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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 12:36

CAP Français
S'INSERER DANS UN GROUPE
A) Communiquer.

 

I) Analyse.
Source : CAP Français programme 2010, Foucher, 2010, p.40-41.

 

Doc 1, 2 3 : Trois types de communication.

 

1) Quelle est la nature de ces trois documents ?
2) En quoi ces trois documents illustrent-ils une situation de communication ?
3) Rétablissez l'orthographe du texto (cf doc 3)
4) Pourquoi les auteurs de textos utilisent-ils une écriture si simplifiée ?

 

Doc 4 : Le texte de Katia Vilarasa.

 

1) Quel est le constat que fait d'abord l'auteur de cet article ?
2) Expliquez l'expression "l'étrange sabir utilisé par les initiés".
3) Quel est le problème que pose à l'usage habituel de la langue française cet "étrange sabir" ?

 

II) Rédiger une lettre.
Source : Cap Français, op. cit. p.42-43.

 

Doc 5 : Le texte de Chloé (cf "Contenu et présentation")

 

1) Répondre à la question 1
2) Répondre à la question 2
3) Répondre à la question 3

 

Doc 6 : La réponse de Simon. (cf "Ecriture")

 

1) Quelle est la nature de ce document ?
2) Pourquoi Simon tutoie-t-il Chloé ?
3) Relevez les phrases exclamatives. Pourquoi Simon emploie-t-il ce type de phrase ?

 

Exercice : En quelques lignes, écrivez une brève lettre dans laquelle vous répondez à l'invitation de "Sami" (cf exercice 4 (cf "Répondez à ce courriel..."). Vous pouvez accepter ou refuser l'invitation, mais dans les deux cas, donnez les raisons pour lesquelles vous acceptez ou vous refusez. Par exemple, vous pouvez expliquer à Sami que vous n'êtes pas libre ce soir-là car vous attendez l'arrivée d'un cousin, ou d'une cousine, qui, habitant loin, ne vient pas souvent vous voir, qu'il y a un repas organisé chez vous, ou que ce soir-là, vous ne serez de toute façon pas là car vous assisterez à un concert, ou à un match de foot, ou à tout autre événement que vous voulez évoquer.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 août 2013

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 11:24

CE FUT UN VRAI POETE
Notes sur le poème "Décourageux", de Tristan Corbière (cf Les Amours jaunes, Le Livre de Poche n°16083, p.130). Citations entre guillemets.

 

1.
"Décourageux

 

Ce fut un vrai poète : il n'avait pas de chant.
Mort, il aimait le jour et dédaigna de geindre.
Peintre : il aimait son art - Il oublia de peindre...
Il voyait trop. - Et voir est un aveuglement."

 

a) En quoi le titre est-il programmatique ?

 

Il s'agit d'un néologisme qui signifie le contraire de "courageux". Le "décourageux" est donc celui qui n'a pas le courage d'être courageux. Il est le découragé par définition. Celui qui n'attend même pas d'être découragé pour manquer de courage. C'est le vélléitaire intégral. La chiffe molle. L'artiste dans sa tête. Intituler un poème "décourageux", c'est donc annoncer que l'on va brosser le portrait d'un antimodèle, puisque qu'il est tout de même difficile de s'enthousiasmer pour quelqu'un qui manque de courage.

 

b) Sur quelles oppositions est basé ce quatrain ?

 

Le poète n'a pas de chant. Le revenant ne se plaint pas. Le peintre ne peint pas. Le voyant est aveugle. L'essentialisme vire à la catastrophe, car comment, dès lors, se faire reconnaître, si l'on n'est pas capable de ululer la nuit dans un château anglais ?

 

2.
"- Songe-creux : bien profond il resta dans son rêve ;
Sans lui donner la forme en baudruche qui crève,
Sans ouvrir le bonhomme, et se chercher dedans."

 

Quelle valeur accorder à la préposition "sans" ?

 

La préposition "sans" caractérise ici l'essence du "décourageux" : il n'est pas en phase avec la réalité (puisqu'il est "bien profond dans son rêve") ; il n'est pas productif (puisqu'il ne donne forme à rien, même pas à une "baudruche qui crève") ; il n'est pas capable d'introspection, et ne se cherche pas en lui-même. Bonhomme sans courage, il est sans exister réellement.

 

3.
"- Pur héros de roman : il adorait la brune,
Sans voir s'elle était blonde... Il adorait la lune ;
Mais il n'aima jamais - Il n'avait pas le temps."

 

Peut-on dire que le "décourageux" rêve sa vie plus qu'il la vit ?

 

Puisqu'il est un "pur héros de roman", c'est-à-dire un être fictionnel, et même autofictionnel, s'il se met à "adorer", il ne peut réellement vérifier si l'objet de son adoration est une fausse brune, ou une vraie blonde. Il ne peut que rêver la lune, la marraine de toutes les promesses, et son temps est celui du rêve et non celui de l'action. Aussi ne peut-il vivre efficacement avec les autres, et donc il ne peut aimer. "Il n'avait pas le temps", car il était dans l'incapacité d'accéder au temps partagé des autres.

 

4.
"- Chercheur infatigable : Ici-bas où l'on rame,
Il regardait ramer, du haut de sa grande âme,
Fatigué de pitié pour ceux qui ramaient bien..."

 

Quelle est, dans ce tercet, la posture analysée par l'auteur ?

 

Il s'agit de la condescendance, d'une certaine arrogance aussi : le "Chercheur infatigable" ne cherche rien et regarde avec mépris et pitié condescendante ceux qui se démènent, se débrouillent et, par leurs efforts, arrivent à se faire une place "ici-bas où l'on rame". Et s'il est "fatigué", c'est à force de condescendre à regarder les autres vivre et non en raison de ses hypothétiques recherches.

