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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 00:10

UNE VOIX A TRAVERS

1.
« L'amour avidement croit tout ce qui le flatte. »
(Racine, « Mithridate », III,4 v.1027 [Mithridate])

2.
L'amour, c'est un fils de, et puis avide qu'il est, l'amour… l'amour, il a jamais trop d'yeux.

3.
Tout-ci tout-ça l'autre qu'on zieute bouche bée
Je t'aime et t'aime et t'aime et toujours t'aimerai
Ce qu'on est sot alors c'est à qui qu'est l'plus sot

4.
Et puis la fée d'l
'horloge, l'infiniment ridée, passe, cuit nos pommes, et nos amours, elle les désosse.

5.
« Devant lui une espèce de grand type en imperméable longe la grille. »
(Robe-Grillet, « Les Gommes »)

6.
Devant lui la longue rue pleine de vent
Il me faut maintenant une rime en – an
Afin de l'imiter la longueur du vent
Devant lui la longue rue pleine de vent
Et au bout la grosse bête Océan.

7.
Lui (le personnage) il avance dans le roman et dans une rue qu'il ne connaît pas d'une ville qu'il ignore.

8.
Les personnages, si j'avais su, je ne serais pas, je n'aurais pas, mais i peuvent pas ; même nous, les vifs, on peut pas, qu'on regrette.

9.
Les personnages, de petits fantômes,
les personnages, qu'on promène dans nos hantises.

10.
La littérature, c'est d'la fabrique à spectres. Dans les librairies, ce qu'on achète, c'est du linceul, du belphégor, du fascinant.

11.
« 
Espèce de », pourquoi « espèce de » ? « grand type » aurait suffi ; un
« 
grand type » c'est assez anonyme dans l'visionnage, non ?

12.
L
e vague, l'anonyme-là, en imperméable (c'est-y qu'i va pleuvoir ?) et qui longe longe longe j'aime bien le son de la forme longe.

13.
Je ne sais qui passe
dans mon songe, passe et allonge son ombre, passe et longe la grille avec soudain des yeux si blancs.

14.
« Et puis ma vie dans l'ombre d'Essarès… Et puis… et puis… l'or surtout... »
(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »
[Siméon])

15.
Et puis que voulez-vous des fois sa vie on se demande ce qu'il y a réellement dedans, c'est-à-dire quelle ombre au juste la hante.

16.
Zut vit dans une maison oubliée. La nuit, elle y agite des ombres et fait se balancer des lanternes. C'est pourquoi on la croit hantée.

17.
Il y a ici l'ombre qu'il me reste, et puis l'ombre que je ne connais pas. Sans doute elle attend son heure, pour me sauter à la gorge.

18.
Puis il y a l'rhinocéros très gris; i passe dans la pluie ; puis tout un tas d'choses féroces qui traînent en ville.

19.
Puis il y a l
'or je le sais j'en rêve l'or
Surtout celui-
là d'or qui dort dans ma mémoire.

20.
« J'entends comme un bruit de crécelle...
C'est la male heure qui m'appelle. »
(Tristan Corbière, « Heures »)

21.
J'entends quoi donc qu'j'entends
Comme un son qui perce le vent
Un son lancinant rythmique agaçant un
Bruit un d'ces bruits du passé venant

22.
De temps en temps la
Crécelle me visite
C'est elle la miss qui crispe
La mistigrie aigre la
Male fée la male
Heure la longue griffe

23.
Comme une voix, une voix à travers, une voix qui m'appelle, comme si je devais revenir.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le
2 février 2016.

3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 00:04

J'ENTENDS QUOI DONC QU'J'ENTENDS

1.
« L'amour avidement croit tout ce qui le flatte. »
(Racine, « Mithridate », III,4 v.1027 [Mithridate])

L'amour dans quel sujet j'm'embarque
Avidement qu'c'est l'amour
qu'on
Croit qu'c'est arrivé (
des fois i paraît qu'si)
Tout-ci tout-ça l'autre qu'on zieute bouche bée
Ce qu'on en est sot alors c'est à
Qui qu'est l'plus sot puis
Le temps passe qui en général ne nous
Flatte guère.

2.
« 
Devant lui une espèce de grand type en imperméable longe la grille. »
(Robe-Grillet, « Les Gommes »)

Devant lui la longue rue pleine de vent
Lui (le personnage) il avance dans le roman et dans
Une rue qu'il ne connaît pas d'une ville qu'il ignore
Espèce je me demande pourquoi il a mis « espèce
de » l'auteur «
un grand type » aurait suffi un
Grand type on le visionne le vague l'anonyme-là le
Type péquin dans l'décor le gusse

En (peut-être il va pleuvoir)
Imperméable et puis qui
Longe longe longe j'aime bien le son de
La forme longe qu'on trouve aussi dans songe et allonge le long de la Grille pleine d'ombre maintenant que le soir tombe.

