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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:30

SANS TITRE ET PAS PLUS QUE ÇA

 

1.

Eléphant : Vengeance, mémoire, cette façon dont les horloges bricolent la conscience et trompent les calendriers.

 

2.

Le temps glisse sa main dans le gant de l'espace puis il opère dans le merveilleux des tours de passe-passe t'es là j'y suis plus.

 

3.

Queen : rock baroque, glam, piano, danse d'arlequins, excentricités électriques, nuit drolatique à l'opéra du bref.

 

4.

Dimanche : pluie, ciel vide, jadis églises et cafés pleins, plus guère d'abonnés du signe de croix ni d'curés, d'moins en moins d'bistrots.

 

5.

Queen : ce morceau où la guitare violonne ; la pop, une professionnelle dans l'art d'arranger le mélancolique et la nostalgie mélodique.

 

6.

Ravel, Debussy, Satie: piano, distance et mélancolie, humour et pointillisme, taches de soleil sur le jardin délaissé un temps par la pluie.

 

7.

Celentano : l'italien, héritage merveilleux, ponctuation des cuivres dans « I Want To Know », chœurs voix filles, feinte nonchalance.

 

8.

Dimanche : tartes aux abricots de la tante, rosbif, digestion avachie devant la télé, impossibilité de se concentrer sur ses devoirs.

 

9.

Foudre : exaltation du mot préféré, bref, cavale, Bonaparte, coup d'éclat décisif, ah j'en ferais bien ma sœur, de la foudre, mais.

 

10.

Chanson : évoque intense les ailleurs, n'a de réel rival dans le vivace et le bref que la poésie et la synchronie de la peinture.

 

11.

Les chansons sont pleines d'autres qui n'existent pas, des fois bien intensément précisés qu'ça vous mettrait d'la ouine un peu.

 

12.

Si lent, je n'aime que les arts du bref : poésie, chanson, peinture qui vous saisit au premier coup d’œil, faille, brèche, foudres.

 

13.

Jadis, étudiant le latin, nous apprenions à apprécier la précision de chaque période de Cicéron, la finesse de chaque trait, la portée de chaque coup. Oui mais, c'était jadis, avant le grand décervelage pédagogiste.

 

14.

« O tempora, o mores ! » : toutes les échelles retirées, restent les fous et leurs pinceaux, quand même on refait le décor, on modernise.

 

15.

Pédagogisme : globalisation gourou, assassinat d'la miniature, qui rend impossible la fréquentation du détail, la hantise de la phrase.

 

16.

Rimbaud : l'habité, voyou christ, ladre saint, le marchand et le marcheur, a donc croisé le Diable, comme tous les grands cheminots.

 

17.

Batterie : fontaine à voix jaillie de, rythme puisqu'on palpite, régularité, virtuosité, colonne, et puis autour ça s'déhanche.

 

18.

Lointains : la fille qui rentre chez elle, la famille heureuse, le coup de chance, la foudre, l'orage qui finit toujours par éclater, l'aigle.

 

19.

Argent : vertige des nombres, naïveté citoyenne, corruption quasi inévitable des politiques, monde parallèle qui nous dirige.

 

20.

Morale : vieille lune personnelle sous laquelle on s'obstine à marcher puisqu'on nous a éduqués pour et dans l'illusion de la paix sur le monde.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 2 août 2015.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 00:12

UN PROJET DE PERFORMANCE ARTISTIQUE ET AUTRES BELLES ET SOTTES CHOSES

1.
Projet de performance artistique : dans une qu'elle était verte ma vallée, à vingt heures vingt précises, et cela vingt jours durant, rassembler vingt habitants d'une ville, ou d'un village, dont le nom commence par un « v » (ou n'importe quelle autre des vingt-cinq lettres restantes), et leur demander d'avaler chacun une portion de vache-qui-rit, (ce qui fera donc vingt portions de ladite vache). Pour donner une dimension politique à l’œuvre, les exécutants briseront l'emballage de leur portion (ce qui présuppose, et c'est important, que les susdits exécutants auront tous délivré leur portion de son emballage avant vingt heures vingt très précisément) puis jetteront ledit emballage par-dessus leur épaule gauche, ou n'importe laquelle de leurs épaules restantes (il est donc à noter que l'on aura préalablement délimité un périmètre de sécurité). Lesdits exécutants (qui, de fait, sont vingt) procéderont à cette opération, dite « opération de jetage », en s'exclamant à haute et intelligible voix : « Vive, oui vraiment ! Vive la tête de veau ! »

Note: Ceux qui ne saisiraient pas l'évidente portée politique de cette intervention sont, je vous le dis, perdus à tout jamais pour l'art conceptuel, mais que cela ne les empêche pas de manger de la vache-qui-rit, si le cœur leur en dit ; sinon, ils peuvent boire une bière.

