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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 19:41

ICI-GÎT… POINT DE NOM !

 

1.

Chère Providence, si tu pouvais me faire parvenir un peu de café, du tabac, 20 ans de moins et une banquière suisse, ça m'arrangerait, merci.

 

Ou alors une banquière monégasque, ou luxembourgeoise (je ne suis pas difficile).

 

2.

L'ombre à tête de chat

A-t-elle croisé au hasard de ses pas

L'homme à tête de chou

Quelque part et je n'sais où ?

 

3.

Ne touchez pas à l'orthographe du français. Elle est pleine d'exceptions et ainsi à l'image de son peuple.

 

On commence par normaliser l'orthographe et on finit par normaliser les esprits.

 

Ne touchez pas à l'orthographe du français : elle est la preuve vivante (car la langue vit) que tout dans la vie n'est pas nécessairement logique.

 

4.

La langue est l'âme et le violon d'un peuple : elle peut sonner faux, grincer crincrin, ou voltiger, virevolter, s'élancer.

 

5.

Cataclysme : le mot sonne comme une frappe de batterie (caisse claire, tom, cymbale).

 

6.

Que le burkini, c'est peut-être la seule possibilité donnée à certaines femmes d'aller à la plage…

 

7.

Zut des fois, elle monte sur ses grands chevaux, lesquels foncent dans tous les sens ; v'là Zut toute éparpillée.

 

8.

On est toujours des fois, la lune des fois, Zut des fois, ma pomme des fois, et des fois on dit jamais qu'on croit qu'c'est pour toujours.

 

9.

Le réel est plein de portes qui s'ouvrent ou se ferment selon que l'on est arrivé à mettre ou non le hasard dans sa poche.

 

10.

Un jour, quelque ange actionnera l'interrupteur de mon cœur et je mourirai n'est pas français.

 

11.

« Ici gît… Point de nom ! Demandez à la terre ! »

(Lamartine, « Bonaparte »)

 

La terre : planète sur laquelle gigote tout un tas de choses dont certaines se demandent si tout ceci est bien réel.

 

« Deleuze disait déjà de « L'Ethique » de Spinoza qu'elle était une « éthologie » : une science du comportement des choses. »

(Baptiste Morizot, Philosophie Magazine Hors-série, « Spinoza », p.52)

 

L'éthologie, c'est l'étude du comportement des animaux, qui y en a qui font même d'l'éthologie humaine.

 

Les choses, des fois, elles nous échappent qu'on se dit qu'on est plus assez maître de soi pour qu'elles plient les choses.

 

Une « science du comportement des choses » : c'est que tous nos efforts tendent à maîtriser l'hétérogénéité radicale de l'être.

 

L'être est hétérogène, c'est pour ça qu'il est insaisissable, et c'est d'ailleurs cette insaisissabilité qui le fait être.

 

« qui le constitue en tant qu'être » aurais-je dû écrire pour imiter le style de mes copies de classe terminale.

 

12.

« La Chute de l'Ange » de Dufaux et Griffo, damier, reine blanche prise par la mort, roi noir, pions, cheval ailé, tour, lune de sang.

 

13.

Sous le cercle blanc

l'assassin

crochet ensanglanté

le visage et le sang

l'affolement féroce de la conscience.

(cf Dufaux et Griffo, « La chute de l'Ange », Glénat)

 

14.

Il faut être un ange bien misérable pour de si bas voir les gens « petits, tout petits ».

(cf Dufaux et Griffo, « La Chute de l'Ange », Glénat)

 

15.

illusion, un château dans une fumée.

 

16.

L'humain, un contremaître prétentieux, un arrogant de la maîtrise au service d'une entreprise dont, en fin de compte, il sait si peu.

 

17.

« Face au piano, à cet alignement de touches noires et blanches, j'avais l'impression de partir en Chine sans passeport. »

(Philippe Katherine, dans un entretien avec Christophe Conte et Pierre Siankowski, « Les Inrockuptibles »  n°1062, p.45)

 

Alors, on ferait face au piano et l'on se dirait que c'est le moment de convoquer les plus virtuoses de nos ombres.

 

18.

Certaines musiques, on dirait qu'elles miment la lente décomposition du présent.

 

19.

« L'identitaire est plus récent, car en phase avec certains traits narcissiques de nos sociétés individualistes. »

(Philippe Corcuff, entretien avec Anne Laffeter et Jean-Marie Durand, « Les Inrockuptibles » n°1062, p.21)

 

Bah, comme si les traits de nos aïeux étaient moins narcissiques et leurs sociétés moins individualistes que les nôtres ! Quelle blague !

 

J'ai du mal à concevoir une société moderne qui ne soit pas basée sur l'individu plus que sur le clan, la classe ou l'entreprise.

 

20.

Les gens sont rarement ce qu'ils ont l'air d'être ; généralement, ils sont pires.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 27 août 2016.

27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 01:12

LA REVOLUTION ? UN MENSONGE QUI A REUSSI

 

1.

L'événement finit toujours par se passer de l'humain. Il devient alors fatalité.

 

2.

« Ce que le public veut, c'est être surpris par ce qu'il attend. »

(attribué à Frank Capra par Franck Dubosc sur France Inter)

 

« Le public aime à être surpris mais seulement par ce qu'il attend. »

(attribué à Tristan Bernard)

 

On trouve aussi  et toujours attribué à Tristan Bernard:

« Au théâtre les gens veulent être surpris, mais avec ce qu'ils attendent. »

 

3.

« Tout est vain, - et, là-haut, voyez, la Lune rêve

Aussi froide qu'aux temps où l'Homme n'était pas. »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Dans « Soir de carnaval », le narrateur oppose le « chahut » d'la ville carnavaleuse et la froideur de la Lune avec une majuscule à la miss.

 

4.

« Et nous irons ainsi, jusqu'à ce qu'à son tour

La terre crève aux cieux, sans laisser nulle trace. »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur i sait bien comme nous tous qu'un beau jour la terre fera plopssss dans le cosmos, ballon qui s'dégonfle.

 

Ou alors la terre elle sera toute chauve et de lointains observateurs se demanderont s'il y a eu d'la vie sur c'machin là.

 

5.

« Où réveiller l'écho de tous ces cris, ces pleurs,

Ces fanfares d'orgueil que l'Histoire nous nomme »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur demande « où réveiller l'écho » à tout ça d'l'Histoire la grande orgueilleuse massacrante l'héroïque à tête chercheuse.

