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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 11:18

MON DISQUE PREFERE : THE CONCERT PAR GARY BENSON

1.
Mon disque préféré, je l'ai gagné à une fête foraine dans les années 70 à Hénin-Beaumont, j'étos ado et j'rêvos de rock n' roll for ever.

2.
Mon disque préféré commence par des percussions et un tchikitchik à la cymbale, pis après les premiers mots, la guitare électrique, d'entame, sonne fort et griffue.

3.
C'est ça qu'on kiffe dans les soli de guitare électrique, y a du griffu, du déchiré, puis qu'c'est fluide en même temps.

4.
Dans le premier morceau du disque, "plage titulaire de l'album", "The Concert", y a un moment, y a comme des claquements, qu'on dirait d'la foudre, métal cogné.

5.
Dans ce premier morceau, y a aussi d'l'orgue acidulé et sifflant comme on en faisait dans les seventies, et puis la voix de Gary Benson qui fait des woaaaaaaa.

6.
Après, dans le second morceau, ça se calme, des cordes font vibrer le "Let Her In" qu'il chante, le Benson; y a d'la jolie spanish guitar derrière la voix.

7.
Et puis ça s'remue un peu, le piano lance des accords qui envoient la voix de Benson rythmer ses syllabes que j'pige point mais j'm'en fiche.

8.
Moi, ce que j'aime, c'est l'atmosphère des chansons anglo-saxonnes, pas leur sens, j'aime pouvoir rêvasser sur la mélodie et ses paysages.

9.
Le troisième morceau sonne country, avec de la slide, non ? et du banjo, non ? "I Almost Forgot About Losing You", j'ai seulement pigé qu'à un moment, y a du "watching TV".

10.
La 4, je l'adore : "To Kill Another Day", sais pas ce que ça raconte sauf que le narrateur jacte de "clean my shoes", itou de "read the news".

11.
J'ai dans l'idée que cette rythmée au piano évoque comment tuer le temps quand on est un brin tout seul, mais j'en suis pas sûr, et puis peu importe.

12.
Et puis se pointe à la guitare une ballade qui porte à songe, "Quiet Man", avec son bonhomme dans une "empty room" que j'me dis que c'est ma pomme quand j's'rai rendu fantôme.

13.
Quand j's'rai rendu fantôme, je serai dans une pièce vide à regarder par la fenêtre passer les jolies filles du jadis.

14.
Je leur ferai des signes de la main; elles me tireront la langue.

15.
C'est dans "Quiet Man", qu'il y a ce truc à la scie musicale, qui, aussi sûrement que les bidouilleries électriques de Led Zeppelin ou du Floyd, vous fait songer le vent qui tourbillonne dans une chute de feuilles.

16.
C'te scie musicale, c'est peut-être aussi la plainte du fantôme dans son "empty room" qui attend sa promise, qui sait ?

17.
Une chouette intro au piano avec des virgules de guitare acidulée façon Pink Floyd à la campagne vous introduit au chaloupé "A Safe Place To Live".

18.
Le refrain de "A Safe Place To Live", il finit par un orgue qui plane au loin et qui amène des voix perçantes de choristes d'il y a des lustres.

19.
Mine de rien, "The Concert" de Gary Benson a un côté rock progressif soft - variétés de classe point déplaisant.

20.
Sur la galette de vinyle, la face 2 s'ouvre sur un morceau intitulé "Help Me Get Through", très pop, avec des choeurs qui chantent "Help Me, Help Me To" chaipaquoi.

21.
Dans "Help Me Get through", on retrouve de la "pedal steel guitar", et pis des cordes, et pis des choeurs que j'pige qu'il s'agirait quand même d'arriver à "another day" ou quelque chose du genre.

22.
"Sausalito" : On retrouve les percussions latines ("congas, chocallo, quigada, scull", sic); l'orgue swingue et on se dit qu'on est parti faire un tour de l'autre côté de la frontière.

23.
Avec flûte et "wood block", la ballade "The Best Things I Can Do" mélancolise surtout que le narrateur raconte que "Honey, you know, the best things I can do", elles seraient jamais assez bonnes for you.

24.
Vient le moment hard avec des riffs plein les sillons, c'est le pétaradant "The Closing Down of the Old Portland Railway Company" que je m'en imagine des spectres plein les voies.

25.
Le dernier morceau de cet album méconnu et peut-être bien culte est un petit bijou intitulé "No Guarantee" qui commence par l'évocation du temps qui passe et qu'on meurt un peu, tous, là à chaque, tiens, qu'on est.

