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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 00:34

NOTES SUR LE DARK SHADOWS DE TIM BURTON

 

1.

Des fois qu'on chanterait les errances d'un chien braque dans le grand chenil électrique et qu'on s'appellerait The Useful Idiots.

 

2.

Et si, à entendre Dark Shadows de Tim Burton, le sang « primait sur tout », et que nous étions les héritiers de la métonymie.

 

3.

Jalousie : vieille magie, noire comme le regard de l'autre en sa maison des sorts, vieille magie qui se fixe comme l’œil dans un visage.

 

4.

Et puis des gens tombent, et d'autres les suivent, et le temps tourne sa page de plus en plus vite.

 

5.

Jean, Arthur, Veronica ou Victoria, les gens ne s'appellent que si on veut bien les appeler ; sinon, ils ne répondent pas toujours d'eux-mêmes.

 

6.

Moi aussi, j'aimerais avoir une ville qui porte mon nom ; enfin, une rue, une impasse, une maison, une baraque, ma friteuse...

 

7.

A défaut de partager nos richesses, nous partageons nos illusions ; c'est là l'essence de notre démocratie.

 

8.

Et qu'on chanterait des choses étranges... dans des jours étranges... pour des gens étranges (y a des fois, j'me fais peur à moi-même).

 

9.

J'aime dans le Dark Shadows de Tim Burton le « Il s'en revient… Il s'en revient… Il s'en revient » de la fantôme.

 

10.

Moi aussi, je sais qu'il s'en revient; nous savons tous qu'il s'en revient, et pourtant je n'y crois pas, mais tout de même il…

 

11.

Nous sommes l'éternel retour de nos ombres. C'est là la comédie que nous nous jouons, et c'est notre force, cette vieille farce dans laquelle, de siècle en siècle, nous apprenons à exceller.

 

12.

- « C'est qu'il n'est pas mort... 

- Diable, c'est qu'il me ferait peur, celui-là ! »

 

13.

- Ah j'hallucine ! et partout où je vais, je vois des vivants !

- Mais ne t'inquiète donc pas... puisqu'ils ne te voient pas.

 

14.

Dans « Dark Shadows » : « le psychiatre, une friandise américaine » : impayable Tim Burton !

 

15.

Nous croyons vivre dans le présent (il n'existe pas) et nous colportons des temps étranges, des conjugaisons inouïes, d'impossibles passés.

 

16.

Dans un grand paysage plein d'arbres pleins et d'herbes déliées, le chasseur de métaphores interroge le ciel vide.

 

17.

Le jour où l'on me dira que plus personne ne s'exprime comme moi, j'accepterai d'arrêter de hanter les dictionnaires.

 

18.

Le storytelling, la production industrielle de ce que nous faisons tous si bien : nous raconter des histoires.

 

19.

Dans l'instant où nous saisissons l'imperceptible, celui-ci se dérobe à notre regard et disparaît dans l'oubli.

 

20.

De « on ne peut pas rire de tout » à « on ne peut pas du tout rire », le pas, à mon avis, est vite franchi par certains.

 

21.

in « Dark Shadows », évocation des « musiques dégoulinantes » : Black Sabbath, Alice Cooper, les prédécesseurs du rock dit gothique. Amusant.

 

22.

Le vampire est une bête éternelle. Il symbolise ainsi la pérennité du goût de l'humain pour la prédation, la possession, la dévoration.

 

23.

Deux infinis : celui des choses tombées dans l'oubli et celui des savoirs.

 

24.

Si on prend le film à ce moment-là, la réplique : « Oncle Barnabas ? Pourquoi vous avez une petite culotte de femme sur la tête ? » peut surprendre.

 

25.

Le cinéma est la mise à disposition du public de fantômes dont la parole a un tel pouvoir qu'elle finit par fasciner, hypnotiser, envoûter.

 

26.

Nous creusons des univers parallèles que nous appelons œuvres d'art. C'est là sans doute la principale mission de notre espèce. Peut-être préparons-nous notre monde à d'autres regards.

 

27.

Dans le bois, la jeune fille envoûtée et le ciel qui ne se confond même pas en excuses.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 août 2015.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 11:27

TOUT DEPEND D'LA PIEUVRE

1.
Bout d'corde lové, fakir au flûtiau à r'flûter la même flûterie, et pis la corde se leva toute droite et sans piper mot alla boire une bière.

2.
Ça grouillait d'la vie insaisissable d'une foule de petits êtres très vivaces et circulant partout comme si j'étais chez eux.

3.
"L'herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l'on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l'herbe
Comme d'imperceptibles pas."
(Henri de Régnier, « Le jardin mouillé »)

4.
L'herbe, ça frémit. Jadis, certaines nuits, les jeunes gens allaient leur chanter « O Sole Mio ». Ça attirait les jeunes filles à la fenêtre.