 

Les échos d'l'Histoire, franchement, ça nous rappelle juste qu'il y a eu bien des imbéciles et des salauds pour nous gouverner.

 

6.

« Devant les siècles d'or pour jamais endormis

Dans le néant sans cœur dont nul dieu ne délivre ! »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur i dit aussi que les « siècles d'or » sont au « néant » qu'c'est pas si sûr rapport aux univers parallélo-temporels et tout ça.

 

7.

« Et voici que j'entends, dans la paix de la nuit,

Un pas sonore, un chant mélancolique et bête »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Le narrateur il est chez lui et c'est la nuit ; il entend chanter des bêtises dans la rue, du coup i dort pas, donc du coup il écrit.

 

Des fois, la nuit, y a – tonc toc ! - « un pas sonore », et d'la mélancolique rengaine. C'est Zut qui rappelle sa marionnette.

 

8.

« Vanité, vanité, tout n'est que vanité ! »

- Puis je songeais : où sont les cendres du Psalmiste ? »

(Jules Laforgue, « Soir de carnaval »)

 

Enfin le narrateur s'demande « où sont les cendres du Psalmiste ? » que pour s'demander ça faut pas avoir l'moral à manger des moules frites.

 

Le Psalmiste, ici, c'est l'Ecclésiaste de l'Ancien Testament, que c'est lui qui a écrit que tout est vanité même qu'il y a du vent.

 

9.

Entendu Denis Tillinac sur France Info dire que la fin de l'Histoire est « un mythe de la Gauche ». Certes.

 

Sur France Info, Denis Tillinac il dit comme ça que pour la Gauche, et c'est pas bien, l'enfant est autant à l’État qu'à sa famille.

 

Tandis que pour la Droite, l'enfant est d'abord à sa famille. Et ça j'approuve.

 

Tillinac rappelle que la tradition de la Droite française se divise en deux courants : le bonapartisme (il donne en exemple de Gaulle et Malraux) et l'orléanisme (Monnet et Schuman).

Le bonapartisme de de Gaulle se manifeste par son mépris des partis, son souverainisme, qui s'oppose évidemment au goût des appareils et au fédéralisme des fondateurs de l'Europe.

 

10.

L'administration est une machine à gérer l'entropie, tout en y œuvrant, comme le prouve sa tendance à tout compliquer.

 

11.

On a cru longtemps que l'accès de tous au savoir engendrerait de salutaires révolutions. Maintenant, grâce à Internet, et à la massification de l'enseignement supérieur, l'accès au savoir n'a jamais été aussi facile et vous savez quoi, ils s'en moquent, les gens ; ils veulent être tranquilles les gens, peinards. D'où j'hypothèse qu'une révolution est d'abord un mensonge qui a réussi.

 

12.

Je me méfie d'un gouvernement qui prône la bienveillance ; c'est là une manière d'endormir et de loger tout son monde dans une même auberge à laquelle mon mauvais esprit attribue évidemment l'épithète « rouge ».

 

13.

Bien sûr que nous avons besoin de plus de Renseignement ! Au cas où vous l'ignorez, les cellules dormantes, ça existe !

 

Quand Christian Estrosi a parlé de 5ème colonne djihadiste, il s'est fait huer. Qui oserait dire maintenant qu'il avait tort ?

 

14.

« Je lis beaucoup pour mes propres livres. »

(Michel Butor interviewé par Jacques Chancel)

 

Ah c'est donc pour ça que j'en écrirai pas beaucoup, des propres livres, me dis-je songeur d'une main et unijambiste de l'autre.

 

Note : Je sais, c'est n'importe quoi, mais que voulez-vous, je m'amuse d'un rien.

 

15.

Entendu sur France Culture que l'opinion du « on n'utilise que 10 % des capacités de son cerveau » plaisait jadis beaucoup aux gens de gauche qui y voyaient la preuve qu'absolument tous les élèves étaient potentiellement aptes à maîtriser les raisonnements les plus abstraits. On sait maintenant que cette idée du seulement 10 % n'est absolument pas prouvée, mais personne n'ose dire qu'il existe sans doute une part non négligeable de la population dont l'intelligence est avant tout pratique, et l'on continue, sans sourciller, et avec la complicité de bien des hiérarchies, dont je me demande souvent si elles sont vraiment si stupides (à moins, comme je tends à le penser, que sous leur fameuse « bienveillance pédagogiste se cache avant tout un simple désir de reconnaissance, la nécessité de défendre son bifteck voire un carriérisme parfois assez peu ragoûtant), on continue, dis-je, de vouloir faire rentrer raisonnements, syllogismes et littératures dans des têtes plus aptes à réparer des plomberies, à fabriquer des pièces de chaudronnerie, à s'occuper de personnes âgées, à coiffer leurs contemporains (tous métiers qui demandent beaucoup de pratique et d'expérience de terrain) qu'à s'interroger sur la révolution quantique, l'essence du libéralisme ou la dimension synchronique des fantômes.

 

Avec ça, je vais encore me faire mal voir comme un déloyal, un imbu, un pas beau, bah, voyez-vous, je m'en fous.

 

16.

Hier, dans mon demi-sommeil, mon chien se fit loup à la manière du sanglier furieux de la Princesse Mononoké.

 

« Princesse Mononoké », de Hayao Miyazaki, est un chef d’œuvre, un des plus beaux films que je connaisse.

 

17.

Dans mes demi-sommeils, je vois pas mal de choses, des visages inconnus, des sentinelles, des routes qui s'ouvrent, mes ombres.

 

18.

Zut a s'dit qu'elle l'a bien reçue, la monnaie d'son mépris, y en a même de trop, qu'ça lui réveille son cheval d'orgueil, et elle dessus.

 

Zut, quand elle est sur son cheval d'orgueil, elle bout d'l'imaginatif, et rien qu'en prenant son café elle croit qu'elle va gagner Austerlitz.

 

19.

Zut elle écrit jamais à personne. Et quand on lui écrit, Zut a répond pas. Des fois, elle mange un facteur, mais seulement quand elle a faim.

 

20.

Si un canard pourchasse un chasseur, si ça s'trouve c'est pas un canard, mais un alien collectionneur de chasseurs, ou de fusils d'chasse.

 

21.

Si ça se trouve, cette fameuse énergie noire dont tant on cause, c'est d'la cendre, la cendre des mondes cramés.

 

Ou alors c'est la peau de la jongleuse dans les astres.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 27 août 2016.

26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 03:31

A CAUSER BIZARRE ON FINIT ETRANGE

 

1.

