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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 15:11

QUANTIQUES

 

1.
"Les autres forment l'homme" écrit Montaigne [Essais, III,2]. C'est que chacun se figure chacun et que l'ensemble de ces figures hante les syllabes, d'où nous tirons des leçons sur le fantôme.

 

2.
"Le roi, plantant fièrement et rigoureusement les yeux sur lui" [Montaigne, Essais, III,6] : J'aime que la langue prévoit que nous puissions planter des yeux sur quelqu'un, de telle sorte que, où qu'il aille, ce regard le suit, comme un poisson d'avril ou le fantôme d'une douleur à venir.

 

3.
Nietzsche fait "plonger les yeux dans l'abîme" [Par-delà le bien et le mal, 146], d'où ils ne remontent parfois que chargés d'indicible.

 

4.
Certains humains laissent leur regard ailleurs, dans leur passé, et vont dans la vie avec des yeux fantômes.

 

5.
Pensée idiote du dimanche matin (surtout qu'on est lundi) : Ce n'est pas parce que l'on se goullafre de gaufres qu'on finit gaufrier.

 

6.
Ce sont des spectres bien crédules que ceux qui croient au réel.

 

7.
Ce qui étonne peut-être les êtres quantiques, c'est que nous ayons l'air plus vivants que morts.

 

8.
Chez les êtres quantiques, la vérité se trouve quand elle est déjà ailleurs.

 

9.
Pour les êtres quantiques, peut-être ne sommes-nous qu'une hypothèse, un postulat.

 

10.
Pour les êtres quantiques, ce que les êtres humains nomment conscience est une sorcellerie, un cas d'école, un sortilège.

 

11.
Peut-être, chez les êtres quantiques, se moque-t-on sans rire de ceux qui croient en l'existence des humains.

 

12.
Pour les êtres quantiques, l'être est discontinu, aléatoire et simultané, et il ne peut reposer que sur du vide. Penser le contraire est hérétique.

 

13.
Les êtres quantiques vont vers le passé et reviennent du futur.

 

14.
Les êtres quantiques n'ont pas de présent et ne conjuguent leurs temps qu'au conditionnel.

 

15.
Le temps quantique est le conjoncturel de l'indicatif. Tous les subjonctifs y sont admis, y compris le subjonctif d'improbabilité.

 

16.
Les êtres quantiques sont des puces sur un chien fantôme. Certains pensent d'ailleurs que ce chien, c'est nos truffes. D'autres font aussi remarquer que le chien ne se pose pas la question des trajectoires de ses puces, alors que l'humain... Enfin, certains petits malins essaient de faire rentrer ces puces dans l'opaque boîte à chat zombie, ce qui revient à faire disparaître l'homme invisible.

 

17.
Les thèses des êtres quantiques sont paradoxales et effondrent toute bibliothèque.

 

18.
Les êtres quantiques, des yeux simultanés et aléatoires. Ainsi tournoient-ils sans tournoyer, et fondent-ils le réel et son hasard.

 

19.
Les êtres quantiques tirent leur substance du peut-être, du cela est, et du cela n'est pas.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 novembre 2013

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:44

VADE RETRO, HUMANITAS

 

1.
"Vade retro, humanitas !" comme dit l'autre, devant son miroir.

 

2.
Comme je suis d'accord avec Nietzsche qui veut qu'il y ait "de l'art dans la moindre phrase bien faite, un art qu'il faut deviner si l'on veut comprendre la phrase" [Par-delà le bien et le mal, 246]; ainsi se posent les énigmes, ainsi déchiffre-t-on le sphinx.

 

3.
La guerre de cent ans, une poignée de batailles dans une longue période de troubles. Le temps de la guerre n'est pas le temps de la paix, il peut se concentrer en quelques années, quelques mois, semaines ou jours, comme il peut s'étirer dans les espaces divisés. 

 

4.
L'expression "mépris impersonnel", que je relève dans un volume de Nietzsche, me semble s'accorder avec cette sorte de mépris, de nausée que doit éprouver le dieu des créations lorsqu'il regarde par-delà sa barbe se tourmenter l'humanité. S'il ne nous met pas tous dans le même sac, c'est qu'il a de l'éternité à perdre. Vous me direz qu'il y a les Justes et les Saints. Ce sont les exceptions qui, justement, saintement, confirment la règle.

