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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 02:17

NOTES SUR LE SONNET DES VOYELLES A L'AUTRE ARTHUR LÀ

 

ARTHUR RIMBAUD : VOYELLES

 

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

 

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux,

 

O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

- Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! - »

 

(Arthur Rimbaud)

 

1.

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes »

(Arthur Rimbaud, « Voyelles »)

 

Arthur poète i comance par atribuer des couleurs au voyeles au A i balance le noir car qand on dit ah on ouvre la bouche et c'est tout noir.

 

Après Arthur dit le E il est tout blanc et c'est vrai que l’œuf au pluriel ça fait des E tout blancs comme le loup d'la phrase.

 

Le i pour Arthur il est tout rouge que c'est vrai que qand on chatouille une fille elle pousse des i i ih pis meme qele devient toute rouge

 

Et le U Arthur le voit vert, vert comme le roi Arthur dans son château d'Irlande qu'est toute verte aussi.

 

Ou alors U comme le rayon U, U comme le rayon vert, U comme le fer à cheval, U comme l'aimant et U donc mon âne de songe !

 

Le O à Arthur il est bleu, bleu come les ronds de fumée que dieu envoie dans le ciel qand il fume ses havanes dans une chanson à Gainsbourg.

 

Arthur i rêve des couleurs des voyeles, en imagine les « naissances latentes » on diré qu'les voyeles cé des papyons sortan d'la chrysalide.

 

Ou alors des langueurs fascinantes qu'les voyeles à not' belle langue françoise zauré mis des siècles à être si belles.

 

A être si belles que la langue c'est comme un miroir même qu'il serait pas muet qu'il est plein de choses à nous dire qu'on s'voit dedans.

 

2.

« A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre »

(Rimbaud)

 

Après Arthur i lui flanque au A un « noir corset velu des mouches éclatantes » qu'dans ma caboche j'la vois géante la reine des mouches.

 

Arthur c't'un génie il invente des sons (comme Jimi Hendrix) et voilà qu'du A s'envolent des mouches toutes bombinantes.

 

Les mouches du A font comme toutes les mouches et tournent autour des cadavres et des « puanteurs cruelles » que je vous laisse imaginer.

 

Arthur il est visionnaire il voit aussi des « golfes d'ombre » dans les A que moi j'y ajoute les bouches ouvertes sur des cris muets.

 

3.

« E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles »

(Rimbaud)

 

Avec le E Arthur nous jette du blanc aux yeux des « candeurs » des blancheurs vapeurs brumes fumées blanches et qui c'est-y qui fume ?

 

Je sais pas trop pourquoi Arthur associe « vapeurs » et « tentes », verrait-il du bivouac dans la vallée des syllabes ?

 

En tout cas, il le voit nordique le E, Arthur, droit comme un glacier, fier de même, levant la lance, sentinelle des « rois blancs »…

 

Les « rois blancs » d'on ne sait quel royaume oublié j'me songe avec des sagas longues comme des chevaleries fantômes…

 

On dirait quelque fantaisie pour un conte d'hiver genre le retour du chevalier tout spectre et gelé sur son cheval aux naseaux de vapeur.

 

Voyez l'tableau ? Des tentes, des lances, des rois, qu'à mon avis il se prépare quelque bataille dans la phrase que ça m'étonnerait pas.

 

Puis ça frissonne dans les sphères qu'elles font les petites fleurs, les « ombelles » qu'ça s'appelle petites sphères elles E nous os songeur.

 

4.

« I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes »

(Rimbaud)

 

Puis Arthur i pourpre les i, çafé sanglan cracha évidamant tandis que « les lèvres belles » rient si vif qon diré ma sœur à une plaisanteri.

 

Arthur i cinoche i fait du gros plan sur les « lèvres belles » et pis ouvertes et pis rieuses car Arthur il a l’œil qui détaille.

 

Arthur quand il écrit tout ça qu'est génial c't'un tout jeune homme quand même i pense aux lèvres belles aux filles aux corps non

 

Le i c'est le cri, çui d'colère ; par contre je pige pas l'épithète « pénitentes » qu'il flanque à « ivresse » qu'ça oxymore drôle non ?

 

Ducoup le i sûr qon l'imagine rouge du rouge de la grande dame rouge qui s'élève dans le couchan & don l’œil se lève & don l’œil se baisse.

 

Pis quele est droite come un i come une tour ou un dragon rouge que moi ça m'fait bizar l'expression dragon rouge pas beau pervers criminel.

 

5.

« U, cycles, vibrements divins des mers virides »

(Rimbaud)

 

Dans les « Voyelles » à Rimbaud, il y a un vers fabuleux qui me fait penser à la musique répétitive, aux sons cycliques des synthétiseurs.

 

C'est le rythme binaire du vers qui m'y fait penser au synthétiseur : « U cy - / - cles vi - / -brements / divins / des mers / virides ».

 

Avec ça qu'l'Arthur i vous met « vibrements » à la place de « vibrations » et du « v » et du « i » plein la séquence rythmique du vers.

 

Les « vibrements divins des mers virides » à Arthur, c'est du peint, c'est du médiumnique, c'est d'la vision moi j'dis façon art brut.

 

6.

« Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux »

(Rimbaud)

Aux cycles du U Arthur il flanque la « paix des pâtis semés d'animaux » que ça m'rappelle les vaches de la pochette d'un disque à Pink Floyd.

 

J'sais plus où dans Borges j'ai lu un vers évoquan la « paix des champs » ptetmem la grande paix des champs mais yavait pas d'vaches dedan.

 

Les vibrements d'la mer viride pis les pâtis à bestiaux c'est d'la nature qu'aussi il y a la pensée de la « paix des rides que l'alchimie ».

 

C'est que l'alchimie les grands secrets la pierre philosophale et tout ça ça fait étudier les « fronts » qu'ils en sont tout « studieux ».