« une d'elle mourut dans son rêve »

(Jean Ray, « La ruelle ténébreuse »)

 

J'la vois bien accompagnée c'te phrase de quelques notes façon « cristal qui songe » qui est un titre de Theodore Sturgeon.

 

2.

Entendu dans une Radioscopie de Jacques Chancel une phrase sur une tête de mort dans chaque caboche ou chaipakoi c'est bizarre.

 

Ah ! je l'ai trouvée :

 

« Comme cela nous semblerait flou

inconsistant et inquiétant

une tête de vivant

s'il n'y avait pas une tête de mort dedans. »

(Jacques Prévert)

 

3.

« C'est pour ça qu'il y autant de cocus, c'est parce que l'on est toujours le dernier à le savoir. »

(Coluche)

 

Ce « c'est pour ça » est épatant. Par ailleurs, c'te phrase, j'l'ai aussi entendue dans une Radioscopie.

 

4.

Le narrateur dans un texte à Jean Ray i cause bizarre d'une « coque de bois » flottant qu'elle « mourut dans son rêve » à cause d'un iceberg.

 

J'aime bien les phrases un peu braques qui me font penser aux vieux étages en bois des maisons livrées au temps.

 

5.

Le narrateur à Jean Ray évoque un « iceberg qui brûlait au soleil » on pense à un « pavillon en viande saignante » dans des arctiques à la Rimbaud.

 

6.

« Un roulement ébranla l'atmosphère.

- Le nuage parle, dit Snuffy. »

(Jean Ray, « Quand le Christ marcha sur la mer »)

 

Y en a i zentendent des voix dans les nuages, des présages tonitruants grondés par les êtres du tonnerre.

 

7.

Zut elle a envie de regarder une comédie, un de ces films où la caricature est plus intéressante que son modèle.

 

8.

Dans une traduction du texte « Echoes » du Pink Floyd, cette phrase étrange : « Et pas un n'a forcé nos yeux à atterrir ».

 

J'imagine assez un vol de regards volants, des yeux fendant l'air, des mirettes faucons, des yeux aigles atterrissant fantastique.

 

Je me demande par quel fantôme je suis passé pour aller chercher sur la Toile une traduction du texte « Echoes ».

 

Du coup, j'ai trouvé ça :

 

« Put on a gown that touches the ground, ah ooh

Float on a river for ever and ever

Emily »

(Syd Barrett, « See Emily Play »)

 

Même que c'te fille qui a mis une robe qui touche le sol et flotte à jamais sur le fleuve, c'est pas Emilie, c'est Ophélie, non ?

 

9.

« O Nuict, tu vas ostant le masque et la faintise

Dont sur l'humain théatre en vain on se desguise »

(Guillaume Du Bartas, « La Nuit »)

 

J'aime bien l'idée d'une nuit qui ôte, une nuit hôtesse ôteuse des masques que mettent les choses pour paraître le jour.

 

J'aime bien l'idée de « l'humain théatre » et du mystère qui y noue ses visages.

 

10.

Si ce n'est pas déjà fait, j'aimerais que les Nuits de France Culture rediffusent « Punk comment c'était déjà ? » qui m'avait tant plu.

Les Nuits de France Culture rediffusent des « La Joie de vivre » épatants : celui de cette nuit, avec Juliette Gréco, est formidable.

 

11.

Parfois ils enverront les serpents et parfois les araignées. Ainsi se vengent les fantômes noyés.

 

12.

Tout ça qu'on a cru miraculeux et qui, princesse empoisonnée, poupée décomposée, s'effrite dans nos doigts.

 

13.

Je ne dors pas. La nuit brûle ses os. Quelques ombres passent, tentant d'échapper au brasier secret de la nuit.

 

14.

La chanson qui dit « On vous souhaite tout le bonheur du monde » (sans blague) elle est niaise niaise niaise (oh oui).

 

La chanson qui dit « Que quelqu'un vous tende la main » me rappelle ma hache.

 

C'te niaise chanson là vous souhaite de « calmes jardins » ah oui, oui, des jardins, pour y flanquer des orages.

 

15.

Regardant Kaamelott, je songe que la potion de polymorphie ne peut se comprendre que si l'on est capable de voir par d'autres yeux un réel qui autrement n'existe pas.

 

16.

« Le jour de la Saint-Valentin je mange des moules » n'est pas forcément une phrase vulgaire.

 

17.

Quel linguiste pourfendeur du nénuphar et de l'éléphant aura le front de décoller la tête de son accent circonflexe ?

 

18.

Le monde pond des humains. Du reste, certains deviennent des têtes d’œufs.

 

19.

Le zéro est une chatière par où les x passent et repassent et se fichent bien de notre monde.

 

20.

Un ange passe. Il emporte ma phrase. Je me demande bien ce qu'elle avait à l'esprit.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 août 2016

25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 15:31

QUI HEURTE ?

 

« Qui heurte ? »

(Molière, « L'Ecole des femmes », I, 2, v.199 [Alain])

 

1.

J'aime bien l'expression « I don't subscribe to this point of view » parce que je la comprends.

 

2.

Dans « The Last Time » des Stones, les guitares font comme une boucle, une mécanique du temps.

 

3.

Les chansons populaires, des fois, c'est comme si le temps lui-même était mélancolie.

 

4.

Bon, en fin de compte, on ne sait jamais tout et on ne part pas tranquille.

 

5.

« Et là-dessus, il rentra bel et bien dans quelque chose. »

(Stephen King traduit par François Lesquin, « Simetierre »)

 

Voilà ce qui arrive quand on met une cagoule pour jouer au fantôme de minuit pis qu'on a oublié de faire des trous pour les yeux.

 

6.

« Au moment où Louis posait le pied sur la chaussée, la statue se mit en mouvement. »

(Stephen King traduit par François Lesquin, « Simetierre »)

 

J'aime bien ce genre de phrases, quand bien même la « statue » est en fait un personnage qui soudain s'anime, ça produit toujours son effet, une statue qui se met en mouvement, écho à la statue du Commandeur qui répond à l'invitation de Dom Juan.

 

7.

A la radio, Michel Butor : « Le roman s'est brisé dans mes mains », belle formule qui fait de la poésie un recueil de brisures romanesques.

 

8.

Dans « Simetierre », un personnage de Stephen King se rend compte qu'une mythologie chassant l'autre, bien des enfants en savent plus long sur « Spiderman, Ronald McDonald et les Quatre Fantastiques que sur Moïse, Jésus ou Saint-Paul ». Un jour viendra peut-être où l'on publiera des sommes sur ces êtres prodigieux qui, tout au long du XXème siècle, auraient veillé sur l'Amérique.

