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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 16:52

JE N'AIMERAIS PAS MOURIR A QUARANTE-CINQ ANS

 

En écoutant les rock fantaisies de Pierre Henry puis « Strange Days » des Doors.

 

1.

Paul Lambda se promène le long de la page.

Une poignée de mots lui suffit pour lui donner un horizon.

 

2.

Ça fait belle lurette que j'investis plus dans un repas pour séduire que pourtant ça me coûtait pas cher le lapin.

 

3.

Le poète évoque la « douceur retenue » que si elle est retenue la douceur, alors qu'est-ce donc qui est lâché à la gorge du jour qui vient ?

 

4.

« Car au monde rien n'a changé

Et l'Amour est vieux comme Hérode »

(Max Elskamp, « En elles »)

 

L'Amour est tellement vieux comme Hérode que moi j'sais pas qui c'est que ça devait être au temps des têtes coupées et consorts.

 

5.

« Il n'y a que le vent, il n'y a que la pluie :

O c'est tout un. »

(Henry Fagne, « Images du repos vainqueur », V)

 

Le poète Fagne i dit « il n'y a que le vent, il n'y a que la pluie » qu'à mon avis, i doit avoir un problème d'isolation.

 

6.

Des fois je comprends pas ce qu'ils disent les poèmes, et eux je crois pas qu'ils me comprennent qu'on se regarde chiens, faïence aveugle.

 

7.

Le chien étant le meilleur ami de l'homme, je crois bien que mon cœur finira quelque jour par aboyer. D'ailleurs, tant que j'y suis, je ferais bien d'apprendre à hennir.

 

8.

Jo l'Indien sur le sentier de sa guerre tout colorisé de pintures de guere fesit oh car un coboye lui metté le lasso mes Jo avait un couto.

 

9.

Jo l'Indien a un tomawaque qu'avec i tue plein d'coboyes puis apres i va fumet le calumet de la paix en regardant la télé.

 

10.

Des fois on est des gens qu'on arrive à des moments où on se dit le matin Seigneur, donnez-moi la force.

 

11.

Etre à deux permet des fois de surmonter qu'on est seul avec sa peur.

 

12.

Alors le singe de ma syntaxe s'est mis à grimacer.

 

13.

Des fois qu'dans sa caboche ça sonnerait les cloches d'la « Messe pour le temps présent » à Pierre Henry et tous ces autres hurlurants là.

 

14.

Des fois qu'dans la lande ça sarabande à squelettes sur des musiques inouïes à la Rimbaud ou des messes de curé à visions.

 

15.

A mon avis, le Diable, c'est un taiseux ; i laisse les humains maudire à sa place.

 

16.

« Un caillou vibre dans ma poche

les arbres ont pris la figure d'un miroir »

(Camille Goemans, « La lecture élémentaire »)

 

Le poëte dit qu'y a un « caillou » qui lui vibre dans sa poche qu'a mon avis c'est son portable mes que ça doit etre le désert qui l'apele.

 

Le poëte dit « les arbres ont pris la figure d'un miroir » qu'en passant soit qu'on s'voit dans les feuilles soit qui c'est-y qui s'a pendu ?

 

17.

Ecrire, ça occupe ; ça hante aussi, ça vous peuple de petits êtres sautillants et moqueurs, merles, Zut, Zazie et Scherzo.

 

18.

Le pouvoir d'évocation qu'elle a la musique qu'elle a l'air et la chanson d'vous appeler ailleurs dans un on-ne-sait-où électrique.

 

19.

Mon avis, Jim Morrison, il était peuplé d'un sphinx, ou d'un vieil indien à sagesses comme dans les films avec des routes longues dedans.

 

20.

Jim Morrison, il devait être si plein de jours étranges que je vous dis pas les nuits qu'il devait passer, mais que si ça se trouve il ronflait comme un ministre intègre le Jim.

 

21.

« Être éclairé par le mystère »

(Ernest Deleve, « Alors beauté... »)

 

Des fois qu'on s'rait « éclairé par le mystère » qu'i faudrait gaffer d'pas s'tamponner dans des sphinx et tous ces bals masqués.

 

22.

Je n'aimerais pas mourir à quarante-cinq ans, cela signifierait que c'est un fantôme qui vous les écrit tous ces brefs là.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 juin 2016.

25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 23:47

LE MENU A LA MERE UBU

 

Notes culinaires et paraphrases du début de la scène 3 de l'acte I de la pièce « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« MERE UBU

Bonjour, messieurs, nous vous attendons avec impatience. Asseyez-vous.

 

CAPITAINE BORDURE

Bonjour, madame. Mais où est donc le Père Ubu ?

 

PERE UBU

Me voilà ! me voilà ! sapristi, de par ma chandelle verte, je suis pourtant assez gros.

 

CAPITAINE BORDURE

Bonjour, Père Ubu. Asseyez-vous, mes hommes.

Ils s'asseyent tous.

 

PERE UBU

Ouf, un peu plus, j'enfonçais ma chaise.

 

CAPITAINE BORDURE

Eh ! Mère Ubu ! que nous donnez-vous de bon aujourd'hui ?

 

MERE UBU

Voici le menu.

 

PERE UBU

Oh ! ceci m'intéresse.

 

MERE UBU

Soupe polonaise, côtes de rastron, veau, poulet, pâté de chien, croupion de dinde, charlotte russe…

 

PERE UBU

Eh ! en voilà assez, je suppose. Y en a-t-il encore ?

 

MERE UBU, continuant

Bombe, salade, fruits, dessert, bouilli, topinambours, choux-fleurs à la merdre.

 

PERE UBU

Eh ! me crois-tu empereur d'Orient pour faire de telles dépenses ? »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I,3)

 

1.

Mère Ubu acueye les invités elle est la maitresse de maison les invités c'est le gong qui la sove de Père Ubu qui voulé lui aracher ses yeux.

 

2.

Le Capitaine Bordure en arrivan il est poli il dit Bonjour madame à la Mère Ubu et il demande « mais où est donc le Père Ubu ? »

 

3.

Le Capitaine Bordure est venu chez les Ubu avec ses « partisans » pour manger, c'est un déjeuner politique s'agit pas d'un picnic.

 

4.

Au débu c'est come dans un guignol pour les enfans Bordure demande où est Ubu qui dit me voilà sapristi qu'il est « pourtant assez gros ».

 

5.

Le Capitaine Bordure il dit bonjour, Père Ubu, i s'asseyent et Ubu gontinue à guignoler qu'un peu plus il enfonsé sa chaise (il est gro).

 

6.

Ubu insiste bocoup sur sa grossitude qu'il est un groquik et qu'il doit avoir de gro sabots de gro os et de gro crocs pour son gro apetit.

 

7.

Après le Capitaine Bordure il se rensègne sur le menu que rien que pour le drolatique je vais arcopier dans le bref suivant.

 

8.

Menu de la Mère Ubu : « Soupe polonaise, côtes de rastron, veau, poulet, pâté de chien, croupion de dinde, charlotte russe » c'est pas fini.

 

9.

Menu de la Mère Ubu (suite) : « Bombe, salade, fruits, dessert, bouilli, topinambours, choux-fleurs à la merdre. »

 

10.

Le menu de la Mère Ubu, c'est une énumération, une accumulation cocasse de plats possibles et d'autres non.

 

11.

Notes sur le menu de la Mère Ubu : la « soupe polonaise » d'abord on sait pas ce que c'est que juste l'action de la pièce est en Pologne.

 

12.

La « soupe polonaise » d'abord on sait pas qu'esse alors on cherche sur Internet puis après on sait qu'esse qu'on est moins ignorant.

 

13.

Il y a une soupe polonaise, son nom c'est Zurek que ça peut être une soupe au saucisson ça irait très bien pour Ubu and Co quand i soupent.

 

14.

La soupe Zurek sur Internet on la trouve aussi sous le nom de « soupe à la saucisse » du tout bon pour la gidouille.

 

15.

La soupe Zurek c'est une soupe avec des légumes puis à la fin on rajoute des lardons ou des ronds d'saucisson ou des moitiés d'oeufs durs.

 

16.

Notes sur le menu de la Mère Ubu : les « côtes de rastron » rapellent le « raton », avec un « r » potache et épenthétique (cf « merdre »).

 

17.

Notes sur le menu de la Mère Ubu : le « veau » et le « poulet », ça fait potjevleesch ; le « pâté de chien », ça fait barbare.

 

18.