3.
« Et puis ma vie dans l'ombre d'Essarès… Et puis… et puis… l'or surtout... »
(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »
[Siméon])

Et puis et
Puis que voulez-vous des fois que
Ma vie voyez-vous qu'il y aurait eu jadis dedans ma
Vie trop d'rhinocéros que moi je reste
Dans une maison oubliée Il y a là
L'ombre qu
e j'ai encore et puis l'ombre
D'E… là il y a un nom mais je le connais pas moi c't'homme
Et puis et
Puis que voulez-vous il y a l'rhinocéros
Et tout un tas d'choses féroces qui traînent en ville et
Puis il y a
L'or je le sais j'en rêve l'or... l'or...
Surtout celui-
là d'or qui dort dans ma mémoire.

4.
« Ni le Transatlantique autant
Qu'une chanteuse d'opérette »
(Tristan Corbière)

Ni la neige – il ne neige guère cette année ni
Le je ne sais quoi vu que
Transatlantique est le mot suivant
Autant galère train bus
berline cafetière volante
Qu'une redingote ou l'air ancien d'une
Chanteuse tralala-itou
D'opérette larirette.

5.
« J'entends comme un bruit de crécelle...
C'est la male heure qui m'appelle. »
(Tristan Corbière, « Heures »)

J'entends quoi donc qu'j'entends
Comme un son qui perce le vent
Un son lancinant rythmique et agaçant un
Bruit un d'ces bruits du passé venant
De temps en temps la
Crécelle me visite
C'est elle la miss qui crispe
La mistigrie aigre la
Male fée la male
Heure la longue griffe
Qui à travers le vent de dedans l'os
M'appelle, comme si je devais revenir.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le
2 février 2016.

Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 03:14

LES DEGRÉS VERS LES OMBRES

1.
L'Histoire
a parfois été le fait de grotesques, de brutaux, de nains que nous appelons « grands hommes », par ironie sans doute.

2.
« 
se livrant, inconsciemment, à la mimique d'un poisson rouge dans un bocal »
(Agatha Christie
traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque », Le Club des Masques n°38, p.77)

Que des fois, on en laisse, des bestiaux, nous remonter l'inconscient, et puis du très profond d'nos vies antérieures. Qu'est-ce qu'on se ressemble alors !

3.
« 
D'après lui, les gens les plus invraisemblables écrivaient des romans policiers. »
(Agatha Christie, op.cit. p.101)

Qu'on s'imagine - berlue ! - que les œuvres étranges, les œuvres à énigmes demandent des auteurs excentriques, exotiques, voire ésotériques.

4.
« - Vous pensez donc…
- Je ne sais pas au juste ce que je pense, fit Harper, embarrassé. »
(Agatha Christie, op.cit. p.133)

Que des fois, on sait pas exactement ce que l'on pense, que ça s'compose pis s'décompose tout ça les idées, le monde, la caboche.

5.
« - Ma foi, je ne regarde jamais l'heure ; en tout cas, il n'était pas très tard. »

(Agatha Christie, op.cit. p.61 [Bartlett])

Si ça se trouve, quand on ne la reluque pas sa toquante, les aiguilles, elles n'en font qu'à leur tête.

6.
Me demande si je pourrai regarder ma dernière heure en face, celle qui viendra en dodelinant d'sa grosse tête d'horloge bouffeuse d'âmes.

7.
Ou alors dans mon lit, face à la fenêtre, de la paix des champs viendra le bong
uebong d'une cloche, j'croirai.

8.
« 
Veuillez me répéter exactement ce qui s'est passé. »
(Agatha Christie, op.cit. p.61 [Melchett])

Quoi qu'on fait ? - On répète…
Quoi qu'on répète ? - Le passé, et pas exactement; on appelle ça l'avenir.

9.
Écrire une phrase me prend parfois tant de temps... comment qu'ils font, pour en écrire des tas et des tas, qu'ils appellent ça roman ?

10.
« Au réveil, les rêves se confondent souvent avec la réalité. »

(Agatha Christie, op.cit. p.9 [Bantry])

Au réveil, les mascarades de dessous les paupières, elles se diffusent dans le réel, s'y flanquent, s'y fondent… à peine qu'on les reconnaît.

11.
« - Oui. Nous y sommes descendues.
- Qui, nous ? »

(Agatha Christie, op.cit. p.92)

Qu'on descend, comme ça, les degrés, vers les ombres… et pis qu'on finit par se demander qui on est.

12.
« Tout d'même, se dit Zut en contemplant le monde, de si petits hommes, et de si grandes
ombres. »

13.
« 
Il lui prit les mains et les serra chaleureusement. »
(Agatha Christie, op.cit. p.100)

Il lui prit les mains et les mit dans sa poche. Ça peut toujours servir dit-il en prenant congé.

14.
Zut aussi a cette manie, les mains qu'elle prend, de les serrer chaleureusement dans s
on sac à mains. C'est bien dans sa manière !

15.
J'entends des voix à la radio. Je vais mourir aussi.

16.
« Les deux jeunes gens se lancèrent des regards fulgurants. »
(Agatha Christie, op.cit. p.28)

Plein d'yeux jetés… fulgures de l’œil… éclairs et froncements… regards lointains… complices clignements… le chat, il s'en fiche.