2.
« Le téléphone se mit soudain à sonner. »
(Agatha Christie)

Comme s'il n'avait rien de mieux à faire...

3.
« C'est que dans ma jeunesse j'étais moi-même »
(Cioran)

Dans ma jeunesse, j'étais moi-même, c'est-à-dire que je ne savais pas trop qui que quoi dont où. Je n'ai d'ailleurs pas beaucoup changé.

4.
« Ny de mon cher Givés (qui m'ayme
Comme ses yeus) le confort mesme. »
(Attribué à Olivier de Magny, « Epitre à ses amis, des gracieusetez de D. L. L. »)

Lui qui disait souvent qu'il n'en croyait pas ses yeux, pour une fois, eux et lui s'accordèrent en tombant amoureux de la même demoiselle.

5.
L'un : - Je ne vous crois pas.
L'autre : - Je ne dis pourtant pas la vérité.

6.
Certes, il avait bien une idée derrière la tête, mais comme il avait oublié ses bras sur son bureau, pour l'attraper, la secrète, macache.

7.
Le pays était menacé. Le
Roi, en conséquence,
Convoqua son excellence
L'amiral Cou. Vous me direz
Cou, c'est un drôle de nom
Et vous aurez raison. Mais
Le truc, c'est que je m'en fous. Et le
Commandant Rage itou qu'il convoqua le Roi.
Rage aussi, c'est un drôle de blaze, mais c'est ainsi que le Roi procédait
quand il devait rassembler son courage ; d'ailleurs, il se fit des pâtes.

8.
Il attendait la visite de la jeune fille, celle qui auparavant avait été fillette, et puis qui finira vieille dame. Des fois, il était habité par le plat.

9.
Il allait lui tordre le cou, c'est sûr ! Pour l'heure, il
Attendait sa visite, à
La casse c dans l'caleçon. Sa
Visite, il l'attendait en s'entraînant sur des cous d'poulet.
De la préméditation du coup, ça ferait aucun doute, quand dans
Son salon, on découvrirait tous ces cous tordus et que, en outre, son
amie, dont il attendait la visite, raconterait l'histoire dans un autre de ses romans, dont il aimait d'ailleurs à dire qu'ils valaient le coup, le coup d’œil et même le coup de l'étrier, dit-il en s'en reversant un.

10.
Elle, à condition qu'elle vînt avec ses bras,
Avait (car elle est si distraite, savez !)
Quelque chose, c'est quelque
Chose en effet d'être si distrait ! Oublieuse
A en oublier son ombre, cette fille-là ! On
Lui donnerait un rôle dans un roman, ah oui ! À lui
Offrir donc qu'elle avait quelque chose, mais quoi ? J'en sais rien moi-même, zavez qu'à vous l'inventer, j'vous en prie, de rien, c'est cadeau.

11.
« - Vous écrivez des romans dans lesquels certains personnages se suicident parfois, ou s'entre-tuent. »
(Agatha Christie, « Une mémoire d'éléphant » [Celia])

12.
Vous écrivez la belle affaire !
Ecrivez écrivez déliez y votre langue
Des poèmes des chansons des
Romans mais que cela s'énigme et aimante !

13.
Dans l'assiette deux yeux dans
Lesquels on peut lire son avenir : repas prophétique...

14.
Certains se sont échappés... Des
Personnages dangereux. Le livre était pourtant bien refermé.

15.
Se noient-ils dans l'océan des mots ? se
Suicident-ils dans la nuit des bibliothèques, les personnages des romans oubliés.

16.
Parfois je mais pas toujours ; non, parfois je, c'est vrai,
Ou alors je... mais pas toujours non plus (il faut ce qu'il faut).

17.
S'entre-tuent-ils, les personnages des romans oubliés ? Est-ce pour se rappeler aux humains, que les dieux ont jeté les Grecs contre Troie ?

18.
En français, on referme un livre
mais on ferme sa gueule.
On clôture un compte
mais on clôt une discussion,
et puis on referme la porte
en entrant, mais aussi en sortant.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 août 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 20:35

FANFARE JADIS

 

1.

« Rustiques on les dit mais les mots sont fragiles

Et leur mort bien souvent de trop s'essouffler vient »

(Raymond Queneau, « La chair chaude des mots »)

 

2.

Le vent, la somme des souffles perdus, et même parfois comme une fanfare lointaine qui s'y s'rait glissée ; mais non, c'est qu'le vent.

 

3.

Quoiqu'des fois, mais c'est dans ma mémoire, c'te fanfare, une bande de petits bonshommes en plomb.

 

4.

Rimbaud, en fin de compte, avait-il la foi ? A mon avis, surtout, il l'a eu souvent mauvaise, l'Arthur.