26.
Cordes, guitare sèche, envolées sur le "I can be sure" de chaipaquoinonplus, et puis dans un style néoclassique très pop entraînant, le disque s'achève sur quelques notes qui se la jouent écho décoché à la guitare.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 octobre 2014

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 22:51

L'AUTRE CETTE ILLUSION QUI PASSE LE TEMPS

 

Entendu ce soir, samedi 3 août sur France Inter, entre 20 et 21 heures un très mauvais groupe de rock français pour adolescents, Fauve J'chais pas quoi qui quesse, une pâle copie de Sonic Youth que je dis pas que les textes de Sonic Youth soient plus malins, mais qu'au moins comme c'est en amerlo-angliche on comprend nib et qu'on se laisse porter par le rythme et l'électrique, et donc qu'ois-je qu'à un moment donné dans ce que le présentateur lui-même a qualifié d'hémorragie qu'j'ai entendu un théâtral "Et qu'est-ce que je ferais moi sans toi", qui est vraiment pas la bonne question, que la bonne question est : "Qu'est-ce je ferais moi sans moi" et donc "Qu'est-ce que je vais bien faire, moi, de toi, que t'as intérêt à savoir cuisiner et à pas rechigner à faire la vaisselle, à moins que tu fusses très habile dans l'art de faire du pognon, ou que t'écrivisses des épatances poétiques, ou que tu jouasses d'la guitare comme Hendrix, ou que tu illustrasses just like a déesse,  que sinon, toi t'as qu'a, t'as qu'à t'as (moi aussi j'peux en faire du tac tac pan pan !) aller voir à Lieurres (pays d'Oustrelas) si ma soeur habite toujours Pékin. Le rock, mes agneaux, faut qu'ça ironise, qu'ça vipérine, sinon autant passer en boucle les films de Claude Sautet et pleurnicher sur les malheurs de la classe moyenne supérieure. Heureusement, avec la crise du disque, on peut trouver dans des solderies des CD de Gene Kruppa, de Cab Calloway et d'Horace Silver pour même pas le prix de deux bières belges. Voilà qui rassure. Mais je vous entends d'ici ronchonner, mes boudins, que Kruppa, Calloway, Silver, c'est pas du rock, certes, mais c'est curieux tout de même comment le jazz de jadis swinguait dix mille fois plus que les électriques niaiseries de la soupe pop que l'on sert maintenant aux adolescents, comme si dans le pop/rock, il n'y avait plus possibilité de swinguer, de jouer le blues, de lancer son boogie sur la piste de son woogie, comme s'il n'y avait pas eu le Beggar's Banquet des Stones, The Seeker des Who, Apostrophe de Zappa, Dazed and Confused de Led Zeppelin, le Buck's Boogie du Blue Öyster Cult, et le Summertime de Janis Joplin, vous l'avez oublié ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 août 2013

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 17:44

NOTE SUR FUTURE PROOF

 

Le morceau Future Proof du groupe Massive Attack, ces notes, elles sonnent comme un hommage à Pierre Henry (voire à Pink Floyd), trouvez pas ? J'aime bien les collages rythmiques de Massive Attack, c'est sophistiqué, en tout cas assez pour mon petit tas de neurones, et ça sonne élégant - n'oublions pas que je suis rustre - voire mystérieux qu'elle sonne leur musique, surtout du côté des voix, mais comme je pige pas l'anglais - je suis ignorant aussi - une bête réclame pour des céréales sur MTV sonne à mes bêtes feuilles de chou comme un extrait d'une pièce de Shakespeare, donc il suffit de moduler étrange deux trois sottises sur n'importe quoi pour que je me fascine. Ce qui est étonnant, et rare, et intéressant, c'est que Pierre Henry, compositeur sérieux, a influencé autant les petits maîtres de l'acousmatique qu'une certaine musique pop/rock dite progressive, puisqu'en n'en déplaise à, leur musique, aux attaquants massifs, elle me semble, dans leur genre, assez expérimentale.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 juin 2013

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 23:27

UN BOUT D'EPATANCE

 

Bui Dui Dan a eu la gentillesse de me remettre en souvenance la belle chanson "Etrangère au Paradis" interprétée par la grande Gloria Lasso. Beaucoup, certainement très certainement, se souviennent du début somptueux de la mélodie, qui, en effet, vous plonge immédiatement dans une atmosphère d'étrangéisation propice à la rêverie. Merci donc.