Le potch' (poulet lapin veau porc en gelée) ça date d'ilya lurete Ubu m'étoneré qu'il conesse qu'il est loin dans l'chaipas où des livres.

 

19.

Notes sur le menu de la mère Ubu : « le croupion de dinde » et la « charlotte russe » ça se mange et ici ça fait coq à l'âne c'est pas fini.

 

20.

Notes sur le menu de la mère Ubu : la « bombe » rappelle que c'est un déjeuner de complot (c'est un jeu de mot).

 

21.

Notes sur le menu de la mère Ubu suite : « on peut supposer qu'il s'agit d'une bombe glacée » dit délicieusement une note de bas de page.

 

22.

Notes sur le menu de la mère Ubu : la « salade, fruits, dessert » ça pourrait conclure mais y a encore du « bouilli » ; l'énumération dérape.

 

23.

Notes sur le menu de la mère Ubu qui dérape sec « topinambours, choux-fleurs à la merdre » on dirait qu'Mè Ubu en a déjà marre de c'dîner.

 

24.

Notes sur le menu de la mère Ubu : les topinambours avec leur nom d'indien, c'est pas réputé fameux et le chou-fleur cuit, ça sent pas bon.

 

25.

Notes sur le menu de la mère Ubu : qu'on supose qu'les topinambours c'est d'la bouffe à bestiaux l'est pas polie la Ubu avec Pitaine Bordure.

 

26.

Quand les Ubu en ont marre ils puisent dans un lexique scatologique qui a pour but de montrer qu'i sont pas jouasses.

 

27.

En tout cas, l'annonce de ce banquet ne réjouit point Père Ubu car ça doit coûter cher tout ça qu'on va engouffrer dans des gens.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 juin 2016.

25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 23:42

BAH ET AUTRES OVNIS

 

1.

« Nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés. »

(La Rochefoucauld)

 

On croi les gens sont gentil mais en fait tout sourire ils disimulent des cercles vicieu meme s'ils montren dant blanches et aleine fraîche.

 

2.

« Ce que nous prenons pour des vertus n'est souvent qu'un assemblage de diverses actions et de divers intérêts, que la fortune ou notre industrie savent arranger. »

(La Rochefoucauld)

 

On croi des vertus aux gens mes juste i s'aranje avec s'qu'ils machinent pour gagné des sous et être calculés pour que ça s'voye pas trop.

 

On leur croi des vertus je me di kan je croise ces autres la que j'suis bien obligé que francheman i seraien pas, j'en serais pas plus gêné.

 

Des fois je plaisante avec les politiques on dit i plaisante avec les politiques mais je plaisante pas avec les politiques je les aime pas.

 

3.

I paraît qu'ça dégringole dans les Q.I. (entendu sur France Culture ce mardi 21 juin 2016) j'croyais qu'le niveau montait qu'on nous ment.

 

4.

A leurs guerres j'pige que dalle qu'ils sont pleins de dieux qui portent tous le même nom pis qu'i s'massacrent tous entre eux.

 

5.

On a bien raison de se méfier du bouffon ; on croit qu'il plaisante qu'en fait il envenime.

 

6.

L'intelligence est la chose du monde la moins partagée. Plus on est, moins on pense.

 

7.

On vit tout de même dans un monde où la vie humaine vaut moins que le prix d'un magazine télé (avec plein d'imbéciles dedans).

 

8.

Chaque citoyen est un roi courtisé par des bouffons qui, petit à petit, lui bouffent son royaume.

 

9.

La politique sert surtout à gérer les conflits, c'est-à-dire qu'elle les provoque, les organise, et y met cette fin qui justifie les moyens.

 

10.

Franchement, je crois bien que je suis né sous le signe du chien, c'est bien pour ça que j'vous en garde toujours un de ma chienne.

 

11.

La lucidité est un chien que les chats les plus habiles flattent jusqu'à ce qu'ils en viennent à dire qu'il doit avoir la rage ce chien non ?

 

12.

« L'amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs. »

(La Rochefoucauld)

 

On s'aime tant bien qu'à force de se flatter le nombril on finit par tomber dedans.

 

Moi, à mon avis, j'suis tombé dans ma caboche, quel bordel là-d'dans ! quel dédale ! quel dallage ! qu'mon esprit y r'trouve pas ses osses.

 

13.

A partir d'un certain nombre, faut qu'les humains s'dépeuplent, pour ça i guerroient, puis après, contents et victorieux, i s'reproduisent.

 

14.

En 2016, en France, le Président de la République d'alors passait pour un euh, un cynique, un faux-jeton, bref les gens l'aimaient pas.

 

15.

« le passage du «trop équivoque» au «moins équivoque» peut aussi exercer une autre fonction qui est de prolonger au plus souhaitable la spécification de ce «quelque chose à faire».

(trouvé sur internet cette perle pédagogiste que, franchement, à ce niveau de cuistrerie universitaire, on a envie de rire et de faire remarquer à ce distingué émérite et tout et tout que c'est n'importe quoi).

 

16.

En 2016, en France, l'éducation ayant fait bien des progrès, on commençait à se battre dans les rues.

 

17.

On apprend qu'à partir de ce qu'on vit. C'est dire si le savoir nous informe, nous occupe, nous masque.

 

18.

On apprend que ce que l'on veut bien apprendre. Pour le reste, la force des choses et la peur du gendarme sont des formateurs assez puissants.

 

19.

Le problème du pédagogisme est qu'il voudrait changer les règles d'une société dont il n'est jamais qu'un effet secondaire.

 

20.

« Et puis il faudrait aussi que les élèves de lycées professionnels bénéficient, comme les autres, d’un enseignement de la philosophie »

(Philippe Meirieu, « Ouest-France », le 14 juin 2016)

 

Philippe Meirieu rêve d'un enseignement de la philosophie en lycée professionnel. Sait-il vraiment comment réagit une classe de lycée pro ?

 

Après, si c'est pour blablater à l'infini, on peut appeler ça philosophie, si l'on est démagogue.

 

Gageons d'ailleurs que Meirieu finira par être entendu. On instaurera quelque jour un pseudo-enseignement de la philosophie en lycée professionnel afin que les titulaires du dit bac pro aient l'illusion de pouvoir suivre des études universitaires en sciences humaines.

 

21.

Bras de fer CGT contre gouvernement à Valls, c'est chien féroce contre chat féroce, non ?

 

22.

En fait CGT et gouvernement se foutent bien d'nos pommes ; tout ce qui les intéresse, c'est leur bout d'gras, leur bifteck.

 

23.

J'adore la phrase « J'aime bien les bananes parce qu'il y a pas d'os dedans », c'est comme les politiques qu'eux y a pas d'cerveau.

 

24.

A mon avis, c'est plus une haine refoulée que l'amour du pays qui anime les politiques.

 

25.

« Quelque découverte que l'on ait faite dans le pays de l'amour propre, il y reste encore bien des terres inconnues. »

(La Rochefoucauld)

 

Malgré tout s'que l'temps nous apran d'soi qu'on s'aime tant on apele ça l'amour-propre on sai pas tout qu'on réagi come en estrange pays.

 

26.

Paraît que Jacques Bergier aurait déclaré que les OVNIS ne sont pas autre chose que des hallucinations provoquées par... les extra-terrestres.

 

27.

Si ça se trouve, l'espace et le temps eux-mêmes ne sont qu'une hallucination que nous produisons parce que sinon comment faire ?

 

28.

On raconte aussi que Churchill et Eisenhower s'étaient mis d'accord pour continuer à ne rien dévoiler de l'existence des OVNIS.

 

29.

J'aime bien ces histoires d'OVNIS ; ce sont les fées modernes, les étranges visiteurs, passe-murailles, passe-temps.

 

30.

Évidemment, je pense aussi que beaucoup de ces OVNIS sont en fait des avions plus ou moins secrets que l'on doit au génie américain.

 

31.

Je ne sais plus où, j'ai entendu dire que la technologie militaire américaine avait en permanence 15 ans d'avance sur le reste du monde.

 

32.

Des prodiges américains, c'est ce que j'ai pensé au début des années 90 lors de la fameuse vague belge d'OVNIS.

 

A ma connaissance, aucun n'a franchi la frontière, et les « extraterrestres » ont scrupuleusement évité le ciel de France.

 

33.

Après, Jean-Pierre Petit ne cesse de suggérer que l'ingénierie militaire américaine (l'hypervélocité) doit beaucoup aux extraterrestres.

 

Mais ce que fait Jean-Pierre Petit, c'est peut-être emballer un peu de science dans beaucoup de merveilleux.

