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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:06

RIEN ELLE SE CONSACRE A SES CHATS RIEN

 

Rien elle se consacre à ses chats rien

elle se consacre à ses chats rien elle

se consacre à ses charmes je vous l'ai

dit ça déjà qu'elle était très jolie y

a lontant lontant lontant lontant très

lontant qu'elle cherche maintenant ses

charmes dans les plis du tant la jeune

va à la fontaine qu'un beau jour on la

retrouve plus je vous dis rien elle se

consacre aux bocaux avec des têtes cou

pées dedans pis qui baignent dans leur

mort sinon non elle ne fait rien c'est

à ses chats qu'elle se consacre pis le

temps passe & ses chats sont tout vieu

x voilà donc un x qui se promène comme

s'il était dans une équation un x puis

soudain le chat de nulle part surgit &

attrape le x engloutit le x et s'en va

qu'on entend son lointain ronronnement

ronron très loin ronron très loin loin

loin loin loin loin là-bas l'espace et

les horloges lentement a s'déglinguent

a s'détraquent a tombent patraques pis

ssssssssssssssssonnent de plus en plus

bi-zar bi-zar bi-zar bi-zar bi-zar pis

a finissent par décarocher & pas qu'un

elles sont plus synchrones alors elles

jactent toutes des temps différents et

dessous les cor vivants les très vieux

ils perdent la boule & font qu'répéter

répéter toudis toudis toudis toudis la

même chose rien elle se consacre à ses

chats rien elle se consacre à ses rien

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 septembre 2016.

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 12:28

SIX STUPIDES SONNETS (D'CLOWN)

 

SONNET D'LA PORTE A DENTS

 

La porte la porte la porte la porte

S'ouvre derrière la porte une ombre

La porte la porte la porte la porte

S'ouvre sur une ombre qui balbutie.

 

La porte la porte la porte la porte

S'ouvre en grinçant des dents cette

Porte a des dents c'est curieux que

Cette porte c'est qu'elle mordante.

 

La porte la porte la porte la porte

Derrière la porte y a plein de cous

Coupés de jambes coupées y a du mor

 

La porte la porte la porte la porte

Je la prends puis je m'enfuis assez

Loin qu'la porte ne puisse plus mor

 

SONNET D'LA POULE A MANGER

 

Je prends la poule pour la manger

J'aime manger les poules poules &

Poules & poules & poules & poules

Vous tournoyez ô soleils à plumes

 

Je plume la poule pour la dévorer

J'aime dévorer les poules le vent

Passe et ne prends pas les plumes

Pour écrire un mot sur les sables

 

Les sables sont pleins de morts &

de poules qu'on voit pas poules &

Poules & poules & poules & poules

 

Qui pondez dans le sable des œufs

Dont le blanc coule d'mes narines

J'vous cuirai dans un soleil d'or

 

SONNET DU CLOWN BOUFFÉ

 

J'ai bouffé l'bouffon c'matin

Acide un peu l'bouffon humour

Sombre de l'ombre sans lune Ô

Bouffon éclaire moi c'te jour

 

J'ai bouffé l'pink floyd très

Horloger fou l'pink floyd tic

Tac toc toc c'est l'clown qui

Cogne à la porte d'ma caboche

 

Chhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhut

J'ai croqué l'guignol c'matin

N'en dites rien i jacte drôle

 

I dit comment qu'ça va Lise &

Toi là matelas Étoile à Matla

Et qui c'est-y don c'Matla-là

 

SONNET D'LA CORNEMUSE A BOTTES

 

« Quand j'ai dansé jusqu'à minuit

la cornemuse a mis ses bottes »

(Raymond Queneau, « Nocturne »)

 

La cornemuse a mis ses bottes

Est partie ouin ouin ouin est

Partie ouiner avec un autre &

Moi j'reste seul avec mon nez

 

La cornemuse a mis ses bottes

A filé ouin ouin ouin par les

Champs a ouine ouine ouine et

Pointe son groin par la brume

 

J'aime bien les cornemuses la

Jupe plissée qu'elles ont pis

Des bottes du cuir du luisant

 

Ça m'amuse la cornemuse ça me

Trouble aussi quand ça chante

Il semble qu'gémit la sphinge

 

SONNET D'LA MICHELLE MA BELLE

 

« Michelle, ma belle

Sont des mots...»

