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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 03:50

JE NE DOUTE PAS QUE LE DOUTE SOIT
En lisant Aurora, de Michel Leiris. Citations entre guillemets et, pour les plus ou moins exactes, en italiques.

 

1.
Relevé dans l'avant-propos de Aurora, de Michel Leiris (Gallimard, collection "L'Imaginaire") :

 

"le déni, enfin, qu'oppose presque chaque page à cette condition d'homme devant laquelle - si raisonnablement que la vie collective puisse être un jour aménagée - certains ne cesseront pas de se cabrer."

 

Je note que ce sont "les pages", "presque chaque page", qui opposent une résistance. L'individu, un livre blanc qui s'écrit selon ce que lui dicte, ou ne lui dicte pas, sa conscience.

 

2.
p.103 : Cadavres en spectres, petites murailles de l'air, le lieu prend forme de l'être.

 

3.
"locataire du gratte-ciel du pessimisme" : effectivement, je ne doute pas que le doute soit un gratte-transcendance, un couteau à gratter la croûte du fromage.

 

4.
"Lorsque j'eus égorgé le dernier de mes amis" : c'est ainsi que l'on ne laisse pas de témoin.

 

5.
p.92 : Forêt des cheveux, fourrures et cuir du sexe, lierre des aisselles.

 

6.
L'humain, une flèche qui s'ignore, et qui file, parallèle à l'infini de toutes ces flèches qui s'ignorent et constituent le temps.

 

7.
p.103. "la fantasmagorie des orages" : Je ne sais pas exactement en quoi consiste cette fantasmagorie. Leur caractère aléatoirement révélateur - ce blanc soudain, cette syncope qui révèle le paysage - leur vaut peut-être ce mot. Vision d'un meurtre dans un train croisé.

 

8.
p.116. "le mur, par ailleurs tout à fait lisse, de l'absolu" : c'est pour ça que, le long de ce mur, ce mur de l'absolu, inéluctablement, nous glissons, et parfois vite, si vite.

 

9.
Je relève, page 123, cette mise en miroir, ce vertige du langage : "l'Homme est fait Dieu et non pas Dieu fait Homme." La métaphysique, ce miroir où l'humain brise son image.

 

10.
p.95. "Aussi calme qu'un souverain d'échecs au milieu des mille trajectoires croisées des pièces sur l'échiquier" : La métaphore, par ailleurs si belle, si lisse, si abstraitement esthétique, si ligne claire, du jeu d'échecs induit des mains invisibles, auxquelles nul n'échappe, ni pion, ni Roi, ni Reine.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er mai 2013

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