 

5.

« on était au centre du monde on se trouve maintenant

près du fleuve océan qui ronge l'horizon »

(Raymond Queneau, « Un poème c'est bien peu de chose »)

 

6.

Un vers de Queneau, j'y vois un chien d'écume à la gueule, qui vous ronge l'horizon jusqu'à l'os.

 

7.

Il vit que la mer était toute plantée d'épouvantails aux figures bouffies de marins morts.

 

8.

« Je t'en ficherai, moi, des berceuses vaudous ! » Qu'elle râlait, Zut, en piquant rageusement des épingles dans la tête de sa poupée.

 

9.

Je veux revoir ma Normandie, c'est le pays qui ne m'a pas c'est tellement évident, que j'dois plagier, tu crois pas ?

 

10.

Il avait un rire tellement distant que, pour l'entendre, fallait placer des micros dans sa chambre.

 

11.

Être perdu dans ses pensées, retrouver cette clé dont on n'est pas très sûr qu'elle ouvre la bonne porte.

 

12.

« Je laisse apart Meduse, et sa beauté,

Qui transmuoit en pierre froide et dure

Ceus qui prenoient à la voir trop de cure »

(Attribué à Claude de Taillemont, « Sonnet »)

 

13.

Je laisse la messe pour aller m'essayer à la bonne humeur, ça me

Laisse froid des fois la foi, pis j'préfère les oiseaux et les fleurs.

 

14.

Apart qu'il pleut, ah bah tant pis tant pis tant pis c'temps d'pluie, je file dans la rue avec « la pluie fait des claquettes » dans la tête.

 

15.

Meduse siffle (ce sont ses serpents qu'elle a pour bigoudis) et moi je souffle (j'en ai marre de porter de faux yeux).

 

16.

Et il y a aussi mademoiselle Mystère

Sa longue silhouette ah je la vois de loin Miss Sa

Beauté qu'elle promène nonchalante intrigante

 

17.

Si j'avais un château hanté, j'en partirais, et mon fantôme avec. Ensuite, mon château, je le revendrais à d'autres spectres.

 

18.

« Qui » est toujours un étranger. Poser la question « Qui sommes-nous ? », voilà qui vous estrange pour des lustres.

 

19.

Parfois, je me dis qu'elle a de beaux jours devant elle, la nuit des hommes.

 

20.

Je ne sais pas où elle est allée pêcher ça. Non je ne me transforme pas en loup-garou. Eh oui je devrais me raser un peu mieux qu'ça.

 

21.

« et même son inquiétude à cause de mon silence »

(Patrick Modiano, « L'herbe des nuits », [le narrateur])

 

22.

C'est l'été

et son inquiétude

à passer par un léger vertige

et de grands tremblements blancs

et mon silence qui m'embête parfois.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er août 2015.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 10:20

ET PUIS VOICI DES AMUSETTES PARCE QUE LES FLEURS HEIN

«Elle met du vieux pain sur son balcon »
(Jean-Jacques Goldman)

1.
Turquie, toi qui veux rentrer dans l'Europe, je te le rappelle : l'ennemi de l'occident, c'est pas les Kurdes, c'est Daesh.

2.
Dans les rues
passent des ombres avec leurs gens
des os avec leurs chairs
des anonymes avec leurs frites
des noms et des cornets
et des zotos.

3.
Dans les rues
des fois passe pas grand monde
sauf le temps et l'averse
et quelques imperméables
ou quelques trempés
et des zotos.

4.
Dans les rues
des fois on croise quelqu'un
qu'on ne reconnaît pas
des mains qui se font signe
et des gens qui se font la gueule
dans les zotos.

5.
En français,
on se fait la gueule
et on fait la tête
ou alors on tire la gueule
et on fait son nez comme on se mouche.

6.
Les enfants font du boudin
pas les adultes qui font la gueule
les enfants font des bêtises
les autres des conneries
des papiers et des prières.

7.
Le Christ est celui que l'on ne reconnaît pas
il vit en Palestine
ou bien en Syrie
un char le traverse.

8.
Y en a
i sont pas sérieux
quand ils ont 17 ans
i sont pas sérieux
quand ils ont 50 ans
et dire que ça vous fait même pas des morts rigolos.

9.
En français, on ne va plus guère à la messe le dimanche, mais on se demande quand même ce que l'on a fait au Bon Dieu.

10.
En français, on ne bouffe plus autant de curé qu'avant ; on devient tolérant, voire végétarien.

11.
Zavez vu qu'la variété bovine dite « vache enragée », que l'on a cru longtemps en voie de disparition, a dans nos rues fait un retour notable.

12.
On ne peut en vouloir au loup
ni au dragon
ni à Fantômas
ni aux quatre éléments
on ne peut en vouloir qu'à l'espèce humaine
laquelle se le rend bien.