(Lennon/McCartney)

 

 

Michelle Ma belle sont des mots

Qu'des mots qu'des mots d'dents

Qu'on a dedans dedans dedans de

Devant Ah qu'tu étais mignonne.

 

Michelle Ma belle sont des mots

Qu'des mots qu'des mots que moi

J'en ai plein des mots comme ça

Hélène ma laine pis Zut mon ut.

 

Michelle Ma belle sont des mots

Qu'j'en ai marre d'ces mots qui

Font qu'à tourner façon poisson

 

Michelle Ma belle mais dis donc

T'as 70000 ans maintenant et ni

langue ni guitare plus d'dents.

 

SONNET A LA BOULE NOIRE

 

La boule roule noire noire noire

A bouscule les jambes la boule a

Fait fuir les zoziaux la boule a

Décroche cloches & chute le ciel

 

La boule roule noire noire noire

A croche-pattes dans les rangs a

Troue l'drapeau puis l'château a

Tombe à pic à casse bras et becs

 

La boule roule noire noire noire

Quel jeu je joue j'avoue je sais

Pas moi j'envoie bouler les vers

 

La boule roule noire noire noire

C'est quoi ce flipper d'enfer ce

Tilt qui klïngue et m'décaboche?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 30 avril 2016.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 23:06

BOUFFON ET SUR CE BOUFFON

 

1.

Je n'en doute plus je suis hanté

J'aurais pas dû tant jaffer d'ce

Pâté aux spectres C'est comme un

Os flou qui dans mes osselets le

 

2.

Promène le chien de mon âme en laisse

Les gondoles Cet effort pour échapper

A la spectralité quelle hantise alors

 

3.

A pousser du hou hou dans le couloir

Pis que la lune pointe au carreau sa

Tête de cheval cauchemar yeux blancs

 

4.

« à cette table près de la fenêtre qui donne sur la façade de »

(Michel Butor, « L'Emploi du temps »)

 

Tu seras à cette table blanche et noire

Tu seras près de la fenêtre semblable à

Une ligne qui donne sur la façade de ce

 

5.

Théâtre de l'autre côté de la rue je n'y

Vais jamais j'devrais cause les masque i

Sont comme des cousins non sont comme si

 

6.

Je jouais un rôle comme si j'parodiais

Mon ombre laquelle soliloque soliloque

Même qu'elle est en costume d'moi-même

 

7.

Je mens d'l'aut'côté d'la rue y a

Un pré & des vaches pis même qu'y

En a une son blase c'est Phèdre A

Suit partout Polyte l'fieu à Jean

 

8.

Donc mon clown revint et me dit

Arrête de jouer du sérieux t'es

Bouffon & sur ce bouffon c't'un

Guignol justifié que j'bâtirai.

 

9.

Je mens ou les mémoires d'une vache

Douée de raisonnement très émouvant

Qu'c'est en tout cas moi ça m'émeut

Ça m'laboure et tout l'tremblement.

 

10.

Non non non j'arrive pas à établir

Un rapport entre l'guitare à Frank

Zappa & l'pipeau du Président d'la

Ch'est comme cha et pis c'est tout

 

11.

Un zapatiste peut-il être aussi

Un fan à Frank Zappa et puis un

Zapotèque c'fut-y itou un fan à

Zappa Zappa usait-il d'un Zippo

 

12.

Zippomobile : tuture qui pète le feu

Zippopotame : obèse dragon des lacs.

 

13.

« Je sens que je puis n'avoir point été : car le moi consiste dans ma pensée »

(Pascal, « Pensées »)

 

Moi aussi j'ai le moi qui consiste

Pis qui gonfle gonfle enfle ce moi

Là moisit ce moi et sûr que j'puis

N'avoir point été si sot là si moi

 

14.