17.
Prédestination… prédestination…
préméditation, oui !

18.
« -
Elle vous a amenée ici pour que vous lui fassiez sortir les lapins du chapeau. »
(Agatha Christie, op.cit. p.93 [Sir Henry])

Elle aime les mirabelles elle
Vous avait promis une tarte aux mirabelles
A préparé une tarte aux mirabelles vous a
Amenée ici pour que goûtiez sa tarte aux mirabelles
Pour que vous vous régaliez de sa tarte aux mirabelles
Que vous en gardiez un excellent souvenir
Vous n'en mangerez pas souvent d'aussi bonnes vous
Lui en serez certainement reconnaissante il y a là un
Fassiez fâcheux j'sais pas quoi en faire je peux pas le
Sortir sinon la phrase elle bancale
Les phrases faut qu'ça aille droit aux
Lapins ceux qu'on fait aux pruneaux
Du coup ça me revient sous le
Chapeau c'était pas d'la tarte aux mirabelles, ah non.

19.
« Dans les romans, les cadavres se trouvent d'habitude dans les bibliothèques. »
(Agatha Christie, op.cit. p.9 [le colonel Bantry])

Dans cette phrase qui affirme que dans
Les romans – et surtout les
Romans policiers, ceux avec des détectives excentriques -
Les cellules grises à fines moustaches les perspicaces dépressifs
Cadavres et voilà qu'les morts envahissent Ça
Se propage partout ça les morts Les morts ils se
Trouvent soudain sur le chemin dans le journal partout
D'habitude on les traverse sans même les saluer
Dans la vie faut savoir faire la différence
Les morts c'est bon pour les
Bibliothèques et les vivants qui les accompagnent Ceci dit, dans cette phrase vous avez un exemple de ce que l'on appelle en français un présent de vérité générale (on dit aussi « présent de vérité absolue » ; il y en a qui exagèrent toujours...)


20.
« Madame ! Madame ! Il y a un cadavre dans la bibliothèque ! »
(Agatha Christie, op.cit. p.5 [Mary])

Madame ! (C'est qui qui appelle?)
Madame ! (
Quelle est cette voix qui sort de sa phrase?)
Il y a il y a il
Y a ah mais voilà qu
'ça perroquette il y
A il y a il y a il y a
Un cadavre dans...
Cadavre ? Vous avez dit cadavre comme c'est morbide
(Dans les romans, dites, tout d'même, on lit d'ces choses !)
La bibliothèque je dis ça et je hausse les épaules la
Bibliothèque est pleine de cadavres ce n'est pas nouveau.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 31 janvier 2016.

Published by PATRICE HOUZEAU - dans MYSTERES D'AGATHA CHRISTIE
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 09:25

VINCERE !

1.
Tout au long de sa vie refusé d'être sage. Spéculatif furieux, agité du bocal... absolument chronique... purement et simplement refusé tout raisonnable, tout l'embourgeoisement d'une carrière littéraire soigneusement orchestrée (c'est un métier!) qui aurait pu de son vivant, pourvu qu'il fermât sa gamelle politique, et puis un peu plus de souplesse dans ses relations, lui assurer honorabilité et fortune. Misanthrope du type à préférer la compagnie des bêtes à celle des bipèdes, voué l'essentiel de son existence à la fièvre, celle d'une écriture à déchirures, de celle qui refuse les mots ronflants façon trombones et la soumission au transcendantal en vogue – préférant la féerie noire des phrases à cauchemars, la transgression, pis le coup de pied au cul du bien écrire.
Je me le dis assez proche du Dom Juan de Molière, l'à-cheval et la main au pommeau de l'épée, qui préfère affronter la divine transcenmachine plutôt que de renoncer à cette terrible, à cette féroce humanité qu'il aime tant.

2.

« Arthur même a presque une tête »
(Tristan Corbière, « Déjeuner de soleil »)

Arthur ou Robert ou Popaul lui
aussi
qu'il en a presqu'une de
tête caboche figure son masque
lui a dégringolé le citron lui
a changé la configuration dis.

3.
SCANSION (Attention hein!)

« m'obséder comme le peuvent seuls certains vers.»
(André Breton, « L'amour fou »)

m'obséder m'obséder m'obséder
comme les visages i peuvent
i
le visage peuvent i dans ma t
peuvent
& ce visage m'fascine
seuls les visages i peuvent à
certaines filles ou alors des
vers vers vers vers
où où où?

4.
Je n'aime guère ces auteurs qui ressassent leurs poèmes comme on ressasse une leçon de morale, et bien apprise, et sans doute.

5.
« - Entendez-vous gratter les crabes de la nuit... »
(Tristan Corbière, « Paris nocturne »)

« - Entendez-vous qu'ça gratte
gratter les bêtes crabes on en
crabes on en rêve d'ces crabes
de la nuit
sur de longs sables
qui passent rangs serrés rouge

6.
« Mon coeur !… Chante encor, va – Ne compte pas. »
(Tristan Corbière, « Heures »)

« Mon coeur !… Chante encor,
va – Ne compte pas. »
Et pas
sur les autres surtout et de
toute façon tu n'comptes pas
toute façon t'y prétends pas

hein mon bon toutou poète...

