26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 17:02

BULLE SPECULATIVE DES PRETS ETUDIANTS

D'après ce que je comprends, les Américains, pour pouvoir faire des études, sont obligés de s'endetter de façon déraisonnable. Il y a donc des sommes énormes qui ne seront jamais remboursées, ou remboursées au moment où les marchés seront tellement saturés qu'il y aura déflation. Bref, les USA ne craignent sans doute pas grand chose mais quelque chose me dit que l'Europe risque bien à terme de payer les pots cassés du calamiteux système éducatif américain. Et dire que Nicolas Sarkozy pensait qu'il fallait que les Français s'endettent pour que coûte que coûte, ils deviennent plus productifs : n'est-ce pas ce que l'on appelle "mettre le couteau sous la gorge de quelqu'un" ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 août 2014

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 15:39

BON DEBARRAS DOIT-IL SE DIRE

Je suppose que Benoît Hamon, éphémère ministre de l'éducation, doit être soulagé d'être débarrassé de cette patate ultra fumante qu'est la réforme des rythmes scolaires initiée par Vincent Peillon qu'on n'entend plus non plus d'ailleurs. Je me demande si certains ne vont pas l'accuser de déserter avant la bataille.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 août 2014

 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 14:39

C'EST SANS DOUTE

1.
Chaque jour qui passe, et dans chaque jour qui passe, chaque regard qui le renvoie à son espace si étriqué, si plein de son insuffisance, qu'il va finir par avoir envie de crever des yeux.

2.
J'y pensais fréquemment à cette heure si belle
Où les poulets tombaient tout rôtis des aisselles
De Dieu.

3.
C'est en barque qu'il regagna le centre-ville
Puis poursuivit à pied ses rames indociles
Qui, loin, si loin, sans lui, continuaient son chemin.

4.
Il n'est pas bon de rester devant moi quand je me suis tant poussé à bout tant poussé tant que derrière moi les mains de l'abîme tentent de me chuter qu'alors mes mains à moi se tendent et se rattrapent au premier devant moi venu.

5.
Quand je reprends de l'âme au petit déjeuner,
C'est qu'je reprends de l'âme au petit déjeuner.

6.
C'est comme si je n'savais pas où vont mes pas quand je n'suis pas dans mes souliers.

7.
"C'était sans doute vrai. Peu importait de toute façon."
(Anne Perry traduit par Elisabeth Kern, "La Marque de Caïn", 10/18 n°3300, p.193)

8.
Le problème de l'homme invisible quand il disparaît, c'est que l'on ne peut pas demander à quelle heure il a été vu pour la dernière fois.

9.
Comme je n'ai plus ma tête, il me faudrait un masque, mais comment porter un masque quand on n'a plus sa tête.

10.
Comme la girafe sortit, elle s'enflamma; c'est que trop d'effes sifflaient dans l'air.

11.
Quand je n'ai pas de sphinx vers qui me tourner pour le renouveau de mon stock d'énigmes, je m'en invente un, illico, éphémère, spontané.

12.
Devant un nouveau sphinx, j'hésite; et s'il ne parlait pas ma langue, et s'il allait ne pas comprendre ma réponse et me faire passer entre ses dents.

13.
Alors elles s'envolèrent, lègères comme des rubans aux allures de spectres.

14.
Passé un certain âge, les choses prennent du diable qu'on se dit qu'elles pourraient, les choses, vous prendre et vous fourrer dans leur chosier.

15.
- Maintenant, sortez d'ici ! Mais ne prenez pas l'ailleurs pour une porte; je vous vois tout de même, j'ai pondu des yeux en vous.

16.
Un artiste est celui qui sème des yeux dans vos yeux.

17.
Il parut se lever, trop impatient pour rester branche coupée : "et si je me faisais professeur de latin" se dit-il en remettant son opérette.

18.
- Et si je gagne, tu seras pendu, mais comme nous n'avons pas de pandouilloire, je te donnerai bonnement un cours de grimaces et d'ad cuisinam latin.