 

La « paix des rides » & le son U on voit pas trop le raport que j'aibo m'rider le front & pousser des Uh Uh qu'j'en ai pas l'air plus malin.

 

L'alchimie qui « imprime » c'est bien vu ça qu'on pense à des grimoires à des laboratoires secrets et des arcanes et des cabalistiques.

 

Je crois bien que dans tout ce fatras philosophal il y a le mot cornue non que ça sonne en U qu'il est peut-être là le rapport mais bof.

 

7.

« O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges »

(Rimbaud)

 

Arthur il consacre un second tercet tout entier au O qui fait comme un cercle qui lui évoque du « Suprême Clairon » à « strideurs étranges ».

 

C'est marrant comme il aimait trouver des sons Arthur, « bombiner », « vibrements », « strideurs », qu'on dirait qu'il joue d'la langue comme Jimi Hendrix jouait de la guitare électrique en la faisant bombiner sa pleine de vibrements aussi strider étrange.

 

Le O c'est ossi une porte qu'Arthur i dit come ça qu'des « Mondes et des Anges » la traversen et moi j'dis come nous traversent les spectres.

 

Ça fait pas un pli que les spectres nous traversent qu'à chaque instant ils nous emportent un petit bout de nous qu'on finit tout émietté.

 

8.

« - Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! - »

(Rimbaud)

 

Le sonnet des Voyelles Arthur il le termine en évoquant on ne sait qui qui aurait du « rayon violet » plein les mirettes c'est mystérieux.

 

C'est vrai qu'avec des O on peut figurer une face, une bouche, des yeux et puis la boucle du temps serpent qui se mord la queue.

 

Le serpent qui se mord la queue qu'ça fait cercle du temps l’Ouroboros qu'il s'appelle mais qu'il jouât du Clairon voilà qu'est curieux.

 

Le sonnet des voyelles i commence par le A de l'alpha puis il se termine par le O de l'oméga que ça fait tout de même bien grec tout ça bizarre.

 

Arthur flanque à la fin d'la majuscule partout au « Suprême Clairon » aux « Mondes » aux « Anges » à « l'Oméga » & à « Ses Yeux » d'on n'sait.

 

Tout ce majuscule à la fin des « Voyelles » et la personnification « Ses Yeux » ça fait genre qu'il y a soudain dans le réel plein d'esprits.

 

Ses « Voyelles » à Arthur ce sont des charmes ; elles sont pas seulement toutes en couleurs qu'elles déversent des esprits plein le réel.

 

Du coup je songe que la langue est pleine de dieux ; écoutez comme ils jaillissent si bavards de nos bouches.

 

Ou alors la langue est comme un immense poisson dont on ouvre le ventre pour en faire jaillir une infinité de poissons de toute taille et de toute férocité.

 

Je ne dirai pas que la langue est pleine de dieux qui jaillissent comme des diables de leur boîte car il n'est pas vrai que tout ce que nous disons est diablerie.

 

Je ne dirai pas non plus que la langue pond des dieux que ça nous ferait la bouche en cul de poule mais que tous nos dieux ne soient pas autre chose que des mots communs, des syllabes, des phonèmes, ça ne m'étonnerait pas plus.

 

Les dieux ne sont pas autre chose que leur nom.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2016.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 10:26

LA POESIE C'EST D'LA PROSOPOPEE

 

1.
« La tempête a béni mes éveils maritimes »

(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

 

La tempête c't'une évêque elle bénit dans son grand habit bleu et d'écume pis dans la cathédrale du ciel tourmenté.

 

2.

« Banc vert où chante au paradis d'orage,

Sur la guitare la blanche Irlandaise. »

(Rimbaud, « Plates-bandes d'amarantes... »)

 

Me demande si le mot paradis ici c'est pas du théâtre, là où on verrait un plafond peint d'une pâle rousse à guitare et banc vert.

 

Rimbaud au théâtre, au poulailler, au paradis, l’œil au plafond tandis qu'en bas sur la scène le drame déroule l'orage de ses cadences.

 

3.

« Chevauchent lentement leurs pâles coursiers ! »

(Rimbaud, « Michel et Christine »)

 

L'adverbe ralentit la course, la fantôme, la spectralise, que moi les j'vois bien, qu'c'est cheval pâle et chevalier d'autre temps.

 

Je les vois avec mes yeux dedans ma tête entre les arbres et les brumes chevaucher lentement si lentement qu'ils en sont comme peints.

 

4.

« Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies »

(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

 

Le genre de couloirs ça « aux tentures moisies » où l'on s'attendrait à croiser la jeune fille à la découverte du monde caché du pensionnat.

 

5.

« Les flots au loin roulant leurs frissons de flots de volets ! »

(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

 

Bin oui, c'est comme ça, l'Père Océan tous les soirs i baisse les volets qu'il ferme la boutique d'l'horizon.

 

6.

« J'ensevelis les morts dans mon ventre. »

(Rimbaud, « Une Saison en enfer »)

 

C'est l'réel, ça, il est comme ça, le réel, i bouffe tout le réel, il cadavérise tout c'qui bouge et l'ensevelit dans l'insondable d'ses plis.

 

7.

La poésie, c'est une prosopopée : l'auteur fait parler cet objet, l'autre-là dans la langue.

 

Je me demande quand on fait parler les esprits, c'est de la prosopopée ou de la métonymie.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 septembre 2016.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 15:56

NOTES BREVES SUR L'ETERNITE A RIMBAUD

 

« L'ÉTERNITE

 

Elle est retrouvée.

Quoi ? - l’Éternité.

C'est la mer allée

Avec le soleil.

 

Âme sentinelle,

Murmurons l'aveu

De la nuit si nulle

Et du jour en feu.

 

Des humains suffrages,

Des communs élans,

Là tu te dégages

Et voles selon.

 

Puisque de vous seules,

Braises de satin,

Le Devoir s'exhale

Sans qu'on dise : enfin.

 

Là pas d'espérance,

Nul orietur.

Science avec patience,

Le supplice est sûr.

