9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 01:52

CHUTAPLA

1.
Et dire que j'vis près d'la mer sans jamais la r'garder. Va finir par se vexer, la mer, et un beau soir sonner à ma porte, la mer, et me cracher son écume à la figure.

2.
"Derrière tes cheveux il y a tes vitres; derrière tes vitres il y a ton air; derrière ton air il y a tes yeux; derrière tes yeux il y a ton nerf
Optique."
(Elise Antoine)

3.
Impossible de se dupliquer... Malédiction !... Comment faire ?... Il se sentit vacillant... Avec tout ce qu'il devait, il n'avait plus qu'sa pomme, lui-même, unique, dans l'impuissance du seul... insignifiant... failli défaillant fichu mal qu'il se sentait... comme s'il s'échappait, le réel, de la soie entre les doigts, elle file, chute... tous ses mondes le désertaient...

4.
Des fois, j'me sens comme si je m'échappais d'entre mes doigts.

5.
"- Moi qui suis métaphysique !... Entends-moi bien métaphysique !" qu'il beugle le Sosthène du "Pont de Londres" à Céline... Y en a, j'vous jure, i s'donnent facile des airs d'être.

6.
Adonc estoit rendu sur une propriété privée... étranger ici, depuis hier... comme si c'était une excuse... L'autre de toute façon s'indifférait de l'oculaire.

7.
En vérifiant une référence, je me suis aperçu qu'il y avait plus d'un "Dimanches" dans Jules Laforgue.

8.
En écoutant "Des Papous dans la Tête" sur France Culture, mon mauvais esprit me souffla dans la tête que si ça se trouve, ils ont des nègres, des ghostwriters, les papous.

9.
Suit normalement un bref avec "trente six mille buccins / Du vent qui m'ont rendu tout lâche", que j'ai pris ça dans "Lunes en détresse" de Jules Laforgue comme quoi jadis, y a longtemps, là-bas, dans l'antique, dans-le passé-comme-aurait-dit-Racine-ce-pays-éloigné-de-moi-même-comme-dit-cette-chère-voix-qui-s'est-tue-dont-le-nom-m'échappe-soudain, y avait des buccins dans le vent, des échos d'ordres mirlitaires, des cataclops de cavaleries lointaines (mais s'approchant), et que maintenant, ce serait plutôt odeurs de brochettes, merguez, saucisses frites, que c'est tout de même plus pacifique, mais comme franchement, je ne voyais pas le rapport avec l'affaire du rhinocéros dans la chambre du philosophe, je laissa tomba.

10.
Entendu dans "Des papous dans la Tête" cette réflexion intense: "Les oeufs, s'ils n'avaient pas la forme d'oeufs, seraient tout de même des oeufs."

11.
D'ailleurs, eux, s'ils n'avaient pas la forme d'eux, seraient tout de même eux.

12.
L'être n'est pas réductible à sa forme. Ce dont, par ailleurs, je me fiche. D'autant que: l'être a-t-il une forme ?

13.
La culture, c'est ce qui reste quand le ministre est passé. (Oui, je sais, c'est facile).

14.
Alors je tomba à plat comme un cheva dans la soupe à platitudes. Houzeau, fous l'camp, qu'on voit plus qu'ton dos, et loin cor bien !

15.
A trouver ça très fort, à vouloir qu'on rigole, on finit par la répéter pénible, sa plaisanterie d'être.

16.
C'est aussi que ça ne veut rien dire, et qu'il faut trouver ça drôle, ça ! ça ! ça ! à en crever qu'c'est drôle ! Ah l'humain, Seigneur, quelle farce !

17.
Quand il fait encore nuit
Et qu'on descend sur la pointe des pieds, eh bien oui,
Faut s'attendre à c'que ça soye plus tout à fait la nuit.

18.
Je fus tenté de me faire descendre sur la pointe des puits, mais, n'est-ce pas, les pieds mouillés, c'est parfait pour attraper un rhume de cerveau.