 

5.
"Mineur de la pensée : il touchait son front blême,
Pour gratter un bouton ou gratter le problème
              Qui travaillait là - Faire rien. -"

 

Comment se manifeste ici l'ironie de l'auteur ?

 

Par l'opposition entre l'expression "mineur de la pensée", qui définit donc quelqu'un qui serait capable d'une pensée profonde, et le fait que le décourageux en reste à la surface des choses, et même de lui-même (cf "son front blème, pour gratter un bouton"), se préoccupant surtout du comment continuer à ne rien faire. L'ironie se manifeste dans l'emploi de l'expression "gratter le problème" et du verbe "travailler". Et c'est évidemment par antithèse que ces mots sont employés.

 

Note : A force de gratter le problème, on finit par l'infecter et après, ce qu'on étudie, ce n'est plus un problème mais une plaie pleine de pus.

 

6.
"- Il parlait : "Oui, la Muse est stérile ! elle est fille
"D'amour, d'oisiveté, de prostitution ;
"Ne la déformez pas en ventre de famille
"Que couvre un étalon pour la production !"

 

Pourquoi l'auteur donne-t-il la parole à son "décourageux" ?

 

Par le style direct, le décourageux parle lui-même, et, sous le couvert du narrateur (qui n'est qu'effet de fiction), l'auteur peut ainsi avancer des propositions qui peuvent passer pour scandaleuses. Ainsi, le décourageux assimile la rêverie poétique à l'inspiration d'une "Muse stérile", et même triviale, voire vulgaire et de basse extraction (en somme, une fille de mauvaise vie). Il cherche aussi à provoquer en s'attaquant au dogme de la fondation des foyers et de la nécessité d'avoir des enfants qu'il réduit à l'image d'un "ventre de famille" exploité par un "étalon".

 

7.
"Ô vous tous qui gâchez, maçons de la pensée !
"Vous tous que son caprice a touchés en amants,
" - Vanité, vanité - La folle nuit passée,
" Vous l'affichez en charge aux yeux ronds des manants !"

 

Comment, selon l'auteur, apparaît l'influence de la "Muse" ?

 

En tout cas, elle se voit puisqu'elle donne au "touché" d'la grâce poétique un on n'sait quoi qui arrondit l'oeil du péquin ordinaire (le terme "manants" et l'emploi du verbe "gâcher" soulignent tout le mépris dont est capable le décourageux aussi bien que le créateur infatué). C'est que les inspirés sont soumis à son caprice, sont des revenus de la "folle nuit", sont les "amants" dont on voit bien qu'ils sont singuliérement épris, et pleins d'une étrange "vanité" ; il est vrai que ce sont des bâtisseurs, de murs imaginaires, évidemment. La strophe s'en prend à la figure du poète romantique, du poète porte-parole, de la conscience hugolienne en en faisant un original, une espèce de toqué qui s'imagine être important alors qu'il n'est guère différent d'un jeune homme qui a l'air d'avoir passé la nuit avec une folle.

 

8.
"Elle vous effleurait, vous, comme chats qu'on noie,
"Vous avez accroché son aile ou son réseau,
"Fiers d'avoir dans vos mains un bout de plume d'oie,
"Ou des poils à gratter, en façon de pinceau !"

 

En quoi la figure du "créateur" est-elle ici égratignée ?

 

Le créateur est ici réduit au possesseur d'un "bout de plume d'oie", de quelques "poils à gratter, en façon de pinceau". C'est un sot, un vaniteux, au mieux un potache à poils à gratter et il ne vaut guère plus qu'un "chat qu'on noie". Car qu'en fait-il, de son "bout de plume d'oie", qu'en fait-il de sa "façon de pinceau" ? Ou il en fait des sottises, ou il n'en fait rien du tout, en bon "décourageux", poète sans chant, peintre sans tableau.

 

9.
"- Il disait : "Ô naïf Océan ! Ô fleurettes,
"Ne sommes-nous pas là, sans peintres, ni poètes !...
"Quel vitrier a peint ! quel aveugle a chanté !...
"Et quel vitrier chante en raclant sa palette,"

 

Quel constat fait le décourageux ?

 

Il constate que, somme toute, les artistes sont des inutiles, qu'on est aussi bien sans eux dont l'Océan n'est que "naïf", et les fleurs des "fleurettes". Les exemples du vitrier et de l'aveugle sont amusants en ce que la vitre permet de voir et, cependant, que peut voir un aveugle devant une vitre ? Rien de plus que devant un mur. Ainsi, vous avez beau en composer des poèmes, vous avez beau en peindre des tableaux, les gens ne voient rien, et j'ajoute, pour ma part que personne n'y voit rien puisque, de toute façon, il n'y a rien à voir d'autre que de la couleur et de l'encre qui ont l'air de faire sens. Un poème, c'est quoi ? c'est un portrait parfaitement bien réalisé devant qui on dit : Regardez, on dirait qu'il va parler. Mais le portrait ne dit rien. Jamais.

 

10.
"Ou quel aveugle a peint avec sa clarinette !
"Est-ce l'art..."
                           - Lui resta dans le Sublime Bête
Noyer son orgueil vide et sa virginité.

                                                                      (Méditerranée.)"

 

a) En quoi la dernière strophe du poème constitue-t-elle une sorte de coup de grâce ?