 

Elle est retrouvée.

Quoi ? - l'éternité.

C'est la mer allée

Avec le soleil. »

 

(Arthur Rimbaud)

 

1.

Dans Rimbaud, l'Eternité, paraît qu'on la retrouve qu'ça m'étonne qu'on l'ait perdue que chaipas c'que ça veut dire de perdre l'Eternité.

 

2.

Admettons l'Eternité perdue paumée, mais d'où qu'elle est, médouk ? mais d'où qu'elle est, médouk ? qu'en tournant en rond on médite.

 

3.

Mais d'où qu'elle est l'Eternité qu'on s'dit qu'elle est peut-être dans la poche de l'infini avec tous les mystères et les boules de gomme.

 

4.

En tout cas, le narrateur à l'Eternité r'trouvée, il a l'air d'annoncer une bonne nouvelle genre « Christ est revenu » ou « J'ai eu mon bac ».

 

5.

Il s'exclame pas d'ailleurs (y a pas de point de) posément qu'il dit ça au monde à qui il cause qui lui demande Quoi qu'esse d'artrouvé ?

 

6.

Rimbaud écrit que l'Eternité « C'est la mer allée / Avec le soleil » qu'sans blague ça fait chromo peinture à vaches des dimanches.

 

7.

Le dimanche, les peintures se couvrent de prés et de vaches que moi j'me dis qu'elles nous regardent mélancoliquement manger le rosbif.

 

8.

Notons qu'heureusement Rimbaud fait dans le sobre que de la « mer allée avec le soleil » Victor Hugo aurait tiré d'l'alexandrin au kilomètre.

 

9.

Dans l'Eternité à Arthur, y a qu'la mer et le soleil; qu'y passe un ferry plein d'bipèdes à blablas et ça fait déjà moins éternel.

 

10.

Rimbaud dans l'Eternité, il parle aussi d'âme « sentinelle » qu'on se demande ce qu'elle peut bien garder donc l'âme comme secret.

 

11.

Qu'à mon avis le grand secret qu'elle garde l'âme « sentinelle », c'est qu'elle existe pas.

 

12.

Que si ça se trouve le grand secret de l'être, c'est qu'il existe pas et que son nom est personne et qu'il nous prend pour des Cyclopes.

 

13.

Arthur il impérative « Murmurons l'aveu » que ça doit être un truc de difficile à avouer qu'à mon avis il sait pas lui-même koikssé.

 

14.

Du coup il nous fait l'coup d'la « nuit si nulle » (bin oui on voit rien) et du « jour en feu » que moi ça m'fait penser à du poulet rôti.

 

15.

« la nuit si nulle » l'a qu'à dormir aussi i verra des trucs passer sous ses paupières au lieu d'chaipas quoi qu'il machinait l'halluciné.

 

16.

Sinon, y a le « jour en feu » que j'y vois moi dans l'cercle là-haut des percussions de cymbales frémissantes et le son lointain d'un gong.

 

17.

Par ailleurs, Gong c'est le nom d'un groupe de rock psychédélique avec plein d'sonores bizarreries percuto-électriques dedans.

 

18.

Pis après y a les « humains suffrages » et les « communs élans » dont on s'dégage cause qu'c'est rien que politique et manipuleries.

 

19.

Après solo qu'on « vole selon » (c'est comme ça qu'Arthur est allé la chercher loin sa vie socio-professionnelle et l'cassoulet du quotidien).

 

20.

Vous me direz le cassoulet en Abyssinie ça doit pas courir les rues que de toute façon un cassoulet ça court pas (ça monte même pas à vélo).

 

21.

« Et tu voles selon » qu'il écrit Arthur qu'on s'l'imagine en gros noir cuicui dans les airs avec sa pipe et ses cheveux d'apache.

 

22.

« Et tu voles selon » que si on l'imagine revenu au christ, s'voyou voyant d'Arthur, apparemment qu'il renonce pas à son libre-arbitre.

 

23.

Dans Rimbaud, le « Devoir » des fois i prend une majuscule qu'on sait même plus si c'est ironique ou s'il avait fini par y croire ô zigoto !

 

24.

« L'Eternité » c'est l'genre de poème qu'les rimbaldiseurs qui ont suivi se sont permis d'la poésie crotte de bique qu'on comprend pas qu'on s'en fiche.

 

25

Dans l'Eternité à Rimb', le « Devoir » s'exhale des « braises de satin » qu'j'ai beau cogiter j'pige pas mais c'est pas grave hein docteur ?

 

26.

Les « braises de satin » dont i cause Arthur, c'est peut-être les escarbilles des poèmes qu'il a si ça s'trouve autodafés himself cause savait plus quoi en faire.

 

27.

« braises de satin »: du blanc donc, peut-être l'écume de la « mer allée avec le soleil » qui a l'air de flammes (on dirait une apparition).

 

28.

Arthur, de ces « braises de satin » i fait « s'exhaler le Devoir » genre qu'il respire je ne sais quoi comme fumée qu'ça l'hallucine.

 

29.

« Le Devoir s'exhale / Sans qu'on dise : enfin » qu'il dit Arthur (l'a l'air de pas vouloir qu'on pige s'qu'il a pas l'air de piger non plus).

 

30.

Que quand Rimbaud dit « Le Devoir s'exhale / Sans qu'on dise : enfin », i dit peut-être qu'on a à attendre aucun salut ailleurs qu'ici-bas.

 

31.

C'est pas la peine de dire « Je suis sauvé » que tout étant matière, on n'est pas plus sauvé que chou, chien, chat ou Empereur de Chine.

 

32.

Rimbaud des fois i faisait dans l'hermétique que c'est là qu'on range ses idées pour pas les retrouver.

 

33.

La très-chrétienne « espérance » en tout cas il la voit pas le narrant rimbaldien il la voit pas « là » que « là » c'est où ici à c't'heure ?

 

34.

