Le Blog Littéraire de Patrice Houzeau sur Over-blog ; notes et commentaires de pages célèbres (ou non), coups de plume et fantaisies diverses.
UN VAMPIRE ?!
"Un vampire ?! mais cela n'existe que dans les légendes" (1) Voilà ce que se dit, dans sa bulle, Ugaki le samouraï à la page 24 du volume Ugaki, le serment du samouraï de Robert Gigi (Presses Poket, collection "pocket BD"). C'est que le "seigneur du lieu" (expression utilisée p.22 du même volume que je lis avec intérêt car, somme toute, je préfère lire ce genre de volumes bien plus intéressants à mes yeux que la plupart des "chefs d'oeuvre" ou "livres essentiels" dont on cause à la télé, à la radio et dans les magazines spécialisés), c'est que le "seigneur du lieu" est, à l'image des géantes poupées qu'il collectionne, un être étonnant, dont le texte souligne le caractère improbable, "légendaire", invraisemblable, incongru un peu comme si on attendait autre chose d'une histoire de samouraï que ce vampire, là, dont nous ne savons que penser, et que l'auteur ait ici cédé à quelque complaisance cependant qu'il ne s'agit jamais que de bande dessinée, d'un métier, d'une manière de gagner sa vie en racontant des histoires illustrées, d'utiliser la fiction comme une exploration méthodique de toutes les figures imaginables, comme une invention de tous les masques, de tous les diables. C'est ainsi, sans doute, que le dessinateur collectionne les figures, comme le seigneur vampire de son histoire collectionne les poupées ; seigneur vampire qui, à la page 29 du volume, est remplacé par un "renard". Au réveil d'Ugaki, après les combats de la nuit, le château est comme aboli. A la place du vampire, un renard. Le symbole de la ruse, le propagateur de cette rage qui ôte toute prudence à l'animal comme à l'assoiffé, ainsi la nécessité du sang qui oblige cet habitant de l'infini qu'est le vampire à sortir de l'ombre, s'approcher des humains, se révéler.
(1) C'est ce qu'on d'abord dû se dire les "victimes" de Bernard Madoff, le financier philantrope fort connu qui, pendant 17 ans, dit-on, s'est bien fichu du monde, en gérant un fonds d'investissements qui garantissait 10% d'intérêts par an en payant ces intérêts avec l'argent de ses clients, un compte rentabilisant l'autre, jusqu'à ce que, crise oblige, de trop nombreux investisseurs décident de retirer leur argent en même temps, ce qui fit chuter le système et en ruina bien des rêves ( à hauteur de 50 millards de dollars, à ce qu'on dit !), à commencer par ceux des banquiers (des professionnels pourtant !) genre premiers de la classe, BNP et Consorts (quelques centaines de millions d'euros, dit-on), qui se le sont bien mis le doigt dans l'oeil. Bernard Madoff donc, dont on dit qu'il a donné beaucoup à des oeuvres de charité, ce qui me fait penser qu'il y a un côté Robin des Bois de la Finance chez cet homme-là qui a utilisé le pognon (y a pas d'autre mot) de quelques assoiffés d'encore plus (quitte à investir chez EADS et autres malfaisants) pour financer des projets humanitaires, des restaurations d'ouvrages d'art, - bref, des trucs bien -, ce qui me fait penser qu'en tout état de cause, Bernard Madoff a certainement moins de sang sur les mains que cette crapule de Georges Bush, et que sa manière de s'être payé la tête des grands manitous de la finance me plaît bien, à moi qui sait parfaitement qu'en économie, il n'y a pas de morale.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 décembre 2008