 

J'apprends par Wikipédia que Stranger in Paradise est d'abord une création anglaise (ce qui ne m'étonne point et d'où le côté étrange sans doute) tirée de la comédie musicale Kismet (1953). Robert Wright et Georges Forrest en sont les auteurs. Le côté étrange de la mélodie vient du fait qu'elle est basée sur quelques mesures des Danses polovtsiennes, musique russe et épatante, rythmée, timbales, crescendo et frissons, d'Alexandre Borodine. La version française des paroles est signée Francis Blanche. Je vous en cite le formidable début :

 

"Prends ma main
Car je suis étrangère ici
Perdu dans le pays bleu
Etrangère au paradis
Et je sais qu'en chemin
Le danger dans un paradis
C'est de rencontrer un ange
Et qu'il vous sourie..."

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 juin 2013

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 09:42

JAZZ ENTRE AUTRES

 

1.
Avec Balades en Jazz, c'est avec talent qu'Alain Gerber jasa jazz sur le jazz.

 

2.
Peut-être la musique fut-elle à l'origine une manière de mesurer le temps, de le compter ? Quelques siècles plus tard, la musique a surtout réussi à le démonter le temps, à lui donner toute sa démesure.

 

3.
Ah ! en ai-je mangé du pain perdu des illusions !

 

4.
"(et en l'occurence John Lewis)" : en l'occurrence, j'ai oublié un "r" à occurrence. Quant à John Lewis, il fut formidable. Ecoutez donc comme elle est pleine de bijoux, la discographie du Modern Jazz Quartet.

 

5.
J'ai écrit récemment à propos de la musique dite "sérieuse" qu'elle était "préméditée, écrite jusqu'au dernier soupir". Raccourcissons : c'est "préméditée jusqu'au dernier soupir" qui convient ici. D'ailleurs, je reste persuadé que certaines de ces musiques dites sérieuses sont de véritables assassinats en règle. Et les victimes, ce sont les auditeurs égarés par le snobisme, ou les convenances.

 

6.
Je ne sais pas s'il existe une anthologie des blues interprétés par les Rolling Stones. Ce groupe, dont la discographie se partage entre petits chefs d'oeuvre d'ironie et daubes à la mode, a cependant, outre quelques virtuosités novatrices, joué assez de bon blues pour qu'on puisse en composer une intéressante - et plus si affinités - compilation. Un retour aux sources testamentaire en quelque sorte.

 

7.
Je me suis laissé dire que Nirvana signifiait quelque chose comme "extinction" ; c'est donc par antithèse qu'elle s'est choisie ce nom, la bande boute-feu à Kurt Cobain.

 

8.
L'art consiste à mettre du génie dans la plus élégante manière de perdre son temps.

 

9.
N'aimant ni loup ni homme, il ne reste que Dieu.

 

10.
Il est remarquable que le référent de l'art si précis de la musique soit si difficile à préciser. Il se confond parfois avec l'image mentale, mais pas toujours. Il agit en tout cas sur l'état d'esprit. Les instruments de musique sont donc littéralement sensationnels.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 7 avril 2013

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 18:27

DUKE ELLING, DUKE ELLING, DUKE ELLINGTON

 

En écoutant une compilation de Duke Ellington And His Orchestra, ces quelques notes, dont j'vous dirai aussi que, comme je suis une poutre en musique, et que j'ai l'ouïe qui s'fane un peu, je confonds tout, mais m'en moque.

 

1.
"Cool Rock" : Le titre donne le ton de la compilation. Cool puisque le jazz de Duke Ellington est une musique qui mêle cool et puis tout de même pas que cool, drôlement inventive aussi, travaillée, ciselée, gravée, taillée avec le couteau des anges qui n'existent pas, même que l'orchestre à Duke leur fait une jolie joyeuse messe, ironique comme un solo de trompette, qui en raconterait une bien bonne à un saxophone, qui la répéterait, la blague, à toute la section rythmique.

 

2.
"P.S. 170" : Mystérieux comme le tombeau hindou. Le genre de fantaisie qu'on se dit qu'y aurait moyen de faire une chouette chorégraphie dessus, avec des danseuses, du palais mirifique, d'la jungle à tigre, à fièvre, et Jerry Lewis, parce que j'aime bien Jerry Lewis, et que Jerry Lewis se cadençant la peau et les os en compagnie d'une donzelle dansante sur une musique d"Ellington, ça devrait le faire.