5.
BINIOU BLUES

« Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,
Maître Yvon soufflait dans son biniou. »
(Victor Hugo, «Choses du soir »)

Je m'suis levé ce matin
Ne sais plus quand
Ne sais plus quand je suis mort

Sais plus quand je suis mort sais
Plus quand on m'a pendu
Plus quand on m'a pendu ni où

Quand le diable est v'nu m'chercher
Je ne saurais vous dire
Je ne saurais vous dire même si je mentais

Ne vois qu'une chose et je
Sais qu'c'est très bizarre
Sais qu'c'est très bizarre qu'vous soyez là à me causer

Plus que bizarre qu'vous ayez l'air si vivant
Où donc qu'elle est ma bible
Où donc qu'elle est ma bible et où mon fusil

Maître Cornu donnez-moi du feu s'il vous plaît
Yvon est mon nom et on m'a pendu
Yvon est mon nom et on m'a pendu faut qu'j'en grille une

Soufflait un vent à remuer les morts hier soir
Dans ma tête y avait un drôle de bal
Dans ma tête y avait un drôle de bal et pis j'me suis saoulé

Son poing m'est arrivé sur la face et puis mon
Biniou s'est mis à ululer et puis mon
Biniou s'est mis à ululer alors j'ai vu

Mille ombres m'ont amené à un arbre
Et là y m'ont pendu
Et là y m'ont pendu oh j'ai vu la grande lumière blanche

J'ai vu la grande lumière blanche
Chaude elle était
Chaude elle était mais moi j'suis r'descendu

Mais moi j'suis r'descendu
Revoir ma p'tite femme
Revoir ma p'tite femme mon chien mon biniou

Docteur docteur est-ce que je suis devenu fou
Oh je n'sais plus quand je n'sais plus où
Oh je n'sais plus quand je n'sais plus où j'ai perdu
ma bible
mon fusil
ma corde
mon arbre
ma p'tite femme
son amant
mon chien
mon biniou.

6.
L'hospitalité n'est pas un automatisme. L'exclusion non plus d'ailleurs. Nous sommes irrationnels dans nos charités comme dans nos haines.

7.
C'est parce que les autres nous renvoient l'image d'un inconnu, que nous nous obstinons à faire nos preuves.

8.
Préférer le désert aux humains, c'est préférer être usé par le monotone plutôt que par la variété infinie des autres.

9.
Va-t-on au désert pour se river son clou ?

10.
Cioran prédit la « guerre civile universelle », dont il voit la cause dans « l'impossibilité » de l'espèce à supporter sa galopante omniprésence.

11.
Les choses sont pleines de là-bas si proche ; un rien suffit parfois à en manifester l'étrangeté, l'indifférence, la beauté comme la barbarie.

12.
La pluie crépite sur les toits, mais elle n'aboie pas, même si elle semble avoir dévoré quelque chanteuse réaliste d'il y a longtemps.

13.
Savoir-vivre : « La vengeance est un plat qui se mange froid », mais la cruauté ne se mange pas en dessert, c'est trop dégoûtant.

14.
Une guitare sert à jouer de la musique et non pas à faire du clafoutis, et il est d'ailleurs très vain de demander à un clafoutis de vous chanter « Blue Suede Shoes ».

15.
Des historiens ensemble, en général, ça parle d'histoire. S'ils parlent de la pluie et du beau temps, ou bien ils vous embarquent dans des considérations sur la théorie des climats, l'histoire de la météorologie en Basse-Normandie, la chronologie des grands bouleversements climatiques, ou alors, c'est qu'ils s'ennuient à cent sous l'heure.

16.
Mieux vaut avoir un petit philosophe de poche que toute une bibliothèque. C'est plus vivant et ça prend moins d'place.

17.
Sa colère était aveugle mais ses yeux vifs.

18.
On ne peut pas fermer une porte comme on ferme un œuf, et même un œuf de ferme, mais on peut fermer la parenthèse, entre nous soit dit.

19.
Peut-on confondre un historien avec un scaphandrier ? Tout dépend d'la pieuvre.

20.
Je suis certain que dans des langues inconnues, mes brefs doivent faire beaucoup rire. Ou pleurer. Ou hausser les genoux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 4 août 2015

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 23:27

BLUES DU SOLEIL ETOUFFANT ET AUTRES ECLATS

1.
« Du ciel durci d'aujourd'hui :
comme d'une assiette côté face

Et blanche à barrer l'espace
tombent mes os recuits. »
(Cédric Demangeot, « D'un puits »)

Oh j'me suis levé ce matin
Et c'était comme si le soleil m'étouffait
Oh j'me suis levé ce matin
Et c'était comme si le soleil m'étouffait
Et qu'le Diable avait pris sa peau

Alors j'ai sorti ma tête d'hier soir
Et c'était comme si j'étais le levain
Alors j'ai sorti ma tête d'hier soir
Et c'était comme si j'étais le levain
Pis qu'j'allais enfler et crever ce matin

J'ai regardé le ciel il était si dur
Avec un regard si aveuglant
J'ai regardé le ciel il était si dur
Avec un regard si aveuglant
Que j'ai baissé la tête en crachant

Plutôt que d'me saouler au scotch
J'f'rais mieux d'boire cette eau
Plutôt que d'me saouler au scotch
J'f'rais mieux d'boire cette eau
Que le Seigneur a faite si fraîche

J'f'rais mieux d'boire cette eau
Si je n'veux pas être plus qu'mes os
J'f'rais mieux d'boire cette eau
Si je n'veux pas être plus qu'mes os
Et que le Diable m'emporte la peau.

