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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 23:59

NOUVEAUTÉS D'ANTAN

 

1.

Les chats voient la nuit. La nuit ne voit pas les chats. Ça manque d'yeux dit l'Air des Yeux d'une féerie.

 

2.

Des fois j'mange de la galette et j'ai la fève. Donc je me couronne et m'applaudis. Je suis bien le seul.

 

3.

« J'ai du goût pour la flâne, et j'aime, par les rues,

les réclames des murs fardés de couleurs crues,

la Redingote Grise, et Monsieur Gallopau ;

l'Hérissé qui rayonne au-dessous d'un chapeau ;

la femme aux cheveux faits de teintes différentes.

Je m'amuse bien mieux que si j'avais des rentes

avec l'homme des cinq violons à la fois,

Bornibus, la Maison n'est pas au coin du Bois,

le kiosque japonais et la colonne-affiche…

Et je ne conçois pas le désir d'être riche. »

 

(Germain Nouveau, in « Dixains réalistes », collectif, XIX)

 

4.

« J'ai du goût pour la flâne » écrit Germain Nouveau ; moi aussi que je zieute les zoziaux qui gazouillent dans les feuilles.

 

5.

Le narrateur, i dit qu'il aime se balader dans les rues à r'garder « les réclames » que le mot « réclames » on dirait qu'il remonte le temps.

 

6.

En ce temps-là, y avait pas la télé, même pas en noir et blanc que les affiches étaient déjà modernes en couleurs (c'est bien quand même).

 

7.

Les murs étaient tout peuplés hantés de « couleurs crues », c'était le bataillon de la Réclame, quel arlequin çui-là !

 

8.

Y avait la « Redingote Grise », que déjà ça fait penser à Napoléon qui les a baladés partout, et sa redingote grise, et ses grands massacres.

 

La Redingote Grise, ça fait penser à l'enseigne d'un magasin et qu'en fait oui même qu'elles étaient grand format en couleurs leurs affiches.

 

9.

« Monsieur Gallopau », on s'attendrait à « Galopeau » (e,a,u), déjà à cause de la rime pour l’œil avec « chapeau ».

 

Galopeau, c'était un pédicure paraît, alors pourquoi « Galoppau » (2 p,a,u) ? Nous cacherait-on des choses qu'c'est la vérité qu'on nous ment.

 

« La Vérité qu'on nous ment » : chanson de Gérard Presgurvic qui fut interprétée par Sheila.

 

La mention du pédicure Galopeau, vu qu'on évoque Napoléon, ça fait penser aux fantassins d'la Grande Armée qu'ils ont tant marché l'Europe.

 

10.

« l'Hérissé qui rayonne au-dessous d'un chapeau » expressif ce vers à Nouveau qu'on l'imagine bondissant électrique le zigue à galurin.

 

11.

« la femme aux cheveux faits de teintes différentes » qu'ça m'rappelle les pubs pour teintures dans Modes et Travaux qu'elle lisait ma mère.

 

Moi je préférais « Femmes d'Aujourd'hui » qu'à la fin y avait une page des aventures de Bob Morane en bande dessinée (c'était cool).

 

Si j'devais écrire une histoire de Bob Morane, j'écrirais « Bob Morane contre les slips kangourous » qu'on voit pas l'Bob porter des slips kangourous, ni Bill Ballantine non plus d'ailleurs que lui i porte un kilt que je me demande s'il y a des passages dans les nombreuses aventures de Bob Morane où Bill Ballantine porte un kilt que de toute façon j'irai pas vérifier.

 

A l'époque (1876 quand même) ça devait faire caméléon incroyable et merveilleuse la tignasse polychrome à la femme là qu'elle est tout en os maint'nant.

 

Et dire que les petites jeunes filles à vélo, y en a a finiront si vieilles à trembloter dans une chaise roulante c'que c'est d'plus nous aut' hein.

 

12.

L'industrialisation de la Réclame ça nous en fout plein les yeux qu'on finit par plus voir le réel tel qu'il paraît être.

 

De masque en masque c'est sûr qu'on s'a paumé la tête pis qu'on s'reconnaît passqu'on nous l'dit qu'c'est bien not' numéro là.

 

13.

Le narrateur i dit qu'il « s'amuse mieux que s'il avait des rentes » qu'apparemment i sait pas quoi faire de l'argent qu'il n'a pas.

 

14.

Le narrateur évoque « l'homme des cinq violons à la fois » image expressive que j'vois bien l'dessin du bras et d'ses 5 violons voltigeurs.

 

Une image expressive, c'est une image qui nous parle dans la tête parce qu'elle n'a ni bouche ni langue pour dire ce qu'elle dit.

 

Une image expressive, c'est comme si elle était télépathe, que moi je me dis c'est bizarre c'est comme si les images c'étaient des aliens.

 

C't'idée des images télépathes aliens, y en a i vont encore dire que j'fume chaipaquoi qu'en fait non car j'préfère le steak-frites.

 

Après on sait pas peut-être que les bibliothèques et les musées, ça fait partie d'un grand complot alien pour transmettre des savoirs cachés.

 

15

Le poème « J'ai du goût pour la flâne » charme par l'accumulation cocasse (le moutardier Bornibus, un kiosque japonais, une colonne-affiche).

 

16.

Le narrateur à s'enthousiasmer comme ça dans les rues on dirait un sot-sot qui s'amuse d'un rien qu'le poème il est parodique sans doute.

 

L'enthousiaste des réclames d'la rue il est trop joyeux que si ça se trouve les jours suivants i va avoir du chien noir plein la caboche.

 

Je me souviens d'une adaptation de « L'Île au trésor » en bande dessinée qu'il y avait un pirate du nom de Chien-Noir non ?

 

« chien noir », en anglais, c'est « black dog ». J'ai lu sur la toile que Churchill appelait ainsi ses périodes de déprime.

 

Y en a à force de manger d'la vache enragée i finissent par avoir le chien noir qu'c'est pas étonnant après qu'ils tournourssent.

 

« tournourssent »: du verbe « tournoursser », se replier sur soi, être solitaire et bien grognon méfiant comme un ours.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 juillet 2016.

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