19.
En vérité, Dieu a oublié une infinité de détails dans lesquels le diable s'est logé multiplié. Voyez comme dans tous les coins il nous cligne de l'oeil et nous tire la langue.

20.
Comme il n'avait pas de sphinx sous la main, il se la trancha, histoire d'avoir une nouvelle énigme : Qui est donc ce moi à la main tranchée ?

21.
Je me demande qui est Donc ? Au fond, ce Donc, je ne le connais pas.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 août 2014

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 23:53

PETITS PATAPONS

1.
En français, quelqu'un de carré ne tourne pas en rond, mais il tourne rond, sauf quand il est rond et qu'il voit double.

2.
Ne cherchez jamais à justifier votre sphinx, il vous en voudrait.

3.
A la vue du spectre, mon sang se retira au fond du couloir; ce qui m'éloigna.

4.
Des fois, quand on prend conscience qu'on a un rival dans sa pomme, on en veut à son miroir.

5.
Le max de syllabes qu'il lançait de sa voix forte... Voltige ! L'attraper au vol, la saisir, toute cette foutue rhétorique... Vertige !

6.
Y en a zont des voix tellement coupantes qu'elles vous hachent le cogitif.

7.
Je suppose que quand on tombe dans l'oreille d'un sourd, ça doit être coton pour appeler au secours.

8.
Je ne me disputerai pas. Je me laisserai tranquille. Je rentrerai avec moi chez moi.

9.
Il arpentait le bureau en s'arrachant les cheveux; ce qui fit que l'après-midi même il dut s'acheter une perruque.

10.
La non existence est une négativité de l'être. Ce n'est pas que cela n'est pas puisque cela n'est pas.

11.
Christi ! Déjà midi et j'ai déjà rien fait.

12.
Oui, Msieurs-dames, c'est moi-même. C'est bien ça que j'suis. C'est ça et pas autre, et pas autrement, et même pas définitivement.

13.
Vous leurrez pas, la vie ne nous prend jamais à l'essai; elle finit toujours par nous renvoyer d'où l'on vient.

14.
Est-ce que quand on arrive devant Saint-Pierre, on doit s'excuser du dérangement ou bien ?

15.
En fin de compte, on est redevable de la place que les autres veulent bien vous accorder dans ce monde. On remercie pour des portes ouvertes.

16.
Il y a deux sortes d'êtres, ceux qui s'font leur propre trou et ceux qui l'ont tout creusé d'naissance. Et c'est pas forcément ceux qui creusent qui ont les mains les plus sales.

17.
Y en a qui poétiquement se fourrent l'océan dans l'intérieur, comme s'ils avaient des algues dans le caleçon.

18.
A la radio, une politicienne reconvertie dans l'humour, O Scour ! Vite, du Creedence Clearwater Revival pour éviter le mauvais sort !

19.
Te regarder et te dire sont deux choses incompatibles, puisque je ne puis te regarder sans en rester bouche bée d'admiration, et je ne puis rien te dire que tu ne saches déjà.

20.
Il viendra un jour où, tout fondu d'la tête, je reconnaîtrai pus quidam, que des patapons, des patapons, des patapons i seront, et rond !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 août 2014

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 15:49

SYMPTÔMES

1.
L'accumulation des objets est un symptôme du capitalisme. Les objets tiennent lieu de monnaie, et, comme elle, les objets se dévaluent ou prennent de la valeur.

2.
Le capitalisme nous fait vivre dans le mythe de la caverne d'Ali Baba, et la technocratie dans le mythe de la lampe d'Aladin.

2.
Le discours politique met à l'épreuve l'efficacité des rhétoriques. C'est le plus habile dans l'babil qui finit par remporter la mise.

3.
En démocratie, le discours politique n'a pas pour objet de faire obéir, mais de rappeler à la complexité du réel.

4.
En aucun cas, le discours politique ne doit tenir lieu de réglement intérieur. Un homme politique n'est pas un proviseur de lycée.