 

L'image du créateur en vitrier barbouilleur et en aveugle chantant aboutit à la pochade d'un "aveugle" qui "peint avec sa clarinette !". L'artiste est ici ridiculisé. Les deux derniers vers définissent l'inspiration artistique comme un "Sublime Bête" où le créateur qui se prend au sérieux est plein d'un "orgueil vide" (puisque rien ne justifie réellement son orgueil) et, en fin de compte, il n'est jamais, qu'il fasse quelque chose ou qu'il ne fasse rien, qu'un puceau du réel.

 

b) Pourquoi le narrateur interrompt-il le discours du décourageux : "Est-ce l'art..." ?

 

Le discours du décourageux tend à se répéter, et puis il en devient paradoxal, puisque dénoncer en alexandrins la vanité de l'art, c'est aussi faire de l'art. Au fond, le véritable décourageux est celui qui finit par ne plus rien faire, c'est ainsi qu'il se noie "dans son orgueil vide" de toute oeuvre. Dès lors, il n'y a plus rien à dire et il ne reste plus qu'à mettre un point final au poème, en indiquant qu'on l'a composé devant la Méditerranée, qui, comme on le sait, est une mer qui ne bouge guère.

 

c) Ce poème de Corbière peut-il être considéré comme un autoportrait ?

 

A partir du moment où Tristan Corbière prend la plume pour brosser le portrait rimé d'un "décourageux", il sort de la posture de celui qui n'aurait aucune volonté artistique. D'autre part, même s'il partage sans doute les critiques que le décourageux fait de la vanité du créateur, il distingue son propre discours (le portrait du décourageux) du discours du décourageux lui-même qui finit par tourner en rond, c'est-à-dire à tourner au discours du critique d'art (cf "Est-ce l'art..."). Ce faux autoportrait peut rappeler, si l'on veut, le dialogue imaginé par Diderot entre le "Moi" et le "Lui", (cf Le Neveu de Rameau) où le philosophe ne partage pas toutes les positions de son interlocuteur, mais les expose avec une virtuosité telle qu'elles ne peuvent que nous intéresser.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 août 2013

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 09:36

NOTES SUR UN JOUR DES MORTS
Notes sur le poème "Rhénane d'automne", d'Apollinaire (in Alcools). Citations entre guillemets.

 

1.
"RHENANE D'AUTOMNE

 

Les enfants des morts vont jouer
Dans le cimetière
Martin Gertrude Hans et Henri
Nul coq n'a chanté aujourd'hui
Kikiriki"

 

a) En quoi le titre nous renseigne-t-il ?

 

Le titre "Rhénane d'automne" nous renseigne sur le cadre spatio-temporel du texte : les bords du Rhin en automne.

 

b) En quoi l'expression "les enfants des morts" donne-t-elle le ton de ce poème ?

 

L'expression jette une note mélancolique. Elle rend compte à la fois de la tragédie du vivant (dont la condition est de vivre parmi les morts) et de notre nécessaire légéreté : les enfants font ce que font tous les enfants, ils "vont jouer".

 

c) En quoi l'emploi de l'onomatopée est-il intéressant ?

 

L'onomatopée "kikiriki" équivaut au "cocorico" de la langue française. Il marque la présence de la culture germanique, mais, surtout, il actualise l'être d'une absence, celle du chant du coq. Le coq n'a pas chanté ; nul ne sera trahi.

 

2.
"Les vieilles femmes
Tout en pleurant cheminent
Et les bons ânes
Braillent hi han et se mettent à brouter les fleurs
Des couronnes mortuaires"

 

Pourquoi, à votre avis, cette strophe mêle-t-elle la tristesse et le grotesque ?

 

Sans doute, Apollinaire se refuse-t-il à écrire une poésie qui pourrait passer pour misérabiliste. Comme à son habitude, il a recours à la fantaisie, et tente ainsi de rendre compte de tous les aspects du réel : la tristesse des "vieilles femmes" qui pleurent, mais aussi la cocasserie des "ânes" qui "se mettent à brouter les fleurs des couronnes mortuaires". On notera que, comme dans la première strophe, l'auteur a recours à l'onomatopée (cf "hi han") pour souligner le côté plaisant de son évocation.

 

3.
"C'est le jour des morts et de toutes leurs âmes
Les enfants et les vieilles femmes
Allument des bougies et des cierges
Sur chaque tombe catholique
Les voiles des vieilles
Les nuages du ciel
Sont comme des barbes de biques"

 

En quoi la composition de cette strophe est-elle intéressante ?

 

La troisième strophe confirme la composition choisie par le poète. Comme pour les deux premières strophes, le poète commence par une évocation réaliste (ici, l'évocation de la Toussaint) puis il en module la mélancolie par l'emploi d'un trait fantaisiste ; ainsi, les "voiles des vieilles" et les "nuages" sont comparés à des "barbes de biques". On peut noter que dans ces trois premières strophes, ce sont les animaux qui servent de prétexte au sourire.

 

4.
"L'air tremble de flammes et de prières
Le cimetière est un beau jardin
Plein de saules gris et de romarins
Il vous vient souvent des amis qu'on enterre
Ah ! que vous êtes bien dans le beau cimetière
Vous mendiants morts saouls de bière
Vous les aveugles comme le destin
Et vous petits enfants morts en prière"

 

En quoi cette strophe introduit-elle une rupture dans la composition du poème ?

 

La mélancolie ici se fait plus prégnante. Le tableau est certes apaisant (cf "Le cimetière est un beau jardin / Plein de saules gris et de romarins"), et l'auteur se permet même une légère désinvolture ("Ah ! que vous êtes bien dans le beau cimetière"), mais l'adresse aux morts sonne comme un memento mori, un souviens-toi que la vie est fragile. De plus, le jeu des rimes est plus évident, plus affirmé, donnant ainsi à la strophe un air plus net de chanson, de ritournelle.