 

9.

« D'avoir perdu mes pas et pu manquer sa route »

(Molière, « L'Ecole des femmes », II,1, v.372 [Arnolphe])

 

Des fois qu'on est gros-jean d'avoir perdu ses pas, et que sa route, elle s'est envolée, à tire-d'ailes dans les nuées.

 

Des fois que la route serait un ange, qu'on la suivrait et qu'elle nous mènerait vers des ruines, des ombres, les ténèbres.

 

10.

Sur France Culture cet été, l'émission agaçante sur les trois minutes de méditation (« Tiens, voilà du bouddha » comme chantait Léo Ferré dans « Les Temps sont difficiles ») que moi elles m'énervent, ces voix bienveillantes et soporifiques qui vous feraient passer l'entubage fiscal pour une félicité du ciel.

 

11.

Qu'on le veuille ou non, nous suivons une leçon des ténèbres, et nos rires parfois sont aussi noirs que les éclats d'un ogre atroce.

 

12.

« Ainsi que je voudrai, je tournerai cette âme »

(Molière, « L'Ecole des femmes », III,3, v.809 [Arnolphe])

 

« Ainsi que je voudrai, je tournerai cette âme » [Molière]

Ah le hula-hoop, la toupie, la tête à claques !

 

« Ainsi que je voudrai, je tournerai cette âme » [Molière]

Ce vers, rien à faire, i m'fait penser à d'la pizza.

 

13.

A force de s'arracher les cheveux, on finit par devenir sourd, et puis la langue nous tombe dans les chaussettes.

 

14.

« Mais en silence je salue la grande Minuit »

(René Daumal, « Les quatre temps cardinaux »)

 

La Grande Minuit, celle qu'est pas là avant, qu'est plus là après, et qui ouvre les jambes de ses heures.

 

15.

Le réel bipède est fait de compas sur lesquels on a greffé des calculateurs plus ou moins fiables.

 

16.

« ni le bélier des nuages »

(Michel Leiris, « Léna »)

 

celui qu'on laisse pisser quand on l'appelle mérinos.

 

17.

Alors donc il pleut sur nos osses

Ah la la qu'le temps est féroce

Oh écrivons une chanson

Ou allons prendre une boisson.

 

18.

« Vous savez mieux que moi, quels que soient nos efforts,

Que l'argent est la clé de tous les grands ressorts »

(Molière, « L'Ecole des femmes », I, 4, v. 345-46 [Horace])

 

C'est bien vrai, ça.

 

19.

Comme c'était un vampire, il dormait dans une tombe, où parfois il rêvait qu'il était aussi vivant que vous et pas moi.

 

20.

Alor le vampyr aparu la jeune fille criu mes le héros ossi aparu et le vampyr eut une indigestion. Bien fait pensa le docteur.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 août 2016.

24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 22:56

CF POUR CHAT PAR EXEMPLE

 

1.

Quand on écoute du Léo Ferré période grand orchestre à pompes et grandiloquence, après on a juste envie d'entendre du Sheila. Si.

 

Ou le silence, c'est bien aussi, le silence... le silence et les petits zoziaux.

 

Ou du blues, c'est bien aussi, le blues… du blues et du bon vieux boogie !

 

2.

Que savent-ils de moi ? Rien.

Que peuvent-ils contre moi ? Tout.

Je suis le peuple.

 

Gauchiste ? Non. Lucide.

 

3.

« les arbres ont pris la figure d'un miroir »

(Camille Goemans, « La lecture élémentaire »)

 

C'est pour qu'les vieilles branches puissent se r'faire une beauté en passant.

 

4.

Ah oui, la crainte de Zut, c'est qu'on lui r'file cette année une section qui tient plus de la cour des miracles que d'une classe de lycée.

 

Transformer une cour des miracles en cours des miracles, eh oh, j'suis pas Mandrake, moi.

 

5.

« On est censé faire ce que l'on nous demande » ; en voilà une phrase qui autorise bien des vilenies.

 

6.

Les politiques sont souvent si peu corrects que l'on en vient à éprouver une certaine difficulté à distinguer les hommes de leur fonction.

 

La médiocrité de l'action publique influence l'opinion que nous avons de gens qui par ailleurs peuvent savoir très bien jouer aux cartes.

 

La « Loi travail » c'est quand même quitte ou double : ou elle sera le grand acte législatif d'un quinquennat assez morose, ou elle prouvera définitivement que François Hollande aurait fait un bon président de la IVème République.

 

7.

Parfois, tout seul dans la cuisine, je lance un Bonjour ! haut et clair, des fois qu'un fantôme passerait.

 

8.

« Imparfait ou déchu, l'homme est le grand mystère »

(Lamartine, « L'Homme »)

 

« Imparfait ou déchu, l'homme est le grand mystère »

Zut alors : - Est-il le trou ? Est-il le gruyère ?

 

9.

Le scandale Dépakine : encore une affaire où un tas d'imbéciles à diplômes ont agi « de bonne foi » (bin tiens), sauf que, y a des morts.

 

10.

Pis i s'battirent comme des œufs enragés qu'ça fit une belle omelette pour une faim de loup.

 

11.

« Des yeux, des cœurs, des bras, des jambes et des têtes

De par Satan qui jongle, entrecroisant leur vol »

(Saint-Pol Roux, « La Guerre »)

 

M'évoquent un collage, ces deux vers, un collage sanglant, explosif, une collection de lacérations, de décollations.

 

12.

« Me voilà fort bien congédié. »

(Molière, « L'Avare », I,3 [La Flèche])

 

Le réel, quand il en a marre qu'on l'examine, le triture tripote et expertise, finit par nous congédier, nous r'filer au voilà tout.

 

13.

C'est une histoire que tout le monde connaît et dont personne ne se souvient.

 

14.

Des fois y en a i disent qu'ils savent, alors i demandent que nous fassions, mais heureusement nous nous en battons nous.

 

15.

Entendu un genre de rap intitulé « J'm'en balek », du pronominal « s'en baleker » qui n'est pas sans poser quelques problèmes de conjugaison :

 

- je m'en balek (absence du « e » final caractéristique des néologismes du premier groupe)

- tu t'en balekes (cetera)

- il, elle, on s'en baleke

- nous nous en balekons (alors que ce n'est pas de ça dont il s'agit)

- vous vous en balekez (qu'êtes-vous en train de faire ? Vous vous en balekez, j'en suis fort aise, eh bien pédalez maintenant !)

