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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:49

COR DU FOURBI AVEC SON HISTOIRE DRÔLE

 

1.

Le « Fu Man Chu » de Robert Charlebois : Tout de même plus marrant que Pink Floyd et tout aussi rock n' planant.

 

2.

Des fois qu'on prendrait les ouailles du Seigneur pour des ailés sauvages et pis qu'on franchirait le mur du son.

 

3.

« Deux filles se parlent en tenant leur jupe.

Un chien traverse la fin de la minute. »

(Ariane Dreyfus, « Le cinéma lumière »)

 

4.

« et les ombres portées des chevaux de la mort descendant vers le fleuve »

(Bernard Delvaille, « J'ai laissé tant d'amour »)

 

5.

Est-ce parce que les chevaux pleurent, dit-on, à l'approche de l'abattoir qu'ils sont si souvent les « chevaux de la mort » ?

 

6.

Est-ce parce que les humains ont tant de fois mené les chevaux aux massacres des vivants qu'ils sont si souvent les « chevaux de la mort » ?

 

7.

« t'y pourrais jouer ton big band

dis

ta baby en bigoudis

pépie-lui Lady Be Good

oui

dégourdis ton gazouillis »

(Jacques Demarcq « La fauvette babillarde »)

 

8.

Deux longues filles longuement se - la rue passe - parlent - des yeux partout en soleil qu'elle est - tenant d'leurs longues mains leur - mais y a un peu d'vent – zont jupe tenue mais pas leur langue.

 

9.

Si sa langue consentait à se délier, à la statue bleue que traversent les nuages j'irais demander mon chemin.

 

10.

Alors le piano palpita, puis de plus en plus trépidant, se mit à honky-tonker de l'air que pour vous presser prennent les minutes.

 

11.

« Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes »

(Théodore de Banville, « Querelle »)

 

Lorsque dans l'ailleurs d'autrefois

Ma perdue ma partie ma

Sœur ma belle d'autre vie

Et les oiseaux et les chansons et

Moi mon ombre et mon dos

Dans les villes dans les spectres

Les choses et leurs noms les

Forêts et les légendes et comme elles étaient

Profondes ces forêts nous ne revînmes jamais.

 

12.

Cézigue rentre bourré outre à la casa et quatre heures du mat'. Se fait accueillir par bobonne et son rouleau à flanquer des tartes.

 

13.

Stat'heur'ci qu'tu rentres, eh pochtron qu'tu pourrais cracher du feu à la foire à bricoles ! T'as pas honte de t'êt' rincé et plus que, cochon ?

 

14.

Je m'a p'têt' rincé, balbubredouille cézigue, mais moi… moi… moi… j'ai pissé dans des gogues en or !

 

15.

Des gogues en or ! Mais oui, patate, que je vas te croire, des gogues en or ! Va te pieuter, picolo, t'y verras plus clair t'à l'heure !

 

16.

T'à l'heure, cézigue se lève la tête tout clous et brume. Alors, ricane l'épouse, t'as-t-y toujours pissé dans des gogues en or ?

 

17.

Cézigue se soulève lentement une paupière et répond à l'outrecuideuse qu'il va lui montrer lui le troquet aux chiottes en or oùsqu'il. Si.

 

18.

Voilà ceuzigues en quête des toilettes dorées. 1er bistrot : se font jarter. 2ème estaminet : se font jarter. 3ème bar-tabac : se font jarter.

 

19.

Jusqu'au moment où : « Eh, Raymond, viens voir, il est r'venu, ch'gus qu'a pissé dans ton saxophone ! »

20.

« Le vélin écrit rit et grimace, livide. »

(Alfred Jarry)

 

Le papier noirci manuscrit le

Vélin bouquin damné

Ecrit par on n'sait qui on n'sait quand

Rit de ses diableries

Et promet des envoûtements

Grimace des sorcelleries, puis, pitre macabre et

Livide, disparaît au fin fond de l'infini bibliophile.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er juin 2015

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 08:40

AUJOURD'HUI ZUT LIT UN SONNET DE JULES LAFORGUE

 

1.

Zut mélancolise que tout l'ennuie, dans l'aujourd'hui d'alors et le présent de la page.

 

2.

Zut s'enquiquine ferme, à en baver du néant, oui, mais tout de même, elle a un rideau.

 

3.

Zut zieute le ciel aussi rayé qu'un vieux disque d'été, rayé de gris et de pluie, un vrai zèbre triste.

 

4.

Zut se dit que la brume, c'est rien qu'une ramoneuse qui revient du boulot.

 

5.

Zut se dit que les flaques, si elles avaient des yeux, elles verraient défiler les ombres des bipèdes à moustaches et parapluie.

 

6.