Après, le monde, il est toudis plein de là, de là-bas, d'ici, d'ici-bas, et d'ailleurs de tous côtés qui s'mélangent pinceaux et nougats.

 

35.

L'en retrouve son latin l'apôtre i dit « nul orietur » Paraît qu'ça veut dire « il se lèvera » mais comme y en a nul il restera couché donc.

 

36.

Après comme « science » rime avec « patience » (tant de trucs à apprendre) c'est sûr qu'le « supplice est sûr » et qu'i faut toujours bachoter.

 

37.

La science, si c'est le savoir, est-ce que quand on saura quoi qu'esse tout ça qu'on vit, sera-t-on plus heureux ou sera-t-on tout dégoûté ?

 

38.

Si on sait quoi qu'esse tout ça qu'on vit qu'on finira pas cracher dans la soupe de l'être (que dedans y a p't'être bien une tête de bouc).

 

39.

Rimbaud i finit son poème « L'Eternité » comme il l'avait commencé (mêmes mots) façon ouroboros cercle du temps qu'en finit pas de revenir.

 

40

Dans la 1ère strophe de « L'Éternité » Rimbaud met une majuscule à « l'Éternité » que dans la dernière strophe y en a pas de majuscule à « l'éternité » comme si déjà il s'était habitué et que si c'est qu'ça, autant en finir avec « l'éternité », et c'est pour ça qu'le poème i finit là.

 

41.

Conclusion : le poème « L'Eternité » de Rimbaud il est pas trop long ce qui est bien passqu'en vérité moi j'préfère San-Antonio.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 juillet 2016.

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 14:43

NE SAIS OU VAIS MAIS TOUT DE MEME

 

Notes sur « Sensation », d'Arthur Rimbaud

 

Préambule

 

Monsieur le Doien de la Faculté,

 

vous nous avez donné à comanter « Sensation », de Arthur Rimbaud, que je dis déjà que je l'ai pas trouvé sensationnant ce poeme que la seule chose qui fait genre sensation c'est que d'habitude vous nous donné au moins quarante-cinq lignes de Balzac (quand ce n'est pas cinquante) sans parlé de votre collègue là qui nous en donne treize a la douzaine de pages de lingouistique a Chomsky que je sais toujours pas de quel film il parle au juste, donc dont acte que la on a que deux quatrins.

En outre, comme vous nous avez autorisez a comanter sous forme de notes, les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures avez-vous murmurez dans votre moustache que moi j'ai entendu quen meme, j'ai donc fait le travail eguezigé mes dans l'espoir d'une réponse favorable, je tiens à vous précisez, Monsieur le Doien de la Faculté, que si ça navet pas été sous forme de notes, je l'aurez sans doute pas fait le travail car je ne sais pas si vous savez que normaleman on est en grève a cause de la « loi travail » qu'il y a deja deux mots de trop qu'en conséquence, je vous prie de bien vouloir agreer l'expression de ma plus hautte considération.

 

Poste Script-homme :

Je sais que je n'ai pas besoin de signez, puisque vous m'avé tan de foi déjà fait l'honeur de m'assuré que vous me reconaissiez imédiattement le style (je vous cite de mémoire).

 

« Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, - heureux comme avec une femme. »

 

(Arthur Rimbaud, « Sensation »)

 

 

1.

Le narrant rimbaldien parle de « soirs bleus d'été » donc il est déjà tard parsque l'été fait jour tard qu'on traîne encore dans les rues.

 

2.

Le narrant rimbaldien i dit aussi « j'irai dans les sentiers » come il met au pluriel on sait pas quel sentier genre ne sais où vais-je.

 

3.

Rimbaud, c'était un ne sais où vais-je c'est pour ça qu'il a fini « loin, bien loin, comme un bohémien ».

 

4.

Pourtant il dit « picoté par les blés » c'est qu'il sait quand même qu'il coupe à travers champs pour aller où il va.

 

5.

Puis il va « fouler l'herbe menue », pourquoi « l'herbe menue » je sais pas car ça se dit pas « l'herbe menue » en touca j'ai jamé entendu.

 

5.

Il dit il sera « rêveur » on s'en doute car les poètes c'est souvan rêveur sauf le farmacien qui écrit des poèmes et gagne des sous.

 

6.

I risque d'ete malate car i di « J'en sentirai la fraîcheur à mes pieds » or par les pieds vient tout le mal qu'on est tout fiévreu apres.

 

7.

D'autant qu'i dit « Je laisserai le vent baigner ma tête nue » qu'à mon avis i va prendre froid de la métaphore.

 

8.

Il dit « je ne parlerai pas, je ne penserai rien » D'un côté il va pas parlé tout seul non plus qu'on le prendra pour un fou dans la nature.

 

9.

Il dit « Je ne penserai rien » il doit se vanté passque moi tout seul à pied toudis je pense a Nina qui est gentile et joflue come un ange.

 

10.

Il dit « Je ne penserai rien » déjà qu'il ne va pas parler non plus qu'il va ressembler à un paumé ou un étrangé ou un choqué d'la vie.

 

11.

Il parle de « l'amour infini » c'est beau qu'on diré une chanson mes moi ça me fée rire parcque l'infini céssqu'on dit quen on sait pas.

 

12.

Et quen il dit « l'amour infini me montera dans l'âme » : l'âme je sais pas ce que c'est qu'il veut dire son cœur mais c'est pour les rimes.

 

13.

« l'âme » il a mis ça pour la rime ce qui le prouve c'est que ça rime avec « femme » s'il avait mis cœur ça rimerait avec sœur.

 

14.

En touca il dit déja qu'il va allé « loin, bien loin » et ça c'est vrai passque Rimbaud il a fini taileman loin que moi j'ai oublié où.

 

15.

Par contre je sais pas pourquoi il se compare a un bohémien car il venait pas de Bohémie Arthur Rimbaud venait de Charleville-Mézières.

 

16.

Quand on se compare faut fere atention a quoi car moi je me comparera pas come Rimbaud a un bohemien plutot a un footballeur de jeu video.