- ils, elles s'en balekent (ce qui, au féminin relève de la métaphore physiologique, de l'hyperbole et de l'exploit sportif).

 

16.

« (cf pour chat, par exemple, les x qui ont été chats, qui sont chats, qui seront chats ou qui auraient pu être chats) ».

(Georges Kleiber, « Les approches quantificationnelles » in « Langages » n°79, septembre 1985, p.69)

 

17.

Revu cet été sur une chaîne de la télé belge une rediffusion de 1978 : « Clafoutis » ça s'appelait, présentée par Stéphane Steeman et Marion. J'y ai revu la chanteuse Jeanne-Marie Sens et cette drôle de chanson où l'adjectif « espagnol » est curieusement redit, comme en suspension, comme si quelque chose, de ces choses qui laissent songeur, passait dans la tête de l'enfant narrateur.

 

18.

Les x ignorent le temps ; ils le trouent, le hantent, le traversent, et de ces chats nous tirons notre réel.

 

19.

Les x traversent le temps puis ils feront comme tout le monde, finiront par la boucler définitif, à moins que quelque poulpe calculateur…

 

20.

« cet azur implacablement lisse

Où le silence bout dans l'immobilité. »

(Verlaine, « Allégorie »)

 

Le silence, dis, i bout dans l'immobile, façon été verlainien, soupe de tête de bouc, figée dans un morceau des Stones.

 

L'azur, l'azur, aussi implacable qu'un adverbe.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 24 août 2016.

23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 10:25

INSOLENT COMME UN QUI APPARAÎT MÊME QU'IL EXISTE PAS

 

1.

Une chanson à la radio qu'le narrachanteur sur un ton désenchanté, fataliste et pas joyeux, répète qu'il « est temps d'aller se baigner ».

 

Narrachanteur : narrateur qui narratte en musique que des fois s'il y avait pas la musique, on s'en apercevrait qu'c'est idiot son truc.

 

Note : je mets deux « t » à la forme « narratte » pour faire plus narratatif.

 

2.

Sans les films comiques, des fois la mélancolie elle en emporterait quelques uns dans sa nuit, qu'alors on leur doit la vie aux « Visiteurs ».

 

3.

Sont-ce les fantômes qui nous hantent ou nous qui n'existons que par nos fantômes ?

 

Sans déconner, le paradis technologique qu'on nous promet hein ça s'rait-y pas le grand avènement de l'ère des fantômes ?

 

4.

Je comprends ainsi l'interdit de tuer : ôtant une vie, nous annihilons tous les fantômes qui c'te vie la composaient.

 

5.

Les fantômes i nous apparaissent en habits de songe, genre film en costumes voyez une façon de bal des disparus.

 

6.

Nous pensons que les fantômes font exprès de se manifester. Je n'en crois rien. Je pense qu'ils vaquent à leurs affaires spectrales et que parfois, par distraction, ils oublient de se masquer tout à fait.

 

Aussi je n'apprécie guère ces prétendus « chasseurs de fantômes ». Qu'ils laissent donc les ombres traverser la nuit et le temps.

 

Sans les fantômes, la nuit serait bien vide, ou bien pleine de crapules vivantes, bien qu'il y ait, c'est sûr, des spectres malveillants.

 

La nuit et les manoirs ne restent jamais seuls très longtemps.

 

Un fantôme urbain, c'est d'la perversité. La campagne est le lieu même du fantôme, qu'il y traîne tout d'même un peu moins d'voyous.

 

Ce bref leur suppose quelque noblesse aux fantômes. C'est vous dire si je songe.

 

7.

Sont-ce-t-y pas les voix qui l'agitèrent la Jeanne d'Arc ou plutôt Jeanne qui les anima les ouvrit dans l'air comme des gorges déployées ?

 

8.

Ce ne sont pas les esprits qui parlent mais quelque puissance au cœur du chaipakoi qui manifeste son trouble.

 

9.

Me souviens d'avoir entendu parler – c'était il y a quelques mois sur France Culture dans l'émission « Mauvais genres » - d'une drôle d'affaire pendant la guerre : une enquête sur une maison « hantée », menée par un fonctionnaire de police particulièrement méticuleux et dont les conclusions pointaient vers des manifestations provoquées semble-t-il malgré elle, par, dit-on, la fille de la maison, une adolescente perturbée.

 

10.

Les films sont faits de souffles coupés. Ils sont d'ailleurs voués à être vus comme autant de spectacles fantomatiques.

 

11.

« L’œil tué n'est pas mort

Un coin le fend encor »

(Tristan Corbière, « Cris d'aveugle »)

 

L’œil qu'on y voit dedans

Tué zieutez le vitreux d'l'œil quand il est tué

N'est n'est-il pas n'est-il point

N'est comme le Maréchal à Napoléon alors çui-là qui chargea à Waterloo Waterloo morne plaine

N'est comme Neneh Cherry j'sais plus c'qu'elle chantait

Pas mort encore je traîne mon ombre (j'aime bien cette image de l'ombre en traîne de robe noire)

Mort Aux orties mon ombre au buisson de houx d'l'aut' côté

 

Un œil dans la fente (dans les films d'horreur il s'écarquille tellement c't'épouvantable ce qu'il découvre alors) un

Coin j'aime bien le mot coin i rappelle le coin-coin des étangs un coin ça peut fendre aussi l’œil de bois du

Le petit christ de bois qui attend sur l'étagère il a l’œil fendu c'est qu'ça

Fend le coin là c'réel là c'te hache là ça fend

Encore qu'ça vit le petit christ de bois le coin la hache la lance le coq tout.

 

12.

« Pensive comme une fumée »

(Camille Goemans, « La lecture élémentaire »)

 

L'image « pensive comme une fumée » qu'ça fume alors, qu'c'est pas la tempête sous un crâne, la foudre oui la foudre des sorcelleries.

 

« Pensive comme une fumée » s'évapore la demoiselle « pensive comme une fumée » sous le parasol l'océan aux cheveux blancs.

 

Zut aussi des fois elle est « pensive comme une fumée » ; c'est le feu qui couve elle lève la tête et dans le noir de ses yeux danse l'éclair.

 

13.

Ce n'est pas tout de dire Je me vengerai encore faut-il se donner les moyens de sa foudre.

 

14.

« Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » lit-on sur un carton du « Nosferatu » de Murnau que Zut alors Hou ! Hou ! que donc Hou ! Hou ! fis-je itou belphégor pis qu'on s'est fait enguirlander par l'aut' guignol là du ciné-club.