 

34.

Le pilote Thomas Mantell, le 7 janvier 1948, a trouvé la mort non pas en poursuivant un aéronef alien, mais, dit-on, un ballon-sonde Skyhook.

 

35.

On raconte aussi que des fois les OVNIS enlèvent des gens, voire des villages entiers, genre ogres des contes et loups-garous.

 

Je me demande si les OVNIS quand ils enlèvent des gens, ils utilisent un rayon qui fait bzzzz et qui vous transporte dans le ventre de.

 

Je sais pas pourquoi j'associe OVNI enlèvement et vaches que j'vois dans m'tête une vache à meuh interrogatif s'élever dans un rayon bizarre.

 

36.

Des fois que l'on s'intéressa souvent mais pas si souvent qu'en fait on s'en fiche qu'on fait semblant qu'vous existez.

 

37.

Des fois comme elles étaient belles mais aussi invisibles que non sont pas invisibles mais belles comme si elles n'existaient pas.

 

38.

Des fois qu'un pirate jaillirait de la soupe de poissons en s'écriant que le grand cric me et qu'à ce moment-là je m'endors.

 

39.

Des fois que je m'en fiche de ce que font disent et pensent les autres que les autres je sais pas moi si c'est réel ces bêtes-là.

 

40.

Des fois qu'un pirate jaillirait de la soupière avec d'la cuisse de grenouille plein la barbe et du calamar sur la tête.

 

41.

Des fois qu'l'univers serait tissé d'un infini de cercles microscopiques et tournant tournant tournant à vide vide vide.

 

42.

Des fois qu'on serait des aliens bourrés à plus savoir qui on est et oùsqu'on l'a donc atterrie, notre soucoupe.

 

43.

Des fois que mon chien se mettrait à parler mais que ce serait une langue étrangère et que j'y comprendrais rien à son ouah ouah syllabique.

 

44.

Des fois qu'on s'hallucine mais avec les yeux bien ouverts hein comme s'il y avait quelque chose à voir.

 

45.

Des fois qu'les politiques seraient plus honnêtes qu'on le dit et qu'l'art contemporain serait pas autre chose qu'une lessiveuse.

 

46.

Des fois que j'arrêterais de penser Bande de cons partout où je vais qu'i paraît qu'ça s'voit même pas même que j'ai l'air gentil.

 

47.

Question : En France, le droit de manifestation est-il constitutionnel ou législatif ?

 

48.

Y en a i disent comme ça qu'les récentes manifestations n'auraient jamais dû dégénérer qu'on s'demande s'qui passe en France.

 

Y en a même qui disent que des fois les policiers attendent plusieurs heures avant d'avoir des ordres clairs que pendant c'temps-là ça casse.

 

Ne pas donner d'ordres clairs à des policiers qui font face à des furieux cagoulés, je sais pas si c'est responsable.

 

49.

Les vitres brisées de l'hôpital Necker (cf les manifestations du 14 juin 2016) font douter l'opinion de la légitimité des uns et des autres.

 

Bien entendu, une manipulation policière est toujours possible, c'est ce que doit penser une partie de l'extrême-gauche.

 

50.

Il se dit beaucoup que l'Arabie saoudite serait l'un des banquiers de la propagation de l'Islam radical en Europe.

 

Y en a i disent qu'l'Arabie saoudite et le Qatar sont des pas gentils avec nos pommes d'Occident je sais pas si c'est vrai ou pas ou qu'esse.

 

Je me demande : combien de réfugiés syriens les riches monarchies du Golfe accueillent-elles ?

 

51.

Y en a qui théorisent le « Grand Remplacement » que Zut finit par s'demander si des fois c'est pas les robots qui remplaceront tout l'monde.

 

52.

La plupart des religions prônent la paix et la tolérance jusqu'à ce que les politiques en fassent des moyens pour justifier leurs fins.

 

53.

La Turquie est le pays qui accueille le plus de réfugiés syriens au monde (2,5 millions ; source : Amnesty International, février 2016)

 

Le Liban accueille 1,1 million de réfugiés syriens (1 personne sur 5 au Liban est donc un réfugié ; source : Amnesty International, février 2016).

 

54.

Je ne dirai rien de la suppression des classes bilangues qu'à vrai dire, on n'y comprend rien, ça doit être l'effet Hollande.

 

55.

Y a des fois, Zut a s'dit, c'est comme si mes yeux allaient pleurer la mort ou des rivières avec des morts dedans ou chaipas.

 

56.

Elle est venue elle est r'partie à chaque fois ça me fait un cœur plus un cœur moins qu'ma vie s'émiette.

 

57.

L'empathie est une sorcellerie, un malgré-soi qui nous fait veiller sur ce qui nous pourtant si étranger.

 

58.

Je ne joue pas le jeu : je viens d'un milieu modeste et je suis de droite.

 

59.

Savez-vous ce qui nous sépare, c'est que vous croyez avoir le pouvoir, et que moi, je sais que je ne l'ai pas.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 juin 2016

Published by PATRICE HOUZEAU - dans ACTUALITES
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 11:27

DANS LA CHAMBRE GOTHIQUE

 

Notes drolatiques sur « La Chambre gothique », d'Aloysius Bertrand.

 

« Nox et solitudo plenae sunt diabolo. »

 

Les Pères de l'Église.

 

« La nuit, ma chambre est pleine de diables. »

 

- « Oh ! la terre, - murmurai-je à la nuit, - est un calice embaumé dont le pistil et les étamines sont la lune et les étoiles ! 

 

Et les yeux lourds de sommeil, je fermai la fenêtre qu'incrusta la croix du calvaire, noire dans la jaune auréole des vitraux.

 

                                                     *

 

Encore, - si ce n'était à minuit, - l'heure blasonnée de dragons et de diables ! – que le gnome qui se soûle de l'huile de ma lampe ! 

 

Si ce n'était que la nourrice qui berce avec un chant monotone, dans la cuirasse de mon père, un petit enfant mort-né !

 

Si ce n'était que le squelette du lansquenet emprisonné dans la boiserie, et heurtant du front, du coude et du genou !

 

Si ce n'était que mon aïeul qui descend en pied de son cadre vermoulu, et trempe son gantelet dans l'eau bénite du bénitier ! 

 

Mais c'est Scarbo qui me mord au cou, et qui, pour cautériser ma blessure sanglante, y plonge son doigt de fer rougi à la fournaise. » 

 

(Aloysius Bertrand, « La Chambre gothique » in « Gaspard de la Nuit », Livre III, 1)

 

1.

« Nox et solitudo plenae sunt diabolo. »

C'est l'exergue de « La Chambre gothique », qu'Aloysius Bertrand attribue aux « Pères de l'Église ».

 

« Nox et solitudo plenae sunt diabolo » : « Le diable habite la nuit et la solitude ».

 

2.

- « Oh ! la terre, - murmurai-je à la nuit, - »

(Aloysius Bertrand)

 

Dans « La Chambre gothique », quelqu'un « murmure à la nuit » qu'ça doit être une ombre, ou un insomniaque, ou un rêve.

 

Pour murmurer comme ça le narrateur i doit s'sentir bien seul, à causer à la nuit comme on cause à sa concierge.

 

Donc un gus murmure à la nuit qu'la terre est un « calice embaumé » qu'il faut avoir du plâtre plein l'pif pour pas la sentir la boue du monde.

 

Avec ça, le zozo rêvant vous sert d'la lune pistil et d'l'étamine stellaire, y en a j'vous jure i sont tout confits niais miellés guimauvés.

 

3.

« Et les yeux lourds de sommeil, je fermai la fenêtre qu'incrusta la croix du calvaire »

(Aloysius Bertrand)

 

Des fois on a les yeux lourds de sommeil ça veut dire qu'c'est l'heure de lui dire à l'aut' marchand de sable d'aller se coucher.

 

On ferme la fenêtre pour pas qu'la pluie les chauve-souris les rampants des murs et les glissants du toit i vous rentrent à l'intérieur.

 

On ferme la fenêtre pour pas qu'les mains invisibles du vent nous attrapent nous roulent en boule nous chutent dans l'décor.

 

4.

Y en a i sont tout fermés comme s'ils avaient peur que les autres leur rentrent dans l'intérieur les possèdent les habitent les hantent.

 

Y en a i sont tout fermés comme s'ils avaient peur que les autres leur rentrent par les oreilles et leur disent les choses.

 

5.

