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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 11:33

MAIS LUI VOULANT MONTRER QU'IL ETAIT UN HOMME JUSTE

1.
« Le temps qui émousse toutes choses, le temps qui travaille à l'usure du chagrin comme il travaille à l'érosion des montagnes »
(Vladimir Jankélévitch, « L'imprescriptible. Pardonner ? Dans l'honneur et la dignité »)

2.
Étrange royauté du temps qui finit par abolir et ne ravive pourtant qu'en passant par la conscience.

3.
Le temps transforme ce qui ne se perdra qu'à son abolition.

4.
« De quel droit, puisqu'on ne peut, par principe, répondre à la question : « A quoi bon ? »
(Marcel Conche, « Le Fondement de la morale », PUF, 1999)

5.
« L'à quoi bon » désarme ce que décide « le quoi qu'il en soit ».

6.
« L'à quoi bon » suppose un référent insuffisant par nature, ou que l'humanité soit elle-même insuffisante, et que les efforts de quelques-uns ne suffiront jamais à compenser la brutalité naturelle des choses. Il y faut un Christ. Encore cela ne sert-il parfois qu'à alimenter cette soif de vengeance, cette faim de corps martyrisés qui parcourt l'Histoire comme un poison qui alimenterait un arbre.

7.
« Comme en un conte de fées, la petite fille, âgée de cinq ans, de Marcelino de Santuola, découvrit, en 1879, dans la grotte d'Altamira, près de Santander, de merveilleuses fresques polychromes. »
(Georges Bataille, « Le passage de l'animal à l'homme et la naissance de l'art »)

8.
Le réel est plein d'agonies ; il remue dans la mort, il grouille, il serpente et se tord.

9.
Un humoriste est quelqu'un qui résiste à la tentation de figer son sourire et de laisser sa colère foudroyer le réel.

10.
Je crois plus en l'être de Dieu qu'en son existence. C'est en cela que je suis catholique.

11.
Croire en l'être de Dieu est une question de bonne foi, et donc de mauvaise foi est la croyance en son existence.

12.
On ne peut jamais donner le nom de dieu qu'au principe causal de toute chose, encore faudrait-il qu'il y ait cause en soi.

13.
L'Histoire est le nom que l'humain donne à la chronologie de l'absurde.

14.
« Quel grand mystère ! » s'écria-t-il en songeant qu'il avait invoqué le démon et que c'était le facteur qui venait de passer.

15.
« Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus :
« Et qui donc est mon prochain ? »
(Evangile selon Saint Luc, 10, « Parabole du bon Samaritain »)

16.
S'il y a un au-delà, il ne peut être qu'un au-delà du temps. Autrement dit, peut-on persister dans un temps radicalement autre, un temps plus indicible encore que celui avec lequel nous composons ?

17.
« Car rien, au premier abord qui est celui de la lecture, ne vient fonder la juxtaposition de ces feuilles, de cette eau, de ce jardinier ou de cette pomme »
(Jean-Pierre Richard, « Onze études sur la poésie moderne », Points Seuil n°131, p.194)

18.
« Quand on scie un arbre, j'ai mal à la jambe » : déclaration ridicule d'un homme de paille (à moins qu'elle fût de Pinocchio dans un moment d'empathie profonde).
- Et quand on coupe un chêne, avez-vous mal au gland ? me souffle mon mauvais esprit.

19.
« Je peux la pousser à bout » complota-t-il, croyant agacer la porte en la faisant grincer tant et plus qu'il en finit scié des oreilles.

20.
« comme un œil entrouvert, (…), le cœur de l'être ? » interroge Jean-Pierre Richard. Le « cœur de l'être », ou peut-être l’œil de la bête...