13.
Quand j'écris mal
je m'en veux
un peu
et puis
je me rassemble
je me recouds
je remets mes deux jambes
et ma langue dans sa bouche.

14.
Je ne tire pas souvent ma langue de ma poche, des fois qu'elle en profiterait pour dire des choses que je n'veux pas entendre.

15.
Inconscience : « Elle met du vieux pain sur son balcon », et puis elle s'étonne après d'être enlevée par des extra-terrestres.

16.
Le monde part dans tous les sens. C'est inquiétant tout de même, cette vocation de l'être à la dispersion, au puzzle, au miroir brisé.

17.
Si tous les politiques du monde se donnaient la main, eh bé, ça nous ferait une sacrée ribambelle de guignols, tiens.

18.
Des fois, je me virgule. C'est qu'il faut la tenir, la distance, jusqu'au point final.

19.
Des fois, j'me demande s'il y en a qui dans leurs poches, des fois, i zauraient pas des tas d'yeux, voire une flopée d'oreilles, des fois que.

20.
Des fois qu'le monde serait qu'une suite de contes fantastiques qu'au cabaret éternel, dis, ils se diraient les dieux.

21.
On ne le voit pas vieillir, c't'homme-là, hein, l'homme invisible ; et d'ailleurs, qu'est-ce qu'il devient ?

22.
Le réel, des fois, i vous joue d'ces tours de force est de constater qu'on est bien sot, allez !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er août 2015.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 01:22

FOUDRE AU CARNAVAL

 

1.

« Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois »

(Corneille, « L'illusion comique », III, 3 [Géronte])

 

2.

Je serais, tiens ! de ce buis dont on fait espérance ; je

Ne suis pourtant que de ce peu d'être qu'on appelle autre.

 

3.

Suis cet œil dans la nuit tu ne le vois

Pas mais lui si vu qu'i t'cause J'suis pas

D'humeur fit Zut Une autre fois, d'ac' le christique ?

 

4.

A m'tartir qu'l'ennui finisse enfin, que je puisse

Rire et les dissiper, ces mauvais chevaux d'vos brumes.

 

5.

Tant de voix, d'ces engouffrantes, qui ruent, qui,

De rue en rue, démantibulent, et les désossent, toutes les

Fois et leurs féeries à venir.

 

6.

« Non ! Je ne rendrai pas les âmes » gronda le démon aux enfers assiégés par une légion d'anges armés d'un jazz à décorner les diables.

 

7.

Lui, dans sa tête noire constellée d'étincelles tournent des mondes morts.

 

8.

La langue : elle rue sur les mers, court sur les banquises, les prairies, les continents, fait siffler les supplices et les bénédictions.

 

9.

La langue : la jeteuse de nos sorts, la tisseuse, la déliante, la repasseuse, et toute comédie, et toute politique.

 

10.

« C'estoit la douceur de sa Musique, que lon dit avoir adouci les Loups, Tigres, Lions : attiré les arbres, et amolli les pierres. »

(Louise Labé, « Débat de Folie et d'Amour »)

 

11.

C'estoit quoi ? Quelque songe...

La vie autre… le chant du loup, du bouc et du hibou, la

Douceur démasquée, la foudre au carnaval.

 

12.

De quoi danser, mimer la cour des miracles A

Sa botte, nous bouffonnons, oh le vent, sa

Musique s'est emparée d'nos os ; nous affolons.

 

13.

Que la langue soit couteau, c'est ce que

Lon appelle couramment politique ; c'est de notre

Dit qu'elle tire les mensonges et les dieux.

 

14.

Avoir lu Rimbaud et y avoir trouvé le Christ ; être

Adouci un peu, face à l'énigme. Et puis

Les postures, les mystères, les quotidiens.

 

15.

Loups, voilà des yeux ; ils vous suivent dans la rue.

Tigres, voilà des dents ; elles dévorent les jours.

Lions, voici les Rois ; nous les tirons, et célébrons.

 

16.

Attiré, l’œil, par ce qui le tisse, ce seigneur par

Les reflets, les effets, les éclairs, et les

Arbres, et les rituels, amoureux et foudroyés.

 

17.

Et l'autrefois, tout

Amolli, stylisé, soldé.

Les morts nourrissent le vampire épique; les

Pierres se fendent ; on les noircit de blasphèmes.

 

18.

Que la musique dise le printemps, et le zut que l'on jette à l'automne, en passant, rêvant de vin chaud et du réconfort fêté.

 

19.

Parfois, je me demande après quelle foudre courait le saxophone de Charlie Parker.

 

20.

Après quel printemps, l'oiseau ivre de son génie, bien après les Carmina Burana et les grands chœurs sous la lune changeante.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er août 2015.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 20:41

Ô EPOUVANTAIL ! Ô RÉEL !

