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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 21:37

LE PASSÉ EST UN SPHINX TENACE

 

1.

« Que la vraie vertu, c'est dans les temps difficiles qu'on va la chercher, et dans les temps paisibles, ce ne sont pas les hommes vertueux qu'on recherche, mais ceux qui par les richesses ou la parenté ont plus de popularité. »

(Machiavel traduit par Fontana et Tabet, « Discours sur la première décade de Tite-Live », Livre III, Chapitre 16, NRF, Gallimard, 2004).

 

Ouais, sauf que des fois, « dans les temps difficiles », les gens vont quand même chercher d'ces épouvantables...

 

2.

L'oeil n'est pas le conquérant du réel, mais son espion.

 

3.

L’œil l’œil l’œil l’œil l’œil l’œil l’œil

L’œil pas le conquérant du réel l’œil son

Espion l’œil l’œil son espion l’œil l’œil

 

4.

Le passé est un sphinx tenace. Il persiste à parler par énigmes et à défendre sa cité contre les barbares et les imbéciles.

 

5.

Sphinx sphinx sphinx sphinx sphinx sphinx sphinx

On dirait l'appel d'un drôle d'oiseau antique ce

Son clair qui grince grince grince grince grince

dans l'air

 

6.

Le réel est plein d'experts qui ne se trompent qu'afin que d'autres experts les contredisent.

 

7.

On nous dit partout qu'il faudra bien changer notre mode de vie. L'humain ne changera pas. Il a déjà élu sa fin.

 

8.

Parfois, j'ai envie de dire au politique qu'il peut toujours courir s'il croit que je vais changer la paille de mon œil pour la poutre du sien.

 

9.

Je parierais assez volontiers que plus d'un politique se prétend beaucoup plus pratiquant qu'il n'est croyant.

 

10.

Au contraire des idéologies, et même si elle est rarement populaire, la lucidité ne se démode pas.

 

11.

En politique, il y a tellement de fumées sans feu, que l'on va finir par recenser des cas de combustion spontanée.

 

12.

Dans l'partout des hommes, les ailleurs sifflent les là-bas, se multiplient l’œuf, s'étouffent et s'entrebouffent.

 

13.

L'partout des hommes tant tant tant y en a

Des ailleurs y sifflent y persistent qu'ça

S'multiplie l’œuf et tant tant tant y en a

Que tous s'étouffent s'entrebouffent tous.

 

14.

J'ai beau regarder la lune par la fenêtre, elle groove jamais, c'te pâle patate, comme le « Yellow Moon » des Neville Brothers.

 

15.

Quand un politique en appelle à en finir avec les « oppositions stériles », gaffez qu'des fois c'est pour nous faire manger d'la couleuvre.

 

16.

Couleuvre couleuvre couleuvre gaffez des fois

Quand il vous dit l'énarque qu'il faudrait en

Finir avec les « oppositions stériles » qu'il

S’apprête à vous la glisser dans le gosier sa

Couleuvre couleuvre couleuvre gaffez des fois

 

17.

Ce qu'ils appellent « interdisciplinarité », souvent, ce n'est que « saupoudrage », émiettement des savoirs.

 

18.

Les politiques sont des élèves méritants : ils apprennent par la répétition de leurs erreurs ; parfois même, ils trichent.

 

19.

« Un tic-tac froid rit en nos poches »

(Jules Laforgue, « Complainte des Mounis du Mont-Martre »)

 

Se fout de nous l'Chronos, pis nous ronge les osses.

 

20.

« Un tic-tac un tic-tac un tic-tac un tic-tac

froid froid froid froid froid froid froid tic

tac rit en nos poches » écrit Jules Laforgue.

- Ou presque.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 octobre 2015.

 

 

 

 

 

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 18:36

CUT OFF SUIVI DE TIMELESSNESS

En écoutant l'album « Mystery To Me », de Fleetwood Mac.

1.
Quand je pense au recueil « Seigneurs et nouvelles créatures », de Jim Morrison, il me semble quand j'y pense qu'il y est question de désert, et de serpents, et d'indien blessé, et aussi de piste, et de tous les fantômes du rock n' roll (eh oui, je suis un enfant du rock, de cette musique qui dit non, non, non et pourquoi non ? - parce que non) et, l'ouvrant au hasard, ce recueil, dont j'ai eu (je ne l'ai plus) jadis une édition de poche bilingue 10/18 – oh sa souplesse, je l'aimais beaucoup, ce blanc de la couverture et le mauvais goût de la tronche d'ange du poète en médaillon – et, l'ouvrant au hasard, ce bout de phrase attrape mon œil (au lasso, puisque Jim fut américain avant de venir crever en France) : « The object is free to become endlessly anything » vu que donc, cet objet, l'objet de tous les objets, l'objet générique (pour jacter comme en cours) n'est dans la liberté de tous les possibles que, dit Morrison, s'il est : « out from its name, habits, associations » et donc alors, sans nom (« a horse with no name » qu'il singuait America), ni usages, ni connotations, ni aucun lien avec quoi que ce fût d'autre, le voilà, l'objet, dans l'absolue liberté de n'être ce rien, dont il est tout de même, puisque je vous le dis, qu'il y a quelque chose plutôt que rien.