« You never walk through mirrors

or swim through windows »

(Jim Morrison, « Lords and the news creatures »)

 

Pas d'au-delà du miroir Qu'tranchant et qu'on

Peut s'casser s'vider d'son sang lapin viandé

Façon Alice après s'être jetée par la fenêtre

 

15.

Au clair de lune ma fille Claire

Balade ses vers Au clair de lune

Ma fille Claire boit de la bière

En l'engueulant le Grand Macabre

 

16.

En sifflotant la danse du sabre

Je tente de me concentrer & j'y

Arrive pas en sifflotant Faut-y

sabrer m'sifflet déconcentreur.

 

17.

« ah qu'il ah qu'il ah qu'il est content

d'avoir promené sa bonne ouature »

(Raymond Queneau, « Les problèmes de la circulation »)

 

« ah qu'il ah qu'il ah qu'il est content »

Ainsi chantait Zut en se payant ma fiole

Vu qu'je suis genre l'chat d'un proverbe

 

18.

Vu que je suis comme le chat d'un proverbe

Qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'la Fontaine

Zut a s'moque de moi et m'lance des arêtes

 

19.

Qui aime le poisson et achète des tomates

Est comme le chat du proverbe ce matou-là

M'a tout l'air d'un zèbre zutiste de plus

 

20.

Nous onomatopétons à qui mieux mieux Quel

boucan cette onomatopèterie y en a même i

virtuosent dans l'onomatocontrepète pouet

 

21.

Comme tout n'est rien alors je ne suis

Pas grand-chose dit mon amie la rose &

Qu'une rose ait une bouche ça me troue

 

22.

D'ailleurs j'suis tellement tout troué

Qu'le vent bouh bouh m'passe à travers

Trous Oh dans l'couloir y a du hou hou

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 avril 2016.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 16:15

AU VENT

 

1.

« Les mots diversement rangés font un divers sens, et les sens diversement rangés font différents effets. »

(Pascal, « Pensées »)

 

2.

« L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance,

L'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes ;

la soie »

(Rimbaud, « Mémoire »)

 

3.

« - C'est impossible, prononça tout haut Mrs Bantry, j'ai dû rêver !

Mais elle était convaincue de n'être point le jouet de son imagination. »

(Agatha Christie, traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque »)

 

4.

« tous les deux pataugeant jusqu'à la cheville dans les flaques des dernières pluies »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

5.

On n'est jamais que plus ou moins conscient, quand même qu'on y va, qu'on s'dit qu'les autres, des fois, i sont tout aussi embrumés qu'vous.

 

6.

Ne jamais sous-estimer l'acuité de la conscience de l'autre. La cervelle est capable de dissimuler plus d'un poignard.

 

7.

AU VENT

 

Dans la caboche

Une cloche

Fêlée

 

Et puis dans la tête

Elle est la fête

Terminée

 

Et on s'ennuie

Et la nuit

Nous prend

 

Et bientôt

Nos os

Vont

 

Au vent.

 

8.

On croit que not' trou nous attend, là-bas. Non. Il nous suit, not' trou, il nous ombre, il guette le faux pas, la distraction fatale, le pet d'travers, et puis hop ! il nous fout d'dans, définitif.

 

9.

« - Êtes-vous aussi un détextive ? »

(Agatha Christie, traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque » [Un gamin à Sir Henry], « Le Club des Masques » n°38, 1979, p.107).

 

Épatante coquille (ou peut-être pas) : un « détextive », un détective de texte, un enquêteur de fiction : Poirot, Holmes, Maigret sont donc des détextives.

 

10.

« L'eau claire » j'aime le prénom

Claire je ne connais personne qui

Claire s'appelle j'aime le prénom

Claire mais on s'en fiche « comme

 

11.

Je soupçonne que quelqu'un

a filé avec Un bref moment

qu'vous n'pensez à rien et

c'est tout d'même kekchose

hop on vous prend la tête.