21.
« Dira-t-on que cet horizon y aboutit pourtant à quelque chose, à ce point central et terminal où brille, comme un œil entrouvert, le « noyau de braise », le cœur de l'être ? »
(Jean-Pierre Richard, « Onze études sur la poésie moderne », Points Seuil n°131, p.228)

22.
A la remarque que je fis qu'une bibliothèque ne peut rien contre une division de panzers, X me manifesta sa désapprobation en m'affirmant que les nazis n'étaient jamais qu'une bande de voyous incultes. Croit-il vraiment que Guderian, Rommel, Goering, Goebbels and gang company étaient de parfaits crétins ? Il faut une grande intelligence du désastre et une grande connaissance de l'ignoble pour mener si consciencieusement un pays à sa perte et semer tant de graines de poison. Ce qui vaut pour les nazis de jadis vaut pour les néo-nazis actuels et ceux de Daech. Il ne faut jamais sous-estimer la malignité de l'ennemi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 mai 2015

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 14:45

DE L'ACTUELLE NECESSITE DU SCAPHANDRE

1.
Le faire est toujours en vue d'un but que j'ignore ; de là toutes les thèses complotistes.

2.
Commencer, c'est s'inscrire dans le non-fait ; c'est justifier la faisabilité de l'à-faire, jusqu'à tenter le diable de tous les possibles.

3.
L'utilisation du drone dans la guerre introduit la foudre du sort jeté ; le lointain frappe le lointain.

4.
Sans doute que ça ferait du dégât ça, une centaine de petits drones mitrailleurs lancés dans un espace occupé par l'ennemi.

5.
La modernité de l'humain. Bah ! Il se massacre toujours autant, mais avec le recours de la haute technologie et des intelligences les plus vives s'il vous plaît.

6.
Début des années 90 : vague d'OVNIS en Belgique : incroyable expérience de l'OTAN. Que vont-ils croire, les gens ? Que ces aéronefs relèvent du génie aéronautique américain ou qu'ils viennent d'un autre monde ? C'est apparemment l'absurde qui l'a emporté… Il est vrai que l'OTAN y a mis le paquet : témoignages de gendarmes, de pilotes, d'un colonel - et même d'un général - comme quoi zavaient jamais vu un impossible pareil, des appareils volant si vite que c'en est pas humain. Vous vous étonnez que ces gens aient accepté de raconter d'intergalactiques fariboles à la population ? Mais ce n'est rien, voyons, à côté des mensonges que d'autres ont dû faire pour justifier des assassinats, des raisons d’État, des massacres...

7.
La politique permet au sujet de s'affranchir des lois prétendument divines aussi bien que du droit dit naturel. Faire de la politique, c'est d'abord rentrer en rébellion contre le dogme.

8.
« et c'est avec effarement qu'ils constatent que la pente du volcan est entièrement couverte de gigantesques statues aux yeux phosphorescents !...»
(E.P. Jacobs, « Le rayon « U », pl.35)

L'a sans doute pas fait exprès, ce « an » qui court la phrase genre élan dans la plaine.

9.
« Enfin, contre ceux qui voudraient limiter les mortels que nous sommes à l'horizon des choses humaines... »
(Saint Thomas d'Aquin, « Somme contre les Gentils » (1255-1264) I,5, trad. Chenu, Seuil, 1959)

« Les mortels que nous sommes »… « l'horizon des choses humaines »… nous glissons dessus, pente, bascule à bipèdes, vers le grand plouf sans flotte, vers le trou dont les bords ne sont qu'aux vivants.

10.
Apparemment, et astucieusement, l'enseignement privé a décidé de soutenir la réforme des collèges version 2015 ; Philippe Meirieu doit se gratter la tête.

11.

« Je n'en finirais pas de me revoir dans ce passé. Mais toujours seul ; sans famille ; même quelle langue parlais-je ? »
(Rimbaud, « Mauvais sang »)

Les yeux dans c'qui n'est plus… c'est plein d'plus rien, d'ombres vivaces, de chairs, de masques… on n'comprend même plus ce qu'on a réellement dit.

12.
Les gens que nous voyons en songe n'existent pas, quand bien même en reconnaissons-nous les contours jusqu'à leur donner un nom.

13.
Ecrire, c'est collectionner des phrases, ces flèches qui de tous les côtés transpercent le réel.

14.
Parfois, j'ai pus l'goût d'écrire ; j'me fantôme un temps.

15.
« Je suis un homme lâche : je ne lui donnai pas mon adresse pour m'éviter l'angoisse d'attendre des lettres. » (Borges, « Le Congrès », trad. Françoise Rosset)

Peur de son cœur… donne jamais son adresse… l'attente l'inquiète…

16.
« Les reptiles tordus au front, les yeux ardents,
L'aboyeuse Gorgô vole et grince des dents »
(Leconte de Lisle, « Le combat homérique »)

Et comme ferait quelque guignol : gueguegueuGUEgue.