5.
"Puisque jamais je n'aimerai que vous."
(Racine, "Bajazet", v. 1269)

6.
Prouesse ontologique : l'être amoureux réduit le réel à l'unicité d'un visage, jusqu'à se désespérer de n'y pas faire rentrer l'espace et le temps.

7.
La haine universelle est égalitariste en ce qu'elle prend tous les visages pour objet. L'universalisme est la plus maligne des ruses que les élites prennent pour haïr les peuples.

8.
La démagogie des élites pensantes feint de mépriser la caste des guerriers qui garantit pourtant sa sécurité. Combien de postes dans la fonction publique ne doivent leur pérennité qu'au succès de nos armes ?

9.
Malheureuse la république qui se mettrait à cracher sur ses soldats et à restreindre leurs moyens.

10.
Le soldat est le garde du corps de la République, et on ne crache pas sur son garde du corps.

11.
L'armée n'a pas d'autre fin que celle de servir la République, et pas d'autres moyens que ceux que la République lui octroie. L'armée fait corps avec la République comme la magistrature fait corps avec la Justice.

12.
Le droit naturel n'est pas autre chose que le droit des Barbares à mettre Rome à sac.

13.
L'Histoire est pleine de haches et de têtes coupées; cet infini charnier finit toujours par se faire humus. Ce qui ne console pas, mais désespère.

14.
"Il n'y a qu'une seule race, celle des autres" est une phrase de droite.
"Il n'y a qu'une seule race, celle de l'autre" est une phrase de gauche.

15.
On ne peut empêcher quelqu'un de risquer sa vie, puisque, par définition, cette vie est individuelle, personnelle, irréductible. On peut noter cependant que mettre sa vie en jeu est aussi une manière de tester l'engagement des autres à vous sauver jusqu'à ce qu'il finisse, l'autre, par hausser les épaules.

16.
La politique a pour but de conserver en état les décors; l'essentiel est qu'ils semblent chauds et familiers; ainsi maintient-elle l'illusion du sens du confort.

17.
Ce que les peuples appellent prospérité n'est souvent que le cache des massacres lointains.

18.
"Derrière les vitraux, la clarté s'affola soudainement."
(Jean Ray, "Le Grand Nocturne")
Dieu panique.

19.
En vérité, je vous le dis, Dieu n'est pas de colère, mais panique, affolement, fuite en avant de l'univers.

20.
Quand bien même le Christ ne serait qu'une fiction, puisque ça marche...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 août 2014.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 10:39

QU'UNE SEULE RACE

1.
Allons au restau bouffer des animaux et contempler nos contemporains.

2.
Je roule placidement une cigarette pendant que dans le vent passent des électrophones.

3.
Y a des loups partout y a des loups
On croit qu'c'est des chats mais non car
C'est des loups partout c'est des loups.

4.
Quand on est au dessous de tout, on voit forcé les choses par en dessous, cul par-dessus tête, quoi ! Ce qui vous relativise l'idéal.

5.
Pour de vrai, dis, l'humanisme, c'est du quand bien même consterné.

6.
Allons voir sur l'autre bord
Si les corps
Qui y marchent seraient pas des fois
Plus vifs
Que les corps qui marchent ici.

7.
Il n'y a qu'une seule race, celle des autres.

8.
Faudrait aller au plus clair, mais comment faire, mais comment faire quand on a les yeux pleins de désert noir.

9.
"Un peu plus loin, je dépasse Conan qui serre de près une belle fille rieuse."
(Roger Vercel, "Capitaine Conan")

10.
Je vais un peu plus loin, je traverse des coins, ça me paraît long, sans fin, sans fond.

11.
Dans les angles ils avaient déglingué une femme, je les zieutais de plus en plus loin, les poteaux, je leur voyais soudain l'âme vilaine.