19.
Savait tout... Bouffé la science... pullulant l'exemple... dégoiseur d'arguties à pas finir... donneur de leçons à pas croire... J'y croyais pas, j'le sentais pas, je l'prenais secrètement en grippe, secrètement, à la sournoise, comme d'hab.

20.
Heureux aujourd'hui; et demain à suer l'angoisse... sur des oeufs qu'on s'brinqueballe, qu'on s'décarcasse, forcé qu'ça finisse fracas.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2014

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 09:56

TENANT UN MIROIR J'Y VIS DES NUEES
Amusettes autour de fragments tirés de "Aurora", de Michel Leiris, Gallimard, coll. L'Imaginaire.

1.
Il y a cette phrase dans "Aurora" de Michel Leiris, où quelqu'un "tenait un miroir, où se reflétaient quelques nuages."

Nous ne sommes donc que nuées.

2.
Aussi dans le livre à Leiris, cette comptabilité des jours restants à vivre, "en comptant le nombre d'arbres qui le séparait de l'horizon".

Ah ça à force qu'on s'fa appela vieille branche (faites pas attention à la conjugaison, j'ai du déglingou saisonnier dans mon bescherelle), on finit pa compta ces arbres qu'y en a même qui s'y pendent.

3.
Sans doute que les livres de la mort sont plus des livres de comptes que des livres de messe.

4.
"le coeur, pyramide souveraine dans le désert du sang".
(Michel Leiris, "Aurora")

Qui pense être le pharaon de son coeur, peut s'attendre à y trouver son tombeau. (Poil aux os).

5.
"une mainmise sur l'absolu, c'est-à-dire l'établissement d'une relation entre soi-même et celui-ci, ce qui, de toute évidence, est contradictoire."
(Michel Leiris, "Aurora")

C'est que pour mettre la main sur l'absolu, il faut avoir une main absolue... non ? si ? ah je sais pas moi...

6.
"c'est ta robe argentée et ta chevelure fulgurante"
(Michel Leiris, "Aurora")

Voilà qui donne une élégance de comète de féerie.

7.
Sans doute, les humains sont-ils semblables à cette flèche dont parle Michel Leiris, "qui s'ignore et se meut cherchant la direction qu'elle a déjà trouvée dès le départ." Quelle compagnie d'archers contraires et quelle mêlée de flèches que le ciel des humains !

8.
"les perspectives, regards solidifiés" qu'il note, Michel Leiris. Nous déambulons dans nos mirettes. C'est-y pas beau ?

9.
Je pense qu'à l'instar du narrateur de l'onirique "Aurora", quand un fantôme hante une demeure, allant de pièce en pièce, traversant les cours et les corps, "il ne change pas d'espace", le fantôme, "mais c'est l'espace lui-même qui se modifie" - je sais pas comment, ni pourquoi, d'ailleurs, je m'en tamponne, en plus que c'est pas mes affaires.

10.
"La transformation des cadavres en spectres (...) n'est pas une opération remarquable par la simplicité."
(Michel Leiris, "Aurora")

Ah c'est qu'c'est un métier, ça, r'cruteur de spectres...

11.
"Les lions rugirent encore une fois, mais leurs voix étaient celles de vieux phonographes enroués".
(Michel Leiris, "Aurora")

J'les imagine bien, les griffus velus crinièrus entamer quelques pas de danse en rocaillant "Ramona" ...

12.
Note, en exergue de l'avant-propos, Michel Leiris a placé cette citation d'Apollinaire :
"Et j'espérais la fin du monde
Mais la mienne arrive en sifflant comme un ouragan."

Oui, ça fait ça des fois quand on rêve, juste avant que le Memento Grouillari d'aller bosser espèce de fainéant vous entre par les trous d'la tête pour vous dégoûter du réel.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2014

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 02:09

TOUJOURS AVEC UN SENS IL EN PRESENTE UN AUTRE

1.
"Heureux si dans le trouble où flottent mes esprits"
(Racine, "Iphigénie", IV,5, v.1319 [Agamemnon])

Car c'est toujours dans un vaisseau de brume, ou un char de trouble, que s'avancent les esprits flottants.

