Le Blog Littéraire de Patrice Houzeau sur Over-blog ; notes et commentaires de pages célèbres (ou non), coups de plume et fantaisies diverses.
DU CAVALIER SANS MAÎTRE (2)
Notes sur Ugaki, le serment du samouraï (Robert Gigi, Dargaud éditeur, Presses Pocket, Pocket BD).
p.17 : « Plus loin se dressaient de gigantesques poupées… » : Le château semble désert. Une apparition dans le passé du récit. La présence des poupées indique que ce château est bien un lieu d’être, entretenu, aménagé, fréquenté, hanté. Ces poupées suggèrent aussi que l’aménagement du lieu est signé, qu’il reflète le goût du maître des lieux. La case insiste sur le gigantisme des poupées, si grandes que la tête du personnage Ugaki en semble fort petite. Indice de féerie que ce gigantisme dans la représentation des êtres. Quel être singulier peut ainsi collectionner de telles géantes ? Ce sont aussi des gardiennes que ces géantes, d’imperturbables sentinelles, des témoins sans jugement puisque les énigmes sont sans jugement. Le sphinx n’est pas un juge, mais un exécuteur des œuvres occultes.
Le dessin fascine. La tranquillité des sœurs poupées, leur sourire arrêté dans l’affirmation d’un être sans vie pourrait inquiéter. Le lecteur y reconnaît le pressentiment de la beauté. Ce sont des œuvres d’art qui sont signalées par la bande dessinée ; des objets de collection, comme chacune des cases qui composent l’album.

La case de la page 17 extraite de l'édition en Presses Pocket (collection Pocket BD) de l'album Ugaki, le serment du samouraï de Robert Gigi figure ici à titre d'exemple et d'illustration de l'article "Du cavalier sans maître (2)".
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 décembre 2008