2.
« Mais il lui semblait entendre et voir quelqu'un dont la présence se révélait par le passage d'une ombre devant ses paupières baissées. »
(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or », Le livre de poche policier n°2391, p.224)

3.
Entendre et voir : quelqu'un on croit, quelque chose au moins, évidence de la présence, ombres passantes, paupières baissées.  

4.
Lune : vieille jeune, marraine la lune, se fiche de nous comme de notre première chemise, rassure ? Bof... cosmos et champ d'cailloux.

5.
Lointains y a là-dedans pleins de gens
La foule aux noms innombrables la
Fille des métropoles modernes la famille
Qui disparaît dans un souffle l'homme qui
Rentre sa journée faite
Chez tout un tas de choses et
Elle aussi la grande autre qui attend partout.

6.
Clown, faut-il qu'il se pende ? Vieille tragédie des feuilletons, victime de quelle bigarrée tristesse, laquelle a des fonds partout.

7.
Des fois qu'on est qu'le bouffon d'soi-même et qu'on reste chez son maître, langue d'être à la cervelle en forme de chien.

8.
Doutant de tout, nous n'abandonnons pas facilement ni les automatismes, ni les schémas, que nous suivons en aveugles éclairés.

9.
Nous avons élevé le doute au rang de dieu et nous vivons dans la parole de ce dieu critique comme si elle était parole d'évangile.

10.
La langue ment comme nous respirons.

11.
Qu'on se sent au bord du phénoménal, qu'on se saisit pas soi-même tout entier, comme si on venait d'entrer dans l'étrangeté d'un paradoxe.

12.
S'ils sont sans emploi, on les traite d'assistés. S'ils travaillent, on les accuse de piquer nos boulots.

13.
Parfois passe un paradoxe. Gueule ouverte, il se rue, nous attrape et fiche son camp en remuant la queue.

14.
Pas rêvé. J'me dis ça comme si un autre zigue s'était glissé dans ma voix et m'prenait la parole pour m'balancer des pourtants.

15.
Je ne comprends pas bien, des fois ma pensée reste nouée ; je bloque sur deux mots ; puis, soudain, elle se délie, serpente, et file, et se dresse.

16.
Les temps, intersections et diagonales, nous traversent et nous croisent, comme si nous étions ces transparents au milieu de la rue.

17.
Perdant, de l'on ne sait quoi qu'on croise, on croit se faire une raison, un bâton de boiterie, un ça fera l'affaire, un resté digne ou un tant pis.

18.
« J'ai faim ! » hurla le monde, et c'est alors qu'il commencèrent à manger leurs dieux.

19.
Némésis, on ne voit pas toujours son regard et elle reste anonyme dans la foule du marché, plissant parfois les yeux sous le soleil.

20.
Némésis est pleine de peuple et ne souvient pas du nom de son roi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 3 août 2015

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:30

SANS TITRE ET PAS PLUS QUE ÇA

 

1.

Eléphant : Vengeance, mémoire, cette façon dont les horloges bricolent la conscience et trompent les calendriers.

 

2.

Le temps glisse sa main dans le gant de l'espace puis il opère dans le merveilleux des tours de passe-passe t'es là j'y suis plus.

 

3.

Queen : rock baroque, glam, piano, danse d'arlequins, excentricités électriques, nuit drolatique à l'opéra du bref.

 

4.

Dimanche : pluie, ciel vide, jadis églises et cafés pleins, plus guère d'abonnés du signe de croix ni d'curés, d'moins en moins d'bistrots.

 

5.

Queen : ce morceau où la guitare violonne ; la pop, une professionnelle dans l'art d'arranger le mélancolique et la nostalgie mélodique.

 

6.

Ravel, Debussy, Satie: piano, distance et mélancolie, humour et pointillisme, taches de soleil sur le jardin délaissé un temps par la pluie.

 

7.

Celentano : l'italien, héritage merveilleux, ponctuation des cuivres dans « I Want To Know », chœurs voix filles, feinte nonchalance.

 

8.

Dimanche : tartes aux abricots de la tante, rosbif, digestion avachie devant la télé, impossibilité de se concentrer sur ses devoirs.

 

9.

Foudre : exaltation du mot préféré, bref, cavale, Bonaparte, coup d'éclat décisif, ah j'en ferais bien ma sœur, de la foudre, mais.

 

10.

Chanson : évoque intense les ailleurs, n'a de réel rival dans le vivace et le bref que la poésie et la synchronie de la peinture.

 

11.

Les chansons sont pleines d'autres qui n'existent pas, des fois bien intensément précisés qu'ça vous mettrait d'la ouine un peu.