2.
"Un oracle toujours se plaît à se cacher.
Toujours avec un sens il en présente un autre."
(Racine, "Iphigénie", II,2, v.432-33 [Doris])

L'oracle est un dispositif polysémique. Il jette ses bouches à tout vent.

3.
"Depuis quand pense-t-on qu'inutile à moi-même
Je me laisse ravir une épouse que j'aime ?"
(Racine, "Iphigénie", IV,6, v.1389-90 [Achille])

Achille rappelle ainsi qu'il sait se rendre service.

4.
"De ce soupir que faut-il que j'augure ?
Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure ?
(Racine, "Iphigénie", I,3, v.281-82 [Ulysse])

J'admire ces vers en ce qu'il font du sang une force obscure. Ce qui "murmure", c'est le sang d'Agamemnon, son clan, qui refuse le sacrifice d'une des leurs (Iphigénie), qui refuse d'échanger le sang contre le vent.

5.
"Quel champ couvert de morts me condamne au silence ?"
(Racine, "Iphigénie", IV,4, v.1262 [Clytemnestre])

Les morts parlent pour les vivants. La victoire impose le respect et censure la critique. C'est ainsi que bon nombre de tueurs sont assimilés à des citoyens exemplaires. Le terme "tueur" lui-même désigne cette caractéristique du politique à éliminer avec le même élan alliés et adversaires.

6.
"Dieux, qui voyez ma honte, où me dois-je cacher ?"
(Racine, "Iphigénie", II,8, v. 756 [Eriphile])

Autrement dit, comment faire pour échapper à ce lieu que je suis pourtant bien obligé de hanter.

7.
"Et si le sort contre elle à ma haine se joint,
Je saurai profiter de cette intelligence"
(Racine, "Iphigénie", II,8, v.764-765 [Eriphile])

Les mots "sort", "haine" et "intelligence" (cette complicité qui semble unir ce qui est et la représentation que j'en ai) me donnent l'impression qu'Eriphile n'est pas loin de souhaiter que des forces magiques l'aident à se débarrasser d'Iphigénie. Il y a en tout cas une drôle d'ombre "d'inquiétante étrangeté" qui semble poindre dans le discours.

8.
"Tandis que vous vivrez, le sort, qui toujours change,
Ne vous a point promis un bonheur sans mélange."
(Racine, "Iphigénie", I, v.53-54 [Arcas])

Du reste, les humains sont leur sort, dans lequel ils se jettent étrangement.

9.
"N'en doutez point, Madame, un dieu combat pour vous."
(Racine, "Iphigénie", V,5, v.1700 [Arcas])

Sans doute ne peut-on combattre efficacement sans croire que quelque dieu agit dans l'ombre en notre faveur.

10.
"Mais qui peut dans sa course arrêter ce torrent ?"
(Racine, "Iphigénie", I,1,v.107, [Agamemnon])

Agamemnon évoque ici la rapidité avec laquelle Achille remporte ses victoires; alors qu'on le pensait éloigné pour un temps du camp des Grecs, le voilà déjà de retour. L'image du torrent souligne qu'Achille est tout entier dans cette force en perpétuel mouvement; ce qu'incarne Achille, c'est le mouvement victorieux, qui paraît invincible, qui semble l'emporter sur la nature humaine de la même manière que le mot "torrent" ne désigne pas de l'eau qui coule, mais une manifestation de la toute puissance de la nature.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juillet 2014

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 16:31

EN LISANT JE SUIS DEBOUT
(amusettes sur des fragments de "Je suis debout", de Lucien Suel, La Table Ronde, février 2014)

1.
"nord" et puis "ciel d'acier". Quelque part ailleurs - pour moi une autre page - du "bleu adorable" : quel drôle de corps !

2.
"cercueil volant", ô coucou vampire !

3.
"B, bibelot aboli boum boum du big-bang"
(Lucien Suel, "Qu'on sonne")

Comme quoi, la consonne "b", elle joue bien d'la batterie !