17.
Et dire qu'on finit par tomber dans l'infini, l'infini là des étants qu'on oublie.

18.
Tu t'en vas bye bye sob sob
Et moi je vais solo saoulot
Plein de liquide et de verres vides.

19.
Si la lune fume, ça doit être des « Lucky Stars » ou des « Mélancholia ».

20.
« La musique souvent me prend comme une mer ! »
(Baudelaire, « La Musique »)

21.
Comme la musique souvent le prenait comme une mer, il s'acheta un scaphandre.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2015

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:02

PHILIPPE MERIEU DECOUVRE LE COLLEGE

Je lis ceci dans une des nombreuses chroniques et textes divers dont l'illustre Philippe Meirieu ne cesse d'abreuver les médias (ah c'est qu'il est productif, le bougre!) et évidemment, à cette lecture, évidemment, fatalement, les bras m'en tombent, je cite :

« Les élèves qui entrent au collège peinent à avoir une représentation de l’institution qui les accueille, de ses principes et de ses exigences ; ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps, ne sont que rarement accompagnés et suivis de manière globale ; leur scolarité est éclatée, faite de segments désarticulés dont seuls quelques-uns – et surtout quelques-unes – parviennent à reconstituer l’unité. C’est pourquoi la mise en place d’un accompagnement pédagogique est indispensable à condition qu’elle se fasse dans un cadre stabilisé, avec des interlocuteurs identifiés et des outils appropriés. »
(Phillipe Meirieu : « Instituer » le collège et lui donner une véritable identité : il est grand temps ! » www.cafepedagogique.net )

Je commente avec ma mauvaise foi habituelle :
« Les élèves qui entrent au collège peinent à avoir une représentation de l’institution qui les accueille, de ses principes et de ses exigences » :
- Bin oui, ils arrivent de primaire, les bouts d'chou, comment voulez-vous qu'ils comprennent tout de suite ce que c'est qu'un collège ? Faut leur laisser le temps. En général, au bout d'un trimestre, c'est fait, d'autant qu'il y en a, figurez-vous, qui ont des grands frères et des grandes sœurs, lesquels leur expliquent, et tout ci tout ça. Quant aux principes : Bin, faut travailler quoi, et quant à ses exigences : Bin, vaut mieux bien travailler. Et puis pas trop faire de bêtises, non ?

« ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps, ne sont que rarement accompagnés et suivis de manière globale » : C'est que c'est le principe même du collège, (et c'est pareil au lycée, et à l'université, même chose, voyez) : les professeurs sont des spécialistes dans une matière (et non pas seulement des agents administratifs), et donc, en conséquence les élèves suivent les cours de différents spécialistes, dont les caractères, comme ça se trouve, et les méthodes – si ! si ! - diffèrent forcément (car les professeurs ne sont pas non plus des moutons de la grande Panurgie pédagogiste que l'illustre Meirieu ne cesse de promouvoir – avec un certain succès comme le montre la récente, et particulièrement néfaste, réforme en date, celle défendue par Madame Vallaud-Belkacem, - mais rédigée et voulue par qui ? -). Alors forcément, « ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps » (c'est très bien, Philippe, d'avoir remarqué ça, c'est à ça qu'on voit que vous êtes un universitaire). Ils « ne sont que rarement accompagnés » (je ne comprends même pas ce que ça veut dire) et « suivis de manière globale » (voulez-vous dire qu'il faudrait plus de caméras de surveillance ? plus d'accompagnateurs pour se rendre « de manière globale » de la salle A 212 à la cantine ? Plus de statistiques? Plus d'inspections ? Plus de contrôles d'identité ? Plus d'évaluations ?)

« leur scolarité est éclatée, faite de segments désarticulés » : Bin euh, ils rentrent en 6ème et finissent plus ou moins joyeusement en 3ème ; c'est même l'un des principes du « collège unique », vous n'allez tout de même pas me dire que vous êtes contre maintenant ? Quant aux « segments désarticulés », je suppose que vous posez là le problème de « l'articulation des savoirs » via l'interdisciplinarité. Le problème est que cette fameuse « articulation » est largement artificielle. En effet, chaque domaine ayant sa spécificité, sa méthodologie, son vocabulaire, je ne vois pas très bien comment lier « les grands monothéismes » et « l'étude des fractions », « les déclinaisons latines » et « la clé de sol », les « verbes à particules séparables » et « le système nerveux de la grenouille » autrement qu'en tirant très fort sur les cheveux de la logique et, éventuellement, de la professeure (remarquez que ça se fait déjà dans certains collèges, au sens propre je veux dire).