2.
Voilà pourquoi dans ma famille on ne mange pas de cheval, parce qu'il n'a pas le nom de viande, mais le nom de « plus noble conquête ».

3.
Le réel, des fois, a pas l'air si réel que ça, hanté par le temps, notre temps, qu'on le dirait familièrement autre, aussi étranger que nous.

4.
Quand je pense au recueil « Seigneurs et nouvelles créatures », de Jim Morrison, il me semble qu'il y est surtout question de désert.

5.
Désert américain, adolescent flottant, koidins'tiête ? - serpent, indien blessé, piste, fantôme du rock n' roll.

6.
D'avoir eu en possession une édition de poche des poèmes de Jim Morrison très souple, couverture blanche, visage. Je l'aimais bien. A quel ami perdu l'ai-je donc donnée ?

7.
« …cut off from its name, habits, associations (…) the object is free to become endlessly anything. »
(Jim Morrison)

8.
L'objet de tous les objets, l'objet générique, l'objet sans qualité, le dénommé pur, n'est que pouic.

9.
La liberté de tous les possibles nous fout ontologiquement à poil, sans nom, ni usages, ni connotations.

10.
L'objet pur, c't'absolue liberté de n'être ce rien dont il est tout de même, vu qu'je vous le dis, qu'il y a quelque chose plutôt que rien.

11.
Si je comprends bien, le rien a au moins un nom.
Si je comprends bien, ce nom est le nom même de l'être.

12.
Les films, Jim Morrison en dit que « Films have an illusion of timelessness fostered by their regular, indomitable appearance », qu'ils seraient donc, les films, des fantômes réguliers, d'une implacable ponctualité, quand bien même tentons nous de les fuir au travail, au bistrot comme dans nos amours - apparitions des visages, des voix, des apparaîtres, dans leurs écrins d'images rêvées, apparitions de sphinx aimés, appréciés, critiqués, redoutés, aussi magnétiques que des champs dont nous aurions retrouvés la clé, admirés, adorés, signes du destin, oracles et sibylles, éclairs, silences entrecoupés d'soudains fracas, coups de théâtre des quatre vérités, et puis pour moi, qu'la langue anglaise sonne comme un ésotérisme, un rythmique mystère, le mot « timelessness » jette sa poussière de songe dans mon esprit, et c'est aussi ainsi que me revient en mémoire le clavier électrique de « Riders On The Storm » - oh l'orage sur la route malgré les enfants qui jouent – et aussi annonciatrice, aussi banshee, l'étrange demande à la « Dame blême », la « ashen lady » du morceau « Roadhouse Blues », qu'elle rompe son vœu de silence, ou d'indifférence (l'Amérique est si loin), et qu'elle sauve la cité, s'il se peut.

13.
La Dame blanche de nos routes, une banshee moins la rivière de sang.

14.
« Films have an illusion of timelessness fostered by their regular, indomitable appearance. »
(Jim Morrison)

15.
Les cinéastes, des artisans du fantômat, des metteurs en apparitions réglées comme autant d'horloges hantées.

16.
Films, apparitions, voix, visages, scènes du fond d'une mine de songes.

17.
Films, sphinx, oracles et sibylles, éclairs et silences, soudains fracas, foudres de théâtre, coups de gueule, de boule, de blues.

18.
Les sphinx, sous formes d'énigmes, nos quatre vérités.

19.
Le mot « timelessness », lu dans Jim Morrison, et son hors-du-temps, une plongée dans l'image.

20.
« Timelessness » : tiens, v'là l'hors-du-temps, la synchronie qu'on rêve comme on rêve d'une grande maison blanche au bord de la mer.

21.
« Timelessness » : bah, c'est jamais qu'la synchronie, du parallèle univers, le topos de toute fiction.

22.
Quant à « l'or du temps », vous frappez pas ! Ajoutez-y un « h » et un « s » à cet or-là, et vous voilà redevenus réels.

23.
Eh ! et si le syndrome de Stendhal, cette plongée dans l'image, cette percée dans le temps, ce s'rait-y-pas une maladie diachronique ?

24.
Les mots, parfois, jettent dans nos esprits leur poussière de songe, tout un théâtre émietté par une tragédienne croqueuse de boucs.

