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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 13:49

LA VÉRITÉ CHOQUE LA VÉRITÉ POIL AU NEZ

 

1.

« Oh ! Ces lunaires oiseaux bleus dont la chanson

Lunaire saura bien vous donner le frisson... »

(Jules Laforgue, « Le Concile féerique » [L'Echo])

 

Ah il y a du piano là-dedans, et de la flûte, de la nuit, du clair de lune, des œufs sur le plat, des frites, du peintre.

 

Moi j'y crois pas aux « lunaires oiseaux bleus » que s'il y aurait des oiseaux bleus ou même rouge pompon sur la lune, ça s'saurait hein

 

Moi, les chansons lunaires, ça m'laisse pantois que c'est quoi encore ça comme musique à entourlouper les oreilles, cor des carabistoul's ça

 

2.

Des fois je me dis que pour que je puisse retrouver mes esprits, faudrait sans doute que j'engage un détective.

 

Le détective engagé pour retrouver mes esprits, à mon avis, il a pas fini d'rigoler.

 

3.

Des fois on se dit qu'il faut la prévenir, la tragédie, qu'elle va arriver, mais elle fait la sourde, la tragédie, elle arrive quand même.

 

La Tragédie, c't'une grande bringue toute sourde, en habit de cérémonie pis qui jacte qu'en vers et contre tout ça que j'pige pas koikesse.

 

Pour lire le bref précédent (« La Tragédie, c't'une... ») faut appuyer rythmiquement sur le « ça » (si !).

 

4.

J'aime bien l'expression « avoir vent des allées et venues » pour le « v » qui siffle léger évoquant le mouvement d'un imperméable.

 

5.

« mais certaines allusions et remarques qu'il a laissé tomber »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti, « L'Homme au complet marron »)

 

« mais certaines allusions et remarques qu'il a laissé tomber », ce n'est pas l'oreille d'un sourd qui les a ramassées, croyez-moi.

 

Y en a i zont tellement de grandes oreilles qu'ils marchent la tête baissée pour ramasser tout ça qui traîne au ras du sol et caniveau.

 

J'aime bien le mot « caniveau » que j'm'imagine une espèce de bestiau mi-chien mi-veau qui avalerait tout c'qui traîne.

 

6.

« Souvent je ne sais quoi qu'on ne peut exprimer »

(Corneille, « Médée », v.635, [Créuse])

 

Des ombres dans un grand « je ne sais quoi qu'on ne peut exprimer » qu'on se laisserait attraper par un peu de musique.

 

Des fois qu'on se sent tout prêt de dire qu'on ouvre la bouche et pis qu'on dit aut' chose ou même rien du tout qu'on f'rait mieux de.

 

7.

Des fois, avec Arsène Lupin sur mes étagères, un beau matin, je ne vais plus la retrouver, ma bibliothèque.

 

8.

« avez trop dit, d'ailleurs, pour ne pas aller jusqu'au »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »)

 

coin de la rue où vous tomberez dans un grand mystère indicible parce que ça m'arrange.

 

9.

« toi, ne proteste pas. Oui, je me rends compte... cela »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »)

 

« toi, ne proteste pas. Oui, je me rends compte... cela » ce n'est rien qu'un temps mort un cadavre qu'on voit pas encore

 

qu'un cadavre qu'on voit pas encore et qui continue à passer dans les rues et regarde comme il déplie son ombre sur les murs

 

10.

De petits êtres rapides et soupirants filèrent de ses yeux ; Zut avait du chagrin.

 

11.

Il regarda son manteau ouvrir la porte, s'en aller, passer devant la fenêtre, et lui faire un signe mais pas de sa main, évidemment.

 

12.

Je lis que les photons peuvent quantiquement être simultanément en deux endroits  : dans un pli du réel donc, l'ubiquité.

 

13.

Naïvement, l'univers quantique serait-il une sorte d'univers parallèle que nous observons comme on observe quelque univers aquatique ?

 

Qu'l'univers quantique serait une sorte d'aquarium qu'on y verrait passer des équations exotiques et des photons ubiques.

 

Qu'l'univers quantique serait une sorte de grand aquarium qu'on y verrait passer des équations, et pis Zut, avec palmes, et tuba.

 

14.

Naïvement, l'univers quantique serait-il une sorte d'univers parallèle qui interagirait avec le nôtre ou est-il l'essence même du réel ?

 

Qu'l'univers quantique i parallélerait voire interagirait avec not' réel à nous ou serait-ce que cette manière de serait l'essence même de.

 

15.

Si mécanique classique et univers quantique coexistent, ça veut-y dire qu'il y aurait deux réponses contradictoires à un même koikesse ?

 

Si les boules elles peuvent être à la fois noires et blanches, les exercices de probabilités i deviennent très curieux, non ?

 

16.

« Mais le vide à souffrir me semble difficile »

(Molière, « Les Femmes savantes », v. 881 [Bélise])

 

Soudain de la bouche à Bélise i sortit une litanie de « i » qu'on l'eût dit plaintive du « vide à souffrir », ah oui qu'c'est « difficile ».

 

Franchement, certains d'mes brefs, comme exercices de diction dans des cours d'art dramatique, i s'raient pas beaux ?

 

17.

« Les hommes prennent souvent leur imagination pour leur cœur »

(Pascal, « Pensées »)

 

Pascal écrit qu'on prend souvent notre imagination pour notre cœur, bin c'est qu'avoir mal à s'tête c'est pas pareil qu'avoir mal au cœur.

 

En français, on peut avoir mal au cœur passqu'on a mangé trop d'chocolat mais aussi passque Nini nous tourne le dos la vilaine.

 

Mais le français parlé distingue parfois « avoir mal au cœur » (à cause du chocolat) et « avoir mal à son cœur » (qu'on est bien triste allez).

 

18.

Des fois les politiques i zarrivent en pleine crise financière qu'ils doivent bien se gratter la tête et tous les diplômes qu'ils ont dedans.

 

19.

« Mais si, répliqua Tuppence. Leurs vêtements sont peut-être différents mais elles sont restées les mêmes. »

(Agatha Christie traduit par Albine Vigroux, « Mr Brown »)

 

Qu'l'humain il a beau changer d'vêtements qu'il est toujours le même, le pif dans l'cosmos et les pieds dans la.

 

20.

La vérité choque la vérité. C'est c'que j'pense que le vrai c'est tout paradoxes et cheveux tirés par la comète qu'on tire des plans dessus.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 juillet 2016.