7.
Moi ce que je vois, dans les visages, c'est de la généalogie, de la généalogie d'la forme, du crâne, d'la viande.

8.
« -
Allons ! la vie est une fille
Qui m'a pris à son bon plaisir... »
(Tristan Corbière, « Paria »)

- Allons !
La vie est un que voulez-vous

Elle nous prend à son c'est comme ça.

9.
Y a dans certaines musiques
comme une ombre que parfois
l'on entend ou pas mon avis
qu'ça s'peut qu'ça soit lié
à l'état de mes écoutilles.

10.
Si je alors bien sûr je
sauf si évidemment vous
me comprenez sinon tant
pis je ferai comme si.

11.
Si parfois il se disait « Et si je me tuais… bah non, un fantôme, ça n'se tue pas... » et puis qu'il mettait son manteau et partait acheter du pain.

12.
Écoute des nouvelles ce matin : ce siècle est donc religieux, et politique, hélas…

13.
On ne se connaît pas soi-même ; du coup, des fois, on a intérêt à se méfier…

14.
Je n'aime pas la politique. Elle réveille en nous le petit juge, le procureur, l'imbécile du haut de sa fonction.

15.
Les Français qui commettent le pire ne sont plus des Français point barre.

16.
Le fantôme de nous qu'on vit avec, on passe son temps à le fuir, des fois quand même il nous rattrape.

17.
Des fois, j'me console pas de la mort de Satie. Il y a tant d'imbéciles vivants...

18.
Ah ne nous plaignons pas ! Bonaparte nous l'a appris ! Ne pas se plaindre ! Et vaincre ! Vincere !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 janvier 2016

23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 22:49

DONG DONGUELONG DIT-ELLE

1.
« Pendant la guerre, un homme se résigne à manger son chien, regarde les os qu'il laisse, et dit :
— Pauvre Médor ! Comme il se serait régalé ! »
(Jules Renard, « Journal 1887-1910 », 1908, 12 février)

2.
Dong donguelong dong cling
Lors d'une guerre Un pauv'
hère
Dong donguelong dong,
cl
ang Tenaillé par la faim
De manger son chien il fut
contraint
Dong donguelong,
dong, cling
Il n'en laissa
que les osses tant sa faim
fut féroce Dong donguelong
dong, cl
ang Songeur il dit
alors :Pauv' Médor ! Comme
il se serait régalé !
Dong
donguelong dong cling
Pour
Vous faire rire Ce bref et

drolatique cauchemar Je le
tire du Journal d
'qui donc
donquelong donc clong j'le
tire du Journal du Journal
du Journal de
Jules Renard
Dong donguelong dong cling
Dong donguelong
& puis zut

3.
A mon avis, le présent n'a
aucun avenir ; le présent, vous savez quoi, c'est déjà du passé.

4.
& qui qu'c'était cette jeune fille
qui l'agite son illusion comme une
ombre de caverne un
fantoche hante
-la-caboche une perdue d'vue à vie

5.
Zut pensive, au bout d'un moment : « Les poètes, c'est
rien qu'des pervers, des amoureux d'leur langue, des fétichistes, quoi... »

6.
La musique pure n'est pas porteuse de sens ; c'est du temps plutôt, du temps, oui, du temps, qu'elle porte, la musique.

7.
« 
Ah ! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze… le diable est au clocher, à cette heure. »
(Rimbaud, « Nuit de l'enfer »)

Deux temporalités pour la musique : le temps exact et mesuré de
l’exécution - le temps t
angible -, et l'autre temps, revenant, survenant,
surprenant comme
diable au clocher.

8.
Le mystère se tient à la frontière entre l'
existant et l'être. C'est ce qui peut faire son charme, ou nous flanquer l'malaise.

9.
Rêve : elle, devant une célèbre toile de Magritte : « Évidemment que ceci n'est pas une pipe, c'est une peintoire, on dit ça non ? »

10.
« Que les moutons suivent leur route,
De Carcassonne à Tombouctou…
- Moi, ma route me suit. Sans doute
Elle me suivra n'importe où. »
(Tristan Corbière, « Paria »)

« Moi, ma route me suit. Sans doute
Elle me suivra n'importe où
et même
qu'il y en a sur leur route qui les
suit il y a comme une ombre oui une
ombre
qui les suitsur la route.

11.
"Oublié dans l'espace et perdu dans le nombre"
(Victor Hugo, «
 Les Feuilles d'automne »)

"Oublié dans l'espace et perdu dans le nombre"
C
e vers de Victor Hugo il pourrait commencer une fantaisie genre destin d'un paumé du cosmos non?

Paumé au cosmos et zigzaguant entre
les scintillantes
notre héros genre
solitaire ses aventures sidérales i
les poursuit & faut vu qu'il y est.

"Oublié dans l'espace et perdu dans le nombre"
Sinon ce vers
de Hugo me rappelle les devoirs
surveillés de mathématiques
mon peu d'talent.