Le narrateur i ferme une fenêtre « qu'incrusta la croix du calvaire », i doit êt' bien fatigué pour s'halluciner d'la croix comme ça.

 

6.

Noir c'est noir elle dit la chanson et même qu'il y a plus d'espoir elle dit la chanson qu'on broie du noir qu'on boit du fort – cauchemar.

 

Des fois j'me souviens de vieilles chansons à Johnny, à Charlebois aussi pis qu'ça s'mélange comme formules à mauvais sort.

 

7.

« Encore, - si ce n'était à minuit, - l'heure blasonnée de dragons et de diables ! – »

(Aloysius Bertrand)

 

On dit « encore » et c'est jamais qui revient que tout l'bonheur qu'on eut i s'met à vivre sa vie à plus être et prend un goût d'absence.

 

A minuit évidemment j'pense à l'heure du crime plutôt que d'penser au lever tôt pis qu'j'écris des brefs, des miettes de temps.

 

Des fois les poèmes j'les comprends plus on dirait qu'ils se mettent à dire l'étrangeté du monde et qu'le passé s'met à r'courir.

 

Minuit, « heure blasonnée de dragons et de diables » écrit-il que moult p'tit démons ailé tout rouge très sautiyans me courent l'enluminure.

 

Dès lors, forcé que Scherzo, certains minuits, se pare de son long manteau de farce et tout cousu de dragons et de diables.

 

8.

« Encore, - si ce n'était à minuit, - (…) que le gnome qui se soûle de l'huile de ma lampe ! »

(Aloysius Bertrand)

 

Drolatique, ce « gnome qui se soûle de l'huile » de la lampe, drolatique à gravure, à vignette, à flamme dans la nuit qui se rit de nous.

 

9.

« Si ce n'était que la nourrice qui berce avec un chant monotone, dans la cuirasse de mon père, un petit enfant mort-né ! »

(Aloysius Bertrand)

 

Evidemment, cette cuirasse « de mon père » fait songer que le « petit enfant mort-né » est le frère - sinon le double - du narrateur.

 

Et y en a i mélancolisent, longuement, durement, comme si leur nourrice berçait un petit enfant mort-né.

 

10.

« Si ce n'était que le squelette du lansquenet emprisonné dans la boiserie, et heurtant du front, du coude et du genou ! »

(Aloysius Bertrand)

 

Dans « La Chambre gothique », on entend quatre fois « si ce n'était » ; quel diable porte-t-elle, cette anaphore ?

 

Lansquenet, mercenaire allemand d'entre XV et XVIIème qu'son squelette à stilal gigote donc du fusil du couteau d'la cuirasse et des os.

 

Dès lors, forcé de penser que ces poltergeists là, ces esprits cognants, sont squelettes d'écorcheurs coincés dans la boiserie.

 

Comme quoi que vacarme et fracas des esprits, ça date pas d'Hollywood, qu'ça fait longtemps qu'ils cognent dans nos portes, les autres…

 

11.

Dans la chambre gothique y a un aïeul i descend d'son portrait et Aloysius dit qu'il « trempe son gantelet dans l'eau bénite du bénitier ! »

 

A force d'habiter tout seul de vieux châteaux de papier, sûr qu'on finit par s'halluciner ses aïeux qu'on en a du drolatique plein les yeux.

 

Qu'on finit par voir les ombres des tableaux se glisser dans le réel et aller faire des incongruités à l'église.

 

12.

Si ce n'était, si ce n'était, si ce n'était, « mais c'est Scarbo qui me mord au cou » explique le narrateur qu'ça vire à l'épouvante donc.

 

Le narrateur d'la chambre gothique, il a du Scarbo qui lui « mord au cou », du vampyr, d'l'insecte à métamorphoses, d'l'hanneton fatal.

 

Ou alors c'est la tique mythique, d'l'assassin silencieux, qui vous grignote la tête en vous sidérant d'hallucinations.

 

Pire ! Pour au narrateur lui cautériser sa plaie, Scarbo Vampyr façon tourment d'la Nuit y plonge un « doigt de fer rougi à la fournaise ».

 

Ce « doigt de fer rougi à la fournaise », c'est aux flammes invisibles qui flambent entre nous, c'est à l'enfer sur terre.

 

13.

J'en ai écrit beaucoup des brefs maintenant, une belle petite collection d'aiguilles plantées dans la poupée du réel.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 juin 2016.

19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 21:40

UN COIN DE QUI FAISAIT LE TOUR

 

1.

« Ah ! Tu es de ceux-là qui font dépendre leur peur de quelque chose ! »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit » [une nonne à Angelo], Folio n°1, p.187)

 

Des fois qu'on aurait peur de rien que d'être qu'on a peur de tout alors qu'on panique à vivre.

 

Ce qui fait peur qu'on soit peuplé d'êtres qu'nous en sommes responsables et qui cependant agissent contre nos intérêts.

 

2.

Dans « Le Hussard sur le toit », « un coin de la galerie qui faisait le tour du jardin » me fait penser, je ne sais pourquoi, à Luis Bunuel.

 

« Un coin de la galerie qui faisait le tour du jardin », le roman me le flanque dans la tête, le cinéma aussi, comme si je l'avais hanté.

 

3.

Nos fantômes ne meurent pas avec nous, ils migrent vers d'autres peurs.

 

4.

C'est la peur qui fait le fantôme, qui fait l'ivrogne, qui fait le fou. La peur est un théâtre solitaire, elle y joue tous nos rôles.

 

5.

« Avait-elle, après le bal, erré dans la campagne, reprise par la peur ? »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit », Folio n°1, p.385)

 

Je me dis parfois cette phrase, comme tant de phrases, des fois qu'elle agirait comme un charme, un vers d'une poésie magique.

 

6.

A mon avis, le réel ne cesse de se venger sur nous de la dénonciation de son imposture.

 

L'auteur parlant du réel, évoque la chute de ses masques, qu'on n'en voit pas le bout du dernier masque avant le grand grognement.

 

7.

Nous sommes tour à tour pion, bon ou mauvais cheval, tour de garde, bouffon amoureux, roi de tous nos rôles et la mort nous met mat.

 

8.

M'attendant au coin d'moi-même (j'allais donc me faire peur au tournant) mais stilal qui s'a pointé c'était pas moi ; j'étais un peu blême.

 

Dans un poème à Queneau un gus atend lui-meme au coin d'la rue l'a envi d'se fere peur dayeur étil qu'il s'est vu il a « reculé d'horreur ».

 

9.

« Défense de fumer au bureau ! - mais, qu'importe ! -

J'entr'ouvre la fenêtre, et je ferme la porte.

Je m'assure que tout est bien enregistré ;

et, sur mon fauteuil vert à clous jaunes, vautré,

pour que la rime d'or au bout du vers se pose,

je fume lentement, la paupière mi-close ! -

Mais voilà que le chef, exécrable bourreau,

décapite mon rêve en entrant au bureau,

et comme le garçon n'a pu me crier : « Gare ! »

je me rôtis les doigts pour cacher mon cigare. »

 

(Maurice Rollinat, in « Dixains réalistes », XLIII)

 

10.

Interdit de fumer là où des gens pourraient tousser qu'le narrateur a pas l'droit de fumer au bureau déjà qu'y a des gens qui travaillent.

 

11.

Là le narrateur l'est tout seul alors discrètos « entr'ouvre la fenêtre » (i pleut pas) et « ferme la porte » pour s'en griller une petite.

 

12.

Puis le narateur s'prend pour l'auteur fait d'la rime « qui au bout du vers se pose » raport a c'que fumant, l'a « la paupière mi-close ».

 

13.

« Mais voilà que le chef » ah combien de songes, de rêveries ont-ils été anéantis par ce bout de phrase « mais voilà que le chef » !

 

14.

D'ayeurs le narrateur i s'dépite qu'le retour du chef « décapite [son] rêve » qu'la vie c't'une suite de rêves décapités les pauves petits.

 

15.

Ça c'est sûr qu'la vie c't'une suite de rêves décapités qu'on traîne avec soi comme un placard ses cadavres, un ministre ses casseroles.

 

16.

Surpris l'narrateur à Rollinat dans la fumée et son rêve que - ô fatalité du quotidien, i s'rôtit « les doigts pour cacher [son] cigare ».

 

17.

« Autour de Tristan et d'Yseult, l'orchestre semble tisser de la nuit et ourdir le voile du Destin. »

(Henri de Régnier)

 

Très jolie phrase, et dont la salutaire brièveté nous épargne l'écoute d'un fort long opéra.