Zut prend son cerveau pour un tiroir qu'elle en jette ses yeux dedans, même que le réel pourrait bien s'dépiauter, elle verrait nib.

 

7.

Zut mélancolise et prend son doigt pour une plume et la vitre pour ses mémoires.

 

8.

Zut se décide à mettre dehors son nez et le reste aussi des fois que

 

9.

Zut déplore le manque de nouveautés fictionnelles remarquables : que relou relu. Et pis d'la gadoue.

 

10.

Zut note que les passants ne prennent pas tous leur cerveau avec eux quand ils sortent ; certains, on dirait des poulets décapités.

 

11.

Zut ne rencontra âme-qui ce jour-là. En conclut que le réel lui était bien plus étranger qu'elle le pensait jusqu'ici. Ce qui la fort cogita.

 

12.

Comme elle vit passer une tuture à dadas, elle pensa qu'on devait tourner un film, à moins qu'elle ait baguenaudé dans le temps.

 

13.

« Tout m'ennuie aujourd'hui. J'écarte mon rideau. »

(Laforgue, « Spleen »)

 

14.

Tout son contraire aujourd'hui

M'ennuie s'dit Zut

Aujourd'hui oui oui

J'écarte y a d'la pluie

Mon cuide-âme spleene

Rideau de morne scène

 

15.

« Je mange, et bâille, et lis, rien ne me passionne... »

(Laforgue, « Spleen »)

 

16.

Je s'dit Zut et pis ?

Mange du riz

Et et et rien !

Bâille et circonflexe

Et et et rien !

Lis et et et

Rien ! Je

Ne ni je

Me que nib

Passionne bouh !

 

17.

« Des ombres vont, glissant parmi les flaques d'eau. »

(Laforgue, « Spleen »)

 

18.

Des éclairs

Ombres zouf

Vont zouf zouf

Glissant a passent

Parmi les genouillères que

Les au trottoir font les flic

Flaques que floc

D'eau qu'c'est.

 

19.

Zut, de sa fenêtre, voit passer les ombres et se demande ce qu'il y a dedans.

 

20.

« Je regarde sans voir, fouillant mon vieux cerveau »

(Laforgue, « Spleen »)

 

21.

Je zoeille pis m'dis

Regarde bien petit

Sans blague !

Voir quoi ?

Fouillant d'mes yeux

Mon monde c'est tout du

Vieux pis

Cerveau froid.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er juin 2015.

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 13:44

UNE HISTOIRE DRÔLE AU MILIEU D'UN FOURBI

1.
« C'était, dans la nuit brune,
        Sur le clocher jauni,
                   La lune
Comme un point sur un i »
(Alfred de Musset)

2.
Que donc, je me bilboquais la pensance, arpentant la ville aussi déserte que tête de mort dans un placard condamné et que

« Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte » (Maupassant)


bien qu'aussi que quelque chien chouine long loup au fond d'là-bas d'la ville.

3.
Que soudain, je savions point d'où que j'étais cause que

« Sous les noirs acajous, les lianes en fleurs,
Dans l'air lourd, immobile et saturé de mouches »
(Leconte de Lisle)

pendouillaient jusqu'aux souches oùsqu'elles se foutassaient en boulasses de p'lotes : d'où qu'j'étais donc ?

4.
Sur les toits, des perroquets, que Leconte de Lisle affuble de querellerie splendide, captain-haddockaient de grands crics qui croquent. Les singes pleins de faroucherie gueulaient itou et tout zigzagant dans les gouttières.

5.
J'étais pus dans la rue, j'étais plus dans ma ville, j'avais versé dans l'ailleurs, dans l'là-bas ; ici n'avait plus la même tête.

6.
Etais-je dans « le rêve du jaguar » ? Dans le « trouble » des « grands lézards » et toutes ses tropicalesques, au Leconte (lequel était de Lisle comme Jean de La Fontaine, et ma postière d’Issy-les-Moulineaux) ?

7.
Aurais-je zété ellssedifié, envoûté, empapaouté, cauchemardé par quelque sorcier caché ? Serait-il que je ne sois même plus moi.

8.
Là je parenthèse pour citer Jean-Louis Murat dans « Col de La Croix-Morand » : « Un sentiment si lourd qu'il m'enterre, mon amour ». Si.

9.
Devant tout ce tropical tintouin, j'avais plus qu'à retirer l'échelle en espérant rester accroché au pinceau.

10.
C'est des fois qu'c'est comme s'ils étaient écrits en deux langues, les bouquins, la langue des étant humains et la langue des autres dieux.

11.
Des fois qu'on n'est qu'sous ses paupières, à recycler l'passé en hallucinance.

12.
Des fois qu'le môme rentrerait tout ouinant dans la cuisine, et qu'on entendrait des nom di djou dans l'fond du pavillon.