 

17.

Je précise « de jeu video » parsque le foot c'est de plus en plus fatiguant rapport a ce que les joueurs d'avant étaient plus jeunes que nous puisque nés avant nous, donc ils étaient plus jeunes, plus résistants, ce qui est logique.

 

18.

C'est come si je comparera les profs à des boufons qu'i y en a qu'i disent ça boufon le prof mes je suis pas prof alor qui sait le boufon ?

 

19.

Peut-être c'est parsqu'il voulu vandre come un gitan à fer la manche qu'il a écri « comme un bohémien » loin pour pas qu'on le reconaisse.

 

20.

Il dit il sera « heureux comme avec une femme », s'il ut-écrit heureux comme avec le Christ Claudel en auré tout bandi-banda de bonne heure.

 

21.

En tout cas, ça prouve que l'Arthur, il aimait les femmes aussi, ou alors il mentait livresque (comme tout le monde).

 

22.

A mon avis com je le voi le narant rimbaldien il a du finir dans le déser ou un pays qu'y avait pas trop de monde pour le faire suer.

 

23.

Ça a du le changer Rimbaud le déser avec le soleil et le tout sable que lui c'étai la flache les bois noirs la neiche en Ardenne taiseuse.

 

24.

En abysseinie qu'il a été rimbaud là où y a des chats abysseins peut-être il a vendu des chats a des gens a paris qu'avaient pas d'enfants.

 

Ça m'ai revenu com ça « Rimbaud en Abysseinie » : je l'ai entendu dans un jeu à la noix et à la radio.

 

25.

A l'époque dans le deser y avait pas daech alors qu'à coté de la France y avait les boches mes je sais pas si on les appelé deja com ça.

 

26.

Surement pour Rimbaud ça valait mieu les chamo que les boches qu'on dit méchants et tout noirs de Prusse a cheval et avec des lances.

 

27.

Quen ele débouche une boutel de vin ma granmère ele dit Encore une que les Prussiens nauront pas et elle rigole qu'on lui voi plus les dents

 

28.

Ils avaient aussi, les boches de Prusse, de grands canons qu'avec ils ont bombardié Paris que les gens ont bouffé tout le zoo.

 

Je dis « bouffé » (et pas mangé) passque c'est com ça qu'on dit pour les animau.

 

29.

Je diça mes au college y avait Hans ses parents sont de bochie qu'on diré des allemans mes sans chval ni lance ils vote grune ça veu dire vert

 

30.

Les parents a Hans sont gentis mangent des saucisses et boivent du café comedan Derrick mais pas très catholiques car ils sont protestants.

 

31.

Avec touça je crois que je suis horsujet bah tanpis c'est rigolant faut dire skié.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 juin 2016.

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 07:35

CE MONSIEUR NE SAIT CE QU'IL FAIT

 

1.

« N'est-ce pas parce que nous cultivons la brume ! »

(Rimbaud, « Une saison en enfer », « L'impossible »)

 

« cultiver la brume », pour y faire pousser des spectres, je suppose.

 

2.

« Par quel crime, par quelle erreur, ai-je mérité ma faiblesse actuelle ? »

(Rimbaud, « Une saison en enfer », « Matin »)

 

C'qu'on en mérite des fois des gifles de l'invisible ! Heureusement, y a qu'lui qui nous voit, avec, bien sûr, le singe sur notre épaule. 

 

3.

« Je vois que la nature n'est qu'un spectacle de bonté. »

(Rimbaud, « Une saison en enfer », « Mauvais sang » [le narrateur])

 

Et c'est donc avec une infinie bonté que le loup égorge l'agneau.

 

4.

« Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée

Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus »

(Rimbaud, « Soleil et chair », IV)

 

Peinte la légendaire, sirène pâleur dorée vibraphone, illustration pour disque de jazz, lunaire à cheveux bleus, héroïne de bande dessinée.

 

5.

« A quelque fête de nuit dans une cité du Nord j'ai rencontré toutes les femmes des anciens peintres. »

(Rimbaud, « Vies », III)

 

Lampions bleu grotesque des figures paisibles géants dansant comme des ours fifres tambours, les belles se sont évadées des tableaux.

 

6.

« Je répondais en ricanant à ce satanique docteur, et finissais par gagner la fenêtre. »

(Rimbaud, « Vagabonds »)

 

On dirait une phrase d'un roman populaire, les paroles d'un être de brume circulant dans quelque laboratoire à mystères…

 

7.

« L'éclat de ces mains amoureuses

Tourne le crâne des brebis ! »

(Rimbaud, « Les mains de Jeanne-Marie »)

 

Anneau d'or, feu, pierre précieuse, fascinante à aimanter les regards des jeunes filles passant dans la rue, là-bas, dans le passé.

 

8.

« - Vois les images, les fleurs.

Nous rentrons du cimetière. »

(Rimbaud, « Comédie de la soif »)

 

Allons voir nos morts, nous sommes bien beaux, c'est le jour des morts, des images et des fleurs.

 

9.

« Ce monsieur ne sait ce qu'il fait : il est un ange. Cette famille est une nichée de chiens. »

(Rimbaud, « Une saison en enfer » « Délires II »)

 

Plusieurs vies, plusieurs autres, c'est qu'il pleut des pluriels ; nous sommes en crue.

 

10.

Parfois j'ai l'impression qu'il y a quelqu'un. Je me retourne et en effet, il y a quelqu'un, mais je ne le vois pas.

 

11.

« Je devins un opéra fabuleux : je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur »

(Rimbaud, « Une saison en enfer », « Délires II »)

 

Sans doute qu'en nos caboches fermentent des opéras fabuleux, des drames très-antiques, dont nous ne parviennent jamais que quelques bribes.

 

12.

Les recueils de poésie : des répliques échangées par des invisibles dans une langue que nous croyons comprendre.

 

13.

Avec nos têtes d'à-quoi-bon, nous sommes les passants du si maintenant.