 

3.
"Don't You Know I Care ?" : ça commence qu'on dirait qu'Aznavour va vous en chanter une, mais c'est le piano qui continue sur sa lancée, avec une diction parfaite qu'on comprend toutes les notes, et qui les répète aussi, ses notes, comme pour vous dire, mais si, mais si l'ami, c'est comme, comme ça, comme ça tu vois, que ça roule, et puis vois-tu, si tu sais tu, si tu comprends ça, t'as tout compris, t'as qu'à t'as qu'à t'as qu'à, t'as qu'à demander au sax, si tu si tu si tu m'crois pas.

 

4.
"Hi, June" : Le genre de cool balancé comme le balancement du whisky dans le verre ; d'ailleurs, dans les glaçons, si on regarde bien, on voit une blonde au bar, une brune près du piano, belle comme une énigme, et puis l'espion dans les plantes vertes.

 

5.
"Hi, Jane" : Après quelques secondes de silence, l'orchestre reprend sa sérénade, le whisky dans le verre, le son des glaçons, la blonde au bar, la brune près du piano, l'espion dans les plantes vertes.

 

6.
"Anatomy Of A Murder" : Intro piano genre atmosphère à mystérieux meurtre mais plutôt crime du pan de mur, polar donc, avec des notes basses - y a du grave dans le groove - et puis les cuivres qui se torturent un peu, qu'ont l'air de gémir, de palabrer mauvaise graine, avant de se mettre à table.

 

7.
"Alone Together" : La flûte élégante... la contrebasse ronronnante... vous a un air de chanson... un poil bucolique (c'est la flûte et nos vieux cours de latin - Virgile et ses pâtres à flûtiau - qui nous inclinent à). Je dis la flûte, mais si ça se trouve, c'est autre chose comme instrument à chante la moi claire et nette ta chanson. En tout cas, cela va son train (celui que contemple la paisible vache), ça sautille, s'tortille d'aise, et comme c'est basé sur flûtiau solo et contrebasse sautillante, on comprend le titre.

 

8.
"Chinoiserie" : Petit bijou. Qui part boogie du piano, et puis les cuivres balancent des riffs. La batterie est épatante (Rufus Jones). C'est tiré de Tchaïkowsky précise la note. Je reconnais pas trop le thème. M'en fiche. Qui chinoise un peu aussi (d'où le titre) et qui syncope efficace, et s'agite du sax, et qui bigue et qui bangue, que vers la fin ça trombone (ou sax bar ?) des drôles de sons, genre bestiole des marais qui coasse, et coaque, et cloaque, et glauaque. Superbe.

 

9.
"Vancouver Lights" : Le thème est beau à pleurer. Aurait pu servir pour le générique d'une série d'épisodes des enquêtes du commissaire Maigret. Classieux et urbain. Mélancolique dans les rues, mais qui va finir par l'emporter, le morceau, je vous le dis, moi.

 

10.
"Hello Dolly" : Evidemment épatant. La trompette, la voix éraillée comme si durant la Prohibition, il avait plu du whisky dans les rues, et puis les cuivres qui new-orlinssent. Un bel hommage à Amstrong, qu'on dirait tellement qu'c'est le génial Louis qui chante, que c'est peut-être lui, Louis Armstrong, qui, revenu du grand boeuf des ombres, nous en rejoue de sa trompette des vivants. Une chanson super belle, que ce Hello Dolly qui vous donne envie de revoir des vieux potes, sauf que vous vous dites que vous avez pas tellement envie de les revoir en fait, que vous préférez rester chez vous peinard à écouter du Duke Ellington et qu'on vous fiche la paix. Ceci dit, si elle est gironde, la Dolly... Mwouais... mais non. A moins qu'elle joue de la trompette. Et encore.

 

11.
"The Twitch" : J'sais pas ce que c'est qu'un twitch (serait-ce un sandwich écrabouillé par un orchestre de jazz ? une sorcière à trombone ? Un parapluie ? Une machine à coudre ? Une table de dissection ?) C'est élégant et nerveux, avec des airs canaille de big band qui en raconterait des vertes et des pas mûres, des fois, dans l'instrument. Bluesy donc. La cymbale qui siffle et sifflote, et le cuivre qui ironise. L'orchestre derrière les solistes a l'air de dire r'dis-le-me qu'c'en est marrant. Bon, par acquit de conscience, j'ai regardé dans l'harrap's. Un twitch, c'est un "coup sec", même que to have a nervous twitch, c'est avoir un tic nerveux. Il me quitte plus l'harrap's, et depuis que je scribouille sur les choses de ce monde, j'ai jamais autant appris de mots anglais. Comme quoi... Comme quoi quoi ? Comme quoi moi, faut que j'm'intéresse ; si ça m'intéresse pas, j'ai la comprenette figée, le Q.I congelé, l'ignorance chronique.