12.
Des fois je vais à travers les rues.
Des figurines dans ma tête des
Fois des figurines font trapèze dans ma tête.

13.
Des fois, je me demande si l'Amérique n'est pas le trip dont Dieu n'est toujours pas revenu.

14.
C'est-y pas que je devrais me faire recadrer, me faire recarrer chez l'autre fille.

15.
Des fois que je devrais me faire réparer le dedans de la tête quand de travers qu'a s'a fichu.

16.
Les figurines invisibles, les folles du néant, y en a plein les rues qui sautent d'un mort à l'autre.

17.
Un loin l'autre, toujours un peu plus strange dans le bizarre un peu; vous leurrez pas, c'est comme ça aussi qu'ça marche dans le réel.

18.
Des fois i s'zieute, plus zarbi dans le miroir, un peu plus loin dans ses reflets.

19.
Je file le fil d'l'aragne ma tête; je dépasse des choses avec Machin ou Truc dedans.

20.
Conan c'est lui le fameux capitaine qui je m'en fous j'ai pas lu le roman.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 août 2014.

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 01:52

CHUTAPLA

1.
Et dire que j'vis près d'la mer sans jamais la r'garder. Va finir par se vexer, la mer, et un beau soir sonner à ma porte, la mer, et me cracher son écume à la figure.

2.
"Derrière tes cheveux il y a tes vitres; derrière tes vitres il y a ton air; derrière ton air il y a tes yeux; derrière tes yeux il y a ton nerf
Optique."
(Elise Antoine)

3.
Impossible de se dupliquer... Malédiction !... Comment faire ?... Il se sentit vacillant... Avec tout ce qu'il devait, il n'avait plus qu'sa pomme, lui-même, unique, dans l'impuissance du seul... insignifiant... failli défaillant fichu mal qu'il se sentait... comme s'il s'échappait, le réel, de la soie entre les doigts, elle file, chute... tous ses mondes le désertaient...

4.
Des fois, j'me sens comme si je m'échappais d'entre mes doigts.

5.
"- Moi qui suis métaphysique !... Entends-moi bien métaphysique !" qu'il beugle le Sosthène du "Pont de Londres" à Céline... Y en a, j'vous jure, i s'donnent facile des airs d'être.

6.
Adonc estoit rendu sur une propriété privée... étranger ici, depuis hier... comme si c'était une excuse... L'autre de toute façon s'indifférait de l'oculaire.

7.
En vérifiant une référence, je me suis aperçu qu'il y avait plus d'un "Dimanches" dans Jules Laforgue.

8.
En écoutant "Des Papous dans la Tête" sur France Culture, mon mauvais esprit me souffla dans la tête que si ça se trouve, ils ont des nègres, des ghostwriters, les papous.

9.
Suit normalement un bref avec "trente six mille buccins / Du vent qui m'ont rendu tout lâche", que j'ai pris ça dans "Lunes en détresse" de Jules Laforgue comme quoi jadis, y a longtemps, là-bas, dans l'antique, dans-le passé-comme-aurait-dit-Racine-ce-pays-éloigné-de-moi-même-comme-dit-cette-chère-voix-qui-s'est-tue-dont-le-nom-m'échappe-soudain, y avait des buccins dans le vent, des échos d'ordres mirlitaires, des cataclops de cavaleries lointaines (mais s'approchant), et que maintenant, ce serait plutôt odeurs de brochettes, merguez, saucisses frites, que c'est tout de même plus pacifique, mais comme franchement, je ne voyais pas le rapport avec l'affaire du rhinocéros dans la chambre du philosophe, je laissa tomba.

10.
Entendu dans "Des papous dans la Tête" cette réflexion intense: "Les oeufs, s'ils n'avaient pas la forme d'oeufs, seraient tout de même des oeufs."

11.
D'ailleurs, eux, s'ils n'avaient pas la forme d'eux, seraient tout de même eux.

12.
L'être n'est pas réductible à sa forme. Ce dont, par ailleurs, je me fiche. D'autant que: l'être a-t-il une forme ?

13.
La culture, c'est ce qui reste quand le ministre est passé. (Oui, je sais, c'est facile).

14.
Alors je tomba à plat comme un cheva dans la soupe à platitudes. Houzeau, fous l'camp, qu'on voit plus qu'ton dos, et loin cor bien !