 

14.

« La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe. »

(Rimbaud, « Une saison en enfer », « Délires II »)

 

Une verrerie livrée aux araignées, aux fantômes sans témoins, aux carreaux sales, au vent dans la cour qui va et vient en maître.

 

15.

« Pour l'enfance d'Hélène frissonnèrent les fourrures et les ombres »

(Rimbaud, « Fairy »)

 

Les grands « f » frémissants poussent tout au long des phrases, soufflent le froid, sèment des frissons dans les ombres et les fourrures.

 

16.

« Chien noir, brun pasteur dont le manteau s'engouffre »

(Rimbaud, « Michel et Christine »)

 

Le monde, quelle gueulerie ! Chenil à dogmes ! Universel ouah-ouah ! Dans le vent, les chiens ! Et Jeanne, et Jean, tous nos déserts !

 

17.

« Des cortèges de Mabs en robes rousses, opalines, montent des ravines. »

(Rimbaud, « Villes », II)

 

Par quel jeu de miroirs, Mab, la reine des fées, se voit-elle ainsi démultipliée ?

 

18.

Nous croyons les choisir, et ce sont pourtant les portes qui nous choisissent, avec leur œil à la serrure.

 

19.

« l'ombrelle

aux doigts ; foulant l'ombelle ; trop fière pour elle ;

des enfants lisant dans la verdure fleurie »

(Rimbaud, « Mémoire », III)

 

Dans la prairie, l'ombrelle, et elle qui court après, dans la verdure toute fleurie, la jeune fille.

 

20.

« Ainsi, toujours, vers l'azur noir

Où tremble la mer des topazes »

(Rimbaud, « Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs »)

 

Azur noir, flot brillant, y neigent en harpes brisures de colliers de perles, qu'ça vire mer des topazes, fête des lys.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 28 mars 2016

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 12:49

PIS RÊVASSEUR  

1.
Route : reprise qu'un jour y en a plus, ni route, ni nous.

2.
Livre : celui du « devoir » (Rimbaud) vu, lu, su, jeté, retrouvé dit-on, bien plus tard, après le passage de la comète.

3.
Lui là, l'homme aux vers nouveaux… les sifflait-elle, son araignée, ces chansons au fil du chemin bizarres assez pour fasciner  ?

4.
Lueurs : paupières, brillances, cristal jeté, ville, couleurs en miettes, place du théâtre, illuminations.

5.
Rêve : mauvais qu'on en a le goût des fois, jument d'la nuit aux lucarnes agitées de silhouettes, noirs filons des songes, sorcellerie, froide prairie, y paissent des vaches, y passent des morts.

6.
« Aveugle irréveillée aux immenses prunelles »
(Rimbaud)

Aveugle on pige rien on l'a
Irréveillée la cervelle
Aux cieux on jette des regards comme quoi i fait de plus en plus chaud

    les cieux i sont
Immenses et plein d'infinis qui se bousculent nous nos
Prunelles sont petites si petites trop petites oui mais ce sont nos prunelles on y  tient. En français, on a l'expression « y tenir comme à la prunelle de ses yeux » ; le reste, c'est que le réel ; il nous regarde, et pas avec les yeux de Chimène.

7.
« Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur »
(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

L'immense bouché soudain par un pan de briques rouges.

Moi quel son à la basse alors
Qui qui c'est-y qu'ce moi-là quand j'les
Trouais mes poches mes chaussures mes chemises J'étos tout trous & co alors.

Le temps les a mâchées je zieute le
Ciel il est tout
Rougeoyant plein sa face on dirait un visage

Comme de la neige le visage comme de la neige sur laquelle se fige le sang
Un sang de bête morte par-dessus le
Mur un enfant regarde le capitaine et sa bête décapitée.

8.
« Surtout, vaincu, stupide, il était entêté »
(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

Surtout, un deux, surtout, trois quatre,
Vaincu, vaincu, vaincu oh quelle marche
Stupide je me marmonne en marchant

Il était entêté qu'il écrit Arthur il
Etait entêté cornu dans l'dedans
Entêté pou puis allitératif en diable, rythmique.

9.
« Les prés remontent aux hameaux sans coqs, sans enclumes. »
(Rimbaud, « Enfance »)

Les chevaliers sans doute ont passé par ces
Prés et bien des morts encore Regardez ils
Remontent aux fantômes de leurs murs

Aux vieux murs croulés des
Hameaux ils traînent leurs âmes les morts
Sans chant du sans gaulois ni tout crus les
Coqs ni cloches ni diable

Sans plus rien dans les hameaux ni
Enclumes ni chasse au perdreau ni pendu le bedeau ils s'ennuient à cent sous l'âme se tournent les morts les pouces des prés.

10.
« Mille Rêves en moi font de douces brûlures »
(Rimbaud, « Oraison du soir »)

Mille et une nuits c'est long non ? Mille et un
Rêves tout un univers virtuel qui finit en têtes coupées.

En moi –  sac d'organes cœur chiqueur narrateur pis rêvasseur -
Moi comme si écrire c'était rêver quand même qu'on est éveillé.

Font quoi ces Mille Rêves font
De la soupe aux visages de
Douces réminiscences (ô amies) aussi des
Brûlures passé, neige, blessures.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 février 2016.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 14:37

A SE RONGER LE CHIEN

 

1.

« Je n'en finirais pas de me revoir dans ce passé. Mais toujours seul ; sans famille ; même quelle langue parlais-je ? »

(Rimbaud, « Mauvais sang »)

 

2.

Et si le passé était ce

miroir où lire tous nos

faits et gestes écouter

nos voix débiter toutes

sottises qui la tissent

l'Histoire et nous font

zieuter touci-touça com

au cinoche l'étoffe des

héros les dynasties les

princes les consorts et

les coups du sort aussi

tous les ressorts qu'on

nous explique qu'on les

met à jour qu'on dit on

joue les héritiers nous

si fiers de ce que nous

ne sommes pas & n'avons

jamais été que dans les

discours des démagogues

 

3.