4.
"Les cauchemars de la vache" ? - P'têt' bin les trains qui déraillent ? Ou une grève illimitée des cheminots ?

5.
"la farine des morts", celle qui file au moulin des vivants ?

6.
"La planète Terre est un trou perdu dans l'Univers."
(Lucien Suel, "Maximes du trou")

7.
"Trou perdu, la Terre dans l'Univers" - lequel est percé de trous divers (trous de vers, trous noirs, trous normands, trous du poinçonneur d'autres là,...).

8.
Entre le Grand Tout et le Grand Trou, il n'y a qu'un air de différence.

9.
C'est bien connu, la vérité sort du puits, ou de la bouche de Cassandre, d'un trou, quoi !

10.
Dans l'album "Le Lac de l'Homme-Mort", de Tillieux, j'apprends qu'un collectionneur de trous peut être un grand donneur de coups sur la tête des fâcheux.

11.
"L'ombre est toujours"; "Le regard est froid"; y a-t-il un "nouvel ailleurs" ? Bah ! L'ailleurs, c'est du nulle part qu'on rêve, et c'est pas plus "nouvel" qu'un journal d'hier.

12.
"Dans la maison hantée, chaque porte franchie"
(Lucien Suel, "La Maison hantée")

13.
A mon avis, dans une "maison hantée, chaque porte franchie", on s'enfonce dans la mirance de soi squelette, de soi outre, de soi là-bas, qui s'agite à son rythme d'outre-cadence.

14.
Le poème de Lucien Suel "La Maison
Hantée" est si beau que moi mort (est-ce possible ?),
Ses pages tourneront entre mes doigts sans chair,
Ses syllabes seront détachées par mes lèvres
Sans bouche, et vous, vous ferez une de ces têtes !
J'en ris déjà Ah de toutes mes dents sans dent

15.
"Les romans noirs sont pleins de trous."
(Lucien Suel, "Maximes du trou")

16.
"Les romans noirs sont pleins de trous."
Or, l'Univers est plein de trous.
Donc, l'Univers est un roman noir.

17.
L'amnésique vit-il au bord d'un grand trou, qui, se collant à ses pas, le suit comme s'il était son ombre ?

18.
Trou noir et trou de ver, ce serait-y pas d'la périphrase pour signifier les narines de Dieu ?

19.
Dans chaque maison hantée, y a un soi qui s'prémonitionne, qui se prévoit.

20.
"Le Nord existe depuis le commencement" écrivez-vous, cher Lucien Suel. Je ne suis pas d'accord: le Nord existe depuis qu'on l'a trouvé.

21.
Du reste, ce que l'on trouve peut se perdre, et tomber dans le grand trou noir des choses qui n'ont plus de nom et qui ne sont plus que des choses et qui ne sont plus et qui ne sont et qui ne et qui (ce qui, pour du néant, fait quand même beaucoup d'activité).

22.
"C'est le jardin qui me regarde" - Qui c'est qui a laissé Fantômas dehors ? Fantômas, c'est mon chien, un grand chien d'ombre, qui garde ma maison quand je ne suis pas là pour la hanter.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 juillet 2014

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 11:10

POUR MIEUX NOYER LE POISSON

AMUSETTES AUTOUR DE LA FETE DU POTIRON
(cf Agatha Christie traduit par Claire Durivaux, "La fête du potiron", Club des Masques n°174)

1
D'la mort à n'en rien dire... que du permis d'inhumer... A respiré pénible... A monté l'escalier s'exténuant... A s'était couchée... A passé dans s'définition.

2.
Envolée... Vloho !... un soir... évanouie disparue fondue dans l'ailleurs... comme si la lune l'avait gobée.

3.
Il pensa à c'te murderance perhaps à laquelle elle aurait assisté la gamine. A filer du secret, des années de secret dans la bouche.

4.
Là-dedans... du jardin porte-poisse... et tous ces "potirons jaunes"... pour quelle soupe à la grimace ? pour quelle macabre face fendue ?