14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 13:09

EN ECOUTANT D'LA MUSIQUE PASSQU'EN Y A MARRE D'LA POLITIQUE

 

1.

Element de langage politico-journalistique actuel : « l'opinion rejette les élites dirigeantes ». P't'êt' bin qu'oui, p'têt' bin qu'non.

 

2.

Des fois j'me sens la tête vide, comme si les mots avaient du mal à rassembler mes idées.

 

3.

Des fois qu'j'écoute Pierre Henry qu'ça fait du bing bang cuts et uppercuts électroniques d'vaisseaux s'crachant dans les étoiles.

 

4.

Franchement i tue Pierre Henry avec ses cloches qu'on dirait qu'derrière y a des bestiaux du cosmos qui meuglent et mugissent.

 

5.

Ou derrière ses cloches à Pierre Henry le souffle de quelque titan exténué d'avoir couru après quelque titane au bal des étoiles.

 

6.

« Vois les chemins de l'air qui me sont tous ouverts »

(Corneille, « Médée », v.1568 [Médée])

 

Quand les « chemins de l'air » sont fermés, en général c'est qu'on est mort, non ?

 

7.

Des fois qu'on est saisi d'un doute qu'il vous attrape l'esprit le doute qu'on se dit et s'ils n'existaient tout simplement pas tous ces.

 

8.

Les chœurs d'l'Atom Heart Mother au Pink Floyd i chantent Au secours non? qu'les vaches d'la pochette seraient pleines d'âmes prisonnières.

 

9.

Parmi les cloches à Pierre Henry y a ce bourrrrrit soudain qu'on dirait l'étonnement gloussesque de quelque poule cosmique.

 

10.

« Rien n'a plus, rien n'a plus vraiment le même goût » chante Christophe dans Senorita qu'on finit des fois très vieux à mâcher du vide.

 

A ceux qui ne connaissent pas je leur conseille d'écouter Senorita de Christophe qu'elle est pleine de nostalgie bien dite c'te ritournelle.

 

11.

Y a l'expression « faire ses paquets » qu'on va bientôt passer qu'les doigts ont l'air de vouloir ramener quelque chose qui s'en va pourtant.

 

12.

Des fois je me demande quel est ce dieu qui a flanqué ma pauvre conscience dans ce qui-vive impuissant d'mes nerfs.

 

13.

Zut des fois elle dit comme ça Rien à faire j'arrive pas à feriez mieux d'pas exister.

 

14.

Je n'aime pas les gens qui méprisent la culture populaire ; j'ai toujours l'impression qu'ils vont me cracher dessus.

 

15.

« Quel indomptable esprit ! quel arrogant maintien »

(Corneille, « Médée », v.507 [Créon])

 

Quel indomptable esprit ! On dirait qu'un hennissement va lui sortir des narines !

 

16.

« Je revis la chambre vide, la maison déserte et je ressentis de nouveau une indéfinissable impression de menace et de maléfice. »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti, « L'Homme au complet marron » [Anne])

 

J'aime cette phrase qui lie le vide et l'absence à « l'indéfinissable » et c'te prescience là, de la mort.

 

La mort, cette bête dans le langage qui pond ses œufs dans nos têtes.

 

Des fois qu'on la revoit la chambre vide, la maison déserte, et que soi-même on se sent déjà plus très là.

 

17.

J'écoute « Le Nain de Stanislas » du groupe Ange, j'aime bien comme elle a l'air de carillonner tragico-sarcasme, c'te baroquerie.

 

18.

Des fois qu'on a les soucis i nous guignolent l'dedans d'la tête qu'ça nous fait tout un p'tit théâtre où se jouer la farce au crâne.

 

19.

Sinon, y a « Les Tréteaux de Maître Pierre », de Manuel de Falla ô marionnettes, masques, visages et cet autre monde de la musique.

 

20.

La musique, ce remuement du temps et de l'espace dans nos caboches, cette promesse toujours recommencée de féerie.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 14 juillet 2016.

14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 12:08

BOUZINE ET MIRLITON

Notes et paraphrases de la scène 6 de l'acte I de « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« Le palais du roi.

 

PERE UBU, entrant

Oh ! vous savez ce n'est pas moi, c'est la Mère Ubu et Bordure.

 

LE ROI

Qu'as-tu, Père Ubu ?

 

BORDURE

Il a trop bu.

 

LE ROI

Comme moi ce matin.

 

PERE UBU

Oui, je suis saoul, c'est parce que j'ai bu trop de vin de France.

 

LE ROI

Père Ubu, je tiens à récompenser tes nombreux services comme capitaine de dragons, et je te fais aujourd'hui comte de Sandomir.

 

PERE UBU

Ô monsieur Venceslas, je ne sais comment vous remercier.

 

LE ROI

Ne me remercie pas, Père Ubu, et trouve-toi demain matin à la grande revue.

 

PERE UBU

J'y serai, mais acceptez, de grâce, ce petit mirliton.

Il présente au roi un mirliton.

 

LE ROI

Que veux-tu à mon âge que je fasse d'un mirliton ? Je le donnerai à Bougrelas.

 

LE JEUNE BOUGRELAS

Est-il bête, ce Père Ubu.

 

PERE UBU

Et maintenant, je vais foutre le camp. (Il tombe en se retournant.) Oh ! Aïe ! au secours ! De par ma chandelle verte, je me suis rompu l'intestin et crevé la bouzine !

 

LE ROI, le relevant

Père Ubu, vous estes-vous fait mal ?

 

PERE UBU

Oui, certes, et je vais sûrement crever. Que deviendra la Mère Ubu ?

 

LE ROI

Nous pourvoirons à son entretien.

 

PERE UBU

Vous avez bien de la bonté de reste.

Il sort.

Oui, mais, roi Venceslas, tu n'en seras pas moins massacré. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I, 6)

 

1.

Père Ubu convoqué par le roi Venceslas, entre donc au palais (avec la Mère Ubu) ; trouillant d'abondance, le Père, tout d'suite i s'défausse.

 

2.

I s'défausse le Père Ubu que le roi lui a encore rien demandé que le Père U est persuadé qu'il va être zigouillé comme comploteur.

 

3.

Trouillant d'abondance d'être zigouillé comme comploteur, Père Ubu accuse tout d'suite qu'c'est pas lui qu'c'est la Mère Ubu et Bordure.

 

4.

Le roi i sait pas de quoi qu'il cause le Père Ubu qu'il doit l'avoir sa royale tronche en forme de késako quoiqu'esse et qué pasa.

 

5.