 

18.

« s'il fallait encore croire à quelque chose, si elle arrivait, les murs redevenaient des murs, les chambres des chambres »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit », Folio n°1, p.193)

 

Des fois qu'on se demande s'il fallait encore croire puisqu'elle arrivait dans les murs, les chambres, les souvenirs, les mots, la mort.

 

19.

Zut pense des fois que la poésie est un pronom dont on ignore tout et quelle machine à coudre, quelle table de dissection.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 19 juin 2016.

18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 01:57

POUSSIERES DE JE N'SAIS QUOI

 

1.

« Wren, en échange des leçons d'italien que je lui donnais, m'avait initié à l'étude de l'infinie langue anglaise. »

(Borges traduit par Françoise Rosset, « Le Congrès », [le narrateur])

 

Dans Borges un narrateur évoque « l'infinie langue anglaise » ça veut-y dire qu'l'anglais sonne et résonne à l'infini dans tous les univers.

 

Peut-être y a tous les univers dans « l'infinie langue anglaise » à l'aut' mystérieux, qu'on sait pas qu'on meurt avant d'les entendre tous.

 

Le réel est une convention d'écriture ; c'est pour ça que quand on fait des fautes, le réel, il a pas l'air pareil, i fait drôle des fois.

 

Une langue ça musique à l'infini mais la musique c'est juste une langue étrangère qu'on pige pas ce qu'elle dit mais des fois c'est joli.

 

2.

Des fois j'sais pas quoi écrire pas envie ou quoi qu'le réel il a l'air d'une grande bête molle et inconsciente qui me rampe dedans.

 

3.

M'a fallu des années avant d'apprendre à écrire drôle vouer ma plume au mal écrire pour le reste je drôle sec que j'me force même pas.

 

4.

J'aime bien écouter « Les Nuits de France Culture » que j'm'endors dans les phrases du passé ça m'fait du léger vertige dans le temps.

 

5.

J'aime bien jouer aux échecs (avec ou sans mon ombre) que j'perds tout l'temps ça me rappelle quelque chose dans ma vie.

 

6.

Tant pis si je ne comprends pas tout ce que j'écris ; d'autres ne comprendront pas non plus ; c'est ça tout l'sel du mystère.

 

7.

Des fois qu'j'entends des poètes j'me dis pourquoi qu'ils sont si gravement creux prétentieux qu'i m'donnent envie d'manger d'la saucisse.

 

8.

Les plaisanteries les plus tristes n'étant pas les meilleures, on ne meurt qu'une fois.

 

9.

Les physiciens parfois oublient que la physique est une convention d'écriture; i patouillent alors dans l'improbable et l'cousu d'fil blanc.

 

10.

Le problème du marxisme c'est que faut êt' franc qu'on voit rarement quelqu'un rouler pour une aut' bosse que la sienne.

 

11.

J'écris mes brefs comme on joue du rock toujours les mêmes notes les mêmes notes et dans tous les sens.

 

12.

Les fantômes sont nos remplaçants quand on dort mais i s'contentent de tisser dans l'parallèle et d'secouer les poussières du je n'sais quoi.

 

13.

Zut se méfie des extra-terrestres des fois qu'ils porteraient de cosmiques virus ultra-dépeuplants, des morts étranges venues d'ailleurs.

 

14.

Petits patelins, petites magouilles et plus on monte, plus les magouilles grossissent grossissent grossissent à s'en faire péter l'électorat.

 

15.

Parfois le réel i s'met à fuyer fuit et file qu'on dirait une étoile s'éloignant à toute allure au bout d'la route des yeux du voyageur.

 

16.

Je veux pas grandiloquer pas m'emphaser la convention pas bover la grenouille juste souffler dans mon fifre d'amusants petits airs brefs.

 

17.

Des fois qu'on s'verrait tels qu'on est qu'on crierait au loup ! au martien ! à l'envahisseur ! et qu'on tremblerait de peur.

 

18.

Dans UNDR, de Borges (caecum fuisse), Orm dit « que ce poisson était la Parole. » Si c'est une carpe, zont l'sens de l'humour dans l'ailleurs.

 

19.

Dans UNDR, de Borges, y a aussi « un poteau rouge avec un cercle » que ce cercle est aussi « la Parole », laquelle se répète donc infiniment.

 

20.

Le réel est ce qu'on répète jusqu'à ce que nous en prenions de la bouteille jusqu'à ce qu'ça s'use jusqu'à ce qu'ça nous dissolve.

 

21.

Dans les histoires de fantômes y a des fantômes que si c'étaient des cheveux ce serait pas des histoires mais des soupes.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 18 juin 2016.

16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 02:21

EN ATTENDANT LES INVITÉS

 

Notes et paraphrases sur la scène 2 de l'acte I de « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« vous rêviez que vous passiez, comme on rêve quelquefois qu'on est oiseau. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », XXVIII, « Chacun a ce qu'il veut »)

 

« La scène représente une chambre de la maison du Père Ubu où une table splendide est dressée.

 

MERE UBU

Eh ! nos invités sont bien en retard.

 

PERE UBU

Oui, de par ma chandelle verte. Je crève de faim. Mère Ubu, tu es bien laide aujourd'hui. Est-ce parce que nous avons du monde ?

 

MERE UBU, haussant les épaules

Merdre.

 

PERE UBU, saisissant un poulet rôti

Tiens, j'ai faim. Je vais mordre dans cet oiseau. C'est un poulet, je crois. Il n'est pas mauvais.

 

MERE UBU.

Que fais-tu, malheureux ? Que mangeront nos invités ?

 

PERE UBU

Ils en auront encore bien assez. Je ne toucherai plus à rien. Mère Ubu, va donc voir à la fenêtre si nos invités arrivent.

 

MERE UBU, y allant

Je ne vois rien.

Pendant ce temps, le Père Ubu dévore une rouelle de veau.

 

MERE UBU

Ah ! voilà le capitaine Bordure et ses partisans qui arrivent. Que manges-tu donc, Père Ubu ?

 

PERE UBU

Rien, un peu de veau.

 

MERE UBU

Ah ! le veau ! le veau ! veau ! Il a mangé le veau ! Au secours !

 

PERE UBU

De par ma chandelle verte, je te vais arracher les yeux.

La porte s'ouvre. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I,2)

 

1.

Père et Mère Ubu attendent des invités lesquels sont bien en retard koikifont donc i tournent en rond i tournent en rond i tournent en rond.

 

2.

I tournent en rond qu'à force le Père Ubu râle qu'il « crève de faim » ; i doit ouvrir une hippopotamesque goule qu'on lui voit les ténèbres.

 

3.

La fringale commence à lui courir sur le haricot et les invités tardent alors Père Ubu s'en prend à Mère Ubu lui dit qu'elle est « laide ».

 

4.

On peut supposer que Mère Ubu n'est pas plus jojo que Père Ubu, itou grosse gidouille et tronche de musée du crime.

 

5.

Ceci dit ferait beau voir un Père Ubu à grande chemise tombant par-delà sa grosse gidouille flanqué d'une Mère Ubu belle comme le jour.

 

6.

Mère Ubu serait jolie comme un cœur et méchante bête comme si elle n'avait inventé ni la poudre à canon, ni même le fil à couper les têtes.

 

7.

Père et Mère Ubu ce sont les tragiques mis à nu ; pas des héros, ni de princes grecs, mais d'la viande méchante, gueularde, très moche.

 

8.

Jarry l'a mise à voilpé la belle tragédie, qu'les masques nobles y tournent bonshommes cauchemar, macabres à carnaval, bouffe-tout-cru.

 

9.

Les Ubus c'est des icônes punks. Visez un peu combien d'Ubus rois africains l'Europe a installés chouchoutés engraissés.

 

10.

Des fois les peuples tyrannisés se révoltent contre leurs Ubus, qu'ça vous fait des guerres civiles et puis l'Europe vend des armes.

 

11.

Le Ubu cherche querelle à la Ubu, il s'met à l'ironiser : « Mère Ubu, tu es bien laide aujourd'hui. Est-ce parce que nous avons du monde ? »

 

12.

Mère Ubu elle lui dit merdre et hausse les épaules c'est pas le moment de s'batailler zont des invités qui vont arriver.

 

13.

Du coup qu'y a pas moyen d's'engueuler en couple, le Père Ubu va passer son ennui en boulottant : « Je vais mordre dans cet oiseau » dit-il.

 

14.