13.
Des fois qu'sa daronne au ouinant moutard inquisiterait sur la cause du niagara.

14.
Qu'alors le kid répondit que son fati s'estot fouti un coup d'marteau sur l'un d'ses dix attrape-cerises.

15.
Qu'il n'y a pas d'quoi crailler des rivières qu'elle répondrait la mère, qu'au contraire, ça aurait dû l'esclaffer, qu't'aurais dû rire, môme !
- Mais c'est qu'est-ce j'ai fait, qu'il répondit Tony.

16.
« Je ne croyais pas, certes, que tes édits eussent tant de pouvoirs qu'ils permissent à un mortel de violer les lois divines : lois non écrites, celles-là, mais intangibles. »
(Sophocle, « Antigone » traduit par R. Pignarre, [Antigone à Créon])

17.
Moi, Antigone, elle me fait tartir avec ses lois divines qu'un mortel ne doit pas violer que sinon elle préfère crever la gueule ouverte. Une paire de claques, oui ! Et retour au lycée, la morveuse, à préparer sciences pos, et puis sortie de là, se marida avec un jeune et têtu ténor d'un parti en vogue, et puis ça fera la blague.

18.
Les dieux, Antigone, les dieux ont l'élégance, ou la prudence, de se contenter d'être.

19.
La noye ruminait, black la vache, avec d'la queue en cadence à valser les astres, et des effets de rien qui lui zébraient les oculaires.

20.
La noye passant du blou au black, miss-la-lune, en accrochant son bas à un vieux clocher jauni rouilli roussi poussi un cri iiiiiiiiih qui bien que muet produisit son effet.

21.
« Tous ceux qui feront de la télévision devront, volens nolens, prendre conscience qu'ils ont un rôle d'éducateur du seul fait que la télévision est regardée par des enfants et des adolescents. »
(Karl Popper, « La télévision : un danger pour la démocratie, traduit par C. Orsoni, in Michel Onfray, « Antimanuel de philosophie », Editions Bréal)

22.
Dès qu'on interventionne dans le réel, on sert d'exemple. Et vu qu'on n'est pas des saints, ou qu'on les a faciles, la gourance et la fourvoyance dans l'maladroit, autant guignoler gentiment, sous peine de faire pire que mieux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juin 2015

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 14:21

OUI, LIBERALE MA POMME, JE SIGNE, PERSISTE

A mon avis, ce n'est qu'en libérant la production que l'on pourra ouvrir les frontières aux migrants. La libération de la production augmenterait les besoins en main d’œuvre. Certes, les risques de surchauffe économique sont si nombreux que la prudence politique paralyse toute volonté d'alléger sérieusement les contraintes qui pèsent sur bon nombre de secteurs d'activité. Cependant, nous n'avons guère le choix : ou nous étoufferons sous le poids du chômage de masse,ou nous nous battrons debout, en assumant nos responsabilités. La solution chrétienne du partage des richesses (cette parenthèse dans la pensée que l'on appelle « socialisme » n'étant jamais qu'un avatar laïque du christianisme) est évidemment généreuse, mais utopique. Qui accepterait longtemps de travailler beaucoup pour nourrir des gens qu'il ne connaît pas et dont il ne partage pas les valeurs ?

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 juin 2015

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 12:44

TAKE A RUNNING JUMP ET AUTRES ŒUFFERIES

1.

« Quand je suis tout de feu, d'où vous vient cette glace ? »

(Racine, « Phèdre », V,1, v.1374 [Hippolyte])

2.

Le feu renard plein de rage dévoreur des horizons

Et la glace où se jette l'incendie de ta chevelure.

3.

Les chansons, ces trous de serrure par où l'infini a l'air de vouloir passer du côté d'nous autres.

4.

Que les ténèbres nous dicteraient le dit des ombres à nos oreilles la nuit quand nous croyons rêver.

5.

J'aime les chansons nez d'clown, et puis pied d'nez, doigt d'honneur, plume la lune, et puis cactus et chardon d'orfèvre.

6.

On croit avoir appris à l'école que la coutume romaine était que les gladiateurs, avant d'aller s'entrétriper, saluent ainsi l'empereur : « Ave Caesar, morituri te salutant ». D'après ce qu'on dit, cela n'aurait été prononcé qu'une fois, à l'occasion d'une naumachie (représentation d'un combat naval), qu'afin d'y faire périr quelques renégats l'empereur Claude avait commanditée. D'autres même disent que c'est une invention d'Hollywood (ce qui est curieux puisqu'il existe une toile de Jean-Léon Gérome datée de 1859 et qui porte ce titre). « Ave Caesar, Morituri Te Salutant », c'est bien beau tout de même dans le genre tragique à peplum, même si ça prouve assez que l'Histoire qui balade ses lambeaux dans nos pommes, c'est rien que costumes hétéroclites dont on affuble des pas d'chair pas d'os.