Le roi i demande donc à Père Ubu koikila que le Capitaine Bordure alors intervient pour leur sauver à tous la tête du complot.

 

6.

Bordure dit qu'l'Ubu « a trop bu » qu'ça n'surprend pas le roi qui a trop bu itou ; l'auteur joue sur le topos de l'ivrognerie polonaise.

 

Topos : un topos en langue littéraire, ça désigne un « lieu commun », un cliché que par exemple les Français sont chauvins.

 

7.

« Ubu roi », pièce dont les caractères, prêtant surtout à rire, pantins farcis de nos défauts et sacs à bêtises, sont loin de tout héroïsme.

 

8.

Jarry i casse un peu l'topos que l'Ubu attribue son ivresse à l'abus qu'il a fait « du vin de France » comme quoi y a pas qu'en Pologne.

 

9.

Mais c'est pas pour le punir que l'roi a convoqué Ubu c'est pour le faire comte de Sandomir que comte ça veut dire compagnon au départ.

 

Du latin « comitem » : compagnon.

 

10.

Sandomir je sais pas si ça existe qu'on dirait un jeu de mot pas fait, comte de Sandomir genre conte à dormir debout (j'extravague).

 

11.

Dans nos têtes y a tout un almanach Vermot de jeux de mots improbables, un théâtre de l'absurde qui ne fait rire qu'en rêve.

 

Genre Sandomir ah belle affaire ! qu'après ça vous restez tout seul avec vot' tarte aux prunes.

 

12.

Bien sûr qu'ça existe Sandomir ; c'est même une très vieille ville de Pologne dans la voïvodie de Sainte-Croix, à 200 km au sud de Varsovie.

 

13.

La voïvodie de Sainte-Croix, c'est une des 16 régions administratives de la Pologne actuelle (ah internet, quel puits de science!)

 

14.

Les personnages de « Ubu roi » ont pas d'longues répliques au contraire d'la tragédie classique où ça cause qu'c'est beau mais long des fois.

 

15.

Aussi, les personnages de « Ubu roi » ont pas d'longues répliques passqu'ils sont pas assez intelligents pour filer d'l'alexandrin au mètre.

 

16.

Tiens des fois les comédiens i cauchemarderaient pas qu'les auteurs filent d'l'alexandrin façon toile d'araignée à s'y engluer.

 

17.

Bon voilà Ubu comte qu'le roi et lui s'échangent des politesses et que Ubu lui offre un mirliton qu'on est dans la momerie donc.

 

18.

Père Ubu il appelle même pas le Roi Sire, Majesté ou chaipas qu'il l'appelle « monsieur Venceslas » que l'aut' i relève même pas l'offense.

 

19.

D'après la note en bas de, les marionnettistes i mirlitonnaient pour déformer les voix, qu'c'était donc la pédale wahwah d'l'époque.

 

20.

En offrant un mirliton au roi, Père Ubu offre non seulement un objet dérisoire, un jouet, mais aussi le symbole de la voix faussée, masquée.

 

21.

« Ubu roi » c't'une momerie une mimerie potache très vache avec la tradition classique ; « Ubu roi » c't'une bombe.

 

22.

Bon le roi se débarrasse du mirliton en le donnant au « jeune Bougrelas » que c'est bien un nom d'adolescent ça, « bougre las ».

 

23.

Tout troublé de pas êt' décapité Père Ubu s'en retournant pour « foutre le camp » tombe et crie tout d'suite à la mort d'sa « bouzine ».

 

24.

Le mot « bouzine » rappelant le mot « boudine » qu'les enfants emploient pour désigner leur nombril, souligne l'immaturité du Père Ubu.

 

25.

Le roi Venceslas a l'air bien brave qui relève Ubu d'sa chute et promet de veiller sur la Mère Ubu au cas où la mort frapperait Père U.

 

26.

Mais Père U i s'en moque de la bienveillance du roi, il remercie, mais n'en complote pas moins dans sa tête tout un massacre.

 

27.

C'est que le politique se moque de la bienveillance autant qu'un religieux se moque de la vérité (ô larrons en foire !).

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 14 juillet 2016.

10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 23:59

NOUVEAUTÉS D'ANTAN

 

1.

Les chats voient la nuit. La nuit ne voit pas les chats. Ça manque d'yeux dit l'Air des Yeux d'une féerie.

 

2.

Des fois j'mange de la galette et j'ai la fève. Donc je me couronne et m'applaudis. Je suis bien le seul.

 

3.

« J'ai du goût pour la flâne, et j'aime, par les rues,

les réclames des murs fardés de couleurs crues,

la Redingote Grise, et Monsieur Gallopau ;

l'Hérissé qui rayonne au-dessous d'un chapeau ;

la femme aux cheveux faits de teintes différentes.

Je m'amuse bien mieux que si j'avais des rentes

avec l'homme des cinq violons à la fois,

Bornibus, la Maison n'est pas au coin du Bois,

le kiosque japonais et la colonne-affiche…

Et je ne conçois pas le désir d'être riche. »

 

(Germain Nouveau, in « Dixains réalistes », collectif, XIX)

 

4.

« J'ai du goût pour la flâne » écrit Germain Nouveau ; moi aussi que je zieute les zoziaux qui gazouillent dans les feuilles.

 

5.

Le narrateur, i dit qu'il aime se balader dans les rues à r'garder « les réclames » que le mot « réclames » on dirait qu'il remonte le temps.

 

6.

En ce temps-là, y avait pas la télé, même pas en noir et blanc que les affiches étaient déjà modernes en couleurs (c'est bien quand même).

 

7.

Les murs étaient tout peuplés hantés de « couleurs crues », c'était le bataillon de la Réclame, quel arlequin çui-là !

 

8.

Y avait la « Redingote Grise », que déjà ça fait penser à Napoléon qui les a baladés partout, et sa redingote grise, et ses grands massacres.

 

La Redingote Grise, ça fait penser à l'enseigne d'un magasin et qu'en fait oui même qu'elles étaient grand format en couleurs leurs affiches.

 

9.

« Monsieur Gallopau », on s'attendrait à « Galopeau » (e,a,u), déjà à cause de la rime pour l’œil avec « chapeau ».

 

Galopeau, c'était un pédicure paraît, alors pourquoi « Galoppau » (2 p,a,u) ? Nous cacherait-on des choses qu'c'est la vérité qu'on nous ment.

 

« La Vérité qu'on nous ment » : chanson de Gérard Presgurvic qui fut interprétée par Sheila.