 

12.

le sel des larmes d'enfance » que

c'est loin l'enfance comme un été

qui ne reviendra plus qu'après on

est tout obligé d'un tas de trucs

 

13.

rochers au risque de se

casser les jambes ah on

m'y reprendra d'engager

d'imprudentes danseuses

des coureuses de côtes.

 

14.

travailler gagner sa vie subir la

foule immense des gens qu'en fait

on en a rien à faire que toujours

quand même on fantasme « L'assaut

 

15.

de la réalité qu'au bout d'un

moment Qu'une porte claque et

vous voilà sorti d'vos songes

pour le réel où tout peut ar-

 

16.

« l'assaut au soleil des blancheurs des

corps de femmes » plein la caboche on a

d'ça « des blancheurs des corps » qu'il

 

17.

tu faisais les yeux doux à cette

Espagnole aux cheveux noirs & si

elle avait été rousse Irlandaise

alors yeux verts & peau d'lait ?

 

18.

des blancheurs qu'il y a des corps

de femmes » qu'tout un tas de psys

y trouvent la cause dans ces corps

de femmes » là de troubles qu'on a

 

19.

espèce de paisible détachement

mais à y songer le détachement

demande un certain calme peut-

on feindre le détachement oui.

 

20.

pis qu'on sait pas pourquoi Je dis

de femmes » ça pourrait être aussi

bien des corps d'hommes évidemment

« la soie » ça crie ça non la soie

 

21.

jusqu'à la cheville dans les

flaques des dernières pluies

qu'on court comme ça dans le

passé mômes perdus à jamais.

 

22.

« la soie » ça crie ça non la soie

quand on la déchire j'sais plus où

quand elle se déchire elle crie où

j'ai entendu ça le cri de la soie?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 16 janvier 2016.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 23:19

NOCTURNES ET MOROSES

 

1.

J'suis tellement acharné seul que quand on découvrira mon corps, mon chien, mes chats auront probablement commencé à le eh oui…

 

2.

Je devrais me méfier : j'entends de plus en plus souvent les coups sourds du tonnerre sans orage. Qui donc m'appelle ?

 

3.

On vieillit ; le temps se fait court, comme si sous les jambes, qu'on a de moins en moins, elle s'accélérait, la course au trou.

 

4.

La nuit, elle porte une chemise noire et un bijou en forme de lune.

 

5.

L'humanité commençant gravement à pédaler dans la semoule trouve assez que l'univers, son expansion vers le crack boum uh, elle s'accélère.

 

6.

Nous questionnons les légendes ; y entendons-nous la réponse des morts ?

 

7.

« ils [les personnages des romans de Michel Butor] tentent de sauver ce qui peut l'être dans le flux accéléré de l'En-dehors. »

(Ludovic Janvier, « Une parole exigeante »)

 

Et comme si on cherchait à

l'assumer l'existence même

si elle cherche sans cesse

l'existence à les flanquer

dans des pièges nos pommes

nos pauvres pommes & comme

dans une phrase de Ludovic

Janvier qui dit : « ils

[les personnages des romans

de Butor] tentent de sauver

ce qui peut l'être dans le

flux accéléré de l'En-dehors »

et je m'dis quel En-dehors

l'En-dehors du texte cette

vie réelle oùsqu'on pédale

oùsqu'on navigue à vue pis

qu'on calcule qu'on gère &

probabilise escompte qu'on

croit maîtriser & ce qu'on

se goure alors qu'on s'dit

si on pouvait le contrôler

tout ça qui file file file

l'espace-temps ça qui tend

à nous étouffer puis qu'on

tente de s'en saisir de ce

monde qui file qu'on tente

de comprendre avant que ça

nous vampirise & nous vide

le cerveau peine perdue et

vidé qu'on finit toujours.

 

8.

« Fourmillante cité, cité pleine de rêves,

Où le spectre en plein jour raccroche le passant ! »

(Baudelaire, « Les sept vieillards »)

 

« fourmillante cité, cité

pleine de rêves » et puis

de crottes de chien aussi

que le « spectre en plein

jour « qui le « raccroche

le passant » il l'empêche

de glisser et d'se casser

jambe ou margoulette oui.