7.

Avoir quelqu'un dans la peau : aimer passionnément, à n'en plus pouvoir le décrocher, ce lézard amoureux qui vous court la couenne, vous tressaute le palpitant, vous lézarde, vous faille.

8.

« Seigneur, depuis six mois je l'évite et je l'aime »

(Racine, « Phèdre », IV,2, v.1129 [Hippolyte])

9.

Seigneur, ô mon daron, voilà un bail que j'l'esquive et que je la kiffe tant que je l'ai dans la peau, la grande blême, la grande blême du palais.

10.

« Harold the Barrel cut off his toes and he served them all

For tea »

(Genesis, « Harold The Barrel », chanson pop baroque assez)

Une salade d'orteils, histoire de mettre les pieds dans l'plat.

11.

Je suppose que ça a déjà été dit le baroque casse la baraque, mais que voulez-vous, je m'amuse d'un rien.

12.

Qu'un jour qu'on voit limpide couler le fleuve des morts et qu'on se dit que sois poli maintenant qu'ça suffit nom di dji.

13.

« Et le fleuve des morts limpidement vu »

(Pierre Jean Jouve)

14.

Qu'un éclat du soleil sur le fer d'une lance d'il y a des siècles se ferait éclair maintenant pour te foudroyer, ô saloperie.

15.

Zut écrit des tas d'trucs lunaires, c'est qu'elle n'a pas envie de se laisser bouffer toute crue par les rêves, lesquels lui battent la campagne.

16.

Qu'on aurait du luneux plein la caboche, qui roulerait sa bosse dans nos rêveries, et pis chuté d'une chanson de Malicorne.

17.

Qu'on serait les tatouages d'un géant lutteur, qu'on se plisserait, déplisserait, disparaîtrait et réa, au rythme de ses roulements des mécaniques.

18.

Qu'les chansons auraient bu toutes les larmes et qu'un soleil clair comme vin nouveau éclaire les mirettes.

19.

« Je suis aveugle, on me plaint

Et moi je plains tout le monde »

(« Le Luneux », chanté par le groupe Malicorne, « Almanach », 1976)

20.

J'aime bien le « take a running jump » qui termine le « Harold The Barrel » de Genesis, avec cette note qui s'enfuit dans la perspective où se profilerait Alice.

21.

Alice à la hache à trancher les nœuds du réel.

22.

Comme une fille qui boirait d'la bière dans un bar là-bas, avec une amie, et qui parlerait de poésie dans une langue que je ne connais pas.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 juin 2015

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 02:12

MORITURI TE SUSPIRANT

1.

L'escalpince était plein d'la pipelette trucidée ; comme quoi le carton scotché à la loge ne mentait pas.

2.

L'fixant d'son grand œil, elle tenta de le télépather, mais sa mirette rebondit sur comme un mur façon balle au squash.

3.

Qu'elle ouvrirait la forêt comme si les feuillus, c'était d'la vaste fenêtre qui donnerait sur une épée à mystères et autres celteries.

4.

Des fois, j'ai l'impression qu'les choses me sucent mon temps.

5.

Vampirie, tout n'est que vampirie, d'la draculance qui vous vampe-suce le temps pour vous snober qu'zêtes que gueux !

6.

L'éternité, en voilà une bégueule, une fière-cul, une qui vous file entre les jours, pis qui vous plante tout long dans l'sapin.

7.

Le frisson qui me prit la première fois que j'ai entendu « Morituri Te Salutant » chanté par Catherine Lara, genre qu'une église de dans le temps me remontait la plante, m'annexait le spéculant.

8.

Pourquoi j'aime les chansons ? Cause que la voix est blanche, la voix est nègre, la voix est pleine de racines et de ciel.

9.

Faisait un soleil fripé, couille d'un dieu mort.

10.

Qu'les mots seraient des pièges à loups blancs qu'on croit voir, connaître, reconnaître, qu'on en sait des trucs qu'au bout on a rien vu rien pigé rien saisi.

11.

Qu'les voix des chansons, ça serait les voix de ceusses qui sont plus qu'osses et qui nous disent l'ironie du temps.

12.

« Dans ma ville il n'y avait pas de parcmètres

Je voyais des ouvriers manger des sandwiches à l'omelette »

(MC Solaar, « Obsolète »)

13.

Qu'les feuillus y s'croiseraient pour aller chercher le tombeau d'un inconnu dans le berceau des cendres.

14.

Qu'la solitude serait un manteau si long si lourd qu'on s'y endormirait qu'les autres manteaux parleraient de vous comme on cause des morts.