 

5.
Fantômas, tout ce qui, qu'on ne voit pas et qui, soudain, à la gorge.

 

6.
Nietzsche compare la littérature de son temps à un "marécage lentement remué de sons qui ne chantent pas, de rythmes qui ne savent pas danser" [Par-delà le bien et le mal, 246]. Je m'épate, moi aussi, lorsque j'ouvre un volume récemment paru, de lire des phrases sans style, des phrases pâles, ni bonnes, ni mauvaises, si neutres souvent qu'on a envie d'y insérer des fautes de goût, qu'on a envie de les caractériser en les rompant, en les tachant, en les tordant comme des poupées surréalistes. Ce sont, toutes ces phrases grises, rien d'autre que des phrases-outils - je ne doute pas d'ailleurs qu'un logiciel du futur finira par composer des romans tout entiers, des romans "vrais", authentiques et humains, des romans parfaits, c'est-à-dire parfaitement en phase avec les lois du marché - des phrases-outils qui servent au romancier à raconter une histoire dont les chroniqueurs nous disent souvent qu'elle est passionnante, intéressante, palpitante, indispensable. Un roman ne serait alors qu'un conte moderne, qu'une manière de rappeler, d'enseigner, une forme raffinée de didactisme, une fine leçon de morale (pouah !), pire, d'humanisme (vade retro, humanitas !), c'est que ma pomme, je n'ai jamais trop aimé le fatalisme qui préside aux contes - on a beau le lire et le relire, La Belle au bois dormant finit toujours de la même façon -, et j'ai souvent considéré qu'un bonhomme, ou une bonne femme, qui avait si mauvaise haleine et du poil partout, n'avait pas de leçon de morale à me donner ni rien à m'apprendre que je ne puisse trouver dans des livres écrits par d'autres imbéciles.

 

7.
Lorsque les caprices de l'informatique, ou mon incompétence, me font perdre un texte dans les limbes de mon ordinateur, j'arrive la plupart du temps à le recomposer de mémoire. Mais dans ce qui ne me revient pas, ce que je regrette, c'est moins une idée elle-même qu'une alliance particulière de signes, un rythme, un effet de sons, ou de sens. C'est le style qu'on regrette, et non la fausse monnaie des idées.

 

8.
Soyons francs, on regrette moins les grands hommes que leur style. C'est le style seul qui finit par être légendaire.

 

9.
Il est dommage que Magritte n'ait pas pensé à faire suite à sa fameuse toile Ceci n'est pas une pipe par une toile figurant par exemple un hareng saur, et à laquelle il aurait donné le titre de "Ceci n'est pas une pipe non plus". De même, Duchamp aurait pu faire un ready made avec un tuyau de poêle, ou une toile à matelas, et aurait pu avoir l'ingéniosité d'appeler ça Ceci non plus n'est pas une pipe. Vous me direz que tout cela eût fait redondant, pipeau peut-être. Oui.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 novembre 2013

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 05:12

CE CRIME GRATUIT DE LA PENSEE

 

1.
Fantômas, c'est un regard et beaucoup de nuit.

 

2.
Le suicide est-il une overdose de volonté de puissance ?

 

3.
Le mur est le plus court chemin de l'humain à l'humain. L'ingénieur qui a l'idée de placer une échelle contre ce mur, permettant ainsi à l'humanité de passer l'obstacle, est un bienfaiteur. L'humain grimpe donc à l'échelle, passe le mur, et saute dans le vide.

 

4.
La nature n'a pas de stratégie; Dieu n'a pas de parole; l'humain est une solution sans solution.

 

5.
Aussi souple que son ombre Fantômas passe.

 

Note : J'aime cet alexandrin pour son assonance finale. A quoi bon l'expliquer ? J'ai d'ailleurs toujours trouvé curieux que l'on cherche à donner un sens, une explication logique à l'emploi poétique des effets sonores, que l'on fasse siffler les serpents et ululer le vent, comme si la musique ne suffisait pas en elle-même à nous fasciner. Sont-ce les serpents qui sifflent, ou une bouilloire, ou un aéronef passant au-dessus des têtes tragiques ?

 

6.
L'humain est une solution à un problème que ni Dieu, ni la nature ne se sont posés.

 

7.
L'aristocratie, et son pendant républicain, l'élitisme, sont des injustices justifiées par l'inconscience des peuples.

 

8.
La perte de temps et le gain d'espace sont des signes évidents de la dissolution de l'empire humain dans l'immensité des tâches à accomplir.

 

9.
Le savant dans son étude est infiniment plus puissant que le plus puissant des empereurs. Quelle injustice ! Heureusement, la puissance publique n'a de cesse de sortir le savant de son étude pour un faire un ingénieur, un pédagogue, un conférencier, un auteur, bref, quelqu'un d'utile à l'aliénation du savoir au plus grand nombre.