25.
Des fois qu'je rêve de jeunes femmes mâcheuses de chiens entrant en scène sur l'intro de « Riders On The Storm ».

26.
Leur reine, c'est la « Ashen Lady », la « Dame Blême », et ce que chante le bouc, c'est cette rupture du vœu de la Reine.

27.
Pour ma pomme, j'vous dis, l'anglais, i sonne façon ésotérisme rythmique, musical box à Alice.

28.
Nous aimons nos sphinx jusqu'à ce qu'ils nous dévorent, puis nos enfants les aiment à leur tour.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2015.

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 00:01

SANS BORGNE

 

1.

Je me souviens d'avoir écrit qu'il n'y avait pas de « dieu caché ». Bien sûr que si, il y a un dieu caché, un dieu que le verbe manifeste.

 

2.

Par-delà l'arbitraire du signe, il y a un irréductible de la nomination, qui n'a d'existence qu'en se manifestant : Dieu par son nom.

 

3.

Dans mes archives, au lieu de « Si les oreilles... », j'ai écrit « Sir les oreilles avaient des dents »; ça doit être une réminiscence.

 

4.

Zut a sans doute reçu des instructions précises à mon sujet : me persuader coûte que coûte que j'existe, et tout, probablement, est dans ce coûte que coûte.

 

5.

« Les uns auront la tête du loup, les autres d'une poule ou d'un cador, mais tous auront les griffes et la queue du goupil ! »

(Cabanes – Forest, « Le Roman de Renart »)

 

6.

Le goupil, quelle contamination ! Il est que sous le noble habit de la culture remue la fine ruse.

 

7.

Serions-nous animés par chacune des phrases que nous prononçons, lesquelles agitent tant de peut-être et d'autres dieux ignorés.

 

8.

Contrairement aux systèmes de communication animale, les langues humaines sont des ensembles ouverts sur l'infini des possibles linguistiques.

 

9.

Peut-on complexifier indéfiniment les règles d'un code ? Autrement dit : Le langage est-il un code dont nous ne pouvons connaître la clé ?

 

10.

Je crois au paradis et à l'enfer : l'intelligence humaine finira bien par y arriver, à moins qu'elle se fasse sauter la boule avant.

 

11.

La culture ne supprime aucunement la violence : elle l'adapte.

 

12.

Que l'humanité puisse inventer tout et son contraire prouve sa puissance poétique, ce qui ne la rend pas plus sympathique pour autant.

 

13.

« L'avidité reste égale, elle est sans bornes. La bouche est entrouverte sur l'avidité sans bornes de la connaissance. »

(Marguerite Duras, « L'Amour »)

 

14.

Ayant opté pour la République, les aveugles, animés par l'avidité sans borgne de la connaissance, se mirent à tâtonner dans tous les sens.

 

15.

Qu'il y ait tant de choses à regarder prouve que nous avons des yeux.

 

16.

« Le mari de La Jalousie tourne en rond dans sa demeure, toujours revenant au même poste, comme il tourne en rond dans le temps de ses obsessions... »

(Annie Arnaudiès, « Le Nouveau Roman 2. Les Formes », Hatier, 1974, p.13)

 

17.

Sans doute tournons-nous en rond « dans le temps de » nos obsessions, et quand ça finit par finir, un autre prend le relais.

 

18.

Et peut-être, de la même manière qu'un tourmenté produit de l'obsession, que c'est en se complexifiant qu'une civilisation produit les barbares qui la menacent.

 

19.

« mière fois dans le livre, ensuite Miquette s'est relevée dans

l'espace qui restait et c'est alors qu'Irénée est entré, perso- »

(Robert Pinget, « Le Libera »)

 

20.

ensuite Zut « s'est relevée dans l'espace qui restait et c'est alors » qu'elle s'est exclamée Ah mais moi j'en ai marre de toutes ces phrases et qu'elle s'est barrée, tout simplement barrée, c'est comme je vous dis, du livre, oui.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 23 août 2015.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 10:05

BIG BANG STRETCH CRUNCH

 

1.

Le Q.G. de Dieu serait-il dans le zéro, d'où il distribuerait à gauche le passé, et le futur à droite ?

 

2.

Donc, il tombe des cordes avec des singes qui y crapahutent leur indétermination.

 

3.

Big Bang, Big Crunch et tout qui fut écrabouti pi boulé riquiqui.

 

4.

Big Crunch : end of quote.

 

5.

Big Crunch : la cosmomobile passera-t-elle en marche arrière ?

 

6.

Le Big Crunch, un retour à la tête d'épingle ?

 

7.

Le Big Crunch et après ? L'Histoire sera-t-elle rejouée, dans l'autre sens, en commençant vers la fin, en retournant à la soupe originelle ?