15.

Ce qu'ils émiettent du ratelier, les autres, c'est du roman à n'y pouiquer que nib, des histoires de ciel à sardines.

16.

Qu'on nage dans l'gris-bleu d'une ville où l'on ne devrait plus être

Qu'est-ce qu'on fiche cor là que tout s'étrange autour d'nos os ?

17.

Avec cet écho d'autre voix sur la dernière syllabe de « Salutant » ; un frisson j'vous dis - d'autre voix d'autrefois c'est d'l'autant dire.

18.

« Pour vous je serai l'archange maudit

Du fond des eaux monte la nuit

Je ne sais plus écouter tout bas

Comme la fin d'un écho

Le sombre rire de la mort

 

Morituri te salutant miserere domine »

(Daniel Boublil, « Morituri », chanté par Catherine Lara)

19.

Y a pas d'quelconque, qu'on y gratte et on y trouve du quelqu'un, du quelquefois, du souvent, d'la syllabe luttant contre le vent.

20.

Qu'le vent pondrait des yeux qui nous fourmilleraient la mémoire, nous arrimeraient à des visages qu'on r'connaîtrait quand même.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 juin 2015

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 14:17

FRITTATA D'AMUSETTES

1.
Qui sème le vent… tous les jours ça… qu'il y en a même qui font valser les sabliers… des fois ça tempête, ça, l'humain, ce machin entre les coups.

2.
Si elle est comme un rêve, gaffe quand même que la mâchoire du réel ne te croque-mâche trop vite.

3.
L'éclair de ses lèvres, et du coup la foudre de son sourire…

4.
Attaquer le dur… se coltiner le tangible... la fée morveuse de la réalité…

5.
« bilanguisme » : j'aime pas. Pourquoi ne pas garder « bilinguisme » ? jargon scolaire, pédagocrate, cuistrerie.

6.
Quand on a un premier ministre qui situe l'île de La Réunion dans le Pacifique, on ne s'étonne plus que son gouvernement veuille réformer le collège, histoire d'être au niveau, je suppose…

7.
Des fois dans ma caboche, j'aligne tant de points d'interrogation qu'on dirait qu'un conclave y conciliabule.

8.
« Un point d'interrogation aussi gros qu'une crosse épiscopale occupe mon caberluche. »
(Frédéric Dard/San-Antonio, « Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore », Fleuve Noir n°170, 1997, p.62)

9.
Lors Ubu, très éducatif, proclama : Délatinisons ! Deshellénisons ! Dégermanisons ! et surtout crétinisons ! Crétinisons, infantilisons !

10.
« L'ho beccata in discoteca con lo sguardo da serpente » chante Pino D'Angio in « Ma Quale Idea », m'amuse, ce regard de serpent de discothèque.

11.
Le narrateur dragueur de « Ma Quale Idea » chanté par Pino D'Angio, c'est un relou, pas assuré de parler comme il faut :

« per i fianchi l'ho bloccata
e ne ho fatto marmellata!!!
Oh yeah
si dice così no?
E poi ? E poi ? »

« Par les flancs je l’ai bloquée
Et j’en ai fait de la confiture !!!
Oh yeah
On dit comme cela non ?
Et puis ? Et puis ? »

12.
Entre « Ma Quale Idea » de Pino D'Angio et « Chacun fait c'qu'il lui plaît » de Chagrin d'Amour, comme une parenté dans les chœurs, dans le côté looser relou du narrateur, pis la musique de danse aussi.

13.
Marmelade : ce qu'on donna au marmot à l'âme malade.

14.
« macabres dames du macadam »
(Michel Leiris, « Langage Tangage »)

Macabres dames du macadam, polypéripéties et spectrales expectatives, oh l'aventure, Arthur !

15.
Cerveau : pensées broutantes.

16.
L’œil fermé en parcourt, des chemins sous la paupière, des visages, des fenêtres et du lierre, puis il s'endort dans un tableau de Delvaux.

17.
« Le chemin derrière la fenêtre
où la main saisit
puis lâche une pierre

l’œil fermé
le parcourt »
(Dominique Labarrière, « Station avant l'oubli, V »)

18.
Le réel vous avale, vous régurgite, vous ravale et re et re ; le réel, c't'un ruminant.

19.
Allez ! encore une louche du relou dragueur du « Ma Quale Idea » de Pino D'Angio :

« L'ho acchiappata
l'ho frullata e ne ho fatto una frittata!!!
Oh yeah
si dice così no?
E poi ? E poi ? »

« Je l’ai attrapée
Je l’ai remuée et j’en ai fait une omelette !!!
Oh yeah
On dit comme cela non ?
Et puis ? Et puis ? »