 

5.
"Ah ! que vous êtes bien dans le beau cimetière
Vous bourgmestres vous bateliers
Et vous conseillers de régence
Vous aussi tziganes sans papiers
La vie vous pourrit dans la panse
La croix vous pousse entre les pieds"

 

a) Quelle valeur donner à la répétition du vers "Ah que vous êtes bien dans le beau cimetière" ?

 

Cette répétition donne au poème un air de balade, comme si la méditation du narrateur était assez nonchalante, comme s'il laissait sa rêverie filer au gré de pensées et d'images, qui lui vont, qui lui viennent, au fil du temps.

 

b) Quelle valeur donner à la reprise de l'anaphore "vous" ?

 

Cette reprise infirme la nonchalance apparente de la composition. Ainsi, le vers "Ah ! que vous êtes bien dans le beau cimetière" introduit l'anaphore "vous" et leur adresse aux morts. Elle rappelle ici que tous les humains sont mortels, aussi bien les notables, les "bourgmestres", les "conseillers", que les "mendiants" et les "tziganes".

 

c) Quel ton prend soudain cette strophe ?

 

Les deux derniers vers de la strophe ("La vie vous pourrit dans la panse" / "La croix vous pousse entre les pieds") sonnent comme une dissonance, une amertume plus forte. Il ne s'agit plus de mélancolie modulée par une rêverie amusée, mais de causticité, de lucidité, presque de virulence.

 

6.
"Le vent du Rhin ulule avec tous les hiboux
Il éteint les cierges que toujours les enfants rallument
Et les feuilles mortes
Viennent couvrir les morts"

 

a) En quoi ces quatre vers renouent-ils avec la composition des trois premières strophes ?

 

Le retour du bestiaire, via "les hiboux", le croquis des enfants qui rallument les cierges que le vent éteint, l'écho "ulule / rallument", l'assonance "ou" ("tous les hiboux", "toujours"), renouent avec la mélancolie amusée de la première partie du poème.

 

b) Comment le passage du temps y est-il évoqué ?

 

Outre le rappel de la présence du fleuve et du vent soufflant du fleuve, la mélancolie induite par la sensation de temps qui passe est très sobrement exprimée par l'effet visuel des feuilles qui tombent sur les tombes, effet renforcé par la modulation de l'épithète "mortes" / "morts".

 

7.
"Des enfants morts parlent parfois avec leur mère
Et des mortes parfois voudraient bien revenir"

 

Quelle nouvelle rupture vient de nouveau changer la tonalité du texte ?

 

Jusqu'à ce distique, le poème est réaliste, mais le narrateur exprime soudain de drôles d'idées. Il imagine les pensées des morts, et donc que les morts d'une certaine manière ont une existence à eux. La rupture entre réel et imaginaire est d'autant plus surprenante que l'auteur présente ses intuitions comme étant des faits. Sans doute rend-il ainsi compte des idées qui peuvent se mêler à la mélancolie des vivants. Cependant, le lexique employé et la répétition "morts", "parfois" / "mortes", "parfois" souligne l'homogénéité de la composition quasi musicale du poème. D'autant plus musicale que le rythme y est régulier :
"Des enfants morts / parlent parfois / avec leur mère
Et des mor - / -tes parfois / voudraient bien / revenir".

 

8.
"Oh ! je ne veux pas que tu sortes
L'automne est plein de mains coupées
Non non ce sont des feuilles mortes
Ce sont les mains des chères mortes
Ce sont tes mains coupées"

 

En quoi cette strophe renforce-t-elle à la fois la rupture initiée dans le distique précédent et la composition quasi musicale du poème ?

 

L'hallucination prend le pas sur le réel. Quelqu'un parle, le style direct l'atteste. Une mère à son enfant ? Le narrateur à sa bien-aimée ? La situation d'énonciation est ouverte. Ainsi, la rupture sémantique est consommée : on est passé de la mélancolie amusée devant le réel à l'intuition hallucinée, à la vision surréaliste des "mains coupées" qui remplacent les "feuilles mortes". Cependant, si le ton du poème a changé, les modulations des répétitions ("mains coupées" ; "feuilles mortes" ; "mains des chères mortes" ; "mains coupées") évoque toujours la balade, la pièce pour piano.

 

9.
"Nous avons tant pleuré aujourd'hui
Avec ces morts leurs enfants et les vieilles femmes
Sous le ciel sans soleil
Au cimetière plein de flammes

 

Puis dans le vent nous nous en retournâmes"

 

Comment le narrateur marque-t-il son empathie ?

 

En employant le pronom "nous", le narrateur reprend les mots mêmes des visiteurs du cimetière ("Nous avons tant pleuré aujourd'hui"). Il les accompagne dans leur deuil ("Avec ces morts leurs enfants et les vieilles femmes" / "nous nous en retournâmes"). Il s'inscrit ainsi dans le paysage de la nuit tombant sur le cimetière ("le ciel sans soleil") et la présence des cierges ("Au cimetière plein de flammes"). A noter aussi que le texte emploie maintenant les temps du passé, et marque ainsi et la fin de la journée et l'écoulement du temps.

 

10.
"A nos pieds roulaient les châtaignes
Dont les bogues étaient
Comme le coeur blessé de la madone
Dont on doute si elle eut la peau
Couleur des châtaignes d'automne"

 

En quoi cette dernière strophe contribue-t-elle à faire du poème une méditation sur le temps.