15.
A trouver ça très fort, à vouloir qu'on rigole, on finit par la répéter pénible, sa plaisanterie d'être.

16.
C'est aussi que ça ne veut rien dire, et qu'il faut trouver ça drôle, ça ! ça ! ça ! à en crever qu'c'est drôle ! Ah l'humain, Seigneur, quelle farce !

17.
Quand il fait encore nuit
Et qu'on descend sur la pointe des pieds, eh bien oui,
Faut s'attendre à c'que ça soye plus tout à fait la nuit.

18.
Je fus tenté de me faire descendre sur la pointe des puits, mais, n'est-ce pas, les pieds mouillés, c'est parfait pour attraper un rhume de cerveau.

19.
Savait tout... Bouffé la science... pullulant l'exemple... dégoiseur d'arguties à pas finir... donneur de leçons à pas croire... J'y croyais pas, j'le sentais pas, je l'prenais secrètement en grippe, secrètement, à la sournoise, comme d'hab.

20.
Heureux aujourd'hui; et demain à suer l'angoisse... sur des oeufs qu'on s'brinqueballe, qu'on s'décarcasse, forcé qu'ça finisse fracas.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2014

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 09:56

TENANT UN MIROIR J'Y VIS DES NUEES
Amusettes autour de fragments tirés de "Aurora", de Michel Leiris, Gallimard, coll. L'Imaginaire.

1.
Il y a cette phrase dans "Aurora" de Michel Leiris, où quelqu'un "tenait un miroir, où se reflétaient quelques nuages."

Nous ne sommes donc que nuées.

2.
Aussi dans le livre à Leiris, cette comptabilité des jours restants à vivre, "en comptant le nombre d'arbres qui le séparait de l'horizon".

Ah ça à force qu'on s'fa appela vieille branche (faites pas attention à la conjugaison, j'ai du déglingou saisonnier dans mon bescherelle), on finit pa compta ces arbres qu'y en a même qui s'y pendent.

3.
Sans doute que les livres de la mort sont plus des livres de comptes que des livres de messe.

4.
"le coeur, pyramide souveraine dans le désert du sang".
(Michel Leiris, "Aurora")

Qui pense être le pharaon de son coeur, peut s'attendre à y trouver son tombeau. (Poil aux os).

5.
"une mainmise sur l'absolu, c'est-à-dire l'établissement d'une relation entre soi-même et celui-ci, ce qui, de toute évidence, est contradictoire."
(Michel Leiris, "Aurora")

C'est que pour mettre la main sur l'absolu, il faut avoir une main absolue... non ? si ? ah je sais pas moi...

6.
"c'est ta robe argentée et ta chevelure fulgurante"
(Michel Leiris, "Aurora")

Voilà qui donne une élégance de comète de féerie.

7.
Sans doute, les humains sont-ils semblables à cette flèche dont parle Michel Leiris, "qui s'ignore et se meut cherchant la direction qu'elle a déjà trouvée dès le départ." Quelle compagnie d'archers contraires et quelle mêlée de flèches que le ciel des humains !

8.
"les perspectives, regards solidifiés" qu'il note, Michel Leiris. Nous déambulons dans nos mirettes. C'est-y pas beau ?

9.
Je pense qu'à l'instar du narrateur de l'onirique "Aurora", quand un fantôme hante une demeure, allant de pièce en pièce, traversant les cours et les corps, "il ne change pas d'espace", le fantôme, "mais c'est l'espace lui-même qui se modifie" - je sais pas comment, ni pourquoi, d'ailleurs, je m'en tamponne, en plus que c'est pas mes affaires.

10.
"La transformation des cadavres en spectres (...) n'est pas une opération remarquable par la simplicité."
(Michel Leiris, "Aurora")

Ah c'est qu'c'est un métier, ça, r'cruteur de spectres...

11.
"Les lions rugirent encore une fois, mais leurs voix étaient celles de vieux phonographes enroués".
(Michel Leiris, "Aurora")

J'les imagine bien, les griffus velus crinièrus entamer quelques pas de danse en rocaillant "Ramona" ...