 

8.

Le don des langues qu'il nous a fait l'Autre, afin que nous puissions lui donner un nom, des noms, le décider.

 

9.

Quand on envoie sa femme au diable, faut pas s'étonner d'en attraper les cornes.

 

10.

Jongler avec des infinis, hop la, un dans l'air, deux dans l'espace, trois et voilà que ça se courbe, se cercle, se brise, se boucle boucle boucle boucle boucle boucle boucle boucle…

 

11.

Espace courbe : Dieu pencherait-il ? Et si oui, serait-ce pour jouer aux dés ?

 

12.

Big Stretch plutôt que Big Bang, univers se gonflant la baudruche, le nombril, levant sa pâte à êtres.

 

13.

Et puis nos pommes, de cette pâte dont on fait les fables et les drames.

 

14.

« A son réveil - minuit – la fenêtre était blanche. »

(Rimbaud, « Les premières communions »)

 

15.

A son Ach so ! À son hameçon, quel hanneton ? Et puis son âme, son perhaps, - l'âme, quel beau peut-être… pour faire l'âne rien d'mieux à la guitare qu'une Zut cosmique.

 

16.

Un réveil-minuit, c'est ça que je veux pour mon black christmas qu'il fit le petit vampire.

 

17.

La feue à la fantômfenêtre, une bougie à la main pour signaler sa spectrale présence (duchesse dans l'autre vie).

 

18.

Etait l'été blanchà quoi ça tient une oeille blanche passant par la porte de l'été pour chaipas.

 

19.

Si j'avais un bi-

Si j'avais un bi-

Si j'avais un bi-

Niou ! (« Ah ah charade you are ! »)

Je jouerais du bi-

Je jouerais du bi-

Je jouerais du bi-

Niou (car sinon qu'est-ce que vous voulez qu'j'en fasse?)

 

20.

J'ai piqué « Ah ah charade you are » à Pink Floyd, ma dent à la mâchoire à Jean, et mon ch'veu à la tête à Mathieu.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 août 2015.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 15:44

EN BOUCLE FERMÉE DANS L'ESPACE-TEMPS

 

1.

Neutrinos et antineutrinos, chats et antichats, anges et antianges, infinis et antiinfinis, et puis et antipuis.

 

2.

En politique, les ultras se nourrissent d'antis, et les naïfs de promesses.

 

3.

La conscience comme anti-infini ? L'épée qui pourfend le fantôme que le guerrier suscite.

 

4.

Des fois que j'écrirais certains d'mes brefs et que j'croirais entendre rire le Diable, quelque part dans la langue.

 

5.

Ce n'est pas le Diable qui rit quand tu écris, Houzeau, c'est un âne qui brait.

 

6.

Quand un étant traverse son fantôme, c'est-y pas que pouf shazam il doit s'annihiler là ?

 

7.

A côté des physiciens, qu'est-ce qu'un littérateur ? Un idiot qui essaie de réfléchir ?

 

8.

La diachronie veille à ce que nous ne croisions pas nos propres fantômes. Mais il y a des ratés synchroniques, des tragédies, des suicides et des meurtres.

 

9.

La terre, c'te boule bourrée d'yeux semés pour que les poules du néant viennent les bouffer.

 

10.

Tant d'yeux, Seigneur, et tant d'aveugles ! Que j'me dis des fois quand mon miroir reste obstinément opaque.

 

11.

Des fois que totoche j'me demanderais si l'infini suppose ou pas une quantité infinie d'énergie - comme si Dieu n'était pas dans la bibliothèque - et qu'une quantité infinie d'énergie supposerait un temps infini, et c'est ainsi que le serpent se mord la queue, le capitaine ne sait pas où mettre sa barbe (au-dessus ou en-dessous de la couverture) et combien ai-je de billes si je perds toujours la dernière bille gagnée, et puis aussi si j'ai encore un œuf, des fois que j'voudrais faire une mayonnaise, rapport aux frites.

 

12.

Euh, à force de tendre vers l'infini de tous côtés, est-ce que ça n'finit pas par faire des nœuds des fois ?

 

13.

L'infini est-il une succession d'infinis contradictoires ? La grammaire de l'univers est-elle une dialectique ? Dieu se pose-t-il des questions ?

 

14.

Je conçois que Dieu puisse tenir lieu de réponse aux angoisses humaines, mais que l'humain puisse être une réponse pour Dieu, voilà qui ne peut que le faire se gondoler, l'infini, comme une baleine.

 

15.

Des invisibles si discrets qu'ils vous dérobent la lumière aussi facilement qu'un dieu de Malpertuis vous souffle une vie.

 

16.

