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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 08:13

DE L'IMPLACABLE DANS LA LANTERNE

 

1.
Twitter, on dirait une pièce de Ionesco, avec des répliques dans tous les sens de partout.

 

2.
Tiré de Tristan Corbière: "Grand Dieu"; "Clair de lune / Des yeux crevés"; "Balayeur de rancune". (cf "Litanie du sommeil")

 

3.
"Grand Dieu", c'est vite dit ! Si ça se trouve, il est infiniment microscopique.

 

4.
"avoir clair de lune et yeux crevés" : Ne pas voir ce qui pourtant crève les yeux.

 

5.
J'ai beau faire, je n'arrive pas à la balayer, ma rancune; elle s'accumule plutôt, en moutons noirs.

 

6.
Nous sommes relativement à un absolu dont nous nous méfions comme d'un maître trop puissant.

 

7.
L'humain, sans doute, a inventé le Diable pour contrer le monopole divin sur l'absolu.

 

8.
Un seul absolu ? Je ne crois pas, tout un tas d'absolus plutôt, en infinis, et résolus à en découdre, absolument.

 

9.
Twitter, une pièce de Ionesco qui n'en finirait pas, décousue de partout, avec des répliques dans toutes les langues, et du flou dans les liens logiques. C'est intéressant.

 

10.
Twitter, si ça avait été un exercice donné dans un cours, les élèves auraient dit : "- N'importe quoi !"

 

11.
Tiré de Tristan Corbière: "la Planète lourde"; "hanter l'oreille sourde"; "mis à la porte"; "puits de vérité". (cf "Litanie du sommeil")

 

12.
J'ai la Planète lourde, qu'il dit Dieu, ça tape cogne, pis ça grouille, comme si j'avais des humains dedans.

 

13.
Si un jour, je deviens sourd, la nuit, des musiques spectrales et des chansons fantômes viendront-elles me hanter la feuille ?

 

14.
Le réel est plein de portes que l'on passe, ou que l'on ne passe pas, et parfois même, on les prend.

 

15.
Vous savez, dans le puits, y a que d'l'eau, et puis la lune...

 

16.
"Soupirail d'en haut ! Rais de poussière impalpable
Qui viens rayer du jour la lanterne implacable !"
(Tristan Corbière, "Litanie du sommeil")

 

17.
Tout le temps, les scribes ailés, avec le zèle des serviteurs de Dieu, en rayant du jour des noms, des noms, des noms, actualisent sans cesse la liste des vivants.

 

18.
J'ai la lanterne implacable, qu'il devait se dire en grec et dans sa barbe, Diogène, lorsqu'il se promenait dans les rues en plein jour, lanterne allumée et prétendant chercher "un homme" (comprenez la prétendue nature humaine).

 

19.
C'est qu'nous y lanternons aussi, dans l'implacable, en l'attendant, Godot.

 

20.
Et puis, en lanternant ainsi, à force, c'est qu'on en avale, de l'impalpalble, de la poussière d'indicible, qu'elle finit par nous étouffer.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 décembre 2013.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans TRISTAN CORBIERE EN POETE PUNK
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