 

L'emploi de l'imparfait et du passé simple inscrivent l'action du poème dans une diachronie, un cycle, un rituel. Les châtaignes reviennent chaque automne et chaque automne, leurs bogues éclatent, comme les coeurs des enfants des morts et des vieilles femmes qui viennent se souvenir. Le narrateur rappelle aussi la dimension religieuse : "le coeur blessé de la madone", c'est-à-dire de la "Vierge à l'enfant", symbolise la douleur des mères que, cependant, le poète semble désincarner dans un étrange dernier trait ("Dont on doute si elle eut la peau / Couleur des châtaignes d'automne"). Naïveté feinte ? Car que veut-il dire ? Que la Madone n'avait pas la peau verte ? Qu'elle était purement et simplement humaine ? Peut-être. Ce dernier trait permet aussi une actualisation du passé des Saintes Ecritures, et  aussi celui, plus indéterminé, des traditions locales, c'est-à-dire du passé de tous les passés : par l'emploi du présent "on doute", le poète rappelle au lecteur la persistance de l'être mémorable, l'humaine transcendance au coeur des choses les plus banales ( ici, la "couleur des châtaignes d'automne").

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 août 2013

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 08:56

CAP Français
SE CONSTRUIRE
Lecture : Questionnaire sur "Nous sommes tous des Gitans belges !" de Didier Daenincks.

Source : CAP Français, Foucher programme 2010, p.34 à 37.

 

A) Lignes 1 à 37 :

 

1) Qui est Fantaisie ?
2) Qui est Andres ?
3) Qui est M. Demuyck ?
4) Que doivent, sur l'ordre des gendarmes, faire les Gitans ?

 

B) Lignes 40 à 72.

 

5) Vers où se dirige la caravane ?
6) A votre avis, pourquoi Andres décide-t-il de ne pas "allumer de feu" ?
7) Que nous apprennent les dialogues sur le cadre spatio-temporel de cette nouvelle ? (cf la rubrique "Repères")
8) Pourquoi les "Zigeuners" partent-ils d'Allemagne pour "marcher vers le sud de la Belgique" ?

 

C) Lignes 73 à 98

 

9) Pourquoi l'auteur écrit-il que "tout le pays s'était mis en marche vers la frontière" ?
10) Comment a-t-on appelé cette fuite de la population devant la progression de l'armée allemande ?
11) Sur la toute, par quoi le passage est-il bloqué ?
12) A qui appartient le "véhicule accidenté" ?
13) Que font Andres et Déméter pour pouvoir passer ?

 

D) Lignes 99 à 145

 

14) Que leur demande Demuyck ?
15) Est-ce que les Gitans acceptent d'aider le paysan ? Que font-ils précisément ?
16) Quelle est ensuite l'attitude de Demuyck ?
17) A quoi Andres compare-t-il l'exode des populations civiles?
18) A quel sentiment Andres attribue-t-il l'attitude de Demuyck?
19) Comment se termine cette histoire ? Que pensez-vous de ce dénouement ?
20) Après avoir lu cette nouvelle, expliquez-en le titre : "Nous sommes tous des Gitans belges !".

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 août 2013

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 17:54

CONTRE ! EST UN NARRATEUR PAS GENTIL
Notes sur le poème "Contre !" de Henri Michaux (in Henri Michaux, La nuit remue, La bibliothèque Gallimard n°90, p.112-113).

 

1) Dans le poème "Contre !" avec quoi le narrateur affirme-t-il pouvoir construire une ville ?

 

Avec pas grand chose, ce qui n'est pas possible. Mais comme il y a des villes qu'on a bâties sur des bidons, des villes qu'on a creusées dans des roches, des villes aux maisons aux murs de papier, alors pourquoi pas une ville en lenteur de gemellance, en pesanteur de point pala, en absence de raison ?

 

2) Quel est le verbe employé pour signifier le cri de cette ville ?

 

Déjà, qu'une ville puisse crier, en soi, ça semble bizarre à dire, cependant qu'à chaque instant, dans chaque ville, des cris sont poussés, des cris de douleur, des cris de surprise, des cris de joie, des cris de plaisir, des premiers et des derniers cris, et je ne parle pas des cris dans les villes bombardées, suppliciées, martyrisées dans la Syrie de 2013, et ailleurs aussi, parce que, voyez-vous, le monde est très très très corrompu de partout, si, si. Ensuite, le verbe employé est le verbe "braire", et même "braire au nez", et "même braire au nez gelé".

 

3) Avec quoi le narrateur prétend-il "asseoir des forteresses écrasantes et superbes" ?

 

Avec ce qui s'échappe de sa cigarette (on supposera que le narrateur fume, ce qui n'est pas prouvé, mais on s'en fout) ; avec aussi ce qui se glisse dans les rues le matin, des fois, quand on voit plus rien, qu'on a l'impression que des voitures à chevaux vont surgir du nulle part, conduites par des cochers bourrus, et que l'on va croiser Sherlock Holmes, pipe, drôle de long manteau, oeil vif. J'ai bien l'impression aussi que le narrateur aime les percussions, comme moi, tiens, j'aime la batterie, moi, la batterie jazz qui vous fait de ces voix jaillies de fontaines batteries que ça vous rend tout joyeux, et, quand on est plutôt du genre brumeux, ça fait plaisir.

 

4) A quoi le narrateur s'en prend-il ?

 

A mon avis, aux gueules de cons, mais il ne le dit pas comme ça. Et puis pas qu'à. Si ça se trouve, à un peu tout le monde. C'est une posture. De toute façon, les gens, faut les tenir à distance. Les gens ne sont pas les gens, ce sont des cerveaux, des mâchoires perspicaces tenaces, des consciences aiguisées comme des couteaux, des menottes et des liens. Les gens, c'est du fatal en marche. Faut faire gaffe. A n'utiliser qu'avec parcimonie et précaution, les gens.

 

5) Pourquoi répète-t-il le mot "Glas" ?