5.
De façon soudaine souvent que ça meurt dans les romans policiers... "Un corps mort dans le décor"... au loin une musique.

6.
"Un corps mort dans le décor" je tire ça de la chanson de Charlebois "Deux Femmes En Or", un bijou d'chanson.

7.
La petite musique "saccadé panique" aurait dit Céline... la petite musique des morts qu'on entend dans le bruissement des syllabes.

8.
..."son petit carnet", son "méthodiquement", "le cours de ses pensées", "une sorte de mouvement inconscient"... L'inconscient du détective, c'est le meurtre; il faut bien qu'il court après, qu'il l'élucide, qu'il l'exorcise.

9.
Les réflexions, on s'plonge dedans... le "cours de ses pensées"... Se baigne-t-on deux fois dans le même fleuve spéculatif ?

10.
Au fond, on s'en fout qu'on se baigne pas deux fois dans le même fleuve, pourvu qu'on en ressorte idem, indemne, pas noyé.

11.
..."le cours de ses pensées", ou l'art de se donner une leçon à soi-même.

12.
Comme Hastings était plongé dans ses réflexions, Poirot l'observa avec une attention accrue, comme s'il pensait que le Capitaine eût pu se noyer.

13.
"L'Année du crime" : L'Almanach Vert-Mort ?

14.
"La maison est très grande"... du coup "les preuves ne sont pas faciles à trouver"... "C'est d'ailleurs là une constatation intéressante". Vu que, sinon, y aurait pas de roman policier à énigmes pour gens qui rêvent de grandes maisons et de distingués détectives spéculatifs.

15.
Pris dans "La Fête du potiron" : "Anne est dans sa chambre en train d'étudier et Léopold est au jardin où il construit un avion miniature."
Qu'ils disent !...

16.
..."cette horrible aventure"... "Je n'ai vu âme qui vive"... Peut-être âme qui erre ?... Quelle horrible aventure !

17.
..."devait écouter aux portes"... devait tellement écouter aux portes qu'elle changeait souvent d'oreilles...

18.
"Au cours d'une soirée on lui a maintenu
La tête dans un seau rempli d'eau et de pommes."

Ces deux alexandrins sont tirés d'une traduction par Claire Durivaux d'un roman d'Agatha Christie parue sous le titre "La Fête du potiron" dans la collection Club des Masques.

19.
"Les vieux péchés projettent de grandes ombres".

Proverbe énoncé par Hercule Poirot à la page 79 du roman dont j'vous cause en rêvant.

20.
Cette histoire de petite jeune fille assassinée noyée "la tête dans un seau rempli d'eau et de pommes" et ce truc du vieux péché qui agite sa grande ombre, c'est-y pas un piège à loup psychanalytique, par hasard ?

21.
Mais non ! Le vieux péché qui projette sa grande ombre, c'est Fantômas, voyons ! Fantômas déguisé en Fête du potiron... pour mieux noyer le poisson...

22.
... pour mieux noyer le poisson... ça devient christique... Zut alors ! m'fis-je en me mettant du Gentle Giant dans les esgourdes et me préparant des oeufs sur le plat.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 juillet 2014.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 12:04

ET LA DOUCEUR DU SOIR ET LES CRIS SURHUMAINS

1.
"Hélène vient songer dans la douceur du soir"
(Jules Laforgue, "Sur l'Hélène de Gustave Moreau")

2.
Pourquoi Hélène vient-elle "songer dans la douceur du soir" ?

Cause ceusses du matin, qu'est-ce qu'i sont bruyants, brutaux, braques abrutis.

3.
Aussi parce qu'elle s'appelle Hélène et que c'est plus gracieux que "Maurice vient songer dans la douceur du soir".

4.
"Se fuir le long des cris surhumains de la mer !"
(Jules Laforgue, "Dimanches")

5.
Et pourquoi donc "se fuir le long des cris surhumains de la mer" ?

Cause qu'c'est tant hurlant qu'i s'décroche de son ombre pour filer sa comète.