« dont seuls quelques-uns – et surtout quelques-unes – parviennent à reconstituer l’unité. » « et surtout quelques-unes » (!) : Oh Philippe, vous n'avez pas honte ?

« C’est pourquoi la mise en place d’un accompagnement pédagogique est indispensable à condition qu’elle se fasse dans un cadre stabilisé, avec des interlocuteurs identifiés et des outils appropriés. » : Fichtre, moi qui pensais que ça existait déjà ! Ça alors, je me demande à quoi peuvent bien servir les CPE (Conseillers Principaux d'Education), les Professeurs Principaux, les Professeurs Documentalistes, les Conseillers d'Orientation, les Psychologues Scolaires, les Assistantes Sociales,  les Assistants d'Education ?
Quant aux « outils appropriés », là aussi, mon cher Philippe, je reste baba devant tant de perspicacité : en effet, s'ils ne sont pas « appropriés », les « outils » ne serviront à rien d'autre qu'à se planter un clou dans l'pied (et à faire rire le malveillant, bouh le vilain!). Il fallait que cela soit dit, et c'est dit, non mais.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2015

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 14:50

L'ECRITURE C'EST-Y BÊTE

 

L'écriture c'est-y bête d'y perdre tant d'temps

Bête puéril pourtant je ne suce plus mon pouce depuis

A trop faire l'ange oui quoi ses ailes y a plus nulle

Plume dessus Plume Plume Plume font les jolies

Qui font les chœurs elles sont jolies comme des

Vous ai-je dit que j'aime regarder des films quand je

Grignote ma cervelle et puis

La vie passe la vie passe la

Vie passe à travers ma carcasse.

 

CONCENTRATION VERTICALE

 

« Concentration verticale : elle réunit des entreprises situées à des stades

complémentaires d'un processus de production »

(Capul et Garnier, Dictionnaire d'économie et de sciences sociales, Hatier, 2013, p.189)

 

Concentration (de tomates) en position

Verticale pour faire une sauce car à l'horizontale

Elle s'envolerait peut-être au plafond lequel

Regroupe tout un tas de mouches

Des vouées à l'échec

Entreprises que de faire une bolognaise en dormant

- apparemment mon correcteur d'orthographe ne connaît pas la sauce bolognaise -

Situées entre mes paupières et mon reptilien

A en saliver tant et plus mes mirettes voient

Des plats de pâtes filer dans la pièce Dans les

Stades je vois d'antiques athlètes lancer des pizzas

Complémentaires bien que je ne sache pas du tout ce que peut être une pizza

complémentaire

D'un geste aussi auguste qu'un vers de Hugo ils assurent le

Processus qui consiste à démarrer

De ses bras musclés une pizza laquelle ira s'ajouter à la

Production en série fantasmatique des soucoupes volantes.

 

LA CHAIR SES COUS SES MECHES

 

« La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles »

(Rimbaud, « A la musique »)

 

La chair, ça se mange, fatalement la terre mange toute

Chair c'est assez sinistre quand on y pense

« De la part de la princesse morte » c'est un titre ça non ?

Leurs romans y en a plein les bibliothèques et des

Cous aussi qui se promènent dans la rue porteurs de masques

Blancs brodés un jour viendra où nous serons tous obligés de porter des

masques blancs façon Aragon quand il était vieux dans un entretien des masques

Brodés car il n'est pas question

De laisser ses cheveux aller seuls on ne tolérera que quelques

Mèches folles folles

Folles aussi folles que les herbes et leur princesse morte.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 mai 2015

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 00:00

BREFS A LA LUTTEUSE ENDORMIE

1.
« 
Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux »
(Mallarmé, « Tristesse d'été »)

2.
Cup of tea or cup of sea ? Non, mais j'ai l'air de dire n'importe quoi, mais je dis n'importe quoi.

3.
Sifflement soleil sable, lutte suspendue par le sommeil, lutte dans le sommeil peut-être.

4.
La « lutteuse » dort sur le sable d'or, elle a des cheveux d'or et si elle s'appelle Dorothée, ou Dorothy, je me mets un disque des Beatles.