 

10.
J'entends régulièrement dire que l'accroissement mondial des populations ne constitue pas un réel problème. Plus cyniquement encore, nos politiques européens s'inquiètent publiquement du vieillissement des générations et de la baisse de la natalité dans les états développés. Il me semble à moi que l'on ne s'y prendrait pas autrement pour préparer à moyen terme un conflit mondial (1). A moins bien sûr que l'on soit assez sottement croyant pour penser que l'humain s'accommodera facilement de vivre en surnombre (2).

 

(1) Certains pensent même qu'il a déjà commencé.
(2) C'est là peut-être le but réel de la mondialisation : la démocratie universelle, c'est-à-dire le contrôle de tous par tous.

 

11.
Ce n'est pas la poésie qui, après les massacres et les charniers, est scandaleuse, c'est l'aphorisme, ce crime gratuit de la pensée.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 novembre 2013

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 13:40

NULLA ARS IN SE VERSATUR

 

1.
"au-dessus de tout plane la patriarcale sollicitude"
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.127)

 

- Où ai-je mis mon arc ?

 

2.
"La nature est extérieure à elle-même"
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.151)

 

C'est qu'en soi, rien n'est en soi. C'est ainsi que nous distinguons le rien du néant. Et que, de ce rien, nous arrivons à faire une tension vers l'infini du tout.

 

3.
Il est heureux que nous ne soyons ni télépathes, ni télékinésistes, sinon quelle bataille infinie des cerveaux et des yeux ! Heureusement, nous devons forger nos épées. Remarquez que les drones, c'est déjà de l'oeil qui tue, du lointain assassin, de l'ailleurs foudroyant.

 

4.
Cicéron cité par Montaigne au chapitre 6 du Livre III des Essais: "Nulla ars in se versatur" (aucun art ne s'enferme en soi-même)

 

C'est bien pour ça que je vais vous pêcher, ô phrases, dans ces boîtes qu'on appelle des livres.

 

5.
"Nulla ars in se versatur" [Cicéron] : aucun art ne s'enferme en soi-même, sous peine d'être pareil au chat dans la boîte opaque, à la fois mort et vivant.

 

6.
"J'aime à contester et à discourir, mais c'est avec peu d'hommes et pour moi, car de servir de spectacle aux grands et faire à l'envi parade de son esprit et de son caquet, je trouve que c'est un métier très messéant à un homme d'honneur."
(Montaigne, Essais, Livre III, chapitre 8)

 

A voir l'agitation continuelle des médias, et l'incessante polémique à propos de telle ou telle petite phrase, on s'aperçoit que bon nombre de nos politiques et de nos chroniqueurs manquent, en effet, de cet honneur qui consiste à discuter d'abord avec soi de ce qu'il convient de dire ou de taire.

 

7.
Peu à peu, nous en arrivons aux temps où la moindre petite phrase, le moindre mot déplacé sera considéré comme un casus belli. A force de progrès, nous retournons aux temps barbares où l'on s'étripait pour une parole, un regard ou l'ombre d'un doute.

 

8.
"Nous n'allons point, nous rôdons plutôt, et tournoyons çà et là."
(Montaigne, Essais, Livre III, chapitre 6)

 

C'est que nous progressons de façon excentrique, en élargissant toujours plus le cercle de nos intérêts, de telle sorte que nous nous éloignons souvent du coeur de nos préoccupations pour avoir l'air de nous disperser, de nous dissiper, de chuter comme feuilles en automne.

 

9.
Ce ne sont pas les idées qui font évoluer les sociétés, c'est le style.

 

10.
Les étrangers sont aussi différents de nous que nous le sommes de nous-mêmes. En cela, ils nous ressemblent comme des frères.

 

11.
Qui prétend éradiquer le barbare en lui-même se trompe. La civilisation n'est pas l'extinction de la barbarie, mais sa sublimation, sa stylisation, et probablement la manière la plus raffinée qui soit de la pérenniser.

 

12.
"Nulles propositions m'étonnent, nulle créance me blesse, quelque contrariété qu'elle ait à la mienne."
(Montaigne, Essais, Livre III, chapitre 8)

 

Ne voir dans les idées que des performances linguistiques. Après tout, bien des choses justes sont si mal exprimées qu'elles ont l'air d'être fausses, et bien des sottises, dites avec style - ou exprimées dans le jargon adéquat - paraissent si vraies qu'elles emportent l'adhésion d'esprits pourtant vifs.