12.
"Toujours prête au combat, la sombre Pampelune
Avant de s'endormir aux rayons de la lune,
Ferme sa ceinture de tours."
(Victor Hugo,
Grenade, « Les Orientales »)

Muraille meurtrières invisibles de ses
yeux ombres & des paroles qu'on entend
qu'en songe des mots de passe-muraille

13.
« pas assez pesante, elle s'envole et flotte loin au-dessus »
(Rimbaud, « Mauvais sang »)

« pas assez pesante, elle s'envole
et flotte loin au-dessus »
son âme
si peu forte friable
& pis miettes
se disperse s'perd dans les sables

14.
"La lune était sereine et jouait sur les flots."
(Victor Hugo,
Clair de lune, « Les Orientales »)

Joueuse la lune des fois
A quoi joue-t-elle ainsi
sur les flots en fait je
sais pas
et j'm'en fiche
j'crierais bien A poil !
À poil la lune ! Non pas
conv'n non franchement ?

15.
"De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare."
(Victor Hugo,
Clair de lune, « Les Orientales »)

Dong, donguelong, dong, cling, donguelong, dong, dong, clang
Oui bin hein, on a les alexandrins qu'on peut !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le
23 janvier 2016.

23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 00:48

LE PASSÉ C'PAYS LÀ QU'ON S'INVENTE

 

1.

Quoi qu'c'est qu'cette danse

c'est la danse du S du s qui

à la façon d'un long sinueux

à venin dans la jungle passe

 

2.

« Ma vie et mon amour tous deux courent hasard. »

(Racine, « Mithridate », II,5, v.337 [Pharnace])

 

« Ma vie et mon amour tous deux courent hasard.»

y en a pour qui ça court plus ça galope & bat la

campagne à épouvantails qui jactent & jacassent.

 

3.

« images gondolées, décolorées, absurdes. »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

images gondolées, décolorées, absurdes

y avait dans le miroir une maison sous

la pluie une maison qui se disloquait.

 

4.

« Il rejoignit la petite pièce, enjamba la fenêtre, traversa »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

« Il rejoignit la petite pièce,

enjamba la fenêtre, traversa la

phrase paragraphes et chapitres

et s'retrouva à la fin du roman

le lecteur ayant sauté quelques

tout d'même centaines de pages.

 

5.

Les gens sont pleins d'trous et même que des fois, ils tombent dans l'une ou l'autre d'ces intimités infernales , et n'en reviennent pas.

 

6.

Un disparu nous habite. Parfois, il nous enfièvre, crache, nous use, joue au billard avec nos os, puis se révèle et nous disparaissons.

 

7.

« Je ne veux que les voir ; je ne veux qu'à leurs yeux »

(Racine, « Mithridate », IV,7, v.1445 [Mithridate])

 

Je ne veux que les voir je 

ne veux que ses yeux je ne

veux que la voir & je sais

qu'à ses yeux ne suis rien

 

8.

Je ne joue pas de guitare

je ne sais pas dessiner &

je chante comme une poêle

mais cela je le sais dire

 

9.

« Si j'étais un autre, je ne voudrais pas être moi ». Voilà une pensée qui vous place en position d'être jugé par n'importe qui.

 

10.

Que nous puissions nous enchanter

d'une paire d'yeux emmanchée d'un

tube digestif relève d'une chimie

bien plus puissante que la raison

 

11.

Nous sommes pleins de pronoms et des répliques qu'ils s'échangent. Pour les distinguer, c'est simple (croyons-nous) : nous usons de prénoms.

 

12.

Le nom… le nom... un pseudonyme le nom… celui d'un étranger dont le nom est à lui-même inconnu.

 

13.

Cinéma : plus ou moins luxueuse boîte à fantômes.

 

14.

Radio : des voix la fréquentent, et certaines finissent par la hanter.

 

15.

« et je m'attends à un interrogatoire serré, car on va me découvrir un mobile. »

(Agatha Christie traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque » [Mark Gaskell])

 

m'attends à un interrogatoire serré

car c'est sûr on va me découvrir on

va me percer à jour je ne répondrai

pas & me dissiperai nuée fumée rien

 

m'attends à un interrogatoire serré

car c'est sûr on va me découvrir un

mobile un pourquoi que j'suis et un

pourquoi là d'quoi m'tuer c'est sûr

 

m'attends à un interrogatoire serré

car il va finir par me découvrir ce

bonhomme dans ma mémoire qui chaque

nuit pose des questions absurdes...

 

16.

Le rêve nous fait passer du coq à l'âne, du coq qu'on fait à l'âne qu'on est.

 

17.

Les habitudes… on croit berner le temps… qu'il serait cyclique, revenant saisons, bonhomme de chemin qu'on en connaît la musique, rites baptêmes et communions, pis i s'déglingue nous avec.

 

18.

On soliloque on grandiloque

on s'gigote on s'sanglote &

on s'gonfle & on s'gonfle &

on bouffonne d'la cafetière

pis on finit tout maigre et

tout y en a plus dins s'lit

 

19.

« Je ne parlerai pas ; je ne penserai rien »

(Rimbaud, « Sensation »)

 

« Je ne parlerai pas ; je ne penserai rien » ; d'ailleurs, je ne serai pas là, ni ailleurs, je serai dans le passé, c'est-à-dire nulle part.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 23 janvier 2016.

22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 11:55

OH A PRESENT ÇA VA PAS MIEUX

 

1.