 

12.

Si lent, je n'aime que les arts du bref : poésie, chanson, peinture qui vous saisit au premier coup d’œil, faille, brèche, foudres.

 

13.

Jadis, étudiant le latin, nous apprenions à apprécier la précision de chaque période de Cicéron, la finesse de chaque trait, la portée de chaque coup. Oui mais, c'était jadis, avant le grand décervelage pédagogiste.

 

14.

« O tempora, o mores ! » : toutes les échelles retirées, restent les fous et leurs pinceaux, quand même on refait le décor, on modernise.

 

15.

Pédagogisme : globalisation gourou, assassinat d'la miniature, qui rend impossible la fréquentation du détail, la hantise de la phrase.

 

16.

Rimbaud : l'habité, voyou christ, ladre saint, le marchand et le marcheur, a donc croisé le Diable, comme tous les grands cheminots.

 

17.

Batterie : fontaine à voix jaillie de, rythme puisqu'on palpite, régularité, virtuosité, colonne, et puis autour ça s'déhanche.

 

18.

Lointains : la fille qui rentre chez elle, la famille heureuse, le coup de chance, la foudre, l'orage qui finit toujours par éclater, l'aigle.

 

19.

Argent : vertige des nombres, naïveté citoyenne, corruption quasi inévitable des politiques, monde parallèle qui nous dirige.

 

20.

Morale : vieille lune personnelle sous laquelle on s'obstine à marcher puisqu'on nous a éduqués pour et dans l'illusion de la paix sur le monde.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 2 août 2015.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 00:12

UN PROJET DE PERFORMANCE ARTISTIQUE ET AUTRES BELLES ET SOTTES CHOSES

1.
Projet de performance artistique : dans une qu'elle était verte ma vallée, à vingt heures vingt précises, et cela vingt jours durant, rassembler vingt habitants d'une ville, ou d'un village, dont le nom commence par un « v » (ou n'importe quelle autre des vingt-cinq lettres restantes), et leur demander d'avaler chacun une portion de vache-qui-rit, (ce qui fera donc vingt portions de ladite vache). Pour donner une dimension politique à l’œuvre, les exécutants briseront l'emballage de leur portion (ce qui présuppose, et c'est important, que les susdits exécutants auront tous délivré leur portion de son emballage avant vingt heures vingt très précisément) puis jetteront ledit emballage par-dessus leur épaule gauche, ou n'importe laquelle de leurs épaules restantes (il est donc à noter que l'on aura préalablement délimité un périmètre de sécurité). Lesdits exécutants (qui, de fait, sont vingt) procéderont à cette opération, dite « opération de jetage », en s'exclamant à haute et intelligible voix : « Vive, oui vraiment ! Vive la tête de veau ! »

Note: Ceux qui ne saisiraient pas l'évidente portée politique de cette intervention sont, je vous le dis, perdus à tout jamais pour l'art conceptuel, mais que cela ne les empêche pas de manger de la vache-qui-rit, si le cœur leur en dit ; sinon, ils peuvent boire une bière.

2.
« Le téléphone se mit soudain à sonner. »
(Agatha Christie)

Comme s'il n'avait rien de mieux à faire...

3.
« C'est que dans ma jeunesse j'étais moi-même »
(Cioran)

Dans ma jeunesse, j'étais moi-même, c'est-à-dire que je ne savais pas trop qui que quoi dont où. Je n'ai d'ailleurs pas beaucoup changé.

4.
« Ny de mon cher Givés (qui m'ayme
Comme ses yeus) le confort mesme. »
(Attribué à Olivier de Magny, « Epitre à ses amis, des gracieusetez de D. L. L. »)

Lui qui disait souvent qu'il n'en croyait pas ses yeux, pour une fois, eux et lui s'accordèrent en tombant amoureux de la même demoiselle.

5.
L'un : - Je ne vous crois pas.
L'autre : - Je ne dis pourtant pas la vérité.

6.
Certes, il avait bien une idée derrière la tête, mais comme il avait oublié ses bras sur son bureau, pour l'attraper, la secrète, macache.

7.
Le pays était menacé. Le
Roi, en conséquence,
Convoqua son excellence
L'amiral Cou. Vous me direz
Cou, c'est un drôle de nom
Et vous aurez raison. Mais
Le truc, c'est que je m'en fous. Et le
Commandant Rage itou qu'il convoqua le Roi.
Rage aussi, c'est un drôle de blaze, mais c'est ainsi que le Roi procédait
quand il devait rassembler son courage ; d'ailleurs, il se fit des pâtes.

8.
Il attendait la visite de la jeune fille, celle qui auparavant avait été fillette, et puis qui finira vieille dame. Des fois, il était habité par le plat.

9.
Il allait lui tordre le cou, c'est sûr ! Pour l'heure, il
Attendait sa visite, à
La casse c dans l'caleçon. Sa
Visite, il l'attendait en s'entraînant sur des cous d'poulet.
De la préméditation du coup, ça ferait aucun doute, quand dans
Son salon, on découvrirait tous ces cous tordus et que, en outre, son
amie, dont il attendait la visite, raconterait l'histoire dans un autre de ses romans, dont il aimait d'ailleurs à dire qu'ils valaient le coup, le coup d’œil et même le coup de l'étrier, dit-il en s'en reversant un.