 

13.
L'humain file sa phrase comme l'araignée sa toile. Le but est d'ailleurs le même : piéger l'autre pour s'en nourrir.

 

14.
"Je ne trouve pas bon d'enfermer ainsi la puissance divine sous les lois de notre parole."
(Montaigne, Essais, Livre II, chapitre 19)

 

Dieu échappe au filet des syllabes. Et c'est cet indéfinissable qui conditionne toute définition.

 

15.
C'est l'inaccessible qui nous fascine. Si nous nous connaissions réellement, nous ne serions pas si fascinés par l'autre, et nous n'aurions pas créé un Dieu tout exprès pour justifier son étrange présence.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 novembre 2013

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 07:42

PUISSANCES ETRANGES

 

1.
"je sentais sur moi les yeux de"
(Gaston Leroux)

 

Vite ! Sortons notre aspirayeux !

 

2.
"mais les géraniums géants continuèrent de saigner dans nos prunelles blessées."
(Gaston Leroux)

 

Abstraction lyrique.

 

3.
"Pour nous la religion est la connaissance de l'Etre qui est proprement notre être"
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.121).

 

Pour nous la religion est la connaissance de l'Etre qui est étrangement notre être.

 

4.
Dans l'amour pour Dieu, je ne suis pas bien sûr que nous soyons deux.

 

5.
"à la place de l'oracle déchu surgit une autre volonté décisive"
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.207).

 

Sans doute, la polititique est-elle l'art de déchoir les oracles, quand bien même ils auraient eu raison. Cassandre est souvent la première victime.

 

6.
"Ce qu'il y avait de plus simple devenait aussitôt un sacrum, se pétrifiant en quelque sorte sous cet aspect."
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.224).

 

Ce sacrum étant traduit par la promulgation d'une loi, c'est ainsi que les sociétés finissent par se pétrifier dans une multitude de lois et de réglements.

 

7.
Une loi ne peut se pérenniser que par ses exceptions. Sinon, elle n'est qu'un interdit.

 

8.
La fascination pour Dieu induit le fanatisme, cependant qu'un amour modeste pour Dieu induit cette longue patience qui constitue justement l'amour de Dieu.

 

9.
"moins déterminés par eux-mêmes qu'ils n'ont pris la décision ailleurs."
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.195).

 

C'est cet ailleurs qui constitue le fondement de la puissance publique qui outrepasse si souvent son rôle de service pour se faire censeur, petit chef.

 

10.
L'ailleurs décide si souvent de notre présent que je regarde parfois l'historien comme un agent au service du passé.

 

11.
La politique est une puissance étrangère.

 

12.
Le politique habile est tout autant un expert dans l'art de ne pas décider qu'un expert du "Je vous l'avais bien dit" et du "bien sûr, à l'époque..."

 

13.
Parfois, à force de ménager la chèvre et le chou, la chèvre finit par crever de faim, et on se retrouve face à une surproduction de produits agro-alimentaires.

 

14.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'éprouve de la sympathie pour celui qui, ayant croisé Bonaparte dans la rue, a feint de ne pas le reconnaître.

 

15.
"la jalousie se manifestait, c'est-à-dire le sentiment de l'égalité, à l'égard du talent particulier"
(Hegel traduit par Gibelin, Leçons sur la philosophie de l'Histoire, Librairie philosophique Vrin, 1963, p.195).

 

Certes, les talents particuliers sont parfois insupportables, mais ils sont la condition de la pérennité des masses, de telle sorte qu'une société ouverte est une société qui sait le mieux utiliser les talents particuliers, cependant qu'une société se condamne elle-même en faisant systématiquement valoir le principe d'égalité contre la subjectivité décisive.

 

16.
"comme un chien suit son maître ou un policier son gibier"
(Gaston Leroux)

Et le chien policier, il suit à la fois son maître et son gibier.

 

17.
"Pourquoi ce fossoyeur sinistre"
(Gaston Leroux)

 

Dès que l'on veut donner une épithète à "fossoyeur", on est vite limité. S'il n'est pas sinistre - et il n'est pas obligé de l'être -, que voulez-vous qu'il soit ? Pince-sans-rire ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 novembre 2013

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 17:08

IL EST QUE J'AIME ECRIRE

 

1.
"Et s'est montré vivant aux infernales ombres"
(Racine, Phèdre, II,1, v.386 [Ismène à Aricie])

 

Et le gaillard pas épouvanté, il s'est - était-il bourré qu'il a ainsi montré sa fraise de vivant incrédule à ceux d'en bas, aux âmes qui flottent sur l'autre rivage, ces infernales d'une autre éternité, ces ombres sans chair, sans visage et sans nom ?