1.
Et considérant que la multiplicité des réels n'abolissant pas le réel, miroir à mille faces, il se fit des frites.

2.
« Qu'est-ce qui est le plus facile ?
De dire : « Tes péchés te sont pardonnés »
ou bien de dire : « Lève-toi et marche » ?
(Evangile selon Saint Luc, 5, 23)

3.
Comme il se disait : « Il a une belle tête de vainqueur, le ricain tueur de lions, ah oui, alors ! Superbe ! On en décorerait son salon », sa conscience lui esgourda que ce n'était pas bien de souhaiter la oh, et puis zut, zut et ratazut.

4.
« Ciel, les Estoiles, les Mers, la Terre, consumer son tems »
(Louise Labé, « Débat de Folie et d'Amour »)

5.
Nous passons sous le même « Ciel, les Estoiles, les Mers, la Terre » que vous, Louise Labé, et « consumer son temps », idem faisons-nous.

6.
« Mais je ne puis te voir sans un peu de douleur »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 5 [Clindor])

dit le transi à l'indifférente.

7.
« sœur et, en d'autres circonstances, elle paraissait »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Une mémoire d'éléphant »)

8.
Sœur, mais des fois, selon les circonstances, frère ou amiral des alpages. Cet être-là ? Une vraie figure de style, oxymore et contrariétés.

9.
«pierre ne s'amolliroit entendant le dous preschement de »
(Louise Labé, « Débat de Folie et d'Amour »)

10.
C'était un spectacle à faire ouiner les pierres et pis à s'en faire une mosaïque d'la Passion d'not' Seigneur.

11.
avoir le cœur tout picotillé : avoir une légère peine de cœur.

12.
Il était tout picotillé depuis qu'son adorée l'avait flanqué pleine face d'une tarte à la crème en lui criant dans les esgourdes : « Tiens, Bozo, un cadeau ! »  

13.
Lors, comme il n'avait aucune éducation religieuse, il l'appela le Chevalier à la croix, bien que ce chevalier-là n'avait ni cheval, ni écu, ni écuyer, et portait en permanence et la barbe et une longue croix sur ses épaules.

14.
s'illusionner aux horizons : croire que ça ira mieux ailleurs, et puis ne pas bouger, rester là, à regarder voler les vaches.

15.
Il attendit longtemps, longtemps, longtemps, jusqu'à ce que les vaches rendues squelettes regardassent passer des trains fantômes.

16.
Se clocher le cœur : s'éprendre d'une église, d'un curé ; se convertir, se mettre à croire, ou au t'as qu'à croire et puis boire de l'eau.

17.
Finir fantôme de sa guitare : ne plus tirer de son instrument de quoi épater les frangins et tremper les frangines.

18.
Il tourne fantôme de sa guitare
Pis tous les matins il va à la gare
Coz il espère la voir revenue
Mais elle est loin loin loin sa Lulu.

19.
se synchroniser le carafon : se concentrer. « Le grec ancien, ça demande de se synchroniser le carafon un peu plus que ça », dit le professeur à l'élève, lequel était grimpé aux rideaux en chantant « Quel souci la Boétie » et autres classiques de la chanson à s'déhancher l'attrape-zoziau.

20.
« Mon ombre chaque jour viendra t'épouvanter »
(Corneille, « L'illusion comique », IV, 1 [Isabelle])

21.
Lors, la voix me dit : « A condition qu'il fasse du soleil, mon ombre chaque jour viendra t'épouvanter ; sinon, tu pourras boire une bière. »

22.
avoir du retard dans l'allume-cigare : ne pas piger très vite. Tellement évident qu'on doit trouver ça dans un bon vieux San-Antonio, non ?

23.
Mon bon thon cornichon reblochon ronchon très ronchon
Ombre car il est très grand mon bon thon cornichon ronchon, surtout avec du concombre.

24.
Chaque fois que j'entends chaque, je me dis qu'des fois, c'est chaque
Jour que moi, pâte à pomme, je me prends une claque.

25.
Viendra un rat, un rat avec un râteau pour
T'épouvanter, pis t'ratiboiser, ô épouvantail, ô réel.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2015.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 10:42

DES FOIS LE REEL EH OUI LE REEL

1.
Le réel, i n'attend qu'une chose, c'est que vous regardiez ailleurs, là-haut, les merveilleux nuages, pour vous tomber sur le paletot.

2.
Le réel, faut bien l'regarder en face, car lui ne vous quitte pas des yeux.

3.
Retwetté la photo d'un ricain tueur de lions J'préfère retwetter le légendaire groupe Magma Il y a des gens qui valent la peine d'autres non.