20.
CHANSON DU GARS QUI MANGERAIT BIEN DU BOUDIN AVEC SES FRITES

Sous le soleil lascif
Ou sous la pluie grise,
J'raffole des frites,
Des frites, des frites…

Ainsi chantait l'homme-sandwich
Américain qu'il était
Et pourtant en français
Qu'il chantait l'homme-sandwich

Comme si moi je chantais
Que dans le vert des prés
Ou la froidure dans l'air
J'raffolais des hamburgers

Ce qui ne se peut point
Vu qu'américain je ne suis point
Et qu'des hamburgers
Je n'en mange guère

Vous mettrez sur cette bête chanson
Du basson du violon de l'accordéon
Du vin rouge et des flonflons
Et surtout du cornichon

Qu'ça va si bien avec le jambon
Ou les rondelles de saucisson
Et pis les frites
Les frites, les frites...

Mais avec les frites ma pomme
Ce dont elle raffole c'est du boudin
Avec de la compote de pommes
Tagada tsoin tsoin.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 juin 2015

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 16:38

D'UNE OREILLE SPOCK

 

1.

« En divers temps, plusieurs jours, maintes heures,

D'heure en moment, de moment à toujours,

Dedans mon âme, ô Dame, tu demeures »

(Scève, « La Délie », CCXVI)

 

2.

Se séparer soi-même de son corps façon l'Œdipe à Garnier, s'envoler avec son âme, dans la nef de, c'est-y possible ?

 

3.

Le latin, le grec, l'allemand, ah tout ce que j'ai mal appris tant que je pouvais, et que plus grand monde maintenant apprendra en France.

 

4.

Une deuxième langue étrangère dès la cinquième… fichaise… y en a tant qui ne maîtrisent déjà pas le français de tous les jours.

 

5.

Supprimons le collège unique, reconnaissons, comme le dit Bruno Le Maire, « l'intelligence de la main ».

 

6.

Ce n'est pas en nivelant le niveau par le bas qu'on revalorisera la voie professionnelle ; on n'arrivera jamais qu'à dévaloriser toujours un peu plus les filières générales.

 

7.

L'apprentissage… on a failli l'abandonner… Hollande semble faire machine arrière… Le fait-il ? Vraiment ? J'espère.

 

8.

Œuvrer dans le secret… fourbir l'ombre… aiguiser l'étrange, le singulier, blasonner le bizarre.

 

9.

En écrivant, nous fournissons bien des griffes aux figures du bizarre, lesquelles ne manqueront pas de nous prendre à la gorge.

 

10.

Ecrire, c'est faire sortir les créatures des placards ; ne vous étonnez pas ensuite si elles contaminent le réel.

 

11.

Où ai-je entendu que si ça se trouve la troisième dimension n'est qu'un trompe-l'œil, qu'en fait on n'est qu'en 2D ? Comme les personnages d'une bande dessinée. Eh, si ça se trouve on n'est qu'du verbe, des mots, le dictionnaire d'une langue que nous parlons peut-être sans en comprendre couic.

 

12.

Existe-t-il une langue sans présent ? Une langue qui ne conjuguerait que ce qui vient d'arriver ou est sur le point d'arriver. Une langue où le futur se diluerait immédiatement dans le passé. Une langue de devin et d'historien.

 

13.

Si les arbres zauraient des oreilles, que lobe y perche, et que tympan y écoute, s'raient-elles feuillues camouflées ?

 

14.

Sortir d'un mauvais pas… l'être en est plein, l'être, salle des pas perdus… station du train fantôme.

 

15.

« hyperspace », « réalité augmentée »… y en a qui perhaps… pas sûr… du spéculatif itease… l'imaginaire à vertigineux nombres…

 

16.

L'ordinateur, ce second cerveau qui serait doté de la mémoire du monde.

 

17.

« Ma langue sinon vous ne sait autre langage »

(Ronsard, « Amours de Marie », XIII)

 

La langue, c'est de l'autre qui s'agite dans ma tête.

 

18.

Des fois du « long linceul traîne à l'Orient »… Baudelaire… charnier là-bas… massacre carnage en série en Syrie…

 

19.

Pour entendre, « ma chère, la douce Nuit qui marche », ô Baudelaire, faut-y avoir l'oreille spock ou quoi ou qui est-ce ?

 

20.

Pub à la télé… « Catisfactions », croquettes pour chats… jolie trouvaille…

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 21 juin 2015

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:02

DIEU EST-IL UN JEU DE MOTS ?