 

9.

« Les mystères partout coulent comme des sèves

Dans les canaux étroits du colosse puissant »

(Baudelaire, « Les sept vieillards »)

 

Les mystères & les énigmes &

les secrets les masques tout

ça d'courant les rues et pis

qui a des bras des jambes et

une tête lourde de pensées.

 

10.

« Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l'Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose »

(Ronsard)

 

« Comme on voit sur la branche

outre l'agile zoziau merle qui

s'moque coucou que nul ne voit

« Comme on voit sur la branche

au mois de mai la rose » & que

j'écris ça qu'il fait un froid

à pas mettre son loup dehors &

donc que fait-on de cette rose

très pimpante en sa jeunesse &

toute belle sa jeunesse pensez

sa première fleur c'est-y donc

qu'elle le rend jaloux le ciel

que si ça continue va s'mettre

à bouder le ciel virer au gris

bruiner brumer & nous flanquer

la crève le ciel à force qu'il

en aura marre qu'elle se fiche

de lui qu'elle le nargue cette

rose là qu'elle l'a si vive sa

couleur style sortie d'chez le

coiffeur et nanani nananère et

le ciel à force marre qu'il en

aura assez de c'te roseraie-là

de l'Aube ouinant chaque matin

& pis qu'elle l'arrose la fait

reluire briller l'aut'pamée-là

 

11.

« Méchantes nuits d'hiver, nuits filles de Cocyte »

(Ronsard)

 

Vient un moment où l'on maudit

les « méchantes nuits d'hiver »

qu'on pressent l'anxiété roder

dans la pièce froide & chambre

froide ai-je d'abord pensé car

de quoi sommes-nous faits nous

si pensifs & faisant des nuits

d'hiver les « filles de Cocyte »

filles de la terre & filles de

l'enfer faites assez pour nous

éprouver l'âme & nous froisser

le palpitant & sans doute est-

ce en tissant nos légendes que

nous tentons de domestiquer la

radicalement étrangère

 

12.

« Méchantes nuits d'hiver, nuits filles de Cocyte

Que la terre engendra, d'Encelade les sœurs,

Serpentes d'Alecton, et fureur des fureurs,

N'approchez de mon lit, ou bien tournez plus vite. »

(Ronsard, « Les derniers vers »)

 

Des « méchantes nuits d'hiver »

Ronsard dit qu'elles sont les

filles de Cocyte un fleuve de

l'enfer Cocyte fleuve qui est

abondé par les larmes versées

par les ombres repentantes et

ces « méchantes nuits d'hiver »

Ronsard prétend qu'elles sont

« d'Encelade les sœurs » Fils

de la Terre Encelade géant et

avec cent bras encor & qui la

guerre aux dieux qu'il fit et

fut tué par la lance d'Athéna

Les « méchantes nuits d'hiver »

Ronsard les nomme « serpentes »

« serpentes d'Alecton » c'est

que les Furies Alecton Mégère

Tisiphone à leurs cheveux des

serpents s'entrelaçaient puis

elles ont aussi des ailes les

Furies de grandes ailes & des

fouets & des torches vertes &

du sang leur coule des yeux.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 15 janvier 2016.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 04:14

NON MAIS L'ORAGE LES FAIT PARLER

 

1.

Ayant compris que le mythe de « l'honnête homme » est aussi illusoire que celui du « bon sauvage », la civilisation se lance à la poursuite de « l'homme moral », qu'elle confond avec le « politiquement correct ».

 

2.

Parfois, j'entends un imbécile parler d'autres imbéciles et ils appellent cela l'Histoire.

 

3.

Il a remis sa langue dans la poche, la tête sur ses épaules et le plomb dans sa cervelle, puis il est parti travailler.

 

4.

Je me demande si les mots « que foudre me poudroie » signifient que la foudre peut me réduire en cendres.

 

5.