 

2.
"On ne voit point deux fois le rivage des morts"
(Racine, Phèdre, II, 5, v.623 [Phèdre à Hippolyte])

 

On ne batifole pas ainsi là-bas; on ne part pas là-bas en goguette; on n'y voit rien de drôle. Je mettrai, moi, un point final à vos fantaisies, ô mes yeux ! Deux zigotos ne vont pas deux fois me rouler dans leur regard. Le lointain étrange n'est pas pour vous. Le rivage aux ombres, vous n'irez plus ! Des reflets sombres vous en restent. Les morts, c'est pas un spectacle.

 

3.
D'où me vient cette tristesse étrange ? Le plus curieux étant que je ne suis point triste... Ah le prestige du triste en poésie !C'est qu'il y en eut, des comiques à larmoyades existentielles, des auteurs à vous mettre dans l'être de ce confus dont on fait des confitures de cafard... D'où me vient cette tristesse étrange ? - De la vaine vie ? De mes amours mortes ? De la pérennité du n'importe quoi dont on cause ? Du grand tourment de ce monde ? Non, du fatras plutôt, du foutoir dans ma bibliothèque !

 

4.
Ce qu'on en écrit des bêtises quand on écrit ! Qu'on le sait bien ! Qu'on se dit : "Pourquoi ça l'ai-je écrit ?" C'est stupide; c'est puéril; ça ne fait pas avancer les choses d'un iota; ça ne donne rien que le plaisir de s'être épanché; c'est qu'une chose inutile, que ça vous fait une image de prétentieux, de personnalité incomplète, qui a besoin de sa béquille de syllabes, de sa jambe de papier... Ce qu'on en écrit de bêtises quand on écrit ! Qu'on le sait bien ! Qu'on se dit : "Il est que j'aime écrire, alors tant pis !".

 

5.
"C'était un songe, oh ! oui, tu n'as jamais été !"
(Jules Laforgue, Marche funèbre pour la mort de la terre)

 

C'était quoi toute cette agitation ? - Un rien, même pas une seconde... Songe, songe, tu ne fus jamais que songe... Oh ! tu y as bien cru pourtant ! Si réel, oui, si réel, que ça avait l'air le réel ! Tu as fait ton même pas temps...Tu n'as même pas vu que les choses s'échappaient... Jamais tu n'as vu les choses telles qu'elles sont... tu as été la dupe de l'être.

 

6.
"Je voudrais écouter toujours ce cor de chasse!"
(Jules Laforgue, Complainte des formalités nuptiales [Elle])

 

Je ne veux pas aller au restaurant... Je voudrais plutôt écouter encore, écouter toujours cette musique de cor... Toujours cette musique de cor me hante... Ce cor m'enchante comme la sirène le marin... Ce cor lointain, que je suis la seule à entendre... Ce cor de là-bas, ce cor qui revient d'une chasse à courre dans le passé.

 

7.
"On vient de se lever. Les sueurs de la nuit"
(Jules Laforgue, Intérieur)

 

On a dormi longtemps (ou pas); on vient d'émerger, tout fripé d'son âge; on vient d'se tirer des draps : c'est qu'il faut driiin se lever, se lever, se laver, déjeuner puis aller travailler. Les heures passent vite ; en été les sueurs, en hiver les froideurs; de la pluie en automne, de la pluie au printemps. La vie passe ainsi, la nuit aussi; on a dormi longtemps (ou pas).

 

8.
Dès qu'il fut mort, Mazarin, le 9 mars 1661, le lendemain même ai je lu - c'est qu'il n'a pas tardé, le jeune roi Louis XIV - il a 23 ans alors - le jeune soleil dansant, le roi que la fronde avait failli abattre - annonce - et quand le roi parle, n'est-ce pas... -que j'aime vos beaux yeux, ô belle d'hier, car le vert est une belle couleur oculaire, vraiment ! (1) le ministre donc - je vais me servir un café tiens, et non, je ne pense pas que la crise soit finie (2) - il ne sera, je l'imagine bien sous son grand chapeau, car pas nue-tête qu'il est, dans le film Louis Enfant-Roi, pas remplacé qu'il sera le ministre, et voilà.