6.
"Les cris surhumains de la mer" sont-ils la métaphore du désarroi à cris muets du narrateur ?

7.
Aussi parce qu'il préfère la samba et celle "qu'on voit danser le long des golfes clairs".

8.
Pourquoi ne sait-il pas ce qu'elle pense ?

Pensez donc, une théière, laquelle est une cloche à fromage, laquelle est une saucisse-frites, et tout ça sans le secours de la plus élémentaire des télépathies.

9.
Quand on prémonitionne en songe, ce serait-y pas qu'on s'donne insconsciemment une réponse à une énigme que l'un des milliers des sphinx du jour, sans rien dire, nous a flanquée dans la caboche ?

10.
Le rêve prémonitoire serait-il une réponse au problème posé par le sphinx de soi-même ?

11.
L'existentiel des bipèdes... de l'autofiction proclamée... du drame pur aussi des fois, ignoré, secret, masqué.

12.
Depuis la fraise du soleil, depuis moite, depuis la dissipation des lieux hantés, depuis la relevée des paupières, qu'on s'traîne dans la poussière du monde.

13.
Il leur vient de l'âme comme la perle à l'huître. Les mâchoires s'entendent à dévorer les navires.

14.
Ceux dont l'horloge est vide n'ont plus de temps à perdre et combattent pour ce miracle, la miette devient l'infini.

15.
A la patte de velours, je reconnais ce qui rôde et dans de grands quartiers de soleil dépèce le jour .

16.
Les jadis aveuglés et le Sphinx dissipé
La chute des yeux morts aux jardins abolis
J'aurais aimé parler l'italien et l'anglais
Des fois c'est vraiment trop stupide c'que j'écris.

De moi-même étant la ridicule leçon
J'aurais poussé loin l'art de passer pour un con
J'aurais aimé jouer du violon du banjo
Ce que j'écris des fois c'est vraiment très idiot.

17.
"O lointains balafrés de bleuâtres éclairs"
(Jules Laforgue, "Le Concile féerique")

18.
Le soleil bouffait le jour comme si c'était d'la tarte aux cerises; à en avoir entre les murs jusqu'au noyau.

19.
Les routes étaient trouées. Chutèrent dedans. Puis les grandes machines leur passèrent sur la tête. Les plus petits survécurent.

20.
Nos paupières mâchent du sphinx accompagné de pommes-lunes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 juin 2014.

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 20:37

ET PUIS LE CHAT LE MANGEA

1.
On a beau dire, un fleuve ne se baigne jamais qu'en lui-même.

2.
Nous vivons dans l'illusion du semblable aussi bien que dans celle d'une même âme.

3.
La Terre est une planète pleine de yeux auxquels les humains croient car ils les ont vus.

4.
Ah je me veloute... je me saxophone... je me jazze cool le tempérament, je me samba par ci samba par là, en attendant le prochain bon vieux rock.

5.
J'ai de la douleur dans le couchant !... Ah crépuscule !

6.
Y a des moments, j'vous jure, je passe mon temps à penser que je passe mon temps à penser.

7.
"Presque vivants tous ces morts qui marchent" me dis-je à moi-même, dans l'éclairage bleu pluie d'un rictus silencieux.

8.
Ce qui s'écrit dans ce qu'on écrit est ce à quoi on ne pense pas. (Ceci est une phrase-outil pour un pensum sur l'inconscient en littérature).

9.
Puis du "Dieu, je te maudis"... Dame ! Quand on a faim... Le Ciel, ça vous remplit pas l'estomac... à moins de tomber sur le bon apôtre... et puis faut un fusil... pour les petits oiseaux...

10.
Puis du Penseur qui pense... qui s'abstracte le cogitif... qui s'agite la comprenette... qui refait le monde comme s'il était à lui.

11.
Puis d'l'automne rageant... plus vivace venteux que mélancolique à piano, l'automne... gifles et pluies, baffes et rafales... secouant son panier de rousses, les chutant partout, qu'vous bruissez d'dans.

