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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 22:52

D'AILLEURS CELUI-LÀ AVAIT UNE AUTRE VOIX

 

1.

« Il remonte… il remonte… voilà son pas encore sur le toit… Il s'approche de la lucarne… Va-t-il regarder ?… »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »)

 

2.

Des fois Zut s'imagine, c'est dire à quel point elle n'est pas si sûre que ça d'exister.

 

3.

Parfois je me demande si les personnages de roman ont conscience de leur être. Et si les univers parallèles peuplaient nos bibliothèques ?

 

4.

Des fois je m'imagine que

remontent des êtres & que

remontent ces êtres ? Les

heures les montres ou les

fleuves impassibles & les

miroirs les fenêtres & la

nuit vu qu'ils sortent la

nuit de nos paupières ils

sortent en petites ombres

très exactes ces fantomas

les voici qui sortent qui

passent partout & montent

sur le toit soudain leurs

pas on les entend & leurs

chuchotis & on se demande

ce qu'elles cherchent ces

mascarades ce qu'elle ont

dans la tête qu'le réveil

s'met à seriner et qu'les

ombres se dissipent enfin

pas tout à fait.

 

5.

Des fois qu'un concert ce

serait se plonger dans le

noir s'effacer pour mieux

célébrer cet être étrange

qui circule dans les sons

 

6.

« Ton passeport est en règle. Paris-Enfer. Billet simple. Train rapide Sleeping-Cercueil. En voiture ! »

(Maurice Leblanc, « Le triangle d'or » [Lupin])

 

« Mais on prend tous le train qu'on peut »

(Jacques Brel, « Le Moribond »)

 

7.

Mais on prend tous le train

qu'on peut chantait Jacques

Brel dans Le Moribond assez

comique c'te idée d'la mort

voyage d'la mort partance &

pour aller où nulle part et

c'est juste de la métaphore

de l'image d'la jactance de

roman qu'on passe son temps

à la cinocher l'existence à

s'en faire du roman de gare

du Rouletabille du grinçant

Lupin quand à l'aut'affreux

il balance qu'il va prendre

le train « Paris-Enfer Billet

simple Sleeping-Cercueil En

voiture » qu'il lui annonce

au vilain-là que son compte

est bon cuites ses carottes

et les carottes cuites cela

ne présage rien de bon pour

les haricots comme disait à

peu près Pierre Dac.

 

8.

« D'ailleurs celui-là avait une autre voix »

(Maurice Leblanc, « Le triangle d'or » [Patrice])

 

9.

Il arrive qu'ils aient une

autre voix qu'à mon avis i

n'sont plus eux et que des

dieux d'autres dieux voyez

ont pris leur gorge & pris

leur cœur leurs yeux leurs

bras jambes pieds mains et

cette tête que vous avez &

l'air étrange dont vous me

regardez.

 

10.

« - Eh ! Mon Dieu ! du côté où toute la bataille s'est livrée… Du côté de l'or. »

(Maurice Leblanc, « Le triangle d'or » [don Luis])

 

11.

Toc estoc taille c'est qu'ça

s'livre les grandes fritures

les fortes mêlées d'gens les

batailles c'est qu'ça s'fait

du côté de l'or et que c'est

la grande raison de bien des

horreurs sang feu cris têtes

coupées étripes égorges faut

quand même s'l'avouer frères

le véritable Dieu des hommes

leur Dieu unique c'est l'or.

 

12.

« Quand on commence à me courir sur le haricot » qu'elle dit Zut «  je ne donne pas cher de la peau d'âne et de sa carotte. »

 

13.

« Unis vers l'uni » qu'il disait l'autre… ouais, c'est ça… Unis vers le n'importe nawak plutôt j'dis moi.

 

14.

Des fois on croit qu'on boit et puis quand même qu'on est saoul.

 

15.

Croire que Dieu préexiste à l'humain, c'est un peu quand même mettre la charrue avant les bœufs, non ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 janvier 2016.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 01:06

A QUOI SERVENT REELLEMENT LES ROMANS POLICIERS

 

1.

Des fois je rêve d'atmosphériques mystères, et de chambres de ce jaune dont se fait le passé.

 

2.