 

Notes :
(1) Non, Louis XIV n'a pas annoncé ça puisque c'est moi qui le dis maintenant. Pourquoi ? Parce que j'en ai envie, voilà.
(2) Louis XIV n'a pas dit ça non plus. Y a-t-il seulement pensé ?

 

9.
Une fois que l'on bien assimilé, ça, une fois qu'on a pigé, intégré, qu'on l'a dans la tête, la vérité, on n'a plus qu'à en tirer la conclusion que, puisqu'on a compris qu'on est condamné à être seul - le secret, c'est ça, qu'il vaut mieux pas compter sur la présence; ce serait s'éberluer, s'illusionner, que de croire en la présence - vaudrait mieux crever, mais on n'en a pas le courage, pas l'envie, et sur cette idée qu'on reste là, à contempler l'heure qui passe, qui égrène ses minutes de solitude.

 

10.
La procrastination est une manière d'esquiver "le vertige des moyens" (est-ce une expression sartrienne ?). En effet, on a souvent l'impression que si l'on fait cette chose (que, du reste, l'on doit faire), cela entraînera fatalement une foule de petites choses à faire (sans compter les imprévus), lesquelles  induiront tant d'autres petites choses à faire que, soudain, vous regardez le futur de ce que vous avez à faire comme une source d'enquiquinements assez certaine pour que vous ayez envie de rester là, à fumer, à boire du café, à penser à Marcel Proust, ou à l'endroit où vous avez bien pu ranger ce fichu papier.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 novembre 2013

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 12:21

SOUVENT FOL SOURIT ET LUCIDITE GRIMACE
En parcourant Nietzsche traduit par Georges-Arthur Goldschmidt, Ainsi parlait Zarathoustra, Le Livre de Poche n°987.

 

1.
Que "le midi le plus brûlant n'ait pas encore été découvert pour l'homme" (cf p.203) ne signifie pas que Nietzsche soit un prophète du réchauffement climatique. Ceci dit, si nous finissons par griller comme des saucisses, il aura eu raison, le Friedrich, mais comme les bibliothèques seront alors aussi en flammes que tout le reste, peu importera, et autant en emporte l'enfer.

 

2.
Peut-on avoir l'oeil sur ses lointains (cf p.276) ? Y verrions-nous alors débouler ces hordes barbares qui engloutirent l'empire de Rome ? Ou notre ombre, cheminant vers notre fatalité.

 

3.
Peut-on à nouveau tourner son coeur ? (cf p.123) Amusant, cette idée de coeur tournant, sur le pivot de l'âme, je suppose. Mécanique donc. Un montage à l'intérieur d'un mannequin.

 

4.
Que bannit-elle d'elle-même ? (cf p.268) Ce qui suppose quelque royauté. Même si elle crache des crapauds. Tiens, il pleut.

 

5.
Pourquoi croire plutôt à l'homme dans la lune qu'à ? (cf p.169) L'événement est enfermé dans son passé comme un dieu dans son univers. Ce qui l'atteste, ce sont les documents. L'humanité est une infinie machine à produire du document. L'être humain est le documentariste d'un dieu auquel il faut bien croire, sinon l'idée même d'une bibliothèque infinie n'aurait pas plus de sens que les mots du philosophe ou le vélo de ma grand-mère.

 

6.
Pourquoi mourra-t-il, un jour, en étouffant de rire ? (cf p.256) Sans doute parce qu'il n'y a pas de quoi.

 

7.
Ontologie de petit déjeuner : j'imagine que l'âme coule par les trous de l'être comme de la confiture par ceux d'une tartine.

 

8.
Pourquoi souvent l'esprit ment-il au sujet de l'âme ? (cf p.274) L'esprit, il est menteur, sinon, il pourrait pas se supporter. Quant à l'âme, elle est belle. J'ai bien l'impression que l'humain a inventé l'âme pour se consoler des noirceurs lucides de son esprit.

 

9.
Souvent fol sourit et lucidité grimace.

 

10.
On ne murmure pas à l'oreille d'un cheval mort.

 

11.
Cohérence et incohérence : le pile et le face d'une pièce de monnaie que Dieu a lancé dans le noir et qui n'en finit pas de vibrer-r'tomber.

 

12.
Murmurer à l'oreille d'un cheval fou : cela paraît impossible, à moins d'avoir hypnotisé le dada. Cela est-il possible au moins ? J'en pense qu'il faut être fou soi-même pour vouloir murmurer à l'oreille d'un cheval fou. Mais si ça se trouve...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 octobre 2013

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 19:30

ABSURDEMENT SIGNE
En parcourant le Figaro-Histoire n°10 et ce qui y est dit des Etrusques.