1.
« Au dessert, ils cessent d'être de bons compagnons de table. Deviennent pleins d'ailleurs et de manque. »
(Frédéric Dard / San-Antonio, « Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore », Fleuve Noir, 1997, p.48)

2.
« - Pourquoi trimbalez-vous ce bureau depuis le début de cette histoire ?
- Un privé ne se sépare jamais de son flingue.
- Il a un flingue !
- Ouais. Dans le tiroir de droite, celui qui est coincé... »
(René Pétillon, « Une sacrée salade », J'ai Lu  BD n°168, p.78)

3.
On confond souvent l'humour et la dérision : autant confondre la plume de l'ange avec le plomb de la bête.

4.
« Pourquoi avait-il eu cette pensée, déjà dans le compartiment du train ? »
(Simenon, « Le Fou de Bergerac »)

Pourquoi qu'y a quekcose et pas rin du tout Ah
Avait-il seulement quekcose dins s'tiête ? Y avait-
Il seulement quelqu'un dins s'tiête ?
Eu qui se prononce u comme dans turlututu
Cette fois c'est sûr je me la fais cette
Pensée si fine si souple profonde et élégante
Déjà le temps a cassé toutes les dents du peigne à cheveux fous
Dans la lune je suis je flotte entre deux Colombines
Le vent affole les livres évadés Un
Compartiment en feu fonce dans la nuit
Du tunnel entre ceux qui se taisent et ceux qui ne peuvent plus dire
Train d'enfer train fantôme train des choses qui se précipitent.

5.
« Pourquoi avait-il eu cette pensée, déjà dans le compartiment du train ? » se demande le narrateur simenonien.
Eh, s'il l'avait eue, cette pensée, dans la coloquinte du train, ou sa préparatoire, ou sa dédalie, sûr qu'on se serait posé des questions !

6.
Pourquoi quekcose et pas rin du tout ? se demanda-t-il en vidant son verre de j'nièfr, là-bas, au zinc du café mort de la gare sans nom.

7.
« Avait-il seulement quelque chose en tête ? » se demanda l'officier extraterrestre devant la dépouille de Xgor qui s'était fait mystérieusement picorer ses sept yeux, le cœur et son double, et tous ses attributs, par une troupe de rouspétantes poules rousses.

8.
Eu qui se prononce u comme dans turlututu ;
Eux qui se prononce e comme dans tête de nœud.

9.
Cette fois, c'est sûr, je me la fais, cette pensée si fine, si souple, profonde et élégante, se dit le philosophe au réveil et plein de l'optimisme des gens qui évitent de penser que le réel, c'est surtout des figures allongées devant des portes claquées.

10.
Déjà, le temps les a cassées, les dents du peigne à cheveux roux ; et voici que le Grand Glas affûte ses coutelles de givre.
Pourquoi « coutelles » ? Parce que tel est mon plaisir, parce que ça étincelle, coutelles, brille comme givre dans la nuit, qu'ça fait miettes de féerie, ça facétie (du verbe facétier, que je viens de créer, histoire de dire).

11.
Dans la lune je suis ; je flotte entre deux Colombines, et je regarde passer les comédies lactées et leurs lointaines musiques.

12.
Le vent affole les livres évadés, que des lecteurs viennent rechercher avec leurs grands filets à personnages.

13.
Un compartiment en feu fonce dans la nuit du tunnel, entre ceux qui se taisent et ceux qui ne peuvent plus dire ni train ni gare, entre ceux qu'on tait et ceux qui sont passés de l'autre côté de la voie, là où il n'y a qu'une barque et nul retour.

14.
Train d'enfer, train fantôme, train des choses qui se précipitent et vont tout déraillant.

15.
Zut apprécie « le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été », et aussi que Jacques Prévert l'ait semée, cette poignée de syllabes, « le bruit des bêtes dans la chaleur de l'été ».

16.
« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,
  et le Verbe était auprès de Dieu,
  et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui tout s'est fait,
  et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie,
  et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
  et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. »
(Evangile selon Saint Jean)

17.
Dieu est aussi inexistant que le présent, qui passe pourtant, infiniment.

18.
Dieu est un signifiant programmatique. Le nom crée la chose. Il en est de même pour le mot « être » ; « et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui ».

19.
Je ne pense pas que le nom Dieu soit le « nom de l'être ». J'entrevois que cela implique des complications sans fin quant à la hiérarchisation des étants.

20.
Celui qui fait du nom de Dieu le « nom de l'être » peut tout aussi bien se faire saint qu'assassin. Les deux s'excluent : on ne tue pas au nom du nom.

21.
Dieu procède du temps comme de la langue : il passe et se nomme. C'est l'étranger sur la route ; « et les ténèbres ne l'ont pas arrêté ».