Le réel est plein de choses stupéfiantes, de demoiselles qui ne sont pas là, d'ailleurs énigmatiques qui manifestent leur absence.

 

3.

Je suis de ce pays qui rote, de ce pays qui vous traite, de ce pays qui pleure parce qu'il ne se retrouve plus sur les cartes.

 

4.

J'aime bien « Le Mystère de la chambre jaune » et ses italiques merveilleuses telles que : « il s'est relevé avec ses pieds à lui ».

 

5.

J'aimerais, à l'instar de Rouletabille, trouver un mystère à ma convenance, un paradoxe à ma convenance, le réel à ma convenance.

 

6.

Garder un instant le silence, puis le laisser libre de se rompre, de se dissoudre dans le vinaigre des bouches.

 

7.

Des fois, on a perdu la clé. Elle est perdue, tombée dans le mystère, sans un plouf.

 

8.

Moi, pour un « ne doute de rien » termina le grand Fred », je donnerais bien des échos : « De rien ! » Et puis ce ne fut pas tout.

 

9.

« Il découvrirait bien, lui », l'emploi de ce temps qui court tout seul on ne sait où.

 

10.

« s'il n'y avait pas eu la fenêtre ouverte »

s'il n'y avait pas eu,

il n'y aurait pas eu,

eh oui.

 

11.

Il faut tout un monde pour faire un roman, qu'on ne lit d'ailleurs pas.

 

12.

Des fois il se sent comme un qui tomberait dans la chambre jaune du mystère Alors il guette des fois qu'la bête du Bon Dieu se mettrait à

 

13.

Quand on affirme avec force qu'untel est un honnête homme, c'est que souvent on oublie un couteau dans la cuisine.

 

14.

L'énigme policière est un obstacle qui permet à l'excentrique enquêteur d'être quand bien même admis à fréquenter le monde possible du réel.

 

15.

Comme il faisait nuit et puis une fille

Un grand soleil une table tournante et puis une fille

Qui es-tu ? Lui dit-il Ça et puis une fille

Dans le miroir et puis une fille

La gueule que j'ai moi ce matin dit-elle dans la

Chambre en désordre et puis une fille en

Jaune je me souviens et puis une fille en

Mystère tout de même d'où tout ce sang ?

 

16.

« Semble » est la forme verbale appropriée à l'expression de ce léger doute persistant face au réel.

 

17.

J'empoigne l'échelle et la met contre le mur

Il y a là-dedans d'l'inconnu mystérieux

Gazouille une radio Vos tubes préférés sur

Elle est à son miroir roule de drôle de yeux.

 

18.

Et se détachant du bleu je vis apparaître

Ah bin ça alors il est hanté ce château

Du coup à nouveau je me questionne sur l'être

Cette nuit j'ai rêvé de merveilleux gâteaux.

 

19.

L'enfer, une chanson idiote jouée trop fort et en boucle, et que vous ne pouvez pas arrêter.

 

20.

Des fois, une boîte de, du pain, du fromage, du café et du sucre, de quoi se dire qu'on n'est pas tout seul avec son vieux mégot tout neuf.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 octobre 2015.