 

Je sais pas. Mais ça fait de l'effet, ce glas, son qui sonne froid, non ?

 

6) Que croit-il, le narrateur ? Et Dieu dans tout ça ?

 

Je ne répondrai à cette question qu'en présence de l'avocat du diable.

 

7) Quel verbe emploie-t-il en le répétant et signifiant ainsi son opposition ?

 

Il "contre", le gars. C'est un scribe contreur, genre.

 

8) Que demande le narrateur à ses "frères damnés" ?

 

Il ne leur demande pas de partager son repas, parce qu'il ne pense pas qu'à la fin du poème il sera crucifié, et du reste, il ne le sera pas. Du coup, s'il ne peut multiplier les pains et changer l'eau en picrate, il aurait pu acheter de la choucroute et de la bière, ah le radin dis donc !

 

9) En quoi le narrateur se montre-t-il paradoxal ?

 

Il se croit nyctalope, le gus, puis génial Thésée, puis pur esprit, vengeur masqué, superhéros, Napoléon Scribe, général Vengeance... A mon avis, dès qu'il aura dessoûlé, il prendra plus la planète pour une "poulie" et nos "carcasses" pour du poulet. Y en a j'vous jure ! Alors qu'à la rentrée, on va avoir plein de jolis romans politiquement recyclés qui vont nous parler habilement des tourments du couple moderne, des rappels inéluctables du passé, de la beauté qu'il y a à aimer les autres, des turpitudes de l'Amérique profonde, du comme c'est dommage tous ces morts mais heureusement l'avenir est dans les nouvelles générations pourvu qu'on arrive à les faire voter socialiste pour que je puisse continuer à me la péter à l'université, enfin bref tout ce que je n'aime pas ou dont je me fous avec l'assentiment des grands héliotropes, qui est un truc que je pique à Rimbaud, que je sais pas ce que ça veut dire, mais comme j'aime bien comme ça sonne, je ne vois pas pourquoi je me priverais.

 

10) Quelle est la date de la composition de ce poème ?

 

Le poème "Contre !" est daté de 1933, l'année où l'autre furieux va prendre le pouvoir en Allemagne. Il y a du furieux dans le poème de Michaux. Le narrateur est un furieux. Si.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 août 2013

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 14:20

NOTES SUR ELEVATION DE BAUDELAIRE
Notes sur le poème Elévation de Baudelaire. Citations entre guillemets.

 

1.
"Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,"

 

a) Analysez le rythme de ce quatrain.

 

Le rythme ternaire est omniprésent et ne se rompt que dans le dernier hémistiche ("des sphé-/-res étoilées"). Cette rythmique affirmée souligne la régularité de l'élévation du point de vue et met en évidence les répétitions des mots-outils ("au-dessus" ; "par-delà").

 

b) Analysez le lexique employé.

 

Gradation dans l'énumération : les deux premiers vers sont terrestres et concrets ("étangs", "vallées", "montagnes", "bois") puis évocateurs du ciel et de la mer (cf les pluriels "nuages" et "mers"). Les deux vers suivants évoquent l'espace et se font plus abstraits : "soleil", "éthers", "confins", "sphères étoilées". On passe ainsi du "au-dessus", qui délimite, au "par-delà", qui ouvre.

 

2.
"Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté."

 

a) A qui s'adresse le narrateur ?

 

Le narrateur s'adresse à son "esprit". A l'époque, le poète n'était point mort, puisque sinon, il n'aurait pu s'adresser à son "esprit", car seuls les vivants s'adressent aux esprits. Notons d'ailleurs qu'il est rare que les esprits, ceux du pas d'ici et de l'au-delà donc, s'adressent aux vivants. En tout cas, ce n'est pas prouvé. Le narrateur s'adresse à son "esprit" car il le sent tout planant, son esprit, comme s'il s'évadait de sa carcasse, comme si sa caboche, au narrateur, s'affranchissait de la lourdeur du corps, se libérait de l'étant pour plonger dans l'être.

 

b) Ce à quoi il s'adresse, à quoi le compare-t-il ?

 

Il s'agit bien de plonger dans l'être puisque le narrateur se compare à un "bon nageur" (ce qui vaut mieux sinon on risque de se noyer), un nageur pâmé même. C'est que l'esprit est dans l'espace virtuel de l'élévation comme un nageur sachant nager dans l'onde.

 

c) Ce à quoi il s'adresse, que fait-il dans l'onde ?

 

Il sillonne gaiement, l'esprit, comme un joyeux laboureur. Il file dans "l'immensité profonde" ; il trace dans la planerie ; il circule dans "l'indicible", que c'en est "volupté", et même "mâle volupté". C'est qu'il est viril dans la volupté, le narrateur.

 

3.
"Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides."

 

a) Que conseille-t-il à son esprit de faire ?

 

Il lui conseille de s'envoler "bien loin de ces miasmes morbides". C'est vrai que le monde est une succession infinie de décompositions et de recompositions. Tout se recycle donc sans cesse que c'en est une vraie dégoûtation quand on y pense. Mais c'est comme ça, et comme y a pas d'avance, il faut faire avec ce qu'on a, et swingue le riz et skate le rat. Mais le narrateur baudelairien, lui, dans l'espace du poème, il lui flanque des ailes, à son esprit, et le fait voler loin de tout ça.

 

b) Où l'envoie-t-il voler, son esprit ?

 

Il l'envoie voler dans "l'air supérieur" (qui s'oppose donc à celui des "miasmes morbides"). Là, il pourra "se purifier" puisqu'il sera dans le "pur", dans le "feu clair qui remplit les espaces limpides." Autrement dit, le poète postule l'existence d'un temps hors du temps, d'un espace hors de l'espace, d'une énergie hors de l'énergie dans laquelle l'esprit se régénère, un lieu en-soi de l'être. Et puis, en plus, c'est beau, avec son rythme ternaire : "Le feu clair / qui remplit / les espa - / - ces limpides".