4.
La démocratie encourage le meilleur mais n'évite pas le pire. Et je crains qu'en fin de compte, le pire finisse par l'emporter.

5.
Il arrive que la raison d'état sauve des vies. Vous tombez dans un piège ? Peut-être. Mais cela peut vous éviter de finir comme JFK.

6.
Faire de la politique, c'est placer des vipères dans votre lit, et décider ensuite si on va, oui ou non, vous laisser vous y coucher.

7.
Ce qui manque face à Daesh, c'est un Winston Churchill, un esprit décidé à ne jamais négocier avec le Diable.

8.
Que l'on puisse parler de « rêve européen » prouve assez que l'Europe est avant tout un produit du marketing financier.

9.
Dans la crise actuelle, Sainte Rita, la patronne des causes désespérées, est-elle encore solvable ?

10.
Je me demande d'où vient le pouvoir de certaines crapules qui agissent aussi impunément que si elles manipulaient les politiques comme de simples poupées de tissu (de mensonges).

11.
Genre des fois il était une fois, pour l'avoir saisi le loup entre bandits et politiques, un juge trucidé aurait été, non ?

12.
C'est bête, mais je me demande parfois quel fut le rôle exact de la Stasi dans les révoltes étudiantes de la RFA de la fin des années 60.

13.
Bonaparte, « général politique » (expression relevée dans l'encyclopédie Alpha) : peut-on réellement être général sans être politique ?

14.
Le sentiment amoureux : un loué pour la saison ? la recherche d'une bonne affaire ? d'une occasion à saisir ?

15.
Des fois qu'il était une fois un genre gang qui ça eut payé un genre «d'impôt d'braquage » à quelque obscure politicienne machine.

16.
Revue de presse : La Grèce… Ah la Grèce… La Grèce la Grèce la Grèce !!! Oui !!!… oui, mais l'Allemagne, eh oui…

17.
Les membres du club Europe ont renoncé aux guerres pour commercer en paix, et vendre des armes à tous les ailleurs querelleurs.

18.
Fraude, crise, politique, lobbying, finance, impasse, chômage, Kiri le clown : sauras-tu trouver l'intrus qui s'est glissé dans cette liste ?

19.
Le but d'une campagne napoléonienne ? La bataille décisive. Le but d'une crise économique ? La faillite décisive.

20.
Dans une guerre totale, il n'y a pas de cible secondaire. Sa principale arme étant la terreur, la guerre totale frappe sans hiérarchiser a priori ses cibles. Ainsi le principe de la guerre totale est, par définition, voué à l'acte volontaire et conscient de crime contre l'humanité.

21.
En ce que la guerre totale se propose de fait comme un modèle de « guerre sainte », elle se condamne elle-même à l'échec, se mettant, par  la multiplicité de ses crimes et le refus de toute critique interne, en situation d'impossible interlocuteur, et toute tentative de dialogue qui viendrait du camp opposé serait perçue par l'opinion comme une preuve de collusion, un indice de faiblesse et d'illégitimité.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2015. 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:45

AUTREMENT DIT

 

1.

« Peut-être l'appareil est-il livré à lui-même ! Il faut l'arrêter avant qu'il ne provoque une catastrophe !... »

(Pierret, « La Planète des glaces », pl.1)

 

2.

Rock n' Castle : chanson rêvée, avec guitare électrique et château hanté. A la manière de Blue Öyster Cult.

 

3.

Des fois, je me demande si le rock, ce s'rait pas une musique pleine de bruit et de fureur, et puis chantée par des idiots.

 

4.

Extraordinaire ! il est encore là le réel, invraisemblable, paradoxal, nominatif, ontologique.

 

5.

Les migrants, la monnaie d'la pièce de nos ventes d'armes. Autrement dit, la France sème des armes et récolte des migrants.

 

6.

La guerre empoisonne les corps, la politique les esprits et la religion les âmes.

 

7.

Mais fit Zut en prenant le téléphone

Qu'est-ce quoi que vous voulez dites

C'est que quoi ? Que quoi que quoi ?

Allo Je ne vous écoute pas je ne non

Oui ? Je ne vous écoute pas je ne ah

Comment ? Je ne vous écoute pas je n

Mais fit Zut en prenant le téléphone

Ce n'est pas moi je ne vous écoute p

N'est pas moi je n'vous écoute pas p

Pas moi je n'vous écoute pas c'est p

Possible je n'vous écoute pas jamais

 

8.

Des appareils livrés à eux-mêmes, cauchemar d'ingénieur, intelligence artificielle aussi apte à produire d'la catastrophe que celle qu'elle affine si bien, l'humaine expertise.

 

9.

Les gens, des récits... d'l'aller l'évader, sa truffe, dans un monde aussi faux que çui-là du réel, qu'il trame pourtant, qu'il mythe.