« nous n'aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini »

(Rimbaud, « Lettre à Georges Izambard du 13 mai 1871 »)

 

4.

Ah sans doute nous les

balayons squelettes et

millions de squelettes

puis qu'on les flanque

sous le tapis aux cent

mille détails épatants

croustillants bizarres

qu'y en a tant partout

qu'on en trouverait en

nos placards d'ceusses

là de squelettes morts

glorieux cadavérés des

à casque à pointe puis

des à bicorne tricorne

embrigadés porteurs de

cornes fantassin foutu

légionnaire mercenaire

& légions fantômes des

éviscérés de jadis fou

de guerre chien & loup

uhlan hululant sous la

lune piétaille taillée

piétinée en pièces les

millions massacrés les

torturés les noyés les

pendus les brûlés vifs

enterrés vivants & les

roués vifs & décapités

égorgés éventrés gazés

tous ceux qui font ces

infinis d'misère et de

cimetières même que ça

s'appelle l'Histoire.

 

5.

« Et comme il savourait surtout les sombres choses,

Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes »

(Rimbaud, « Les poètes de sept ans »)

 

6.

Je ne peux voir passer

des crânes sans penser

que dedans il y a bien

de sombres choses sans

doute très sombres ces

choses Je ne peux voir

passer des crânes sans

penser qu'il est assez

sûr qu'ils pensent ces

crânes qui passent que

dans l'crâne à mézigue

de sombres choses il y

a de sombres choses

 

7.

« Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse !

Belzebuth enragé racle ses violons ! »

(Rimbaud, « Bal des pendus »)

 

8.

J'aime bien c'qu'on croit

entendre dans les vers de

Rimbaud hops des timbales

à sourd tonnerre du piano

à déglingue hennissements

cymbales frottements d'os

froissements d'squelettes

s'emmêlant les tibias que

ce sombre tohu-bohu-là ce

bal des pendus koik'c'est

est-ce bataille ou brisée

java cassé tango ou valse

déchirée à tous les vents

la danse à tous les vents

au son qui rage racle des

violons à Belzebuth.

 

9.

« Seigneur, quand froide est la prairie,

Quand dans les hameaux abattus,

Les longs angelus se sont tus... »

(Rimbaud, « Les corbeaux »)

 

10.

Des fois chez moi i fait froid

si froid que je songe qu'il va

arriver l'en armure tout en os

& son épée rouillée tout en os

aussi son cheval et tout en os

le temps qui me ronge le chien

 

11.

Seigneur, quand froide elle

est la prairie et que vieux

airs de jadis j'écoute tous

ces airs à amants affolés &

chevaux que l'on mène boire

ces airs de dame lombarde &

de bacheliers ensorcelés il

me semble que le temps mort

depuis longtemps il remonte

le temps avec lui la nausée

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 janvier 2016

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 17:57

MARINE CRUELLE

 

1.

Barbare, antique comme, langue du dehors, tordant les bouches grotesques des cauchemars, masques et rituels, dévotions au cœur de la mêlée.

 

2.

« Barbare », titre d'une prose de Rimbaud. Les « Illuminations » ? Des proses barbares, des messages de Horla.

 

3.

Qu'on en a, du rire dans nos rides. Le rire, une manière de tirer l'être par la langue.

 

4.

Ô Apocalypse ! La mer déchirée se délivrant les entrailles de ses poissons monstres, de ses sirènes affamées.

 

5.

Que le lointain reste lointain est un vœu pieu ; il se multiplie, le lointain, s'infiltre, s'insinue, influence et convertit.

 

6.

« Remis des vieilles fanfares d'héroïsme – qui nous attaquent encore le cœur et la tête – loin des anciens assassins - »

(Rimbaud, « Barbare »)

 

7.

« fanfares d'héroïsme » : c'est à ce son qu'on verse le sang.

 

8.

« Assassins » : pas si anciens que ça, mon cher Arthur ; et même tragiquement présents, les assassins.

 

9.

« Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays»

(Rimbaud, «Barbare »)

 

10.

Y en a qui courent« les jours et les saisons », « les êtres et les pays », pour finir tout de même dans le « bien après » et l'au-delà.

 

11.

« Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas) »

(Rimbaud, « Barbare »)

 

12.

Songer vieille marine de lointain et ce qui n'existe pas plus que « fleur arctique » et morale en politique.

 

13.

Loin loin entends-tu C'est la sirène qui ouine loin loin

Et pourquoi qu'elle ouine loin loin la sirène

N'a-t-elle plus aucun marin

Pour s'occuper les crocs

Et apaiser sa faim

 

14.

Qu'on va dedans l'pleuvant, et pis dessous qu'on traverse, dodelinant d'la rêverie, tandis que partout ça flique floque et flaque.

 

15.

« Oh ! Le pavillon en viande saignante »

(Rimbaud, « Barbare »)

 

Poésie d'abattoir.

 

16.

Les humains, c'est avec une lyre bien ruisselante de sentiments, ou alors très grasse, et salace, qu'on leur appâte le groin.

 

17.

Des fois j'aimerais écrire dans une langue barbare, une langue que je ne comprendrais jamais tout à fait.

 

18.

Marine cruelle, fumées, viandes saignantes, noyés, jets de vapeur, éventrations, se hisse, au loin ces cris, ces neiges qui crissent, ces rocs de glace qui se fendent, se brisent, égorgent les coques, se hérissent de corps démembrés.

 

19.

Son, sang, serpent, langue des envoûtements, des tables rases, l'humain vomit l'humain.

 

20.

Comme quoi ça s'rait pas autre chose que de la gestion de la déjection, de l'administration du rejet.

 

21.

« Ô Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant. »

(Rimbaud, « Barbare »)

 

22.

Flotter des yeux, comme si on avait du lointain plein les mirettes, ou de la déception.

 

23.