12.
Puis du spleen, en paquets d'heures... pour s'ralentir... pour se poser là, seul, pour ne pas être plus ennuyé qu'on l'est déjà par soi-même.

13.
Puis du jazz... du lyrique saxophone... d'l'épique trompette... du gigoti-gigota piano... d'la balançante basse... d'la fontaine batterie.

14.
Plus nous sommes, plus le monde est complexe, et plus la solution sera épouvantablement simple.

15.
L'humain est à la complexité ce que le lépidoptère fasciné est à la lampe.

16.
Le roi moderne n'est plus seul et absolu; il est multiple, pérenne, et sort des grandes écoles.

17.
Le pouvoir, fût-il des plus démocratiques, n'a qu'un seul objectif, assurer sa pérennité par la promotion de ses réseaux.

18.
Puis des rancoeurs infinies... du ressentiment à rallonge... du couteau dans la syllabe... du gant d'boxe plein le verbe... d'la cogne au rythme.

19. Puis du regard sublime... Du "The Look" la dame !... pardon, la Lady... du regard à s'y, à se, à si jamais, ah bon tant pis, excusez-moi.

20.
Pourquoi lui lança-t-il un regard inquisiteur ?
Pour qu'il le lui renvoie, comme il se doit au tennis de r'gard, aussi au ping-pong d'yeux.

21.
Et que s'est-il passé ?
Eh bien, l'un des yeux tomba, et le chat le mangea.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juin 2014

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 16:30

TANT QU'C'EST A VERSE

1.
"I'm a stupid boy" doit être la première phrase que j'ai apprise en anglais.

2.
Sa mère lui disait : "Tu as faim ? Bois de l'eau, ça te remplira le ventre." Depuis, il n'arrête plus de boire.

3.
Tout son art consiste à ne plus être aimé des êtres qu'il aime, lesquels ne l'aiment pas non plus.

4.
Les seules ombres douées pour la parole sont celles que nous projetons. Nos cavernes débitent de la féerie en palais.

5.
Qu'on s'façonne ci ou ça, nous nous vainquons et tentons de compenser nos pertes.

6.
Je me peutestre tant qu'c'est à verse qu'il me pleut d'l'interrogatif.

7.
Y en a qui se lancent à Lens, d'autres qui se harassent à Arras, et puis des qui bouillonnent à Boulogne, et puis il y a les hazebrouckés; sinon, y en a qui partent.

8.
Visions d'hier soir : sa main déterrant le plâtre de la tête et d'une jambe d'un cheval blanc; un insecte sur un bout de chair; une ombre sur un balcon (ou une terrasse peut-être); d'autres visages d'inconnus.

9.
Le spleen griffonne - c'est fou ce qu'il est brouillon ! - tout un embrouillamini d'énigmes, de sphinx, de masques défaits, tombés, chus.

10.
La Destinée est une allumeuse; elle vous en fout plein la perspective, puis bernique !

11.
"Vous voyez, la Lune chevauche
Les nuages noirs à tous crins"
(Jules Laforgue, "Lunes en détresse")

12.
Mirez comme elle cavale, la lune, et le crin sombre de ses canassons en nuées.

13.
A force de spéculer, on finit par se conséquencer qu'on est infiniment moins logique que l'inconséquent de base qui ne se pose pas de questions.

14.
Des fois, je me silence, et m'ensombre, et m'ombre.

15.
Commençons, commençons toujours, on verra comment c'est, comment c'est-y ou c'est-y pas.

16.
Quoi qu'on salue ? Le Mal en costume ? Le Bien en chemise ? Bah ! le médiocre aux yeux vifs.

17.
Je fais du rangement spéculatif; je range mes têtes dans mon placard à têtes. A chacune son cocotier.

18.
L'embêtant avec une radio flottante, c'est que pour écouter son feuilleton policier radiophonique, il faut l'attraper au vol.