 

10.

Les consciences, un jeu de miroirs infiniment subtil, fécondant les mirages, les récompenses et toutes les peines du monde.

 

11.

Attendre… En attendant, on s'occupe, on croit attendre Dieu et c'est la mort qui vient.

 

12.

Le mystère avait multiplié les dépositions. A quoi qu'ça a ? à grossir la paperasse, l'archive, à animer le bal des menteurs.

 

13.

Fallait r'couper dans les masques. Délier les fables, retrouver le réel dans ce fatras où il y chercherait en vain sa tête, le spectre.

 

14.

Des fois qu'les machines nous guetteraient avec tous leurs fantômes coincés dedans.

 

15.

Le pays où nous vivons est un songe que les politiques entretiennent à la façon d'un illusionniste peaufinant son spectacle de magie.

 

16.

Notre pays, c'est la peau. Tâchons que le cœur en soit la langue. Sinon, on leur tourne le dos, et on parle aux oiseaux.

 

17.

Le mystère s'épaississait façon soupe de poissons. Allait-on y retrouver des morceaux du corps disparu ?

 

18.

Dieu et diable dans la même phrase : le miracle quotidien du prêtre, du littérateur et du politique.

 

19.

Bien sûr que nous avons capturé les dieux ; nous les avons découpés en une suite de tout petits morceaux que nous appelons alphabet.

 

20.

Les dieux et les diables, nous les avons alphabétisés, puis rangés dans l'infini des phrases de la bibliothèque.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 30 juillet 2015.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 23:19

COMME DU PASSÉ QUI NOUS CAUSE

1.
Belle expression d'Henri Guillemin à propos de « Une saison en enfer » : « une pierre tombée de l'inconnu ».

2.
« Neptune, par le fleuve aux dieux même terrible,
M'a donné sa parole, et va l'exécuter. »
(Racine, « Phèdre », IV, 3 [Thésée])

3.
Le Fleuve noir. Y passent tous les bateaux de l'horloge. Des ombres en sortent qui montent sur les rives, pour nous rattraper.

4.
Neptune par le grand tric-trac du temps
Par l'horloge par la bouche de la Gorgone
Le voilà vomi Neptune inondant Quelle drache mes aïeux !

5.
Fleuve - est-ce le Styx, Rhin, Meuse, Rivière de Cassis ?
Aux rives roule ses
Dieux sombres qui abolissent les vivants.

6.
Même ou même pas si
Terrible que ça quand même ça
M'a touché et peu importe le poids réel de la pierre.

7.
Donné sa parole qu'il a le temps
Sa prédiction il l'égrène méticuleusement sa
Parole le temps qui dit la mort et le couteau dans la plaie.

8.
Et lors, préparant la poêle profonde, Zut s'en
Va, décidée, affamée et la main ferme,
L'exécuter, la sentence de mort des petits poissons.

9.
Sur France Culture, ce 28 juillet 2015, sec dans le contre et la déboulonne : Onfray de nouveau contrecarre le philosophiquement correct.

10.
Oui, Michel Onfray dit c'qu'on n'dit pas dans l'décervelage subventionné et le contrarie, l'intello-circus du philosophico-bizness.

11.
Il la déflatte, Onfray, la soixante-huitarde fac de Vincennes, l'agonit, en dit l'agressif carriérisme, à bien d'ces têtes pensantes.

12.
Il cite, siffle et persiste, sabre disperse le fantôme gaucho-Vincennes,  tracts et confettis, carnaval à grosses têtes, pédagoclownerie.

13.
Si c'est vrai ce qu'il raconte, Onfray, c'est à la fois marrant - ah les pitres, dis donc! et consternant - en avaient-ils des drôles de mœurs et des drôles de façons de faire cours dans le Vincennes des années 70, certains mao-marxo-pédago-psychanalytico-palmés ?.

14.
Phrase drôle sur le gaucho-Vincennes, attribuée à Alice Saunier-Séïté en 1978 : « C'est vrai qu'à Vincennes, on a délivré des diplômes à un cheval. »

15.
J'aime bien Michel Onfray. Il écrit bien et il dit tout haut ce que nous ne pensons pas toujours tout bas. Il a l'air de travailler âpre pour la composer, sa « Contre-histoire de la philosophie ». Ceci dit, moi, ce que j'en dis…

16.
Les kids de 77 moquaient l'esprit de sérieux des rock stars. Le côté punk de Michel Onfray qui dégonfle baudruches et postures.

17.
Moi, ce qui me désole, c'est qu'avec la prétendue démocratisation de l'université, on voit des jeunes gens s'y perdre, dans leur sacrée transmission des savoirs aux grands pontes des sciences éducatives, s'y perdre, à n'en plus rien savoir faire de leurs dix doigts.