« vous rêviez que vous passiez, comme on rêve quelquefois qu'on est oiseau » a écrit Alain, que dans l'réel, l'oiseau, Ubu mord dedans.

 

15.

Dans nos fioles, voyez, c'est plus Ubu que Bonaparte qu'on trimbale, qu'on s'croit maître de soi comme de l'univers qu'on est tout bouffon.

 

16.

Et puis Bonaparte, y avait de l'Ubu dans c't'homme-là, du grand massacreur, du grand décerveleur, du grand goulaffre à macabre.

 

17.

Ubu dévore, ce qui ennuie Mère Ubu, quoi qu'ils vont grailler, les invités ? Ubu la calme y touchera plus à y en aura « encore bien assez ».

 

18.

Là-d'ssus, Ubu envoyut Mèrubu à la fenêtre histoire de voir si et « pendant ce temps, Père Ubu dérobe une rouelle de veau ».

 

19.

Le Père Ubu i dérobe le réel pour pouvoir le bouffer, il a une nature à faire disparaître les comestibles dans le dedans de sa gidouille.

 

20.

Mère Ubu a vu par la fenêtre arriver les invités a vu aussi l'épaisse tranche de cuisseau de veau en passe d'être engloutie gidouillée.

 

21.

En général, on rouelle de veau ; on peut aussi roueller de porc que j'me souviens qu'ma mère rouellait de porc en gelée.

 

22.

« Que manges-tu donc, Père Ubu ? » c'est drôle comme i s'parlent en marionnettes, Pè et Mè Ubu, qu'i s'la jouent, l'atroce comédie.

 

23.

Pèrubu avoue dévorer le veau ce qui fait qu'Mère Ubu pond d'l'alexandrin :

« Ah ! le veau ! le veau ! veau ! Il a mangé le veau ! »

 

24.

« Ah ! le veau ! le veau ! veau ! Il a mangé le veau ! » pis Mèrubu ajoutant « Au secours ! » courrouce fort Pèrubu qui s'courrouce vite.

 

25.

La farce s'emballe sans raison réelle, comme si a s'mettait à beugler l'air de la folie, façon monologue à catastrophe dans les tragédies.

 

26.

La farce dérape La rouelle de veau fait s'emballer la machine infernale L'être crie au secours Y a d'l'octosyllabe meurtrier dans l'air.

 

27.

Quand i s'courrouce, Père Ubu, faut qu'il arrache, faut qu'il arrache des yeux, des yeux qui l'ont vu.

 

28.

Père Ubu va-t-il « arracher les yeux » de Mère Ubu ? Non pas car la porte s'ouvre et d'autres zigotos entrent en scène.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 16 juin 2016.

12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 23:50

MERE UBU POUSSE AU CRIME

Notes et paraphrases de la scène 1 de l'acte I de « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

Merdre ! Merdre et merdre ah ! merdre alors ! Oui-da ! Merdre !

C'est un alexandrin et même qu'on s'en fout.

 

« PERE UBU

Merdre !

 

MERE UBU

Oh ! voilà du joli, Père Ubu, vous estes un fort grand voyou.

 

PERE UBU

Que ne vous assom'je, Mère Ubu !

 

« MERE UBU

Ce n'est pas moi, Père Ubu, c'est un autre qu'il faudrait assassiner.

 

PERE UBU

De par ma chandelle verte, je ne comprends pas.

 

MERE UBU

Comment, Père Ubu, vous estes content de votre sort ?

 

PERE UBU

De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait à moins : capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas, décoré de l'ordre de l'Aigle Rouge de Pologne et ancien roi d'Aragon, que voulez-vous de mieux ?

 

MERE UBU

Comment ! Après avoir été roi d'Aragon vous vous contentez de mener aux revues une cinquantaine d'estafiers armés de coupe-choux, quand vous pourriez faire succéder sur votre fiole la couronne de Pologne à celle d'Aragon ?

 

PERE UBU

Ah ! Mère Ubu, je ne comprends rien de ce que tu dis.

 

MERE UBU

Tu es si bête !

 

PERE UBU

De par ma chandelle verte, le roi Venceslas est encore bien vivant ; et même en admettant qu'il meure, n'a-t-il pas des légions d'enfants ?

 

MERE UBU

Qui t'empêche de massacrer toute la famille et de te mettre à leur place ?

 

PERE UBU

Ah ! Mère Ubu, vous me faites injure et vous allez passer tout à l'heure par la casserole.

 

MERE UBU

Eh ! pauvre malheureux, si je passais par la casserole, qui te raccommoderait tes fonds de culotte ?

 

PERE UBU

Eh vraiment ! Et puis après ? N'ai-je pas un cul comme les autres ?

 

MERE UBU

A ta place, ce cul, je voudrais l'installer sur un trône. Tu pourrais augmenter indéfiniment tes richesses, manger fort souvent de l'andouille et rouler carrosse par les rues.

 

PERE UBU

Si j'étais roi, je me ferais construire une grande capeline, comme celle que j'avais en Aragon et que ces gredins d'Espagnols m'ont impudemment volée.

 

MERE UBU

Tu pourrais aussi te procurer un parapluie et un grand caban qui te tomberait sur les talons.

 

PERE UBU

Ah ! je cède à la tentation. Bougre de merdre, merdre de bougre, si jamais je le rencontre au coin d'un bois, il passera un mauvais quart d'heure.

 

MERE UBU

Ah ! bien, Père Ubu, te voilà devenu un véritable homme.

 

PERE UBU

Oh non ! moi, capitaine de dragons, massacrer le roi de Pologne ! plutôt mourir !

 

MERE UBU, à part.

Oh merdre ! (Haut.) Ainsi, tu vas rester gueux comme un rat, Père Ubu ?

 

PERE UBU

Ventrebleu, de par ma chandelle verte, j'aime mieux être gueux comme un maigre et brave rat que riche comme un méchant et gras chat.

 

MERE UBU

Et la capeline ? et le parapluie ? et le grand caban ?

 

PERE UBU

Eh bien, après, Mère Ubu ?

Il s'en va en claquant la porte.

 

MERE UBU, seule.

Vrout, merdre, il a été dur à la détente, mais vrout, merdre, je crois pourtant l'avoir ébranlé. Grâce à Dieu et à moi-même, peut-être dans huit jours serai-je reine de Pologne. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I,1)

 

1.

Au début, sur la scène, il n'y avait rien que le souffle mort des choses, mais dans le noir, il y avait des yeux. Alors le Père Ubu dit.

 

2.

« Merdre ! » dit le Père Ubu car au début était le Père Ubu et le Père Ubu dit « Merdre ! ».

 

3.

« Merdre ! » C'est le Père Ubu qui dit ça au début de la pièce et c'est hénaurme, et prouve surtout qu'il a tout compris.

 

4.

Alors la Mère Ubu elle le traite de « fort grand voyou » ce qui énerve fort le Père Ubu qui menace de l'assom'jer.

 

5.

Le verbe « assom'jer » relève du champ lexical d'la goule à Ubu et signifie sans aucun doute qu'il pourrait assommer quelqu'un lui-même.

 

6.

La mère Ubu ne s'enfuit pas, a pas peur, insinue « c'est un autre qu'il faudrait assassiner. » Et v'là le Père Ubu tout comprenant rien.

 

7.

Quand y a quelque chose qui tourne pas aussi rond qu'ça tourne rond quand ça tourne rond, Père Ubu s'exclame « De par ma chandelle verte ».

 

8.

« De par ma chandelle verte » c'est phallique comme connotation. Le Père Ubu c'est un gros phallique gidouillant vulgaire plein d'gros mots.

 

9.

Pas démontée la Mère Ubu on pige elle a une idée derrière le dedans de sa tête qu'au Père Ubu demande s'il est « content de [son] sort? »

 

10.

Il se trouve que le Père Ubu au début il est content de son sort qu'il s'en tapote la gidouille comme quoi il en a bien croqué du réel.

 

11.

L'aurait tort de ouiner, le Père Ub car n'a-t-il pas de nos jours bien prospéré, bien enflé d'la gidouille, et décervelé bien du monde ?

 

12.

Père Ubu a beau être « capitaine de », « officier de », « décoré de », il n'est aussi que « ancien roi d'Aragon » en Espagne à châteaux.

 

13.

Tout ceci-cela soit-il, que Père Ubu soye que « ancien roi d'Aragon », v'là qui chiffonne la Mère Ubu qu'elle s'exclame « Comment ! »

 

14.