12.
Note, en exergue de l'avant-propos, Michel Leiris a placé cette citation d'Apollinaire :
"Et j'espérais la fin du monde
Mais la mienne arrive en sifflant comme un ouragan."

Oui, ça fait ça des fois quand on rêve, juste avant que le Memento Grouillari d'aller bosser espèce de fainéant vous entre par les trous d'la tête pour vous dégoûter du réel.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2014

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 02:09

TOUJOURS AVEC UN SENS IL EN PRESENTE UN AUTRE

1.
"Heureux si dans le trouble où flottent mes esprits"
(Racine, "Iphigénie", IV,5, v.1319 [Agamemnon])

Car c'est toujours dans un vaisseau de brume, ou un char de trouble, que s'avancent les esprits flottants.

2.
"Un oracle toujours se plaît à se cacher.
Toujours avec un sens il en présente un autre."
(Racine, "Iphigénie", II,2, v.432-33 [Doris])

L'oracle est un dispositif polysémique. Il jette ses bouches à tout vent.

3.
"Depuis quand pense-t-on qu'inutile à moi-même
Je me laisse ravir une épouse que j'aime ?"
(Racine, "Iphigénie", IV,6, v.1389-90 [Achille])

Achille rappelle ainsi qu'il sait se rendre service.

4.
"De ce soupir que faut-il que j'augure ?
Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure ?
(Racine, "Iphigénie", I,3, v.281-82 [Ulysse])

J'admire ces vers en ce qu'il font du sang une force obscure. Ce qui "murmure", c'est le sang d'Agamemnon, son clan, qui refuse le sacrifice d'une des leurs (Iphigénie), qui refuse d'échanger le sang contre le vent.

5.
"Quel champ couvert de morts me condamne au silence ?"
(Racine, "Iphigénie", IV,4, v.1262 [Clytemnestre])

Les morts parlent pour les vivants. La victoire impose le respect et censure la critique. C'est ainsi que bon nombre de tueurs sont assimilés à des citoyens exemplaires. Le terme "tueur" lui-même désigne cette caractéristique du politique à éliminer avec le même élan alliés et adversaires.

6.
"Dieux, qui voyez ma honte, où me dois-je cacher ?"
(Racine, "Iphigénie", II,8, v. 756 [Eriphile])

Autrement dit, comment faire pour échapper à ce lieu que je suis pourtant bien obligé de hanter.

7.
"Et si le sort contre elle à ma haine se joint,
Je saurai profiter de cette intelligence"
(Racine, "Iphigénie", II,8, v.764-765 [Eriphile])

Les mots "sort", "haine" et "intelligence" (cette complicité qui semble unir ce qui est et la représentation que j'en ai) me donnent l'impression qu'Eriphile n'est pas loin de souhaiter que des forces magiques l'aident à se débarrasser d'Iphigénie. Il y a en tout cas une drôle d'ombre "d'inquiétante étrangeté" qui semble poindre dans le discours.

8.
"Tandis que vous vivrez, le sort, qui toujours change,
Ne vous a point promis un bonheur sans mélange."
(Racine, "Iphigénie", I, v.53-54 [Arcas])

Du reste, les humains sont leur sort, dans lequel ils se jettent étrangement.

9.
"N'en doutez point, Madame, un dieu combat pour vous."
(Racine, "Iphigénie", V,5, v.1700 [Arcas])

Sans doute ne peut-on combattre efficacement sans croire que quelque dieu agit dans l'ombre en notre faveur.