10.
Elle, à condition qu'elle vînt avec ses bras,
Avait (car elle est si distraite, savez !)
Quelque chose, c'est quelque
Chose en effet d'être si distrait ! Oublieuse
A en oublier son ombre, cette fille-là ! On
Lui donnerait un rôle dans un roman, ah oui ! À lui
Offrir donc qu'elle avait quelque chose, mais quoi ? J'en sais rien moi-même, zavez qu'à vous l'inventer, j'vous en prie, de rien, c'est cadeau.

11.
« - Vous écrivez des romans dans lesquels certains personnages se suicident parfois, ou s'entre-tuent. »
(Agatha Christie, « Une mémoire d'éléphant » [Celia])

12.
Vous écrivez la belle affaire !
Ecrivez écrivez déliez y votre langue
Des poèmes des chansons des
Romans mais que cela s'énigme et aimante !

13.
Dans l'assiette deux yeux dans
Lesquels on peut lire son avenir : repas prophétique...

14.
Certains se sont échappés... Des
Personnages dangereux. Le livre était pourtant bien refermé.

15.
Se noient-ils dans l'océan des mots ? se
Suicident-ils dans la nuit des bibliothèques, les personnages des romans oubliés.

16.
Parfois je mais pas toujours ; non, parfois je, c'est vrai,
Ou alors je... mais pas toujours non plus (il faut ce qu'il faut).

17.
S'entre-tuent-ils, les personnages des romans oubliés ? Est-ce pour se rappeler aux humains, que les dieux ont jeté les Grecs contre Troie ?

18.
En français, on referme un livre
mais on ferme sa gueule.
On clôture un compte
mais on clôt une discussion,
et puis on referme la porte
en entrant, mais aussi en sortant.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 août 2015.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 20:35

FANFARE JADIS

 

1.

« Rustiques on les dit mais les mots sont fragiles

Et leur mort bien souvent de trop s'essouffler vient »

(Raymond Queneau, « La chair chaude des mots »)

 

2.

Le vent, la somme des souffles perdus, et même parfois comme une fanfare lointaine qui s'y s'rait glissée ; mais non, c'est qu'le vent.

 

3.

Quoiqu'des fois, mais c'est dans ma mémoire, c'te fanfare, une bande de petits bonshommes en plomb.

 

4.

Rimbaud, en fin de compte, avait-il la foi ? A mon avis, surtout, il l'a eu souvent mauvaise, l'Arthur.

 

5.

« on était au centre du monde on se trouve maintenant

près du fleuve océan qui ronge l'horizon »

(Raymond Queneau, « Un poème c'est bien peu de chose »)

 

6.

Un vers de Queneau, j'y vois un chien d'écume à la gueule, qui vous ronge l'horizon jusqu'à l'os.

 

7.

Il vit que la mer était toute plantée d'épouvantails aux figures bouffies de marins morts.

 

8.

« Je t'en ficherai, moi, des berceuses vaudous ! » Qu'elle râlait, Zut, en piquant rageusement des épingles dans la tête de sa poupée.

 

9.

Je veux revoir ma Normandie, c'est le pays qui ne m'a pas c'est tellement évident, que j'dois plagier, tu crois pas ?

 

10.

Il avait un rire tellement distant que, pour l'entendre, fallait placer des micros dans sa chambre.

 

11.

Être perdu dans ses pensées, retrouver cette clé dont on n'est pas très sûr qu'elle ouvre la bonne porte.

 

12.

« Je laisse apart Meduse, et sa beauté,

Qui transmuoit en pierre froide et dure

Ceus qui prenoient à la voir trop de cure »

(Attribué à Claude de Taillemont, « Sonnet »)

 

13.

Je laisse la messe pour aller m'essayer à la bonne humeur, ça me

Laisse froid des fois la foi, pis j'préfère les oiseaux et les fleurs.

 

14.

Apart qu'il pleut, ah bah tant pis tant pis tant pis c'temps d'pluie, je file dans la rue avec « la pluie fait des claquettes » dans la tête.

 

15.

Meduse siffle (ce sont ses serpents qu'elle a pour bigoudis) et moi je souffle (j'en ai marre de porter de faux yeux).

 

16.

Et il y a aussi mademoiselle Mystère

Sa longue silhouette ah je la vois de loin Miss Sa

Beauté qu'elle promène nonchalante intrigante

 

17.

Si j'avais un château hanté, j'en partirais, et mon fantôme avec. Ensuite, mon château, je le revendrais à d'autres spectres.

 

18.

« Qui » est toujours un étranger. Poser la question « Qui sommes-nous ? », voilà qui vous estrange pour des lustres.

 

19.

Parfois, je me dis qu'elle a de beaux jours devant elle, la nuit des hommes.