 

1.
Qu'est-il arrivé à la langue étrusque ?

 

Elle a perdu son souffle. Le latin l'a mangée. Elle a rejoint le peuple des syllabes éteintes. Elle ne nous parle plus. Elle nous fait absurdement signe.

 

2.
Qu'avait-on, "racontait-on", du temps de Romulus, "interdit sous peine de mort" aux femmes romaines ?

 

De se pinarder. Elles devaient donc avoir la tête bien logique, les Romaines d'alors.

 

3.
Qu'exprimerait "le plongeon de la tombe de la Chasse et de la Pêche" ?

 

Un définitif. L'aller simple pour l'autre côté des choses, pour l'au-delà des regards, là où il n'y a plus d'yeux ni pour voir, ni pour être vu.

 

4.
Que pense Denys d'Halicarnasse de l'origine du peuple étrusque ?

 

Qu'il n'a émigré de nulle part et qu'il a toujours été là. Comme les fantômes, les Etrusques viennent du vivant et demeurent en place du vivant.

 

5.
Pourquoi, selon Aldous Huxley, cité par Jean-Louis Voisin à la page 49 du Figaro-Histoire n°10, l'étrusque est-il "la meilleure base pour l'éducation d'un gentleman ?"

 

C'est que, vu qu'on y pige que couic, l'étude de l'étrusque est donc vertigineusement inutile. En effet, tant qu'on ne la comprend pas, la langue étrusque est dénuée de toute prétention à nous apprendre quelque chose. Comme le Kobaïen, et comme la langue du Manuscrit de Voynich, elle n'a que sa beauté à offrir.

 

6.
Dans quel but le lièvre avait-il été dressé ?

 

Dans le but de "se réfugier dans cette tombe, qui avait été déjà repérée" écrit Dominique Briquel. C'est peut-être bien le lièvre du temps, celui qui dans la même tombe revient toujours se réfugier. Ou un lièvre fantôme, revenant d'un être aux syllabes ignorées.

 

7.
Qu'est-ce donc, page 83, que "ce tombeau" ?

 

Une imagination, un fantasme, celui du tombeau-labyrinthe, à l'image de la pyramide à malédiction, comme s'il fallait empêcher le vif intrus, le non-initié, de pénétrer dans la chambre des morts.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 octobre 2013

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 05:36

IL N'Y A PAS DE TEMPS NORMAL

 

1.
Lu dans le Figaro Histoire d'octobre-novembre 2013 "... la manière dont leur existence se déroulait en temps normal".
Il n'y a pas de temps normal. Le temps ne donne l'illusion d'être normal que par rapport à l'intensité des crises qui le secouent. La nature du temps est essentiellement critique.

 

2.
La politique est l'art de gérer l'abîme par la cime. Dans le meilleur des cas.

 

3.
Cette expression, relevée dans le Figaro Histoire : "le risque de subversion sociale".
Sans doute est-ce là le lot de toute société évolutive : risquer, à tout moment, la subversion sociale, laquelle peut d'abord passer par la revendication si légitime d'une nécessaire libéralisation des moeurs. C'est par cette légitimité que passe aussi la racaille.

 

4.
L'une des caractéristiques de la racaille : elle s'adapte aussi bien au conservatisme qu'au libéralisme. Je crois tout de même qu'elle préfère le libéralisme. Il est plus riche en opportunités.

 

5.
Il est parfaitement hypocrite de refuser de voir que dans une économie mondialisée, il vaut mieux embaucher un étranger qui veut travailler que deux autochtones qui ne veulent rien fiche. En 2013, ni la gauche si républicaine, ni la droite dite décomplexée, ne veulent reconnaître cette évidence.

 

6.
Dans le Figaro Histoire : "les textes gardent le souvenir de graves troubles sociaux".
Mission de la littérature : garder le souvenir des troubles, sinon du trouble lui-même.

 

7.
Bel emporte-pièce sous la plume de Vincent Tremolet de Villers, dans le Figaro Histoire : "Dans le doute, il serait plus prudent d'exiger sans délai une loi de séparation de la Laïcité et de l'Etat."
C'est que l'homme de type humaniste compatissant, dont rêvent les républicains, est certainement aussi nocif et illusoire que le citoyen honnête, respectable et égotiste, de la tradition bourgeoise.

 

8.
Ce n'est pas par les masses qu'évoluent les sociétés, mais par les exceptions.

 

9.
Les villes bouillonnent. Les esprits tournent vinaigre. Les temps critiques induisent des retraits, des discrétions, des mises au vert.