Un étant peut-il n'avoir ni vitesse ni position coïncidentes ? Oui, s'il s'agit d'un fantôme.

 

17.

Comment exister sans vitesse ni position coïncidentes ? Comment exister aléatoirement ? Que ça vous en ficherait, du palais hanté du zéro.

 

18.

Quoi donc de traversant le temps et puis qui rebondit sur le mur d'une singularité et nous revient en écho ?

 

19.

Amusant de se dire que si rien n'existait, les lois valides ne relèveraient alors que du jeu d'esprit d'une expérience de pensée.

 

20.

« C'est pourquoi une paire virtuelle particule/antiparticule peut-être considérée comme une particule se déplaçant en boucle fermée dans l'espace-temps. »

(Stephen Hawking traduit par Béatrice Commengé, « Une belle histoire du temps », Flammarion, p.132, 2005).

 

« en boucle fermée dans l'espace-temps » : synchronie, fantômie, hantise, enfer.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 août 2015.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:15

ET SI JAMAIS FIT LE DIABLE

1.
« Tout petit déjà, l'univers était infini. »
(Entendu dans une émission sur le Big Bang)

2.
Existe pas, le zéro ; c'est du plus puis du moins, du plus machin moins machin.

3.
Le zéro est au milieu du chemin. Un temps zéro ? Et s'il n'était, ce zéro-là, que le masque (comment ça le masque de zéro ?) de l'événement.

4.
N'y a-t-il d'événement que par le grand hasard de toute cause ?

5.
Au milieu de plus l'infini et de moins l'infini, le Big Bang ? Quelque part dans le nulle part de partout.

6.
L'étant, un présent qui traverse tous les zéros comme autant de cercles par lesquels passe une file de chevaux de cirque.

7.
Le vide serait-il le nom d'une matière dont la nature par nature nous échapperait ? Avons-nous des yeux pour voir ?

8.
Bah, l'étant, ça ne se mesure jamais que par rapport au présent, lequel n'existe que parce qu'on le voit passer.

9.
Le présent, cette vérité générale qui oscille entre illusion et barbarie.

10.
Seigneur Foudre il y a très très très très très longtemps craqua une allumette et s'alluma une Big Bang cigarette.

11.
Si l'univers cachait la forêt. S'il y avait eu une infinité de bings et de bangs.

12.
La terre est plate comme un œuf.
Ah tiens, un octosyllabe.

13.
Des fois que je me promènerais dans la rue, et puis qu'il pleuvrait à en chasser tous les cadavres, et puis qu'il pleuvrait plus, et que je me dirais que l'être, c'est l'étant moins l'étant.

14.
Une cour d'école vide, une bibliothèque sans livres, et puis l'être pour manifester l'absence de l'étant.

15.
Dieu ne cesse de manifester sa propre absence. L'éternel nous la joue (quoi donc ? l'éternité) ensemble ouvert d'absences prolongées.

16.
C'est-y pas que le Christ est en arrêt maladie depuis 2000 ans ? C'est vrai qu'avec ce qui lui est arrivé…

17.
Cosmos Circus, avec Dieu en Monsieur Loyal. Et les clowns, les acrobates et les jongleurs, nos pommes ?

18.
Et si Dieu vous dit : « Et ta sœur, elle habite toujours Pékin ? », c'est qu'c'est pas Dieu, pas Dieu du tout, mais Lino Ventura dans « Les Barbouzes ».

19.
On ne peut tuer Dieu pas plus qu'on ne peut abolir le zéro. Tous deux n'existent pas plus que ça et structurent l'univers.

20.
Cercle de flammes, le zéro et le feu : l'emblème de notre humanité. « Et au milieu coule une rivière ».

21.
« - Et si jamais ? Fit le Diable.
- Tais toi » répondit Dieu.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 août 2015.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:30

SANS TITRE ET PAS PLUS QUE ÇA

 

1.

Eléphant : Vengeance, mémoire, cette façon dont les horloges bricolent la conscience et trompent les calendriers.

 

2.

Le temps glisse sa main dans le gant de l'espace puis il opère dans le merveilleux des tours de passe-passe t'es là j'y suis plus.

 

3.

Queen : rock baroque, glam, piano, danse d'arlequins, excentricités électriques, nuit drolatique à l'opéra du bref.

 

4.

Dimanche : pluie, ciel vide, jadis églises et cafés pleins, plus guère d'abonnés du signe de croix ni d'curés, d'moins en moins d'bistrots.

 

5.

Queen : ce morceau où la guitare violonne ; la pop, une professionnelle dans l'art d'arranger le mélancolique et la nostalgie mélodique.

 

6.

Ravel, Debussy, Satie: piano, distance et mélancolie, humour et pointillisme, taches de soleil sur le jardin délaissé un temps par la pluie.