 

12.
"Things Ain't What They Used To Be" : Le classique classieux par excellence. Générique né, ce thème. Idéal pour annoncer une émission de jazz orientée bon vieux swing. Ou pour rêver qu'on drague une très jolie femme, du genre qu'existe pas. En tout cas, ma pomme, des comme ça, elle en connaît pas.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mars 2013

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 09:48

SYNCHRONE VILLE
En écoutant l'album Synchronicity du groupe Police (1983). Les citations des textes de Sting, d'Andy Summers et de Steward Copeland, figurent entre guillemets.

 

1.
"With one breath, with one flow
You will know
Synchronicity"
(Synchronicity I)

 

L'écoute au début des années 80 de l'album Synchronicity du groupe Police me permit de préciser pour moi-même ce sentiment que j'avais, dès mon adolescence, que le réel fuyait devant nous, synchronie introuvable, diachronie imparable.

 

2.
"Hey Mr. Dinosaur
you really couldn't ask for more
You were God's favourite creature
but you didn't have a future"
(Walking In Your Footsteps)

 

C'est bien ce qui nous distingue des dinosaures, c'est que nous, nous demandons des comptes à Dieu. Ce qui, notez bien, ne nous empêchera pas de disparaître.

 

3.
"Everyone I know is lonely
And God's so far away"
(O My God)

 

Des êtres seuls qui portent en eux le vague souvenir d'un dieu lointain. Une bonne définition.

 

4.
"Telephone is ringing
Is that my mother on the phone ?
The telephone is screaming"
(Mother)

 

La chanson "Mother", composée par Andy Summers, est un bel exercice de pop expérimentale. Cette hantise rythmique, fiévreuse, répétitive, de l'appel de la mère dévoratrice, castatrice à en faire hurler le téléphone, insistante, harcelante, jalouse sirène, produit un effet boeuf sur les adolescents en quête d'indépendance.

 

5.
"Is anybody alive in here ?
Is anybody alive in here ?
Is anybody at all in here ?
Nobody but us
Nobody but us"
(Miss Gradenko)

 

C'est à Stewart Copeland que l'on doit le très swinguant Miss Gradenko et ses drôles de questions. La pop et le rock lorsqu'ils sont bien menés, sont des machines à étranges questions, à remarques acides, à humour décalé. C'est même ce qui m'intéressa dès mes quatorze ans, cette manière de ridiculiser le sérieux de la logique scolaire, de la dynamiter au profit d'images quasi surréalistes, ou simplement issues de la langue de tous les jours, cette langue tirée à la cuistrerie des citations. Les paroles de la chanson rappellent évidemment que l'ordre soi-disant impeccable des services de sécurité de ce qu'était alors l'empire soviétique était fissuré de partout et que les gens fort heureusement sont plus vivants que leurs uniformes.

 

6.
"Mother chants her litany of boredom and frustration
But we know all her suicides are fake"
(Synchronicity II)

 

Evidemment, la synchronie concerne la ville aux mille chemins croisés, aux mille prostitutions des destins, concerne la cité industrielle, la fatigue et le dégoût, l'ennui et la frustration, l'imposture des supérieurs, des soi-disant supérieurs, avec ça qui, à des milliers de lieues de là, sort de la boue, ça qui lovecrafte jusqu'à la surface, qui rejoint le temps humain, ça qui fait qu'il y a une ombre à la porte de la maison au bord d'un sombre lac écossais.

 

7.
"Every breath you take
Every move you make
Every bond you break
Every step you take

 

I'll be watching you"
(Every breath you take)

 

Le tube de l'album, celui qui nous est rentré dans les oreilles avant de nous sortir par les narines (on doit cette définition du tube qu'on entend partout tout le temps à Coluche me semble-t-il, ou à Desproges peut-être). Il n'en reste pas moins que la chanson est une claire profession de foi d'un voué fantôme, d'un regard persistant.