 

La mention du pédicure Galopeau, vu qu'on évoque Napoléon, ça fait penser aux fantassins d'la Grande Armée qu'ils ont tant marché l'Europe.

 

10.

« l'Hérissé qui rayonne au-dessous d'un chapeau » expressif ce vers à Nouveau qu'on l'imagine bondissant électrique le zigue à galurin.

 

11.

« la femme aux cheveux faits de teintes différentes » qu'ça m'rappelle les pubs pour teintures dans Modes et Travaux qu'elle lisait ma mère.

 

Moi je préférais « Femmes d'Aujourd'hui » qu'à la fin y avait une page des aventures de Bob Morane en bande dessinée (c'était cool).

 

Si j'devais écrire une histoire de Bob Morane, j'écrirais « Bob Morane contre les slips kangourous » qu'on voit pas l'Bob porter des slips kangourous, ni Bill Ballantine non plus d'ailleurs que lui i porte un kilt que je me demande s'il y a des passages dans les nombreuses aventures de Bob Morane où Bill Ballantine porte un kilt que de toute façon j'irai pas vérifier.

 

A l'époque (1876 quand même) ça devait faire caméléon incroyable et merveilleuse la tignasse polychrome à la femme là qu'elle est tout en os maint'nant.

 

Et dire que les petites jeunes filles à vélo, y en a a finiront si vieilles à trembloter dans une chaise roulante c'que c'est d'plus nous aut' hein.

 

12.

L'industrialisation de la Réclame ça nous en fout plein les yeux qu'on finit par plus voir le réel tel qu'il paraît être.

 

De masque en masque c'est sûr qu'on s'a paumé la tête pis qu'on s'reconnaît passqu'on nous l'dit qu'c'est bien not' numéro là.

 

13.

Le narrateur i dit qu'il « s'amuse mieux que s'il avait des rentes » qu'apparemment i sait pas quoi faire de l'argent qu'il n'a pas.

 

14.

Le narrateur évoque « l'homme des cinq violons à la fois » image expressive que j'vois bien l'dessin du bras et d'ses 5 violons voltigeurs.

 

Une image expressive, c'est une image qui nous parle dans la tête parce qu'elle n'a ni bouche ni langue pour dire ce qu'elle dit.

 

Une image expressive, c'est comme si elle était télépathe, que moi je me dis c'est bizarre c'est comme si les images c'étaient des aliens.

 

C't'idée des images télépathes aliens, y en a i vont encore dire que j'fume chaipaquoi qu'en fait non car j'préfère le steak-frites.

 

Après on sait pas peut-être que les bibliothèques et les musées, ça fait partie d'un grand complot alien pour transmettre des savoirs cachés.

 

15

Le poème « J'ai du goût pour la flâne » charme par l'accumulation cocasse (le moutardier Bornibus, un kiosque japonais, une colonne-affiche).

 

16.

Le narrateur à s'enthousiasmer comme ça dans les rues on dirait un sot-sot qui s'amuse d'un rien qu'le poème il est parodique sans doute.

 

L'enthousiaste des réclames d'la rue il est trop joyeux que si ça se trouve les jours suivants i va avoir du chien noir plein la caboche.

 

Je me souviens d'une adaptation de « L'Île au trésor » en bande dessinée qu'il y avait un pirate du nom de Chien-Noir non ?

 

« chien noir », en anglais, c'est « black dog ». J'ai lu sur la toile que Churchill appelait ainsi ses périodes de déprime.

 

Y en a à force de manger d'la vache enragée i finissent par avoir le chien noir qu'c'est pas étonnant après qu'ils tournourssent.

 

« tournourssent »: du verbe « tournoursser », se replier sur soi, être solitaire et bien grognon méfiant comme un ours.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 juillet 2016.

10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 13:34

JE M'DEMANDE QUEL EST LE BUT DU CATASTROPHISME CLIMATIQUE ?

 

1.

Michel Onfray à la radio sur le réchauffement climatique : enfin quelqu'un d'assez honnête pour ne pas tirer de conclusion définitive.

 

Cf France Culture, le 9/7/2016, Michel Onfray, « Brève encyclopédie du monde, Cosmos » (très belle émission).

 

2.

Le catastrophisme climatique est une téléologie (voire une théologie) : j'y vois un but pas bien beau de sainte communauté des vivants.

 

3.

Bon, le climat se réchauffe, d'accord, mais la part de l'humain là-dedans ; après tout la nature est pleine de cycles, non ?

 

4.

Le débat sur le réchauffement climatique vous prend parfois des airs de revanche d'un prétendu droit d'la nature sur la culture.

 

5.

Y a pas plus d'droit naturel que de dieu dans les cieux, tout ça c'est des bobards pour nous grignoter peu à peu nos libertés.

 

J'aimerais pas qu'on nous prive « naturellement » de viande, pis qu'on nous rationne « naturellement » l'eau et l'électricité, ah non.

 

J'aimerais pas qu'on nous interdise « naturellement » alcool, tabac, café pis qu'on censure « naturellement » nos zutismes, ah non.

 

6.

Y en a des fois i font comme si l'humanité était une pérennité absolue ; alors que, comme toute espèce, l'humain finira par disparaître.

 

7.

Après on peut voir l'écologie et la théorie d'la décroissance comme des tentatives d'adaptation d'nos pommes à un futur pas bien joyeux.

 

8.

Quand l'humain aura disparu, restera plus qu'les robots, i s'ront bien avancés.

 

9.

Si ça s'trouve y a déjà un zigue qui travaille à un programme robotique que quand l'humain aura disparu les robots le r'fabriqu'ront.

 

Si ça s'trouve, le robot ressusciteur, un insecte survivant d'l'apocalypse climato-machin s'y glissera et plantera l'système.

 

Si ça s'trouve, le robot ressusciteur, au moment de, eh bien non qu'elle se dira l'intelligence artificielle zétaient trop cons quand même.

 

10.

L'humain n'est pas une espèce sympathique ; c'est juste une espèce intéressante, c'est tout.

 

11.

Entendu dire que la fameuse phrase de Jean Monnet à propos de la construction européenne : « Si c'était à refaire, je commencerais par la culture », était en fait apocryphe. Pourtant cette phrase, si elle est réellement apocryphe, il me semble bien l'avoir entendue rouler dans la bouche de quelques un de nos politiques, notamment des ministres, comme quoi les politiques ne se contentent pas de nous raconter des bobards, ils font aussi mentir les autres.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 juillet 2016.