 

4.
"Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;"

 

Sur quelle opposition est basé ce quatrain ?

 

Ce quatrain est basé sur l'opposition entre "le poids", la lourdeur d'une "existence brumeuse" (c'est-à-dire où rien n'est clair, et qui est donc absurde, imprévisible) et la légéreté que l'on suppose à "l'aile vigoureuse", qui quitte la brume, les "chagrins et les charges" (notez la lourdeur volontaire de la répétition de la syllabe "cha" qui, dans le dernier vers, s'ouvre en "champs") et s'affranchit de la pesanteur pour un espace fertile, visible (cf "lumineux") et écarté des périls qui pourraient surgir façon vaisseau fantôme à spectres féroces de féroces pirates, que mène avec lui le fog de John Carpenter.

 

5.
"Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !"

 

A quoi Baudelaire compare-t-il "les pensers" ?

 

Les "pensers" (la forme vieillie en "e-r-s" affranchit le mot de son actualité sociale, rappelle que la pensée est un exercice qui a son propre temps, un acte en lui-même et non une production réflexe induite par les nécessités de l'humain civilisé), les "pensers" sont comparés à des "alouettes" (sortiraient-ils d'une caboche plus nid d'oiseau que forge à réflexion ?) ; c'est qu'elles s'envolent, les alouettes, et les pensées aussi donc - puisque que tout le poème est traversé d'une aile libre (cf "libre essor"), et planante, c'est-à-dire bien au-dessus, largement au-dessus, radicalement au-dessus de ce monde lourd et brumeux, et libérées qu'elles sont ainsi les pensées, de la malédiction de l'effort (cf "sans effort"), et surtout dotées de la faculté de saisir la langue dégagée de son utilité sociale, la langue que l'on n'entend pas, que l'on ne veut pas entendre, la langue inutile et superbe des "fleurs et des choses muettes", langue qui, évidemment, n'existe pas en elle-même, mais qui est une pure production de la façon dont nous pouvons user poétiquement du langage, façon qui nous a permis de voir en l'autre non plus seulement une conscience étrangère, plus ou moins ouvertement hostile, mais un être complexe envers lequel on peut déployer un large éventail de sentiments et de jugements. Et c'est d'ailleurs là que ça se complique.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 août 2013

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 08:26

UN BEAU MATIN DU PRINTEMPS PRECEDENT
Fantaisies en feuilletant "Le Parfum de la Dame en noir", de Gaston Leroux, Le Livre de Poche Policier n°587. Citations ici entre guillemets.

 

1.
"Arthur Rance et sa femme coururent"
(p.165)

 

Arthur Rance et sa femme coururent, coururent, coururent, coururent tant que certes point ils n'en moururent, mais ils arrivèrent dans un état de déconfiture tel qu'un géant les ramassa à la grande cuiller.

 

Note : Pourquoi un géant ? Parce qu'il a une grande cuiller.

 

2.
"très maître aussi de ses yeux qu'il ne fermait plus."
(p.213)

 

Que c'en était un cinéma permanent, ses yeux, qu'on y voyait ses fées mirettes (elles sont jumelles) y faire leur toilette, déjeuner, faire le ménage, cuisiner, lessiver, repasser, regarder la télé, jouer avec le chien, essayer des robes, et tout ce que font généralement les fées quand elles ne jettent pas des sorts.

 

3.
"Un instant, nous crûmes même qu'il allait s'élancer"
(p.316)

 

Qu'il allait s'élancer, se jeter dans le bournacle, nous en étions retournés de partout qu'on se voyait picasso les uns les autres, mais il ne s'élança point, ne se bournacla point, se contentant de nous regarder avec des yeux qui avaient l'air de crier : Chauds les marrons ! chauds, chauds !

 

4.
"Le début du repas fut assez silencieux."
(p.197)

 

Puis le reste du repas aussi. De telle sorte que nous n'apprîmes rien, ne sûmes rien, et que nous fûmes tout aussi ignorants après qu'avant, à la manière de ces étudiants qui, ayant bamboché toute la nuit, ne vont dans les bibliothèques que pour y trouver un coin discret où roupiller.

 

5.
"Rouletabille grogne de ce que la lettre" [p.228] lui tire la langue et lui décoche des clins d'oeils d'une obscène complicité.
"Oh ! oh !" fit-il.

 

6.
"Un beau matin du printemps précédent"
(p.15)

 

Comme il neigeait, nous n'allâmes point aux champignons. D'ailleurs, ce n'était pas la saison, et puis nous ne connaissons rien aux champignons ; nous ne mangeons jamais de champignons ; nous détestons les champignons. Nous mangeâmes donc du boudin en regardant tomber la pluie sur la plage abandonnée par un fieffé gredin, ma foi !

 

7.
Lorsque de ses oreilles je vis dégringoler des points d'interrogation, je compris qu'il était plongé dans d'intenses réflexions.

 

8.
"Il ne le disait pas, mais on sentait bien qu'il le pensait."
(p.188)

 

Et si nous avions pu tourner les pages de son visage, quelle légende merveilleuse, quelle bibliothèque fabuleuse se serait alors offerte à nos regards !

 

9.
"Rouletabille avait toujours le nez sur le parquet."
(p.277)

 

Je le lui fis remarquer, et ajoutai qu'un courant d'air passant par là, il risquait bien d'y prendre quelque poussière dans les narines, voire quelque maladie... il ne m'écouta point. D'autant qu'il avait laissé ses oreilles sur la porte, pour écouter ce que derrière il s'y disait, j'imagine.