 

8.
"I have stood here inside the pouring rain
With the world turning circles running 'round my brain
I guess I always though that you could end this reign
But it's my destiny to be the king of pain"
(King Of Pain)

 

Longtemps ma chanson préférée de l'album, avec ces sirènes qui cadencent l'introduction, comme si le narrateur s'enfonçait dans un univers suburbain dont il ne pourra jamais être qu'un Roi de Douleur. Chanson migraineuse, chanson de la folie circulaire, du spleen, de la fatale synchronie qui fige les saumons morts dans les cascades et brise le dos des mouettes.

 

9.
"You consider me the young apprentice"
(Wrapped Around Your Finger)

 

Puis je me suis laissé bercer par le charme de cette drôle de rêverie qui commence par rappeler cette tendance que nous avons à nous laisser hypnotiser jusqu'à la fascination par ceux qui nous regardent de haut tout en agitant les ficelles qui nous relient à leurs doigts. Il y a un côté planant dans la musique de cette chanson qui place ces yeux d'en haut dans un autre univers, auquel l'usage de la parole poétique nous permettrait d'accéder. Nous manipulons Dieu autant qu'il nous manipule.

 

10.
"My sisters and I
Have this wish before we die
And it may sound strange"
(Tea In The Sahara)

 

Cet étrange désir, c'est de pouvoir prendre un thé au Sahara avec vous. C'est peut-être une allusion au roman célèbre de Paul Bowles justement intitulé "Un thé au Sahara". Roman que je n'ai pas lu, et dont le résumé trouvé sur Wikipédia me semble assez euh confus trifouillis que je ne vois pas le rapport avec la clarté du texte de Sting. "Prendre un thé au Sahara avec vous", c'est dans la chanson le voeu que se font mutuellement les âmes cependant que nos yeux fouillent toujours plus loin et que les tasses finissent ensablées.

 

11.
"Then you can turn a murder into art"
(Murder By Numbers)

 

Dois-je rappeler que cette chanson signée par Sting et Andy Summers est citée dans le film Copycat (Jon Amiel, USA, 1995) où, d'une certaine manière, elle donne la clé de la motivation de ce tueur en série si particulier que la profileuse agoraphobe devra affronter : faire du meurtre une oeuvre d'art, en vertu du principe que seul compte le style, et que le reste n'est qu'humanité assez stupide pour se laisser fasciner et finir papillon dans la toile d'araignée.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 février 2013

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 23:23

A PROPOS DU DISFARMER PROJECT

Je viens de voir ça sur Mezzo LiveHD, ce mardi 6 mars 2012, le Disfarmer Project de Bill Frisel, ou comment faire de l'excellente musique, sophistiquée, élégante, mélancolique sans être nunuche, à partir d'une base country tout à fait reconnaissable. J'ai pensé à certaines tentatives de Neil Young pour renouveler le genre. C'est pas trop comparable en fait. La musique vient illustrer les photos d'un certain Mike Disfarmer (1884-1959), photographe qu'un site qui lui est consacré présente comme un grand portraitiste. L'art se nourrit ainsi de ce qui fut, ou plutôt de ce qui reste de ce qui fut. Peut-être s'agit-il d'en définir l'être, l'absence au coeur de ce qui demeure, en l'occurence une collection de photographies d'Américains de L'Arkansas de la première moitié du XXème siècle, - visages clairs et peu de sourires -, celle de la Grande Dépression et de la Seconde Guerre Mondiale. Intéressant aussi de voir comment un art aussi synchronique que la photographie (l'étant fixé dans le temps) s'inscrit dans la diachronie de la musique (qui est l'art de renouveler à chaque interprétation la façon qu'ont les humains de mesurer le temps).
La performance a été enregistrée dans le cadre du festival "Banlieues bleues" en 2011. Il y a de la guitare (Bill Frisel), de la "steel" guitare (Greg Leisz), du violon (Carrie Rodriguez), de la basse (Viktor Krauss), qui semblent, dans des séquences plus ou moins longues mais toujours originales, gentiment se balader le long des vieux chemins mi-poussiéreux, mi-venteux du country and western.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mars 2012

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:30

ANNE PAR JEU

"Anne, par jeu, me jeta de la neige" Joli vers, n'est-ce pas ? C'est à Clément Marot que nous devons ce charme qui ouvre le dizain dit "dizain de neige". Elise ANTOINE a mis ce poème en musique. Vous pouvez l'écouter sur le site de l'école de musique d'Aire-sur-la-Lys :

http://ecolemusiquers.free.fr/Downloads/dizain4.mp3

Merci à Samuel TERNOY, pour ses conseils, et pour la mise en ligne.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 mars 2012