Malraux ou pas, celui qui a prédit que « le XXIème siècle serait religieux ou ne serait pas » a eu terriblement raison.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 décembre 2015

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 10:09

OUF VOUS REVOILÀ MON PRINCE MON RIRE !

1.
La musique parfois sonne comme une menace ; flûte lançant l'aigreur de ses cris, sabots de chevaux.

2.
Les vieux sangliers ont la chair trop dure, et les énigmes ne se laissent pas si facilement saisir.

3.
Le vieux roi vêtu de blanc a fait un rêve ; et les voix cachées dans le vent ont couru son esprit.

4.
De l'infini des querelles jaillissent toujours des voix empoisonnées et des pluies de flèches.

5.
La musique sonne parfois comme une bataille ; toute une armée jaillissant des percussions et des voix.

6.
Ah je préfère les flonflons savants des opérettes et qu'en jaillisse la bouffonne armée d'un général Boum-Boum Badaboum !

7.
« L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance »
(Rimbaud, « Mémoire »)

Le petit éclat que fait l'adjectif « claire », quand on fait sonner ces deux syllabes : « l'eau claire ».

8.
« L'assaut au soleil »
(Rimbaud)

Assiégeant le soleil, ils cherchent cette vérité qui finit par les aveugler et ils se battent avec des yeux morts.

9.
Rimbaud. Aucun regret on suppose Qu'en sait-on, refus du toujours fixe, « l'assaut au soleil », l'écho des « roses » dans les « roseaux ».

10.
Rimbaud. « l'heure nouvelle « , montres en flammes, l'enfer C'est quoi, cette « saison » ? « jours noirs » et « parade mauvaisement ».

11.
L'art éternel, quelle blague ! L'humain finit toujours par lui cracher dessus, à l'éternité.

12.
Rimbaud. Comment ça, « science avec pas science, le supplice machin... » ?

13.
Rimbaud. « tourbillons de lumière », « féerie scientifique », et ce ressac de sons : « Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer ».

14.
Rimbaud. « Poissons d'or », « poissons chantants », des fois, la mer, en poésie, c'est d'la vignette, du miniature.

15.
Dieu est si grand qu'il ne voit même pas qu'il nous marche dessus.

16.
Ouf, vous revoilà, mon prince, mon rire ! Je puis ranger mon sabre ridicule.

17.
Rimbaud. Le « bon Dieu, le patron et le sire » s'il n'avait cessé de le fuir  Bah non, a cherché Rimbaud qu'à redevenir vivant quelque part.

18.
Rimbaud. Y a bal, où sont les pendus ? Et puis qui s'évade ne s'explique pas toujours. Zavez qu'à deviner. Ça vous fera vos thèses.

19.
Rimbaud. La « flache », vu qu'il y a « drache », « tristesses » mômes,   parfums qui « s'débandadent », sons qui s'perdent.

20.
Nous sommes tous pleins de ces sons qui finissent par être sifflés par le temps comme un genièvre par un ivrogne.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 août 2015

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 20:52

HONTE ET PARAPHRASE

1.
« HONTE

Tant que la lame n'aura
Pas coupé cette cervelle,
Ce paquet blanc vert et gras
À vapeur jamais nouvelle,

(Ah ! Lui, devrait couper son
Nez, sa lèvre, ses oreilles,
Son ventre ! et faire abandon
De ses jambes ! ô merveille !)

Mais, non, vrai, je crois que tant
Que pour sa tête la lame
Que les cailloux pour son flanc
Que pour ses boyaux la flamme

N'auront pas agi, l'enfant
Gêneur, la si sotte bête,
Ne doit cesser un instant
De ruser et d'être traître

Comme un chat des Monts-Rocheux ;
D'empuantir toutes sphères !
Qu'à sa mort pourtant, ô mon Dieu !
S'élève quelque prière ! »

(Arthur Rimbaud)

2.
PARAPHRASE

Ce n'est que par le tant que qu'on est… qu'en spéculant,.. encore et encore… la lame… a vous guette… l'a des yeux l'au-d'ssus d'vos têtes… n'aura-t-on jamais que c'qu'on croit avoir ?… spéculations, innovations, révolutions !... pas coupé, ce veau qui vous broute dedans… gras blanc dans le vert… pas coupé encore… vous l'avez toujours sur les épaules, broute le réel, broute broute… à vapeur le vieux train… vous voilà repassé… jamais nouvelle pourtant, la  pâturance qui vous file l'oeil… que vous piquez du nez… coupé le nez ! Ah ! Lui qui en a, voyez comme il en a ! - coupé… coupé coupé ! embrasse Machine ! écoute Machin ! avale ! digère !… et pus d'jambes !… peut plus courir la terre ! Ah qu'il nous laisse en paix avec notre seule paix.
Et puis qu'on dit tant, qu'on croit que tant que, tant que ! tant que ! tant que ! tant que !… on en a dans l'citron !… à rafale ! tête et lame… on la regarde ; elle s'en balance tout là-haut… même pas un fil… aussi bien de cailloux… aussi bien de flanc, boyaux - ah voyou ! flamme invisible comme la sainte, membres coupés… pas agi, l'enfant a pas… agi plutôt qu'il… la langue, la lame, la langue… la si sotte, la savante... l'incessante, l'insatiable… a bouffe tout, la langue ; c'est elle, l'ogre !… la bête dans la bouche, la sibylle à couleuvres, la grande pharamineuse menteuse… qu'on ruse, qu'on traître…
Staroche que… un de ses possibles noms… Staroche, du taiseux pays… Staroche sous les sphères… Staroche sous Dieu… une langue dans un corps, a remue l'alambic à prières… sous Dieu, sans dieu, a vous court, a vous arrive, a vous rattrape toujours, vous grignote les pointillés sur lesquels vous dansez, braises du présent qui neigent en petits points noirs dans le froid sans minutes…
L'épée au-dessus, le chien d'la langue à vos basques, eh ! vous voilà rien beau !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 juin 2015

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