 

15.

Faut être insolent qu'elle dit Zut, l'insolence, ça vous compense les emmerdements.

 

16.

J'entrave ni l'anglais ni aucune langue étrangère (fainéant suis-je) aussi des fois j'me dis qu'c'est comme si les fantômes chantaient.

 

17.

L'heure du spectre, toujours la même, comme dans Hamlet, comme si soudain le temps s'trouait et l'espace laissait passer l'autre côté.

 

18.

« Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, que votre philosophie n'en rêve. »

(Shakespeare, « Hamlet », I, 5 [Hamlet])

 

Le réel, bourré à craquer d'un surréel que le langage n'a pas encore défriché.

 

Derrière les rideaux, une troupe de fantômes. Le réel, c'est « l'illusion comique ». Nous, nous apprenons nos répliques spectrales.

 

19.

Des fois, l'Europe, on dirait un fantôme errant dans les ruines de Rome, et qui ne se manifesterait qu'en vertu d'étranges volontés.

 

20.

Des fois j'me dis qu'c'est pas par la culture que l'Europe hein l'Europe l'Europe l'Europe c'est par la défense qu'il aurait fallu.

 

21.

On n'a pas retenu la leçon de la Seconde Guerre Mondiale : la lâcheté et la duplicité de l'Europe font toujours le lit des dictateurs.

 

22.

Zut fatiguée, pas patiente alors ah faut pas lui causer « accompagnement bienveillant » et autres fichaises pédagogos.

 

23.

Zut a s'demande pourquoi qu'c'est toujours des sociologues (ô escroquerie) qu'on écoute et pas les profs de terrain.

 

24.

Zut a s'demande c'qu'on va lui intégrer c't'année : Un sociopathe dont personne ne veut ? Un psychotant à la vue d'un canard ? qu'les lycées professionnels, certaines sections, des fois, ça vire « cour des miracles » j'vous dis.

 

25.

Avec la massification de l'enseignement supérieur, philosophe, voyez, c'est devenu un métier : le retour des sophistes quoi.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2016.

22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 17:45

TANT QUE LE JEU CONTINUE

 

1.

Les gens qui ont l'esprit de contradiction, des fois i finissent par tellement s'contredire eux-mêmes que shazam i s'disparaissent.

 

2.

« Je soulevai le rideau qui masquait une porte, tirai une clef de ma poche, ouvris et disparus. »

(Agatha Christie traduit par Th. Guasco, « Les Pendules » [le narrateur])

 

3.

Dans « Les Pendules » d'Agatha Christie y en a une qui soupire « si seulement » qu'elle romanesque comme « une jeune fille ».

 

4.

La vérité des fois ça finit par éclater qu'ça fait de grands éclairs sur le réel qu'on les voit alors soudain les bêtes d'entre les eaux.

 

5.

« Pas grande importance ! avait dit la jeune fille qu'on devait retrouver un peu plus tard étranglée dans une cabine téléphonique. »

(Agatha Christie traduit par Th. Guasco, « Les Pendules » [le narrateur])

 

Un brin macabre mais si ironique !

 

6.

J'aime bien les romans policiers ; ils nous rappellent que le meurtre s'explique et que quelque chose peut être démontré par la raison.

 

7.

« Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. »

(Albert Camus, « Le Mythe de Sisyphe »)

 

Certes, ça et le problème de la barbe au-dessus ou en-dessous de la couverture, voilà qui vous interroge l'essentiel.

 

« s'interroger l'essentiel » : expression que je viens d'inventer parce que et qui m'amuse allez savoir pourquoi.

 

8.

« Lucy » de Luc Besson, un film sur le désir et la volonté. Lucy sans désir est toute entière volonté.

 

9.

Mépris des critiques ; pourtant bien intéressant, le « Lucy » de Besson, intelligence du scénario et efficacité rythmique.

 

10.

Tristan Corbière date le sonnet « Le crapaud » de « Ce soir, 20 juillet » permanence du temps, inscription dans le parallèle.

 

11.

Lucy surgit dans le temps comme un passant traverserait les univers parallèles du passé, du présent, du probable.

 

12.

Tant que le jeu continue, toutes les combinaisons sont possibles. Le jeu est la condition des possibles.

 

13.

La question du suicide est une question du petit déjeuner, quand je trempe mes os dans ma tasse de sang frais.

 

14.

« que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue », voilà ce dont je me tambourine les vitrines avec la pluie qui file file file.

 

Cf Albert Camus, « Le Mythe de Sisyphe » (incipit)

 

15.

La question fondamentale de la philosophie ? - Kesses-tu fous-là et comment qu'c'est-y possible ?

 

16.

Le reste, qu'on jongle avec, dimensions, catégories, et tous ces mots ces mots qu'on dit pour faire passer l'être.

 

17.

Timbré comme l'être à la poste qui vient chercher une missive dont il sait pourtant bien qu'elle n'arrivera jamais.

 

18.

Été 2016, le théâtre saisi par l'idéologie. Las, où sont les beaux textes d'Anouilh, Giraudoux, Beckett, Shakespeare et Oscar Wilde ?

 

19.

« La pâleur nous montre jusqu'où le corps peut comprendre l'âme. »

(Cioran, « Syllogismes de l'amertume »)

 

Pour ce qui est des spectres, c'est la transparence, je suppose, qui se montre si compréhensive.

 

20.

Le sanglier à huit pattes de la grotte d'Altamira, les flammes du sorcier devaient drôlement le faire courir.

 

Entendu sur France Inter le 15 août 2016 cette remarque sur le premier effet spécial de l'Histoire.

 

21.

Le soir, j'entends parfois au loin des machines seriner leur Pink Floyd.

 

22.

Dans « Lucy » de Luc Besson, sa musique au film, des fois y a comme deux notes qui m'font songer à quelque écho à Echoes de Pink Floyd.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2016.

22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 13:39

UN BEAU JOUR TWITTER DISPARAÎTRA

 

1.

Le surnombre multiplie les artistes et les amateurs à un rythme tel qu'on finit par en être vaguement écœuré.

 

Oui oui je sais je suis rien qu'un méchant un imbu un pas beau.

 

2.

L'art pour tous, la culture pour tous : encore une astuce pour créer des postes bidons et de faire dépenser des sous aux gens ça.

 

Un imbu un méchant un pas beau ma pomme oui oui je sais.

 

3.