Published by PATRICE HOUZEAU - dans actualités
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 10:24

DES FOIS QU'AVEC TOUS CES DES FOIS QUE

 

1.

« Il s'arrêta ému, puis reprit :

- La disparition. Supprimez-la, il ne reste rien. »

(Agatha Christie, « L'Auberge du fou aux clochettes » [Mr Satterthwaite])

 

Un jour, une nuit, i passe l'aut' Mandrake, et d'un coup d'shazam il nous emporte tous nos secrets qu'on reste planté là, la tête vide.

 

2.

Dans Agatha Christie, la revoyant des lustres plus tard, un gus « se ranima les cendres de la jalousie au fond de son cœur. »

 

Le temps du cœur saute aisément les années. Soudain quelqu'un revient et vous voilà la citrouille ranimée de l'esprit d'un autre temps.

 

Les romans, des fois, des Arsène Lupin à percer le temps, à en faire revenir du passé, des secrets enfouis et des parfums de Dame en Noir.

 

Les romans, des fois, i vous jettent une ombre qu'après vous vous sentez plus tout à fait pareil sous l'soleil et dans l'temps qui passe.

 

Des fois, le temps, il est comme rattrapé, tout pris d'tentacules, comme impuissant d'en sortir d'la boîte qu'en finit plus d'vous r'tenir.

 

3.

« Comme il posait le tout sur la table, un éclair illumina la pièce et un coup de tonnerre lui succéda. »

(Agatha Christie, « L'Auberge du fou aux clochettes »)

 

J'aime bien les histoires où tout soudain un éclair illumine la pièce et qu'après un grand crac retentit au loin.

 

« Comme il posait le tout sur la table, dans l'histoire d'Agatha Christie, c'est « du pain et une motte de beurre », mais ici, imaginons.

 

Comme il la posait sur la table, un éclair illumina la pièce et la main de feu s'empara de la précieuse clé (et la chambre close le resta).

 

Comme il posait le petit coffre sur la table, un éclair illumina la pièce révélant la présence d'une ombre à jambe de bois et perroquet.

 

Comme il posait la tête de veau sur la table, « Ciel ! Mon mari ! » s'écria sa maîtresse.

 

4.

Cette nuit du 9 au 10 juillet 2016, de nouveau le violon revenant d'août 1983, celui du « Mystère de la Chambre jaune » oh mes étés.

 

5.

« Puisqu'en imagination nous dominons le temps, tournons la question dans l'autre sens » dit-il dans une nouvelle d'Agatha Christie.

 

En l'occurrence, « L'auberge du fou aux clochettes » in « Le Mystérieux Mr Quinn », premier volume, Club des Masques n°138, p.91.

 

6.

Dans « L'Auberge du fou aux clochettes », d'Agatha Christie, il est question de 1924 et de « l'affaire du Chat cambrioleur », qui me fait penser à « La Main au collet » d'Alfred Hitchcock, qui me fait penser à « Vertigo » et aux mystères du temps, de la mort et du désir.

 

A quoi servent les fictions, sinon à nous rappeler que le langage tisse en nous cet être de désir et de mort que nous croyons comprendre.

 

7.

Des fois qu'les rêves seraient une autre vie dans l'parallèle dont ne nous resteraient que des bribes sans lien logique apparent.

 

Des fois qu'les romans nous raconteraient d'aut' histoires que celles que nous croyons qu'ils, et qu'on s'en fiche car on les comprend pas.

 

8.

Si les fantômes étaient des prisonniers d'une phrase, prisonniers du Le Presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.

 

Cf bien sûr le très grand « Mystère de la chambre jaune » de Gaston Leroux.

 

Dans les romans de Gaston Leroux, des fois, y a des fantômes qui passent, même qu'ils sont en italiques.

 

9.

Le mystère est plein d'passé oublié ; le mystère, c'est une généalogie ignorée.

 

Le mystère, des fois, avec tout son passé et ses toiles d'araignées, un piège à rebours, le mystère, un piège tendu dans l'horloge.

 

10.

Des fois qu'le présent i f'rait comme un verglas que dessous on verrait circuler en poissons mystérieux les ombres du passé.

 

11.

Des fois qu'on est genre dans les romans en proie à des sentiments hostiles plein d'boules noires hérissées grognonnes.

 

12.

Des fois qu'avec tous ces des fois que – Et bien quoi ? - Que j'jetterais des ombres dans la bibliothèque fit-il en ricanant bleu fantôme.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 juillet 2016.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 15:56

NOTES BREVES SUR L'ETERNITE A RIMBAUD

 

« L'ÉTERNITE

 

Elle est retrouvée.

Quoi ? - l’Éternité.

C'est la mer allée

Avec le soleil.

 

Âme sentinelle,

Murmurons l'aveu

De la nuit si nulle

Et du jour en feu.

 

Des humains suffrages,

Des communs élans,

Là tu te dégages

Et voles selon.

 

Puisque de vous seules,

Braises de satin,

Le Devoir s'exhale

Sans qu'on dise : enfin.

 

Là pas d'espérance,

Nul orietur.

Science avec patience,

Le supplice est sûr.

 

Elle est retrouvée.

Quoi ? - l'éternité.

C'est la mer allée

Avec le soleil. »

 

(Arthur Rimbaud)

 

1.

Dans Rimbaud, l'Eternité, paraît qu'on la retrouve qu'ça m'étonne qu'on l'ait perdue que chaipas c'que ça veut dire de perdre l'Eternité.

 

2.

Admettons l'Eternité perdue paumée, mais d'où qu'elle est, médouk ? mais d'où qu'elle est, médouk ? qu'en tournant en rond on médite.

 

3.

Mais d'où qu'elle est l'Eternité qu'on s'dit qu'elle est peut-être dans la poche de l'infini avec tous les mystères et les boules de gomme.

 

4.

En tout cas, le narrateur à l'Eternité r'trouvée, il a l'air d'annoncer une bonne nouvelle genre « Christ est revenu » ou « J'ai eu mon bac ».

 

5.

Il s'exclame pas d'ailleurs (y a pas de point de) posément qu'il dit ça au monde à qui il cause qui lui demande Quoi qu'esse d'artrouvé ?

 

6.

Rimbaud écrit que l'Eternité « C'est la mer allée / Avec le soleil » qu'sans blague ça fait chromo peinture à vaches des dimanches.

 

7.

Le dimanche, les peintures se couvrent de prés et de vaches que moi j'me dis qu'elles nous regardent mélancoliquement manger le rosbif.

 

8.