 

7.

Celentano : l'italien, héritage merveilleux, ponctuation des cuivres dans « I Want To Know », chœurs voix filles, feinte nonchalance.

 

8.

Dimanche : tartes aux abricots de la tante, rosbif, digestion avachie devant la télé, impossibilité de se concentrer sur ses devoirs.

 

9.

Foudre : exaltation du mot préféré, bref, cavale, Bonaparte, coup d'éclat décisif, ah j'en ferais bien ma sœur, de la foudre, mais.

 

10.

Chanson : évoque intense les ailleurs, n'a de réel rival dans le vivace et le bref que la poésie et la synchronie de la peinture.

 

11.

Les chansons sont pleines d'autres qui n'existent pas, des fois bien intensément précisés qu'ça vous mettrait d'la ouine un peu.

 

12.

Si lent, je n'aime que les arts du bref : poésie, chanson, peinture qui vous saisit au premier coup d’œil, faille, brèche, foudres.

 

13.

Jadis, étudiant le latin, nous apprenions à apprécier la précision de chaque période de Cicéron, la finesse de chaque trait, la portée de chaque coup. Oui mais, c'était jadis, avant le grand décervelage pédagogiste.

 

14.

« O tempora, o mores ! » : toutes les échelles retirées, restent les fous et leurs pinceaux, quand même on refait le décor, on modernise.

 

15.

Pédagogisme : globalisation gourou, assassinat d'la miniature, qui rend impossible la fréquentation du détail, la hantise de la phrase.

 

16.

Rimbaud : l'habité, voyou christ, ladre saint, le marchand et le marcheur, a donc croisé le Diable, comme tous les grands cheminots.

 

17.

Batterie : fontaine à voix jaillie de, rythme puisqu'on palpite, régularité, virtuosité, colonne, et puis autour ça s'déhanche.

 

18.

Lointains : la fille qui rentre chez elle, la famille heureuse, le coup de chance, la foudre, l'orage qui finit toujours par éclater, l'aigle.

 

19.

Argent : vertige des nombres, naïveté citoyenne, corruption quasi inévitable des politiques, monde parallèle qui nous dirige.

 

20.

Morale : vieille lune personnelle sous laquelle on s'obstine à marcher puisqu'on nous a éduqués pour et dans l'illusion de la paix sur le monde.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 2 août 2015.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 10:42

DES FOIS LE REEL EH OUI LE REEL

1.
Le réel, i n'attend qu'une chose, c'est que vous regardiez ailleurs, là-haut, les merveilleux nuages, pour vous tomber sur le paletot.

2.
Le réel, faut bien l'regarder en face, car lui ne vous quitte pas des yeux.

3.
Retwetté la photo d'un ricain tueur de lions J'préfère retwetter le légendaire groupe Magma Il y a des gens qui valent la peine d'autres non.

4.
La démocratie encourage le meilleur mais n'évite pas le pire. Et je crains qu'en fin de compte, le pire finisse par l'emporter.

5.
Il arrive que la raison d'état sauve des vies. Vous tombez dans un piège ? Peut-être. Mais cela peut vous éviter de finir comme JFK.

6.
Faire de la politique, c'est placer des vipères dans votre lit, et décider ensuite si on va, oui ou non, vous laisser vous y coucher.

7.
Ce qui manque face à Daesh, c'est un Winston Churchill, un esprit décidé à ne jamais négocier avec le Diable.

8.
Que l'on puisse parler de « rêve européen » prouve assez que l'Europe est avant tout un produit du marketing financier.

9.
Dans la crise actuelle, Sainte Rita, la patronne des causes désespérées, est-elle encore solvable ?

10.
Je me demande d'où vient le pouvoir de certaines crapules qui agissent aussi impunément que si elles manipulaient les politiques comme de simples poupées de tissu (de mensonges).

11.
Genre des fois il était une fois, pour l'avoir saisi le loup entre bandits et politiques, un juge trucidé aurait été, non ?

12.
C'est bête, mais je me demande parfois quel fut le rôle exact de la Stasi dans les révoltes étudiantes de la RFA de la fin des années 60.

13.
Bonaparte, « général politique » (expression relevée dans l'encyclopédie Alpha) : peut-on réellement être général sans être politique ?

14.
Le sentiment amoureux : un loué pour la saison ? la recherche d'une bonne affaire ? d'une occasion à saisir ?

15.
Des fois qu'il était une fois un genre gang qui ça eut payé un genre «d'impôt d'braquage » à quelque obscure politicienne machine.

16.
Revue de presse : La Grèce… Ah la Grèce… La Grèce la Grèce la Grèce !!! Oui !!!… oui, mais l'Allemagne, eh oui…

17.
Les membres du club Europe ont renoncé aux guerres pour commercer en paix, et vendre des armes à tous les ailleurs querelleurs.