 

10.
"Mon petit ami, puisque vous n'avez rien à faire, tâchez donc de trouver "le pied gauche de la rue Oberkampf."
Et il le quitta sur ces mots bizarres"
(p.65)

 

Bizarres, en effet, comme si les rues avaient des jambes. Ah la la ! N'importe quoi !...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 août 2013

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 08:16

CAP Français
SE CONSTRUIRE
C) Imaginer son avenir (avoir un projet de vie)
Source : CAP Français programme 2010, Foucher, p.24-25.

 

II) Exercices.

 

Doc 1 : "Contenu et plan"

 

a) Combien de paragraphes comporte ce texte ?
b) Qui est l'auteur de ce texte ? Qui est-elle ? (justifiez votre réponse).
b) Montrez que chaque paragraphe correspond à trois aspects de la vie telle que Nora la voit (vie professionnelle, vie sociale, vie de famille).
c) Citez deux exemples utilisés par Nora pour justifier son projet de vie.

 

Doc 2  : cf exercice 1 ("identifiez le domaine...")

 

a) Qui est l'auteur de ce texte ?
b) A quoi rêve l'auteur ?
c) Pourquoi, pour le toit de sa maison, préfère-t-il "la tuile" à "l'ardoise" et au "chaume" ?

 

Doc 3 : cf exercice 2 ("Recomposez de manière logique...")

 

a) Quel est le projet professionnel d'Alexandre ?
b) Comment voit-il son rôle dans la société ?
c) A-t-il des projets familiaux ?

 

Doc 4 : "Ecriture" (le texte de Benoît)

 

a) Répondre à la question 1.
b) Répondre à la question 2.
c) Comment Benoît envisage-t-il sa vie (du point de professionnel, familial, social) ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 août 2013

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 11:28

AUX MERS LA LANGUE

 

1.
"Oiseaux tiriez aux mers la langue"
(Apollinaire)

 

Oiseaux tiriez aux mers la langue
Et partiez en drôles de cris

 

2.
"Sur quoi, Rouletabille me laissa seul"
(Gaston Leroux)

 

Sur quoi, Rouletabille me laissa seul et comme il avait emporté mon cerveau, j'eus beaucoup de mal à rassembler mes idées ; et comme il avait emporté ma langue, j'eus les plus grandes peines du monde à me parler à moi-même ; et comme il avait emporté mon corps, je m'aperçus que je n'étais plus que mon ombre, ce qui me surprit, et m'inquiéta.

 

3.
"et une fois encore Rouletabille nous échappa, bondit, se sauva à travers la nuit" [Gaston Leroux], laquelle s'effrita, se dispersa en confettis frétillants, en myriades de papillons noirs, puis recomposa son manteau d'ombre, et nous ne le vîmes plus, Rouletabille, pas dans cette phrase, en tout cas.

 

4.
Malheur lointain a peu d'oreilles.

 

5.
"Mes kilomètres longs"
(Apollinaire)

 

Il y en a ils ont des kilomètres longs ;
Ils n'arrivent jamais au bout d'eux-mêmes, et
D'ailleurs, ils meurent en route.

 

6.
"Elle avait une toilette charmante"
(Gaston Leroux)

 

Elle avait une toilette charmante, qu'elle quitta pour une armure brillante, qu'elle quitta pour une carapace luisante, qu'elle quitta pour une queue de poisson, puis elle plongea dans le lac et s'éloigna rapidement.

 

7.
"Car toutes sont venues"
(Apollinaire)

 

Car toutes sont venues me flanquer une gifle.
Je ne sais pas pourquoi. Quel drôle de rêve et
Que la joue me cuit donc !

 

8.
"Un soir je descendis"
(Apollinaire)

 

Un soir je descendis, et je ne revins plus.
Du coup, on ne me revit plus ; d'ailleurs, je me cherchai
Longtemps, longtemps, longtemps, je ne remontai pas.

 

9.
"Dans la maison du vigneron les femmes cousent"
(Apollinaire, Les Femmes)

 

A mon avis, si j'enlève la forme "cousent" et que je demande : Dans la maison du vigneron, que font les femmes ?, j'aurai plus d'une réponse ainsi libellée : "Dans la maison du vigneron les femmes boivent".

 

10.
"Et le troupeau de sphinx regagne la sphingerie"
(Apollinaire, Descendant des hauteurs...)

 

Et le troupeau de sphinx regagne la sphingerie
Ils ont bien englouti de voyageurs égarés
Ou qui n'avaient rien à faire là et maintenant
Ils doivent refaire leur stock d'énigmes rêver

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 août 2013


 

 

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 11:13

CAP Français
SE CONSTRUIRE
C) Imaginer son avenir (avoir un projet de vie)
Source : CAP Français programme 2010, Foucher, p.22-23.

 

I) Analyse

 

Doc 1 : "Un premier exemple de projet"

 

a) Quelle est la nature de ce document ?
b) Quel est son objectif ?

 

Doc 2 : "Un second exemple..."

 

a) Qui s'exprime ? Quel âge à cette personne ? Quel est son métier ?
b) Que veut-elle ? Que refuse-t-elle ?

 

Doc 3 : "Et dans un autre domaine"

 

a) Quelle est la nature de ce document ?
b) De quoi y est-il question ?
c) En quoi ces deux vignettes s'opposent-elles ?

 

Bilan :
 

a) Quel est le thème commun à ces trois documents ?
b) Parmi tous ces projets de vie, lesquels ou lequel vous intéressent le plus ? Pourquoi ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 août 2013

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