18.
« Quand j'aperçoy ton blond chef couronné
D'un laurier verd, feire un Lut si bien pleindre »
(Louise Labé, « Sonnets », X)

19.
D'un laurier, que ferais-je d'un
Laurier ? Dit Zut, je ne suis point si antique pour de ce
Verd ornement m'le couronner, mon blond chef !

20.
Feire se plaindre
Un de ces êtres que sur ton
Lut mélancoliquement tes doigts suscitent

21.
Si mélancoliquement sur ton luth que
Bien que je n'aime guère à me
Pleindre (euh…), ça m'fait un peu d'buée dans les mirettes.

22.
« Je suis celle, passant, qui sur sa face essuye
De ses pleurs desolez la desastreuse pluye. »
(Attribué à Louise Labé, « Elegie sur le tombeau de Hugues Salel »)

23.
J'aime cette évocation chez Louise Labé de la passante qui essuie de son visage la pluie de ses pleurs. Y a comme du passé qui nous cause.

24.
« Lut, compagnon de ma calamité »
(Louise Labé, « Sonnets », XII)

25.
Comme elle fait sonner ça, Louise Labé, « Lut, compagnon de ma calamité », dirait des doigts qui accélèrent sur les cordes d'un instrument.

26.
Lut, maintenant c'est d'la guitare qu'on dirait ça, ô Lut
Compagnon, chasse-spleen, Lut de mes luttes, dit Zut la lyrique,
De mes jours gris, mes nuits blanches (une insomniaque vous parle)
Ma mélancolie, je te l'accorde, c'est dans tes cordes, mais
Calamité ! Mon bon luth, je chante comme un pied.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juillet 2015.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 09:22

TOUT OU PEUT-ÊTRE RIEN SI PEU

 

1.

« Il y vient aussi nos ombres

Que la nuit dissipera »

(Apollinaire, « Clotilde »)

 

2.

Il y vient lui, ou elle, ou l'éléphant qui

Y ramène sa trompe Y

Vient ou en repart ? Où ça ? Dans la jungle,

Aussi bien qu'ç'est la ville, singes et visages.

 

3.

Nos osses on les secoue du coup nos

Ombres courent en tous sens.

 

4.

Que les anges de nos paupières caracolent, puisque nous rêvons chevaux et parade.

 

5.

La nuit, le mage du jour la shazame, la

Nuit, pis son swing masqué comme Lupin au bal, il en

Dissipera chapeau, lapin et jolie assistante.

 

6.

« Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne »

(Mallarmé, « Sonnet »)

 

7.

Fantôme - décidément j'aime ce mot ! - enfin, fantôme ou pas, spectre belle ou bien réelle garce,

Qu'à tomber amoureux de vous, Dieu me garde - tout de même, que

Ce fantôme a de jolis yeux !

 

8.

Lieu ou pas lieu d'être, de

Son ou de mon temps,

Pur chevalier des romans ou ignoble politique des journaux.

 

9.

Eclat ou silence auquel on

Assigne le vivant, et si c'était un dieu qui tourne sept foudres dans sa bouche avant de tonner ?

 

10.

D'où est-il ce proverbe qui dit que dans le mendiant un dieu peut se cacher ?

 

11.

Dies irae : sept épées et sept langues de feu dans sa bouche qui tournent avant de s'abattre.

 

12.

L'entend-on finalement, le sifflement dans l'air de l'épée qui le rompt, le fil entre notre ici et maintenant et le rien du tout nulle part ?

 

13.

Poésie des équations, mathématiques et physique ; des mondes s'y dessinent, c'est là la vraie voyance, l'alchimie des nombres.

 

14.

M'aperçois que le proverbe du mendiant-dieu caché trouve un écho dans ce vers de Nerval :

« Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ».

 

15.

« Tout gémit, tout se plaint, et mon mal est si fort »

(Agrippa d'Aubigné, « Le Printemps », III)

 

Tout – ou peut-être rien, si peu…

Gémit – ou rit ; nous aimons tant à rire de

Tout, d'un rien, nous autres, si peu.

 

16.

Se gondole comme une baleine des fois qu'on, pis qu'on se

Plaint, ou qu'on les joue au poker, nos osses.

 

17.

Et mon Dieu se promène entre

Mon dictionnaire et le

Mal de mer, de vivre, ou bien du pays.

 

18.

Est-il temps de ? Ce n'est peut-être rien, si peu,

Si plein de peut-être, ce soldat dans un

Fort qui attend tout un roman que l'ennemi arrive.

 

19.

Ou alors une place vide en plein soleil avec presque rien, une ombre, un chien.

 

20.

Des fois qu'le monde serait une oie cruelle, jacassière, très bête que l'on gave de dieux.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 28 juillet 2015.

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