 

20.

Je ne sais pas où elle est allée pêcher ça. Non je ne me transforme pas en loup-garou. Eh oui je devrais me raser un peu mieux qu'ça.

 

21.

« et même son inquiétude à cause de mon silence »

(Patrick Modiano, « L'herbe des nuits », [le narrateur])

 

22.

C'est l'été

et son inquiétude

à passer par un léger vertige

et de grands tremblements blancs

et mon silence qui m'embête parfois.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er août 2015.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 10:20

ET PUIS VOICI DES AMUSETTES PARCE QUE LES FLEURS HEIN

«Elle met du vieux pain sur son balcon »
(Jean-Jacques Goldman)

1.
Turquie, toi qui veux rentrer dans l'Europe, je te le rappelle : l'ennemi de l'occident, c'est pas les Kurdes, c'est Daesh.

2.
Dans les rues
passent des ombres avec leurs gens
des os avec leurs chairs
des anonymes avec leurs frites
des noms et des cornets
et des zotos.

3.
Dans les rues
des fois passe pas grand monde
sauf le temps et l'averse
et quelques imperméables
ou quelques trempés
et des zotos.

4.
Dans les rues
des fois on croise quelqu'un
qu'on ne reconnaît pas
des mains qui se font signe
et des gens qui se font la gueule
dans les zotos.

5.
En français,
on se fait la gueule
et on fait la tête
ou alors on tire la gueule
et on fait son nez comme on se mouche.

6.
Les enfants font du boudin
pas les adultes qui font la gueule
les enfants font des bêtises
les autres des conneries
des papiers et des prières.

7.
Le Christ est celui que l'on ne reconnaît pas
il vit en Palestine
ou bien en Syrie
un char le traverse.

8.
Y en a
i sont pas sérieux
quand ils ont 17 ans
i sont pas sérieux
quand ils ont 50 ans
et dire que ça vous fait même pas des morts rigolos.

9.
En français, on ne va plus guère à la messe le dimanche, mais on se demande quand même ce que l'on a fait au Bon Dieu.

10.
En français, on ne bouffe plus autant de curé qu'avant ; on devient tolérant, voire végétarien.

11.
Zavez vu qu'la variété bovine dite « vache enragée », que l'on a cru longtemps en voie de disparition, a dans nos rues fait un retour notable.

12.
On ne peut en vouloir au loup
ni au dragon
ni à Fantômas
ni aux quatre éléments
on ne peut en vouloir qu'à l'espèce humaine
laquelle se le rend bien.

13.
Quand j'écris mal
je m'en veux
un peu
et puis
je me rassemble
je me recouds
je remets mes deux jambes
et ma langue dans sa bouche.

14.
Je ne tire pas souvent ma langue de ma poche, des fois qu'elle en profiterait pour dire des choses que je n'veux pas entendre.

15.
Inconscience : « Elle met du vieux pain sur son balcon », et puis elle s'étonne après d'être enlevée par des extra-terrestres.

16.
Le monde part dans tous les sens. C'est inquiétant tout de même, cette vocation de l'être à la dispersion, au puzzle, au miroir brisé.

17.
Si tous les politiques du monde se donnaient la main, eh bé, ça nous ferait une sacrée ribambelle de guignols, tiens.

18.
Des fois, je me virgule. C'est qu'il faut la tenir, la distance, jusqu'au point final.

19.
Des fois, j'me demande s'il y en a qui dans leurs poches, des fois, i zauraient pas des tas d'yeux, voire une flopée d'oreilles, des fois que.

20.
Des fois qu'le monde serait qu'une suite de contes fantastiques qu'au cabaret éternel, dis, ils se diraient les dieux.

21.
On ne le voit pas vieillir, c't'homme-là, hein, l'homme invisible ; et d'ailleurs, qu'est-ce qu'il devient ?

22.
Le réel, des fois, i vous joue d'ces tours de force est de constater qu'on est bien sot, allez !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er août 2015.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 01:22

FOUDRE AU CARNAVAL

 

1.

« Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois »

(Corneille, « L'illusion comique », III, 3 [Géronte])

 

2.

Je serais, tiens ! de ce buis dont on fait espérance ; je

Ne suis pourtant que de ce peu d'être qu'on appelle autre.

 

3.

Suis cet œil dans la nuit tu ne le vois

Pas mais lui si vu qu'i t'cause J'suis pas

D'humeur fit Zut Une autre fois, d'ac' le christique ?

 

4.

A m'tartir qu'l'ennui finisse enfin, que je puisse

Rire et les dissiper, ces mauvais chevaux d'vos brumes.

 

5.

Tant de voix, d'ces engouffrantes, qui ruent, qui,

De rue en rue, démantibulent, et les désossent, toutes les

Fois et leurs féeries à venir.

 

6.

« Non ! Je ne rendrai pas les âmes » gronda le démon aux enfers assiégés par une légion d'anges armés d'un jazz à décorner les diables.

 

7.

Lui, dans sa tête noire constellée d'étincelles tournent des mondes morts.