« Je calmai l'historien furieux et rejoignis Poirot sous notre tente. »

(Agatha Christie traduit par Laure Terrili, « La Malédiction du tombeau égyptien », [Hastings])

 

Je ris d'un rien : l'expression « historien furieux » me met dans la caboche l'image d'un hérissé universitaire roulant des yeux et la face pourpre.

 

4.

J'écoute l'album « Abbey Road » des Beatles. Ç'te fine musique m'apaise un temps les nerfs sur lesquels d'autres courent.

 

5.

« Où vont les gants d'avril, et les rames d'antan ?

L'âme des hérons fous sanglote sur l'étang. »

(Jules Laforgue, « Complainte de l'ange incurable »)

 

Que si ça s'trouve on se promène avec une âme qu'est pas à nous (ô dieux farceurs !) et qu'c'est pour ça qu'on fait rien qu'à.

 

6.

Un beau jour Twitter disparaîtra et avec toutes nos phrases et tout ça qu'on écrit pour donner du sens au temps qui passe.

 

7.

On croit qu'on donne du sens à alors qu'on ne fait que presser le temps pour qu'il se hâte d'en arriver là où.

 

8.

« Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales »

(Jules Laforgue, « Méditation grisâtre »)

 

I s'réveillent i zouvrent leur rideau koikivoyent ? Du « pluvieux » et puis d'l'embrouillamini brumâtre ah la la qu'ça donne pas envie.

 

9.

Ah j'en aurai passé du temps à cloper et boire des cafés pis écouter du bon vieux rock dans des maisons vides.

 

10.

« C'est marrant, la vie, le temps, toutes ces choses... »

(Patrick Cauvin, « E = mc2 mon amour » [Le narrateur])

 

Oui, c'est fou c'qu'on rigole.

 

11.

« aux prises, en plein étang de tout !... »

(Céline, « D'un château l'autre »)

 

Le mot « étang » me faisant invariablement penser au mot « canard », je n'ai qu'une chose à dire : coin-coin.

 

12.

« les interminables avenues se perdant, s'égarant »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

C't'image des « interminables avenues se perdant » comme si les villes volaient tout l'espace, capturaient le vent.

 

13.

Des fois y a comme un vent mauvais qui vous glisse dedans, vous chiffonne la pierre et vous froisse l'affectif.

 

14.

Un jour j'écrirai ma « Chanson pour personne » et ce sera bien fait.

 

15.

« le terrifiant hiver se ruant à l'intérieur, étincelant, noir et blanc, comme le contenu d'une de ces boîtes en cuir sombre qu'ouvre un joaillier »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

Un « terrifiant hiver » dans une phrase de Claude Simon, du « ruant », d'l'étincelant il dit et pis d'l'implacable comme froideur de bijou.

 

Parade d'éclats qu'les saisons seraient comme de la bijouterie s'baladant au cou du temps.

 

16.

« tenues sous clef dans le même enfer »

(Claude Simon, « les Géorgiques »)

 

Sûr que s'il y avait pas de clef jamais, le réel se dilaterait, se dissiperait à l'air libre, dans le nulle part.

 

17.

« comme matérialisés à partir du néant »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

Ainsi se manifestent-ils. Ils jaillissent du rien. Soudain ils sont là, les autres, mâchoires.

 

18.

« voit sa population mourir à petit feu »

(entendu dans un bulletin d'information à la radio)

 

Il y a deux façons d'assassiner les peuples : à grand feu ou à petit feu. La politique internationale consiste à choisir entre les deux.

 

19.

« et aucun bruit, sauf cette espèce d'immense et silencieuse rumeur des flocons qui continuent à tomber »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

Claude Simon, cavalerie, cavaliers, chevaux et tous les temps par lesquels ils sont passés pour aller à la mort.

 

Souvent le cavalier à la Claude Simon i s'artrouve isolé, perdu dans l'immense rumeur des flocons qui couvre le réel.

 

20.

« - Quand pensez-vous qu'il rentrera ? » que des fois y en a i rentrent de chaipaou pour tomber dans nulle part.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2016.

22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 11:31

AGITATIONS DU VIEUX SECRÉTAIRE

 

1.

Des fois dans les romans d'aventures y a une voix inconnue qui convoque les personnages à un rendez-vous dans le je ne sais où des pages.

 

2.

« Tu as compris et tu vois clair en toi. »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or » [Patrice])

 

Ça qui m'épate toujours qu'on puisse voir clair en soi qu'à mon avis on croit y voir clair que c'est juste qu'on déblaie un peu de ténèbres.

 

3.

« et l'on aurait dit que, cette fois, un souvenir agitait le vieux secrétaire. »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »)

 

Des fois les souvenirs nous agitent comme des ombres agitent des mouchoirs sur le quai d'un train fantôme.

 

4.

J'aime bien le morceau des Beatles « I want you (she's so heavy) » qu'ça chaloupe genre électrique caravane.

 

Ce bref est certes un rien kitsch mais j'aime bien les Beatles aussi.

 

5.

« Par le verre du temps, la mouette semble passer »

(Evelyne « Salope » Nourtier, « Sur la plage de berck » (version 6) in « Le Jardin ouvrier, 1995-2003, Flammarion, p.214)

 

Attention hein je n'insulte personne, c'est son vrai pseudonyme à l'auteur(e).

 

Qu'des fois y aurait du zoziau pour passer l'attelage-là d'la matière du verre et d'l'abstrait du temps.

 

6.

Des fois qu'on s'inventerait des maisons blanches des châteaux hantés qu'c'est ça dans les rêves des ombres des flammes Zut au sabre.

 

7.

« Et la peur de la vie, aussi ! Suis-je assez fort ? »

(Jules Laforgue, « Les après-midi d'automne »)

 

Vivre drôle de jeu qu'on nous éprouve not' force qu'on finit toujours par perdre qu'le truc c'est juste de perdre la tête haute.

 

8.

« C'est avoir de bons yeux que de voir tout cela. »

(Molière, « Les Femmes savantes », v.261 [Henriette])

 

De même qu'elle possède une jolie collection de mains tendues et donc tranchées Zut est assez fière de tous ses yeux.

 

9.

« L'homme ne sait à quel rang se mettre. Il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver. »

(Pascal, « Pensées »)

 

Qu'ma pomme a saurait plus y r'tourner dans son arbre qu'elle se dit des fois qu'on lui a coupé.

 

10.

« des ténèbres impénétrables » dit Pascal qu'les ténèbres on est très dedans qu'on y remue les mains faut faire attention y a des haches.

 

11.