5.
« 
l'or de tes cheveux » : lieu commun compliqué par l'image du « bain langoureux ». La « lutteuse » chauffe donc du casque.

6.
Rythme ternaire :
« 
Le soleil / sur le sa - / -ble ô lutteu- / - se endormie »
(1
er vers de « Tristesse d'été » de Mallarmé)

J'aime bien les Beatles.

7.
Son revenant, assonance toutes les quatre syllabes, sac et ressac, sifflance qui plane :
« 
Le so- / -leil sur le sa- / - ble ô lutteuse / endormie »

8.
« 
Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. »
(Mallarmé, « Tristesse d'été »)

9.
Avec c't'encens-là la consumant, elle devait bien fumer d'la joue, non tu crois ?

10.
Par contre, je ne vois pas bien pourquoi qu'elle a la « joue ennemie », la lutteuse… Aurait-elle des névralgies ? Mal aux dents ? Une chique ?

11.
Syllabes longues - « consumant l'encens » - drôle d'image : une ombre couleur d'encens sur une joue en feu.

12.
Le soleil est ici sujet de « chauffe », de « consumant », de « mêle » ; drôle d'alchimiste aux pinces d'or.

13.
Musique : « pleurs », « breuvages », « amoureux ». Les charmes n'ont pas besoin d'accompagnement à la lyre ; une voix chante dans leur secrète gorge.

14.
Les poèmes de Mallarmé, des prés sonores, des chambres d'échos, des attrape-spectres.

15.
Chambre d'échos mallarméenne : « cheveux », « langoureux », « pleurs », « breuvage amoureux », « cheveux / chauffe ».

16.
« 
breuvage amoureux », philtre d'amour, Tristan, Yseult, nul repère spatio-temporel, pourtant tout de même ces « pleurs », et cet amour…

17.
Présence de l'élément liquide : « bain », « pleurs », « breuvage », et du sec aussi : « soleil », « sable », « encens ». La « lutteuse endormie » fait-elle le lien entre le sec et l'humide ?

18.
L'écriture, bête à plume qui vous grignote la vie.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 23:51

RIEN QUE DE TRES ET BANAL ET TRAGIQUE HUMAIN

1.
Il faut être drôlement naïf pour s'imaginer qu'au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo, les Français se sont dans leur immense majorité sentis réellement concernés par cette tragédie. Bien des gens n'en parlèrent que parce qu'on leur en parlait et avaient de toute façon d'autres chats à fouetter. Cependant l'idée que ça ne pouvait plus durer comme ça était sans nul doute dans la plupart des têtes.

2.
Lu quelque part qu'un professeur s'était étonné qu'au lendemain des attentats de janvier, bon nombre de ses élèves étaient surtout préoccupés par leur TPE (Travaux Personnels Encadrés). Je trouve cela logique. On leur donne un boulot à faire ; s'ils ne le font pas, ils seront sanctionnés, donc ils le font. Rien que de très humain.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 18:35

DEJA QU'IL FAUT ETRE

1.
« Il faut être absolument moderne. »
(Rimbaud, « Une saison en enfer »)

Bah, déjà qu'il faut être, et qu'c'est bien fatigant, alors en plus, s'il faut être « absolument », et « moderne » avec ça, ouyouyouille !

2.
« C'est un trou de verdure où chante une rivière »
(Rimbaud, « Le dormeur du val »)

Me demande quoi qu'elle chante, c'te rivière ? « Le temps des cerises «  peut-être, ou quelque balade oubliée.

3.
Le Stryx est un « vampire nocturne » lis-je dans une note. Et un vampire diurne alors, c'est quoi ? Un banquier ?

4.
« On peut dire aussi que le prix d'équilibre se fixe au point de rencontre des courbes d'offre et de demande. »
(Capul et Garnier, « Dictionnaire d'économie et de sciences sociales », Hatier, p.281)

Moi, j'aime bien le boudin blanc… et la blanquette de veau aussi.

5.
« Les  espaces  et  les  territoires  dans le cadre  de  leur  aménagement  par  les sociétés sont  questionnés au regard de la durabilité de leur développement et de la mondialisation. »
(projet de programme pour le cycle 4, « réforme du collège »,  « Géographie », 9 avril 2015)

Charabia.