 

8.

La langue : elle rue sur les mers, court sur les banquises, les prairies, les continents, fait siffler les supplices et les bénédictions.

 

9.

La langue : la jeteuse de nos sorts, la tisseuse, la déliante, la repasseuse, et toute comédie, et toute politique.

 

10.

« C'estoit la douceur de sa Musique, que lon dit avoir adouci les Loups, Tigres, Lions : attiré les arbres, et amolli les pierres. »

(Louise Labé, « Débat de Folie et d'Amour »)

 

11.

C'estoit quoi ? Quelque songe...

La vie autre… le chant du loup, du bouc et du hibou, la

Douceur démasquée, la foudre au carnaval.

 

12.

De quoi danser, mimer la cour des miracles A

Sa botte, nous bouffonnons, oh le vent, sa

Musique s'est emparée d'nos os ; nous affolons.

 

13.

Que la langue soit couteau, c'est ce que

Lon appelle couramment politique ; c'est de notre

Dit qu'elle tire les mensonges et les dieux.

 

14.

Avoir lu Rimbaud et y avoir trouvé le Christ ; être

Adouci un peu, face à l'énigme. Et puis

Les postures, les mystères, les quotidiens.

 

15.

Loups, voilà des yeux ; ils vous suivent dans la rue.

Tigres, voilà des dents ; elles dévorent les jours.

Lions, voici les Rois ; nous les tirons, et célébrons.

 

16.

Attiré, l’œil, par ce qui le tisse, ce seigneur par

Les reflets, les effets, les éclairs, et les

Arbres, et les rituels, amoureux et foudroyés.

 

17.

Et l'autrefois, tout

Amolli, stylisé, soldé.

Les morts nourrissent le vampire épique; les

Pierres se fendent ; on les noircit de blasphèmes.

 

18.

Que la musique dise le printemps, et le zut que l'on jette à l'automne, en passant, rêvant de vin chaud et du réconfort fêté.

 

19.

Parfois, je me demande après quelle foudre courait le saxophone de Charlie Parker.

 

20.

Après quel printemps, l'oiseau ivre de son génie, bien après les Carmina Burana et les grands chœurs sous la lune changeante.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 1er août 2015.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 20:41

Ô EPOUVANTAIL ! Ô RÉEL !

1.
Et considérant que la multiplicité des réels n'abolissant pas le réel, miroir à mille faces, il se fit des frites.

2.
« Qu'est-ce qui est le plus facile ?
De dire : « Tes péchés te sont pardonnés »
ou bien de dire : « Lève-toi et marche » ?
(Evangile selon Saint Luc, 5, 23)

3.
Comme il se disait : « Il a une belle tête de vainqueur, le ricain tueur de lions, ah oui, alors ! Superbe ! On en décorerait son salon », sa conscience lui esgourda que ce n'était pas bien de souhaiter la oh, et puis zut, zut et ratazut.

4.
« Ciel, les Estoiles, les Mers, la Terre, consumer son tems »
(Louise Labé, « Débat de Folie et d'Amour »)

5.
Nous passons sous le même « Ciel, les Estoiles, les Mers, la Terre » que vous, Louise Labé, et « consumer son temps », idem faisons-nous.

6.
« Mais je ne puis te voir sans un peu de douleur »
(Corneille, « L'illusion comique », III, 5 [Clindor])

dit le transi à l'indifférente.

7.
« sœur et, en d'autres circonstances, elle paraissait »
(Agatha Christie traduit par Jean-André Rey, « Une mémoire d'éléphant »)

8.
Sœur, mais des fois, selon les circonstances, frère ou amiral des alpages. Cet être-là ? Une vraie figure de style, oxymore et contrariétés.

9.
«pierre ne s'amolliroit entendant le dous preschement de »
(Louise Labé, « Débat de Folie et d'Amour »)

10.
C'était un spectacle à faire ouiner les pierres et pis à s'en faire une mosaïque d'la Passion d'not' Seigneur.

11.
avoir le cœur tout picotillé : avoir une légère peine de cœur.

12.
Il était tout picotillé depuis qu'son adorée l'avait flanqué pleine face d'une tarte à la crème en lui criant dans les esgourdes : « Tiens, Bozo, un cadeau ! »  

13.
Lors, comme il n'avait aucune éducation religieuse, il l'appela le Chevalier à la croix, bien que ce chevalier-là n'avait ni cheval, ni écu, ni écuyer, et portait en permanence et la barbe et une longue croix sur ses épaules.

14.
s'illusionner aux horizons : croire que ça ira mieux ailleurs, et puis ne pas bouger, rester là, à regarder voler les vaches.

15.
Il attendit longtemps, longtemps, longtemps, jusqu'à ce que les vaches rendues squelettes regardassent passer des trains fantômes.

16.
Se clocher le cœur : s'éprendre d'une église, d'un curé ; se convertir, se mettre à croire, ou au t'as qu'à croire et puis boire de l'eau.

