, pas d'ici qui ne soit qu'ici, pas de maintenant qui ne soit que maintenant" (p.97) ; "moi que ne garantit aucun papier" (p.118) ; "l'énigmatique surprise" (p.42) ; "comme ayant déjà eu lieu", " comme devant avoir lieu" (p.67) ; "l'insupportable présent" (p.68) ; "jeux de double sens qui reviennent constamment" (p.39) ; "L'unique comble l'attente en se réalisant, mais la déçoit en biffant tout autre mode de réalisation" (p.43).

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 juin 2013

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:46

JUSQU'AUX CENDRES
Brefs, avec des citations et des bouts de, ici en italiques, tirées de Clément Rosset, Le réel et son double, édition de poche, folio essais n°220.

 

1.
... ce que je suis... forcément, j'aurais pas aimé l'être...

 

2.
Notre vie consciente... émiettée... dispersée dans la nébuleuse des points de suspension...

 

3.
... ne jamais pouvoir se répéter... monde des uniques... ce qui est : une somme d'unicités... d'imprévisibles.

 

4.
L'Histoire tente de donner de la visibilité à ce qui était radicalement imprévisible, et qui le demeure.

 

5.
L'Histoire, une écriture du coup de théâtre, un compte-rendu de derrière le rideau.

 

6.
... d'un autre monde qui le double... acteurs d'un monde que nous ne pouvons connaître... une langue étrangère, ce monde... la langue du parfait étranger... doublés nous sommes, forcément... nous ne jouons jamais le rôle que nous croyons jouer... nous ne pouvons qu'interpréter.

 

7.
Seul ce que nous ne connaissons pas est parfait.

 

8.
Il persiste dans toute perfection une part irréductible d'énigme qui fonde nos fascinations.

 

9.
... la concrétisation progressive de l'au-delà... du fantastique plein la caboche... de l'ombre à griffes qui fend le brouillard... de l'énigme qui surgit du mur... de l'oeil dans la fissure, et qui se dilate... horrifiée mirette...

 

10.
Je loue Céline pour sa hache... Emiettée la langue... pépites... éclats... éclairs.

 

11.
La mise à l'écart de soi par soi... autrement dit, nous sommes la somme de  nos écarts.

 

12.
La langue, cet infini où la somme des parties excède le tout, où qui dit vrai dit faux et où qui dit faux se trompe, ou ment.

 

13.
Entendu dans un documentaire, à propos d'un projet d'affiche pour le film L'Exorciste, William Friedkin  : "On n'invoque pas le nom de Dieu pour attirer le pigeon." La colombe non plus d'ailleurs... en tout cas, on devrait pas.

 

14.
... oblique elle-même... voilà qu'elle réplique, pis qui prend la tangente.

 

15.
La chose n'est tolérable que médiatisée, dédoublée : Autrement dit, l'être en soi est un feu qui consume jusqu'aux cendres l'étourdi qui, par goût de l'absolu, tente de s'en approcher.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 mai 2013

 

 

 

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 05:39

NAUSEES

 

1.
Je ne comprends pas ce qui pousse des individus sains de corps et d'esprit à se réunir trois, quatre, cinq heures durant afin de se remplir la panse en disant des sottises. Je sors toujours de ces rituels hébété et convaincu de l'immense bêtise de mes contemporains. Je songe le lendemain que la société est vraiment bien faite qui arrive à faire faire quelque chose d'intéressant et d'utile à ces outrecuidants bavards. Je songe aussi, mais plus tard, que, sans doute, le but de ces séances d'art masticatoire et d'art de la conversation réunis est de rappeler aux bipèdes réflexifs d'éviter de s'entretuer.

 

2.
Ce que nous apprend le cinéma : que les gens sont ridicules, grossiers, grotesques, violents, sentimentaux, affectifs, imprévisibles, et si stupidement fragiles. Allez croire en l'humanisme après avoir vu deux ou trois films qui mettent en scène les activités d'un serial-killer, ou les sanglants exploits d'un commando de choc chargé d'éliminer de dangereux gangsters, de dangereux terroristes, de dangereux extra-terrestres ? Le pire, ce sont les films qui dénoncent, les films engagés, les films à thèse : vous sortez de ces films avec l'intime conviction que la plupart des gens qui ont quelque responsabilité politique, économique, judiciaire, sont soit corrompus, soit sociopathes, et des fois même les deux. Vous avez beau savoir que c'est vrai, vous êtes toujours surpris de l'ampleur de la catastrophe.

 

3.
La loi est souvent un moyen pratique d'être injuste en toute légalité.

 

4.
"en frétiller de la perspective" (cf Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.305, "Il en frétillait le Sosthène de la perspective.") : être enthousiaste à l'idée de. Sinon, c'est que des fois, de petits personnages, figurines, silhouettes dans le lointain des peintures, se mettent à remuer, à tenter d'attirer votre attention... doivent même crier, appeler... mais i sont trop loin, on les entend pas. Si les symptomes subsistent, consultez votre médecin.

 

5.
A la vue d'un documentaire sur une poignée d'individus hollandais évoquant, plus d'un demi-siècle plus tard, leur engagement dans les Waffen SS : nausée... un seul de ces salopards a affirmé qu'en effet ce qui s'était passé relevait du crime, du plus grand crime, contre l'humanité, le seul à avoir affirmé s'être engagé dans les Waffen SS par haine de la société, parce qu'il ne savait pas quoi faire, parce qu'il se sentait inapte à une vie normale, le seul à sembler éprouver du remords. Un autre a rejeté la faute sur les "jeunesses hitlériennes" et semble avoir une dent contre tout ce qui défile au pas, et donne des ordres, et obéit. Les autres ne regrettent rien, ou si peu, qu'on est étonné qu'ils osent parler devant une caméra.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2013

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