10.
"Mais qui peut dans sa course arrêter ce torrent ?"
(Racine, "Iphigénie", I,1,v.107, [Agamemnon])

Agamemnon évoque ici la rapidité avec laquelle Achille remporte ses victoires; alors qu'on le pensait éloigné pour un temps du camp des Grecs, le voilà déjà de retour. L'image du torrent souligne qu'Achille est tout entier dans cette force en perpétuel mouvement; ce qu'incarne Achille, c'est le mouvement victorieux, qui paraît invincible, qui semble l'emporter sur la nature humaine de la même manière que le mot "torrent" ne désigne pas de l'eau qui coule, mais une manifestation de la toute puissance de la nature.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2014

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 16:31

EN LISANT JE SUIS DEBOUT
(amusettes sur des fragments de "Je suis debout", de Lucien Suel, La Table Ronde, février 2014)

1.
"nord" et puis "ciel d'acier". Quelque part ailleurs - pour moi une autre page - du "bleu adorable" : quel drôle de corps !

2.
"cercueil volant", ô coucou vampire !

3.
"B, bibelot aboli boum boum du big-bang"
(Lucien Suel, "Qu'on sonne")

Comme quoi, la consonne "b", elle joue bien d'la batterie !

4.
"Les cauchemars de la vache" ? - P'têt' bin les trains qui déraillent ? Ou une grève illimitée des cheminots ?

5.
"la farine des morts", celle qui file au moulin des vivants ?

6.
"La planète Terre est un trou perdu dans l'Univers."
(Lucien Suel, "Maximes du trou")

7.
"Trou perdu, la Terre dans l'Univers" - lequel est percé de trous divers (trous de vers, trous noirs, trous normands, trous du poinçonneur d'autres là,...).

8.
Entre le Grand Tout et le Grand Trou, il n'y a qu'un air de différence.

9.
C'est bien connu, la vérité sort du puits, ou de la bouche de Cassandre, d'un trou, quoi !

10.
Dans l'album "Le Lac de l'Homme-Mort", de Tillieux, j'apprends qu'un collectionneur de trous peut être un grand donneur de coups sur la tête des fâcheux.

11.
"L'ombre est toujours"; "Le regard est froid"; y a-t-il un "nouvel ailleurs" ? Bah ! L'ailleurs, c'est du nulle part qu'on rêve, et c'est pas plus "nouvel" qu'un journal d'hier.

12.
"Dans la maison hantée, chaque porte franchie"
(Lucien Suel, "La Maison hantée")

13.
A mon avis, dans une "maison hantée, chaque porte franchie", on s'enfonce dans la mirance de soi squelette, de soi outre, de soi là-bas, qui s'agite à son rythme d'outre-cadence.

14.
Le poème de Lucien Suel "La Maison
Hantée" est si beau que moi mort (est-ce possible ?),
Ses pages tourneront entre mes doigts sans chair,
Ses syllabes seront détachées par mes lèvres
Sans bouche, et vous, vous ferez une de ces têtes !
J'en ris déjà Ah de toutes mes dents sans dent

15.
"Les romans noirs sont pleins de trous."
(Lucien Suel, "Maximes du trou")

16.
"Les romans noirs sont pleins de trous."
Or, l'Univers est plein de trous.
Donc, l'Univers est un roman noir.

17.
L'amnésique vit-il au bord d'un grand trou, qui, se collant à ses pas, le suit comme s'il était son ombre ?

18.
Trou noir et trou de ver, ce serait-y pas d'la périphrase pour signifier les narines de Dieu ?

19.
Dans chaque maison hantée, y a un soi qui s'prémonitionne, qui se prévoit.

20.
"Le Nord existe depuis le commencement" écrivez-vous, cher Lucien Suel. Je ne suis pas d'accord: le Nord existe depuis qu'on l'a trouvé.

21.
Du reste, ce que l'on trouve peut se perdre, et tomber dans le grand trou noir des choses qui n'ont plus de nom et qui ne sont plus que des choses et qui ne sont plus et qui ne sont et qui ne et qui (ce qui, pour du néant, fait quand même beaucoup d'activité).

22.
"C'est le jardin qui me regarde" - Qui c'est qui a laissé Fantômas dehors ? Fantômas, c'est mon chien, un grand chien d'ombre, qui garde ma maison quand je ne suis pas là pour la hanter.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 juillet 2014

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR LUCIEN SUEL
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