Mère Ubu reproche au Père Ubu de se contenter d'ses « estafiers armés de coupe-choux », valets, laquais, barbiers à sabres courts.

 

15.

La Mère Ubu, Père Ubu, elle lui voit « la fiole » transfigurée par « la couronne de Pologne » que le Père Ubu s'demande koikesskeldit.

 

16.

Père Ubu peut pas être roi de Pologne car y en a déjà un de Roi de Pologne, c'est Venceslas ; bon chrétien, il a des « légions d'enfants ».

 

17.

Père Ubu au début il a point l'humeur noiseuse, c'est la Mère Ubu, son mauvais génie, qui l'incite à la fin justifie les moyens.

 

18.

Paraît qu'elle fait comme la régulière au Macbeth à Shakespeare, inciter à meurtre, j'sais pas, j'ai pas lu car j'préfère San-Antonio.

 

19.

Le massacre de toute une famille royale voilà qui d'abord heurte Père Ubu qui menace de faire « passer » la Mère Ubu « par la casserole ».

 

20.

«passer par la casserole » : cf « passer au fil de l'épée » mais Mère Ubu a pourtant même pas peur, rapport aux nécessités du fond de culotte.

 

21.

En français moderne, « passer à la casserole », ça a un sens obscène que de c'côté-là j'crois pas que Mère Ubu risque grand-chose.

 

22.

Mère Ubu, au Père Ubu, elle lui fait miroiter l'infiniment à richesses, l'andouille à foison et le rouler carrosse, elle l'émoustille quoi.

 

23.

Lors Père Ubu s'met l'imaginante en branle, revoit sa grande capeline volée qu'la capeline c'était un casque, un capiau d'fer au Moyen-Ache.

 

24.

Le mot capeline, si léger, si rythmé, désigne maintenant un chapeau de femme à très larges bords et non plus le casque de fer des médiévaux.

 

25.

Mère Ubu flatte la coquetterie à Père Ubu, lui cause parapluie et « grand caban » jusqu'aux talons qu'il fondrait pas comme sucre au moins.

 

26.

Ah Père Ubu le v'là tout chef de guerre méchant comme un chien qu'aurait avalé la vache enragée, prêt au mauvais coup « au coin d'un bois ».

 

27.

Mère Ubu est bien contente mais Père Ubu girouette tournicote zigzague du décisionnel qu'il se voit pas aller massacrer le roi de Pologne.

 

28.

« Il aime mieux » dit le Ubu « être gueux maigre brave rat  que riche méchant gras chat » mais quand même la Mère Ubu se voit bientôt reine.

 

29.

Sans doute que le Père Ubu, on le verra bientôt coiffé de fer, en long manteau et promenant dans son royaume un éternel parapluie.

 

30.

J'aime cet « Ubu roi » qui s'moque bien du beau monde à beaux discours et qui vous enverrait vite vous faire tuer pour pas grand-chose.

 

31.

En fignolant ces quelques brefs, ai écouté l'album « Cosmo's Factory » de Creedence Clearwater Revival. Rock n'roll tonique et inventif.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 12 juin 2016.

7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 05:39

FILE LA LUNE PLUME LA LUNE

 

Notes drolatiques sur « Pantoum négligé », de Verlaine.

 

« Trois petits pâtés, ma chemise brûle ;

Monsieur le curé n'aime pas les os ;

Ma cousine est blonde : elle a nom Ursule.

Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux !

 

Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule.

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux.

Vivent le muguet et la campanule !

Dodo, l'enfant do, chantez doux fuseaux.

 

Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux

Trois petits pâtés ; un point et virgule

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux

Vivent le muguet et la campanule !

 

Trois petits pâtés ; un point et virgule ;

Dodo, l'enfant do, chantez doux fuseaux !

La demoiselle erre emmi les roseaux…

Monsieur le curé, ma chemise brûle ! »

 

(Paul Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

1.

« Pantoum » : poème d'origine malaise à forme fixe. Le pantoum français est composé de quatrains à rimes croisées, dont le deuxième et le quatrième vers deviennent le premier et le troisième vers du quatrain suivant.

 

2.

Pourquoi ce poème de Verlaine est-il intitulé « Pantoum négligé » ? Parce que l'auteur ne respecte volontairement pas les règles du « pantoum ». Par exemple, c'est le troisième vers du premier quatrain qui devient le premier vers du quatrain suivant (et non, comme le voudrait la règle, le deuxième).

 

3.

« Trois petits pâtés, ma chemise brûle ;

Monsieur le curé n'aime pas les os »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

Un air à fatrasie, ce pantoum.

 

L'narrant du « Pantoum négligé » a l'air de chanter plusieurs airs à la fois, bouts d'chansons lui revenant tous en tête et en même temps.

 

L'entêtant tous en même temps, bouts d'chants d'à tout bout d'champ, tant se bousculent qu'il les confond, les pêle-mêle et carabistouille.

 

Pourquoi « trois petits pâtés » dans le « Pantoum négligé » à Verlaine qu'ça fait carapate à petits pas fugaces ?

 

Quant à « ma chemise brûle », c'est qu'il a chaud c'est qu'elle a chaud qu'les flammes lui sortent du m'entendez-vous

 

Et si sa chemise brûle, c'est qu'il a chaud c'est qu'elle a chaud qu'les flammes lui sortent du

 

« Monsieur le curé n'aime pas les os » c'est comme on dit il ne faut pas donner d'os de poulet au chien mais je ne vois pas le rapport.

 

4.

« Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule.

Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux ! »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

émigrer : partir, s'installer à l'étranger.

immigrer : arriver, s'installer en France.

 

« les Palaiseaux » : pourquoi ce pluriel ? Palaiseau est le nom de la sous-préfecture du département de l'Essonne (sud-ouest de Paris).

 

Canton de Palaiseau, arrondissement de Palaiseau, gare de Massy-Palaiseau est-ce ainsi que les x viennent aux Palaiseaux ?

 

Je n'ai pas de cousine Ursule, aussi qu'irais-je faire aux Palaiseaux ? Je préfère ma blonde, ou boire du ouzo.

 

5.

Aux comptines drolatiques qui rendent l'absurde et l'humour si familiers aux enfants qu'elles renvoient parfois les chansons populaires.

(cf « l'amstramgram » du « Quel souci la Boétie » chanté jadis par Claudia Phillips and The Kicks)

 

6.

CHANSON POUR UN PANTOUM NÉGLIGÉ

 

Pantoum tintinnabule

que ce rigolo

bidule

à Verlaine rime en -o

 

en -ule

lunatique piano

qui bascule

dans le zigoto

 

le pas grand-chose le minuscule

le domino

le conciliabule

des p'tits oiseaux

 

chanson funambule

air à marmots écho d'un scherzo

très vieillot qu'en filant je ne sais quelle lune au fuseau

sifflote Ursule Gudule ou Margot.

 

7.

Elles sont bien vieilles maintenant, les filles des chansons ; elles traînent entre deux os leurs peaux ridées.

 

8.

« Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule.

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux. »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

glaïeul : fleur colorée dont le nom, en raison, dit-on, de la forme effilée de ses feuilles, vient du latin « gladius » (épée, glaive).

 

Le glaïeul vient du gladius cause que ses feuilles semblent des épées (où ai-je lu qu'elles pouvaient symboliser la mort?)

 

En impose le glaïeul coloré dans les bouquets, a l'air d'une épée dressée, et symbole de l'amour, de la mort, de l'heure du rendez-vous.

 

Le glaïeul ça glaive comme fleur chez les gladiateurs la mort ou les glaïeuls on disait et le vainqueur il en était couvert de glaïeuls.

 

« On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux », ce vers de Verlaine, il me dit je ne sais quoi d'un vers de Mallarmé.

 

9.

« Vivent le muguet et la campanule !

Dodo, l'enfant do, chantez doux fuseaux. »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

muguet : plante aux fleurs printanières et odorantes, petites, blanches, en forme de clochettes.

 

Campanule : plante à fleurs bleues ou violettes en forme d'étoiles.

 

Entre muguet à clochettes et étoile campanule, avec son fuseau dans la cervelle, la Zut, que fait-elle, la Zut ? - Elle file la lune.

 

fuseau : petit bâton de bois utilisé pour filer la laine.

filer la laine : travailler la laine en en faisant des fils.

 

10.

« Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux

Trois petits pâtés ; un point et virgule »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

Aller aux Palaiseaux ? Peu me chaut, je préférerais manger trois petits pâtés point-virgule la chanson n'est pas finie.