Cogitants donc nous sommes et allons sans aucune autre raison que celle qui nous agite le bocal.

 

6.

« Non, mais l'orage les fait parler ; ils radotent toujours les mêmes choses. »

(Agatha Christie, « L'auberge du fou aux clochettes » [« Une belle fille grande et brune »])

 

7.

« Car de ce que Dieu n'est point trompeur, il suit nécessairement que je ne suis point en cela trompé. »

(Descartes, « Méditation sixième »)

 

8.

« De ce que Dieu n'est point

trompeur » il est qu'ça ment

pas le réel la comprenette i

nous la promène la salade la

balade d'un infini l'autre i

nous confond i nous berlue i

chagrine & nous fait prendre

vessies pour des lanternes i

les remet les points sur les

i et cadavres dans les trous

mais sans mentir mythonner i

connaît pas le réel qu'c'est

nos pommes qui racontons des

menteries que le réel certes

ne ment point ce qui ne veut

absolument pas dire qu'c'est

la vérité tout ce qu'on voit

mesure délibère & équationne

non ce n'est jamais que mode

d'être modus vivendi afin de

nous accommoder avec tout ça

qui nous échappe comme ombre

dans la nuit et d'infiniment

nous domestiquer l'absurde &

nous légitimer dans l'être &

y persister et durer et nous

arranger avec ça de pas plus

vrai que faux ça de pas plus

dieu que diable ça où ils se

circulent le squelette ceux-

là que nous appelons nous ça

sans aucune autre raison que

celle que la langue agite.

 

9.

Quand elle dit que « l'orage

les fait parler » est-ce des

spectres qu'elle parle & qui

s'agiteraient dans l'être du

coup (de tonnerre) est-ce du

fantôme qui soliloquerait là

au milieu de nous qui allons

à travers lui comme on passe

à travers la lumière et quoi

donc qu'ils racontent & quoi

donc qu'ils évoquent ceusses

qui sont sans exister & quoi

que ça murmure flot d'ombres

qui envahit les murs noircit

les miroirs et les hante les

esprits comme si nos citrons

étaient leurs maisons est-ce

de nos solitudes qu'ça cause

tout ce horla ou est-ce leur

mémoire qu'ils remuent leurs

vieux coups d'foudre & coups

d'éclat & coups de théâtre &

coups d'couteaux dans l'dos.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 janvier 2016.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 21:38

DE BELLES LÀ-DEDANS !

 

« Il doit s'en passer de belles là-dedans ! Une nuit, une de ces malheureuses s'échappa en chemise... »

(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Pourquoi pas Evans ? » [« la servante qui apporta des pots de bière et donna son propre point de vue »])

 

« la fille à lèvre d'orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés »

(Arthur Rimbaud, « Enfance »)

 

1.

Maintenant m'sieurs-dames je crois

avoir dit tout c'que j'n'avais pas

à vous dire mais qu'j'ai dit cause

que j'suis un fieffé bavard dit-il

sans ouvrir la bouche car il était

aussi très très très très prudent.

 

2.

Pucemelle : se dit d'une petite

jeune fille qui se mêle de tout

« Ah, celle-là, c'est une vraie

pucemelle ! Toujours à se mêler

des affaires des autres, dis !»

 

3.

Saxophonie : Pays du King Sax, où

le jazz coule en rivières d'notes

bleues où entre les voix jaillies

de fontaines batteries les pianos

quoi qu'ils font quoi qu'ils font

les pianos quoi qu'ils font donc.

 

4.

oui malheureusement pourquoi est-ce

si malheureux si si si si j'aime le

si j'aime la répétition du si et la

servante apporta des demis de bière

elle aurait pu apporter des moitiés

d'poulets c'est pour ça que je vous

l'dis ça demis de bière que je vous

le précise et donna son avis j'vous

l'dis la servante donna son opinion

que c'est bien ce qu'elle pensait &

qu'il devait s'en passer des belles

des vertes et des pas mûres et même

qu'une nuit une de ces malheureuses

s'échappa en chemise non non non et

non j'aime le non j'aime le si puis

le non et aussi le sinon ce dont je

veux vous parler c'est d'ce château

dont je me demande est-ce que c'est

la seule grande résidence du pays &

est-il hanté ce château car quant à

causer château autant causer de ces

revenants-là de ces transparents-là

qui vous passent en travers remuent

des têtes coupées dans vos miroirs.