6.
« Construire la capacité à  « traverser » l’eau  avec le  moins de résistance en  équilibre horizontal par  immersion prolongée de la  tête.   Construire le corps  propulseur pour nager  longtemps. »
(projet de programme pour le cycle 4, « réforme du collège », « Education Physique et Sportive, 9 avril 2015)

Charabia sportif (particulièrement mal rédigé).

7.
Pour ce qui est du « référentiel bondissant » qui aurait été employé jadis par les programmes pour désigner le « ballon », apparemment, il s'agirait d'une légende, ou d'une vieille blague, genre Michel Audiard se moquant du structuralisme.

8.
Ai parcouru les projets des programmes dits de la « réforme du collège », rien trouvé sur le latin et le grec… bizarre…

9.
Ai parcouru les projets des programmes dits de la « réforme du collège », c'est beau, c'est grand, et c'est sûr qu'à l'issue du « Cycle 4 », les élèves ne sauront toujours pas correctement planter un clou.

10.
La « loi sur le renseignement »… Si la droite, du temps où elle était aux affaires, avait proposé le quart de ce que la gauche a voté quasi sans sourciller, on aurait crié à la dictature, au vampirisme, haro sur le baudet, mais comme c'est la gauche, alors…

11.
Des fois, je me sens triste comme si j'avais une âme.

12.
Tel tribun du PS, grosse tête, cheveux plaqués, costume sombre, mise soignée… rien à faire, i m'inspire pas confiance.

13.
«On s’apercevra à la fin du quinquennat que [François Hollande] est un homme qui a protégé les Français, y compris d’eux-mêmes»
(Jean-Christophe Cambadélis, à des journalistes, mai 2015)

Ouh la !… Savez-vous bien ce que vous dites, Monsieur ?

14.
La vente des Rafale – enfin ! - illustre la théorie des dominos. Il suffit qu'un pays en achète une poignée, pour que ses voisins en fassent autant.

15.
L'Education nationale et ses multiples réformes : le vertige des moyens.

16.
A l'occasion d'une biographie de Richard Descoings, un peu partout dans les médias, esquisse peu ragoûtante du personnage… heureusement qu'on ne dit pas du mal des morts…

17.
Charlie… tant, tant de bruit pour une minute de silence…

18.
Si ça se trouve la ministre actuelle de l'éducation nationale n'a rien pondu du tout… que « sa » réforme, elle était déjà dans les cartons depuis lurette, bien avant celui qui a précédé celui qui l'a précédée, qu'il faut simplement l'aménager un peu, la mettre au goût du jour, et puis la signer, et puis la défendre… si ça se trouve, quand elle a découvert le machin, elle s'est dit en le lisant « Ah oui quand même… » peut-être elle s'est gratté la tête, et puis, puisque c'est son boulot, elle y va, comme un seul homme.

19.
C'est tout de même étonnant que les frères Kouachi aient pu faire tant de morts en plein cœur de Paris sans même avoir l'air de se presser plus que ça… c'est pas rassurant tout de même… j'irai pas à Paris de sitôt moi…

20.
A mon avis, quand on y pense, Dieu a bien du sang sur ses mains qui n'existent pas. Restent le sang, et les mains des hommes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 11:56

GOLEM

"Le peuple est un golem."

Excellent proverbe yiddish entendu dans l'émission "Répliques" d'Alain
Finkielkraut.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 10:37

POUAH DU 9 MAI 2015

Le vote obligatoire en France ? Non seulement ils nous piquent nos sous, mais en plus ils voudraient qu'on les applaudisse.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 10:14

ET DEVANT LA TELE JE FIS POUAH !

Ai suivi huit jours durant les informations en continu de BFMTV, I télé, LCP : que m'en reste-t-il ? Du dégoût. Du dégoût devant ce flot de violences, de manipulations, d'hypocrisies, de bonne conscience, de massacres, de malversations, de copinages, de semi-vérités, de moitiés de mensonges, de raisons d’État, de têtes trop vues, de bouches trop entendues, de gens, de droite, de gauche, du centre ou d'ailleurs, dont je pressens qu'ils ne sont parfois que des rentiers du désastre, et qu'ils n'ont rien à voir avec moi, petit citoyen français qui assiste impuissant à l'effritement de la puissance de son pays.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 mai 2015

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