18.
Fraude, crise, politique, lobbying, finance, impasse, chômage, Kiri le clown : sauras-tu trouver l'intrus qui s'est glissé dans cette liste ?

19.
Le but d'une campagne napoléonienne ? La bataille décisive. Le but d'une crise économique ? La faillite décisive.

20.
Dans une guerre totale, il n'y a pas de cible secondaire. Sa principale arme étant la terreur, la guerre totale frappe sans hiérarchiser a priori ses cibles. Ainsi le principe de la guerre totale est, par définition, voué à l'acte volontaire et conscient de crime contre l'humanité.

21.
En ce que la guerre totale se propose de fait comme un modèle de « guerre sainte », elle se condamne elle-même à l'échec, se mettant, par  la multiplicité de ses crimes et le refus de toute critique interne, en situation d'impossible interlocuteur, et toute tentative de dialogue qui viendrait du camp opposé serait perçue par l'opinion comme une preuve de collusion, un indice de faiblesse et d'illégitimité.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2015. 

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:02

DIEU EST-IL UN JEU DE MOTS ?

1.
« Au dessert, ils cessent d'être de bons compagnons de table. Deviennent pleins d'ailleurs et de manque. »
(Frédéric Dard / San-Antonio, « Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore », Fleuve Noir, 1997, p.48)

2.
« - Pourquoi trimbalez-vous ce bureau depuis le début de cette histoire ?
- Un privé ne se sépare jamais de son flingue.
- Il a un flingue !
- Ouais. Dans le tiroir de droite, celui qui est coincé... »
(René Pétillon, « Une sacrée salade », J'ai Lu  BD n°168, p.78)

3.
On confond souvent l'humour et la dérision : autant confondre la plume de l'ange avec le plomb de la bête.

4.
« Pourquoi avait-il eu cette pensée, déjà dans le compartiment du train ? »
(Simenon, « Le Fou de Bergerac »)

Pourquoi qu'y a quekcose et pas rin du tout Ah
Avait-il seulement quekcose dins s'tiête ? Y avait-
Il seulement quelqu'un dins s'tiête ?
Eu qui se prononce u comme dans turlututu
Cette fois c'est sûr je me la fais cette
Pensée si fine si souple profonde et élégante
Déjà le temps a cassé toutes les dents du peigne à cheveux fous
Dans la lune je suis je flotte entre deux Colombines
Le vent affole les livres évadés Un
Compartiment en feu fonce dans la nuit
Du tunnel entre ceux qui se taisent et ceux qui ne peuvent plus dire
Train d'enfer train fantôme train des choses qui se précipitent.

5.
« Pourquoi avait-il eu cette pensée, déjà dans le compartiment du train ? » se demande le narrateur simenonien.
Eh, s'il l'avait eue, cette pensée, dans la coloquinte du train, ou sa préparatoire, ou sa dédalie, sûr qu'on se serait posé des questions !

6.
Pourquoi quekcose et pas rin du tout ? se demanda-t-il en vidant son verre de j'nièfr, là-bas, au zinc du café mort de la gare sans nom.

7.
« Avait-il seulement quelque chose en tête ? » se demanda l'officier extraterrestre devant la dépouille de Xgor qui s'était fait mystérieusement picorer ses sept yeux, le cœur et son double, et tous ses attributs, par une troupe de rouspétantes poules rousses.

8.
Eu qui se prononce u comme dans turlututu ;
Eux qui se prononce e comme dans tête de nœud.

9.
Cette fois, c'est sûr, je me la fais, cette pensée si fine, si souple, profonde et élégante, se dit le philosophe au réveil et plein de l'optimisme des gens qui évitent de penser que le réel, c'est surtout des figures allongées devant des portes claquées.

10.
Déjà, le temps les a cassées, les dents du peigne à cheveux roux ; et voici que le Grand Glas affûte ses coutelles de givre.
Pourquoi « coutelles » ? Parce que tel est mon plaisir, parce que ça étincelle, coutelles, brille comme givre dans la nuit, qu'ça fait miettes de féerie, ça facétie (du verbe facétier, que je viens de créer, histoire de dire).

11.
Dans la lune je suis ; je flotte entre deux Colombines, et je regarde passer les comédies lactées et leurs lointaines musiques.

12.
Le vent affole les livres évadés, que des lecteurs viennent rechercher avec leurs grands filets à personnages.

13.
Un compartiment en feu fonce dans la nuit du tunnel, entre ceux qui se taisent et ceux qui ne peuvent plus dire ni train ni gare, entre ceux qu'on tait et ceux qui sont passés de l'autre côté de la voie, là où il n'y a qu'une barque et nul retour.