Du reste un fantôme je me l'demande

si un fantôme ça peut être hanté si

un château ça peut hanter que si ça

se trouve il y a dans les campagnes

hallucinées des fantômes peuplés de

châteaux de couloirs de corridors &

de vieux crimes et puis si ces gens

qui ne sont plus d'ici déclament du

Rimbaud des fois quand ça souffle &

siffle puis qu'il pleut tant tant &

tant tant tant tant TANT sur le tam

bour des choses tant et tant encore

qu'il souffle et siffle si fort que

l'on n'entend plus que sifflements.

 

5.

Des fois qu'on tournerait des mots

dans s'tête des mots qui aiguisent

des phrases comme si c'étaient les

grands couteaux de notre éloquence

 

6.

Le fantôme de la « fille à lèvre

d'orange » qui croise les genoux

« dans le clair déluge qui sourd

des prés » et qui hante le poème

« Enfance » de Rimbaud genre que

la pluie tomberait du sol et que

le temps serait remonté comme la

montre au poignet d'une morte là

pourtant et qui vous sourit tout

en ouvrant ses lèvres d'orange &

prononce quelques mots dont vous

ne saisissez pas du tout le sens

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 6 janvier 2016

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 01:01

PLAISANTE REUNION

 

MARRE DE CE CRAPAUD-LÀ

 

« Dans un coin, sur son dos, en secouant ses tresses »

(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

 

Pour chanteur solo et piano bref très précis.

 

Dent hein coin (d'la bouche) quoi? Carie bien

Sûr (j'ai une dent contre moi) sur ce bonsoir

 

Son dos ce piano où le laborieux pianiste han

Han han laboure des kilomètres de partoche oh

Ce cou han han han toujours plié toujours han

Han han elle la jolie elle en a marre s'en va

Ses jambes ses bras sa chemise sa lèvre et sa

Tresse filent vers l'ailleurs vu qu'elle en a

 

Très marre de ce crapaud-là oui très marre de

Ce crapaud-là oui très marre de ce crapaud-là

Lalalala lalalala lalalala la lalalala la la.

 

ET VOILÀ LE VER ZAZA

 

« Wer sagt Euch, daß ich scherze ? »

(Exemple de grammaire)

 

Ver Zaza je ne vous l'ai pas encore présenté

Gt Gt Gt fait-il les vers ça cause pas moult

Oïch oïch oïch j'aime comme ça signifie rien

Dasse! Dasse! ah oui je plaisante je scherze

Ich scherze Dasser c'est en parlant d'un ver

 

Dire qu'il danse ce ver qu'il danse nu comme

Un ver évidemment oh i danse sur la terre ce

Ver i se tortille dans la gadoue avant qu'la

Poule picori picorant cor du pain dur sur le

Mur de la chanson vienne l'engloutir i danse

Dasse dans la bouillasse jerke dans le beurk

I dasse et moi je plaisante je m'amuse et je

Ris comme un bouffon glissé dans un scherzo.

 

PLAISANTE REUNION

 

Plaisante réunion : ma grande copine Zut Miss

Foudre (celle dont du coup je) le ver Zaza et

Le bouffon Scherzo Zaza le grand ver Zaza oui

Souvent je l'invoque Qu'il se divise Qu'il se

Multiplie et leur flanque à tous les sagouins

Quelque bonne colique Quant aux politiques ah

Je leur réserve mon bouffon Scherzo oui qu'il

Leur botte les fesses et leur boute le nez et

Les patafiole Pour Miss Foudre qu'elle révèle

Féerie et mystère et ce sera là belle réunion

Quel recueil d'incongrus j'en pourrais tirer!