« DAC : (…) Allez… donnez le signal et embarquez tout le monde. Prenez des pelles, ça ira plus vite ! »

(Pierre Dac et Francis Blanche : «  Les fumeries clandestines de jambon »)

 

Et embarquez tout le monde prenez

des pelles ça ira plus vite ah ça

quand on convoie d'l'ossement sûr

qu'les pelles c'est ce qui va l'm

 

2.
« à quelque monstrueux insecte, et la vingtaine de pièces »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

A quelque monstrueux insecte la

vingtaine de pièces investie du

tortillement de la bestiole aux

mille pattes carapace luisante.

 

3.

« Oh ! à présent ça va pas mieux !… pas beaucoup mieux... »

(Céline, « D'un château l'autre »)

 

Oh ! À résent ça va as mieux que

c'est as ossible ça r'gardez moi

ça je suis obligé de courir arès

Viens ici nom d'un p d'travers !

 

4.

Des fois Zut, vieille qu'elle se sent, et plus vieux encore le monde, un croulant, le monde, qu'elle se dit en se décomposant.

 

5.

« Un truc auquel j'ai pensé souvent, c'est que peut-être dans le passé, il y a eu une fille formidable »

(Patrick Cauvin, « E=mc2, mon amour" [le narrateur])

 

Peut-être dans le passé il y a

une fille formidable à l'temps

remonter la machine y en a pas

reste écrire qui l'passe aussi

 

D'ici un siècle peut-être deux

j'aurai de ses nouvelles à mon

avis ce s'rait étonnant que je

puisse vraiment m'y intéresser

 

6.

Ce que j'aime chez Rimbaud c'est

l'énigme « Madame se tient trop

debout dans la prairie/prochaine »

de qui parle-t-il ? Il ne le dit

 

pas et s'il décrivait des images

sans préciser d'où elles sortent

peintures gravures des vignettes

des illustrations caricatures ou

 

peut-être de simples croquis vus

dans quelque atelier ou panneaux

peints décors de théâtre ou peut

 

-être de ces images qui sous les

paupières se glissent tandis que

vous vous endormez Ce que j'aime

 

7.

chez Rimbaud c'est la trouvaille

« Lui, comme/mille anges blancs

qui se séparent sur la route,/

s'éloigne par-delà la montagne »

dessin animé bonhomme s'divisant

en mille filant partout nuage de

poussière qu'un hypervéloce bip-

bip à bec laisse sur la piste...

 

8.

« Ils avaient trouvé un cercueil. D'un coup de pioche, ils firent »

(Maupassant, « La Main d'écorché »)

 

« Ils avaient trouvé un cercueil.

D'un coup de pioche, ils firent »

Que trouvèrent-ils ? Un squelette

Sans doute Il leur tira la langue

 

9.

« traumatisée par les conséquences de l'unique nomination »

(Jeanne-Favret-Saada, « Les mots, la mort, les sorts »)

 

« traumatisée par les conséquences

de l'unique nomination» Impossible

désormais de jouer aux échecs avec

les autres dieux il n'y en avait +

qu'un pour décider de nos défaites

 

10.

« à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens »

(Rimbaud)

 

« à l'inconnu par le dérèglement

de tous les sens » & c'est comme

ça qu'on finit au cabanon bancal

& plein d'lune s'tête à l'envers

 

11.

« des histoires, tant pis. N'ayez pas peur des histoires. Je »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

des histoires tant pis N'ayez pas peur

des histoires il en est tissé le monde

des histoires pis souvent de fil blanc

& qu'ça court les rues sur deux pattes

 

12.

« on distinguait au loin, fondues, la mer et la côte plate »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

« on distinguait au loin, fondues,

la mer et la côte plate » ciel bas

nuages noués coton sable pâle dans

la caboche comme un air de violon. 

 

13.

« d'entrer dans la boutique pour essayer le crapaud. Dans »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

d'entrer dans la boutique pour

essayer le crapaud y jouer une

fantaisie dévaler le clavier &

tenter le nocturne ou la valse

 

14.

« eux dans une pesante résonance de gong. Ils se mirent »

(Jean Echenoz, « Cherokee »)

 

Eux dans une pesante résonance de gong

Ils se mirent en route vers le tombeau

hindou traversant les petites cases de

la jungle vers la promesse à suivre…

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 janvier 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 10:22

T'ECRIS T'ECRIS C'EST TOUT C'QUE TU SAIS FAIRE

 

1.

Les poètes qui nous ont précédés, sans doute ils y croyaient, à l'avenir radieux, au monde plus juste, à la fratermachin, mais nous, on la voit arriver, nous maintenant, l'apocalypse sponsorisée, la définitive défaite de tous les pensants.

 

2.

« en un sens, cela ne concerne que mon rapport particulier avec le thème de la lutte ou de la mise à mort. »

(Jeanne Favret-Saada, « Les mots, la mort, les sorts »)

 

Rapport particulier avec

le thème de la lutte car

vivre c'est se battre on

dit ça on ne dit rien de

la mise à mort bien sûr.

 

3.

Imbibé bourré de balbulties

bavant des babioles abêti &

abruti d'bibine il tituba &

tomba se cabossa pis bouche

bée y resta sur le carreau.