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 17:12

DENTELLES A LA LED ZEP

 

Dentelles de guitare… oh le cliché !.... on me dira quel mauvais goût !... pourtant, quels sons étonnants !... cette manière de dire des choses simples avec des arrangements si sophistiqués : This is the springtime of my loving - / the second season I am to know … (The Rain Song et ses arpèges). Bien sûr, Led Zeppelin, c’est pas du Roussel, pas du Stravinsky… c’est de la chanson populaire… de l’air du temps… au moment où la galette, - cette galette « Houses of the holy » - a été enregistrée, en 1973, c’était du qui marchait bien, qui passait à la radio, c’était même funky (cf The Crunge – chose étonnante pour un groupe si représentatif du hard rock tendance chevauchée à guitaristiques emberlificotures, cette musique « blanche », et le quasi glam rock Dancing Days, et cette parodie de reggae D’yer Mak’er), et cette merveille progressive, No Quarter… Chanson populaire : le plus étonnant, c’est que presque quarante après on continue à l’écouter, et qu’on lui rend hommage, et pas seulement d’assotés zozos, mais des as du jazz, des pointures du baroque aussi… c’est vrai que dentelles de guitare… fascination rythmique… et puis l’atmosphère… l’air du temps qui revient, comme si les si précieux fantômes anglais ne voulaient pas de sitôt nous lâcher...

 

Bon allez, fantasions un peu le très beau No Quarter (dont il fut gravé une très belle version sur le mythique « live » The Song Remains The Same).

 

“Close the doors, put out the light
You know they won’t be home tonight”
(No Quarter, Jones/Page/Plant)

 

Fermées les portes…Lumières éteintes…Tu sais bien qu’ils ne seront pas à la maison cette nuit… Que la neige siffle gifle… file… persifle… Que les souffles des diables dedans sont froids les lèvres bleues… Ils portent l’acier à faire des morts… Ils portent le message que l’on ne peut éviter… Celui de la dernière prière… Ils ont pris le chemin à poignard…Pas de pitié pour eux… Pas de pitié... C’est ce qu’ils disent… le vent avale leurs syllabes.

 

Ils compagnonnent la camarde… Le diable se fout d’eux à chaque pas… Le diable rit comme le loup avant d’égorger… La neige efface toutes leurs pistes… Tu sais bien… la maison sera vide cette nuit… Les chiens de colère hurlent au loin… On les entend entre deux rafales… Ils portent le message que l’on ne peut éviter… Ils rêvent en sang de toi et moi… Ils ont pris le chemin qui désosse… Pas de pitié pour eux… Pas de pitié… C’est ce qu’ils disent et le vent les disperse silhouettes…

 

NB : Encore une anecdote sur Led Zeppelin… Entendu à la radio un d’un groupe de Metal à la mode actuelle raconter qu’au début de sa carrière, il avait pas voulu assister à l’un des derniers concerts donnés par la bande aérohardeuse, snobant qu’ils étaient ringards, has been , répéteux… morale tirée par l’outrecuidant himself : Quel con j’ai été !...

 

NB Bis : On aura remarqué… depuis quelques temps, je célinise de la prose… trouvailles et points de suspension… j’assume signe persiste… cause que c’est ce style qui me donne le plus l’impression de la travailler musique la phrase… j’abuse vous dites… certainement… mais de plus en plus à lire les kilomètres de pages qui font les bibliothèques, j’ai l’impression de lire du rampant… du lourdaud… du gavant descriptif… du navrant explicatif… du pesant sentiment… que je te la préfère au couteau… et zak ! zak !... que ça valse, saute !... que ça fasse excentrique piano, à la Satie, ou à la Tigran Hamasyan qu’est si novateur dans l’art de faire courir ses doigts sur un clavier.

 

NB Ter : Et comme pourrait dire le Professeur Rolin : Le temps ne serait-il pas le corollaire de l’espace et vice-et-versa ? Ce qui ne veut rien dire mais qui m’amuse.