 

11.

« On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux

Vivent le muguet et la campanule ! »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

« Vivent le muguet et la campanule » oh j'ai bu trop de café je ne dors pas et dans mon lit ma tête est pleine de mots à Verlaine, à Rimbaud.

 

12.

« Trois petits pâtés ; un point et virgule ;

Dodo, l'enfant do, chantez doux fuseaux ! »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

Ma tête est pleine de mots de Verlaine, de Rimbaud « Quelle troupes d'oiseaux ! o iaio, iaio !... » « Bavardages des enfants et des cages. »

cf le poème de Rimbaud qui commence par ce vers « Plates-bandes d'amarantes jusqu'à » (Poésies de 1872)

 

13.

« La demoiselle erre emmi les roseaux…

Monsieur le curé, ma chemise brûle ! »

(Verlaine, « Pantoum négligé »)

 

emmi : préposition non employée en français moderne et qui signifie « au milieu de ».

 

Une « demoiselle », un « Monsieur le curé », une « chemise qui brûle », hmmm… ça sent « le désir attrapé par la queue ».

 

« Le Désir attrapé par la queue » : pièce de Picasso ; j'l'ai point lue, j'l'ai point vue, je n'en dirai mot.

 

En passant de l'Album zutique à « Jadis et naguère », « Monsieur le Curé » a pris une majuscule et la « demoiselle » est devenue libellule.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 7 juin 2016.

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 14:43

NE SAIS OU VAIS MAIS TOUT DE MEME

 

Notes sur « Sensation », d'Arthur Rimbaud

 

Préambule

 

Monsieur le Doien de la Faculté,

 

vous nous avez donné à comanter « Sensation », de Arthur Rimbaud, que je dis déjà que je l'ai pas trouvé sensationnant ce poeme que la seule chose qui fait genre sensation c'est que d'habitude vous nous donné au moins quarante-cinq lignes de Balzac (quand ce n'est pas cinquante) sans parlé de votre collègue là qui nous en donne treize a la douzaine de pages de lingouistique a Chomsky que je sais toujours pas de quel film il parle au juste, donc dont acte que la on a que deux quatrins.

En outre, comme vous nous avez autorisez a comanter sous forme de notes, les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures avez-vous murmurez dans votre moustache que moi j'ai entendu quen meme, j'ai donc fait le travail eguezigé mes dans l'espoir d'une réponse favorable, je tiens à vous précisez, Monsieur le Doien de la Faculté, que si ça navet pas été sous forme de notes, je l'aurez sans doute pas fait le travail car je ne sais pas si vous savez que normaleman on est en grève a cause de la « loi travail » qu'il y a deja deux mots de trop qu'en conséquence, je vous prie de bien vouloir agreer l'expression de ma plus hautte considération.

 

Poste Script-homme :

Je sais que je n'ai pas besoin de signez, puisque vous m'avé tan de foi déjà fait l'honeur de m'assuré que vous me reconaissiez imédiattement le style (je vous cite de mémoire).

 

« Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, - heureux comme avec une femme. »

 

(Arthur Rimbaud, « Sensation »)

 

 

1.

Le narrant rimbaldien parle de « soirs bleus d'été » donc il est déjà tard parsque l'été fait jour tard qu'on traîne encore dans les rues.

 

2.

Le narrant rimbaldien i dit aussi « j'irai dans les sentiers » come il met au pluriel on sait pas quel sentier genre ne sais où vais-je.

 

3.

Rimbaud, c'était un ne sais où vais-je c'est pour ça qu'il a fini « loin, bien loin, comme un bohémien ».

 

4.

Pourtant il dit « picoté par les blés » c'est qu'il sait quand même qu'il coupe à travers champs pour aller où il va.

 

5.

Puis il va « fouler l'herbe menue », pourquoi « l'herbe menue » je sais pas car ça se dit pas « l'herbe menue » en touca j'ai jamé entendu.

 

5.

Il dit il sera « rêveur » on s'en doute car les poètes c'est souvan rêveur sauf le farmacien qui écrit des poèmes et gagne des sous.

 

6.

I risque d'ete malate car i di « J'en sentirai la fraîcheur à mes pieds » or par les pieds vient tout le mal qu'on est tout fiévreu apres.

 

7.

D'autant qu'i dit « Je laisserai le vent baigner ma tête nue » qu'à mon avis i va prendre froid de la métaphore.

 

8.

Il dit « je ne parlerai pas, je ne penserai rien » D'un côté il va pas parlé tout seul non plus qu'on le prendra pour un fou dans la nature.

 

9.

Il dit « Je ne penserai rien » il doit se vanté passque moi tout seul à pied toudis je pense a Nina qui est gentile et joflue come un ange.

 

10.

Il dit « Je ne penserai rien » déjà qu'il ne va pas parler non plus qu'il va ressembler à un paumé ou un étrangé ou un choqué d'la vie.

 

11.

Il parle de « l'amour infini » c'est beau qu'on diré une chanson mes moi ça me fée rire parcque l'infini céssqu'on dit quen on sait pas.

 

12.

Et quen il dit « l'amour infini me montera dans l'âme » : l'âme je sais pas ce que c'est qu'il veut dire son cœur mais c'est pour les rimes.

 

13.

« l'âme » il a mis ça pour la rime ce qui le prouve c'est que ça rime avec « femme » s'il avait mis cœur ça rimerait avec sœur.

 

14.

En touca il dit déja qu'il va allé « loin, bien loin » et ça c'est vrai passque Rimbaud il a fini taileman loin que moi j'ai oublié où.

 

15.

Par contre je sais pas pourquoi il se compare a un bohémien car il venait pas de Bohémie Arthur Rimbaud venait de Charleville-Mézières.

 

16.

Quand on se compare faut fere atention a quoi car moi je me comparera pas come Rimbaud a un bohemien plutot a un footballeur de jeu video.

 

17.

Je précise « de jeu video » parsque le foot c'est de plus en plus fatiguant rapport a ce que les joueurs d'avant étaient plus jeunes que nous puisque nés avant nous, donc ils étaient plus jeunes, plus résistants, ce qui est logique.

 

18.

C'est come si je comparera les profs à des boufons qu'i y en a qu'i disent ça boufon le prof mes je suis pas prof alor qui sait le boufon ?

 

19.

Peut-être c'est parsqu'il voulu vandre come un gitan à fer la manche qu'il a écri « comme un bohémien » loin pour pas qu'on le reconaisse.

 

20.

Il dit il sera « heureux comme avec une femme », s'il ut-écrit heureux comme avec le Christ Claudel en auré tout bandi-banda de bonne heure.

 

21.

En tout cas, ça prouve que l'Arthur, il aimait les femmes aussi, ou alors il mentait livresque (comme tout le monde).

 

22.

A mon avis com je le voi le narant rimbaldien il a du finir dans le déser ou un pays qu'y avait pas trop de monde pour le faire suer.

 

23.

Ça a du le changer Rimbaud le déser avec le soleil et le tout sable que lui c'étai la flache les bois noirs la neiche en Ardenne taiseuse.

 

24.

En abysseinie qu'il a été rimbaud là où y a des chats abysseins peut-être il a vendu des chats a des gens a paris qu'avaient pas d'enfants.

 

Ça m'ai revenu com ça « Rimbaud en Abysseinie » : je l'ai entendu dans un jeu à la noix et à la radio.

 

25.

A l'époque dans le deser y avait pas daech alors qu'à coté de la France y avait les boches mes je sais pas si on les appelé deja com ça.

 

26.

Surement pour Rimbaud ça valait mieu les chamo que les boches qu'on dit méchants et tout noirs de Prusse a cheval et avec des lances.

 

27.

Quen ele débouche une boutel de vin ma granmère ele dit Encore une que les Prussiens nauront pas et elle rigole qu'on lui voi plus les dents

 

28.

Ils avaient aussi, les boches de Prusse, de grands canons qu'avec ils ont bombardié Paris que les gens ont bouffé tout le zoo.

 

Je dis « bouffé » (et pas mangé) passque c'est com ça qu'on dit pour les animau.

 

29.

Je diça mes au college y avait Hans ses parents sont de bochie qu'on diré des allemans mes sans chval ni lance ils vote grune ça veu dire vert

 

30.

Les parents a Hans sont gentis mangent des saucisses et boivent du café comedan Derrick mais pas très catholiques car ils sont protestants.

 

31.

Avec touça je crois que je suis horsujet bah tanpis c'est rigolant faut dire skié.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 juin 2016.

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