Notons qu'heureusement Rimbaud fait dans le sobre que de la « mer allée avec le soleil » Victor Hugo aurait tiré d'l'alexandrin au kilomètre.

 

9.

Dans l'Eternité à Arthur, y a qu'la mer et le soleil; qu'y passe un ferry plein d'bipèdes à blablas et ça fait déjà moins éternel.

 

10.

Rimbaud dans l'Eternité, il parle aussi d'âme « sentinelle » qu'on se demande ce qu'elle peut bien garder donc l'âme comme secret.

 

11.

Qu'à mon avis le grand secret qu'elle garde l'âme « sentinelle », c'est qu'elle existe pas.

 

12.

Que si ça se trouve le grand secret de l'être, c'est qu'il existe pas et que son nom est personne et qu'il nous prend pour des Cyclopes.

 

13.

Arthur il impérative « Murmurons l'aveu » que ça doit être un truc de difficile à avouer qu'à mon avis il sait pas lui-même koikssé.

 

14.

Du coup il nous fait l'coup d'la « nuit si nulle » (bin oui on voit rien) et du « jour en feu » que moi ça m'fait penser à du poulet rôti.

 

15.

« la nuit si nulle » l'a qu'à dormir aussi i verra des trucs passer sous ses paupières au lieu d'chaipas quoi qu'il machinait l'halluciné.

 

16.

Sinon, y a le « jour en feu » que j'y vois moi dans l'cercle là-haut des percussions de cymbales frémissantes et le son lointain d'un gong.

 

17.

Par ailleurs, Gong c'est le nom d'un groupe de rock psychédélique avec plein d'sonores bizarreries percuto-électriques dedans.

 

18.

Pis après y a les « humains suffrages » et les « communs élans » dont on s'dégage cause qu'c'est rien que politique et manipuleries.

 

19.

Après solo qu'on « vole selon » (c'est comme ça qu'Arthur est allé la chercher loin sa vie socio-professionnelle et l'cassoulet du quotidien).

 

20.

Vous me direz le cassoulet en Abyssinie ça doit pas courir les rues que de toute façon un cassoulet ça court pas (ça monte même pas à vélo).

 

21.

« Et tu voles selon » qu'il écrit Arthur qu'on s'l'imagine en gros noir cuicui dans les airs avec sa pipe et ses cheveux d'apache.

 

22.

« Et tu voles selon » que si on l'imagine revenu au christ, s'voyou voyant d'Arthur, apparemment qu'il renonce pas à son libre-arbitre.

 

23.

Dans Rimbaud, le « Devoir » des fois i prend une majuscule qu'on sait même plus si c'est ironique ou s'il avait fini par y croire ô zigoto !

 

24.

« L'Eternité » c'est l'genre de poème qu'les rimbaldiseurs qui ont suivi se sont permis d'la poésie crotte de bique qu'on comprend pas qu'on s'en fiche.

 

25

Dans l'Eternité à Rimb', le « Devoir » s'exhale des « braises de satin » qu'j'ai beau cogiter j'pige pas mais c'est pas grave hein docteur ?

 

26.

Les « braises de satin » dont i cause Arthur, c'est peut-être les escarbilles des poèmes qu'il a si ça s'trouve autodafés himself cause savait plus quoi en faire.

 

27.

« braises de satin »: du blanc donc, peut-être l'écume de la « mer allée avec le soleil » qui a l'air de flammes (on dirait une apparition).

 

28.

Arthur, de ces « braises de satin » i fait « s'exhaler le Devoir » genre qu'il respire je ne sais quoi comme fumée qu'ça l'hallucine.

 

29.

« Le Devoir s'exhale / Sans qu'on dise : enfin » qu'il dit Arthur (l'a l'air de pas vouloir qu'on pige s'qu'il a pas l'air de piger non plus).

 

30.

Que quand Rimbaud dit « Le Devoir s'exhale / Sans qu'on dise : enfin », i dit peut-être qu'on a à attendre aucun salut ailleurs qu'ici-bas.

 

31.

C'est pas la peine de dire « Je suis sauvé » que tout étant matière, on n'est pas plus sauvé que chou, chien, chat ou Empereur de Chine.

 

32.

Rimbaud des fois i faisait dans l'hermétique que c'est là qu'on range ses idées pour pas les retrouver.

 

33.

La très-chrétienne « espérance » en tout cas il la voit pas le narrant rimbaldien il la voit pas « là » que « là » c'est où ici à c't'heure ?

 

34.

Après, le monde, il est toudis plein de là, de là-bas, d'ici, d'ici-bas, et d'ailleurs de tous côtés qui s'mélangent pinceaux et nougats.

 

35.

L'en retrouve son latin l'apôtre i dit « nul orietur » Paraît qu'ça veut dire « il se lèvera » mais comme y en a nul il restera couché donc.

 

36.

Après comme « science » rime avec « patience » (tant de trucs à apprendre) c'est sûr qu'le « supplice est sûr » et qu'i faut toujours bachoter.

 

37.

La science, si c'est le savoir, est-ce que quand on saura quoi qu'esse tout ça qu'on vit, sera-t-on plus heureux ou sera-t-on tout dégoûté ?

 

38.

Si on sait quoi qu'esse tout ça qu'on vit qu'on finira pas cracher dans la soupe de l'être (que dedans y a p't'être bien une tête de bouc).

 

39.

Rimbaud i finit son poème « L'Eternité » comme il l'avait commencé (mêmes mots) façon ouroboros cercle du temps qu'en finit pas de revenir.

 

40

Dans la 1ère strophe de « L'Éternité » Rimbaud met une majuscule à « l'Éternité » que dans la dernière strophe y en a pas de majuscule à « l'éternité » comme si déjà il s'était habitué et que si c'est qu'ça, autant en finir avec « l'éternité », et c'est pour ça qu'le poème i finit là.

 

41.

Conclusion : le poème « L'Eternité » de Rimbaud il est pas trop long ce qui est bien passqu'en vérité moi j'préfère San-Antonio.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 juillet 2016.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 12:28

DANS LAFORGUE Y A CECI CELA QU'ÇA FAIT DES VERS

 

1.

Dans Laforgue y a du « se grignote lui-même » que sans doute qu'on et puis grignoti-grignota lève la queue et puis s'en va.

 

2.

Dans Laforgue y a de « l'automne morose » qu'on s'traîne l'ennui dans les ombres qui s'allongent et vous mangent le moral.

 

3.

Dans Laforgue y a du « Tant la vie à terre elle est bonne » et vaut mieux pas aller trop gratter à la porte d'l'aut'côté qu'y a rien derrière.