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 juin 2015

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 11:34

QUAND MÊME BIEN GUIGNOL

1.
« Votre âme, au repentir de sa froideur passée »
(Corneille, « L'illusion comique », II, 3, v.405 [Adraste])

Votre visage me plaît tant que je me demande, cette
Ame qui dessous y danse, eh bin, comment qu'elle est ?
Au ciel quand j'y jette un œil dans quel
Repentir tombe-t-il ? Je ne suis pourtant pas née
De la dernière pluie dit Zut et v'là que
Sa Majesté ma Pomme ouine à roman pis qu'la
Froideur se glisse dans mes osses La nuit
Passée j'aurais pas dû passer la nuit pas ici.

2.
Votre visage me plaît tant que je me demande si l'âme, qui dessous y danse, est aussi aimantée que vos yeux.

3.
Quand je jette un œil au ciel, je me demande souvent où il va retomber.

4.
Je ne suis pas née de la dernière pluie dit Zut, pourtant sa Majesté ma Pomme ouine à roman, ayayaille, qué pagaille en mon coeur !

5.
Pis la froideur se glisse dans mes osses, qu'on dirait qu'une horloge féroce me numérote les abattis.

6.
La nuit passée, j'aurais pas dû passer la nuit dans l'ailleurs ; à chaque fois, c'est pareil, quand je reviens, j'ai l'air d'un fantôme. Je comprends les gens qui font comme s'ils ne me voyaient pas, et qui me traversent sans même y penser.

7.
« Des épines pour moi, vous les nommez des roses »
(Corneille, « L'illusion comique », II, 3, v.366 [Isabelle])

Des fois i neige des
Epines qu'le ciel en est tout clouteux
Pour déjeuner entre les orangers et entre
Moi et
Vous y a comme une virgule un alinéa
Les jours glissent ce que vous
Nommez n'existe pas fatalement je vous cause
Des orangers je dirais aussi bien des
Roses que ça change rien qu'on s'aime pas.

8.
Isabelle, qu'on lui cause d'amour, ça l'épine, la copine… qu'elle répond qu'on a beau lui bonnir des jardins et des roses, ça la pique au nez, au cœur, au sentiment…

9.
Le réel, ça épine… plus ou moins quand même toujours un peu… ça s'massacre en Syrie en Irak on n'y comprend rien… le méchant a un nom de chien dans une langue de je n'sais où… coalitions tant partout, tant Saoudite tant Qatar Kurde Iran tant tant qu'on comprend pas tout… explosion.

10.
Ce qu'on fait, jusqu'à la gueule ouverte, c'est qu'on vadrouille entre rose et épine.

11.
« Ce qu'on fait, jusqu'à la gueule ouverte, c'est qu'on vadrouille entre l'épine et la rose » est une phrase pour psychanalyste ou prof féru de.

12.
Des fois i neige des épines qu'le ciel en est tout clouteux qu'on dirait un blouson de cuir tombant des épaules d'un hell's angel.

13.
Ce que vous nommez n'existe pas fatalement ; fort heureusement, des fois, ça se contente d'être ; et puis, il y a les jolies légendes.

14.
Entre moi et vous, voyez, il y a l'infranchissable seuil d'une bibliothèque dans une langue inconnue.

15.
Je vous cause des orangers, je dirais aussi bien des roses, ou des chardons, ou Lorraine, ou Irlande, que ça change rien, qu'on s'aime pas.

16.
Les jours glissent, et moi j'me glace : à placer dans une chanson ça (si ça se trouve, déjà c'est).

17.
« Il a couru longtemps d'un et d'autre côté »
(Corneille, « L'illusion comique », II,9, v.588 [Lyse])

Il y a plein de il y
A et il y a plein d'expressions comme « c'est
Couru » Dieu a le souffle long faut croire mais
Longtemps s'paume dans la détraquée toquante
« D'un château l'autre » on finit par les perdre ses esprits
Et qu'ils cavalent dans des escaliers
D'autre temps d'alambiqués labyrinthes D'un
Côté l'à v'nir suaire l'autre les plis de l'Histoire.

18.
Il y a plein de il y a et il y a plein d'expressions ; la langue, c't'une déliée ; a finit par tout dire, reste et contraires.

19.
Dieu a le souffle long, mais pas de montre.

20.
Longtemps finit toujours par se perdre ; l'horloge fantôme l'avale.

21.
Je me demande si Céline, en composant dans « D'un château l'autre », le passage du bateau-mouche des morts, a pensé à ce vers de Corneille dans « L'illusion comique » : « Que vois-je ? chez les morts compte-t-on de l'argent ? »

22.
Les alambiqués labyrinthes que ça vous fait les plis de l'Histoire… que l'historien quoi ?… chasseur de fantômes ?… fantôme lui-même ?...

23.
Couru longtemps… d'un, d'autre côté… usé ses semelles… pris du vent, du plomb ?… pas sûr… le monde nécessite, quand même bien guignol.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 juin 2015

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