14.
Train d'enfer, train fantôme, train des choses qui se précipitent et vont tout déraillant.

15.
Zut apprécie « le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été », et aussi que Jacques Prévert l'ait semée, cette poignée de syllabes, « le bruit des bêtes dans la chaleur de l'été ».

16.
« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,
  et le Verbe était auprès de Dieu,
  et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui tout s'est fait,
  et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie,
  et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
  et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. »
(Evangile selon Saint Jean)

17.
Dieu est aussi inexistant que le présent, qui passe pourtant, infiniment.

18.
Dieu est un signifiant programmatique. Le nom crée la chose. Il en est de même pour le mot « être » ; « et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui ».

19.
Je ne pense pas que le nom Dieu soit le « nom de l'être ». J'entrevois que cela implique des complications sans fin quant à la hiérarchisation des étants.

20.
Celui qui fait du nom de Dieu le « nom de l'être » peut tout aussi bien se faire saint qu'assassin. Les deux s'excluent : on ne tue pas au nom du nom.

21.
Dieu procède du temps comme de la langue : il passe et se nomme. C'est l'étranger sur la route ; « et les ténèbres ne l'ont pas arrêté ».

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2015

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 17:32

LE VENT FAISAIT CE BRUIT

1.
« Je les entends, fuyons. Le vent faisait ce bruit. »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 7, v.863 [Matamore])

2.
« De même aussi, quoiqu'il y ait des espaces dans lesquels je ne trouve rien qui excite et meuve mes sens, je ne dois pas conclure pour cela que ces espaces ne contiennent en eux aucun corps »
(Descartes, « Méditations métaphysiques », méditation sixième, GF 328, p.197)

3.
Nous n'y voyons rien car nous ne sommes pas outillés pour y voir quelque chose ; du coup, nous broutons savamment.

4.
« L'idée à laquelle la philosophie doit aboutir, c'est que le monde réel est tel qu'il doit être »
(Hegel, « La Raison dans l'histoire » traduit par Papaioannou)

« le monde réel est tel qu'il doit être », c'est à dire jamais tel qu'il le devrait.

5.
« que les progrès de cette perfectibilité, désormais indépendante de toute puissance qui voudrait les arrêter, n'ont d'autre terme que la durée du globe où la nature nous a jetés. »
(Condorcet, « Esquisse d'un tableau historique du progrès de l'esprit humain »)

Et il est donc que nous ne sommes pas sortis de l'auberge…

6.
Un futur dont nous saurions déjà tout, c'est une espèce de passé, non ?

7.
Réforme des collèges 2016 : L'éducation nationale y perd son latin ; il faudrait être grec pour y comprendre quelque chose.

8.
« une matière anonyme qui se trouve chez tous les hommes et dans toutes les sociétés »
(Nathalie Sarraute, « L'ère du soupçon »)

« anonyme » est le mot.

9.
« l'homo absurdus, habitant sans vie d'un siècle dont le prophète est Kafka »
(Roger Grenier cité par Nathalie Sarraute in « L'ère du soupçon »)

10.
Une bibliothèque est un cimetière plein d'âmes qui ne sont jamais que des ombres dansantes dans les têtes des lecteurs.

11.
Les personnages des romans sont par définition des étants inexistants ; ils disparaîtront avec la langue qui les agite.

12.
« Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres »
(Evangile selon Saint Luc, 3, « Le temps du désert »)

13.
Sans latin, ni grec, ni hébreu, ce sont les racines judéo-chrétiennes de toute notre littérature que nous coupons.

14.
« La vue a perçu, disons-nous, la grandeur et la petitesse non point séparées, mais confondues ensemble, n'est-ce pas ? »
(Platon, « La République », VII, traduit par Robert Baccou, GF n°90, p.283)

« La grandeur et la petitesse confondues ensemble » [Platon] : Voilà l'homme, et tous ses infinis.

15.
« ce pré fait de la répétition d'une seule plante toujours plus haute »
(André Breton, « L'amour fou », folio n°723, p.119)

16.
Je vois la littérature comme un merveilleux vitrail dont les éclats s'éparpillent dans l'infini des pages.

17.
« Et les trottoirs bifurquaient inexplicablement tour à tour, selon un itinéraire aussi capricieux que possible. »
(André Breton, « L'amour fou », folio n°723, p.65)

18.
Dira-t-on de nous que nous étions de ces êtres où « le vent faisait ce bruit » ?

19.
Relevée sur le net à propos d'un certain pédagogisme de la sociabilité un petit peu forcée, cette excellente expression : « la pédagogie Nutella », avec son huile de palme académique, évidemment.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 mai 2015

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