 

10.
L'argent, s'il est le nerf de la guerre, est aussi le ventre de la paix.

 

11.
On ne calme les peuples qu'avec du sonnant et trébuchant. Qu'il vienne à manquer et l'on s'aperçoit bien vite que l'Etat-providence n'a qu'un temps avant que les économies parallèles et les troubles menacent réellement les grands équilibres sociaux qui font les carrières des politiques.

 

12.
Il n'y a pas d'hommes libres et égaux en droits (quelle bonne blague !) ; il n'y a que des forces de travail.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 octobre 2013.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 03:51

ET CETTE NOBLESSE D'ACTEUR

 

1.
Selon Pascal Quignard citant Tchouang-tseu, "à quoi donc l'homme s'imagine qu'il ressemble ?"

 

Je ne sais si les animaux ont cette faculté de s'imaginer autrement qu'ils sont. Les humains ont ce ridicule, et cette noblesse d'acteur.

 

2.
Selon Pascal Quignard, que sont les bêtes "avant même d'êtres désirantes" ?

 

De purs fantasmes. Puis elles dévorent. De même, les autres sont des rêves d'autres, avant qu'ils referment sur vous la puissance de leurs mâchoires, le cercle de leurs mots, la providence de leur bienveillance.

 

3.
Lisant Quignard, je tombe sur l'expression "moi universel". Voilà bien le genre de "moi" qui me hérisse. La seule chose que j'ai de commun avec les autres, c'est justement de me demander ce que j'ai de commun avec les autres. Je n'aime pas me sentir tube digestif propulsé par deux jambes et remuant mes bras pour attraper des choses.

 

4.
Si le monde était plein de gens qui ont réellement des raisons valables de se plaindre, nous serions de bien étranges seigneurs.

 

5.
Pascal Quignard pose la question suivante : "Comment Hu-Tzi fit-il fuir la sorcière ?"

 

Moi, j'en sais fichtre rien. D'autant plus que je n'ai pas compris la réponse donnée par Quignard à cette énigme. Je suppose que Hu-Tzi a fait fuir la sorcière en lui montrant l'avenir des humains, et plus particulièrement les épouvantes du XXème siècle. Elle a dû penser qu'un réel aussi férocement inventif se passerait désormais de ses services et a dû s'envoler vers d'autres temps.

 

6.
Belle notation de Pascal Quignard sur "l'endeuillé" qui "voit soudain derrière la vitre de l'autobus, le mort." Qui rappelle aussi le beau "Sous le sable" de François Ozon. Qui rappelle nos rêves d'anciennes maisons. Qui rappelle que ni la mort ni la douleur ne sont des illusions.

 

7.
Peut-être que ce que nous trouvons dans le visage de l'autre, c'est une preuve de ce "moi universel". Il peut certes me fasciner, jamais il ne me retient. Ce moi-là est tout en mâchoire et en gouffre.

 

8.
Existe-t-il une culture où il est dans les règles que l'on assassine celui-là même qui vous a sauvé la vie ? Le bon sens, et la foi en ce dieu du droit naturel, nous feraient dire que cela paraît peu probable. Mais le bon sens et le droit naturel sont si illusoires.

 

9.
Quelle expression utilise Pascal Quignard pour désigner Marie D'Enghein ?

 

Il écrit qu'elle est "plus belle qu'elle-même". Je ne sais d'où vient cette expression puissante qui souligne qu'être humain, c'est être plus que soi-même, c'est tendre à être plus que soi-même, c'est ne pas se résoudre à n'être que soi-même.

 

10.
Selon Pascal Quignard, que se passe-t-il "dès qu'on cherche le perdu" ?

 

Il apparaît. L'essence du perdu est spectrale. Sinon, il se dissout dans l'oubli.

 

11.
Je retiens du dernier paragraphe du chapitre XLIV ("Hu Tzi") des Paradisiaques de Pascal Quignard l'expression "mélancoliques errants". Je conçois la mélancolie comme l'art de refuser d'être affairé. Aussi le mélancolique est-il un expert du "J'aimerais mieux pas", qui fait son malheur et son ivresse.

 

12.
Ne fréquentez pas trop les autres : ils finissent par jalouser jusqu'à votre médiocrité.

 

13.
Je ne passe guère de jour sans me rappeler l'épithète de "cynique" dont, il y a quelques années, me gratifia un inspecteur d'académie. Ce qui prouve aussi que je suis rancunier.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 septembre 2013

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