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 16:47

LE DOUBLE DE L'ETRE SE TROUVE DANS LA BOITE A GENS
1.
Le double de l'être se trouve dans la boîte à gens. Le dialoguiste qui arrivera à placer c'te phrase dans une situation - parole ! je lui vends mon chapeau !
2.
"J'avais dû, sans m'en douter, dire des choses formidables."
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")
3.
Du reste, je ne doute pas que bien des gens disent des choses formidables, mais comme je ne les vois ni ne les entends, peu m'importe !
4.
"Tout est possible devant un pareil mystère."
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune" [Sainclair])
Et ce "Tout", c'est nous !
5.
"Si le cadavre parle, fis-je, cela va devenir intéressant"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune" [Sainclair])
And now, let the Grateful Dead speak !
6.
Je me demande si les matins qui suivent les nuits énigmatiques portent sur leur visage un air de mystère, ou s'ils préfèrent jouer les clairs indifférents.
7.
"le matin même qui suivit cette nuit énigmatique"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")
8.
"Le matin même qui suivit cette nuit énigmatique", elle avait une parfaite tête de Picasso, avec tous ses yeux.
9.
Il faudra que je me procure les Oeuvres Complètes de Gaston Leroux; c'est épatant, le surréalisme de c'te scribure-là !
10.
Il vient un moment où tous les disques qu'on met, ou presque, se révèlent être joués par des fantômes.
11.
Le théâtre révéla le masque, la photographie l'ectoplasme, et le disque prouva l'existence du Grateful Dead.
12.
"Grateful Dead for ever !" lança le squelette au guitariste.
13.
Non, Monsieur Houzeau, Nina Hagen et Frank Zappa n'ont jamais chanté ensemble une version psychédélire de "La Fille du Père Noël", même pas en rêve, et même pas si c'est dommage.
14.
"Elle nous regarde maintenant... mais de loin... comme si nous n'étions pas dans sa chambre... "
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")
15.
Ainsi les fantômes nous voient-ils, comme si nous n'étions pas chez nous.
16.
"C'est au carrefour de ces deux galeries"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")
Voilà un début de phrase qui annonce bien des escaliers.
17.
- "Oui; ce cadavre est tout à fait "croyable", maintenant."
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune" [Rouletabille])
18.
Le cadavre, des fois, on le croit pas, et pis des fois on le croit, surtout quand il donne des précisions, des circonstances...
19.
"et il paraissait fort occupé à compter des minutes"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")
20.
"et il paraissait fort occupé à compter des minutes", des fois qu'il en perdrait...
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 octobre 2014.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 15:39

MACABREMENT BOUH !

1.
"Qu'écrit-il ? A qui écrit-il ?... Descente. L'échelle par"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")

2.
L'échelle, ça s'empoigne ; les oreilles aussi, mais l'échelle, elle, ne fait pas ouille; par contre, si vous passez dessous, ça porte malheur, tandis que passer sous ses oreilles, c'est très courant.

3.
Non, Monsieur Houzeau, "She's à l'échelle a lot" ne sont pas les premiers mots du "Finnegan's Wake" de James Joyce.

4.
"Tout semble se tourner contre lui"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")

5.
Tout semble se tourner contre lui et lui faire une face macabrement bouh !

6.
Non, Monsieur Houzeau, "Le Mystère de ma tante jeune" n'est pas le titre du premier jet d'un manuscrit de Gaston Leroux.

7.
"car, en admettant même que la lettre ait été écrite par lui"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")

8.
"car, en admettant même que la lettre ait été écrite par lui" - ce que nous savons impossible, puisque, précisément, nous savons qu'elle a été écrite à l'encre invisible par l'homme invisible dans une langue dont nous ignorons tout.

9.
"Il ne pouvait plus nous échapper !"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")

10.
"Il ne pouvait plus nous échapper", et pourtant, il se faufila entre deux airs et disparut dans l'infini qui guette entre toute chose.

11.
Des fois, je me dis que je passe avec ma tête de pas grand chose au milieu de gens à tête de pas plus que ça.

12.
"Et puis, si le concierge est complice !..."
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")

13.
"Et puis, si le concierge est complice", alors, pourquoi pas l'escalier ?

14.
- D'avoir commis ce crime effroyable, je soupçonne le jardinier.
- Et pourquoi donc, mon cher Locolomesse ?
- L'avez-vous bien regardé ? Ce jardinier a une parfaite tête de jardinier. L'assassin, c'est lui, j'en suis sûr !"

15.
Comme j'avais perdu ma clef des champs, je ne pouvais plus me faire la belle. Les belettes me tiraient la langue et se moquaient de moi.

16.
"Et puis, les emportant sans doute avec lui, il s'est relevé avec ses pieds à lui"
(Gaston Leroux, "Le Mystère de la chambre jaune")

17.
Je me suis fait la belle
Je me suis pris la drache
Je rentrai moins rebelle
Pour relire "L'attrape-
- Coeur".

18.
"Alors elle s'aperçut qu'elle n'avait plus rien à faire, plus jamais rien à faire."
(Maupassant, "Une Vie")

19.
Le néant, une volonté sans objet. Sans le réel, Dieu serait néant. C'est du réel que Dieu tire toute sa substance.

20.
Dieu, cette nécessité du peut-être.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 octobre 2014.

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