 

4.

« Tu seras assis quelque part, petit plein perdu dans le vide, pour toujours, dans le noir. »

(Samuel Beckett, « Fin de partie » [Hamm])

 

Quelque part petit plein perdu

dans le vide tout vaincu fichu

regardant le monde comme si tu

pigeais soudain qu'il est absu

 

5.

De l'os de l'os de l'os de l'os

de l'os de l'os de l'os de l'os

qu'ça jacasse & qu'ça carnivore

& qu'ça s'bécote que ça s'adore

 

De l'os de l'os de l'os de l'os

de l'os de l'os de l'os de l'os

qu'ça s'prend l'bec se choque &

s'attaque s'décapite s'massacre

 

De l'os de l'os de l'os de l'os

de l'os de l'os de l'os de l'os

partout partout de l'os Ça fera

un immense désert & nul vivant.

 

6.

« on s'en va plein d'os !… et pas que des os !… de la viande après !… on profite un peu avec Lili... »

(Céline, « D'un château l'autre »)

 

Et pas que des os !...de la viande

après !...on profite Ciel bleu mer

bleue yeux verts venez-à moi jolis

souvenirs avant qu'je rende tout à

çui-là que j'sais qu'il existe pas

 

7.

Ce que je fais c'est que je jazze

je m'improvise d'la verrerie avec

des mots des bouts de phrases que

j'attrape çà & là dans les livres

des mots des bouts de phrases que

j'entends çà & là ou que j'me dis

ces mots ces bouts de phrases ces

éclats qui me bricolent un monde.

 

8.

« T'écris, t'écris ! c'est tout c'que tu sais faire ! » qu'i m'jacasse les oreilles, l'perroquet d'dedans ma tête, et que j'en suis même pas maître.

 

9.

« De la poche de sa gabardine où elle était enfouie il sortit une de ses mains »

(Claude Simon, « Le Sacre du printemps »)

 

Les autres en profitèrent pour se carapater et faire des farces au passant (voler des chapeaux, sonner aux portes...) y en a même une qui joua l'écorchée dans un conte de Maupassant.

 

10.

« Allons serrons allons serrons, et la silhouette et la voix disparaissent en arrière dans l'obscurité »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

Je rêve qu'il me parle que me

dit-il ? Que je suis condamné

puis la silhouette et la voix

disparaissent en arrière dans

 

11.

J'aime lire à voix haute. Il me semble alors qu'un monde, un autre monde me parle.

 

12.

Parfois, je ne m'décide pas à aller me coucher. La mort ne couche pourtant pas dans mon lit. Pas encore.

 

13.

« hypothèse : disparition faune marine pléistocène/pliocène rayonnement cosmique explosion supernova »

(notes sur « Une belle histoire du temps », Stephen Hawking traduit par Béatrice Commengé, Flammarion, 2005, p.98)

 

Dans Stephen Hawking que je

lis ça « Une belle histoire

du temps » qu'on a émis une

hypothèse qu'la disparition

de toute la faune marine au

(y avait-il de ces monstres

marins qu'on imagine géants

scorpions de mer et des tas

d'carapaces armées d'pinces

de dards de gueules féroces

cauchemardesques tentacules

& anacondesques murènes?)au

pléistocène/pliocène par le

rayonnement cosmique qu'une

supernova aurait fait BAOUM

c'que c'est qu'de nous hein

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 janvier 2016

 

17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 16:15

AU VENT

 

1.

« Les mots diversement rangés font un divers sens, et les sens diversement rangés font différents effets. »

(Pascal, « Pensées »)

 

2.

« L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance,

L'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes ;

la soie »

(Rimbaud, « Mémoire »)

 

3.

« - C'est impossible, prononça tout haut Mrs Bantry, j'ai dû rêver !

Mais elle était convaincue de n'être point le jouet de son imagination. »

(Agatha Christie, traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque »)

 

4.

« tous les deux pataugeant jusqu'à la cheville dans les flaques des dernières pluies »

(Claude Simon, « Les Géorgiques »)

 

5.

On n'est jamais que plus ou moins conscient, quand même qu'on y va, qu'on s'dit qu'les autres, des fois, i sont tout aussi embrumés qu'vous.

 

6.

Ne jamais sous-estimer l'acuité de la conscience de l'autre. La cervelle est capable de dissimuler plus d'un poignard.

 

7.

AU VENT

 

Dans la caboche

Une cloche

Fêlée

 

Et puis dans la tête

Elle est la fête

Terminée

 

Et on s'ennuie

Et la nuit

Nous prend

 

Et bientôt

Nos os

Vont

 

Au vent.

 

8.

On croit que not' trou nous attend, là-bas. Non. Il nous suit, not' trou, il nous ombre, il guette le faux pas, la distraction fatale, le pet d'travers, et puis hop ! il nous fout d'dans, définitif.

 

9.

« - Êtes-vous aussi un détextive ? »

(Agatha Christie, traduit par Louis Postif, « Un cadavre dans la bibliothèque » [Un gamin à Sir Henry], « Le Club des Masques » n°38, 1979, p.107).