17.
Finir fantôme de sa guitare : ne plus tirer de son instrument de quoi épater les frangins et tremper les frangines.

18.
Il tourne fantôme de sa guitare
Pis tous les matins il va à la gare
Coz il espère la voir revenue
Mais elle est loin loin loin sa Lulu.

19.
se synchroniser le carafon : se concentrer. « Le grec ancien, ça demande de se synchroniser le carafon un peu plus que ça », dit le professeur à l'élève, lequel était grimpé aux rideaux en chantant « Quel souci la Boétie » et autres classiques de la chanson à s'déhancher l'attrape-zoziau.

20.
« Mon ombre chaque jour viendra t'épouvanter »
(Corneille, « L'illusion comique », IV, 1 [Isabelle])

21.
Lors, la voix me dit : « A condition qu'il fasse du soleil, mon ombre chaque jour viendra t'épouvanter ; sinon, tu pourras boire une bière. »

22.
avoir du retard dans l'allume-cigare : ne pas piger très vite. Tellement évident qu'on doit trouver ça dans un bon vieux San-Antonio, non ?

23.
Mon bon thon cornichon reblochon ronchon très ronchon
Ombre car il est très grand mon bon thon cornichon ronchon, surtout avec du concombre.

24.
Chaque fois que j'entends chaque, je me dis qu'des fois, c'est chaque
Jour que moi, pâte à pomme, je me prends une claque.

25.
Viendra un rat, un rat avec un râteau pour
T'épouvanter, pis t'ratiboiser, ô épouvantail, ô réel.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2015.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 10:42

DES FOIS LE REEL EH OUI LE REEL

1.
Le réel, i n'attend qu'une chose, c'est que vous regardiez ailleurs, là-haut, les merveilleux nuages, pour vous tomber sur le paletot.

2.
Le réel, faut bien l'regarder en face, car lui ne vous quitte pas des yeux.

3.
Retwetté la photo d'un ricain tueur de lions J'préfère retwetter le légendaire groupe Magma Il y a des gens qui valent la peine d'autres non.

4.
La démocratie encourage le meilleur mais n'évite pas le pire. Et je crains qu'en fin de compte, le pire finisse par l'emporter.

5.
Il arrive que la raison d'état sauve des vies. Vous tombez dans un piège ? Peut-être. Mais cela peut vous éviter de finir comme JFK.

6.
Faire de la politique, c'est placer des vipères dans votre lit, et décider ensuite si on va, oui ou non, vous laisser vous y coucher.

7.
Ce qui manque face à Daesh, c'est un Winston Churchill, un esprit décidé à ne jamais négocier avec le Diable.

8.
Que l'on puisse parler de « rêve européen » prouve assez que l'Europe est avant tout un produit du marketing financier.

9.
Dans la crise actuelle, Sainte Rita, la patronne des causes désespérées, est-elle encore solvable ?

10.
Je me demande d'où vient le pouvoir de certaines crapules qui agissent aussi impunément que si elles manipulaient les politiques comme de simples poupées de tissu (de mensonges).

11.
Genre des fois il était une fois, pour l'avoir saisi le loup entre bandits et politiques, un juge trucidé aurait été, non ?

12.
C'est bête, mais je me demande parfois quel fut le rôle exact de la Stasi dans les révoltes étudiantes de la RFA de la fin des années 60.

13.
Bonaparte, « général politique » (expression relevée dans l'encyclopédie Alpha) : peut-on réellement être général sans être politique ?

14.
Le sentiment amoureux : un loué pour la saison ? la recherche d'une bonne affaire ? d'une occasion à saisir ?

15.
Des fois qu'il était une fois un genre gang qui ça eut payé un genre «d'impôt d'braquage » à quelque obscure politicienne machine.

16.
Revue de presse : La Grèce… Ah la Grèce… La Grèce la Grèce la Grèce !!! Oui !!!… oui, mais l'Allemagne, eh oui…

17.
Les membres du club Europe ont renoncé aux guerres pour commercer en paix, et vendre des armes à tous les ailleurs querelleurs.

18.
Fraude, crise, politique, lobbying, finance, impasse, chômage, Kiri le clown : sauras-tu trouver l'intrus qui s'est glissé dans cette liste ?

19.
Le but d'une campagne napoléonienne ? La bataille décisive. Le but d'une crise économique ? La faillite décisive.

20.
Dans une guerre totale, il n'y a pas de cible secondaire. Sa principale arme étant la terreur, la guerre totale frappe sans hiérarchiser a priori ses cibles. Ainsi le principe de la guerre totale est, par définition, voué à l'acte volontaire et conscient de crime contre l'humanité.

21.
En ce que la guerre totale se propose de fait comme un modèle de « guerre sainte », elle se condamne elle-même à l'échec, se mettant, par  la multiplicité de ses crimes et le refus de toute critique interne, en situation d'impossible interlocuteur, et toute tentative de dialogue qui viendrait du camp opposé serait perçue par l'opinion comme une preuve de collusion, un indice de faiblesse et d'illégitimité.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 juillet 2015. 

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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