 

NB Ter(rible) : Une professeur de philo récemment m’a dit que, franchement, dans L’Etre et le Néant de Sartre, il y avait des phrases qui ne voulaient rien dire. Peut-être. Je ne peux en juger vu que L’Etre et le Néant me paraît avoir été écrit pour bluffer les professionnels de la profession de philosophe… Style z’allez voir c’que z’allez voir, que c’est moi qui le maîtrise le mieux, le phénoménal jargon, le métaphysique sabir, l’existentiel glossaire… Mais cette impression de qui veut rien dire me rend Sartre plutôt sympathique… je le vois bien, génial crapaud, faire exprès de parsemer ses pointus essais de pitreries, histoire d’embrouiller son monde, de mystifier le pointilleux… assez sympathique aussi, le paradoxal Sartre qui affirma, à propos d’une affaire défrayante, que le coupable était forcément le notaire, non pas parce qu’il était effectivement coupable (allez savoir !), mais parce qu’il était notaire !... Actualisons et nous avons ceci : forcément qu’il est coupable, le très haut fonctionnaire DSK (Dominique Strauss-Kahn), non pas parce qu’il aurait effectivement abusé d’une femme de chambre (on n’en sait encore rien), mais parce qu’il est très haut fonctionnaire ! Injuste me direz-vous ? Eh oui, et même dégueulasse de penser comme ça, mais amusant comme du Père Ubu… (1)

 

(1)    Et qu’on vienne pas larmoyer sur son sort ! Car franchement, à côté de la faim, de la guerre, des épidémies, du chômage et de l’extrême-droite qui n’en finit pas de pointer son groin, la bistouquette DSK, c’est queue dalle et le cas de le dire ! (2)

 

(2)    Sauf que pour la femme de chambre, cette histoire est probablement un cauchemar. A moins qu’elle fasse partie d’un complot. Mais si chausse-trappe pour Strauss-Kahn il y a, il a été drôlement bien monté faut dire. La question serait par qui ? – Sarkozy ? ça tient pas debout ! Jamais il ne monterait un tel bazar en pays étranger ! Trop dangereux ! Et puis, bon, Sarkozy, c’est pas Machiavel quand même ! - La femme de chambre elle-même ? A moins qu’elle soit nympho folle, - a priori, elle a pas le genre - ce serait quand même étonnant car vu son internationale amplitude, au DSK, si elle se plante, elle a pas fini de le refaire son lit en prison… - La CIA ? Le J’sais pas quoi Poutinien ? le Mossad ? La Mafia ? Le fantôme de Ben Laden ? Dupont et Dupond ? – Et pour quoi faire ? L’est si dangereux, Monsieur j’ai-fait-mon-beurre-au-Parti-Socialiste que les services secrets du monde entier voudraient le mettre à l’ombre pour le reste de son âge ? A moins qu’il ait appris ou vu quelque chose que jamais il n’aurait dû apprendre ou voir… A moins aussi que ça soye pas DSK la cible, mais que l’affaire a été montée pour empêtrer on ne sait quel ponte d’on ne sait quel service dans un complot destiné à être révélé (c’est le principe des opérations Dupond-Dupont, le coup qu’on fait foirer exprès pour plonger un supérieur ou un collègue)… A moins que DSK on le drogua ? A moins que la femme de ménage on la drogua? A moins que tous les deux on les drogua ?... A moins qu’ils se connaissoient d’auparavance (drame passionnel : le Haut Fonctionnaire et la Femme de Chambre, l’histoire émouvante et terrible d’une vengeance ancillaire)… A moins qu’on ait fait croire à cet avatar savant de Bérurier qu’il aurait sous peu la visite d’une call-girl de luxe vêtue en soubrette (cadeau de la maison ? avantage en nature ?) et que hop ! le Gros a joué en toute bonne foi  à coucou ma louloutte... A moins encore que DSK ne soit pas vraiment humain, que c’est un « Visiteur » qu’on nous l’avait pas dit, et que maintenant on est bien embêté rapport à sa libido d’outre-espace, qu’il saute de plus en plus sur tout ce qu’il peut, que faut le renvoyer dard-dard (hi !hi !) troncher des Vénusiennes avant qu’il se fasse repérer et fiche par terre tous les plans du Majestic Twelve Quatorze Trente-Six Douze à condition que vous ayez joué un lundi ou un jeudi au jeu du Quicétysicépalplombier et que votre numéro de portable se termine par trois ou par neuf… Pour savoir, faudra attendre sans doute que les journalistes d’investigation les plus perspicaces et les plus honnêtes aient fini d’enquêter…  Franchement, cette histoire vous a un de ces airs d’acte manqué d’opéra bouffe que s’il n’y avait pas à la clé des dizaines d’années de cellule, on en ferait un film on y croirait pas…  

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 juin 2011

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR LA MUSIQUE
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