 

4.

Dans Laforgue y a du « Vous vous teniez dans un coin debout » qu'le réel il est pleins d'coins et de bipèdes debout qu'on voit pas toujours.

 

5.

Dans les coins des fois des bipèdes debout i vous regardent de leurs yeux sans regard et attendent sans attendre d'autres fantômes à venir.

 

6.

« Un trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond,

Bâille à ce libéré de l'être ; et voici qu'on

 

                              Le déverse

                                  Au fond. »

(Jules Laforgue, « Complainte de l'ange incurable »)

 

7.

Dans Laforgue y a du « trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond » qu'ça doit ennuyer à force ça de ranger des autres dans la terre.

 

8.

Je me demande des fois si les prêtres i s'disent pas qu'ils marient des morts, des morts reproducteurs, des administrativement actifs.

 

9.

Dans Laforgue y a du « monde enfantin dans l'Inconnu lancé » qu'on finira par savoir et qu'on en sera bien épouvanté allez.

 

10.

Dans Laforgue y a du soleil qui sonne ses « fanfares » qu'on s'écoute dans la tête un jazz-band sonner des bouts d'ritournelles sans nom.

 

11.

Dans Laforgue y a du « Ah ! tout le le long du cœur » qu'on se l'étire mélancoliquement le cœur qu'on s'élastique l'hélas se le caoutchouque.

 

12.

Dans Laforgue y a du « blond cadavre aux vitreuses prunelles » que ça m'rappelle des affiches de série z, des couvertures de polars.

 

13.

L'art mauvais genre c'est un genre de religion sans dieu qui repose essentiellement sur la fascination qu'la mort hein la mort hein

 

14.

Dans Laforgue y a du « flagellé par le vent des siècles voyageurs » qu'les siècles c'est du vent l'Histoire c'est du vent et qu'en fin de compte tout finit usé jusqu'à plus rien.

 

15.

Sûr qu'ça finira par le plus plus rien et pas les mots pour le dire (sauf peut-être dans un volapük intergalactique mais c'est pas sûr).

 

16.

Dans Laforgue y a des « lunologues éminents » qu'ça doit être des spécialistes du rien qui souffle dans nos caboches creuses.

 

17.

Dans Laforgue y a « un piano voisin joue un air monotone » qu'on s'imagine l'pianiste s'alourdir des yeux et sombrer dans l'clavier Rrrron !

 

18.

Tiens Régis Debray cause à la radio du « Sens de l'Histoire » que mon cher monsieur qu'ça finira par l'administration du surnombre et voilà.

 

19.

L'administration du surnombre qu'on y est déjà qu'on sait plus quoi faire des gens qu'ça commence à s'massacrer ici et là comme au Moyen-Age.

 

20.

Le monde est simple, on fabrique des armes pour se défendre des ceusses-là à qui on les vend et qui finissent par les utiliser les bougres.

 

21.

Dans Laforgue y a d'la « pieuvre Spleen » qu'on se sent des fois tout tentaculé et comme immobilisé et qu'on reste à rien d'autre que rien.

 

22.

Dans Laforgue y a l'azur « possédé du mètre et du pendule » que quoi qu'il fait, le Professeur Tournesol, à funambuler ainsi sur la corde tendue de l'horizon ?

 

23.

La fonction des experts est de prévoir l'imprévisible qui n'a pas manqué d'arriver et qu'on n'a d'ailleurs pas vu venir.

 

24.

Au pays des aveugles, y a des borgnes, des fois, on finit par leur crever les yeux.

Note : En l'occurrence, un seul oeil suffit, faut dire c'qui est !

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 juillet 2016

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 13:49

C'EST ÇUI QUI DIT QUI Y EST

 

Notes et paraphrases de la scène 5 de l'acte I de « Ubu roi », d'Alfred Jarry.

 

« PERE UBU

Monsieur, que voulez-vous ? Fichez le camp, vous me fatiguez.

 

LE MESSAGER

Monsieur, vous êtes appelé de par le roi.

Il sort.

 

PERE UBU

Oh ! merdre, jarnicotonbleu, de par ma chandelle verte, je suis découvert, je vais être décapité ! hélas ! hélas !

 

MERE UBU

Quel homme mou ! et le temps presse !

 

PERE UBU

Oh ! j'ai une idée : je dirai que c'est la Mère Ubu et Bordure.

 

MERE UBU

Ah gros P.U., si tu fais ça…

 

PERE UBU

Eh ! j'y vais de ce pas.

Il sort.

 

MERE UBU, courant après lui.

Oh ! Père Ubu, Père Ubu, je te donnerai de l'andouille.

Elle sort.

 

PERE UBU, dans la coulisse.

Oh ! Merdre ! tu es en une fière, d'andouille. »

 

(Alfred Jarry, « Ubu roi », I,5)

 

1.

Père Ubu il est comme des comme que je connais qui dès qu'ils voient venir quelqu'un zont envie de le renvoyer d'où qu'il vient.

 

I gronde donc, l'Père U « Monsieur, que voulez-vous ? Fichez le camp, vous me fatiguez » qu'le réel qui s'pointe sur deux jambes ça l'ennuie.

 

Le réel à paroles, l'Père U, s'il l'a pas invité, ça l'importune, surtout qu'si c'est un messager, se pourrait-il que soudain l'ailleurs…

 

2.

« Monsieur, vous êtes appelé de par le roi » dit le messager au Père U qu'on dirait un alexandrin mais c'en est pas un car y a pas d'césure.

 

Le messager, je l'verrais bien en homme-dada, zig qui hennit, quidam équidé, gus cheval de jeu mais ça a dû êt' fait des siècles de fois ça.

 

Après le messager « il sort » c'est comme ça le réel c'est plein de gens qui entrent et sortent ; le réel, c't'un vrai moulin.

 

3.

D'être appelé « de par le roi », le Père Ubu en a du bleu et du vert d'la trouille qui lui prend la gidouille que son complot soit découvert.

 

I jarnicotonne donc le Ubu qu'il va être décapité et qu'c'est donc tout piteux sans tête qu'il va aller spectrer chez les ombres.

 

4.

Mère Ubu n'en fut point émue mais pensa que ce gros tas de Père Ubu n'était qu'un tout mou, un fromage qui pue.

 

5.

Soudain Ubu clignota d'une idée qu'il dirait au roi qu'le complot c'était tout machiné par la Ubu et le Bordure (Père Ubu est ignoble).