« - Eh bien, il y a vraiment trop de strychnine dans cette affaire ! »

(Agatha Christie traduit par Thierry Arson, « La Mystérieuse Affaire de Styles » [Poirot])

 

Les noms des poisons i vous ont souvent un air de dérèglement chimique propre à figurer dans une thèse de neurosciences ou chaipakoi.

 

12.

Qu'en fait on est dans un train fantôme qu'les autres jouent les fantômes pis quelquefois y a du fatal et des accidents et pis on est mort.

 

13.

Vous pouvez faire confiance aux gens ; ils vous trahiront toujours ; ça ne rate jamais.

 

14.

Des fois qu'on s'dit qu'c'est en nous tournant le dos qu'elle nous a planté un dedans qu'c'est la vie ça une affaire de domination.

 

15.

Les nerfs ça vous triture bien l'âme allez qu'ça vous chiffonne tout qu'vous tournez en rond creusant votre propre cercle.

 

16.

« - Les criminels sont toujours fidèles à une même ligne de conduite, Mr Lomax. C'est étonnant. Et pourtant... »

(Agatha Christie traduit par Pascale Guinard, « Le Secret de Chimneys » [Battle])

 

En cela, les criminels ne sont pas différents de la plupart des gens, prévisibles et du coup, ils se fichent dedans tout seul.

 

On ne connaît jamais assez nos propres prévisibilités que ça c'est vraiment nous et touci-touça qu'en fin de compte on s'fiche dedans.

 

17.

Ah si seulement je n'étais pas ce que je suis, c'est mon fantôme qui serait bien attrapé.

 

18.

« Il y avait des diamants de toutes les couleurs : roses, bleus, champagne, verts, noirs ou du blanc le plus pur. »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti , « L'Homme au Complet Marron » [le colonel Race])

 

Juste pour rêver que je la mets cette phrase.

 

19.

Zut, elle lit des romans juste pour y débusquer des phrases où remuerait encore quelque fantôme.

 

20.

« une façon grand siècle de se comporter » entends-je dans la bouche de Régis Jauffret sur France Info. Ce qui me fait penser aussitôt aux mots « panache, cheval, épée, théâtre » et tout ça qu'on lit dans les livres d'histoire qu'on sait même pas si c'est tout à fait vrai tout ça qu'on nous sorbonne.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2016.

20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 22:49

DES FOIS QU'ON FINIRAIT PAR ATTRAPER DES FANTÔMES

 

1.

Quand je vois l'évolution du monde, si j'étais martien, je n'investirais pas un kopeck intergalactique dans la planète Terre.

 

« O Terre, ô terre, ô race humaine,

Vous me faites bien de la peine. »

(Jules Laforgue, « Complainte du soir des comices agricoles »)

 

2.

Des fois qu'il y aurait des politiques et pis qu'ils diraient la vérité... non, j'plaisante.

 

3.

Des fois, j'me dis qu'l'humain a mis des siècles pour sortir de la misère afin de mieux rentrer dans la sottise.

 

4.

« Au sein de l'infini nous élançons notre être »

(Voltaire, « Sur le désastre de Lisbonne »)

 

Y en a i disent qu'au « sein de l'infini nous élançons notre être » qu'à mon avis c'est des trucs à s'finir en escrabouillie d'nous aut's oui.

 

5.

« Toute société a pour compagne inséparable la contrainte et réclame des sacrifices »

(Schopenhauer traduit par Roos, « Aphorismes sur la sagesse dans la vie »)

 

La convivialité et le vivre-ensemble, deux manières d'attraper le libre seul et de le contraindre l'horrible individu !

 

6.

« - Vous, Tommy ! murmura-t-il. Vous ! J'aurais dû m'en douter ! »

(Agatha Christie traduit par Albine Vigroux, « Mr Brown » [sir James])

 

Des fois qu'on dit « Vous ! J'aurais dû m'en douter » que pourtant on le sait qu'le réel est plein d'vous imprévisibles et jaillissants.

 

7.

Les autres, des fois, ça r'ssemble à une multiplication du même emmerdement.

 

8.

« Je sentais néanmoins qu'il me cachait encore quelque chose. »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti, « L'Homme au complet marron » [chaipaki j'ai pas vérifié])

 

Souvent ça qu'on est dans l'sentiment du néanmoins du m'étonnerait pas qu'ça complote encore hein ça complote hein.

 

9.

Des fois qu'dans les chansons y aurait des mystérieuses qui vous susurreraient « follow me » pour vous emmener finir dans l'improbable.

 

10.

La musique prouve sans cesse que « you can't get always what you want » comme l'autre i chante.

 

11.

La musique manifeste des êtres impossibles, c'est un « presbytère [qui] n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat ».

 

Ah je l'aurais bien citée, la fameuse à Gaston Leroux.

 

12.

Des fois Zut me dit « toi, là, avec tes phrases bizarres, tu vas finir par nous faire attraper des fantômes ».

 

13.

J'apprécie les palpitations psychédéliques du groupe Pink pink pink pink pink (là, le musicien appuie sur une touche électronique) Floyd.

 

Pink pink pink pink et pis zut si c'est un peu toc !

 

14.

Des fois dans Pink Floyd, la guitare, on dirait une louche lente dans une soupe aussi étrange qu'une couleur tombée du ciel.

 

15.

Des fois, dans la nuit, ça remue vif et bref ; je me retourne : c'est mon chat qui vient de griffer la face de quelque spectre.

 

16.

Des fois qu'je songe prétentieux qu'mes brefs sont des bribes d'une flûte qui voltige ça et là dans la nuit du je ne sais où.

 

17.

Des fois on a le je n'sais où qui nous travaille qu'on croit qu'on va y arriver qu'on s'artrouve nulle part forcé d'attendre.

 

18.

J'aime bien sur l'album « Heathen » de David Bowie l'intro rock n' roll sec de la gratte du morceau « Cactus ».

 

19.

L'album « Heathen » de David Bowie beau sombre subtil on apprend à apprécier avec le temps non franchement c'est bien.

 

20.

Parce qu'il respectait les morts, parfois il ne prononçait pas non plus les noms des vivants.

 

21.

Des fois qu'il y a qu'la nuit pour nous tenir tranquille, là qu'aucun vivant ne vient troubler c't'étrange liberté, la solitude.

 

21.

Des fois – ô les bons apôtres, ô les bons docteurs - i disent qu'la Zut elle risque de se désociabiliser qu'ils la calculent pas bien la force de ses ombres.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 août 2016.

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