 

ON EST UN

 

On un dit-on qu'on dit d'ailleurs beaucoup

Qu'on est à être plein de dictons du genre

On sait qu'on ne sait rien qu'on fait avec

Et d'ailleurs avec des on hein ? Qu'est-ce

Qu'on en mettrait des si en bouteille même

Qu'on s'en soûlerait plus soif de on de si

Et de jamais plus je te le jure mon amour.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2015.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 01:30

SUR UN VIEIL AIR DE FRANCE ET UN VERS DE RIMBAUD

 

« En mangeant, j'écoutais l'horloge, - heureux et coi. »

(Rimbaud, « La Maline »)

 

A mettre en musique de chœur accompagné de

Bonnes bidouilleries électro-acousmatiques

Fort propres à étrangéïser tout ça tout en

Veillant à ce que ça ne traîne pas trop en

Longueur car rien de plus ennuyeux que les

Pièces expérimentales qui n'en finissent +

 

Donc :

 

En m'en en m'en en m'en foutant en mentant

En m'en en m'en foutant en mentant itou et

En pensant que le son an évoque le vent en

En m'en foutant vous dis-je j'en j'en j'en

J'entends le loup le renard et la belette

J'entends le loup et le renard chanter.

 

En m'en en m'en en m'en foutant en mentant

En m'en en m'en foutant j'ai coup dans mon

Nez sais-tu j'écoute et l'or loge heure oh

Mon heure quand viendras-tu Jeanne o scour

J'entends le loup le renard et la belette

J'entends le loup et le renard chanter.

 

En m'en en m'en en m'en foutant en mentant

M'entendez-vous l'or leurre loge et quoi ?

L'heure Laure d'où qu'elle est et moi suis

Coi et moi suis quoi filou m'entendez-vous

J'entends le loup le renard et la belette

J'entends le loup et le renard chanter.

 

En m'en en m'en en m'en foutant en mentant

L'or loge heureux et coi et ça vous ennuie

Tant qu'ça si j'suis si coi en écoutant le

Temps qui passe aussi de vieilles chansons

J'entends le loup le renard et la belette

J'entends le loup et le renard chanter.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2015

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 21:50

UN CAVALIER NOIR EST-IL PASSÉ ?

 

Un cavalier noir est-il passé des ombres sur
Son visage stries traits zébrures biffures &
Griffures sa face en est labourée constellée
Qu'on dirait bien qu'elle porte un masque sa
Face un masque de chair y a des gens ils ont
Ce genre énigmatique mystérieux des tombeaux
Des secrets des masques de chair qui passent
Entre vos bouches comme on passe entre nœuds
des vipères celles des trottoirs des rideaux
Dont la langue remue au rythme de la tête et
Comme foudre retenue au rythme de leurs yeux
fixes fixes fixxxxxxes je l'fais ici siffler
Le x de fixes car ça me fascine c't'image de
La tête de serpent se balançant lentement et
Prête à jaillir à vous enfoncer ses crochets
Pis t'es mort vignette de bande dessinée que
Vous me direz bin oui la bande dessinée v'là
Quelque chose qui me plaît la virtuosité des
Récits graphiques par exemple le dessinateur
Roosevelt prenez l'album « L'Horloge » voilà
Qui remet les pendules à l'heure non dans le
Genre magnifique du crayon bon juste pour le
Côté anecdotique il y a dans c'te Horloge la
Mention d'une «liqueur aux cornes de démons»
Cette démoniaque liqueur mon serpent de tout
A l'heure voilà qui me met dans le coeur une
Souvenance de musique à la The Residents une
Grincerie électro-acoustique & d'électriques
Guitares le maléfique balai à flanquer toute
Fée au feu très réel « pour essayer d'écrire
de nouvelles histoires » qu'elle dit dans la
Téloche la bouche « pour essayer d'écrire de
Nouvelles histoires » faudra faudrait qu'j'y
Songe que me dit ma tête coupée tout au fond
De mon verre.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 janvier 2015

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