 

Ignoble c'est une épithète qui signifie le contraire de noble que Père Ubu c'est le contraire du Cid et de tous les héros à dilemme.

 

Le dilemme c'est quand tu l'as de toute façon dans l'os mais qu'tu peux quand même choisir la couleur de ton panache à cocu.

 

6.

La Ub pige que le Ub va lui faire porter un chapeau qu'elle et Bordure vont en être décapités, elle lui promet d'l'andouille s'il la boucle.

 

Le Père Ubu tient plus à sa tête qu'à une promesse d'andouille passque sans tête de toute façon l'andouille hein

 

« Je te donnerai de l'andouille » dit la Ubu; « tu en es une fière, d'andouille » répondit le Ubu : comme quoi c'est çui qui dit qui y est.

 

7.

Père Ubu j'le plains l'a pas d'parti démocratique pour organiser des primaires s'faire élire roi des et aller s'prendre une banane aux présidentielles.

 

Bah, j'ai tort d'jacter politique Ah j'ouvre ma trappe à politiques et hop à la trappe au gouffre aux oubliettes les pantins à promesses.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 6 juillet 2016.

5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 00:40

EN ATTENDANT LE VIOLON REVENANT

 

1.

Je disais : cette nuit encore le violon revenant, le « Mystère de la chambre jaune », la voix, la phrase…

 

2.

« Je reste au seuil d'un monde qu'on démontre

Attentif à la manière dont l'être se révèle »

(Alin Anseeuw, « Sonnets » in « Anthologie « Le Jardin ouvrier 1995-2003 », Ivar Ch'Vavar & camarades, Flammarion, 2008, p.66)

 

Y en a i s'croient « au seuil d'un monde » qu'c'est syllabes et orties pis qu'ils épient « l'être qui se révèle » qu'c'est piaf ou bête qui glisse, voleuse d’œufs.

 

Sans doute dans ce tissu de phrases quelque monde démontré, et puis de « l'être qui se révèle » « tel qu'en lui même enfin » et touci-touça.

 

3.

Les historiens du futur diront sans doute que dans l'Europe du début du XXIème siècle, on avait fini par distribuer les diplômes comme des coupures de journaux que s'échangeraient des maîtres-chanteurs de comédie.

 

(En l'occurrence, les comiques du film « Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais… elle cause » de Michel Audiard)

 

4.

Des fois j'me dis qu'la littérature, s't'un monstre des profondeurs dont les tentacules se coltinent la fuite de s'bateau là du réel.

 

Même que des fois je rêve que la littérature veut m'engouffrer dans ses signes me paumer dans le salut d'un officier que j'connais pas.

 

5.

« Un chef d’État chevauché par les Lettres, ça donne Charles de Gaulle ; un chef d’État chevauché par les chiffres, ça donne François Hollande. »

(Régis Debray sur France Culture, « Allons aux faits », le 4 juillet 2016)

 

6.

ssssssssssssssss tiens un œuf crac glop hommm ssssssssssssssss

 

7.

« Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! »

(Pascal, « Pensées »)

 

Des fois qu'on sème des points d'interrogation, qu'on pense pis qu'avec la suite des travaux et des jours hein on l'abandonne c'te récolte.

 

Y en a i s'demandent (qu'c'est pas la peine de demander aux autres i s'en moquent) c'est quoi comme chimère l'homme.

 

Y en a i s'demandent c'est quoi comme chimère l'homme, et quels sont ces yeux hallucinés qui agitent ce pantin pensant sous leurs paupières.

 

8.

Dans ma langue à moi, le mot anglais « bones » me fait penser à ces os de caoutchouc qu'on donne aux chiots pour les amuser.

 

9.

Ecrire des fois me semble un genre de jeu de go qu'on dirait bien que la langue se partage des territoires avec le réel.

 

10.

Zut dit qu'elle s'en fiche d'la noblesse d'âme ; par contre, des mots pour les griffer, les ceusses qui lui en font reproche, ça oui, elle a.

 

11.

« Le réel, c't'une grammaire, le réel » dit-il en chutant dans son verbe.

 

12.

Impossible pour Zut de penser à quelqu'un sans penser qu'il est d'abord un mais Zut n'a jamais prétendu être sympathique.

 

13.

Je ne suis pas bienveillant ; je conçois nombre de mes brefs comme autant de gifles ; les giflés, évidemment, se reconnaîtront.

 

14.

Flèches, traits, carreaux, as de pique, mauvais sorts, couteaux courts, voilà tissu pour mes songes et étoffe pour mes brefs.

 

15.

Mes derniers mots seront « Le réel dit-il » ; je vous le dis maintenant car vu que je mourrai seul, y aura personne pour m'entendre.

 

Ou alors ce sera « Allez tous vous faire lanlère » mais ça n'a pas d'importance vu que, crevant seul, personne m'entendra.

 

16.

« Je t'expire mes Cœurs bien barbouillés de cendres ;

Vent esquinté de toux des paysages tendres ! »

(Jules Laforgue, « Complainte de l'ange incurable »)

 

Y en a i disent le « vent esquinté de toux », c'est qu'il fume trop aussi, le vent que des fois il souffle comme un bœuf sur la campagne.

 

17.

Me suis parfois demandé pourquoi un « bœuf sur le toit »; c'est lourd un bœuf qu'ça pourrait vous tomber tout beuglant dans la salle à manger.

 

18.

Ah la batterie ça m'botte la batterie quand ça cogne et cingle que je les entends tous ces totems tous ces tabous se gigoter les continents.

 

19.

J'aimerais assez être enterré dans une Grande Pâque russe à la Rimsky-Korsakov que c'est plein d'lointain cavalant et d'l'ailleurs à vent.

 

Oui, pour tombeau une Grande Pâque russe à la Rimsky-Korsakov que comme ça j'pourrais y gigoter mes os et danser spectre sous la lune.

 

Oui, une Grande Pâque russe à la Rimsky-Korsakov, tout un orchestre de dans le temps et cavalcade mélancolique sous un soleil lointain.

 

Mon disque favori : André Cluytens dirigeant « La Grande Pâque russe », les « Danses polovtsiennes » et « Dans les steppes de l'Asie centrale ».

 

Oui, de la musique russe, de la musique russe, de la musique russe ! Mais non, j'suis pas bourré ; d'ailleurs où j'ai mis ma vodka ?

 

20.

Les chiens veillent sur leur gamelle qu'il y a vot' maison autour et aussi sur leurs os qu'autour il y a vous.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 juillet 2016.

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