19.
"- Mais, ces yeux, plus on va, se fardent de mystère !
- Eh bien, travaillez à les ramener sur terre !"
(Jules Laforgue, "Le Concile féerique")

20.
Mon tapis persan est atteint d'homophonie et fait des trous partout. Quant à mes yeux, ils ont un drôle d'air...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juin 2014

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 14:44

CORNICHONNERIES

1.
Le Sphinx, quand il se vaste à penser, on peut se mettre dans la gueule du loup sans s'en apercevoir.

2.
"Un mirage inédit au détour d'un chemin"
(Jules Laforgue, "Nobles et touchantes divagations sous la lune")

Inédit, le mirage ! Sinon, c'est que du "déjà-vu".

3.
L'infini, on est tellement dedans que ça nous fait une belle jambe !

4.
Des fois, on se sent aussi fatigué que si on existait.

5.
Que l'univers existe ou pas, pour l'oeil, c'est tout un.

6.
"L'infini est à nos portes ! à nos fenêtres !
Ouvre, et vois ces Nuits Loin, et tout le Temps avec !..."
(Jules Laforgue, "Impossibilité de l'infini en hosties")

7.
Le Maître est grognon. Il n'a pas eu assez de cervelle au petit déjeuner. Il se sent du vide plein la caboche.

8.
Le Sphinx se refroidit. Quand il l'aura froid, tout son sang, il pourra poser l'énigme. Mais pas avant, malheureux !

9.
Nous ouvrons des portes sur l'inconnu avec des clés ignorées.

10.
Le Sphinx au miroir. Il fait ses gammes. Il se pose des questions.

11.
Des fois, les gens agitent les mains pour voir de quoi elles sont capables, même que des fois, c'est dangereux.

12.
La nuit pudiquement bleue.

13.
Les géants de la nuit, quand ils postillonnent, ça fait des étoiles.

14.
Parfois, je ris sous cape : je regarde la nuit, et elle ne me voit pas.

15.
Avec tout un tas de petits dieux sur soi, ouvrirait-on des portes qu'on ne soupçonne pas ?

16.
La légèreté est parfois l'alibi des lourds.

17.
Parfois, mes mains me ramènent des choses, mais que faire d'une locomotive à vapeur, et de tous ces chameaux ?

18.
Quand j'entends une porte qui grince, je pense Tiens le spectre du dentier de la tante Sidonie est de sortie.

19.
Déjà que l'on te prend pour un jambon, vaudrait mieux arrêter de faire le cornichon; ne vois-tu pas qu'ça tourne au vinaigre ?

20.
Comme j'avais les poches trouées, mes yeux sont tombés je ne sais où.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juin 2014.

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 11:22

PUISQUE JE M'EN VAIS

1.
Sagesse des peuples vaut bien sagesse des nations.

2.
Je ne sais pas si les hommes naissent libres et égaux en droit, mais, en tout cas, ça m'étonnerait qu'ils naissent politiques.

3.
Mon père, mort. Je n'ai pas été l'ami de mon père. De qui pourrais-je donc être l'ami ?

4.
Cherche en vue mariage banquière luxembourgeoise, âge indifférent.

5.
Le mot "amitié" est si précieux qu'il me semble impossible d'espérer avoir ne serait-ce que l'ombre d'un ami. Je ris même à cette phrase.

6.
Je laisse le temps filer. Moi qui me sens seul, n'en ai-je pas le droit? Et puis, si "la vie est dure", qu'elle aille se faire foutre!

7.
Orlando de Rudder est un grand écrivain ! Qu'on le lise et qu'on se le dise ! (qu'est-ce qu'elle fout, l'Université ?)

8.
Ivar Ch'vavar est un grand écrivain ! Qu'on le lise et qu'on le dise ! (qu'est-ce qu'elle fout, l'Université, mis à part récolter des fonds ?)

9.
Je songe à cet homme qui a peut-être perdu son fils. Il a été bon pour moi. Il ne m'a rien dit. C'est vrai que, enfin, voilà, c'est la vie quoi.

10.
Du rock ! Nom de Zeus ! Du punk ! Et de la bière ! Et des filles ! Et que Sarkozy, Hollande, Buisson, Lagardère aillent se faire voir à la BNP !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 juin 2014

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