 

Épatante coquille (ou peut-être pas) : un « détextive », un détective de texte, un enquêteur de fiction : Poirot, Holmes, Maigret sont donc des détextives.

 

10.

« L'eau claire » j'aime le prénom

Claire je ne connais personne qui

Claire s'appelle j'aime le prénom

Claire mais on s'en fiche « comme

 

11.

Je soupçonne que quelqu'un

a filé avec Un bref moment

qu'vous n'pensez à rien et

c'est tout d'même kekchose

hop on vous prend la tête.

 

12.

le sel des larmes d'enfance » que

c'est loin l'enfance comme un été

qui ne reviendra plus qu'après on

est tout obligé d'un tas de trucs

 

13.

rochers au risque de se

casser les jambes ah on

m'y reprendra d'engager

d'imprudentes danseuses

des coureuses de côtes.

 

14.

travailler gagner sa vie subir la

foule immense des gens qu'en fait

on en a rien à faire que toujours

quand même on fantasme « L'assaut

 

15.

de la réalité qu'au bout d'un

moment Qu'une porte claque et

vous voilà sorti d'vos songes

pour le réel où tout peut ar-

 

16.

« l'assaut au soleil des blancheurs des

corps de femmes » plein la caboche on a

d'ça « des blancheurs des corps » qu'il

 

17.

tu faisais les yeux doux à cette

Espagnole aux cheveux noirs & si

elle avait été rousse Irlandaise

alors yeux verts & peau d'lait ?

 

18.

des blancheurs qu'il y a des corps

de femmes » qu'tout un tas de psys

y trouvent la cause dans ces corps

de femmes » là de troubles qu'on a

 

19.

espèce de paisible détachement

mais à y songer le détachement

demande un certain calme peut-

on feindre le détachement oui.

 

20.

pis qu'on sait pas pourquoi Je dis

de femmes » ça pourrait être aussi

bien des corps d'hommes évidemment

« la soie » ça crie ça non la soie

 

21.

jusqu'à la cheville dans les

flaques des dernières pluies

qu'on court comme ça dans le

passé mômes perdus à jamais.

 

22.

« la soie » ça crie ça non la soie

quand on la déchire j'sais plus où

quand elle se déchire elle crie où

j'ai entendu ça le cri de la soie?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 16 janvier 2016.

Published by PATRICE HOUZEAU - dans VERS JUSTIFIES
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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 03:34

CREPUSCULAIRES

 

1.

Des personnages vêtus de noir… Ah ça, si ce vieux cabot meurt sur scène, toute la troupe sera déjà en deuil…

 

2.

Y a pas plus d'fantôme qu'd'esprit dans ta caboche ! Tu hallucines, mon vieux… ça doit être le cassoulet… le cassoulet pur néant d'la table à l'aut' mort-là…

 

3.

S'il ne fallait rien faire, alors pourquoi vous l'fîtes

Qu'maintenant on en a l'âme si déconfite ?

 

4.

On a beau mettre les morts à table, i mangent rien… N'empêche qu'il y a des vivants qui disparaissent...

 

5.

Toutes ces pluies sans cesse, ça finit par vous détremper l'tempérament, par vous valser sur les bronches, par vous donner un goût d'moisi de drôle de pain.

 

6.

« Elle est retrouvée.

Quoi ? - l'Eternité. »

- Et ta sœur, elle est r'trouvée ?

 

Note : Ça, le spectre à Tutur, i va p't'êt' pas m'le pardonner.

 

7.

C'est bien beau d'disserter sur la charogne, de rimailler l'grouillement, mais la facture, faut la payer.

 

8.

Ce monde est plein de trous. Avec de l'agitation autour, comme s'il voulaient se faire oublier.

 

9.

Si j'étais peintre, je peindrais des chevaux morts… de vieux chevaux sans retour.

 

10.

Les théâtres sont pleins d'ombres… y en a même qui causent...

 

11.

Le squelette et la chair, tu parles d'un couple ! Y en a toujours un qui finit par lâcher l'autre.

 

12.

T'avais donc rien d'autre à faire, dis, espèce de grand, de haut, d'éternel semeur de défaites…

 

13.

La nuit, dans les forêts profondes passent les cavaliers sans tête. Parfois, ils viennent la chercher sous nos paupières.

 

14.

L’État français, à force de s'endetter, il finira par mettre Marianne sur le trottoir ; si c'est pas déjà fait...

 

15.

Se refusant à parler dans son sommeil, la fée du palais se retourne sept fois dans son lit.

 

16.

Injustice : des fois, quand on crache en l'air, ça r'tombe sur le nez d'un autre.

 

17.

La vie sociale a pour but d'éviter le grand étonnement de soi-même ; ce qui n'empêche pas toujours les mauvais tours que l'on se fait.

 

18.

Les mots sont pleins de vertiges. Puis ils tendent des pièges, qu'on appelle phrases, dans lesquels tombent tous les dieux.

 

19.

La dernière réplique d'un mort… son testament… qui parfois vous saisit le vif d'une bien drôle de façon.

 

20.

Des hiéroglyphes que des scribes obscurs alignent sans jamais les déchiffrer tout à fait, c'est nous tout craché, ça !

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 janvier 2016.

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